Cocktail Spirits 2017

 

Compte-rendu de Greg's Whisky Guide sur le salon professionnel:

 

"Cocktail Spirits 2017", les 05 & 06 Juin 2017 

(Salon sous-titrĂ© « In Bartenders We Trust Â», 10 ème Ă©dition :

Le Salon Européen, les nouvelles tendances)

 

Ă  la Maison ROUGE, Paris

(10, Boulevard de la Bastille 75012 Paris)

 

Publié le : 27/06/2017-Mise à jour du : 10/07/2017

 

 

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 Toutes photos (sauf celle ci-dessus & exceptions): © GrĂ©goire SARAFIAN, tous droits rĂ©servĂ©s.

                                                                               

                                  

INTRODUCTION:

 

A l’occasion de son 10 ème anniversaire, je vous propose un reportage sur un salon que j’ai le plaisir de visiter chaque annĂ©e depuis 2009, salon professionnel très connu des professionnels du monde du cocktail & des spiritueux, mais moins du public malgrĂ© son succès.

Ce salon pas comme les autres est centré sur les problématiques liées à la mixologie (à l’art du cocktail, si vous préférez), les nouvelles tendances que ce soit dans le cocktail ou les nouvelles orientations des spiritueux (whisky ou pas), mais aussi les nouvelles manières d’aborder ces spiritueux en termes de consommation, de marketing, incluant des expériences sensorielles alliant parfois plusieurs types de consommations et d’alcools. C’est aussi et surtout un lieu d’échanges entre professionnels (producteurs, distributeurs et «artisans-transformateurs»-traduisez barmen) des spiritueux et leurs interlocuteurs, notamment les C.H.R. (caves, hôtels, restaurants), mais aussi la presse (spécialisée ou non), voire d'autres types. Il y aussi plusieurs espaces consacrés à des conférences sur nombre de sujets liés à l’intitulé du salon (voire d’autres-à noter la progression des problématiques liées à l’éco-responsabilité, par exemple, ou à la place des femmes dans ce domaine), par des acteurs du monde entier.

Je n’évoquerais que brièvement la composante proprement dite du cocktail, des autres spiritueux et pratiques de consommation liée à l’univers propre au bar, vous le comprendrez aisément puisque ce site est avant tout consacré au whisky et accessoirement aux autres spiritueux ayant subi une maturation en fûts de chêne, mais je tenais, ici ou là, à rendre hommage à l’art du cocktail et à ses barmen (et women, bien sûr-en vedette thématiquement cette année) sans le talent desquels ce salon serait moins réussi.

Vous l’aurez compris, c’est aussi et surtout un lieu ou l’on rencontre des crĂ©ateurs, ou l’on cause, ou l’on teste aussi (pas avec un vrai verre de dĂ©gustation, mais en « shot Â», ce pour Ă©viter les excès de consommation, comme pour recentrer le visiteur sur la transformation du produit alcool en cocktail). Un des salons malgrĂ© tout les plus dĂ©contractĂ©s qui soit, et les mieux organisĂ©s.

Je vais donc sans plus attendre évoquer plusieurs stands (ils sont organisés plutôt par distributeurs, thèmes ou encore propriétaires de marques que par marques de whisky, même si cela peut être également le cas). Lorsque cela a été possible, vous y trouverez des notes chiffrées, estimées ou confirmées, des impressions aussi bien sûr, sachant que je n’ai pas pu visiter tous les stands, il ne s'agit donc pas un reportage exhaustif, mais plutôt d'un survol, favorisant systématiquement les stands ou le whisky était central.

Enfin, comme cette année c’est le 10 ème anniversaire de ce salon, je reviendrais brièvement, photos à l’appui, sur quelques éditions précédentes qui furent l’occasion de découvertes singulières, remarquables ou encore décisives, souvent anticipatrices de tendances ou de nouveautés que l’on découvrira ailleurs bien plus tard (un des plus grands atouts de ce salon, d’ailleurs).

Je tenais à remercier les organisateurs de ce salon, Thierry Daniel, Eric Fossard & leur équipe, de m’accueillir dans ce salon depuis tant d’années en toute simplicité, mais également à remercier les personnes des stands qui dans leur très grande majorité m’ont toujours réservé le meilleur accueil. Un grand merci également à tous les exposants visités...

 

 

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Votre serviteur, ici avec Florian Pflieger, ambassadeur de la distillerie BRUICHLADDICH. Il règne toujours une bonne ambiance au salon COCKTAIL SPIRITS...Photo: © GrĂ©goire Sarafian        

 

 

ENGLISH SHORT NOTE:

This time I wanted to write about a quite successfull show among professional people in the spirits & cocktail world, but which is still not enough known by the audience. I have been visiting this show since 2009 (this year was the 10th anniversary of the show) and I have always been intrigued & seduced by its ability (thanks to the team, driven by Thierry Daniel & Eric Fossard) to inform us about the novelties in the whisky & other spirits industry as well as the trends & wide offers on the mixology (a recent word for « the art of creating cocktails Â») ground. You always learn something when attending to this show, you always meet interesting people from all over the world and always have something special to try, as well as refreshing your knowledge about the brands standards, core ranges and even some limited editions sometimes. So yes it is a highly recommended show and I feel privileged to be part of the people who can visit it.

 

LE « BAR DES INNOVATIONS Â», UN STAND INCONTOURNABLE… :

Peu après l’entrĂ©e du salon, le premier stand stratĂ©gique est celui du Bar des Innovations ou sont regroupĂ©es une centaine de nouveautĂ©s spiritueux & des bouteilles primĂ©es par le salon. L’on y trouve soit de vraies nouveautĂ©s, soit des nouveautĂ©s de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente mais dont la commercialisation va ĂŞtre Ă©tendue au cours de l’annĂ©e. J’ai d’autant plus de plaisir Ă  visiter cet important stand que l’on y est souvent fort bien accueilli, et notamment par Alexandre Vingtier, spĂ©cialiste des spiritueux (co-auteur avec Cyril Mald notamment du livre « Iconic Whisky : Single Malts & more Â», un guide de dĂ©gustation paru en 2015 aux Ă©ditions La Martinière, de « Whisky : L’indispensable Â», co-Ă©crit avec Marlène LĂ©on en 2009 et Ă©ditĂ© chez Flammarion, mais aussi de livres sur d’autres spiritueux, comme le rhum, avec son ouvrage de rĂ©fĂ©rence : « 120 rhums, grands classiques, Ă©toiles montantes, et perles mĂ©connues Â», paru en 2016 aux Ă©ditions Dunod). Il est Ă©galement depuis 2016 l’un des trois ambassadeurs de la branche française de la S.M.W.S., branche relancĂ©e rĂ©cemment. Attentif aux attentes des visiteurs, exigeant et informĂ©, il est d’une aide prĂ©cieuse pour s’y retrouver dans l’offre plĂ©thorique de spiritueux d’aujourd’hui.

 

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Parmi les whiskies dĂ©couverts sur ce stand, signalons que l’on peut aussi dĂ©couvrir des bouteilles abordables et marques très connues du public comme le blended whisky CLAN CAMPBELL, ici en version affinĂ©e en fĂ»ts ayant contenu du rhum, et nommĂ©e « Dark Â» (plutĂ´t correct, avec une texture presque sirupeuse-dans la limite de l’exercice, c’est Ă  dire de produit de grande consommation), mais aussi, plus haut de gamme, une version du blend CHIVAS REGAL sortie l’an dernier de manière presque inaperçue mais tout Ă  fait inhabituelle, nommĂ©e « Mizunara Â», car affinĂ©e dans des fĂ»ts ayant contenu du chĂŞne rouge japonais (voir note plus loin).

 

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-CHIVAS REGAL « Mizunara Â» (Mizunara cask finish), n.a.s. (sans compte d’âge), Ă©dition limitĂ©e, 2017, 40 % (Blended whisky, ECOSSE):

A noter : Il s’agit d’une version très particulière du CHIVAS REGAL, sortie la première fois en 2016. L’assemblage (sans mention d’âge, comme le dernier nĂ© « Extra Â»), crĂ©Ă© par Colin Scott, a Ă©tĂ© remis Ă  marier dans des fĂ»ts de chĂŞne rouge japonais dits aussi « Mizunara Â», des fĂ»ts particulièrement poreux et dĂ©licats Ă  employer sur la durĂ©e. CoĂ»teux, ce type de chĂŞne est dĂ©jĂ  peu utilisĂ© au Japon, mais Ă  servi notamment pour la maturation et la finition, de manière rĂ©gulière mais très limitĂ©e, de single malts des distilleries HANYU ou YAMAZAKI, par exemple.

Couleur : Vieil or. Nez : suave, lĂ©ger, marquĂ© par les fruits confits, du boisĂ© noble (l’influence du Mizunara sans doute ?) et une belle note de prune mĂ»re. Dès le nez, l’on sent une diffĂ©rence avec le profil aromatique du 12 ans d’âge, par exemple (hĂ©las je n’ai pas encore pu Ă©valuer la version sans compte d’âge dite « Extra Â», mais cela viendra aussi). Bouche : Un peu changeante, mais au mieux de sa forme (autrement un peu de sucre rĂ©siduel se fait sentir), fait preuve d’une belle personnalitĂ©, alliant fleurs capiteuses en arrière-plan, vĂ©gĂ©tation de sous-bois, bois noble & Ă©pices douces (ces trois dernières notes attestant Ă  mon avis de l’influence modĂ©rĂ©e mais perceptible du Mizunara). La finale y ajoute une belle note de sucre d’orge, des notes de fruits confits, des pommes & des poires mĂ»res, mais aussi comme une onctueuse note chocolatĂ©e. Difficile en revanche de dĂ©cider si cette note de caramel mou est entière naturelle, par contre. Tenue Ă  la dilution : Un peu d’eau rĂ©vèle encore un peu plus la singularitĂ© de ce whisky, mais ne pas trop en ajouter. Je n’ai pas essayĂ© avec de la glace ! Conclusion : Une expĂ©rience intĂ©ressante, au-delĂ  du coup marketing (certes avec un rĂ©sultat moins onĂ©reux que le BOWMORE « Mizunara Â» finish), et un beau blend, d’une belle finesse et avec un beau fondu, mais parfois un peu difficile Ă  saisir, malgrĂ© mes deux dĂ©gustations, d’oĂą la difficultĂ© de lui donner une note chiffrĂ©e prĂ©cise. Indication de prix : Autour de 70/80 €, cavistes seulement (Ă  ma connaissance, cette version n’est pas vendue en grandes surfaces). Note confirmĂ©e : 85,5/100

 

 

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Pour en terminer avec les assemblages de whiskies Ă©cossais prĂ©sents sur ce stand, WHYTE & MACKAY proposait sa dernière crĂ©ation, une troisième version de son « SHACKLETON Â» blended malt (voir note ci-dessous) :

-« SHACKLETON Â», Mackinlay’s Old Highland Malt, 3 ème Ă©dition/version2017, n.a.s. (sans mention d’âge), rĂ©duite Ă  40 % (Blended Malt, ECOSSE):

A noter : Il s’agit de la troisième Ă©dition crĂ©Ă©e par Richard Paterson afin de rendre hommage Ă  l’explorateur Sir Ernest Shackleton, et Ă  son expĂ©dition de 1907. Trois caisses de whisky dont plusieurs bouteilles intactes avaient Ă©tĂ© en effet retrouvĂ©es en 2006 au pĂ´le Sud, et la sociĂ©tĂ© Whyte & Mackay, propriĂ©taire de la marque, avait chargĂ© le grand assembleur Richard Paterson, de re-crĂ©Ă©r un assemblage approchant le plus possible l’assemblage original. C’est la première fois que cet assemblage est proposĂ© avec une rĂ©duction aussi importante, Ă  40 %.

Couleur : Or clair, Ă  reflets dorĂ©s. Nez : Fin, très fondu, sur les esters, mais aussi les fruits confits, les agrumes, le miel (dense, et très vĂ©gĂ©tal-de bruyère, entre autres). Bouche : Manifestement plus jeune que les prĂ©cĂ©dentes versions (marquĂ© notamment par ses notes d’esters et d’artichauts), très fondu, il reprend en les fusionnant les notes du nez, avec moins de longueur qu’auparavant, rĂ©duction Ă  40 % oblige. Cependant un whisky bien fait, lĂ©gèrement tourbĂ©, vĂ©gĂ©tal et bien Ă©quilibrĂ©. Tenue Ă  la dilution : Fragile. Dilution dĂ©conseillĂ©e ou alors très lĂ©gère, car ce whisky est dĂ©jĂ  assez rĂ©duit et très fondu. Conclusion : Un bon blended malt, mais un peu trop rĂ©duit. A rĂ©server plutĂ´t Ă  l’apĂ©ritif. Après plusieurs dĂ©gustations, confirmation de ses qualitĂ©s (d’oĂą la note qui est montĂ©e de 81 Ă  88/100). Indication de prix : Autour de 45 € (la version initiale titrant 47,3 % est encore disponible autour de 180 €, et la deuxième Ă©dition autour de 130 €). Note confirmĂ©e : 88/100

 

 

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La France n’était pas en reste puisqu’un blended malt était proposé sur le stand, un whisky de la société de négoce BELLEVOYE (à droite sur la photo ci-dessous), cette fois en version légèrement tourbé, et à 43 %. Un whisky correct, plutôt bien construit, équilibré, mais assemblant des whiskies encore jeunes et pas forcément d’un grand intérêt encore. Note estimée à 83/100.

 

 

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La puissance, l’expressivitĂ© & la complexitĂ© sont venues plutĂ´t d’une nouvelle marque, « METHODS AND MADNESS Â» en fait une sĂ©rie expĂ©rimentale de whiskeys de diffĂ©rents types (incluant des single malts & des single grains) crĂ©Ă©e par Brian Nation, maĂ®tre-distillateur de MIDLETON (producteur des marques JAMESON et RED BREAST, entre autres), et notamment d’une belle version nommĂ©e « Sherry & Bourbon Barrels Â», un single pot still affinĂ© dans des fĂ»ts français (rĂ©gion de l’Isère) ayant contenu des châtaignes. Dans une dĂ©marche visiblement inspirĂ©e du nĂ©goce, MIDLETON tente de surprendre tant au niveau du contenant (assez spectaculaire, je dois dire) que du contenu :

-« METHODS AND MADNESS Â» (MIDLETON Distillery), « Sherry & Bourbon Barrels Â», finished in French Chestnut, 46 % (Single Pot Still, RĂ©publique d’IRLANDE):

Note succinte : Gourmand, complexe, avec de belles notes fruitĂ©es, de cĂ©rĂ©ales croquantes & d’épices typiquement irlandaises, il fait Ă©galement preuve d’un caractère pâtissier en partie liĂ© Ă  cette note de purĂ©e de châtaignes, et d’une lĂ©gère amertume en finale. L’alliance entre le sherry et la châtaigne, est, je dois dire, d’une rare pertinence ! Une rĂ©ussite. Indication de prix : Autour de 70 €, MdW & cavistes partenaires. Note estimĂ©e Ă  plus de 90/100.

 

 

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Pas si loin de ce profil, mais en plus sage et feutrĂ©, car c’est un rye whisky canadien (whisky de seigle), le MASTERSON’S, un 10 ans d’âge, offrait un joli profil Ă©quilibrĂ© (voir note ci-dessous-En apartĂ©, c'est bien Alexandre Vingtier qui est Ă  l'arrière-plan de la photo du MASTERSON'S, occupĂ© Ă  servir un public attentif aux nouveautĂ©s et Ă  ses recommandations personnelles...) :

-MASTERSON’S 10 ans, Canadian Straight Rye Whisky, American Oak, 45 % (Rye whisky, CANADA):

Couleur : Vieil or. Nez : Suave, sucrĂ©, sur le seigle (mais version davantage miellĂ©e qu’épicĂ©e). Bouche : En effet, un whisky nettement marquĂ© par le seigle, mais avec une influence forte de notes vanillĂ©es & miellĂ©es, ainsi qu’une touche d’érable, et peu d’épices en dĂ©finitive. PlutĂ´t bon, mais assez monolithique au final. Tenue Ă  la dilution : L’eau ramène le profil vers celui d’un whiskey plus conventionnellement amĂ©ricain, je veux dire du Kentucky, entre Bourbon & Rye. Conclusion : Un bon whisky dans l’absolu, sans aucun doute, mais manquant un peu de punch et de complexitĂ© Ă  mon avis, et un peu cher. Sa grande douceur proviendrait d’une part de l’emploi d’une eau très pure, en provenance des glaciers canadiens, et de l’autre, de celui de la production en alambics Ă  repasse, ou pot stills, et non en alambics de distillation continue, comme le plus souvent. Indication de prix : Autour de 90 €, MdW & cavistes partenaires. Note confirmĂ©e : 88/100

 

 

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Du mĂŞme pays, signalons Ă©galement le PIKE CREEK 10 ans « Double-Barrel Â», 42 %, une nouvelle rĂ©fĂ©rence de blended whisky canadien (distribuĂ© par Pernod-Ricard) assez doux, affinĂ© en fĂ»ts ayant contenu du rhum. PlutĂ´t lĂ©ger, il est tout de mĂŞme bien parfumĂ© et exhale de dĂ©licates notes proches du seigle avec juste une touche sucrĂ©e supplĂ©mentaire, rendant moins austère son profil. Il lui manque juste une dimension supplĂ©mentaire. Note estimĂ©e Ă  85/100.

 

 

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Parmi les autres spiritueux dégustés sur ce stand, signalons un rhum vieux, un gin et une vodka, tous de qualité.

Chez PERNOD-RICARD, j’ai pu dĂ©guster Ă  nouveau un single malt rapidement testĂ© lors du prĂ©cĂ©dent salon « Whisky Live Paris Â», le SCAPA « GLANSA Â», un whisky sans compte d’âge similaire au « SKIREN Â» (dĂ©jĂ  chroniquĂ© sur le site), sauf qu’il a Ă©tĂ© affinĂ© dans des fĂ»ts de whisky tourbĂ© ayant contenu un single malt de l’île d’Islay.

-SCAPA officiel n.a.s. « GLANSA Â», Peated whisky cask finish, 40 %  (Orkney Islands, ECOSSE) :

A noter : « GLANSA » signifie « ciel orageux Ă©tincelant Â».

Couleur : Vieil or. Nez : TypĂ© SCAPA, proche du « SKIREN Â», avec une influence modĂ©rĂ©e de la tourbe. Bouche : Assez fondue, avec des fruits mĂ»rs, quelques fleurs, du caramel (en partie naturel, en partie ajoutĂ©), une touche de saumure, un boisĂ© lĂ©ger, puis par-dessus de la fumĂ©e de tourbe, plutĂ´t sèche et modĂ©rĂ©e, avec comme une trace de cafĂ©. AgrĂ©able. Tenue Ă  la dilution : L’eau rĂ©veille un peu les notes fruitĂ©es & vĂ©gĂ©tales (sous-bois, thĂ© vert), puis la signature tourbĂ©e revient avec dĂ©licatesse. Conclusion : Une jolie version alternative au « SKIREN Â», certes manquant Ă©galement de punch (un titrage Ă  43 ou 46 % aurait Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ©), mais tout de mĂŞme un bon whisky, avec un profil pas si Ă©loignĂ© de l’OLD PULTENEY 12 ans, avec une touche de fumĂ©e en plus. Indication de prix : Autour de 70 €, MdW & cavistes partenaires. Note confirmĂ©e : 85/100

 

 

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Chez SAINT JAMES, du rhum agricole de Martinique (voir Ă©galement les autres versions dĂ©gustĂ©es chroniquĂ©es un peu plus loin dans ce sujet), une version haut de gamme de grande qualitĂ© Ă©tait prĂ©sentĂ©e, la cuvĂ©e « L’Essentiel Â» (XO), un assemblage de fĂ»ts millĂ©simĂ©s 1998, 2000 & 2003. Très typĂ©, marquĂ© par de belles notes de caramel, de pruneau, de marmelade d’orange et confiture d’abricots, mais aussi d’épices et de solvant, il est Ă  la fois accessible et sexy et un rien austère et se rapprochant parfois d’un Cognac artisanal non aseptisĂ©. Note estimĂ©e Ă  92/100

 

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Depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000, les japonais sont connus (et mondialement reconnus depuis 2001) pour la qualitĂ© de leurs whiskies, en gĂ©nĂ©ral, puis nous avons pu dĂ©couvrir rĂ©cemment qu’ils Ă©taient Ă©galement parfois producteurs de rhum (dont notamment la marque « NINE LEAVES Â»), mais aussi dĂ©sormais producteurs de gin, or j’ai dĂ©couvert dans ce salon cette annĂ©e un gin que je considère comme exceptionnel nommĂ© « KI NO BI Â», qui titre 45,7 % (il est rĂ©duit avec l’eau de la rĂ©gion de Fushimi, connue pour la qualitĂ© de ses sakĂ©s). Il s’agit d’un gin artisanal sec fabriquĂ© Ă  Kyoto (« Kyoto Dry Gin Â») sur une base d’alcool de riz auquel on a ajoutĂ© des fruits & plantes aromatiques (« botanicals Â» en anglais) locaux, et notamment du yuzu jaune, du poivre de Sansho ou encore du thĂ© Gyokuro en provenance d’Uji.

Très complexe, fondu & délicat à la fois, j’ai rarement rencontré un gin aussi expressif, aussi pur, aussi floral, aussi fruité et avec une telle personnalité. Je suis très impressionné. D’habitude je ne donne pas de notes chiffrées à des alcools blancs (pour raison de difficulté à les estimer, pas pour autre chose), mais je vais faire une exception. Je ne l'ai dégusté qu'une fois, certes, mais je considère que celui-ci mériterait bien un 93 ou 95/100 à mon avis. A déguster en écoutant un disque de musique traditionnelle japonaise pour koto & shamisen, ou, plus près de nous, un disque du groupe de post-rock japonais (très atmosphérique) MONO (par exemple "Hymn to the Immortal Wind", ou encore en lisant un recueil de poèmes japonais traditionnels de forme Haïku (ma forme préférée de poésie) du plus grand maître du Haikaï qu'était Bashô (1644-1694), ou aux siècles suivants, Issa, Buson, ou plus près de nous (fin XIX ème siècle-début XX ème) Shiki -ces poètes sont considérés comme les quatre maîtres classiques de cette forme de poésie-mais aussi le romancier-poète Soseki. Kyoto était (est toujours !) une ville très importante pour les poètes (Basho lui consacra lui-même un hommage intitulé :"A Kyoto rêvant de Kyoto").

 

 

 

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Enfin j’ai pu dĂ©guster brièvement (j’y reviendrais prochainement avec des amis liĂ©s Ă  la Pologne !) une nouvelle vodka anglaise nommĂ©e « SQUADRON 303 Â», qui rend hommage Ă  une escadrille de pilotes polonais basĂ©e au Royaume-Uni et qui s’illustra lors de la deuxième guerre mondiale au sein de la Royal Air Force. Elle est produite par les français Franck Botbol (un passionnĂ© d’aviation) et Hugues Cholez (un passionnĂ© de vodka). Elle est faite Ă  base de pommes de terre de variĂ©tĂ© King Edward, distillĂ©e qu’une seule fois, rĂ©duite Ă  40 % en 5 paliers de dilution et non filtrĂ©e Ă  froid. Les producteurs de cette vodka prĂ©cisent que celle-ci peut se dĂ©guster pure et pas forcĂ©ment sur glace, ce qui en ferait une vraie vodka de dĂ©gustation en somme. En attendant de m’en faire un avis plus prĂ©cis, je peux dĂ©jĂ  attester de sa grande dĂ©licatesse et de sa singularitĂ©.

 

 

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Le « BRANDS CORNER Â» (ou COIN DES MARQUES) :

Plusieurs stands cette annĂ©e proposaient d’expĂ©rimenter la dĂ©gustation simultanĂ©e de bière et de whisky, et en premier lieu le stand des Bourbon & Rye de la marque BULLEIT. Par choix et peur de trop de mĂ©langes je n’ai pas fait cette « Beer experience Â», chez JAMESON non plus. Je ne reviens pas sur ce bourbon (au demeurant très correct) produit par la distillerie FOUR ROSES dont j’ai dĂ©jĂ  parlĂ© sur le site.

Avant de reparler de whisky, je suis passĂ© sur le joli stand de la liqueur de Sureau SAINT-GERMAIN, ornĂ© de belles orchidĂ©es et ou l’on pouvait dĂ©guster un cocktail au choix parmi deux proposĂ©s, soit en shot (gratuit), soit en format cocktail classique en Ă©change d’un coupon offert avec le billet d’entrĂ©e. Personnellement j’ai dĂ©gustĂ© le cocktail nommĂ© « Le Magnifique Â» et que j’ai trouvĂ© plutĂ´t agrĂ©able, mettant bien en valeur le sureau (vous trouverez la recette ci-dessous). A dĂ©guster en Ă©coutant un disque tout aussi surannĂ© du groupe Nouvelle-Vague, de prĂ©fĂ©rence un clip du groupe en tournĂ©e avec la sublime Elodie FrĂ©gĂ©.

 

 

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Sur le stand des Rhums SAINT JAMES (rhums agricoles de la Martinique), j’ai retrouvĂ© avec grand plaisir le barman Pierre Boueri, dont le travail m’avait beaucoup impressionnĂ© sur un cocktail Ă  base du rhum « CuvĂ©e 1765 Â» (date de la fondation de la distillerie), un superbe 6 ans d’âge Ă  42 % qu’il avait mĂ©langĂ© entre autres avec du jus de maracuja de chez CaraĂŻbos, associĂ© Ă  la marque Saint James. Une merveille que je ne risque pas d’oublier.

 

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C'est en 2015 que Pierre me prépara ce fameux cocktail au Saint James "Cuvée 1765" et au maracuja, entre autres...

 

 

Quelques brèves notes sur une sélection d’autres rhums SAINT JAMES dégustés cette année. Je n'ai pas donné de notes chiffrées au rhum, c'est un choix, donc se reporter au commentaire:

 

-« FLEUR DE CANNE Â», 50 % : Toute la sĂ©duction de la canne sous sa forme la plus pure…Très intĂ©ressant et très intense. (comptez environ 30 €)

-« 15 ans Â», 43 % : Assez lĂ©ger, fruitĂ©, boisĂ© modĂ©rĂ©, ce rhum âgĂ© est très bien assemblĂ©. Le fondu est important mais il demeure expressif. (comptez environ 80 €)

 

 

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La plupart des rhums en dégustations en 2017 (manque sur la photo "L'Essentiel" & le "Quintessence" (à droite, coupé, voir plus bas). Le plaisir également de retrouver Pierre Boueri (à l'arrière-plan sur la photo).

 

 

-«  QUINTESSENCE â€“XO » (assemblage d’eaux de vie de 7 Ă  14 ans), 42 % : Avec la cuvĂ©e « L’ESSENTIEL Â» (voir plus haut dans l’article) sans doute le rhum agricole âgĂ© qui m’a le plus impressionnĂ© dans ce salon. Ici tout est en finesse, en dĂ©licatesse, en expressivitĂ© feutrĂ©e (la ou « l’Essentiel Â» joue davantage sur la puissance), Ă  la limite de l’évanescent et de l’aĂ©rien. Beau rancio, belles notes fruitĂ©es (exotiques ou classiques, fruits secs ou frais), florales et boisĂ©es, le tout dans un Ă©quilibre parfait. (comptez environ 180 €).

 

 

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Sur le stand de la maison DUGAS (qui ne distribue dĂ©sormais plus en France les productions de la distillerie BRUICHLADDICH-voir stand suivant), Ă©taient proposĂ©s plusieurs whiskies, dont une Ă©dition de 2016 (batch 08/2016) du TEELING « Single Grain Â» (double distillation au lieu de trois, affinage en fĂ»ts ayant contenu du Cabernet Sauvignon titrant 46 %), un whiskey irlandais de cette sociĂ©tĂ© de nĂ©goce dont le père d’un des frères fondateurs avait crĂ©Ă© la distillerie COOLEY en 1987 (d’ailleurs, mĂŞme si une nouvelle distillerie TEELING a bien Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 2014, pour l’heure c’est bien du stock de chez COOLEY qui alimente les whiskeys de chez TEELING). Cette Ă©dition du « Single Grain Â» m’a parue correcte, mieux Ă©quilibrĂ©e que les premières, mais je suis toujours sceptique quant aux bienfaits supposĂ©s de l’affinage en fĂ»ts de Cabernet Sauvignon. Je trouve que cela rajoute une aciditĂ© un rien saumurĂ©e qui n’est pas du meilleur goĂ»t et masque le cĂ´tĂ© naturel des grains (qui sont, ici, pour prĂ©cision, du maĂŻs, mais aussi du blĂ©).

 

 

 

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J’y ai Ă©galement dĂ©gustĂ© un jeune BUNNAHABHAIN « Toiteach Â» (Heavily peated), n.a.s. (de probablement moins de 10 ans d’âge ?) 2017, non filtrĂ© Ă  froid et Ă  46 %. J’ai constatĂ© depuis plusieurs annĂ©es un certain progrès dans certains lots, mais lĂ  ce ne fut pas le cas. Monolithique, poussiĂ©reux et trop jeune, trop simple, la tourbe Ă©crase tout et ce lot fait bien pâle figure Ă  cĂ´tĂ© d’un single-cask brut de fĂ»t Ă  peine plus âgĂ© (9 ans) « Moine Â» (très tourbĂ©) sorti l’an dernier par Berry Bros & Rudd (dans sa gamme « Retro Â», un millĂ©sime « 2007 Â», Ă  57 %), vĂ©ritable peat-bomb avec un en plus des très belles notes florales, fruitĂ©es et de badiane en rĂ©tro-olfaction.

Sur le même stand, auparavant, j’ai re-testé le FUJI-SANROKU (dont le propriétaire est le groupe KIRIN), une version sans compte d’âge qui remplace semble t’il le 8 ans d’âge, un blended whisky japonais (composé de 3 single grains et de 2 single malts) non filtré à froid et titrant 50 %, mais d’une platitude navrante. Rien ne distingue ce whisky d’une entrée de gamme écossaise… (comptez une quarantaine d’euros, cavistes partenaires DUGAS & Whiskies du Monde).

 

 

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La meilleure surprise sur ce stand est finalement venue de la nouvelle version ou plutôt du blended malt de la marque FLAT NOSE (qui comporte aussi un blended whisky), un assemblage de premier ordre conçu par la société Islay Boys Limited, société créée par le fringuant Donald MacKenzie (qui est également l'assembleur de ce whisky) & Jason Mcguire Mackay SMITH.

-« FLAT NOSE Â» (produit par The Islay Boys Limited), n.a.s., non filtrĂ© Ă  froid, 46 % (Blended Malt, ECOSSE) :

A noter : L’assemblage comporte 3 whiskies de grain et 12 single malts, dont plusieurs de l’île d’Islay. Le nom de « Flat nöse Â» fait allusion au surnom du premier seigneur des Ă®les HĂ©brides, Ketill Bjornsson, qui Ă©tait donc surnommĂ© « nez plat Â».

Couleur : Or, relativement pâle. Nez : Fondu et tourbĂ©, avec quelques beaux esters, des notes trahissant une certaine jeunesse (artichauts et eau de vie de prune en, arrière-plan, levures), mais sans dĂ©fauts. MiellĂ©, fruitĂ© et floral. Prometteur. Bouche : L’on est de suite bercĂ© par une belle note de tourbe mi-grasse, mi-sèche, puis par de dĂ©licates notes florales, fruitĂ©es (agrumes, dont sorbet citron), marines et miellĂ©es, un rien herbacĂ©es, minĂ©rales aussi, parfaitement Ă©quilibrĂ©es. C’est superbement rĂ©alisĂ©, et impressionne. Tenue Ă  la dilution : Excellente, un peu d’eau exalte les qualitĂ©s de l’assemblage, notamment pour ses composantes florales, tourbĂ©es (une belle note de badiane s’invite…), mhm….Conclusion : Un très bon whisky, Ă  la fois complexe, dĂ©licat et accessible, et redoutable concurrent dĂ©sormais des whiskies tels le « ROCK OYSTER Â» de Douglas LAING, ou mĂŞme face au « The PEAT MONSTER Â» de COMPASS BOX. Bravo Donald ! A noter, ce blended malt est modĂ©rĂ©ment tourbĂ©, mais davantage que la version blended whisky. Indication de prix : Autour de 40/50 €, cavistes. Note confirmĂ©e : 93,5/100

 

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Puis je suis allĂ© sur le stand “BOLLINGER Diffusion”, qui distribue dĂ©sormais en France les whiskies de la distillerie BRUICHLADDICH (mais aussi les rhums de la marque MOUNT GAY, dont j'ai dĂ©jĂ  pu constater la qualitĂ© dans d'autres salons, ou encore les Cognacs de chez RĂ©my MARTIN), j’ai dĂ©butĂ© par le gin « The Botanist Â» Ă©galement produit par cette mĂŞme distillerie de whisky (je l’avais dĂ©jĂ  dĂ©gustĂ© et chroniquĂ©, dans mon sujet sur la masterclass BRUICHLADDICH, donc je n’y reviens pas, sinon pour vous le recommander). J’y ai rencontrĂ© notamment le sympathique Florian Pflieger, nouvel ambassadeur pour la marque en France…(voir photo plus haut au dĂ©but du reportage).

Parmi les whiskies dĂ©gustĂ©s, je ne suis toujours pas convaincu par la pertinence de la version dite « Classic LADDIE Â», mais je ne peux que recommander les deux OCTOMORE (le « 7.1 Â», en fĂ»ts ayant contenu du Bourbon, et le « 7.3 Â» (« Islay Barley Â», 169 p.p.m., un 5 ans d’âge Ă  63 % ayant connu une première maturation en fĂ»ts de Bourbon, puis de vin d’Espagne, du Ribera Del Duero, lui confĂ©rant une dimension supplĂ©mentaire pas trop vineuse mais plus richement fruitĂ©e). Pas de notes chiffrĂ©es prĂ©cises pour ces deux OCTOMORE, mais Ă  mon sens ils passent facilement la barre des 90/100, voire des 93/100.

 

 

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Je souhaitais en revanche, ayant pu les tester davantage, m’attarder sur les deux whiskies suivants de chez BRUICHLADDICH :

-BRUICHLADDICH n.a.s. « ISLAY BARLEY Â», millĂ©simĂ© 2010 (mis en bouteille en 2017), non tourbĂ©, n.c.f./n.c. (non filtrĂ© Ă  froid, non colorĂ©), 50 % (Single Malt, Islay, ECOSSE) :

A noter : Il s’agit d’une version utilisant une orge exclusivement locale, en provenance non pas d’une seule ferme comme les Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes, mais de 6 fermes diffĂ©rentes (Coull, Kynagarry, Island, Rockside, Starchmill et Sunderland). La maturation s’est faite dans des fĂ»ts ayant contenu du Bourbon, mais aussi du vin français (non prĂ©cisĂ©).

Couleur : Or clair. Nez : Fin, complexe, lĂ©gèrement fermier, marquĂ© par l’orge de manière singulière et forte. Fait preuve d’une certaine complexitĂ© et fermetĂ© boisĂ©e, mais sans excès de sĂ©cheresse, comme on le verra en bouche. Quelques notes d’agrumes (l’orange en tĂŞte), puis une fine note vineuse, avec un rien de tannicitĂ©. Bouche : Ferme et sèche, puis intarissable sur l’orge maltĂ©e dans tous ses Ă©tats (est-ce le choix de diversifier l’origine de l’orge qui donne cette richesse ? On pourrait le penser…), comme un vrai bol de cĂ©rĂ©ales de petit-dĂ©jeuner, mais alcoolisĂ©. BoisĂ© important mais demeurant agrĂ©able. Des agrumes, du miel, quelques fleurs aussi, discrètes. Puis, lors d’une autre dĂ©gustation, c’est l’influence des fĂ»ts ayant contenu du vin qui se font davantage sentir, apportant au positif une jolie note vineuse et fruitĂ©e (fruits rouges, jus d’orange), mais au nĂ©gatif davantage de chĂŞne. Tenue Ă  la dilution : Très intĂ©ressante, mettant en valeur l’orge, les agrumes Ă  nouveau (meringue au citron Ă  l’arrière-plan), quelques discrètes fleurs et le chĂŞne, toujours, mais aussi une note fruitĂ©e presque acidulĂ©e. Conclusion : Un bel hommage Ă  l’orge maltĂ©e, aux cĂ©rĂ©ales, Ă  l’artisanat…mais aussi de la roublardise, pour avoir su ajouter une note plus « vivante Â» et fruitĂ©e grâce au vieillissement en fĂ»ts ayant contenu du vin français. Indication de prix : Autour de 70 €, cavistes. Note confirmĂ©e : 91,5/100

 

 

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-PORT CHARLOTTE n.a.s. « ISLAY BARLEY Â», millĂ©simĂ© 2008 (mis en bouteille en 2017), tourbĂ© Ă  40 p.p.m., n.c.f./n.c. (non filtrĂ© Ă  froid, non colorĂ©), 50 % (Single Malt, Islay, ECOSSE) :

A noter : Il s’agit d’une version utilisant une orge exclusivement locale, en provenance non pas d’une seule ferme comme les Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes, mais de 6 fermes diffĂ©rentes (Coull, Kynagarry, Island, Rockside, Starchmill et Sunderland).

Couleur : Or clair, voire pâle. Nez : Puissant et direct. L’on retrouve le combo habituel qui fait la rĂ©ussite des PORT CHARLOTTE (note fermière, tourbe grasse, agrumes, notes vĂ©gĂ©tales), plus une note visiblement tributaire de l’influence de fĂ»ts ayant contenu du vin (pointe de fruits rouges, retour du chĂŞne sec). C’est superbe. Bouche : Tout aussi directe, elle reprend fidèlement les notes du nez, avec comme une lĂ©gère amertume vĂ©gĂ©tale (entre LAGAVULIN & BRORA), et une note boisĂ©e et terreuse (ARDBEG). Belle tourbe grasse. Tenue Ă  la dilution : IntĂ©ressante, mais ne pas ajouter trop d’eau. Le fondu devient plus sĂ©duisant, autour d’une tourbe assez vĂ©gĂ©tale et un rien marine (algues, sel). Conclusion : Un bon « cru » de PORT CHARLOTTE ! Indication de prix : Autour de 70-80 €, cavistes. Note confirmĂ©e : 93/100

 

 

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Sur le stand BROWN-FORMAN, plusieurs Straight Bourbon de la marque WOODFORD RESERVE étaient disponibles, le “Distiller's Select”, bien sûr, mais aussi le “Double Oaked” (davantage boisé) –qui fait un parfait Mint Julep cocktail, j’ai testé pour vous-et le ”Rye”, tous de grande qualité (et rappelons-le distillés trois fois)-voir les notes de dégustation plus loin.

Sur le même stand, plusieurs versions du Tennessee whiskey JACK DANIEL’S, dont le “Single-Barrel” (plus typé et moins “racoleur” que le “N°7”) et le “Gentleman Jack”, plus doux car filtré deux fois au lieu d’une à travers une couche de 3 mètres de charbon de bois d’érable. Hélas l’édition du 150 ème anniversaire n’était pas disponible, forte de son succès.

 

 

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Sur le stand BARON Philippe DE ROTHSCHILD Distribution, hormis le nouveau conditionnement “très viking” (limite trop chargé) pour le HIGHLAND PARK 12 ans “Viking Honour” (le contenu reste le même, j’ai testé pour vous), une version alternative du bourbon MAKER’S MARK nommée “46” dans lesquelles des douelles de chêne français bousinés ont été ajoutés (que je n’ai pas pu tester), figuraient, entre autres whiskies, à nouveau le LAPHROAIG “Lore” (excellent whisky, mais un peu cher), un AUCHENTOSHAN n.a.s. “American Oak” (un peu trop marqué à mon goût par le géranium, boisé et dispensable). Je ne citerais pas toutes les autres marques, ce serait trop long, disons juste que cela va du single malt écossais The MACALLAN (pour moi désormais sans grand intérêt en version officielle) au blended whisky japonais “HIBIKI” n.a.s. (Japanese Harmony) de SUNTORY en passant par le single malt irlandais CONNEMARA en version "Distiller's Edition" (pas de nouveautés sur ces références).

 

 

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La distillerie MIDLETON (plus connue du public sous le nom d’une de ses marques, JAMESON) avait un joli stand « vintage Â» (avec vieux tourne-disques) en hommage au « Boilermaker Â», un bar de New York,proposait une « beer experience Â» (association d’un whisky avec une bière, Ă  dĂ©guster parallèlement-en Ecosse il me semble que cela se nomme prendre un « whisky chaser Â», pratique courante dans les bars…), j’avoue compte tenu des risques de trop effectuer de mĂ©langes j'ai prĂ©fĂ©rĂ© m'abstenir & m’en tenir au whisky. JAMESON y prĂ©sentait, outre le « Caskmates » dont j’ai dĂ©jĂ  dit du bien par ailleurs, le « Black Barrel », une version aux fĂ»ts doublement brĂ»lĂ©s (pour ce qui est de sa composante bourbon) qui le rend plus boisĂ© et Ă©picĂ© (note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  85/100, voire plus).

 

 

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Ce qui m’a plus intriguĂ© enfin, ce fut les trois versions expĂ©rimentales (« The Whiskey Maker’s series Â»-tous non filtrĂ©s Ă  froid et titrant 43 % au lieu de 40 %) que je n’avais pas pu dĂ©guster l’an dernier, versions dĂ©veloppĂ©es par trois responsables importants de la distillerie MIDLETON :

Le « BLENDER’S DOG Â», un whiskey crĂ©Ă© par Billy Leighton (le maĂ®tre-assembleur), suave et riche, bien vanillĂ© et fruitĂ©. Du vrai concentrĂ© de JAMESON, avec de belles notes d’amandes, de fruits variĂ©s (oranges, rouges), de croquant de cĂ©rĂ©ales, de boisĂ© un rien ferme, Ă©picĂ© mais demeurant doux (note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  87,5/100), puis le « COOPER’S CROZE Â», crĂ©e par Ger Buckley (le maĂ®tre-tonnelier), qui est relativement similaire au premier testĂ©, avec une belle dominante vanillĂ©e (note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  87,5/100), et enfin mon prĂ©fĂ©rĂ© des trois, le « DISTILLER’S SAFE Â», crĂ©e par Brian Nation (le maĂ®tre-distillateur), un whiskey Ă  la fois fruitĂ© (très beaux fruits rouges), pâtissier (vanille, crème anglaise, crĂŞpes au miel, et un rien Ă©picĂ© (et boisĂ© ferme), très gourmand (note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  90/100). En tout cas un stand bien sympathique tenu en partie par Samuel Gauthier (du bar « Boilermaker Â») & Thomas Ducourneau (de Jameson/Ricard France). Un grand merci Ă  eux deux pour leur accueil.

 

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Sur le stand de La MAISON DU WHISKY, pas mal de possibilitĂ©s de dĂ©gustation (rappelons-le tout de mĂŞme avec modĂ©ration et en quantitĂ©s très chiches, comme ailleurs, dans de petits shots en plastiques), et des bouteilles dĂ©jĂ  vues, mais parfois dignes d’être revisitĂ©es, comme par exemple le KAVALAN « Sherry Oak Â» Ă  46 %, vraiment un beau sherry juteux (fruits) et cirĂ©, Ă  faire pâlir les MACALLAN officiels actuels (note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  90/100).

 

 

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Autre pĂ©pite, et coup de cĹ“ur de l’an dernier, le WHISTLEPIG "Straight Rye whiskey" (100 % Ă  base de seigle) 10 ans, distillĂ© au Canada mais vieilli aux Etats-Unis, rĂ©duit Ă  50 % confirme son statut de chef d’œuvre avec un fruitĂ© gĂ©nĂ©reux, une structure puissante et de belles notes Ă©picĂ©es (note estimĂ©e Ă  94,5/100). J’espĂ©rais dĂ©guster le 12 ans d’âge (« Old World Â») affinĂ© en fĂ»ts de Madère (Ă  63 %), mais aussi en fĂ»ts de Sauternes (Ă  30 %) et enfin de Porto (Ă  7 %), mais hĂ©las elle n’était pas prĂ©sente.

Beaucoup de belles choses sur ce stand bien sĂ»r mais pas vraiment nouvelles cĂ´tĂ© whisky en tout cas (AMRUT « Fusion Â», KILCHOMAN « Machir Bay Â», ou encore le BLANTON’S « Gold Edition Â», entre autres-tous bons, soit dit en passant…). Evidemment, je suppose qu’il faut relativiser cela dans la mesure ou ce stand comme les autres existent pour prĂ©senter leurs nouveautĂ©s, certes, mais Ă©galement leur portefeuille de rĂ©fĂ©rences permanentes.

 

 

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-« WHISKY DE TABLE Â» n.a.s. (« over 4 years old Â»), emb. COMPASS BOX, Edition N°2, mise en bouteille en 2017 pour LaMDW-marchĂ© français), n.c.f./n.c. (non filtrĂ© Ă  froid, non colorĂ©), 40 % (Blended Malt, ECOSSE) :

A Noter : Il s’agit de la deuxième Ă©dition de cet embouteillage rĂ©servĂ© au marchĂ© français et crĂ©Ă© en 2016 Ă  l’occasion du 60 ème anniversaire de La Maison du Whisky. La recette est lĂ©gèrement diffĂ©rente : ConstituĂ©e Ă  48 % de CLYNELISH, Ă  20,5 % de BENRINNES, Ă  21,5 % de LINKWOOD et enfin Ă  10 % de CAOL ILA, elle n’utilise que des fĂ»ts de premier remplissage provenant de la distillerie amĂ©ricaine BUFFALO TRACE. John Glaser, son crĂ©ateur, recommande de le consommer bien frais, voire glacĂ©.

Couleur : Or pâle. Nez : Il exprime de beaux esters, de la tourbe grasse, des fleurs dĂ©licates, un peu d’herbes sèches, de jolis agrumes et une tourbe presque aĂ©rienne (badiane, embruns,…). Bouche : Elle reprend fidèlement les notes du nez, en leur donnant une dimension plus prĂ©cise : Les esters sont Ă  l’honneur (bonbon anglais, ananas, banane, poire mĂ»re), les agrumes aussi (sorbet citron, jus d’orange & de pamplemousse rose), les fleurs (dĂ©licates), complĂ©tĂ©e par de belles notes d’amandes fraĂ®ches et en frangipane, et bien sĂ»r par une belle tourbe grasse (badiane, embruns, crĂ©osote, sel, fumĂ©e très fine). DĂ©jĂ  intĂ©ressant dĂ©gustĂ© sec, il devient plus plaisant Ă  dĂ©guster diluĂ©, et mĂŞme glacĂ©. Tenue Ă  la dilution (quelques gouttes d’eau): AgrĂ©able, mais il faut aller plus loin…Je dĂ©cèle maintenant une pointe de cafĂ© et de rĂ©glisse en finale. Tenue Ă  la dilution (sur glace): Ah, voilĂ , c’est vraiment bien conçu pour limiter la perte aromatique et exalter les notes issues des fĂ»ts de premier remplissage. Superbe ! Presque aĂ©rien, un whisky d’été… Conclusion : Cette nouvelle crĂ©ation de John Glaser remplit parfaitement son rĂ´le d’apĂ©ritif très frais idĂ©al, dĂ©licat, lĂ©ger mais demeurant expressif, et me semble mĂŞme plus riche, plus complexe et plus gourmand que la première Ă©dition. Bien jouĂ©, John ! Indication de prix : Autour de 43 €, MDW & cavistes partenaires. Note confirmĂ©e : 92/100

 

 

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Enfin la plus grande surprise est venue du stand de la sociĂ©tĂ© NIKKA Whisky Distilling co. En effet suite Ă  la pĂ©nurie de stocks de whiskies âgĂ©s de plus de 10/12 ans, le groupe ne prĂ©sente plus dans les salons que des versions sans compte d’âge de leurs distilleries YOICHI & MIYAGIKYO (et encore lĂ  ces 2 rĂ©fĂ©rences Ă©taient absentes), ses blended whiskies et (Ă  l’occasion de ce salon) les indispensables crĂ©ations originales que sont les NIKKA « Coffey Grain Â» et « Coffey Malt Â» (ils sont connus et apprĂ©ciĂ©s, je n’y reviens donc pas ici). Eh bien, lĂ , j’avoue, j’ai Ă©tĂ© surpris, mais cela est logique quelque part…La maison NIKKA prĂ©sentait donc pour la première fois (et en avant-première du Whisky Live Paris 2017) deux nouvelles rĂ©fĂ©rences aux couleurs inĂ©dites (Ă  droite sur la photo ci-dessous), qui n'Ă©taient pas du whisky, mais un « GIN Â» (Ă©tiquette verte), et une « VODKA Â» (Ă©tiquette bleue) !

 

 

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Ces créations sont censées mettre en avant les qualités du distillat de NIKKA d’une autre manière, sans vieillissement, et en utilisant autant que possible des ingrédients japonais, et pour le gin, notamment les agrumes Amanatsu, Kabosu, mais aussi du Yuzu, je crois) et (sauf erreur de ma part) une épice proche du poivre Sichouan. Le résultat est bluffant et ce gin est très agréable, et assez différent des gins anglais, avec une dominante citronnée très complexe, mais gardant l’équilibre avec d’autres ingrédients. La vodka est de qualité également, mais j’avoue que c’est le gin qui m’a le plus impressionné. Cependant, comparativement (en tout cas de mémoire), le gin de Kyoto (KI NO BI) dont je parlais plus haut, me semble bien au-dessus. Un grand merci à Emiko Kaji (directrice internationale B.D. chez Nikka) & Naoki Tomoyoshi (chef des ventes internationales chez Nikka) pour leur accueil et leurs explications sur ces nouveautés.

 

Signalons Ă©galement la prĂ©sence fort sympathique du cĂ©lèbre barman Stanislas Vadrna, qui collabore rĂ©gulièrement avec NIKKA sur des crĂ©ations de cocktails Ă  diffĂ©rentes occasions (il est connu notamment pour un excellent cocktail Ă  base du blend NIKKA « From The Barrel Â» crĂ©Ă© il y a quelques annĂ©es dĂ©jĂ ) et avait lĂ  Ă©galement crĂ©Ă© deux cocktails, l’un Ă  base du nouveau gin et l’autre Ă  base de la nouvelle vodka. J’ai testĂ© celui avec le gin, qui mettait bien en valeur la complexitĂ© citronnĂ©e de celle-ci, aussi, bravo Stanislas !

 

 

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 Stanislas Vadrna, ici au salon Cocktail Spirits 2015, prĂ©sentait un cocktail  Ă  base de NIKKA "From the Barrel".

 

 

 ***

 

 

RETOURS SUR QUELQUES MOMENTS DES EDITIONS PRECEDENTES :

 

LE COGNAC AU NATUREL :

MĂŞme s’il n’était pas prĂ©sent cette annĂ©e avec ces Cognacs de collection parfois centenaires (il ne l’était pas non plus l’an dernier, mais certaines rĂ©fĂ©rences Ă©taient en dĂ©gustation sur le stand ou Nicolas Julhès, jeune distillateur mais cĂ©lèbre caviste-Ă©picier-traiteur spĂ©cialiste du whisky, prĂ©sentait ses premières crĂ©ations, un agrĂ©able « MAPLE Â» Spirit Ă  42 %), il me fallait rendre hommage Ă  Guilhem GROSPERRIN, l’un des participants les plus remarquables de ce salon depuis plusieurs annĂ©es. En effet, Guilhem, que j’ai eu la chance de rencontrer chez lui Ă  Saintes (voir lien vers le reportage en fin de paragraphe) n’a jamais mĂ©nagĂ© ses efforts pour apporter avec lui non pas 4, 4, 6 bouteilles mais parfois plus d’une dizaine, avec des millĂ©simes qui donnent parfois le tournis, comme « 1944 Â», « 1924 Â», « 1922 Â» (codifiĂ©s par les numĂ©ros « 24 Â» et « 22 Â»), et mĂŞme « 1820 Â», mĂŞme si, comme l’explique humblement Guilhem, souvent les eaux-de-vie de plus de 80 ou 100 ans voient leur vieillissement stoppĂ© pour Ă©viter trop de « part des anges Â» en transvasant leur contenu dans des « dames-Jeanne Â» (des bonbonnes d’environ 25/26 litres hermĂ©tiquement fermĂ©es). Voici donc quelques photos retraçant sa participation Ă  ce salon…(ici photos du salon 2011):

 

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les "Trésors de La Gabare", dont une bouteille de cassis datant de 1901 (au centre de la photo).

 

Pour en savoir plus, voici un lien vers mon reportage intitulĂ© « Voyage Ă  Saintes Â», qui fut l'objet d'un "Gros Plan" sur mon site en 2015:

Reportage sur les Cognacs Grosperrin

 

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Pour finir en beauté, un Cognac de 1848...J'ai juste envie de dire merci, Guilhem...

 

 

COCKTAILS & CURIOSITES, MORCEAUX CHOISIS EN IMAGES…. :

J’ai dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© plus haut de beaux moments liĂ©s Ă  la dĂ©gustation de cocktails rĂ©alisĂ©s lors de ce salon 2017, notamment sur le stand du rhum SAINT JAMES, mais voici quelques photos liĂ©s Ă  la rĂ©alisation de beaux cocktails, comme ceux par exemple proposĂ©s en 2009 par BALLANTINE’S, ou encore en 2015 chez FOUR ROSES, des retours sur d’autres whiskies (lorsque par exemple la sociĂ©tĂ© de nĂ©goce française LA PART DES ANGES proposait des single malts de distilleries fermĂ©es), spiritueux ou stands particuliers. COCKTAIL SPIRITS c’est aussi, d’abord et surtout de belles rencontres avec des professionnels experts dans leur mĂ©tier, que ce soit barman, producteur, nĂ©gociant ou responsable des ventes, entre autres :

 

 

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 Lors du salon COCKTAIL SPIRITS 2009, pas moins de 3 recettes de cocktail Ă  base de BALLANTINE's 12 ans Ă©taient proposĂ©es.

 

 

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 Le stand CUTTY SARK & The GLENROTHES (marques en partie propriĂ©tĂ©s de The Edrington Group) en 2009, avec notamment le superbe CUTTY SARK 25 ans, un grand blended whisky titrant 45,7 %.

 

 

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Comment résister à ce superbe 26 ans de la distillerie fermée DALLAS DHU (mis en bouteille par LA PART DES ANGES, négociant français qui a l'époque, en 2009, sortait encore des whiskies) ?

 

 

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Un autre spiritueux français encore pas assez mis en valeur, l'Armagnac, ici avec un brut de fût de la maison CASTAREDE, en 2016.

 

 

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 Diffiicile d'oublier le lancement, en 2011, du blended whisky "GREAT KING STREET" (version "Artist's blend"), avec le privilège d'avoir John Glaser cette annĂ©e lĂ  au salon COCKTAIL SPIRITS.

 

 

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En 2011 Ă©galement, mais je l'avais dĂ©jĂ  rencontrĂ© avant (JĂ©rĂ´me me fit l'honneur en 2005 de me choisir comme binĂ´me pour un concours d'assemblage professionnel, sous la houlette de Colin Scott, le maĂ®tre-assembleur de CHIVAS REGAL), j'ai retrouvĂ© au salon JĂ©rĂ´me Vallanet, barman et formateur en mixologie, qui a souvent beaucoup donnĂ© de sa personne pour prĂ©senter diffĂ©rentes marques comme pour faire des prĂ©sentations ou masterclasses par exemple sur l'utilisation du citron dans les cocktails (ne riez pas, pour 7 variĂ©tĂ©s couramment rĂ©pertoriĂ©es dans les dictionnaires, il en existerait en rĂ©alitĂ© plus d'une centaine de par le monde, ce qu'il expliqua, preuves Ă  l'appui lors de l'Ă©dition 2011 du salon-Pas de photo car trop mauvaise, navrĂ©). 

 

 

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Un salon à l'écoute des productions du monde, comme ici avec le rare single malt tchèque HAMMERHEAD 23 ans.

 

 

 

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Au centre de la photo, les étonnants et splendides flacons de luxe des eaux-de-vie de chez ROCHELT (Autriche), que je n'ai hélas pas eu encore l'occasion de déguster. Très onéreuses, les productions très artisanales et exigeantes de cette maison semblent, au vu de leur site internet, tendre vers une grande concentration du fruit (avec le choix de faire le plus possible des "bruts de fût") et vers une finesse rare. A suivre...

 

 

 

 

LE MOUTAI, UN SPIRITUEUX DIFFERENT, VENU DE LOIN :

En 2016 : Kweichow MOUTAI (via la sociĂ©tĂ© China MOUTAI France) : Il s’agit d’un alcool blanc de type baijiu distillĂ© 7 fois Ă  base de Sorgho, puis fermentĂ© 8 fois, et mis Ă  vieillir ensuite durant une pĂ©riode d’au moins 5 ans, mais qui peut parfois dĂ©passer les 30 ans d’âge. C’est une boisson nationale chinoise destinĂ©e aux banquets et cadeaux officiels…. C’est la première fois que ce spiritueux Ă©tait prĂ©sentĂ© dans ce salon (voire possiblement dans un salon français ?) et ce fĂ»t une expĂ©rience unique.

 

 

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Disponible en France dĂ©sormais en 3 titrages (de 38 Ă  53 %), il est très singulier, sur des notes auxquelles les palais occidentaux ne sont pas habituĂ©s en gĂ©nĂ©ral, Ă  la fois terreuses, vĂ©gĂ©tales & presque fumĂ©es, avec des rappels de notes de thĂ© très infusĂ©s, de champignons, de tabac, mais aussi de chocolat noir Ă  plus de 80 %, alliant de l’amertume, une certaine âcretĂ©, une texture un peu poudrĂ©e et presque comme une note de truffe. Curieusement, alors que j’étais assez dĂ©concertĂ© par cette dĂ©gustation, un peu choquĂ© mĂŞme, c’est la version la plus puissante en titrage (53 %) qui m’a paru la meilleure et la plus expressive. Si j’osais une analogie avec le whisky, je dirais qu’il m’a rappelĂ© un peu mes premières versions du ARDBEG « Uigeadail Â» dĂ©gustĂ©es il y a plus de 10 ans, poussiĂ©reuses comme un fog londonien, très typĂ©es, et absolument pas aseptisĂ©es comme les versions plus rĂ©centes.

 

ETATS-UNIS, LE RETOUR EN FORCE… :

Quelques autres whiskies des Etats-Unis présentés et/ou dégustés dans le cadre du salon COCKTAIL SPIRITS ces dernières années:

C’est en 2014 que je dĂ©couvre avec stupĂ©faction et grand intĂ©rĂŞt les whiskeys de la marque MICHTER’S (distillerie du Kentucky, mais originellement de Pennsylvanie), d’abord au Bar des Innovations, puis sur le stand qui leur Ă©tait consacrĂ© pour la première fois alors que ces whiskeys n’étaient pas encore disponibles en France et ce fut le coup de cĹ“ur immĂ©diat, tant pour le superbe conditionnement des bouteilles (sans parler de celui des Ă©ditions limitĂ©es !) que pour leur contenu. La gentillesse du fils du directeur de la distillerie, Matthew T. Magliocco, prĂ©sent en 2014, m’a Ă©galement de suite frappĂ©. Des ambassadeurs amĂ©ricains ou français de la distillerie se succèdent depuis, j’en profite pour rendre hommage Ă©galement Ă  Matt Rooney, prĂ©sent en 2015 ou encore Ă  Romain Llobet pour leur accueil. La constance de leurs whiskeys est impressionnante, mĂŞme si pour les versions plus âgĂ©es (la distillerie ne distille que depuis peu) et c’est une gageure.

 

 

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Matt Rooney, ambassadeur de MICHTER'S, présent depuis 2015 au salon, ici avec le "Straight Rye".

 


MICHTER'S produit des Bourbons comme des Rye whiskeys, en version assemblĂ©e relativement largement comme en « Single-barrel Â». Les versions jeunes sont regroupĂ©es dans la gamme dite « US 1 Â», une gamme excellente et plutĂ´t subtile mise en bouteille dans des bouteilles un peu trapues et rondes, tandis que les très expressifs « single-barrels Â» âgĂ©s sont vendues dans de belles carafes ovales au bouchon de cire tendre. Je n’y reviens pas en dĂ©tails, ayant dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© ces whiskeys sur mon site. Je recommande toujours donc les « Sour Mash Â», « Unblended American Whiskey Â» (deux « mashbills Â»- ou recettes de brassin- dans lesquels le maĂŻs joue un rĂ´le important mais non majoritaire, d’oĂą l’impossibilitĂ© lĂ©gale d’utiliser le nom « Bourbon Â»), mais aussi les « Straight Bourbon Â» & « Straight Rye Â», excellents, et devenant remarquables en version 10 ans d’âge, voire plus (l’an dernier j’ai eu la chance de dĂ©guster un 25 ans & un 35 ans « Straight Rye Â», mais Ă©tant donnĂ© leur raretĂ©, tout le monde n’a pu y avoir accès, cela peut se comprendre. En tout cas ils se sont avĂ©rĂ©s assez remarquables. Tous les whiskeys dĂ©gustĂ©s Ă  ce jour (sauf 3 notes encore Ă  venir) ont donnĂ© lieu Ă  des notes situĂ©es entre 91 et 97/100 (voir sur le site). 

 

 

 

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L'excellent "Barrel Strength" Straight Rye (une édition limitée) de 2016.

 

 

Aux antipodes sur le papier, si j’ose dire (car ces deux marques ont en commun une dĂ©licatesse certaine dans leurs productions), car distillĂ©s trois fois, les whiskeys de chez WOODFORD RESERVE (propriĂ©tĂ© de BROWN-FORMAN) ont souvent tirĂ© leur Ă©pingle du jeu lors de ce salon, en voici un rĂ©sumĂ© :

-WOODFORD RESERVE « Distiller’s Select Â», Edition 2017, 43,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): Très beau, complexe (Ă©rable, fruits rouges, cuir, solvant, miel, Ă©pices douces), d’une grande finesse, Magnifique et d’un Ă©quilibre parfait. Toujours aussi impressionnant de sĂ©rĂ©nitĂ©, mais la triple distillation y est aussi pour quelque chose. Prix de 30 Ă  40 € environ/Note confirmĂ©e: 93/100

-WOODFORD RESERVE « Double Oaked Â», Edition 2017, 43,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): Un superbe WOODFORD RESERVE, bien qu’assez boisĂ© c’est vrai, très bien assemblĂ© et complexe. L’on y trouve aussi de belles notes fruitĂ©es et pâtissières s’exprimant entre les notes boisĂ©es et Ă©picĂ©es. Une version moins ronde et plus typĂ©e que le « Distiller’s Select Â», mais bien faite. Prix de 45 Ă  55 € environ/Note confirmĂ©e : 91,5/100

-WOODFORD RESERVE « Rye Â», Edition 2017, 45,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): A noter: Il s’agit d’une recette Ă  53 % de seigle (“rye”), 33 % de maĂŻs et enfin 14 % d’orge maltĂ©e. Très doux, ce whiskey est très loin de l’exubĂ©rance et de la puissance du WHISTLEPIG « Rye Â» 10 ans, par exemple, mais il est tout de mĂŞme complexe et très fin, et ferait un parfait Ă©lĂ©ment central d’un « Manhattan Â» cocktail…comme j’ai pu le constater sur place ! Prix autour de 50 € environ/Note sous rĂ©serve : 90/100 Ă  davantage.

 

 

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Les somptueux rappels du cuivre des alambics de la distillerie WOODFORD RESERVE dans cette version "Double-Oaked".

 

 

Enfin concernant les Etats-Unis, encore, qui sont depuis quelques annĂ©es en pleine explosion de micro-distilleries souvent de talent et d’inventivitĂ©, il me fallait mentionner spĂ©cialement la distillerie de single malts WESTLAND-de la cĂ´te Ouest, Ă  Seattle-dont j’ai dĂ©couvert un des whiskies grâce au salon COCKTAIL SPIRITS 2016, le 19 juin, soit bien avant le Whisky Live Paris (qui n’a fait que confirmer mon intĂ©rĂŞt pour leur dĂ©marche-rappelons ici que je les avais dĂ©signĂ©s distillerie de l’annĂ©e 2016). La dĂ©gustation de leur single malt nommĂ© « Sherry Wood Â» lors du salon 2016 a Ă©tĂ© une vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation pour moi non seulement du renouveau des distilleries amĂ©ricaines, avec une dĂ©marche ici très originale, mais en plus de leur capacitĂ© Ă  concurrencer les whiskies Ă©cossais sur leur propre terrain, et notamment celui des sacro-saints « sherried Â» malts.

 

 

 

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Quelques annĂ©es avant, j’avais eu la chance de dĂ©couvrir les premières productions de la distillerie TUTHILLTOWN Spirits LLC (situĂ©e dans l’Etat de New York, sur la cĂ´te Est, c’est la première distillerie indĂ©pendante depuis la Prohibition dans cette rĂ©gion), qui produit les bourbons, rye & autres de la marque HUDSON. ConditionnĂ©s dans d’originaux (mais un peu trop onĂ©reux Ă  mon goĂ»t) flacons de 35 cl depuis leurs dĂ©buts en 2005 (ils produisent aussi de la vodka, des cocktails mis Ă  vieillir en fĂ»ts-une innovation rĂ©cente que j’ai dĂ©couverte aussi grâce Ă  ce salon, les cocktails « clĂ©s en main Â» vieillis puis remis en bouteille). Je n’y reviens pas en dĂ©tails, les ayant dĂ©jĂ  chroniquĂ©s dans d’autres sujets, mais notons que le « Baby Bourbon Â» et le « Manhattan Rye Â» titrent Ă  46 % et sont distribuĂ©s par la Maison du Whisky, tout comme les autres whiskies nord-amĂ©ricains citĂ©s.

 

 

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 Tony Vanaria, ambassadeur des whiskeys HUDSON, ici en 2009. Une distillerie qui a cherchĂ© Ă  se dĂ©marquer des autres dès le dĂ©but.

 

 

Concernant les productions nord-amĂ©ricains, il faudrait aussi mentionner les marques DRY FLY, DAD’S HAT, KOVAL, ou encore RAMSON Spirits…et j’en passe, mais la place manque…Du cĂ´tĂ© des Ă©cossais, comme j’ai dĂ©jĂ  largement parlĂ© sur le site des superbes GLENMORANGIE « Tusail Â», WOLFBURN « Single Malt Â» ou encore du blended malt « The EPICURIAN Â» de Douglas LAING, dĂ©couverts l’an dernier, je n’y reviens pas ici. J’aurais l’occasion de traiter de certains de ces whiskies le cas Ă©chĂ©ant (si dĂ©gustations il y a).

 

 

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Le "DRY FLY", ici dans une version "Straight Wheat" whiskey, à majeure de blé, lors de l'édition 2016.

 

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CONCLUSION :

Je serais bref, le sujet ayant Ă©tĂ© plus long que prĂ©vu, car je n’y avais pas encore consacrĂ© la place qu’il mĂ©rite sur le site, mais aussi parce que je souhaitais rendre hommage aux Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes. J’espère que cela aura permis aux lecteurs de prendre la mesure de l’intĂ©rĂŞt de ce salon autant que possible. Pour ceux qui ont la possibilitĂ© de s’y rendre, je vous le conseille vivement, car ce salon professionnel a d’annĂ©e en annĂ©e largement fait ses preuves non seulement en tant que tĂ©moin de son temps, mais aussi et surtout en tant qu’anticipateur des tendances Ă  venir. L’on y dĂ©couvre de nouveaux spiritueux, mais aussi de nouveaux modes de consommation, ainsi que certains des acteurs de demain. L’édition 2017 n’échappe pas Ă  la règle, avec quelques belles dĂ©couvertes et des confirmations, comme vous avez pu le constater Ă  la lecture du sujet. J’ai conscience que je ne peux rendre compte ici de l’étendue de l’intĂ©rĂŞt de ce salon, Ă©tant personnellement davantage impliquĂ© par le monde des whiskies, voire de quelques autres spiritueux, que par le monde de la mixologie & des bars, aussi je vous renvoie au site internet du salon, afin d’en connaĂ®tre tous les participants exposants comme intervenants dans les masterclasses ou confĂ©rences, ou encore sur les thĂ©matiques de l’annĂ©e :

http://cocktailspirits.com/

Bonne lecture !

 

Whisky Live Paris 2016, un bilan

 

"WHISKY LIVE PARIS 2016", UN BILAN....:
 
 
 
Sujet publié la première fois le: 23/10/16 -Dernière Mise à jour le: 25/10/2016
 
 
 
 
INTRODUCTION:
 
 
La Maison du Whisky, productrice du Salon Whisky Live Paris 2016, à travers sa revue Whisky Magazine & Fine Spirits, fêtait cette année ses 60 ans d'existence, tandis que le salon en était à sa treizième édition...pour la deuxième fois localisée à la Cité du Design et de la Mode, sur les quais de Seine, à deux pas de la Bibliothèque Nationale de France.
 
 
Forte de ses 8000 visiteurs annoncés pour l'année précédente, sur un week end ouvert au public et un réservé aux professionnels, "la MDW" comme on la nomme souvent entre amateurs, avait vu les choses en grand, avec non pas dix, vingt, cinquante mises en bouteille exclusives pour le salon, mais ...150. Oui le nombre est important, mais rappelons qu'il concerne tous les spiritueux confondus, puisque, rappelons le, depuis 2010, tant le magazine que le salon traitent des autres spiritueux que le whisky ainsi que de mixologie, ou l'art de créer des cocktails.
 
 
Et pour ce salon, ce n'est pas un catalogue qui a Ă©tĂ© Ă©ditĂ©, mais deux, dont l'un en Ă©dition limitĂ©e Ă  300 exemplaires numĂ©rotĂ©s & Ă  la couverture Ă  chaque fois diffĂ©rente illustrĂ©e par le photographe Christophe Meireis. Ce catalogue est par ailleurs exclusivement consacrĂ© aux 150 nouveautĂ©s crĂ©Ă©es spĂ©cialement pour ce salon. 
 
 
A noter, J'incorporerai Ă  l'intĂ©rieur de ce sujet au fur et Ă  mesure des notes de dĂ©gustation, notamment de certains hauts de gamme, et je vous signalerai le cas Ă©chĂ©ant (par exemple pour les rĂ©fĂ©rences dĂ©jĂ  citĂ©s de moins de 130/150 €) les notes rĂ©digĂ©es pour le sujet "Mes DERNIERS COUPS DE CĹ’UR ABORDABLES (de l’annĂ©e 2015/2016) :
 
 
 
 
 
 
 
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L'impressionnant vrai-faux spirit safe du stand Bacardi (propriétaire du blend Dewar's & de 5 single malts)...Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Les prix hélas aussi avaient été vus en grand, avec une augmentation désormais systématique du prix d'entrée, soit 65 € lajournée "découvertes", 120 € la journée avec en plus l'accès à la zone "'VIP" consacrée à la dégustation de certains hauts de gamme et surtout aux exclusivités 60 ème anniversaire de La MdW et 195 € pour le week end, sans compter les drams payants au salon "Collector's", les masterclasses payantes, dont la délirante somme de 490 € demandée pour déguster deux KARUIZAWA millésimés 1965 (le millésime de votre serviteur, au passage, sniff...). Mais bon, soyons bon joueur, une entrée pass "découverte" me fût accordée en tant que bloggeur de whisky encore cette année, pour le reste à chacun de se débrouiller si l'on souhaitait un jour supplémentaire (d'ailleurs encore merci au stand Compass Box pour l'entrée du lundi).
 
 
La question du prix d'entrée d'un salon, celui-ci comme les autres, est toujours un sujet de débat, avec en général, en Europe, soit un prix d'entrée prohibitif, puis moins de frais une fois à l'intérieur, soit un prix d'entrée modeste, puis par contre un paiement au verre dans chaque stand....L'on peut donc dire objectivement que la solution adoptée par La Maison du Whisky demeure malgré tout un bon compromis, par rapport à d'autres salons étrangers, et du fait de l'insuffisante concurrence sur ce plan en France, à condition de ralentir tout de même un peu la cadence question augmentation du prix d'année en année...
 
 
 
 
 
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Un des embouteillages spécialement conçus pour le 60 ème anniversaire de la Maison du Whisky, dégustables au salon VIP la plupart du temps, mais parfois aussi sur certains stands. Ici le superbe "sherry monster" 12 ans d'OLD PULTENEY. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Par ailleurs comme chaque année, j'en suis navré pour les lecteurs intéressés par d'autres spiritueux, mais j'ai délibérément choisi, étant donné l'offre de whiskies à déguster présente au salon (47 stands consacrés aux whiskies écossais, 21 pour les Etats-Unis, 16 pour l'Europe, plus 5 pour la France, et enfin 7 pour l'Asie), ce à raison de 1 à 10 whiskies par stand (environ), de ne pas visiter des stands consacrés à d'autres spiritueux dans ce cadre. Certes il y a eu une exception à cette règle, à savoir la dégustation sur tirage au sort d'un superbe rhum CARONI 1994 de 22 ans d'âge, un brut de fût à 68 %. Incroyablement riche et un rien entêtant, il s'est avéré certes un peu difficile à déguster dans ce contexte, même dilué, car il était tiré directement du fût pour l'occasion (le fût No 6183) et l'on sait quelle fortes personnalités peuvent avoir les rhums de cette distillerie & région (Trinidad).
 
 
Bien sûr même, pour le whisky, j'ai du faire des impasses (rappelons au passage que bouteilles d'eau et crachoirs sont les accessoires indispensables de tout bon salon, et j'en ai bien usé). Contrairement à certaines années, j'ai également déserté le salon "Collector's", dont les flacons qui auraient pu m"intéresser étaient bien trop onéreux en dégustation au verre (120 € ou plus), signe des temps décidément...Oui il y en avait aussi à 5 €, mais de moindre intérêt à mes yeux. L'on me répondra sans doute avec raison qu'il en va probablement de même dans d'autres salons ou bars. J'ai aussi zappé l'allée entière consacrée à l'art du cocktail (bars éphémères), car il faut savoir rester concentré sur l'essentiel...
 
L'impasse a aussi été faite, j'en suis navré, sur les whiskies du stand ou étaient groupées des marques tant écossaises que japonaises du groupe Beam Suntory. J'ai eu moins de scrupules à le faire car j'avais eu l'occasion de déguster certaines nouveautés au printemps, des nouveautés parfois signalées dans ma liste des "meilleurs whiskies abordables de 2015 & 2016 ", comme par exemple le LAPHROAIG n.a.s. "Lore" (aux belles notes issues du sherry) que je recommande malgré son prix. Je n'ai pas pu déguster le nouveau 9 ans "sherry" de BOWMORE, ni le nouveau "Devil's Cask".
 
Il en a été de même pour les stands des marques de William GRANT & sons (GLENFIDDICH, GIRVAN, The BALVENIE, KININVIE), malgré l'annonce de certaines nouveautés chez GLENFIDDICH (dont l' "IPA cask" et le "Projet XX" de l'Experimental series) ou l'artisanal The BALVENIE (navré, Damien !).

 
 
 
 
 
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Au stand éphémère (façon cellier) "Golden Promise", l'on pouvait tirer un dram au sort, ici le superbe et puissant rhum CARONI directement tiré du fût, à déguster avec....précaution (il titrait en effet 68 %). Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 
Pour rentrer maintenant dans le vif du sujet, je dirais que cela a été un salon des "confirmations" en positif comme en négatif...Malgré la crise qui avait provoqué une raréfaction de bons fûts et notamment de fûts âgés, la floraison des n.a.s. (whiskies sans compte d'âge) et l"inflation des prix, des distilleries écossaises déjà bien installées ont pu tirer leur épingle du jeu, comme par exemple AN CNOC avec 2 propositions tourbées de haute volée, dont le nouveau "Stack", vraiment un coup de coeur pour moi. La distillerie OLD PULTENEY, également, avec des propositions intéressantes, avec notamment une cuvée brut de fût anniversaire des 60 ans de la MdW "fantastiquement sherriesque".
 
Plus bas et plus à l'Ouest sur la carte de l'Ecosse, ARRAN, qui a désormais un 18 ans d'âge à présenter (et même un 21 ans, mais au VIP seulement), offrait à la dégustation ses excellentes références que sont les 10, 12 et 14 ans, "The Bothy" et une belle version "Madeira cask finish", bien fruitée, bien équilibrée-un de leurs meilleurs affinages depuis longtemps à mon avis.
 
Toujours chez Inverhouse Distillers, je signale à nouveau l'excellent BALBLAIR millésimé "1999" en version de 15 ans d'âge (car il y a aussi une version de 10 ans d'âge du même millésime), un whisky aux qualités multiples et à la complexité gourmande tant florale, fruitée, herbacée qu'épicée.
 
 
 
 
 
 
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Les deux fantastiques AN CNOC (tous 2 tourbés !) du salon...Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Ce salon a été aussi l'occasion pour des négociants réputés de démontrer qu'ils étaient parfois en mesure de proposer des mises en bouteille bien meilleures que leurs pendants officiels (je pense notamment au MACALLAN 2007 Speymalt de chez Gordon & MacPhail), ou stimulantes pour les officiels (je pense au GLEN MORAY 21 ans de chez Berry Bros & Rudd), parmi d'autres sur lesquels je reviendrais plus loin.
 
 
 
 
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Le superbe GLEN MORAY 21 ans du nĂ©gociant BERRY BROS & RUDD, dans un Ă©crin spĂ©cial pour l'anniversaire de la Maison du Whisky. Un whisky juteux (beau fruitĂ©), floral, campagnard (foin), dĂ©licat, titrant 56,3 %. Photo: Â© GrĂ©goire Sarafian
 
 
 
 
Par ailleurs, de nouvelles distilleries ont pu donner la preuve de la pertinence de leurs choix, en Ecosse, avec par exemple WOLFBURN, qui en plus de son excellent jeune single malt de 3 ans d'âge élevé en petits fûts ("quarter casks"), proposait une nouvelle version incorporant cette fois 20 % de fûts de sherry, version nommée "Aurora", ainsi qu'une version pour les 60 ans de la MDW nommée "A little something different" titrant 50 %. Je n'ai pas pu goûter cette dernière, mais j'ai beaucoup apprécié les deux autres, et notamment l'"Aurora", dans lequel le sherry joue le rôle d'affinage quasiment...avec une jolie rondeur de fruits rouges qui vient complimenter les notes de vanille, d'épices et d'agrumes issues des fûts ayant contenu du bourbon (largement majoritaires).
 
 
 
 
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Les 3 versions du single malt WOLFBURN présentes au salon, dont les 2 (à droite sur la photo) versions régulières que j'ai trouvées très réussies. Une jeune distillerie à suivre. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
La Suède, Ă©galement, a pu dĂ©montrer qu'elle avec des atouts très compĂ©titifs face aux whiskies Ă©cossais, car j'ai pu enfin dĂ©guster les très intĂ©ressants whiskies de la distillerie BOX, avec pas moins de 3 ou 4 versions dĂ©sormais distribuĂ©es par la Maison du Whisky (certes Ă  des prix pas donnĂ©s pour en plus des flacons de 50 cl au lieu de 70). D'ailleurs, sur certaines versions, les single malts de BOX proposait un profil aromatique tourbĂ© Ă  faire pâlir leur compatriote MACKMYRA (je fais allusion Ă  leur version tourbĂ©e nommĂ©e "Svensk Rök". 
 
La distillerie suédoise MACKMYRA, par ailleurs, était donc également présente avec notamment le "Vinterdrom", un joli affinage en fûts de rhum de chez Plantation/maison Ferrand. Un whisky gourmand et équilibré.
 
 
 
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Un des plutôt convaincants single malts (ici une version tourbée) du stand de la distillerie suédoise BOX. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Bien sûr, parmi les nouveaux whiskies présents sur le marché, il faudra désormais aussi compter sur la distillerie américaine WESTLAND, située à Seattle, sur la côte Ouest. Une distillerie qui produit....des single malts et non des bourbons ! Il y a là l'"American Single malt" (élevé pour le moment en fûts de bourbon), le "Sherry Wood" et son séduisant fruité, le "Peated" (avec de la tourbe écossaise, mais bientôt américaine !), ou encore les single casks (dont le "397", un single cask à 54,7 % destiné à célébrer les 60 ans de la MDW), et enfin le "Garryana", utilisant 21 % de fûts provenant de chêne de l'Etat de Washington, des bois séchés à l'air libre durant environ 3 ans).
 
 
 
 
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Le "Garryana" de WESTLAND, ou le futur déjà conjugué au présent de la distillerie. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Ces deux derniers whiskeys furent intéressants, mais ce sont avérés plus secs et moins "ouverts" sur une multitude de saveurs que les versions assemblées, plus intéressantes pour le moment à mon humble avis. WESTLAND est donc mon coup de coeur des coups de coeur du salon, s'il ne fallait en désigner qu'un, entraînant ma décision dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 septembre (mes 2 jours de visite du salon), de nommer cette distillerie "Distillerie de l'année 2016", pour l'audace et la qualité de sa démarche (dont l'emploi de 5 à 7 types d'orge différente), mais aussi pour son travail ancré dans son terroir, avec notamment le respect de l'environnement mais aussi la recherche d'auto-suffisance locale de sa production, dont l'utilisation prochaine d'une tourbière locale.
 
 
 
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Matt Hofman, l'homme derrière la marque "WESTLAND", le maître-distillateur qui a osé réinventer le single malt si loin de son pays d'origine. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
Ayant été par ailleurs récemment invité à des présentations de presse des whiskies de chez Bacardi, j'aurais l'occasion de revenir prochainement sur plusieurs références des 5 marques de single malt dont ils sont propriétaires (à savoir ABERFELDY, AULTMORE, CRAIGELLACHIE, DEVERON, ROYAL BRACKLA), ainsi que des blended whiskies DEWAR'S (dont le sublime "Signature" et les excellents 12 & 18 ans), mais je tenais à signaler d'ores et déjà mes trois bouteilles favorites (et abordables) du stand pour ce qui est des single malts, hormis bien sûr, en haut de gamme, le gourmand et très sherry AULTMORE 25 ans, à savoir l'AULTMORE 18 ans, pour sa générosité & complexité, le CRAIGELLACHIE 17 ans, pour son caractère charpenté et floral, ou encore le DEVERON 18 ans, pour sa douce rondeur fruité. Ces trois single malts sont de vraies réussites.
 
 
 
 
 
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Le DEWAR'S "Signature", ou ce qui est peut être aujourd'hui encore sans doute le plus beau blended whisky sans compte d'âge, un paradoxe (quand on sait qu'il contient des malts de plus de 25 ans). Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Sur le même stand, j'ai pu apprécier le nouvel ABERFELDY 16 ans, délicatement malté (whisky que je préfère au 12 ans), ainsi que la complexité par moments très végétale des ROYAL BRACKLA...Mais j'avoue avoir un faible pour les AULTMORE & les CRAIGELLACHIE plus que pour les autres distilleries du groupe.
 
 
 
 
 
 
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De même, concernant les marques de chez Pernod-Ricard, dont je reparlerais également, j'ai appris trop tard que le "Mizunara finish" du blend CHIVAS REGAL était en dégustation au salon et n'ai pu le déguster vu le calibre de ce qui a suivi.
 
 
En revanche j'ai pu "réviser" côté The GLENLIVET, et si le 12 ans "First fill" m'a paru quelque peu monolithique, sans grand intérêt, la dégustation de la gamme "Nadurra" (désormais hélas entièrement en n.a.s.) m'a confirmé sa qualité globale, avec une préférence pour la version sherry "Oloroso" et "Peated", car la version "First Fill Bourbon" m'a semblé bien jeune comparée à l'ancien 16 ans et encore un rien marquée par le new make et un certain déséquilibre des esters.
 
 
La déception la plus grande est venue du The GLENLIVET "Cipher", dont le marketing (et une expérience sensorielle proposée sur place en cabine) et l'opacité de la bouteille n'ont pu dissimuler un whisky technologique & n.a.s. (oui je le répète, cela va souvent ensemble) de qualité assez moyenne et parfaitement dispensable à fortiori au regard du prix. En revanche, la qualité est toujours au rendez vous pour le "XXV", autrement dit le 25 ans d'âge, un des plus beaux 25 ans disponibles sur le marché et aussi un des plus beaux GLENLIVET officiels à mon avis. D'une grande délicatesse, il mêle fruits, fleurs et léger boisé, avec un arrière-plan malté de toute beauté.
 
 
 
 
 
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Le GLENLIVET 25 ans, sans doute un des plus beaux single malts de 25 ans d'âge à l'heure actuelle....Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Toujours du même propriétaire, j'ai eu en revanche la satisfaction de constater que les ABERLOUR "A'Bunadh" se portaient bien (j'ai préféré d'ailleurs le batch 56 au 55, mais les 2 sont bons). Autre bonne surprise, le joli n.a.s. (eh, oui, cela arrive aussi!) de SCAPA en version légèrement tourbée, version nommée "Glansa", d'un bel équilibre.
 
 
 
 
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Il y a n.a.s. et n.a.s.....en voilà un bon, le SCAPA "Glansa", et son joli voile de fumée. Photo:© Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Mais le salon était aussi l'occasion de rencontrer certains acteurs emblématiques du marché du whisky, de l'assemblage ou de la distribution du whisky. A cet égard, je ne peux évidemment pas faire l'impasse sur le coup de maître provocateur de John Glaser de COMPASS BOX, qui a osé présenter pas moins de trois whiskies sujets potentiels à polémique, dans la droite ligne de sa courageuse démarche de défense de la transparence dans l'affichage et la communication du contenu des whiskies, ce notamment avec le "3 Year Old De Luxe" Blended whisky qui ne contient en fait qu'un petit pourcent de whisky de trois ans d'âge, le reste étant plus âgé...(cette fois donc une majeure de CLYNELISH, mais avec une jolie mineure TALISKER). Un excellent whisky au passage, sur lequel je reviendrais...notes de dégustation à l'appui.
 
Mais j'ai également pu apprécier aussi l'édition 10 ème anniversaire de la sortie du "The Spice Tree", sous titrée "Extravaganza", peut être la plus équilibrée des différentes versions de ce whisky, ainsi qu'un "Whisky de Table", très approprié pour casser les codes des whiskies et les rapprocher du vin. Très jeune, mais bon, et par ailleurs modérement tourbé, il est à déguster, d'après John, de préférence "'sur glace" (donc cela fait 4 provocations en réalité !).
 
 
 
 
 
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Deux des trois nouveautés de COMPASS BOX, ici en version miniature (notes à venir) car je n'ai pu prendre de photos du stand vu l'affluence. A gauche la version 10 ème anniversaire du "Spice Tree" et à droite le déjà fameux "3 Year Old de Luxe". Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
J'ai été ravi de rencontrer à nouveau l'assembleur de MIDLETON en la personne de Billy Leighton, créateur tant du superbe "Barry Crocket Legacy" que du "Dair Ghaelach" (élevé en fûts de Bourbon puis affiné en fûts de chêne irlandais !-notes à suivre), et d'apprendre sur le stand voisin de BUSHMILLS (qui "revient" timidement sur le marché français et au salon) que c'était lui le créateur du superbe 21 ans Madeira Wood finish (dégusté à nouveau à cette occasion. Ce 21 ans d'une belle expressivité malgré son titrage à 40 % seulement confirme son statut de haut de gamme au sens qualitatif & de vénérable malt, la version la plus âgée officiellement sortie de la distillerie à ce jour (si l'on excepte évidemment les mises en bouteille anonymes de négoce).
 
MIDLETON présentait son nouveau REDBREAST en version n.a.s. nommée "Lustau", une version visiblement destinée "à la clientèle féminine" (ce n'est pas moi qui l'ai dit, mais l'un des ambassadeurs présents sur place), mais inaboutie, trop vineuse à mon goût, elle m'a donné envie de racheter illico du 12 ans d'âge de peur qu'il ne disparaisse...pour la marque REDBREAST, j'ai donc préféré la sérénité du 21 ans d'âge et la typicité du 25 ans d'âge au VIP (édition faite pour les 60 ans de la MDW) à ce nouveau "Lustau".
 
La célèbre distillerie irlandaise présentait aussi toute une déclinaison du JAMESON en versions plus ou moins marquées par le bois (comme par exemple le "Black Barrel", mais il y avait 3 autres versions que je n'ai pas eu le temps de déguster). Par contre, comme je l'avais déjà signalé au printemps, le nouveau "Crested" (qui remplace le "Crested Ten" et perd au passage sa mention d'âge), est malgré tout un monument de rondeur doucement fruitée, aussi je vous le recommande.
 
 
 
 
 
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Le rare single cask de RED BREAST, au salon VIP, un rien vineux mais plutôt bien fait. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Parmi les distilleries encore méconnues et jusqu'ici quasi-absentes du marché français, j'ai eu la bonne surprise de voir que la distillerie allemande SLYRS avait droit a un stand avec pas moins de 7 versions différentes, et, je dois dire, toutes de qualité ! (avec ou sans affinage, d'ailleurs, dont 2 différents sherry, un Porto, un Sauternes).
 
J'aurais l'occasion d'y revenir là aussi, avec des notes de dégustations, à partir de 2 samples gentiment offerts par la distillerie, à savoir, pour l'un, du "Classic" (l'entrée de gamme) et l'autre celui du "Fifty One" (à 51 %). Le 12 ans d'âge, déjà épuisé (ou trouvable à prix prohibitif) est vraiment remarquable de concentration aromatique.
 
 
 
 
 
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Les whiskies de la distillerie allemande SLYRS, de Bavière, un travail soigneux pour une réussite sur 100 % des propositions du stand, avec ou sans affinage, c'est quelque chose qui n'arrive pas tous les jours, alors chapeau ! Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Chez les officiels toujours, la distillerie écossaise de Campbeltown GLEN SCOTIA, à la gamme enfin relookée de manière décente (et assez belle je dois dire) depuis l'an dernier, présentait les 3 fleurons de sa gamme régulière, à savoir le n.a.s. "Double-Cask", le 15 ans d'âge (peut être mon favori du stand) et le n.a.s. "Victoriana", tous dignes d'intérêt et sur lesquels je reviendrais certainement. Faute de temps, je ne peux vous donner de retour sur les LOCH LOMOND présents sur le stand d'à côté, qui appartenait au même propriétaire, puisque je ne les ai pas dégustés. J'ai cru comprendre que le public était davantage partagé que sur les GLEN SCOTIA ...
 
 
 
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Côté ISLE OF JURA, hormis un millésime "1975" (Port cask) brut de fût à 51,7 % frisant les mille euros et accessible surtout par tirage au sort dans un lieu dédié (bar éphémère) non testé, et la gamme régulière (que je connais déjà), il y avait une édition en hommage à Willie Cochrane qui fêtait ses 39 ans au sein de la distillerie, à savoir un 22 ans d'âge affiné en fûts de Pinot noir (et à 47 %). Dominé par des notes vineuses, ce whisky m'a paru surfait et un échec manifeste de l'affinage (dommage).
 
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette distillerie, disons que je préfère rester sur les modestes valeurs sûres de la gamme à mes yeux que sont le 10 ans "Legacy", le "Superstition" ou encore le 16 ans (et les versions récentes du "Prophecy"), et tant pis si cela ne plaîra pas à tout le monde.
 
 
 
 
 
 
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Le JURA "Superstition", un ancien "n.a.s." à grande amplitude d'âge...Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
En revanche tout était bon sur le stand français de la distillerie WARENGHEM, et notamment la nouvelle édition de l'ARMORIK "Maître de chai", le batch 3, toujours vieilli en fûts de Sherry Oloroso (je n'ai pu en revanche déguster la seule vraie surprise de la distillerie, une version affinée durant un an en fûts de Chouchen, car elle était parmi l'offre pléthorique du salon VIP, salon régulièrement pris d'assaut par les "anoraks" du whisky, il a encore une fois fallu faire des choix-j'ai ainsi raté quelques raretés proposées au compte-goutte à certains moments, comme le GLEN GRANT 1956 de Gordon & MacPhail gamme "The Book of Kells" ou encore le PORT ELLEN 1982/de chez Douglas LAING/gamme "X.O.P.").
 
 
 
 
 
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La distillerie WARENGHEM se porte bien en 2016, avec pas moins de 5 propositions déjà rien que sur "le plateau"..¨Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
A ce stade (c'est à dire des "collector's"'), il me faut là rendre hommage à la distillerie BENROMACH qui a osé proposer à la dégustation sur le plateau (donc avec le "seul" pass "découverte") son 35 ans d'âge, d'une grande finesse, et donc ne pas le réserver au seuls visiteurs de l'espace VIP. Bravo et merci !
 
 
 
 
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BENROMACH 35 ans, ou un contenu aussi beau que son contenant, méritant d'être dégusté lentement. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
 
Au négatif, je n'arrive toujours pas à comprendre la différence entre la louable démarche "écolo-friendly", artisanale et exigeante de la distillerie française Domaine des Hautes Glaces et...les résultats en bouteille. Le dernier né des moissons sent toujours autant le new make et les multiples maturations en fûts d'origine française (tout pour ne pas avoir à utiliser des ex-fûts de bourbon ou de sherry) ne font de mon point de vue que brouiller les pistes concernant la réelle qualité du distillat, donc la dégustation fut assez frustrante. Du coup j'ai zappé leurs expériences "Rye" sous le nom de VULSON (qui ont plutôt bonne presse).
 
Faute de temps et parfois par choix délibéré, je n'ai pas visité certains autres stands français (P & M, UBERACH ou encore G.ROZELIEURES), mais si les distilleries MICHARD ou encore JSD avaient été invitées (voir la liste thématique des meilleurs whiskies de moins de 100 €), j'aurai visité leur stand avec plaisir.
 
Signalons également côté français la présentation officielle du dernier né de la Distillerie des Menhirs, l'ED GWENN, un single grain à base d'orge non maltée (précédemment annoncé comme un single malt, d'ou ma confusion). Moins convaincant que la version expérimentale de l'an dernier, ce whisky visiblement jeune a néanmoins fait preuve d'une belle souplesse et d'un beau fruité en bouche. Pour ce qui concerne la gourmandise et la puissance, le "Gold" de la marque EDDU tient cependant toujours à mes yeux la première place.
 
Du côté des indépendants écossais, et même si là aussi j'ai du faire des impasses, en sus de la bonne surprise du MACALLAN Speymalt "2007", sur le stand GORDON & MacPHAIL, un joliment fruité ABERFELDY "1999", un bien tourbé et expressif LEDAIG "2000" et surtout ce très joli 15 ans d'âge brut de fût de CLYNELISH "2001" (issu de 2 fûts de Refill sherry, atypique mais très bien fait) m'ont donné le sourire, ainsi que leur distinguée (désormais dans tous les sens du terme puisqu'elle a été élue "Keeper of the Quaich") ambassadrice en la personne de Juliette Buchan.
 
 
 
 
 
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MACALLAN "2007" Speymalt, ou comment une version de négoce parvient à faire oublier toute la gamme officielle ! Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
J'ai eu grand plaisir aussi à retrouver la maison DUNCAN TAYLOR, absente de ce salon comme d'un autre depuis plusieurs années, et même si je n'ai pas pu déguster toutes leurs propositions, quelques single malts ont retenu mon attention, et notamment deux dans la gamme "Dimensions", à savoir un gourmand CRAGGANMORE "1999" (un 16 ans d'âge titrant 53,7 %)et un bien séducteur et complexe ISLE OF ARRAN de 18 ans d'âge ("1997"-2015 titrant 52,0 %). A noter un plutôt appréciable AULTMORE "2008" dans la gamme "Octave" cette fois. Par contre, côté distribution (qui a changé plusieurs fois ces dernières années), cela semble un peu compliqué encore d'en trouver en France...
 
 
 
 
 
 
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Un ARRAN de nĂ©goce plus gourmand que la version (assemblĂ©e) officielle.  Photo: © GrĂ©goire Sarafian
 
 
 
 
 
Chez Douglas LAING, le sympathique Jan Beckers proposait dans la joie et la bonne humeur de déguster différentes versions de sa gamme "Remarkable Regional Malts' (qui propose des blendeds malts thématiques, ) savoir un par région d'Ecosse-je vous ai déjà parlé notamment du "Rock Oyster" ou de l' "Epicurian", tous deux recommandés par votre serviteur-et présentait l'"Old Big Peat", une version à 50 % rendue plus profonde par la présence de single malts plus âgés), mais aussi des single malts plutôt jeunes dans sa gamme "Provenance", comme par exemple un DAILUAINE 7 ans bien fruité ou par exemple un joli TALISKER de 7 ans d'âge, d'une belle fraîcheur marine & agrumes.
 
J'ai bien aimé aussi la deuxième version du "YULA", ce blended malt îlien de 21 ans d'âgeau packaging psychédélique (que n'aurait pas renié le groupe de blues suédois Blues Pills). Titrant 52,3 %, il faisait encore une fois la part belle aux distilleries d'Islay qui le composent en partie, mais davantage pour les belles notes de badiane et fleurs capiteuses du BOWMORE que pour la tourbe (modérée).
 
 
 
 
 
 
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Un très agréablement BOWMOREesque "YULA" deuxième édition de chez Douglas LAING. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Puis j'ai rattrapé mon "retard" de 2015 en me rendant sur deux stands qu'il me tenait à coeur de visiter, les deux stands liés au négociant The SPECIALITY DRINKS Ltd, émanation de The Whisky Exchange (l'équivalent anglo-saxon de la Maison du Whisky, dont j'ai récemment visité la nouvelle boutique située à Covent Garden, qui est impressionnante, autant le dire...). Commençons par l'excellente gamme/marque "PORT ASKAIG", faisant la part belle à la distillerie CAOL ILA (de manière anonyme, certes, mais c'est un secret de polichinelle...), mais pas seulement, à ce que j'ai cru comprendre. J'ai bien apprécié l'aérien 30 ans d'âge, le très équilibré 16 ans, un rien terreux et bien fumé, et enfin l'explosif et véritablement jouissif jeune "100 Proof" (à 57,1 %), un autre de mes coups de coeur du salon cette année.
 
Sur le stand voisin et ami, celui d'"ELEMENTS OF ISLAY", de belles choses également (je me souviens du superbe "Lg5" de l'an dernier-un Lagavulin), entre autres flacons un BUNNAHABHAIN tourbé nommé "Ma1", modérément tourbé, mais expressif, un LAPHROAIG de qualité également ("Lp7"), et bien sûr le nouveau venu destiné à être une référence régulière, le brut de fût simplement nommé "Peat"...bien conçu, mais je lui ai tout de même préféré le PORT ASKAIG "100 Proof".
 
En "off" et au VIP était également proposé le single-cask millésimé "2000" (un brut de fût à 61,2 %, puissant mais très fin) qui a été créée à l'occasion des 60 ans de ce salon, un single malt au profil plus sec que les versions réduites ou que le "100 Proof". Depuis, la gamme s'est enrichie d'un 8 ans d'âge réduit, présenté au salon "The Whisky Show" anglais qui s'est déroulé les 1 & 2 octobre à Londres.
 
 
 
 
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Une splendide gamme que PORT ASKAIG, avec une amplitude d'âge qui laisse rêveur. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Au VIP, j'ai également pu déguster plusieurs mises en bouteille du négociant allemand SANSIBAR, dont un 40 ans d'âge anonyme sobrement nommé "Speyside", avec de belles notes de malt et de noisette, puis un LAPHROAIG de 18 ans d'âge qui a suscité certains engouements autour de moi mais que j'ai trouvé bien fait, mais pas exceptionnel et manquant un peu de punch malgré ses 53,4 % (les négociants Berry Bros & Rudd ou Douglas Laing, par exemple, en ont sorti de meilleurs les années précédentes...).
 
 
 
 
 
 
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Un salon VIP sous le signe du soleil...pas de Karuizawa ici, mais le monde peut tourner sans, n'est ce pas (?) avec d'autres jolies choses malgré tout, y compris japonaises (voir plus loin). Derrière le bar, Jean-Marc Bellier. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
Chez les américains, hormis les WESTLAND (qu'ils soient en version élevée en fûts de Bourbon, version "Sherry Wood" ou "Peated" -tourbé), je n'ai pas eu le temps de faire beaucoup de stands (je conseille ceci dit les DRY FLY et WHISTLEPIG, que j'ai eu l'occasion de déguster plus tôt dans l'année). Cependant, j'ai été de nouveau séduit par le "Barrel Proof" Straight Rye de MICHTER'S (notes de dégustation à venir là aussi), en plus de leur gamme régulière dont je vous ai déjà parlé.
 
Un peu plus loin, j'ai été impressionné par les versions brut de fût de la version "Small Batch" du FOUR ROSES (déjà une superbe référence en version réduite), et notamment le millésime "2015", le dernier élaboré par le maître-distillateur Jim Rutledge avant son départ à la retraite, un concentré de fruits et de boisé subtil à 54,3 %, ce à partir de fûts âgés de 11 à 16 ans. Inoubliable...Le 2016, dégusté en parallèle, élaboré par son successeur Brent Elliot était très bien aussi, mais souffrait beaucoup de la comparaison avec le 2015, bien plus exubérant.
 
 
 
 
 
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C'est avec regret que l'on va laisser partir Jim Rutledge, vu la qualité inouïe de sa dernière création (à droite sur la photo). Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
En bref, aussi, parmi les belles choses dégustées, certes pas toujours dans les meilleures conditions, le nouveau LAGAVULIN 25 ans "200 th anniversary edition" (à 51,7 %), plutôt bien fait, mais qui m'a un peu laissé sur ma faim par rapport au même 25 ans mais embouteillé en 2002.
 
 
 
 
 
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J'ai envie de dire "Simplement merci, Julian..." Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Chez les japonais, bien Ă©quilibrĂ© et expressif, le CHICHIBU "On the Way" (titrant 58,5 %) m'a bien plu (il s'agit d'un whisky d'un peu plus de 5 ans d'âge Ă©levĂ© en grande partie en fĂ»ts de chĂŞne amĂ©ricain ayant contenu du Bourbon, mais aussi en fĂ»ts de chĂŞne rouge japonais, autrement dit en Mizunara). Au salon VIP, deux autres versions limitĂ©es, des single casks, et des cuvĂ©es pour l'anniversaire de la MDW) de CHICHIBU Ă©taient disponibles, un brut de fĂ»t Ă©levĂ© en fĂ»ts de Bourbon,  titrant 61,5 %, et une version tourbĂ©e ("Peated") titrant 61,3 %. Deux rĂ©ussites...
 
 
 
 
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"Domo Haligato Gosaïmas", Mr Akuto...Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
J'ai eu du mal à accéder au stand de la distillerie japonaise MARS, donc je n'y ai rien dégusté. La vedette tant des stands japonais sur le plateau qu'à l'espace VIP fut sans contexte à nouveau un NIKKA "Coffey Grain/Cask Strength -il y eut en fait au moins deux versions (certains disent trois), dont le splendide fût 102093 titrant 63 %, une pure merveille pâtissière.
 
 
 

 

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Fabuleux, ce NIKKA "Coffey grain" brut de fût....Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

CONCLUSION:

 

VoilĂ  en gros ce qu'il fallait retenir de ce salon Ă  mon sens, en tout cas concernant les whiskies que j'ai pu dĂ©guster, bien entendu. Comme tout le monde, j’ai aussi naviguĂ© au grĂ© des disponibilitĂ©s des stands (autant dire presque mission impossible d’approcher le stand DALMORE Ă  chaque fois que je m’y suis prĂ©sentĂ©, j’y ai donc renoncé…-Oui, j’étais curieux du nouveau « Quintessence Â»).

Evidemment que le problème principal demeure le prix des flacons dès lors que l’on quitte les entrĂ©es de gamme et âges modestes, comme par exemple celui de l’ AULTMORE 1996 « Sweet white wine finish Â» (Sauternes), rĂ©duit Ă  50 issu de 2 fĂ»ts (3475 & 3478), 131 bouteilles, une cuvĂ©e 60 ème anniversaire de la MDW annoncĂ© Ă  399 €. Attardons nous d’ailleurs un temps dessus…Vous y croyez, vous, au nombre de bouteilles annoncĂ©es pour deux fĂ»ts d’à peine 20 ans d’âge ? Moi, non, je pense plutĂ´t qu'il y a du y avoir un split du contenu de ces fĂ»ts entre/avec un ou plusieurs nĂ©gociants ou maisons grossistes & distributrices Ă  mon avis. Cela reste une hypothèse, bien sĂ»r…pas une certitude. Quand au prix, il est simplement un peu plus Ă©levĂ© que le …25 ans d’âge.

Chez DALMORE, me répliquera-t’on, pour le même affinage, quasi-même âge & titrage, le prix sera quasiment doublé (895 €), oui, mais, il y a longtemps que cette marque n’est plus accessible au commun des mortels pour les hauts de gamme…question de positionnement marketing vers le luxe (depuis le rachat de 2007 par United Spirits). Heureusement, cette année encore, malgré tout, j’ai dégusté de belles choses à moins de 150 €, voire 80 €.

 

 

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Le "Whisky de Table", de COMPASS BOX, un blendec malt de 3 ans d'âge, ultime provocation?

 

 

L’autre problème Ă©videmment demeure le phĂ©nomène dĂ©sormais bien implantĂ© des n.a.s. (whiskies sans compte d’âge) ET les whiskies axĂ©s sur la « wood technology Â» (la recherche par brĂ»lage intensif des fĂ»ts de certains goĂ»ts de boisĂ©, vanillĂ©, d'Ă©pices tirant le whisky vers le rhum ambrĂ©, pour ĂŞtre clair), phĂ©nomène similaire Ă , il y a quelques annĂ©es, celui de la « parkerisation Â» dans les vins de Bordeaux et l’obsession de la « micro-oxygĂ©nation Â» qui allait avec (si vous ne me croyez pas, regardez pour ce qui est du vin le documentaire "Mondovino", dont la vision fĂ»t un choc pour moi il y a quelques annĂ©es). D’’ailleurs, clairement, ce sont souvent les mĂŞmes produits qui souffrent Ă  la fois du « n.a.s. non transparent Â» et de la « wood technology Â» (mĂŞme s’il y a de belles exceptions encore cette annĂ©e).

Cependant il convient ici de rappeler, pour les lecteurs pas encore trop au fait de ce problème, qu’il ne saurait ĂŞtre question de mettre tous les whiskies dans le mĂŞme sac, mĂŞme les n.a.s. , comme il m’arrive de le lire ici ou lĂ  sur des forums ou blogs ou billets de journalistes pas toujours bien informĂ©s. En effet, comment comparer (par exemple) les jeunes Singleton of DUFFTOWN sans compte d’âge (rĂ©duit Ă  40 %, colorĂ©s artificiellement, filtrĂ©s Ă  froid, assez jeunes, etc…) avec un single malt en Ă©dition limitĂ©e comme par exemple l’ABERLOUR « A’Bunadh Â», crĂ©Ă© avec une large variĂ©tĂ© de cuvĂ©es ou millĂ©simes Ă  partir de donnĂ©es prĂ©cises et exigeantes (la majeure de fĂ»ts de sherry de premier remplissage, la non filtration Ă  froid, la prĂ©sence de quelques fĂ»ts de plus de 10 ou 15 ans, le titrage Ă©levĂ©, etc…).

C’est tout simplement ridicule, pas comparable…et je peux multiplier les exemples, mĂŞme si « du bon cĂ´tĂ© de la force Â», il n’y a tout de mĂŞme pas Ă©normĂ©ment d’exemples de bons n.a.s. en dehors des whiskies des jeunes distilleries (les KILCHOMAN « Sanaig Â» ou le jeune single malt de WOLFBURN en sont de bons exemples) et des versions n.a.s. historiques (issus du dĂ©but des annĂ©es 2000, voire avant-1997 pour l’ « A’Bunadh Â») comme l’ABERLOUR A’Bunadh, le LAPHROAIG « Quarter Cask Â», ou encore l'ISLE OF JURA "Superstition", chez nous (eh, oui !), les ARMORIK et les GLANN AR MOR (souvent en dessous des 6/7 ans d’âge et pourtant si « prĂŞts Ă  dĂ©guster ») et mĂŞme, plus rĂ©cemment, le CAOL ILA « Moch Â», un des premiers n.a.s. de l’ère « contemporaine Â», si j’ose dire, et, Ă  fortiori, forcĂ©ment, la gamme « Private Edition Â» de GLENMORANGIE (rarement en dessous de 10/12 ans d’âge).

Pour donner un exemple rĂ©cent positif, j’ai trouvĂ© que les deux rĂ©cents SCAPA (« Skiren Â» et « Glansa Â»), sans ĂŞtre des chefs d’œuvre pour autant, s’en tirent plus qu’honorablement. Cela laisse un peu d’espoir.

Pour ne pas rester sur une note nĂ©gative, donc, signalons tout de mĂŞme que j'ai passĂ© de très bons moments dans ce salon, et que, parmi mes coups cĹ“ur de cette annĂ©e, figurent deux jeunes distilleries commençant par la lettre « W Â» et ayant eu l’intelligence par leurs mĂ©thodes de production, de contourner le problème de leur jeune âge (leurs whiskies ont moins de 5 ans d’âge !), Ă  savoir WOLFBURN, en Ecosse, dans les Highlands du Nord, et WESTLAND, aux Etats-Unis, sur la cĂ´te Ouest…Une distillerie que j’ai fini par Ă©lire distillerie de l’annĂ©e 2016 (voir ma note dans le sujet sur mes meilleurs whiskies abordables de 2015/2016 : cliquez ici/ click here

 

 

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Merci encore à tous et à toutes, lecteurs fidèles du site (que vous soyez professionnels ou amateurs) de votre fidélité et de vos encouragements lors du salon ! Merci également aux professionnels pour leur accueil sur le salon.

 

 

 ***

 

Pour finir, une dĂ©dicace personnelle Ă  des personnes que je n’ai pas pu voir cette annĂ©e, Ă  savoir, entre autres, bien sĂ»r, Dave Broom (« you’re the best, I miss you ! Â»), Richard Paterson (qui fĂŞtait ses 50 ans de mĂ©tier-« Congrats, and please take care of Gregg, now, thanks ! Â»), ou encore Chris Maybin (« All the best, mate, for your new job ! Â»).

 

Masterclass BENROMACH chez Nicolas JULHES le 07.10.15

 

Reportage sur la Masterclass BENROMACH chez Nicolas JULHES (boutique N°3)

le 07/10/2015 :

 

Mise Ă  jour du : 30/09/2016

 

Le 07 Octobre, une dĂ©gustation consacrĂ©e Ă  la distillerie Ă©cossaise BENROMACH, appartenant au nĂ©gociant Gordon & MacPhail, avait lieu dans la troisième enseigne de l’épicier-traiteur-caviste Nicolas JULHES (boutique situĂ©e au 28, rue du Faubourg Poissonnière 75010 Paris) que les lecteurs de mon site connaissent depuis un bon moment -Pour les autres, voir coordonnĂ©es ici : http://www.julhesparis.fr/

La dĂ©gustation Ă©tait conduite par la très compĂ©tente Juliette BUCHAN, responsable rĂ©gional du dĂ©veloppement commercial chez Gordon & MacPhail (traduire de facto Ă©galement ambassadeur de la distillerie BENROMACH). N’ayant pas pu dĂ©guster leurs nouveautĂ©s lors du dernier salon Whisky Live Paris 2015 (BENROMACH est reprĂ©sentĂ© en France par La Maison du Whisky), et apprĂ©ciant beaucoup l’état d’esprit de cette maison, il m’a paru indispensable de me rendre Ă  cette dĂ©gustation. CĂ©lia Ghesquière, agent commercial exclusif de la Maison du Whisky, Ă©tait chargĂ©e de l’assistance Ă  la dĂ©gustation, et apportait si besoin d'utiles prĂ©cisions, tandis qu’ AnaĂŻs Boutron, responsable communication chez Nicolas Julhès, veillait comme d’habitude Ă  ce que les choses se dĂ©roulent au mieux (comme j’ai appris que c’était une de ses dernières missions pour Nicolas Julhès et le domaine des spiritueux, j'en profite pour lui souhaiter bon vent et le meilleur pour la suite !).

Six whiskies Ă©taient proposĂ©s Ă  la dĂ©gustation, une dĂ©gustation, Ă  souligner, entièrement gratuite, plus en bonus le « nosing Â» d’un Ă©chantillon de Matusalem Sherry (du XĂ©rès de 30 ans d’âge en provenance de la sociĂ©tĂ© Gonzalez Byass, Ă  environ 20 % d’alcool). LĂ  encore, comme chez Vin & Whisky, mais dans un esprit un rien diffĂ©rent, une vingtaine de personnes ont eu la chance de dialoguer avec des professionnels du whisky après la prĂ©sentation de chaque whisky, et votre serviteur ne s’est pas privĂ© de poser des questions afin de vous apporter le plus de prĂ©cisions techniques ou factuelles possibles pour vous faire votre opinion et vous informer sur les productions de cette distillerie.

 

 

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Juliette BUCHAN, de Gordon & MacPhail, pour qui BENROMACH n'a aucun secret...Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

LES WHISKIES DEGUSTES (Tous des SINGLE-MALTS officiels) :

 

Voici les whiskies dans l’ordre de leur dĂ©gustation, après une brève prĂ©sentation de la distillerie :

 

Distillerie BENROMACH :

 

Cette distillerie fĂ»t fondĂ©e en 1898 par Duncan McCallum & F.W. Brickmann, dans le comtĂ© de Forres, ou figure Ă©galement la distillerie DALLAS DHU (fermĂ©e depuis 1983). La distillerie BENROMACH est classĂ©e dans la rĂ©gion du SPEYSIDE, bien que situĂ©e en bordure Est des Highlands du Nord, et elle est Ă©galement voisine de la distillerie GLENBURGIE. Elle est cĂ©lèbre Ă©galement parce qu’elle est une nombreuses distilleries Ă©cossaises du Speyside construite par l’architecte Charles Doig (1855-1918), l’inventeur des fameux toits de distilleries en pagode inspirĂ©s des temples chinois et japonais (un système moins romantiquement nommĂ© « Doig ventilator Â» en anglais) qui permettaient grâce Ă  un ingĂ©nieux système de clapets d’augmenter et de mieux rĂ©guler la fumĂ©e issue du processus de maltage de l’orge. La distillerie BENROMACH a Ă©tĂ© rachetĂ©e Ă  plusieurs reprises depuis sa construction, jusqu’à sa mise en sommeil en 1931, et ce jusqu’en 1937. Elle fut ensuite revendue en 1938 Ă  la sociĂ©tĂ© Joseph Hobbs Associated Scottish Distilleries Ltd (possĂ©dant plusieurs distilleries Ă©galement), puis la sociĂ©tĂ© fut rachetĂ©e par un groupe amĂ©ricain (National Distillers of America) qui revendit en 1953 la distillerie BENROMACH en mĂŞme temps que d’autres Ă  la puissante D.C.L. (Distillers Company Limited).

 

 

 

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La distillerie est entièrement rĂ©novĂ©e en 1966, mais, hĂ©las, en 1968, elle sera mise en sommeil en 1983, et ce jusqu’à son rachat en 1993 par la cĂ©lèbre et plus que centenaire maison de nĂ©goce de whiskies GORDON & MacPHAIL fondĂ©e Ă  Elgin en 1895. Elle est alors Ă  nouveau rĂ©novĂ©e et munie d’un système de chauffe des alambics Ă  la vapeur, d’une nouvelle cuve de brassage d’une tonne et demie recouvert d’un dĂ´me de cuivre et recomposĂ©e Ă  partir des anciennes, ainsi que de 4 cuves de fermentation en bois de MĂ©lèze. La distillerie ainsi rĂ©novĂ©e et prĂŞte Ă  rouvrir (le premier distillat sorti en aoĂ»t 1998) fut inaugurĂ©e par le Prince de Galles le 15 Octobre 1998. C’est en 2004, la distillerie souhaitant attendre d’avoir un whisky âgĂ© entre 6 et 7 ans d’âge au moins, que sort la première mise en bouteille sous la direction du nĂ©gociant, et il sera nommĂ© « Traditional Â», tandis que des Ă©ditions plus âgĂ©es de « l’ancien rĂ©gime Â» (comme dirait Jim McEwan) comme un 17 ans ou encore ce 15 ans affinĂ© avec de très vieux fĂ»ts datant de 1886, 1895 et 1901. A l’heure actuelle, d’ailleurs, notons que le plus ancien fĂ»t disponible, enfin jusqu’à qu’il fut mis en bouteille en 2005 Ă©tait un 55 ans d’âge distillĂ© en 1949 et titrant encore 42,4 % (83 bouteilles ont Ă©tĂ© produites et l’on pouvait encore le trouver il y a quelques annĂ©es aux alentours de 6500 €, aujourd’hui il faudrait sans doute y ajouter un zĂ©ro).

 

BENROMACH est une des rares distilleries Ă©cossaises Ă  utiliser Ă  la fois des levures de distillerie (les plus couramment utilisĂ©es) et des levures de brasserie (peu utilisĂ©es par les distillateurs car rĂ©putĂ©es instables). La quasi-totalitĂ© de la production (qui est de 250 000 litres d’alcool pur par an) est dĂ©diĂ©e aux single-malts. BENROMACH est Ă©galement une distillerie qui revendique un statut artisanal, notamment par l’emploi exclusif d’orge Ă©cossaise, de chais traditionnels (dunnage warehouse) et le refus de toute coloration artificielle. Elle dispose mĂŞme d’une certification officielle « biologique Â» pour une des rĂ©fĂ©rences de la gamme rĂ©gulière nommĂ©e « Organic Â», sur tout le processus (Ă  tel point qu’elle doit uniquement utiliser du bois neuf pour sa maturation). Enfin, le malt de BENROMACH est tourbĂ© Ă  12 p.p.m., c’est-Ă -dire très modĂ©rĂ©ment tourbĂ©. Trois personnes suffisent Ă  faire fonctionner la distillerie et ce sont effectivement trois personnes qui sont actuellement en charge de la production, et notamment le maĂ®tre distillateur Keith Cruickshank Ă  qui l’on doit probablement cette spectaculaire montĂ©e en puissance de la distillerie depuis quelques annĂ©es et la constance dans la production de ses single-malts.

Pour en savoir plus, voir la fiche complète de la distillerie sur le site (full distillery story & presentation here) : Fiche BENROMACH

 

1/ BENROMACH « Organic Â» (DistillĂ© en 2008), mis en bouteille en 2014 (6 ans d’âge), 43 % :

Cette version lancée pour la première fois en 2008 est une version ayant obtenu la certification officielle de whisky biologique sur la totalité du processus de fabrication, depuis l’orge (provenant de Keith, dans le Speyside), la levure, l’eau, qui en sont la base, jusqu’aux fûts qui ont servi pour la maturation, nécessairement neufs.

De couleur vieil or, cette version plutĂ´t lĂ©gère est au nez un peu diffĂ©rente des autres qui vont suivre, marquĂ© en cela par des notes lĂ©gèrement fermières (un peu comme chez certains SPRINGBANK), d’étable, mais aussi d’orge bouillie, de mousse, le tout mĂŞlĂ© de tourbe lĂ©gère, donc un profil vĂ©gĂ©tal, mais très fin. En bouche, c’est très fondu et pour moi bien Ă©quilibrĂ©, davantage cette fois sur le miel, les herbes et l’orge maltĂ©e mais aussi une note vĂ©gĂ©tale qui subsiste (tabac champignon). Avec un peu d’eau, sa finesse et son Ă©quilibre ressortent, mais aussi un certain manque de complexitĂ© et de profondeur (ne pas ajouter trop d’eau). Conclusion : Un BENROMACH un peu atypique mais plutĂ´t bien fait, que j’ai apprĂ©ciĂ© (3 ème Ă©dition de cette version dĂ©gustĂ©e et la plus forte note avec l’édition de 2009 notĂ©e 87/100 contre 82,5/100 pour l’édition 2007). P.V.C./MdW (prix de vente conseillĂ©, chez les cavistes dĂ©positaires des produits La M.D.W., ex. Nicolas Julhès) : Autour de 65 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 86/100

 

 

 

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2/ BENROMACH 5 ans, mis en bouteille en 2015 (première Ă©dition), 40 % :

Cette version toute nouvelle remplace en quelque sorte la version dite « Traditional Â» lĂ©gèrement plus âgĂ©e en tant qu’entrĂ©e de gamme. Il s’agit d’une version Ă©levĂ©e Ă  80 % en fĂ»ts ayant contenu du Bourbon de premier remplissage (« First Fill Â») et de 20 % de Sherry.

De couleur or très clair, cette version très jeune et très lĂ©gère est plutĂ´t agrĂ©able au nez. De jolies notes florales, assez sexy (lilas, violette), se mĂŞlent Ă  des notes typiques de jeune whisky (levures), d’orge maltĂ©e, jusqu’à des notes d’esters (bonbons anglais, fruits exotiques) demeurant tout de mĂŞme modĂ©rĂ©es. En bouche, l’on retrouve ces mĂŞmes notes, avec beaucoup de fluiditĂ© (voire un caractère lĂ©gèrement aqueux, du Ă  la rĂ©duction Ă  40 %) et de sĂ©duction, et une jolie touche de tourbe pour finir. Avec quelques gouttes d’eau (vraiment peu), l’ensemble demeure très fin et agrĂ©able, mais l’eau n’est pas ici indispensable. Conclusion : Un single malt jeune, rĂ©solument d’apĂ©ritif (ce qui n’a rien de pĂ©joratif), plutĂ´t bien fait, et une addition culottĂ©e (le jeune compte d’âge !) Ă  la gamme, en ces temps de plĂ©thore de versions sans compte d’âge (« n.a.s. Â»). Bien sĂ»r mon tempĂ©rament râleur me fera dire que j’aurais aimĂ© qu’elle ait elle aussi au minimum 43 %, comme le 10 ans, voire mĂŞme un peu plus en raison de son jeune âge. Mais rien que pour le parti pris rare de sortir un 5 ans d’âge nommĂ© comme tel, je tire mon chapeau Ă  la distillerie. P.V.C./MdW/N.J. : Autour de 43 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 84,5/100

 

 

 

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3/ BENROMACH « Sassicaia Wood Finish » (distillĂ© en 2006 : 7,5 ans d’âge), mis en bouteille en 2015, 45 % :

Cette version est un assemblage de fĂ»ts de Bourbon et de Sherry Oloroso (sauf erreur de ma part), puis l’ensemble a Ă©tĂ© longuement affinĂ© dans des fĂ»ts ayant contenu du vin rouge italien de la rĂ©gion de la Toscane (il est parfois nommĂ© « Super Tuscan Â») Ă  80 % composĂ© de cĂ©page Cabernet-Sauvignon.

De couleur cuivrĂ©e, elle a un nez complexe, Ă  la fois rond, très fruitĂ©, floral et un rien Ă©picĂ©, assez gourmand. En bouche, ce BENROMACH est clairement gourmand, fruitĂ© (fruits rouges et fruits noirs, abricots mĂ»rs), voire mĂŞme pâtissier (entre charlotte aux fruits rouges et soupe de fraises et de mĂ»res au vin rouge), mais pas vineux (quel Ă©quilibre, dĂ©cidĂ©ment dans toutes les versions dĂ©gustĂ©es ce soir !), avec un soupçon d’herbes et d’épices Ă  l’arrière-plan et pour couronner le tout, en filigrane, une lĂ©gère tourbe cendrĂ©e…Avec un peu d’eau (pas trop, s.v.p. !), il devient encore un peu plus rond et charmeur. Conclusion : Je n’ai jamais Ă©tĂ© fan des affinages en fĂ»ts de vin rouge, car souvent il s’agit de masquer des fĂ»ts de qualitĂ© mĂ©diocre, et par lĂ  mĂŞme d'Ă©craser le style de la distillerie, mais les exemples contraires (je veux dire de rĂ©ussite) existent mĂŞme s’ils sont peu nombreux Ă  mon avis, la preuve en est donnĂ©e par exemple par cette version remarquablement Ă©quilibrĂ©e et plaisante, meilleure Ă  mon sens que l’édition que j’avais dĂ©gustĂ©e en 2009 (notĂ©e 81/100), dĂ©jĂ  intĂ©ressante ceci dit. P.V.C./MdW/N.J. : Autour de 70 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 88/100

 

 

 

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4/ BENROMACH 10 ans, mis en bouteille en 2015, 43 % :

Note de Dégustation/Tasting Note (2015, révisée en 2016):

A Noter: Cette version de la gamme rĂ©gulière est devenue peu Ă  peu l’emblème de la politique de qualitĂ© de la distillerie Ă  mon avis. C’est une version issue d’un assemblage de fĂ»ts ayant contenu du Bourbon et de fĂ»ts ayant contenu du Sherry durant 7 ans, puis les fĂ»ts ont Ă©tĂ© mĂ©langĂ©s ("mariĂ©s") durant un an au minimum (probablement plus près de 2 ans, dirai-je) dans des fĂ»ts ayant contenu du Sherry de type Oloroso. Depuis, la distillerie a sorti non seulement la version brut de fĂ»t de ce whisky (dite "100 PROOF"), mais aussi une version de 15 ans d'âge, et, provocation ultime, Ă  l'heure ou "pleuvent" les versions n.a.s. (sans compte d'âge) sur le marchĂ©, osĂ© sortir un single malt de 5 ans d'âge qui en porte la mention, et en plus qui est bon ! 

Couleur: Vieil or. Nez: Il possède un nez très fin et très complexe, composĂ© de notes florales (fleurs capiteuses), fruitĂ©es (fruits rouges & noirs), lĂ©gèrement herbacĂ©es, Ă©picĂ©es, tourbĂ©es (une tourbe tirant parfois vers des notes goudronnĂ©es et mĂ©dicinales), boisĂ©es (bois brĂ»lĂ©) et fumĂ©es d’une incroyable Ă©lĂ©gance. Bluffant dĂ©jĂ  Ă  ce stade. Bouche: En bouche, il est tout en dĂ©licatesse mais non sans affirmer sa prĂ©sence, reprenant les notes du nez, avec ces notes florales si sexy (lilas, violette, mais aussi une pointe de badiane), de notes fruitĂ©es complexes et riches (fraises mĂ»res, framboises, mĂ»res et prunes), de chocolat noir et au lait (l’on est pas si loin du BOWMORE 15 ans « Mariner Â»), de boisĂ©/fumĂ© (bois brĂ»lĂ©, feu de cheminĂ©e), de tourbe mi-grasse, mi-cendrĂ©e, de rĂ©glisse aussi en arrière-plan. Un whisky qui a beaucoup de choses Ă  dire ! Tenue Ă  la dilution: Avec un peu d’eau (n’en ajoutez pas trop), les notes se fondent encore un peu plus entre elles, et dĂ©veloppent notamment un fruitĂ© très riche qui devient lĂ©gèrement acidulĂ© (baies, grenades), voire mĂŞme, lors de certaines dĂ©gustations, font dĂ©couvrir des notes de cafĂ© torrĂ©fiĂ© (le sherry parle, lĂ  encore). Devient aĂ©rien en un sens, et encore plus sophistiquĂ©. Conclusion : C’est pour moi Ă  l’heure actuelle probablement le plus beau single-malt Ă©cossais de 10 ans d’âge disponible sur le marchĂ©. Par sa complexitĂ©, son Ă©quilibre et son Ă©lĂ©gance, il Ă©crase toute concurrence au point, Ă  l’aveugle, de passer pour d’autres single-malts prestigieux & iliens bien plus âgĂ©s (j’ai fait le test avec des amis, j’ignorais moi-mĂŞme ce qu’il y avait dans mon verre…). Les Ă©ditions 2014 et 2015 (depuis le nouveau packaging, disons) me paraissent enfin encore plus Ă©quilibrĂ©es qu’auparavant (l’édition 2009, la première je crois, fut notĂ©e 88 puis 90,5/100 par votre serviteur -seule une lĂ©gère note dĂ©sagrĂ©able de pneu brĂ»lĂ© & de pĂ©trole l’empĂŞcha d’aller plus haut, or cette note a disparu aujourd’hui). Non seulement chaudement recommandĂ©, mais j’ose dire indispensable dans tout bar de passionnĂ© qui se respecte, et d'un rapport qualitĂ©/prix difficile Ă  Ă©galer. Prix indicatif (MdW/N.J.) : Autour de 52 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 93 Ă  95/100 (suivant les lots, voire l’humeur !)

 

 

 

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5/ BENROMACH 10 ans « 100 Proof Â», mis en bouteille en 2015, rĂ©duit Ă  57 % :

BENROMACH a gardĂ© la mĂŞme recette que pour la version rĂ©duite Ă  43 %, mais, fait intĂ©ressant, la propose non pas en brut de fĂ»t (« Cask Strength Â») mais Ă  l’ancien degrĂ© de mesure de l’alcool (en mĂ©langeant le whisky Ă  de la poudre Ă  canon, si le mĂ©lange s’enflammait, l’on obtenait en effet la « preuve Â» que celui-ci avait le titrage alcoolique suffisant pour ĂŞtre du whisky). Ainsi « 100 Proof Â» en Ă©chelle britannique signifiait 57 % d’alcool par volume, tandis que l’unitĂ© de mesure amĂ©ricaine signifiait elle la moitiĂ© (50 %). En dĂ©finitive, le distillat a Ă©tĂ© rĂ©duit par adjonction d’eau distillĂ©e d’environ 60 % (le distillat de BENROMACH sort entre 59,7 % et 60,3 % environ, nous prĂ©cise Juliette BUCHAN. Elle ajoute que comme la mesure d’alcool est diffĂ©rente aux Etats-Unis, la mention « 100 Proof Â» a Ă©tĂ© supprimĂ©e de l’étiquette de cette version pour ce marchĂ© et remplacĂ©e par le nom « Imperial Â».

De couleur vieil or Ă  presque cuivrĂ©e (bon, ok, l’éclairage faible n’a pas favorisĂ© l’apprĂ©ciation de la juste couleur de ce whisky), son nez est riche, complexe, dense. Les fruits mĂ»rs et noirs sont lĂ , les fruits rouges un peu moins Ă©vidents, certes, c’est le fondu des arĂ´mes est important et impressionnant. Les fleurs capiteuses se mĂŞlent aux autres notes, au boisĂ©/chocolatĂ©, au malt, très prĂ©sent dans cette version, mais aussi Ă  la tourbe un rien rĂ©glissĂ©e qui est au cĹ“ur de l’assemblage, tout en restant modĂ©rĂ©e. En bouche, Ă©tonnamment, c’est la mĂŞme chose, il y a une sensation compacte qui diffère un peu du caractère presque aĂ©rien du 10 ans rĂ©duit, au profit d’une densitĂ©, d’une richesse gourmande que l’ajout d’un peu d’eau va rĂ©vĂ©ler. Alors, avec un peu d’eau, mais moins que dans la version rĂ©duite (disons que cela reviendra Ă  une rĂ©duction Ă  environ 50/52 % d’alcool), ce 10 ans d’âge s’exprime Ă  plein, avec son cortège de fleurs capiteuses, de fruits mĂ»rs, de malt, de chocolat noir et au lait, de rĂ©glisse, voire d’orange confite, pour notre plus grande satisfaction. Conclusion : D’un Ă©quilibre toujours aussi impressionnant, cette version a Ă©galement pour intĂ©rĂŞt de donner la chance au consommateur de la comparer Ă  la version rĂ©duite Ă  43 % (car c’est, rappelons la mĂŞme recette que pour celui-ci). Elle est aussi un des rares single-malts brut de fĂ»ts Ă©cossais officiels relativement jeune Ă  arborer sur son contenant la mention de son âge ! D’autres notes de dĂ©gustation, plus prĂ©cises, Ă  venir. P.V.C./MdW/N.J. : Autour de 79 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 92/100

 

 

 

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6/ BENROMACH 15 ans, mis en bouteille en 2015 (première Ă©dition de 600 bouteilles), 46 % :

Cette toute nouvelle version est un assemblage de fûts ayant contenu du Sherry & du Bourbon, puis remis à marier plusieurs années dans des fûts de Sherry, comme le 10 ans d’âge. La seule différence importante est l’apport de davantage de fûts de Sherry dans l’assemblage.

De couleur vieil or, elle a un nez complexe, presque aussi riche et dense que le 10 ans brut de fĂ»t, marquĂ© par le sherry et le malt. Le chocolat noir, les fruits secs & les fruits mĂ»rs sont sa signature. La tourbe et la fumĂ©e, Ă  ce stade, sont relĂ©guĂ©es Ă  l’arrière-plan, avec discrĂ©tion. En bouche, ce BENROMACH est gourmand, fruitĂ© (fruits secs & les fruits mĂ»rs) et pâtissier (ganaches variĂ©es au chocolat noir et au lait, palets au pralinĂ©, voire mĂŞme fudge -caramels Ă©cossais au beurre). Les fleurs sont peu prĂ©sentes ou vraiment fondues Ă  l’ensemble. De mĂŞme, la sensation de tourbe est très faible et discrète, mais non sans Ă©lĂ©gance. Avec un peu d’eau, il devient plus souple et se rapproche un peu du 10 ans, avec les complexes notes fruitĂ©es qui ressortent un peu…Conclusion : Une nouvelle addition Ă  la gamme rĂ©gulière de grande qualitĂ©, remarquablement Ă©quilibrĂ©e, en partie diffĂ©rente du 10 ans d’âge. Elle est elle aussi chaudement recommandĂ©e. P.V.C./MdW/N.J. : Autour de 90 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 91,5/100, voire davantage (92,5 ?)/100

 

 

 

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* Sherry « Matusalem Â» 30 ans, maison Gonzalez Byass, 2015, environ 20 % (XĂ©rès, vin fortifiĂ©): Echantillon en « nosing Â» (Ă©tude olfactive) seulement.

Ce Xérès (vin fortifié par l’ajout d’alcool) très âgé est élevé dans des fûts qui, une fois vidés, sont très recherchés pour faire vieillir des distillats délicats et leur donner noblesse, délicatesse, mais aussi gourmandise. C’est notamment ce qui est recherché par l’assembleur Richard Paterson pour la maturation ou plus souvent l’affinage des single-malts de la distillerie DALMORE, pour des éditions limitées âgées et prestigieuses (le mot poli pour ne pas dire hors de prix, en l’occurrence, mais, pour être équitable, cela donne souvent de remarquables résultats).

De couleur acajou foncĂ©, son nez est exubĂ©rant au possible et profond, m’évoquant bien sĂ»r quantitĂ© de fruits noirs et rouges très mĂ»rs, mais aussi des fruits secs Ă  profusion (raisins de Corinthe, pruneaux, abricots, dattes, etc…), mais aussi, de manière bien plus personnelle, contre toute attente, du « Pasterma Â», une spĂ©cialitĂ© apĂ©ritive armĂ©nienne Ă  base de boeuf sĂ©chĂ© Ă  l’air et protĂ©gĂ© et parfumĂ© par une pâte d’épices (composĂ© de paprika, du fenu grec, de l'aĂŻl et du cumin, voire du piment de la JamaĂŻque). C'est une sorte de viande des grisons plus parfumĂ©e, en quelque sorte. Conclusion : Certes nous n’avons pas dĂ©gustĂ© ce Sherry ce soir lĂ , mais j’en ai dĂ©jĂ  dĂ©gustĂ© auparavant et c’est une expĂ©rience unique, un vin très riche, de dessert ou Ă  consommer sans accompagnement Ă©videmment. Indication de Prix : Autour de 60 € (disponibilitĂ© chez les cavistes Ă  confirmer)-Pas de note chiffrĂ©e.

 

 ***

 

Conclusion générale: (V.F.): Une dégustation très instructive (un grand merci à Juliette Buchan pour cela) avec pas mal d'informations utiles sur la distillerie et ses standards de production assez élevés, jusqu'à la certification "bio" pour certaines références, et une louable volonté de jouer "cartes sur table" pour toute sa production. Le mot artisanal prend tout son sens ici. Du côté des versions dégustées, que je connaissais déjà 4/6 des versions dégustées, mais pas forcément des lots de cette année (pour l'"Organic" et le "Sassicaia..."-qui m'ont bluffé). J'ai beaucoup aimé les 2 versions du 10 ans d'âge, d'une belle harmonie, ainsi que la sérénité du 5 ans et du 15 ans (assez différents). J'ai été impressionné par dessus tout par la qualité, l'équilibre et la constance dans la production d'une version à l'autre et j'ai hâte de découvrir leurs prochaines versions. Je ne peux donc que recommander cette distillerie et souhaiter un jour l'arrivée d'un 18 ans d'âge, par exemple, ou d'une version brut de fût (ou à 50 %) du 5 ans, notamment...A bon entendeur !

 

Conclusion/Summerize of the evening : (English): A very educational tasting (thanks a lot to Juliette Buchan for that), with a lot of useful informations about the distillery & its quite high production standards, leading to get the official green certification for one of its expressions, and a commandable will to explain frankly how the whisky is produced. The word "crafted", often bandied about these days, has a real meaning here. About the expressions offered to sample that evening, I knew 4/6 of them, but not necessarily in this year's batches : For instance this year's "Organic" & "Sassicaia Wood Finish" batches were quite amazing, better than previous ones I've tasted. I loved the two 10 years old expressions (as I said before, the 10 y.o. at 43 % is probably the best 10 y.o. single-malt in today's market, and not only the Scottish one), showing great harmony, and the 5 & 15 years old's serenity, even though they are different. Most of all, I have been impressed by the quality, the balance & the consistency of production from an expression to the other, and that makes me looking forward for the future ones. So I can only recommend this distillery and wish the arrival of new comers in the range such as for instance a 18 years old some day and, between others, a cask strength (or reduced at 50 %) version of the new 5 years old....A word to the wise !

 


Masterclass KAVALAN chez Nicolas JUHLES le 01.10.15

 

 

 

Reportage sur la Masterclass KAVALAN ayant eu lieu chez Nicolas JULHES (boutique N°3) le 01/10/2015 :

 

 

Mise Ă  jour du : 06/10/2015

 

 

Le 1 er Octobre, une dĂ©gustation concernant la distillerie taĂŻwanaise KAVALAN avait lieu dans la troisième enseigne de l’épicier-traiteur-caviste Nicolas JULHES (boutique situĂ©e au 28, rue du Faubourg Poissonnière 75010 Paris) que les lecteurs de mon site connaissent depuis un bon moment (pour les autres, voir coordonnĂ©es ici : Lien vers Nicolas Julhès.

La dégustation était conduite, entre autres, par la charmante Emma LIN, responsable du développement commercial (traduire de facto ambassadeur de la marque KAVALAN). N’ayant pas pu déguster leurs nouveautés lors du dernier salon Whisky Live Paris 2015 (KAVALAN est représenté en France par La Maison du Whisky), cela me paraissait important de me rendre à cette dégustation. Célia Ghesquière, agent commercial exclusif de la Maison du Whisky, assurait la traduction de l’anglais ainsi que l’assistance à la dégustation et apportait des précisions utiles et quelques bonus en fin de séance. Anaïs Boutron, responsable communication chez Julhès, comme pour chaque masterclass ou salon, veillait à ce que les choses se déroulent au mieux.

Cinq whiskies Ă©taient proposĂ©s Ă  la dĂ©gustation, une dĂ©gustation, Ă  souligner, entièrement gratuite, plus en bonus un « nosing Â» du distillat de KAVALAN, ainsi qu’un nosing, voire une dĂ©gustation pour quelques personnes de deux Ă©chantillons…LĂ  encore, comme chez Vin & Whisky, mais dans un esprit un rien diffĂ©rent, une vingtaine de personnes avaient la chance de dialoguer avec des professionnels du whisky après la prĂ©sentation de chaque whisky, et votre serviteur ne s’est pas privĂ© de poser des questions afin de vous apporter le plus de prĂ©cisions techniques ou factuelles possibles pour vous faire votre opinion et vous informer sur les productions de cette distillerie.

 

 

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Emma Lin, l'ambassadrice de la soirĂ©e pour KAVALAN, avec les bouteilles dĂ©gustĂ©es. Photo : Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

 

LES WHISKIES DEGUSTES (Tous des SINGLE-MALTS officiels) :

 

Voici les whiskies dans l’ordre de leur dĂ©gustation, après une prĂ©sentation de la distillerie :

 

Distillerie KAVALAN :

Cette désormais célèbre distillerie (son nom chinois est YUAN SHAN) fût fondée en 2005 par une grosse société, la King Car group, un important groupe qui exerce diverses activités (classée dans les trois plus grands producteurs de boissons et produites alimentaires de Taiwan) dont la dernière en date est le whisky. Située en pleine forêt, au Nord-Est de Taïwan, dans le comté de Yilan, ou le climat est tropical, avec des températures pouvant monter de 26 à 40 degrés, avec une forte humidité qui donne une part des anges importante de 12 % en moyenne, mais pouvant aller jusqu’à environ 15 %.

La distillerie est Ă©quipĂ©e de 4 alambics (2 alambics de wash de 12000 litres de capacitĂ©, et 2 alambics de spirit de 7000 litres) Ă  col de cygne assez incurvĂ© vers le bas, mais ne possèdent pas de boule de reflux et demeurent assez trapus. Ils sont couplĂ©s Ă  plusieurs types de refroidisseurs, en raison du climat très chaud. Le distillat est donc assez fin surtout parce que le col de cygne est incurvĂ© vers le bas. Il est prĂ©vu qu’en 2016 la capacitĂ© de production soit augmentĂ©e par l’ajout de 6 alambics supplĂ©mentaires, ce qui en fera donc 10 au total, nous prĂ©cise Emma Lin, Le « cut Â» (ou la « coupe Â» du cĹ“ur de chauffe) a Ă©tĂ© rĂ©cemment ramenĂ© de 78-72 degrĂ©s Ă  65-55 % pour nous dit-on, donner plus d’expressivitĂ© au distillat. De mĂŞme, la distillerie est en train de construire de nouveaux chais afin de doubler la capacitĂ© de production. La production actuelle est de 1,5 millions litres d’alcool pur par an (actuellement 15000 fĂ»ts en cours de maturation dans les chais de KAVALAN, mais les chais peuvent en accueillir jusqu’à 60000 et un autre bâtiment est en construction Ă  cet effet). La distillerie utilise 4 cuves de brassage (« mash tuns Â») et 8 cuves de fermentation (« washbacks Â») fermĂ©es en acier inoxydable.

La distillerie utilise rĂ©gulièrement jusqu’à 8 types de fĂ»ts diffĂ©rents pour un mĂŞme single-malt, mais pour les versions brutes de fĂ»t les plus connues, un ou deux types seulement de fĂ»ts sont utilisĂ©s (le plus souvent du Bourbon, du Sherry et du vin portugais qui est utilisĂ© pour le « Vinho Barrique Â», mais parfois aussi d’autres types de fĂ»ts comme du Porto). La distillerie possède sa propre tonnellerie, sur place, et elle travaille les fĂ»ts en 3 Ă©tapes : 1/ « shaving Â» (raclement lĂ©ger des douelles des fĂ»ts, pour Ă©liminer le contenu prĂ©cĂ©dent et raviver le travail du fĂ»t 2/ « toasting Â» (brĂ»lage des douelles par un feu central) 3/ « charring Â» (brĂ»lage plus intensif au chalumeau, rĂ©glable cependant, permettant d’obtenir la rĂ©activitĂ© dĂ©sirĂ©e du bois, notamment en ce qui concerne la vanille et les Ă©pices), il est rĂ©alisĂ© de manière moyennement forte Ă  très forte (« medium to heavy Â»). A cause du climat accĂ©lĂ©rant le vieillissement du distillat, les whiskies sont embouteillĂ©s assez jeunes, les premières versions vers 4 ans d’âge, et ils ne le sont que de 8 ans maximum, autrement, nous prĂ©cise encore Emma Lin, « le whisky deviendrait trop amer Â» (trop de boisĂ© interviendrait). Tous les single-malts de KAVALAN sont non filtrĂ©s Ă  froid et, hormis une version, non colorĂ©s artificiellement. La production de la distillerie est automatisĂ©e au maximum.

Concernant les conditions de maturation, il faut savoir qu’il y a beaucoup de diffĂ©rences entre les alcools des diffĂ©rents Ă©tages qui vieillissent dans les chais modernes (la tempĂ©rature peut atteindre 42 degrĂ©s au sommet du chai, lĂ  ou la plus basse près du sol sera de 27 degrĂ©s environ). La distillerie possède donc Ă  la fois des racks sur 4 Ă©tages de fĂ»ts (…seulement, Ă  cause des risques sismiques), mais aussi des chais traditionnels de type « dunnage Â», ce parfois dans le mĂŞme bâtiment. La politique chez KAVALAN est de ne pas bouger les fĂ»ts en cours de maturation mais plutĂ´t de sĂ©lectionner des fĂ»ts provenant de diffĂ©rents emplacements ou Ă©tages (un peu comme chez MAKER’S MARK aux Etats-Unis). Le Dr Jim SWAN, un consultant expĂ©rimentĂ© qui a participĂ© et participe encore Ă  l’aventure de plusieurs distilleries (comme par exemple KILCHOMAN, PENDERYN, ANNANDALE Distillery, GLASGOW Distillery, DUBLIN Whiskey company, le projet LINDORES Abbey, etc…) est consultĂ© pour la production depuis 2005, mais aussi pour l’approvisionnement de la distillerie en fĂ»ts divers, et ce Ă  travers le monde (ex. Etats-Unis, Espagne, etc…), et l’orge vient d’Ecosse, mais aussi des pays de l’Est, dont la Lituanie, par exemple. Fait intĂ©ressant, et qui nous donne un peu le vertige, le centre d’accueil des visiteurs peut accueillir jusqu’à 600 personnes ! Quand on sait que la distillerie accueille près d’un 1 million de visiteurs par an, on le comprend mieux !

Le premier single malt fut lancĂ© en 2008, et le premier single-cask de la gamme « Solist Â» en 2009. La distillerie connaĂ®t un succès grandissant Ă  tel point qu’Ian Chang, le maĂ®tre assembleur de la distillerie, peut ĂŞtre fier que KAVALAN aie obtenu de nombreux prix en 2015, dont 3 pour le « Vinho Barrique Â» aux World Whiskies Awards, et le prix du meilleur single-malt au monde par Jim Murray (personnage oh combien controversĂ©). Le lecteur habituĂ© Ă  me lire comprendra que j’émette des rĂ©serves Ă  son sujet, ainsi qu’aux prix dĂ©cernĂ©s entre eux par les professionnels, mais l’ensemble des prix rĂ©coltĂ©s depuis quelques annĂ©es n’est pas le fait du hasard, la qualitĂ©, notamment en ce qui concerne les hauts de gamme, est lĂ . Après c’est aussi une affaire de goĂ»t…  

 

 

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Le line-up de la dégustation de la soirée, hors bonus, s'entend. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

1/ KAVALAN « Single Malt Â», n.a.s. (sans compte d’âge), mis en bouteille en 2015, 40 % :

Cette version de la gamme régulière est majoritairement âgée de 4 ans, plus une partie des fûts âgés de 5 ans. Il s’agit d’une version élevée dans 6 types de fûts différents, des fûts, entre autres, ayant contenu du Bourbon pour la première fois, pour la deuxième fois, du Sherry Oloroso (idem), ainsi que des fûts neufs.

De couleur vieil or, cette version plutĂ´t lĂ©gère est marquĂ©e par les fruits confits, et une douceur dĂ©notant une possible par de fĂ»ts ayant contenu du vin. En bouche, l’on retrouve ce profil fruitĂ©, un rien floral, quelques timides esters, donnant des notes discrètes de fruits exotiques, de bonbons gĂ©lifiĂ©s, mais aussi une rondeur doucereuse pouvant provenir de fĂ»ts de vin, plutĂ´t que de la vanille. A ce stade, ce whisky d’entrĂ©e de gamme de la marque rappelle un peu le YAMAZAKI « Distiller’s Reserve Â» qui a Ă©tĂ© Ă©levĂ© en partie en fĂ»ts de vin rouge. Avec quelques gouttes d’eau, le vin ressort davantage. Conclusion : Un single-malt correct, mais un peu trop compliquĂ©, pas dans le sens de complexitĂ©, non, plutĂ´t dans le sens d’un manque de cohĂ©sion, de trop d’informations en mĂŞme temps, d’un manque de personnalitĂ©, d’authenticitĂ©. A titre de comparaison valable (c’est-Ă -dire en prenant un single-malt d’Asie ayant grosso modo les mĂŞmes caractĂ©ristiques d’hygromĂ©trie), le single-malt d’entrĂ©e de gamme d’AMRUT s’avère plus convaincant et plus abouti, en tout cas dans les versions rĂ©centes. Prix indicatif/MdW (et cavistes partenaires, comme N.J.) : Autour de 63€. -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 80 Ă  82/100

 

 

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Le premier whisky de la dĂ©gustation, sans titre. Photo:©  GrĂ©goire Sarafian

 

 

2/ KAVALAN « KING CAR Whisky (Conductor) Â», mis en bouteille en 2015, n.c.f. (non filtrĂ© Ă  froid), n.c. (non colorĂ© artificiellement), 46 % :

Cette version de la gamme régulière âgée de plus de 4 ans est constituée de pas moins de 8 différents types de fûts utilisés, dont un peu plus de Sherry que dans la version précédente.

De couleur vieil or, son nez est assez sucrĂ©, très fruitĂ©, sur un profil proche du whisky prĂ©cĂ©dent, mais avec un peu plus de puissance, le passage de 40 Ă  46 % est un plus, clairement. En bouche, il est plus expressif que le whisky prĂ©cĂ©dent, pour cette mĂŞme raison, avec davantage de notes Ă©picĂ©es (gingembre, piment doux) et des notes fruitĂ©es, un rien herbacĂ©es et boisĂ©es. Cependant, j’observe que le mĂŞme problème qu’avec le whisky prĂ©cĂ©dent se retrouve avec celui-ci, Ă  savoir trop de maturations diffĂ©rentes impliquĂ©es Ă  mon avis. La rondeur provient probablement de cela. Avec un peu d’eau, il s’assouplit un peu et devient plus agrĂ©able. Conclusion : Un single-malt très correct, avec un cĂ´tĂ© « entre deux Â» un peu frustrant. Pas encore « pour moi Â». Prix indicatif/MdW : Autour de 65 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 83 Ă  85/100

 

 

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Le second whisky de la dĂ©gustation, le "KING CAR". Photo:©  GrĂ©goire Sarafian

 

 

3/ KAVALAN « Ex-BOURBON OAK Â», mis en bouteille en 2015, 46 % :

Cette version de la gamme régulière a été élevée en fûts ayant contenu du Bourbon, probablement uniquementde second ou troisième remplissage, mais je ne peux l’affirmer avec certitude.

De couleur vieil or, il possède un nez avant tout sec et Ă©picĂ©, puis en arrière-plan de la vanille, du foin et un boisĂ© Ă©voquant certains The BALVENIE comme les single-barrel Bourbon, par exemple. En bouche, il est sur ces mĂŞmes notes, peu sucrĂ©, avec des notes d’agrumes, de noix de coco, d’herbes assez sèches, et d’épices très prĂ©sentes (poivre noir, gingembre et piment doux) apportant de l’astringence et refermant quelque peu la palette aromatique. Avec un peu d’eau il est plus intĂ©ressant (mais ne pas trop diluer), avec plus de souplesse cĂ´tĂ© texture et une pointe (discrète) de fruits exotiques. Conclusion : Peut ĂŞtre le plus occidental de la gamme, avec les « Sherry casks Â»â€¦c’est un autre monde. Pourrait constituer la vĂ©ritable entrĂ©e de gamme de la marque. Prix indicatif/MdW : Autour de 70 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 86/100

 

 

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Au tour du "Ex-BOURBON OAK" de s'exprimer. Photo:©  GrĂ©goire Sarafian

 

 

4/ KAVALAN « SHERRY OAK Â», mis en bouteille en 2015, 8 ans, 46 % :

Cette version de la gamme rĂ©gulière a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e en fĂ»ts ayant contenu du Sherry de type Oloroso une seule fois (« First fill Â») et plusieurs fois (« Refill Â»), et cela se sent dĂ©jĂ  au nez. Les fĂ»ts sont de type « Sherry butts Â» (donc de capacitĂ© au moins double de celle des fĂ»ts de Bourbon, ce qui donne moins de contact avec le distillat, donc compense un peu le vieillissement accĂ©lĂ©rĂ© par le climat, pour donner, au final, un boisĂ© modĂ©rĂ©. Bien joué…

De couleur or, Ă  reflets cuivrĂ©s, il possède un nez assez sĂ©duisant de pralinĂ©s, de noisettes et de chocolat au lait. J’aime beaucoup ce nez. En bouche il est un peu moins exubĂ©rant mais très agrĂ©able, avec la reprise des notes de pralinĂ©s, de noisette, de chocolat au lait, mais aussi de noix, d’amandes grillĂ©es, de fruits mĂ»rs, et peu d’impressions de boisĂ© ou de notes vineuses issues de l’élevage Sherry. Pas mal du tout. Avec un peu d’eau (point trop n’en faut ici), le profil demeure assez doux, chocolatĂ© et fruitĂ©, avec davantage de fondu et de finesse. Pointe Ă©picĂ©e sur la fin, mais modĂ©rĂ©e. Conclusion : LĂ  encore les 46 % et l’usage de peu de types de fĂ»ts diffĂ©rents fait mouche, et l’on s’approche peu Ă  peu des meilleures bouteilles de la distillerie. Prix indicatif/MdW : Autour de 90 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 87/100

 

 

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Le KAVALAN "SHERRY OAK", le dĂ©but des choses sĂ©rieuses... Photo:©  GrĂ©goire Sarafian

 

 

5/ KAVALAN « SOLIST Â», 7 ans, mis en bouteille en 2015 en ExclusivitĂ© pour La Maison du Whisky, Single-Cask (rĂ©f. N° SO608221049), Cask Strength, 57,8 % :

Cette version issue d’un seul fĂ»t de Sherry Oloroso a Ă©tĂ© mise en bouteille pour La Maison du Whisky dans la gamme « Solist Â», qui dĂ©signe les single-casks, qui peuvent ĂŞtre Ă©levĂ©s dans plusieurs types de fĂ»ts, y compris plusieurs types de fĂ»ts de Sherry. Ce fut en effet un « Solist Â» en fĂ»t de Sherry Fino qui fut distinguĂ© en 2012.

De couleur cuivrĂ©e, son nez est superbe, vif, gourmand, complexe : Des noisettes, du chocolat noir et au lait, des fruits mĂ»rs, noirs et des fruits secs (dattes, pruneaux, raisins de Corinthe). En bouche, il est plus sec et vif, Ă©picĂ©, pas loin de l’esprit des Sherry Casks de chez AMRUT, avec un peu d’astringence, un peu restreint, mais assez vite derrière on peut distinguer dans le paysage les mĂŞmes fruits, notes pâtissières et gourmandes du nez. Cependant un peu d’eau s’impose, et cela calme un peu le jeu pour laisser parler autre chose que l’alcool et les Ă©pices, mais cela donne aussi un peu d’astringence supplĂ©mentaire. Ceci Ă©tant dit, c’est un très beau whisky. Conclusion : Cela s’appelle « passer aux choses sĂ©rieuses Â» (en anglais : « now, we’re talking Â», comme dirait un cĂ©lèbre Ă©crivain du whisky Ă  moustaches). Pour moi c’est lĂ  ou se situe, a priori, le savoir faire rĂ©el de la distillerie, Ă  savoir essayer de produire le meilleur whisky possible, quitte Ă  ne le sortir que fĂ»t par fĂ»t…Prix indicatif/MdW : Autour de 132 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 91/100

 

 

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Un de mes whiskies préférés de la soirée, sans conteste. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

Et en bonus …

 

 

*/ KAVALAN « New Spirit Â», en nosing seulement…titrage inconnu (env. 60 %) :

Difficile d’en dire beaucoup, sans pouvoir le déguster. Il m’a semblé très discret, probablement réduit, ne montrant que de vagues notes d’orge maltée, et d’une grande finesse.

 

 

 

6/ KAVALAN « VINHO BARRIQUE Â», gamme « Solist Â», mis en bouteille en ExclusivitĂ© pour La Maison du Whisky en 2015, Cask Strength, 59,4 % :

Cette édition limitée provient de la réserve d’échantillons de Célia, de La Maison du Whisky, qui a bien voulu nous faire sentir, voire déguster pour certains ce whisky désormais épuisé qui fut primé plusieurs fois à divers concours. Elevé dans des fûts ayant contenu soit du vin espagnol, soit du vin portugais, ou les deux, il est également embouteillé brut de fût. L’âge est très jeune.

De couleur cuivrĂ©e, elle a un nez très riche, dominĂ© par les fruits mĂ»rs et un chocolat noir assez dense, non dĂ©nuĂ© d’une certaine aciditĂ© semble t’il, Ă  tel point que j’ai pensĂ© immĂ©diatement Ă  un Ă©levage ou affinage en fĂ»ts de Sherry de type Pedro Ximenez. Dattes, pruneaux, raisins secs et brownie se bagarrent pour obtenir la première place, et en bouche c’est la mĂŞme chose, avec en plus quelques Ă©pices, mais c’est gourmand, bien Ă©quilibrĂ© (peu de tannins) et avec un peu d’eau carrĂ©ment comme un dessert liquide. Conclusion : Un KAVALAN de premier ordre, fortement recommandĂ© (disons pour la prochaine Ă©dition !). Prix indicatif/MdW : Autour de 100 € (EpuisĂ©) -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 93/100, voire davantage

 

 

 

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Le KAVALAN "Vinho Barrique", ici dans un autre lot que celle dégustée...

 

 

 

7/ KAVALAN « PEATY CASK Â», mis en bouteille en 2015 en ExclusivitĂ© pour La Maison du Whisky, Single-Cask (rĂ©f. N° R070423087, ayant donnĂ© 117 bouteilles), Cask Strength, 54 % :

Il s’agit d’une version entièrement élevée dans un seul fût ayant contenu du Bourbon, puis du Scotch, provenant d’un single-malt tourbé en provenance (l’on devine entre les lignes) de l’île d’Islay, mais son origine exacte est tenue secrète. L’échantillon apporté par Célia a été simplement nosé, mais mes notes proviennent cette fois plutôt de la dégustation au V.I.P. du dernier salon Whisky Live Paris 2015. Très succintes, elles demandent à être confirmées.

De couleur or clair, elle a un nez plus fin que les versions prĂ©cĂ©dentes, semble t’il, et qui s’avère joliment et modĂ©rĂ©ment tourbĂ©. A ce stade il m’évoque davantage un ARDMORE de nĂ©goce qu’un whisky asiatique. En bouche il est relativement doux malgrĂ© le titrage Ă©levĂ©. De fines et belles notes d’agrumes apparaissent ensuite, en arrière-plan, quelque peu ravivĂ©es si l’on rajoute un peu d’eau, ainsi que quelques fleurs. Superbe ! Conclusion : Un excellent mariage entre Ecosse (Islay) et Chine (TaĂŻwan), cela fonctionne Ă  merveille. Cher, mais plutĂ´t recommandĂ© ! Prix indicatif/MdW : Autour de 159 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 91, voire davantage ?/100

 

 

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Le KAVALAN "PEATY CASK", ici au Whisky Live Paris 2015. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

PS : « Le SCOOP Â» : Suite Ă  une de mes questions, j’apprends que la distillerie a dĂ©jĂ  utilisĂ© de manière ponctuelle (mĂŞme si rien n’était encore sorti en France ? concert master en 2009) et utilise actuellement des fĂ»ts de Porto, or la distillerie a prĂ©vu de sortir en 2016 plusieurs versions avec Ă©levage en fĂ»ts de Porto, y compris une en maturation intĂ©grale et single-cask, dans la sĂ©rie dite « CONCERT MASTER Â». A suivre !

 

DĂ©gustation chez Vin et Whiskies: Inver House Distillers 24.09.15

 

Reportage sur la dégustation INVER HOUSE Distillers chez VIN & WHISKY

le 24/09/2015 :

 

Mise Ă  jour du : 02/10/2015

 

Le 24 Septembre, une dĂ©gustation concernant certaines distilleries Ă©cossaises du groupe Inver House Distillers (ANCNOC, BALBLAIR, OLD PULTENEY) avait lieu dans l’excellente cave Ă  vins et spiritueux (et bar Ă  vins et Ă  whiskies) nommĂ©e « VIN & WHISKY Â» que les lecteurs de mon site connaissent bien (pour les autres, voir coordonnĂ©es ici: Vin et Whiskies

La dégustation était conduite par le fort sympathique et jeune Tim WADE, ambassadeur de la marque BALBLAIR (mais aussi accessoirement des autres distilleries du groupe), des marques distribuées par La Maison du Whisky. La distillerie KNOCKDHU produisant les single malts ANCNOC n’étant pas toujours présente dans les salons français, il était d’autant plus intéressant de déguster une de leurs nouveautés (pour certaines autres références, voir le reportage sur le Whisky Live Paris 2015, à venir sous peu). Quant à BALBLAIR et OLD PULTENEY, deux distilleries également des Highlands, j’ai eu régulièrement l’occasion de déguster leurs whiskies et j’apprécie leur politique récente de titrage à 46 %, voire parfois de non coloration et de non filtrage à froid. Pas moins de 8 whiskies (et encore, avec le distillat pur, n’ayant pas encore droit à l’appellation whisky, cela faisait 9) étaient en dégustation, une dégustation, à souligner, entièrement gratuite, toujours avec l’accueil chaleureux et discret des maîtres de la maison, Michèle et Charles Claudel. La convivialité est souvent de mise dans ce lieu, propice à conversations transversales, à rencontres, et aussi à une proximité précieuse avec l’invité professionnel lors de la dégustation, ce qui n’est pas toujours possible dans des salons, par exemple.

 

 

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Tim, le symathique ambassadeur des marques du groupe, chez Vin et Whiskies, une adresse qui marche !

Photo © Grégoire Sarafian

 

 

Avertissement : S’agissant de ma première dĂ©gustation publique en phase de rĂ©cupĂ©ration de mes capacitĂ©s olfactives et gustatives après une anosmie partielle, les notes de dĂ©gustation sont Ă  prendre avec une rĂ©serve plus grande qu’à l’accoutumĂ©e, encore que j’ai pu reconnaĂ®tre le statut de distillat pur (ou « new make Â») d'un des Ă©chantillons de BALBLAIR, et ce Ă  près d’un mètre, entre autres tests, ce qui m’a un peu rassurĂ©.

 

LES WHISKIES DEGUSTES ce soir lĂ :

(Tous des SINGLE-MALTS officiels) 

 

Voici les whiskies dans l’ordre de leur dĂ©gustation, après une brève prĂ©sentation de chaque distillerie :

 

 

Distillerie OLD PULTENEY :

 

Cette célèbre distillerie fût fondée en 1826 par James HENDERSON, dans la ville portuaire de Wick, dans les Highlands du Nord, et doit son nom à un particulier qui n’est pas professionnel du whisky, Sir William Johnstone PULTENEY, ce qui est plutôt rare pour une distillerie. C’est, si l’on excepte les distilleries des îles Orcades (Orkney Islands) et les îles Shetlands, la distillerie la plus septentrionale d’Ecosse. En tout cas elle l’était jusqu’en 2013, date ou la distillerie WOLFBURN fut créée dans la ville de Thurso, à environ 30 km au Nord-Ouest de Wick. La distillerie a vu son destin lié celui des pêcheurs de harengs, le personnel de la distillerie étant à l’origine principalement constitué de pêcheurs : Wick était le principal port d’Europe pour la pêche aux harengs), comme à la distillerie CLYNELISH par exemple. La particularité principale de la distillerie est l’absence de col de cygne de son alambic de wash, dont la forme est tronquée par rapport à celle des alambics habituels, c'est-à-dire qu’un autre tuyau repart perpendiculairement au premier (la légende raconte qu’ayant commencé à installer l’alambic, le directeur s’aperçut alors qu’il était trop grand pour la salle des alambics et décida alors de couper son sommet et faire une dérivation horizontale). La distillerie a connu de nombreux propriétaires, dont Hiram Walker & sons, en 1958, Allied Breweries (futur Allied Domecq) en 1961, puis c’est au tour en 1995 du groupe écossais INVERHOUSE Distillers (qui possède également les distilleries écossaises KNOCKDHU, BALBLAIR, BALMENACH, SPEYBURN), qui est lui-même depuis 2006 la propriété du groupe international Thaï Beverages plc. La distillerie a été surnommée la Manzanilla du Nord, allusion à l’usage de Sherry Fino et au style salé, un peu acide du distillat d’OLD PULTENEY. La forme de la bouteille a été conçue pour rappeler celle de l’alambic, notamment avec la partie sphérique vers la base de celui-ci, assez caractéristique. Une grande partie de la production (qui est d’un 1 million à 1,8 million de litres par an, mais il en reste peu pour les single-malts) alimente les nombreux blended whiskies du groupe qui ne sont pas ou peu disponibles en France, comme HANKEY BANNISTER, par exemple, mais aussi le blended whisky BALLANTINE’S du groupe Pernod-Ricard.

Pour en savoir plus, voir la fiche distillerie sur le site:  Old Pulteney Distillery: Presentation

 

1/ OLD PULTENEY « Flotilla 2004 Â», mis en bouteille en 2014 (Edition limitĂ©e pour la France, en collaboration avec La Maison du Whisky), 46 % :

Cette version remplace la version de millĂ©sime « 2000 Â» que je n’ai pas encore chroniquĂ©e sur le site. Il s’agit toujours d’une version Ă©levĂ©e en fĂ»ts ayant contenu du Bourbon. Le terme « Flotilla Â» est une allusion Ă  une petite flotte de bateaux, clin d’œil au mot français de « flotte Â», mais aussi aux rassemblements festifs de vieux bateaux qui ont lieu chaque annĂ©e en Normandie et en Bretagne, et en particulier aux « Tonnerres de Brest Â» de l’annĂ©e 2012 ou fut lancĂ©e la première version « Flotilla 2000 Â».

De couleur or très clair, cette version plutĂ´t lĂ©gère est peu expressive au nez, hormis des notes herbacĂ©es, citriques, des notes d’agrumes frais, assez caractĂ©ristiques. Peu de notes marines Ă  ce stade. En bouche, l’on retrouve ce profil, un peu acide, sur les agrumes, les herbes sauvages, du miel, peut ĂŞtre un peu d’embruns, des Ă©pices douces, et de la sĂ©cheresse, ce sur un fond vanillĂ©. Un peu plus aimable avec quelques gouttes d’eau, mais point trop n’en faut. Ce whisky manque un peu de corps. Conclusion : Un single malt apĂ©ritif pas mauvais, mais pas passionnant, et sur un profil qui m’intĂ©resse peu (si j’ose une comparaison, il me rappelle un CLYNELISH restreint, ou autrement dit un chat sans ses griffes). Le profil des nouveaux AUTMORE officiels (pour les 12 et 18 ans en tout cas) n’est pas très Ă©loignĂ© de celui-ci, mais avec bien plus de punch. P.V.C./MdW (prix de vente conseillĂ©, chez les cavistes dĂ©positaires des produits La M.D.W.) : Autour de 55 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 79 Ă  82/100

 

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2/ OLD PULTENEY « Flotilla 2005 Â», mis en bouteille en 2015 (Edition limitĂ©e pour la France de 12000 bouteilles, en collaboration avec La Maison du Whisky), 46 % :

Cette version remplace la version de millĂ©sime « 2000 Â» que je n’ai pas encore chroniquĂ©e sur le site. Il s’agit toujours d’une version Ă©levĂ©e en fĂ»ts ayant contenu du Bourbon. Le terme « Flotilla Â» est une allusion Ă  une petite flotte de bateaux, clin d’œil au mot français de « flotte Â», mais aussi aux rassemblements festifs de vieux bateaux qui ont lieu chaque annĂ©e en Normandie et en Bretagne, et en particulier aux « Tonnerres de Brest Â» de l’annĂ©e 2012 ou fut lancĂ©e la première version « Flotilla 2000 Â».

De couleur or clair (moins que la version 2004), cette version relativement lĂ©gère est assez agrĂ©able au nez. De prime abord, le profil aromatique semble similaire au 2004, avec son cortège d’agrumes, de miel, d’épices et de vanille, mais il y a quelque chose d’autre semble t’il. En bouche, l’on retrouve ce profil, sur les agrumes, les herbes sauvages, les Ă©pices, quelques discrets Ă©lĂ©ments marins, la vanille en arrière-plan, ce cĂ´tĂ© sec, mais il y a quelque chose d’autre : Les esters provenant des fĂ»ts de Bourbon s’expriment davantage (notes de bonbon anglais, de fruits exotiques), et de belles notes de fruits (pommes, surtout) compotĂ©s s’y ajoutent, ainsi qu’une touche de caramel au beurre salĂ©, mĂŞme si l’on n’est certes pas chez ABERLOUR (je pense au 16 ans « Double-Cask Matured Â», une merveille pour ces notes lĂ ). Une plus value certaine. Avec quelques gouttes d’eau (pas trop), l’ensemble devient plus onctueux, avec mĂŞme de belles touches florales. Conclusion : Un single malt apĂ©ritif voire digestif de qualitĂ©, sur un profil proche du 2004 mais plus complexe et plus expressif, ce qui le rend de suite plus intĂ©ressant. P.V.C./MdW: Autour de 55 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 89-90/100

 

 

 

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3/ OLD PULTENEY 17 ans, mis en bouteille en 2015, 46 % :

Cette version de la gamme régulière est véritablement le fleuron de la marque à mon avis. Elle peut être irrégulière, parfois, mais elle a été de nombreuses années (et l’est pour cette édition) une des meilleures productions de la distillerie. Sa particularité, est d’être une version certes élevée en fûts ayant contenu du Bourbon, pour 90 %, mais du Bourbon de 2 ème remplissage, mais aussi de 10 % de fûts ayant contenu du Sherry de type Oloroso, et cela se sent. Elle a compris dans le passé, et comprend encore, une part de fûts plus âgés (jusqu’à 21 ans, voire plus), ce qui lui confère une profondeur que n’a pas le 12 ans d’âge (par ailleurs très correct).

De couleur vieil or, il possède un nez très gourmand et riche de notes de fruitĂ©es, de fruits frais et mĂ»rs variĂ©s (fruits jaunes, dont quantitĂ© de pĂŞches, frais et au sirop, mais aussi des abricots secs, des oranges juteuses et de la bergamote confite), mais aussi de notes de fleurs capiteuses (lys, peut ĂŞtre du jasmin), d’épices et d’herbes sauvages. Un nez puissant, dominĂ© par les fruits, très sĂ©duisant. En bouche, il est encore plus gourmand, marquĂ© par ce fruitĂ© très gĂ©nĂ©reux et massif (mĂŞme notes qu’au nez, dĂ©veloppĂ©es), des notes de thĂ© Ă  la bergamote, des Ă©pices variĂ©es (dont du gingembre), toujours les mĂŞmes fleurs capiteuses et du miel toutes fleurs. Les herbes sèches sont en retrait. Tenue Ă  la dilution : Avec un peu d’eau les notes se fondent encore un peu plus entre elles, et dĂ©veloppent un fondu de plus en plus charmeur…Conclusion : Le plus beau OLD PULTENEY officiel abordable, avec le 21 ans, qui est lui sur un registre un peu diffĂ©rent, plus en retrait. Le lot dĂ©gustĂ© ce soir lĂ  s'est avĂ©rĂ© au dessus des deux prĂ©cĂ©dents dĂ©gustĂ©s. Un dessert Ă  lui tout seul. Chaudement recommandĂ©. D’autres notes de dĂ©gustation Ă  venir. P.V.C./MdW: Autour de 95 €, en France (un peu moins cher ailleurs) -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 92-94/100

 

 

 

 

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Distillerie BALBLAIR :

Cette distillerie fondĂ©e en 1790 par James McKeddy, est situĂ©e dans la charmante ville de Tain, non loin de sa voisine, GLENMORANGIE (qui elle date de 1843), dans les Highlands du Nord. D’une capacitĂ© de production quasi-identique Ă  celle d’OLD PULTENEY (1,8 millions de litres d’alcool pur par an), elle sera propriĂ©tĂ© de la famille Ross pendant longtemps (qui fut amenĂ©e Ă  la reconstruire non loin des bâtiments prĂ©cĂ©dents), avant d’être acquise par celui qui en modernisera les installations, Ă  savoir Bertie Cummings, en 1948. Elle sera revendue en 1970 Ă  l’amĂ©ricain Hiram Walker, sociĂ©tĂ© qui deviendra elle-mĂŞme la propriĂ©tĂ© d’Allied Domecq, puis en 1996 Ă  l’écossais Inver House Distillers, qui deviendra une division du groupe ThaĂŻ Beverages Plc en 2006. EquipĂ©e d’une cuve de brassage en acier inoxydable, de 6 cuves de fermentation en pin d’Oregon, ainsi que de deux alambics. Le distillat est vieilli dans 8 chais traditionnels (dits aussi « dunnage warehouses Â»), abritant plus de 26000 fĂ»ts. BALBLAIR est une des 3 distilleries dont le dĂ©cor (l’extĂ©rieur et les chais) a servi comme cadre du film « La Part des Anges Â» de Ken Loach, en 2012. La gamme rĂ©gulière comportait auparavant une belle version d’entrĂ©e de gamme sans compte d’âge nommĂ©e « A creation of the ELEMENTS Â», un 10 et un 16 ans d’âge, tandis que de belles Ă©ditions limitĂ©es avec compte d’âge, comme un 33 ans (en 2000) et un 38 ans (en 2004) figurent parmi les plus beaux malts d’Ecosse Ă  mon sens. Sous l’impulsion du nouveau propriĂ©taire, Ă  l’instar de la distillerie The GLENROTHES, les comptes d’âge disparaissent courant 2006 pour voir apparaĂ®tre, l’annĂ©e suivante quasi-exclusivement que des Ă©ditions millĂ©simĂ©es.

 

 

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 Les trois single-malts BALBLAIR en dĂ©gustation ce soir lĂ  chez Vin et Whisky. Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

4/ BALBLAIR « New Spirit Â» (distillat pur, non vieilli, 21/09/15), Ă©chantillonnĂ© au degrĂ© naturel de 67,9 % :

Il est rare de pouvoir dĂ©guster le distillat pur (en anglais « New Make Â», ou « New Spirit Â») en dehors du cadre d’une visite de distillerie, de salon important, voire de masterclass payante. Ayant dĂ©gustĂ© maintenant plus d’une trentaine de distillats, il Ă©tait d’autant plus intĂ©ressant de le dĂ©guster pour Ă©mettre des comparaisons et tenter de les diffĂ©rencier, ce qui n’est pas toujours aisĂ©. Rappelons que ce type de spiritueux n’a pas le droit Ă  l’appellation « whisky Â» en Ecosse (et au-delĂ ) car il n’a pas Ă©tĂ© vieilli au moins 3 ans et un jour.

De couleur transparente, comme il se doit Au nez, il est puissamment expressif, sur des notes d’eau de vie de prune, voire de quetsche, de fleurs capiteuses (violette, lilas), tandis qu’en bouche, d’autres notes s’ajoutent, des notes d’esters (bonbon anglais, fruits exotiques), et, Ă  moins que je ne rĂŞve, des notes de fruits rouges, discrètes mais prĂ©cises (cerises fraĂ®ches), Ă©galement de pommes rouges et de crème de violette. Avec un peu d’eau le crĂ©meux est renforcĂ© et l’exubĂ©rance fruitĂ©e et florale se fait sentir de plus belle, mais dans un beau fondu plein de douceur et de sensualitĂ©. La finale est très longue. Conclusion : Quasi-phĂ©nomĂ©nal, le distillat de BALBLAIR dĂ©gustĂ© lĂ  est simplement un des tous meilleurs jamais dĂ©gustĂ©s par votre serviteur. Dans le top 5 de ceux dĂ©gustĂ©s….Bon, Ă©videmment, c’est difficile de donner une note chiffrĂ©e Ă  un distillat, aussi je ne le ferais pas, mais je lui dĂ©cerne dirons nous un prix d’excellence…Hors commerce, sauf peut ĂŞtre Ă  la distillerie, en quantitĂ©s limitĂ©es. Pas de notes chiffrĂ©es, mais impression très positive. 

 

 

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Le distillat pur (ou "New Spirit") de BALBLAIR en dĂ©gustation ce soir lĂ  chez Vin et Whisky. Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

 

5/ BALBLAIR millĂ©simĂ© « 2003 Â», mis en bouteille en 2014, n.c.f., rĂ©duit Ă  46 % :

BALBLAIR a choisit depuis plusieurs années de proposer des mises en bouteilles millésimées plutôt que des compte d’âges, dans la plupart des cas, et cela est intéressant, notamment lorsqu’il y a des éditions successives de mêmes millésimes, ce qui permet là encore d’établir des comparaisons.

De couleur or clair, son nez est nettement moins expressif que celui du distillat, c’est normal, le titre alcoolique est aussi bien moindre, mais en attendant c’est un vĂ©ritable choc, comme si la puissance de ce distillat s’était Ă©vanouie dans la nature en l’espace de 11 ans. Le nez est très (trop) lĂ©ger, sur les agrumes, leur aciditĂ©, et les Ă©pices qui vont avec ce caractère herbacĂ© que l’on connaĂ®t aux BALBLAIR rĂ©cents. En bouche, l’on a un mĂ©lange d’agrumes, d’herbes sauvages, de fleurs, d’épices diverses et de caractère citrique, Ă  peine attĂ©nuĂ© par un peu d’eau, qui le rend encore plus lĂ©ger. A Ă©viter…Conclusion : D’un Ă©quilibre relatif, sur le fil du rasoir, cette version est lĂ©gère et vive Ă  la fois, manquant quelque peu de complexitĂ©, de toute Ă©vidence. Elle est correcte, mais je ne la conseille pas particulièrement. P.V.C./MdW: Autour de 62 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 82/100

 

 

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6/ BALBLAIR millĂ©simĂ© « 1999 Â», mis en bouteille en 2014, n.c.f., rĂ©duit Ă  46 % :

Cette version est un assemblage de fĂ»ts de Sherry Oloroso de premier remplissage (« First Fill Â») & de fĂ»ts de Bourbon de second remplissage.

De couleur vieil or, elle a un nez complexe, Ă  la fois floral, fruitĂ©, herbacĂ©, Ă©picĂ©, et marquĂ© par les esters. En bouche, ce BALBLAIR est gourmand et pâtissier (entre mille-feuilles et crème brĂ»lĂ©e, avec en sus comme une note de crème anglaise), floral (jasmin, pointe de violette, voire de lys), puis de plus en plus fruitĂ© (fruits secs divers, puis orange, pĂŞche et abricots en gelĂ©e), avec les herbes et les Ă©pices non loin derrière, sur un lit de crème glacĂ©e Ă  la vanille. DĂ©licieux ! Avec un peu d’eau, il devient de plus en plus sexy, les notes pâtissières se fondant avec les notes fruitĂ©es et florales…Conclusion : Un BALBLAIR de premier ordre, fortement recommandĂ©. P.V.C./MdW: Autour de 100 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 91 Ă  92, voire davantage (94 ?)/100

 

 

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7/ BALBLAIR millĂ©simĂ© « 1988 Â», mis en bouteille en 2015 (environ 27 ans), SINGLE-CASK (Cask N° 3400 ayant donnĂ© 135 bouteilles), n.c.f., 52,1 % :

Il s’agit d’une version entièrement élevée dans un seul fût ayant contenu du Bourbon, mise en bouteille à 52,1 %, mais rien ne dit sur l’étiquette qu’il s’agirait d’un brut de fût, donc il est possible qu’il y ai eu une certaine réduction.

De couleur vieil or, elle a un nez plus fin que le 1999, plus sec Ă©galement, il est fruitĂ©, herbacĂ©, Ă©picĂ©, et comme marquĂ© par le Sherry, pourtant absent. En bouche, ce BALBLAIR est Ă©galement gourmand, mais sur un profil un peu diffĂ©rent du 1999 : Plus Ă©picĂ©, plus ferme, le palais rĂ©vèle des notes de fruits mĂ»rs divers et d’herbes sèches, il est Ă©lĂ©gant et racĂ©. Difficile Ă  ce stade d’en dire plus. Avec un peu d’eau (attention ne pas trop en ajouter, quelques gouttes suffisent), il devient plus souple et plus abordable, avec un beau fondu des diffĂ©rentes notes, mais demeure toujours un peu fuyant. Conclusion : Un bon BALBLAIR, un peu plus exigeant avec le dĂ©gustateur, plus difficile Ă  Ă©valuer que le prĂ©cĂ©dent. Il est cependant Ă©galement recommandĂ©, mĂŞme si j’ai prĂ©fĂ©rĂ© le prĂ©cĂ©dent. P.V.C./MdW: n.c. (j’ai cru entendre 275 € mais c’est sous rĂ©serve)-Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 89 Ă  93 ?/100

 

 

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 Un millĂ©sime "1988" de BALBLAIR en version single-cask Ă  52,1 %, du punch en perspective. Photo: Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

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Distillerie KNOCKDHU (Single-malt ANCNOC) :

Cette distillerie encore peu connue du grand public fĂ»t fondĂ©e en 1893 par le groupe D.C.L. (Distillers Company Limited), dans la ville de Knock, près de la ville de Huntly (siège du nĂ©gociant Duncan Taylor, mais aussi de la distillerie GLENDRONACH), dans les Highlands de l’Est, Ă  la limite de la rĂ©gion nommĂ©e Speyside. La distillerie est rachetĂ©e en 1988 par le groupe U.D.V. (futur Diageo). Elle est Ă©quipĂ©e d’une cuve de brassage en acier inoxydable de 5 tonnes, de 8 cuves de fermentation en pin d’Oregon, ainsi que de deux alambics Ă  condenseurs pourvus de serpentins (« worm tubs Â»). Seule une dizaine de distilleries environ les utilisent de nos jours. Le distillat est vieilli dans 1 chai moderne (« rack warehouse Â») et 3 chais traditionnels (dits aussi « dunnage warehouses Â»). Il faudra attendre l’annĂ©e 1990 pour voir le premier embouteillage en tant que single-malt sous le nom de KNOCKDHU, et 1993 en sous le nom d’ANCNOC. Le 12 ans d’âge actuel fut lancĂ© en 2003, mĂŞme s’il en a existĂ© longtemps auparavant. La gamme rĂ©gulière comprend un 12, 16, 18, 22 et de manière moins rĂ©gulière un 35 ans. A ceux lĂ  s’ajoutent des versions millĂ©simĂ©es et tourbĂ©es. La production est d’environ 1,9 million de litres d’alcool pur par an, et les fĂ»ts utilisĂ©s sont Ă  grande majoritĂ© d’anciens fĂ»ts de Bourbon, et pour le reste (environ 15 %) des fĂ»ts ayant contenu du Sherry. Le single-malt ANCNOC Ă©tait autrefois souvent tourbĂ©, il l’est de nouveau depuis 2014 seulement dans plusieurs versions (« CUTTER Â», « FLAUGHTER Â», « RUTTER Â» et « TUSHKAR Â»), et depuis cette annĂ©e dans les versions « PEATLANDS Â» et « RASCAN Â».

 

 

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 Les ANCNOC de la dĂ©gustation du jour, le "PEATLANDS" et le 12 ans d'âge. Photo: Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

 

8/ ANCNOC 12 ans, distillerie KNOCKDHU, 2015, 40 % :

Il ne s’agit pas de la dernière version en date, mais de l’avant-dernière, car il y a eu Ă©galement cette annĂ©e une version dite « 6.3 Â», « ISLAY BARLEY Â», tourbĂ©e Ă  258 p.p.m. et titrant 64 % (Ă  la bouteille transparente cette fois, comme pour le « COMUS Â», dit « 4.2 Â»).

De couleur or, Ă  reflets vieil or, son nez est fin, lĂ©ger, sur un registre bien diffĂ©rent des BALBLAIR, de rĂ©glisse, de fruits mĂ»rs (des pommes surtout), mais aussi d’orge maltĂ©e, voire de miel d’acacia. Le palais est marquĂ© par les cĂ©rĂ©ales, dont l’orge, mais aussi par les fruits mĂ»rs, une pointe de rĂ©glisse, de miel et quelques esters (fruits exotiques) en arrière-plan. Cela demeure assez discret, ANCNOC Ă©tant plutĂ´t, dans ces versions jeunes, un malt apĂ©ritif. Correct avec un peu d’eau, mais sans rĂ©vĂ©lation particulière (ne pas trop en ajouter, car ce whisky discret est dĂ©jĂ  bien rĂ©duit). Conclusion : Une jolie version d’introduction Ă  la gamme, assez Ă©quilibrĂ©e, faisant la part belle Ă  l’orge maltĂ©e. P.V.C./MdW : Autour de 50 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 85/100

 

 

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9/ ANCNOC « PEATLANDS Â», sans mention d’âge, distillerie KNOCKDHU, Première Edition, 2015, 46 % :

Il s’agit de la 6 ème version tourbée récente de la distillerie, une version réservée à certains marchés (Europe de l’Ouest & de l’Est, Scandinavie) et limitée à 6600 bouteilles. Elle est tourbée mais de manière très modérée, avec un taux de phénols annoncé à 9 p.p.m. seulement, soit trois fois moins environ que LAPHROAIG ou CAOL ILA, déjà modérément tourbés dans leurs versions courantes. La distillerie précise par ailleurs que le whisky est un assemblage de fûts de chêne américains (ayant contenu du Bourbon) de plus de 10 ans d’âge.

De couleur or clair, son nez est fin, de prime abord lĂ©ger et lĂ©gèrement fruitĂ© (miel et pommes mĂ»res), puis rapidement submergĂ© d’une belle tourbe bien fine, ornĂ©e de touches de rĂ©glisse. En bouche, l’on retrouve ce cĂ´tĂ© fruitĂ© modĂ©rĂ© et rĂ©glissĂ©, de malt un peu vert, Ă©lĂ©gamment enchâssĂ© dans un cocon de tourbe mi-grasse, mi-sèche rappelant immĂ©diatement certains ARDMORE de nĂ©goce. Quelques Ă©pices pointent leur nez, mais demeurent sagement dans le rang, dans un ensemble harmonieux. L’orge maltĂ©e est ici un peu en retrait par rapport Ă  la version de 12 ans d’âge. Avec un peu d’eau (point trop n’en faut), une certaine suavitĂ© se dessine mĂŞme, et de discrètes notes d’amandes et de caramel naturel apparaissent. Pas mal ! Conclusion : Une belle surprise que ce « PEATLANDS Â», parfaitement Ă©quilibrĂ© et susceptible de concurrencer les Islay modĂ©rĂ©s et les offres Ă©cossaises plus « continentales Â» (comme par exemple ARDMORE et BENRIACH). PlutĂ´t recommandĂ© ! P.V.C./MdW : Autour de 70 € -Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  : 90/100

 

 

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