Editorial No 24

 A VENIR/TO BE PUBLISHED SOON:

 

Mon Nouvel EDITORIAL, No 25, avec au sommaire:

My new Editorial, No 25, with, at the table of contents:

-Sélection de Nouvelles importantes...

Selected Breaking News...

-Le Whisky du Mois / Coup de Coeur abordable recommandé

Whisky of the Month / Recommended affordable Favorite

-Un bref reportage sur le salon professionnel Club-Expert Dugas 2017

A brief report about a professional show called Club-Expert Dugas

-D'autres Notes de Dégustation...

Other Tasting Notes...

 

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EDITORIAL No 24:

 

 « QUELQUES WHISKIES DE PLUS AVANT LE SALON »

(A FEW WHISKIES MORE BEFORE THE SHOW)

 

Première Edition/1st Edition: 17/09/2017

Mise à jour/Update: 06/10/2017

 

 

Dernière minute : GREG’S WHISKY GUIDE sera présent au « WHISKY LIVE PARIS 2017 », fin Septembre (le salon sera ouvert les 23 & 24 pour le public, et le 25 pour les professionnels et la presse), par l’intermédiaire de votre serviteur en visite durant la plus grande partie de la durée du salon (les 24 & 25), et postera sur Twitter peu après voire pendant ses premières impressions. Plus tard, comme à l’accoutumée, un reportage conséquent sera posté avec photos et nombreuses notes de dégustations.

Pour toute information sur ce salon, voir ci-dessous (about this show, please read below) :

Whisky Live Paris 2017 /Informations

 

D’avance merci à la MAISON DU WHISKY de m’y accueillir, et à la société COMPASS BOX d’y contribuer également, ainsi qu'à tous les exposants, particuliers ou professionnels, souvent passionnés, de leur accueil à venir et des échanges avec ceux et celles qui le souhaiteront. Pour rappel, voici l’adresse mail du site ou vous pouvez me contacter le cas échéant (in case of need to contact me, please use the link below):

Me contacter/To contact me

 

 

 

Mon reportage (bilingue) sur le salon « WHISKY LIVE PARIS 2017 » ici :

 

 

(My bilingual REPORT about WHISKY LIVE PARIS 2017 show here):

 

 

W.L.P. 2017 Reportage/Report

 

 

 

 INTRODUCTION :

Pour ce nouveau numéro arrivant rapidement après le précédent, j’ai choisi de chroniquer 5 échantillons reçus cet été, certes parmi d’autres (leur heure viendra !), soit un blended malt et 4 single malts, tous de négoce, tous écossais. "Moins de whiskies, mais plus souvent", je vais essayer de m'y tenir autant que possible à l'avenir....en dehors des reportages nécessitant d'être plus exhaustif, évidemment.

 

 

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Sample du "The Double Single" 2017 de COMPASS BOX, toujours accompagné de son appréciable fiche technique !

 

 

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IMPORTANT :

 

 

Un grand merci aux sociétés COMPASS BOX & ELIXIR DISTILLERS qui m’ont envoyé les échantillons chroniqués ci-dessous.

 

A big Thank you to you COMPASS BOX & ELIXIR DISTILLERS who provided the samples reviewed below.

 

 

 

 

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 Les 4 samples reçus cet été de la part d'ELIXIR Distillers, émanation de la société THE WHISKY EXCHANGE,

et de sa branche de négoce The SPECIALITY DRINKS Ltd. Gamme: The SINGLE MALTS of SCOTLAND.

 

 

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SELECTION DE MES NOTES DE DEGUSTATION:

 

(SELECTION OF MY TASTING NOTES)

 

Photos: Tous droits réservés © Grégoire Sarafian, sauf si précision contraire

(all rights reserved on pictures © Grégoire Sarafian -except on one)

 

 

BLENDED MALT :

 

L’on ne présente plus la société COMPASS BOX et son fondateur John GLASER, artisan assembleur et négociant en whisky basé au Royaume-Uni. Ses whiskies sont maintenant bien représentés en France via La Maison du Whisky. Cela faisait un moment que je n’avais pas chroniqué de nouveautés récentes (notamment les échantillons reçus depuis quelque temps, et il en reste !), et hormis la délicieuse nouvelle édition du « Whisky de Table » (réservé à la France, rappelons-le) chroniquée à l’occasion du salon « Cocktail Spirits », je me devais de chroniquer au moins une des nouveautés qui seront sans doute présentes au salon « Whisky Live Paris » 2017.

 

-« The DOUBLE SINGLE », Edition 2017 (3ème édition), emb. par COMPASS BOX, n.a.s. (sans compte d’âge), 5838 bouteilles, 46 % (Blended Malt, ECOSSE):

A Noter : Il s’agit d’un assemblage composé de single malt GLEN ELGIN 19 ans (re-charred Bourbon hogsheads) à 72 % & du single grain GIRVAN sans compte d’âge (re-charred Bourbon hogsheads) à 28 %. Tous les fûts de cet assemblage sont des fûts reconstitués (originairement ayant contenu du Bourbon) et leur intérieur a été brûlé à nouveau afin d’extraire leurs composants aromatiques boisés, épicés, ainsi que de la vanilline.

Couleur: Vieil or, à reflets or clair. Nez: Très fin, sur l’orge maltée, les herbes fraîches, des agrumes (orange en tête), une pointe de fruits rouges, voire même de la confiture de fraises (évoquant la présence de sherry-bien qu’elle ne soit pas réelle). C’est superbe ! Bouche: Superbe, tout aussi délicieuse, et d’une certaine complexité : Agrumes (orange juteuse), pointe de fruits rouges (fraises, groseilles), puis évolue sur à la fois des notes de céréales maltées, des épices et des amandes écrasées au lait & à la crème (en fait ce whisky m’évoque l’idée d’un dessert écossais nommé « Cranachan »-fait plutôt avec des framboises-mais en moins acide). Bel équilibre. A la longue (aération), le côté épicé devient plus important. Tenue à la dilution: Excellente, et renforce le côté fruité. Conclusion: Une jolie création de John Glaser, avec un choix très subtil du dosage entre le whisky de malt et de grain. Abordable pour les néophytes (certes pas donné question prix), il sera apprécié à sa juste valeur par les connaisseurs. Prix indicatif: 150 livres (± 193 €) à sa sortie. Note confirmée: 92/100

ENGLISH SUMMARY : This blended malt is made of single malt GLEN ELGIN 19 y.o. & n.a.s GIRVAN, all matured in re-charred ex-Bourbon hosgheads. The nose is complex and refined. It displays nice malted barley notes, crushed almonds with cream, citrus fruit (oranges, mostly), but also hints of red fruit (strawberries & redcurrant), though no sherry casks involved. I can feel some spices as well. All these notes faithfully come through on the palate, and I’m suddenly thinking of a Scottish breakfast treat called « Cranachan » (ok, rather including raspberries than strawberries). Beautiful balance. With more air/time, the spicy side of it gets more present, but it works. Water enhances its fruity side. A lovely creation by John GLASER, which necessitated a subtile choice to keep the balance between the grain & the malt. Easily palatable for everyone (even if it’s not affordable for anyone-a bit overpriced in my opinion), it will be appreciated at it’s true value by connoisseurs. Rating (confirmed): 92/100

 

 

 

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Photo: Courtesy of www.whiskyandspirits.ch

 

 

 

SINGLE MALTS :

 

La société THE WHISKY EXCHANGE (un peu l'équivalent de LA MAISON DU WHISKY au Royaume-Uni, société dirigée par Sukhinder Singh) commercialise avec l'aide d' ELIXIR Distillers sous plusieurs marques des whiskies de négoce depuis plusieurs années au sein de The SPECIALITY DRINKS Ltd. Les gammes les plus connues en France (parce qu'elles sont importées par la M.d.W.) sont "ELEMENTS OF ISLAY" et "PORT ASKAIG", qui mettent en valeur des whiskies plutôt tourbés. Mais parmi ses gammes moins connues ici, il existe une gamme assez prestigieuse nommée "The SINGLE MALTS of SCOTLAND", que l'on a pu déguster en France a de rares occasions (j'ai un beau souvenir d'un sublime CLYNELISH "1972" dégusté au W.L.P., par exemple, il y a quelques années), aussi il me paraissait intéressant de vous faire part de mes impressions concernant ces échantillons. Pour en savoir plus, voir le site internet de cette société :

The Whisky Exchange

Dernière minute (18/09/17): J'apprends que ces échantillons correspondent en fait à des mises en bouteille exclusives pour la France, via La Maison du Whisky, information que je n'avais pas au départ. Bonne nouvelle donc, que cette chronique, puisque ces whiskies arriveront bientôt chez nous...Ce sont donc bien des notes en avant-première de bouteilles bientôt disponibles en France que je vous livre ici.

 

-BEN NEVIS 20 ans (Distilled : 1996-Bottled : 2017), emb. T.W.E./The SPECIALITY DRINKS Ltd-ELIXIR Distillers, gamme « The SINGLE MALTS of SCOTLAND », Single-Cask (Cask N°1531-Sherry Butt), Natural Cask Strength, 52,2 % (Highlands de l’Ouest, ECOSSE/G.B.) :

Couleur: Vieil or, à reflets dorés. Nez: Noble, riche, chocolaté, malté et boisé. Notes fruitées évoquant du sherry de second remplissage. Bouche: Puissante, épicée, riche, et plutôt équilibrée, elle reprend les notes du nez : Chocolat noir, malt (ovomaltine), pudding de Noël anglais, fruits mûrs, réglisse, bonbon anglais, joliment (et modérément) boisée, elle est bien agréable. Tenue à la dilution: Bonne, mais ne pas trop diluer. Conclusion: Un BEN NEVIS séduisant, élégant et très bien équilibré. Prix indicatif: (RSP): 165 €, mise en bouteille en exclusivité pour La Maison du Whisky.-Note confirmée: 92/100

ENGLISH SUMMARY : Noble, rich, chocolatey, malty & woody. Fruity notes suggest a second fill sherry cask. On the palate it’s powerful, spicy, rather balanced & faithful to the nose. Dark chocolate, malt (ovomaltine), Christmas pudding, ripe fruit, liquorice all sorts sweet, with a nice woody note (still moderate). Very pleasant stuff, seductive & pretty well balanced. Rating (confirmed) : 92/100

 

 

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-GLENALLACHIE 25 ans (Distilled : 1992-Bottled : 2017), emb. T.W.E./The SPECIALITY DRINKS Ltd-ELIXIR Distillers, gamme « The SINGLE MALTS of SCOTLAND », Single-Cask (Cask N°589-Bourbon Barrel), Natural Cask Strength, 47,6 % (Speyside, ECOSSE/G.B.) :

Couleur: Vieil or, à reflets dorés. Nez: Dense, marqué par le sherry & des notes végétales à la fois. Agréable, mais un peu austère. Evolue de plus en plus vers le végétal. Bouche: Elle reprend les notes du nez, avec un profil un peu à l’ancienne, gourmand, boisé, peu fruité, et malgré tout dominé par des notes végétales (mousse & champignons des sous-bois, feuilles de thé noir et de cigare Havane) et une certaine amertume. Finale épicée & boisée, peut être très légèrement fumée aussi. Tenue à la dilution: L’ajout d’un peu d’eau le rend un peu plus équilibré, et réveille d’autres notes, de café dilué, de caramel, de sucre de canne, voire de moka. Conclusion: Un single malt à l’ancienne, suffisamment austère pour ne pas être commercial, mais aussi suffisamment complexe et fin pour être intéressant. Les GLENALLACHIE se font rares, et celui-ci succède à une version encore plus belle, de 35 ans d’âge, commercialisée en 2010 sous la marque The Single Malts of Scotland. Prix indicatif: (RSP) 147 €, mise en bouteille en exclusivité pour La Maison du Whisky.-Note confirmée: 91,5/100

ENGLISH SUMMARY : Thick, with both sherry & green notes. Old fashioned stuff on the palate, it is a bit woody, a bit fruity, woody, but more than anything dominated by complex green notes (moss, forest mushrooms, black tea leaves & Havana cigar tobacco fresh leaves). Spicy & woody finale, with possibly a hint of smoke coming through. Water brings out other notes such as diluted coffee/moka, caramel & sugar cane. A nice old fashioned GLENALLACHIE, enough austere to be « uncommercial », but also enough refined & complex to be interesting. One don’t come across often GLENALLACHIE casks nowadays, so, malt mates, go for it. It reminds me a bit another one (even greater), a first fill sherry 35 y.o. bottled in 2010 for the same The Whisky Exchange range (it's called "Anniversary Selection"). Rating (confirmed) : 91,5/100

 

 

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-GLENBURGIE 18 ans (Distilled : 1998-Bottled : 2017), emb. T.W.E./The SPECIALITY DRINKS Ltd-ELIXIR Distillers, gamme « The SINGLE MALTS of SCOTLAND », Single-Cask (Cask N°900-Hogshead), Natural Cask Strength, 53,9 % (Speyside, ECOSSE/G.B.) :

Couleur: Or clair. Nez: Un peu atypique. Notes de caramel, d’orge malté, voire d’huile de lin. Bouche: Elle reprend les notes du nez, mais avec moins d’équilibre, car il y a beaucoup d’épices (poivre noir, gingembre, voire piment d’Espelette), mais aussi quelques agrumes et des fruits mûrs divers. Note étrange de.....sauce Nuoc Mam pour nems, et de céréales croquantes (un peu à l’irlandaise). Un whisky un peu fuyant, bizarre, difficile à évaluer. Tenue à la dilution: L’eau a du mal à l’assouplir. Conclusion: Un GLENBURGIE un peu « dur », assez difficile à évaluer, et du coup, aussi à apprécier. Prix indicatif: n.c., (prix conseillé à venir, disponibilité sous réserve, mise en bouteille en exclusivité pour La Maison du Whisky).-Note confirmée: 86,5/100

ENGLISH SUMMARY : An unusual profile, this one. Caramel, malted barley & linen oil do the job on the nose, but on the palate it’s a bit more unbalanced, with a lot of spices (black pepper, ginger, French « piment d’Espelette » pepper), some citrus fruit & ripe fruit. A strange note mixing crispy cereal notes (Irish whiskey style) &....yes, Nuoc Mam sauce for….fried spring rolls comes through ansd surprises me. A bit elusive palate makes it hard to evaluate and clearly to enjoy as well. Rating (confirmed) : 86,5/100

 

 

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-LEDAIG 13 ans (Distilled : 1996-Bottled : 2017), emb. T.W.E./The SPECIALITY DRINKS Ltd-ELIXIR Distillers, gamme « The SINGLE MALTS of SCOTLAND », Single-Cask (Cask N°37-Hogshead), Natural Cask Strength, 55,2 % (Isle of Mull, ECOSSE/G.B.) :

Couleur: Or pâle. Nez: Un peu fermier, puis bien tourbé (plus que fumé), floral, un peu végétal, belles notes de badiane et de beaux esters (bonbons anglais, fruits exotiques). Bouche: Elle reprend les notes du nez, avec efficacité et précision. Belles notes d’agrumes également, le citron confit en tête. La tourbe est superbe. Quelques épices couronnent le tout. Excellent ! Tenue à la dilution: Bonne, mais ne pas trop diluer sous peine de le déséquilibrer. Conclusion: Une jolie version de LEDAIG, provenant d’un fût de qualité. Prix indicatif: (RSP) 85 €, mise en bouteille en exclusivité pour La Maison du Whisky.-Note confirmée: 91/100

ENGLISH SUMMARY : A complex nose, from manure/farmy notes to more floral & fruity notes. A bit green as well, showing on the palate also nice esters (liquorice all sorts sweets, exotic fruit), star anise and some nice citrus fruit (candied fruit ahead). The peat is simply superb. A bunch of spices crowns it all. A nice LEDAIG, from a quite a good cask. Rating (confirmed) : 91/100

 

 

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Editorial No 23

 

 EDITORIAL No 23:

 

 « SINGLE MALTS ONLY (Part 2) »

 

Première Edition/1st Edition: 09/09/2017

Mise à jour/Update: 09/09/2017

 

 

Dernière minute : GREG’S WHISKY GUIDE sera présent au « WHISKY LIVE PARIS 2017 » (le salon sera ouvert les 23 & 24 Septembre pour le public, et le 25 Septembre pour les professionnels et la presse), par l’intermédiaire de votre serviteur en visite durant une bonne partie de la durée du salon (les 24 & 25), et postera ses premières impressions sur Twitter peu après, voire pendant si possible. Plus tard, comme à l’accoutumée, un reportage conséquent sera posté avec de nombreuses photos & notes de dégustations.

 

-I'll be visiting  Whisky Live Paris this year too, posting short comments on Twitter and later on publishing a bigger report on my website. Feel free to meet me there (I'll be there September 24 & 25).

 

Pour toute information sur ce salon, voir ci-dessous (about this show, please read below) :

Whisky Live Paris 2017 (informations)

 

 

D’avance merci à la MAISON DU WHISKY de m’y accueillir, à la société COMPASS BOX d’y contribuer, et à tous les exposants, particuliers ou professionnels, souvent passionnés, de leur accueil à venir et des échanges avec ceux et celles qui le souhaiteront. Pour rappel, voici l’adresse mail du site ou vous pouvez me contacter le cas échéant (in case of need to contact me, please use the link below):

 

Me contacter/To contact me

 

 

 INTRODUCTION :

 

Poursuivant notre périple au pays des SINGLE MALTS, cet éditorial sera entièrement consacré à de récentes notes de dégustation de votre serviteur, sous la forme d’une compilation de notes concernant des whiskies récents comme d’autres un peu plus anciens, principalement d’ECOSSE (G.B.), mais aussi d’autres pays (cette fois INDE, IRLANDE, FRANCE), présentés par ordre alphabétique, tous pays confondus pour faciliter les comparaisons et simplifier cette liste.

-Here you will find 18 tasting notes with specially worked English translations of all of them (which is rare I have to say for a French website, especially on so many notes together). A way also to thank all my distinguished English speaking readers all over the world supporting me since this website is out, thanks a lot, guys, you're awesome ! Besides, I also wanted to to thank all the whisky industry & craft people sending me samples or reacting to my posts here and on Twitter, you're so important, guys !

A nouveau, je vous suggère avant d’aller plus avant de consulter mon barème de notation qui diffère quelque peu de celui des autres bloggeurs.

Here’s my Scoring system, which may help people to understand how I work (which may differ from the other bloggers):

Notation/Scoring System

 

Important : Un grand merci à nouveau à tous, particuliers, amis, relations et professionnels du whisky pour l’accès à une grande partie de ces whiskies, souvent d’ailleurs pour les plus prestigieux d’entre eux (les amis se reconnaîtront) !

 

 

Again a big Thank you to you all (amateurs or professional, friends or relatives in the whisky world or not) for giving me access to many whiskies (providing me samples or just letting me taste their bottles-and I have to say I feel very privileged, as it is often collector ones I couldn't afford myself !).

 

 

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SELECTION DE MES NOTES DE DEGUSTATION:

 

(SELECTION OF MY TASTING NOTES)

 

 

Photos: Tous droits réservés (sauf précision contraire dans la légende de la photo) © Grégoire Sarafian

(all rights reserved on pictures © Grégoire Sarafian except some (see legend below the picture)

 

 

 

SINGLE MALTS :

-BEN NEVIS 34 ans (Dist. : 1970-Bottled : circa 2014), emb. par ADELPHI, Single-Cask (Cask N°4640-186 bouteilles), 50,3 % (SINGLE BLEND whisky)-(Highlands de l’Ouest, ECOSSE/G.B.): Couleur : Or clair. Nez : Discret, pâtissier (mille-feuilles), assez simple, mais bien fait. Bouche : Gourmande et équilibrée, elle reste néanmoins un peu trop discrète et linéaire. Notes de mille-feuilles, de crème anglaise, de vanille et enfin de gâteau de maïs. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau (pas trop), elle continue sur sa lancée, sans grande surprise. Conclusion : Un bon BEN NEVIS, assez différent des versions Single-Cask précédemment dégustées, allant plus vers un côté pâtissier et plus simple que d’ordinaire. N’oublions pas que nous avons affaire à un single-blend, pas à un single-malt : La présence du grain est très significative, même si rien n’indique si les proportions grain/orge sont de 50/50 ou si l’un est en plus grande proportion que l’autre. Indication de Prix : Autour de 500 €. Note (sous réserve) : 87/100

ENGLISH SUMMARY : First it’s important to mention it’s a single blend (malt & grain coming from the same distillery), which is quite rare. So, this bottling shows qualities coming from both type of cereal. The pastry side comes from both, though, I think, with French « mille-feuilles » note, custard, vanilla  & corn cake. It’s simple, yes, linear, but good. The malt component tries to drive it to more nutty or barley notes, but it doesn’t achieve it completely. We don’t know if it’s a 50/50 grain/malt share in the blending, but one can conclude that the grain tames the malt, because of a certain lack of complexity, gourmet & length. A nice curiosity though. Rating (with reservations) : 87/100

 

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-CAPERDONICH 35 ans (Distilled in 1977-Bottled in 2014), emb. CADENHEAD, gamme “Small Batch”, Sherry Butt (384 bouteilles), 50,2 % (Speyside, ECOSSE/G.B.): A Noter: La distillerie, autrefois propriété du groupe Pernod-Ricard, fut fermée en 2003.

Couleur : Ambré, à reflets verdâtres. Nez : Complexe et très fin, dominé par l’élément végétal. Elegantes notes de thé noir, thé vert & Earl Grey très infusé, menthol, bois précieux assez présent, fruits mûrs. Bouche : D’urne grande finesse, elle reprend fidèlement les notes du nez, majoritairement végétales et boisées, en plus équilibré, avec une note de laurier, de bois de rose et de prune en plus. Beaucoup de notes sont très fondues donc difficiles à identifier en une seule fois. Probablement aussi des notes florales et fruitées à l’arrière-plan. Tenue à la dilution : Quelques (très peu !) gouttes d’eau l’assoupliront, mais l’on peut s’en passer. Conclusion : Un beau CAPERDONICH, très élégant, sur la noblesse du bois et la complexité de la terre. Un whisky à l’ancienne, encore une fois, comme l’on en fait plus. Indication de Prix : n.c. (épuisé). Note (sous réserve) : 96/100

ENGLISH SUMMARY : A gorgeous CAPERDONICH, and a gorgeous single malt. The green side is dominating, with classy & complex overinfused tea notes (black, green & Earl grey tea), precious wood notes (rose wood ahead) as well. Some mentholated notes, ripe fruit, laurel, prune & probably other notes (floral fruity). Everything is melted & very difficult to identify within a single tasting. One thing is sure : it’s a very complex & elegant whisky, glorify ancient malts style, the Wood’s gentry & the Earth’s complexity. Rating (with reservations) : 96/100 

 

 

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-CONVALMORE officiel/The Special Releases, 36 ans (Distilled in 1977-Bottled in 2013), Small batch (2680 bouteilles), 58 % (Speyside, ECOSSE/G.B.): A Noter: CONVALMORE est une distillerie de malt de la région du Speyside et est aujourd’hui fermée. Elle fut fondée en 1893, détruite par un incendie en 1909, puis reconstruite, d’abord en remplaçant l’alambic de distillation à repasse par un alambic à colonne, puis en choisissant de revenir à l’alambic à repasse (également nommé « Pot still »). La distillerie fut longtemps la propriété du groupe Diageo (en incluant ses périodes antérieures D.C.L. puis U.D.V.), mise en sommeil, puis fermée en 1985. Plus récemment, la distillerie ayant été rachetée par le groupe William Grant & Sons, ses chais sont utilisés pour entreposer ses propres productions.

Couleur : Vieil or. Nez : Un superbe nez, très complexe & très fin (voir bouche). Bouche : D’une grande complexité et d’une grande franchise (un caractère direct), elle déploie autant de notes fruitées (nèfles, coing, abricots, agrumes, divers fruits mûrs) que florales (fleurs capiteuses, dont du lys) ou végétales (angélique, vieux thé Earl Grey très infusé, mousse). Elle se développe sur de belles notes de sucre d’orge, de cire et de menthol. Beaucoup de finesse et d’expressivité, pas de domination du bois (pourtant perceptible et de qualité), en revanche, le palais est assez épicé (gingembre, piment). Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau, le whisky devient encore plus beau et accessible (rehaut des notes florales, fruitées, végétales), tout en conservant la vivacité (non agressive) de ses épices. Par là même il rappelle un peu certains The BALVENIE, CRAIGELLACHIE officiels, mais aussi, pour sa séduisante complexité, les vieux GLEN MOHR officiels (« Rare Malts Selection ») ou les millésimes « 1965 » et « 1980 » de chez Gordon & MacPhail. Conclusion : Il n’est pas courant de rencontrer un whisky de la distillerie CONVALMORE, et c’est dommage. Un très bel exemple de vieux whisky à l’ancienne. La version de même millésime du négociant CADENHEAD est relativement proche de celle-ci, peut être en moins flamboyante, mais je ne saurais l’affirmer avec certitude. Indication de Prix : Autour de 800 €. Note (sous réserve) : 94/100

ENGLISH SUMMARY : A superb official bottling of CONVALMORE, a closed distillery (ex-Diageo owned) that now is used by it’s recent owner William GRANT & Sons to store & mature its 3 malt distilleries casks. Recent bottlings of this distillery are so scarce that I am glad & privileged to assess this bottling (again, a thousand thanks to a good anonymous friend who provides a lot of samples or tastes of rare stuff !). Very complex & very straight forward, but in a good way. A lot of fruity notes can be found there (quince, apricot, citrus fruit, etc…) as well as beautiful flowery notes (heady flowers, including lily), and green notes too (ripe Earl Grey tea, moss, angelica). It moves then to subtle wax, barley sugar & menthol notes. Very expressive & refined at the same time, the palate evolves & stays spicy for a long time (ginger, chilli), but it doesn’t matter because we can still enjoy the other notes. Similarly, the wood is here but never dominating. Adding a few drops of water does its worthy, to open up a bit its profile. This beautiful whisky reminds me a bit of some old GLEN MOHR bottlings, as well as more recent BALVENIEs, CRAIGELLACHIEs.

A perfect example of « old fashioned/old crafted » single malts. Also recommended, the CADENHEAD bottling (same vintage) is almost as impressive as this one. Rating (with reservations) : 94/100 

 

 

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-”COOLEY” 23 ans (Distilled in 1992-Bottled in 2015), emb. CADENHEAD, gamme “World Whiskies”/”Individual Cask”, Bourbon Barrel (192 bouteilles), 55 % (Single Malt/IRLANDE):

Couleur : Or clair. Nez : Engageant et complexe. Floral, fruité, marqué par les esters, la tourbe grasse (mais très fine), le tout en un délicat fondu. Beaucoup de charme. Bouche : Superbe, équilibrée et gourmande. Très beaux esters (pommes, poires fraîches et bonbon anglais, fruits exotiques dont ananas et banane = acétone), guimauve (comme dans les CONNEMARA). Splendide, vraiment, et très serein, aussi gourmand qu’aérien, curieusement. Tenue à la dilution : Parfaite avec juste quelques gouttes d’eau. Conclusion : Un bien joli COOLEY de négoce (comme de plus en plus, je dois dire, que ce soit chez TEELING -ou vont à mon avis les autres meilleurs fûts, en plus des versions pour CADENHEAD & The NECTAR, mais shut, je ne vous ai rien dit). Parfaitement équilibré et satisfaisant, il compense le peu de versions officielles intéressantes désormais disponibles depuis que la distillerie COOLEY a été reprise en 2012 par Beam (devenu depuis le géant Beam-Suntory). Indication de Prix : Autour de 240 £ à sa sortie. Note (sous réserve) : 93,5/100

ENGLISH SUMMARY : Foreword : Some may ask me why so many CADENHEAD bottlings reviews here ? I’ll answer that as I have the opportunity to taste some by myself, then get some samples through some good friends, and as they are often good, why avoid them ? Plus I’ll add it’s one of the oldest (if not the oldest ?) indie bottler to bottle single casks & small batches in Scotland (they did recently celebrate their 175th year, so they are much older than some overhyped younger indies…-S.V. anyone ?). The whisky, now : Not my fault, this is very good ! Floral, fruity, estery, its has a lot of charm, and the peat is also very engaging. Impressively balanced & gourmet, it delivers on the palate beautiful notes of pear, apple, liquorice all sorts sweets, banana, pineapple (ah, the esters, again !), and some marshmallow notes, the ones we usually found in CONNEMARA bottlings (I didn’t say it, did I ?). Amazingly, it manages to stay aerial, while being very expressive. The balance is also letting me dreamy. A really nice indie COOLEY distillery bottling (some say we must name this distillery rather KILBEGGAN, now….), while the official bottlings sometimes struggle to present the same quality level I have to say…Would I say that nowadays the best casks goes to « vip bottlers » such as CADENHEAD, THE NECTAR, THE WHISKY AGENCY or BERRY Bros & RUDD ? (and of course to ex-founders TEELING). « Possibly » ! Rating (with reservations) : 93,5/100 

 

 

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-DALLAS DHU 35 ans (Distilled : 1979-Bottled : 2014), emb. par CADENHEAD, gamme “Small Batch” (63 bouteilles*), 55,7 % (Speyside, ECOSSE/G.B.-Distillerie fermée en 1983 puis réouverte sous la forme d’un musée): A Noter: Pour rappel, DALLAS DHU est une distillerie fondée en 1898 dans la région du Speyside (à l’Ouest, entre Elgin et Inverness). Elle fut mise en sommeil en 1983 puis transformée en musée par la suite. Il a parfois été question de ré-ouvrir cette distillerie (propriété du groupe Diageo), et ce notamment en 2013, mais, pour l’heure, 3 ans plus tard, toujours pas de nouvelles en ce sens.

Couleur : Or éclatant (miel d’acacia). Nez : Fin, subtil, à l’ancienne, marqué par un profil assez fondu de notes végétales, florales et fruitées. Demande un certain temps d’aération (dix minutes au moins). Bouche : Beau profil aromatique bourré de charme, avec des fleurs capiteuses, jaunes et blanches, des fruits à foison (nèfles, pêches jaunes, coing, agrumes divers, bergamote confite), mais aussi un caractère pâtissier (sucre de glaçage de mille-feuilles, crème vanillée, gland-la pâtisserie) et enfin comme une note de menthol ou de vieux thé à la menthe à l’ancienne. Merveilleusement désuet ! Tenue à la dilution : Avec 3 gouttes d’eau (pas plus !), il devient un peu plus fondu et séduisant encore. Conclusion : Les occasions de déguster un DALLAS DHU se font rares de nos jours, alors si en plus il s’agit d’un bon fût (ou petit lot de fûts, ici), il faut en profiter ! Ici CADENHEAD nous gâte, avec un whisky très généreux et charmeur, bravo et merci ! Indication de Prix : n.c. (épuisé).*= NDLR : Je ne peux l’affirmer avec certitude, mais lorsque l’on annonce 63 bouteilles pour un whisky de cet âge et caractéristiques, il est probable qu’il y ai eu un « split » (division du lot) avec un autre négociant. Note (sous réserve) : 93/100

ENGLISH SUMMARY : Foreword : This old Speyside distillery founded in 1898 was mothballed in 1983 and then later on transformed into a museum. Somes said in 2013 that this Diageo owned distillery could be re-opened, but no recent news that it could really happen. The whisky, now : Another old fashioned fascinating whisky….Green, floral, fruity, but also very melted, it needs time to open up. Full of charm, the palate delivers absolutely gorgeous heady flowers notes, as well as endless fruity notes (yellow peaches, quince, various citrus fruit, candied bergamot, etc…), and also some pastry notes (custard, French « Gland » pastry, French « Mille-Feuilles » icing sugar topping). On the finale, I also get some mentholated notes, probably coming from an old Mint tea. Marvelously old fashioned ! A few drops of water and it gets even more appealing. It is rare to come across to a DALLAS DHU bottling nowadays, so…Even more if it is from a great small batch, life is too short for this ! Rating (with reservations) : 93/100 

 

 

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-GLANN AR MOR (+ 3 ans), «Taol Esa_1 an Gwech 13» (Bourbon + affinage dans 2 fûts de Coteaux du Layon), 778 bouteilles, Edition 2013, ncf/nc, 46 % (SINGLE-MALT) Bretagne, FRANCE):

Couleur: Vieil or. Nez: Puissant, gourmand & complexe : Beaux esters, avec dominante de fruits jaunes (pêches jaunes, coing, citron confit), et de fleurs capiteuses. Bouche: Puissante, presque alcooleuse, avec reprend fidèlement les notes du nez et fait preuve d’une certaine astringence boisée (de puissants tanins), d’une certaine sécheresse, avec une note butyrique qui trahit l’influence du vin d’affinage. Les notes de miel, d’épices sont liées également à cela. La finale est fine, sur des notes de miel d’acacia, d’agrumes confits (citron), de coing, de cire & d’épices sèches (gingembre). L’ensemble est puissant, mais assez agréable, bien fait. Tenue à la dilution: Le nez devient encore plus séduisant, tout en demeurant un peu sec. L’affinage en fûts de Coteaux du Layon le rend assez chatoyant. Conclusion: Le boisé et les épices sont importants dans la perception de ce whisky, mais les autres notes (florales, fruitées, miellées, cirées, voire beurrées) le portent plus haut, d’où la note chiffrée élevée. Prix indicatif: Autour de 62 € à sa sortie. Note confirmée: 92/100

ENGLISH SUMMARY : Note : One of the numerous bottlings produced by what I believe is probably the best French whisky distillery (I know some others may kill me for saying this, but…as my website’s motto says, « no double talk » here). This particular bottling was matured in ex-Bourbon casks, then finished in 2 sweet wine casks. The distillery is an expert in finishes, and even a pioneer in an other sweet wine finish, the Sauternes (but not with their whisky, rather with Scottish whiskies finished in France, for their independant branch, under the Celtic Whisky Compagnie name). They do almost each year Sauternes finishes, and others as well. The one I review here is a very nice whisky, with nice esters coming from the previous American oak casks, but also spices & yellow fruit coming from the sweet wine finish. It is vivid, yes (woody, spicy & a bit tanic) an dry all the way, but also floral & fruity (quince & candied lemon are leading). I also get some honey notes, some wax & some butter trying to come through. Give it a few drops of water and it gets more approachable & even seductive. The complexity here explains the high rate. Rating (confirmed) : 92/100 

 

 

 

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-GLEN MORAY Officiel/gamme « The Heritage Collection », 15 ans, Première Edition 2016, Maturation en fûts ayant contenu du Bourbon (« American Oak ») & du Sherry, réduit à 40 % (Speyside, ECOSSE/G.B.):

Couleur: Miel d’acacia, à reflets dorés, voire ambrée (la tonalité ambrée semble provenir de la part de fûts de sherry dans l’assemblage, mais elle pourrait aussi provenir de l’ajout de caramel, difficile à dire. Nez: Riche, fin et complexe. Fruitée, elle est aussi miellée, maltée, avec un côté gourmand à la fois chocolaté, noisetté, voire praliné. Bouche: Fine, complexe et très fondue. Très fruitée (fruits confits, compotés-pommes golden & poires mûres), elle est aussi miellée (miel toutes fleurs, voire de bruyère), elle est aussi bien maltée, avec de complexes notes de fruits secs (noisettes en tête) se mêlant à des notes de chocolat au lait, chocolat noir, mais aussi de caramel dur (notes semble t’il en grande partie naturel). Finale légère, mais superbe, avec un retour d’épices intéressant qui compense le titrage un rien faible (40 %) et une belle pointe distante de fruits rouges rappelant l’influence du sherry. Tenue à la dilution: Plutôt bonne, mais ne pas trop diluer. Un côté « goûter régressif » (nutella, carambar, tablettes de chocolat diverses, bonbons fourrés au praliné) bien agréable. Conclusion: Un délicieux single malt qui peut à la fois servir d’apéritif et de digestif, voire même d’accompagner un dessert pâtissier. Une belle addition à la gamme régulière, destiné à remplacer le 16 ans d’âge. Prix indicatif: Autour de 65/70 € à sa sortie. Note confirmée: 91/100

ENGLISH SUMMARY : This one replaces the previous 16 y.o. in the core range. The amber color shows this one has more sherry casks involved than for instance the 12 y.o., but it can also be because of the caramel added. The nose is rich, complex & refined. Fruity, it is also malty, honeyed, with a gourmet side related to chocolate, caramel (carambar sweet) hazelnut & maybe praline. On the palate it is as appealing as on the nose, displaying its charms in a deliciously melted complex combo of dark & milk chocolate, malt, hazelnut, dried fruit, honey (all sorts, possibly even with heather). There is also a distant red fruit notes recalling also the sherry casks. It is superb, even with this low abv, delicious and can be both an aperitif & an after-dinner whisky, or even match a pastry dessert. Rating (confirmed) : 91/100

 

 

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-GLENFIDDICH 41 ans (Distilled in 1973-Bottled in 2014), emb. CADENHEAD, gamme “Single-Cask” (Cask 14/102- Bourbon Hogshead), ayant donné 42 ou 96 bouteilles, selon les informations (!), 43,1 % (Speyside, ECOSSE/G.B.):

Couleur : Vieil or. Nez : Etonnante première impression, comme un nez de Cognac. Fleurs capiteuses (dont le chèvrefeuille, note souvent rencontrée dans les versions single-casks des années 70, mais aussi du muguet et du lilas), bois précieux (bois de santal) et fruits mûrs variés. Engageant. Bouche : Superbe, et typique des vieux whiskies de cette distillerie. Le palais débute de manière très fine et subtile, reprenant les belles notes complexes du nez, puis devient plus affirmée (épices variées, herbes sauvages), un peu à la façon d’un KARUIZAWA trentenaire. Finale plus apaisée et relativement courte, avec un doux charme floral qui reste un moment en tête. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau (vraiment que quelques gouttes, s.v.p. !), le whisky devient plus charmeur encore, rehaussant légèrement les notes de fleurs capiteuses et de bois précieux. Conclusion : Un vénérable GLENFIDDICH, comme l’on n’en voit pas souvent (je crois bien que c’est mon GLENFIDDICH le plus âgé dégusté à ce jour !), subtil et fin, d’une expressivité modérée (le faible titrage y joue un rôle modérateur-il lui enlève aussi hélas 2 points environ), mais plutôt réussi, de premier ordre. Indication de Prix : Plus de 400 € à sa sortie. Note (sous réserve) : 93/100

ENGLISH SUMMARY : Amazingly, it starts like a Cognac, on the nose, then switches to typical old 70’s GLENFIDDICH single-casks trademark, with this often stunning honeysuckle note. It is also fruity & woody, but still with a great balance. The palate is complex, typical, fruity (ripe fruit mostly), floral (honeysuckle, lily of gthe valley, lilac). It evolves into a more assertive taste, on wild herbs & varied spices (at like a 30 years old KARUIZAWA I have to say), beautiful precious wood notes (sandal wood) and the finish is sweeter & short, except for a delicate floral charming note. A venerable GLENFIDDICH, the ones you don’t come across often, moderately expressive (due to the low ABV-hence it loses 2 points rating), but first class spirit. Rating (with reservations) : 93/100 

 

 

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-GLENLOSSIE 36 ans (Distilled in 1975-Bottled in 2011?), emb. THE WHISKY AGENCY, gamme “Liquid Sun”, Single-Cask, Refill Sherry Hogshead (132 bouteilles), 48,3 % (Speyside, ECOSSE/G.B.): Couleur : Vieil or. Nez : Fine, subtile, et au fruité très caractéristique de la distillerie (salade de fruits au sirop, pêches jaunes &, abricots inclus). Sexy. Bouche : Superbe exemple de mélange de notes fruitées gourmandes (reprenant celles du nez) et de fleurs capiteuses (lys), avec comme signature, en sus, une note précise de thé Earl Grey à la bergamote. Redoutable. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau, le whisky devient de plus en plus sexy, avec une légèreté de plus en plus aérienne. Quelle classe. Conclusion : Un grand GLENLOSSIE, ici en mode quasiment sans épices, mais très fruité et floral, un rien végétal, généreux et parfaitement équilibré. Indication de Prix : n.c. Note (sous réserve) : 93/100

ENGLISH SUMMARY : Absolutely gorgeous stuff ! This one displays all the exuberant fruitiness we love in indie GLENLOSSIE bottlings (fruit salad with syrup, yellow peaches, apricots) but also the flowers (heady ones, including lilies of the valley), & of course the bergamot Earl Grey tea trademark as well. Sexy & impressive ! What is interesting also it that this one has no agressive spicy notes & becomes even a bit aerial when slightly diluted. A great GLENLOSSIE, perfectly balanced. Rating (with reservations) : 93/100 

 

 

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-“ISLAY” 12 ans, embouteillé pour MARKS & SPENCER (Edition circa 2012), 40 %, Single-Malt), Islay, ECOSSE/G.B.:(Dégusté en blind)

Couleur : Or pâle. Nez : Huile de lin, feutre, sur lit d’herbes sèches. Tourbe discrète à ce stade. Peut-être des fleurs & des agrumes en arrière-plan. Bouche : Plutôt complexe et intéressante. Avec de subtiles notes de badiane et de violette au second plan, la tourbe (mi-grasse) s’exprime avec élégance et finesse, et s’épanouit sur un lit d’agrumes à la vanille. C’est un très joli profil aromatique qui s’exprime là. Le caractère habituellement médicinal du LAPHROAIG (que l’on soupçonne être la distillerie derrière ce nom générique, mais l’on peut se tromper) est quasi-absent ici, et la fumée est plus douce. Tenue à la dilution: Avec quelques gouttes d’eau, ce whisky devient encore davantage charmeur, alors n’hésitez pas. Conclusion: Une belle surprise que cet Islay anonyme mis en bouteille pour cette grande enseigne. Un single malt plus équilibré que le LAPHROAIG 10 ans officiel et quasiment aussi excitant que le CAOL ILA 12 ans officiel. En tout cas un rapport qualité/prix très intéressant. Indication de Prix: Autour de 35 € à sa sortie. Note chiffrée (Sous réserve): 90,5/100

ENGLISH SUMMARY : A less medicinal LAPHROAIG than usual (yes, there is not much suspense about the distillery there, just nose the whisky & have a look at the tube…), and an elegant one. A pretty aromatic profile, with just what it takes of citrus fruit « lying in a vanilla bed », star anise, medium fat peat, with even a hint of violet in the background. The smoke is sweeter than on the official 10 y.o., and a few drops of water adds even more charm to it. A nice surprise, this bespoke anonymous bottling for Marks & Spencer launched a few years ago (at a time one could easily find this bottling in French M. & S. shop as well). The quality/price ratio is very good too ! Rating (with reservations) : 90,5/100 

 

 

 

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-LONGMORN 12 ans (Distilled: 2003-Bottled: 2015), emb. Ian McLEOD, gamme “Chieftain’s”, Single-Cask, Refill Sherry Hogshead (132 bouteilles), Natural cask strength, 53,7 % (Speyside, ECOSSE/G.B.): Couleur : Vieil or, soutenu. Nez : Longtemps changeant, puis s’est stabilisé après quelques dégustations. Dense, fondu, fortement caramélisé, plutôt boisé, herbacé, épicé. Avec le temps, développe un caractère pâtissier bien plus plaisant, évoquant tour à tour un baba au rhum, une tarte aux abricots, voire une glace plombière. Bouche : Au début, elle reprenait les premières notes du nez, avec un ajout très net de chocolat au lait, mais aussi de noisettes, d’orge maltée et un caractère fortement épicé et un peu trop alcooleux. Puis, avec le temps, l’alcool semble s’être mieux stabilisé et la palette est devenue un peu plus douce et équilibrée. Assez boisée (et marquée par les tannins du bois) malgré tout, et épicée, elle développe tout au long de la dégustation son caractère un peu curieux, mêlant herbes et épices au malt, au chocolat, au miel et au caramel. Le fruité est ici très discret (sur les fruits mûrs, fruits des bois et mûres en tête), rien à voir avec tant les meilleures versions officielles que certaines versions de négoce déjà évoquées par ailleurs. En revanche, relativement proche du 16 ans officiel, mais plus intéressant. Finale mi-ronde, mi-sèche, curieuse, dominée par le chocolat, mais le bois et les épices sont juste derrière. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau, le whisky demeure sensiblement avec le même profil, mais les épices reviennent au premier plan pour rejoindre les notes maltées, chocolatées (avec une pointe de noisette qui ressort), qui évoque les jeunes GLENFARCLAS les plus marqués par un élevage sous ex-fûts de Bourbon. Conclusion : Un LONGMORN moyennement équilibré, pas très complexe ni très exaltant, mais pas mauvais, qui va plutôt vers le boisé, le chocolat & les épices, que vers le fruit. Indication de Prix : Autour de 46 € à l’achat (tardif). Epuisé. Note confirmée : 86/100

ENGLISH SUMMARY : It took time before this one got stabilized enough to do a proper review of it. There is a lot of density in this one, but it doesn’t mean all its complex notes appear easily. It takes time and experience. What is sure is that there is a fight here between its gourmet pastry side (chocolate, honey, malted barley, hazelnuts turning to apricot tart, rum baba or cereal based breakfast) and its woody & spicy side. There is also a hint of red fruit coming through but it stays on the background most of the time. Sweetness, then more power and mostly a interplay between chocolate, spices & wood tannins and dryness. A bit unsherried GLENFARCLAS like, and not so far from the official 16 y.o. Rating (confirmed) : 86/100 

 

 

 

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-LONGMORN 35 ans (Distilled in 1976-Bottled in 2011), emb. THE WHISKY AGENCY, gamme “The Perfect Dram”, Single-Cask, Refill Sherry Hogshead (187 bouteilles), 53,6 % (Speyside, ECOSSE/G.B.): Couleur : Vieil or. Nez : Un nez à la fois très fin, très gourmand et très équilibré. Comme une note beurrée, ou de paraffine. Un fruité élégant et typique des grands LONGMORN à l’ancienne. Bouche : Splendide, d’une remarquable complexité florale et fruitée : Salade de fruits frais, fruits au sirop (abricots, ananas, pêches, cerises), bergamote confite, cerises au marasquin et j’en passe….Fleurs capiteuses, dont lys, mais aussi de la lavande, du jasmin). Parfaitement équilibrée (pas une once de boisé !) et sereine comme pas deux, elle est véritablement enchanteresse. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau, le décollage vers les îles exotiques et les jardins suspendus est garanti. « Oasis » n’a qu’à bien se tenir (je plaisante-bien qu’on soit plutôt ici vers « Innocent », pour poursuivre la comparaison des marques de jus de fruits, le pur jus de fruits frais pasteurisés). Conclusion : Un LONGMORN de tout premier ordre, d’une beauté et d’une élégance florale et fruitée qui laisse rêveur, et rappelle, avec davantage de profondeur évidemment, l’ancien 15 ans d’âge officiel (années 1990) –fortement recommandé, au passage-et un peu aussi l’exubérant LONGMORN « 1969 » (bottled 2008) de chez Gordon & MacPhail pour la M.d.W. (cask N°5295, 50 %), certes en plus timide, mais aussi en plus équilibré. En deux mots, « une tuerie ». Indication de Prix : n.c. (épuisé). Note (sous réserve) : 96/100

ENGLISH SUMMARY : A very fruity, elegant & typical old fashioned LONGMORN. The fruit complexity is very impressive : Fruit salad, fruit in syrup (apricot, pineapple, peach, cherries) but also candied bergamot, marasquino cherries, and a flower festival as well (lily in the valley, lavender, jasmine). Perfectly balanced, it shows no sign of wood defaults, and is really enchanting. A little water added and then you get exotic fruit as well, and pure fruit juice. A first class stunning LONGMORN, that recalls (with more depth of course) the previous official 15 y.o., and some great indie bottlings such as the one for LaMDW vintage « 1969 » (single-cask N°5295 bottled at 50 %), with more balance. In other words, one « to die for » ! Rating (with reservations) : 96/100 

 

 

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-« OLD BALLANTRUAN » officiel 10 ans, « The Peated Malt », (Distillerie TOMINTOUL, en version assez tourbée), n.c.f/n.c., 50 % (Speyside, ECOSSE/G.B.): -bout. Acq. ouverte (mq 6-8 cl)

Couleur: Vieil or. Nez: Très fondu, plutôt séduisant. Bouche: Marquée par une tourbe mi-grasse, mi-sèche, et assez végétale, un peu comme chez LAGAVULIN (traces de sherry ?). Fumée un peu cendrée. Puis viennent d’autres notes : Agrumes, thé vert, un côté mentholé, quelques fleurs discrètes, quelques notes marines, de l’amertume boisée (« woodsmoke »), du cuir. Corps relativement étroit pour un single malt d’assemblage encore jeune et pour son titrage de 50 %, ce qui est quelque peu décevant. C’est là que réside sa faiblesse principale (la version sans compte d’âge est plus gourmande). Finale un peu alcooleuse, marquée par un boisé plus sec. Tenue à la dilution: L’ajout d’eau entraîne une petite réaction de « réveil » des notes aromatiques non tourbées, pour un court instant. Conclusion: Un bon whisky auquel il manque « un petit quelque chose » d’expressivité pour passer à la catégorie supérieure. La version sans compte d’âge de ce whisky avait, dans mon souvenir, davantage d’expressivité. Prix indicatif: Autour de 70 €. Note confirmée: 85/100

ENGLISH SUMMARY : A seductive but sweet & melted peated whisky, a bit on the dry & green side, a bit like in a LAGAVULIN, but we’re here in TOMINTOUL, located in the Speyside, which is not exactly on the doorstep ! The smoke is a bit ashy as well. The palate evolves from a one dimensional peat character to a bit more complex proposal, with citrus fruit coming through, then green tea, some discrete flowers & maritime notes, and goes back to some woodsmoke & leather that drives it to a slightly bitter & woody finish. The body is a bit thin for a 10 y.o. & 50 % abv whisky, which is a bit disappointing. The finish is a bit spirity & with some dry wood. Water wakes it up a bit, but for a while only. A good whisky for sure, but lacking of something to lift it up more. I remember that the previous no age statement expression of it was better, more expressive, but it’s a long time ago. Rating (confirmed) : 85/100

 

 

 

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-PAUL JOHN « BRILLIANCE », n.a.s. (4 à 5 ans d’âge), American Oak casks (ex-Bourbon), 46 % (Single Malt, Goa, INDE): Couleur: Or clair, à reflets or clair. Nez: Orge maltée, avec le croquant de la céréale très en avant. Lin et orge dominent, puis, mine de rien, beaucoup de bois jeune, voire neuf. Bouche: Jeune, bien fait, rappelant un peu l’AMRUT Single Malt d’entrée de gamme, mais en un peu moins équilibré et moins complexe. On retrouve l’orge, le lin, des épices provenant du bois, mais aussi de la vanille, une fermeté un peu trop raide du chêne. Tenue à la dilution: Devient floral et fruité, au nez, et un peu plus souple en bouche. Reste pas mal de chêne. Conclusion: Un whisky honnête, de qualité, mais encore jeune et pas totalement équilibré. Je recommande plutôt les versions nommées « BOLD » (notée 87/100) et « EDITED » (notée 89,5/100) -Prix indicatif: Autour de 50 €.-Note confirmée: 80/100

ENGLISH SUMMARY : A malted barley oriented whisky from PAUL JOHN distillery in Goa (which is at the north West of India, compared to AMRUT distillery which is in Bangalore). Crispy barley, lots of linen, and, a lot of fresh wood, even new wood. The palate is young, reminding me a bit of the n.a.s. AMRUT single malt, with less balance & less complexity I have to say. It’s a bit better with a few drops of water, but the wood impact remains huge, too big. A decent malt whisky, but too young & a bit unbalanced. I rather recommend two much more interesting bottlings from them, one called « BOLD » (unpeated, rated 87/100) and one called « EDITED » (slightly peated, rated 89,5/100). Rating (confirmed) : 80/100

 

 

 

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Photo: Distillerie PAUL JOHN

 

 

-PAUL JOHN « SELECT CASK/Classic », n.a.s. (6 ans d’âge), American Oak casks (ex-Bourbon), 55,2 % (Single Malt, Goa, INDE): Couleur: Vieil or, à riches reflets dorés. Nez: Concentré sur la céréale, l’orge, le lin, puis très vite un boisé très ferme et assez présent. Quelques fruits tropicaux, mais un peu trop discrets à mon goût. Bouche: Puissante, assez monolithique, sur le chêne frais, puis l’orge et le lin. Manque de complexité. Tenue à la dilution: Il y a du mieux avec un peu d’eau, qui provoque un intéressant fondu des saveurs et une vague note fruitée de bon aloi. Conclusion: Une version un peu trop « dure » sur le boisé à mon goût, mais pas inintéressante. Je lui ai préféré de loin la version tourbée « Peated » du SELECT CASK à 55,5 % (notée 92,5/100) - Prix indicatif: 90 €, MDW -Note (sous réserve): 84,5/100

ENGLISH SUMMARY : Almost the same tasted notes as the « BRILLIANCE » here, with more oomph due to a higher ABV and only one cask involved, so I won’t be long on the description. Barley, linen, spices & wood….Then more cereals, but also more wood, spices, and…it goes on and on. It benefits a bit to be watered down, with some slightly fruity notes coming through, but the wood is too hard on that one and can’t rival the peated expressions of the same distillery. It’s not a bad whisky, it’s just a bit too much for me. I rather recommend a by far more impressive expression from PAUL JOHN called « SELECT CASK/PEATED » (rated 92,5/100). Rating (confirmed) : 84,5/100

 

 

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Photo: Distillerie PAUL JOHN

 

 

 

-SPRINGBANK officiel 16 ans ”LOCAL BARLEY” (bottled 2016), 9000 bouteilles, 54,3 % (Campbeltown, ECOSSE/G.B.):

A noter: Il s’agit d’une re-création contemporaine des célèbres versions du même nom distillées dans les années 1960. Bien sûr beaucoup de choses ont changé (même si SPRINGBANK demeure une des rares distilleries de propriété familiale), et a fortiori les contenants précédents des fûts aussi (par exemple le sherry contenu dans la précédente version est sans doute très différent de celui-ci, et devait être bien plus concentré auparavant). L’assemblage de 2016 comprend 80 % de fûts de chêne américain ayant contenu du Bourbon et 20 % de chêne européen ayant contenu du Sherry. Cette version récente est élaborée à partir d’orge de type Prisma cultivée à la ferme Low Machrimore à Southend, à quelques kilomètres au sud de la distillerie et de la ville de Campbeltown.

Couleur : Vieil or. Nez : Complexe, fin et vif : Note caractéristique d’orge (la céréale, à plusieurs étapes du procédé de maltage), bol de céréales variées de petit déjeuner, vanille, sur fond de légère fumée de tourbe. Victoire, nous sommes bien chez SPRINGBANK, pas de doute ! Bouche : Elle reprend fidèlement les notes du nez : Les céréales, l’orge maltée sont là, la vanille (modérée, liée à une note de poudre d’amandes), du miel, des épices douces (puis un peu plus présentes : Poivre gris, piment d’Espelette), le tout très lié, puis une note pâtissière (glaçage de gâteau mille-feuilles) vient apporter un peu de gourmandise. La bouche est très équilibrée, séduisante, typée, et le tout est souligné par une délicate fumée de tourbe en arrière-plan. Succulent. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau, le whisky semble libérer un peu plus de tourbe, mêler orge maltée et sucre d’orge (là aussi des notes typiques des versions Bourbon 10 /12 ans d’âge des années 2000) en un bel ensemble. Conclusion : Un SPRINGBANK très bien construit, qui n’a pas à rougir par rapport à ses prédécesseurs (difficile de comparer tout de même, comme je l’explique dans le préambule), et qui en plus, à ce qu’il se dit, serait une version pérenne à partir de l’an prochain. A suivre ! (un 11 ans d’âge a en effet suivi, mais je n’ai pu encore le déguster). Indication de Prix : Autour de 120 € à sa sortie. Note (sous réserve) : 92,5/100

ENGLISH SUMMARY : Foreword : This is not an expression from the famous series distilled in the 1960’s & bottled in the 1990 ‘s, but an attempt to re-create it nowadays. A lot of things have changed since (though the distillery is one of the rare family owned ones), wether it’s about barley, yeast, wood or previous content quality, but they’ve managed to keep it as local & genuine as possible. This is a batch made of 80 % ex-American oak casks & 20 % ex-European Oak casks filled with sherry. A 11 y.o. has been bottled later on with the same « Local Barley » mention, but I did not have the chance to taste it. The whisky, now : The nose is complex, vivid & refined, and the typical barley cereal beakfast notes are still there. A hint of vanilla, coconut & vanilla on a slightly peat smoke background, and there you go, yes, we are at SPRINGBANK’s house, no doubt ! On the palate, it almost the same as on the nose, with malted barley on the forefront, a discrete vanilla note (enhanced by some almond powder), honey, sweet spices (grey pepper, French « Piment d’Espelette »), but also some icing sugar (a topping on French « Mille-feuilles » cake). This is subtle, but delicious, and underlined by a discrete peat smoke on the background. Water brings a bit more barley, in a barley sugar form, and shows a nice ensemble of flavors. All in all a beautiful SPRINGBANK, but not sherry driven & old fashioned as the previous 90’s bottlings, but it is a very good one, and (good news) ment to be part of the core range, with (as for the « Green » expression) probably a different age statement every year or so. Rating (with reservations) : 92,5/100

 

 

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-SPRINGBANK officiel 17 ans (04/1997-01/2015) « SHERRY WOOD », Fresh & Refill Sherry butts, 9120 bouteilles, 52,3 % (Campbeltown, ECOSSE/G.B.): (dégusté en blind, la 3 ème fois).

Couleur : Vieil or, à reflets dorés. Nez : Superbe, subtil, très typé SPRINGBANK. Fruité complexe (fruits mûrs divers, prune, mirabelle, mais aussi des fruits rouges, des agrumes, dont de l’orange mûre fraîche et en gelée-limite marmelade). Des fleurs aussi, certainement, mais le beau fondu des aromes empêche d’être plus précis. Légère touche de fumée de tourbe à l’arrière-plan. Bouche : Gourmande et épicée, reprenant les notes très fruitées du nez et faisant preuve d’une belle structure. Quelques fleurs capiteuses fondues avec les notes fruitées. Note herbacée modérée. Les épices se calment peu à peu. Belles notes fumées. Tenue à la dilution : Exalte le style ancien et artisanal des versions brut de fût. Splendide. La prune, la mirabelle, plus une note de quetsche reviennent souligner la complexité & la singularité du fruité. Conclusion : Un très bon SPRINGBANK, bien fait, recommandé. Indication de Prix : Autour de 120 € à sa sortie. Note confirmée: 94/100

 

ENGLISH SUMMARY : A superb, typical SPRINGBANK…on the modern sherry side. It shows beautiful fruity notes of some complexity (diverse ripe fruit, plum, mirabelle plum, red fruit, citrus fruit including ripe orange & orange jelly –almost marmelade like). Probably some flowers too, but it is too melted to really distinct them (on the palate they seem to be heady flowers). A hint of peat smoke on the background shows up. The palate is gourmet & spicy, it takes time (and a bit of water to tame it), but it is remarkably structured. Slight herbal note coming through now, plus more complex smoky notes along with malted barley & fruity notes. French fruit spirit come through as well with water, with no less than 3 different ones from the Alsace area (East of France) : Plum, mirabelle plum & plum liqueur. Those notes underline the inner complexity of the sherry casks involved in the bottling, but also the great quality of the distillate. A beautiful SPRINGBANK, recommended ! Rating (confirmed) : 94/100

 

 

 

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-TALISKER officiel “SKYE” (Bottled 2016), n.a.s. (sans compte d’âge), 45,8 % (Isle of Skye, ECOSSE/ G.B.):

Couleur: Vieil or, à reflets dorés, voire ambrés (un peu pâles, trahissant et la « wood technology » et l’ajout de caramel E150a). Nez: A l’ouverture un peu fermé, un peu trop boisé et épicé, me laissant craindre le pire (cf ce qui précède), puis, en lui laissant un peu de temps d’aération, et encore plus au bout de plusieurs dégustations, s’avère complexe, fin, à la fois marin, fumé, floral, fruité, boisé, épicé, avec cette belle note typée TALISKER de fleurs, de coquillages et d’embruns sur un lit fumé. Haha ! Bouche: Là encore, après un peu d’aération et plusieurs dégustations, l’on retrouve tout ce que l’on aime chez TALISKER, certes avec une évidente influence du brûlage plus important des fûts (« wood technology inside »), avec un côté plus sec, épicé et boisé, mais les marqueurs TALISKER sont tout de même là, et s’expriment pas mal au fur et à mesure. Bien maltée (plus que le 10 ans), un rien sucrée au départ (carambar), elle est presque un peu salée à l’arrivée (caramel au beurre salé). Traces de sherry. Florale (avec beaucoup de charme), fruitée (agrumes, voire quelques fruits rouges discrets), davantage fumée que tourbée, avec de belles notes marines, la bouche est assez séduisante malgré son évidente modernité. Ouf ! Finale davantage poivrée que pimentée (TALISKER a pas mal changé au fil des années sur le plan des épices aussi), sèche et boisée. Tenue à la dilution: Pas très bonne au début (accentuant son caractère « artificiel » et plat, notamment à cause du caramel ajouté), elle s’est avérée meilleure par la suite (avec plus de présence florale, marine et fruitée), mais il ne faut pas trop le diluer. Conclusion: Très décrié à sa sortie, comme remplaçant le 10 ans d’âge (alors que celui-ci existe toujours, mais en production limitée et donc moins disponible qu’avant), c’est vraiment la version que j’avais envie de détester a priori, encore plus que le finalement assez honorable « STORM », et pourtant force est de constater qu’il n’en est rien. En effet, une fois celui-ci « ouvert » (air, eau), ni la « wood technology », ni l’ajout de caramel (astuce pour satisfaire le client lambda non éduqué au whisky de qualité qui veut son whisky ambré et aseptisé en goût sinon rien) n’ont réussi à réellement « domestiquer la bête » et c’est tant mieux. Une version clairement sous-estimée à mon avis donc par nombre de critiques. Prix indicatif: Autour de 30 €, en G. & M.S. Note confirmée: 90/100

ENGLISH SUMMARY : Foreword : This one is not really replacing the previous 10 y.o. in the core range (10 y.o. which is unofficially not dropped from it, but from now on produced in much more limited amounts) but, in concrete terms, tend to be the core range entry level bottling, along (or instead of ?) the « STORM » expression for a while. Note that both are N.A.S. (no age statement bottling). The whisky, now : Typically the kind of whisky I wanted to hate right from the start, because it is a n.a.s. bottling, probably full of wood technology, of caramel added, giving an artificially darker color than some sherry casks bottlings of it, etc….Yes it’s true, it has all that, it’s probably a bit younger than 10 y.o. (but not so much less I guess), has a bit too much « wood technology » influence (too much toasted oak & artificially spicy notes), yes it’s sweetened by E150a (caramel added-yes, the average customer wants his whisky of « amber » color = subliminal message : decently aged), that flattens a bit the palate, BUT…it seems they didn’t manage to tame completely the TALISKER style & strength and I’m happy with that. Give it a bit time (air), a bit of water (not too much), and you’ll find again your favorite typical TALISKER notes. The wild temper (from pepper to chilli, peat smoke, strong wood), the soft feminine side (ocean-spray, brine, lavender or star anise-or both), and this « je-ne-sais-quoi » that makes it so special. An underestimated expression in my opinion. Rating (confirmed) : 90/100

 

 

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Editorial No 22

 

Dernière minute (03/09/2017) : A venir, l' EDITORIAL No 23, qui comportera un peu plus d'une quinzaine de notes de dégustation exclusivement consacrés à des single-malts d'Ecosse et d'ailleurs. Merci de votre patience.

 

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En attendant, je vous recommande la consultation de mon important reportage sur le salon professionnel "COCKTAIL SPIRITS 2017", reportage comprenant une partie rétrospective liée aux 10 ans du salon. Vous trouverez le lien ci-dessous après la version anglaise de ce communiqué:

 

Last minute comment (03/09/17): The next EDITORIAL, No 23, will be out now very soon. A bit more than 15 tasting notes will be published, all about Scottish & some non-Scottish single malts. Thanks for your patience.

Meanwhile, please have a look (if not made already) on my long report about a whisky & spirits (& cocktails!) show that took place in Paris a few months ago.


COCKTAIL SPIRITS 2017 show in Paris (reportage/report)

 

 

 

EDITORIAL No 22: 

 

 

« SINGLE MALTS ONLY (Part 1) »

 

 Première Edition/1st Edition: 04/06/2017

Mise à jour/Update: 03/07/2017

 

 

 INTRODUCTION :

 

Comme pour le dernier numéro en date, répondant en cela également à une demande d’un certain nombre d’habitués du site, cet éditorial sera entièrement consacré à de récentes notes de dégustation de votre serviteur, sous la forme d’une compilation de notes concernant des whiskies récents comme d’autres un peu plus anciens, de différents pays mais d’un seul type, le SINGLE MALT.

Les whiskies sontprésentés par ordre alphabétique, tous pays confondus, pour faciliter les comparaisons et simplifier cette liste.

 

 

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 Quelques uns des single malts chroniqués dans ce numéro...Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

Rappelons également les listes ci-dessous susceptibles de vous intéresser…Vous trouverez dans la première également de nombreuses notes de dégustation, complémentaires à celles de cet éditorial:

Liste de plus de 200 whiskies abordables des années /200 recommended affordable drams, including 92 favorite from all over the world:

suivie de (followed by):

Liste des (plus de 70) mes whiskies préférés parmi ceux dégustés (plus de 2800 à ce jour/70 & more of my favorite whiskies among the (more than 2800 tasted so far):

cliquez ici / click here

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Enfin, je vous suggère avant d’aller plus avant de consulter mon barème de notation qui diffère quelque peu de celui des autres bloggeurs. /Here’s my Scoring system, which may help people to understand how I assess & rate whiskies (which may differ from the other bloggers):

Cliquez ici / click here

 

Important : Un grand merci à nouveau à tous, particuliers, amis, relations et professionnels du whisky pour l’accès à une grande partie de ces whiskies, souvent d’ailleurs pour les plus prestigieux d’entre eux (les amis se reconnaîtront) ! / Again a big Thank you to you all (amateurs or professional, friends or relatives in the whisky world or not) for giving me access to many whiskies (providing me samples or just letting me taste their bottles, that are often collector ones !).

 

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SELECTION DE MES NOTES DE DEGUSTATION:

 

(SELECTION OF MY TASTING NOTES)

 

SINGLE MALTS :

 

-ARDBEG Officiel n.a.s."KELPIE", Edition limitée 2017, (American & Russian oak casks), version réduite à 46 % (Islay, ECOSSE) :

 

A Noter : Comme pour chaque édition récente d’édition limitée présentée dans le cadre de l’« Ardbeg Day » (cette année le 03 juin), il faut savoir qu’elle est précédée d’une édition encore plus limitée réservée au club de fidélité de la distillerie, et porte le nom de « Committee Release ». La version pour le comité est une version brut de fût ou légèrement réduite, et elle titre 51,7 %. Pour le « KELPIE » (nom qui évoque des créatures ou monstres marins de l'imaginaire écossais autour d'Islay), l’assemblage choisi est constitué d’une part de fûts de chêne ayant contenu du whiskey des Etats-Unis & d’autre part de fûts de chêne vierge provenant de Russie, d’une région au bord de la Mer Noire, plus précisément.

Couleur: Or clair.

Nez: Fin, typé ARDBEG, intensément tourbé & fumé, et même cendré, marqué par le hareng fumé, le bois neuf un peu vert, avec une pointe d’eucalyptus. A la longue révèle des amers provenant du bois neuf. Un certain déséquilibre déjà au nez, et aucune des notes d’agrumes habituelles.

Bouche: Très boisé, très épicé, un peu alcooleux à la première dégustation. Il se calme un peu par la suite et révèle une belle note de badiane liée à la tourbe. Lors des dégustations suivantes, le whisky s’est révélé de moins en moins équilibré et dominé par sa composante de fûts neufs marqués par une note de bois vert, entre eucalyptus, cèdre–atténué-et une note de menthe poivrée, mais avec peu de corps et pas assez de complexité. La fumée de tourbe cendrée devient un rien poussiéreuse, tapissant le palais, phénomène accentué dans le cas d’une légère dilution. Une bouche malgré tout assez typée ARDBEG, mais emprunte d’une certaine austérité et âcreté de la tourbe, avec pas beaucoup d’expressivité en dehors des notes boisées (et de ce fameux bois mouillé assez pénible parfois chez ARDBEG et LAPHROAIG) et épicées. Cela rejoint ce que certains appellent le « wood smoke »). Un plaisir donc assez mitigé, partiel seulement.

Tenue à la dilution: Lors de certaines dégustations, l’ajout d’eau a apaisé un peu le côté épicé et modéré le côté boisé (attention, on parle de quelques gouttes d’eau seulement), apportant même une rare note de myrrhe que l’on rencontre parfois chez LAGAVULIN ou YOICHI. En revanche, lors de la dernière dégustation (celle des 3 réalisée dans les meilleures conditions, donc celle de référence), l’eau n’a fait qu’accentuer les défauts de ce whisky (ou sa typicité, si vous préférez), à savoir cette amertume boisée/végétale et un rien poussiéreuse et de manière insistante. La composante poivrée devient alors une vraie plaie, et concoure à faire baisser la note chiffrée.

Conclusion: Un ARDBEG certes assez typé, mais aussi assez différent, avec une recherche visiblement de nouveauté ou du moins d’altérité. Loin de moi l’idée de remettre en cause le travail de « Bill » (surnom affectueux pour Sir Bill Lumsden, chargé de l’élaboration des éditions limitées et de la création de whiskies chez ARDBEG & GLENMORANGIE), personne que j’ai rencontrée à maintes reprises et pour laquelle j’ai beaucoup de respect, mais qui aime bien, châtie bien, n’est-ce-pas ? L’assembleur a du le sentir, le bois neuf, fut-il des bords de la mer noire (désolé, je n’ai pas décelé une telle influence marine comme déclarée par l’ambassadeur, juste un arrière-plan marin modéré, mais courant chez ARDBEG), a une influence importante sur le distillat quel qu’il soit, c’est pourquoi il l’a en partie associé à des fûts (chêne américain) plus traditionnels, mais peut être n’a-t-il pas été assez prudent dans l’’estimation de cette influence ou bien était ce le but recherché (recherche d’originalité) et imposé par le chef de produit/le marketing ? On ne le saura sans doute pas.

En attendant, je suis obligé de dire, dans l’esprit sans langue de bois du site, que même s’il s’agit d’un whisky correct, c’est une déception pour une édition limitée d’ARDBEG vendue à un prix aussi élevé, sans compte d’âge, et cela manque d’équilibre, de complexité et de plaisir. Dans mon souvenir des éditions limitées précédentes, il me semble que les « DARK COVE », « PERPETUUM » ou encore « AURIVERDES » étaient un peu plus intéressants et bien plus équilibrés. Un « UIGEADAIL » proposé à la dégustation le même jour, s’est avéré bien plus convaincant (note estimée à environ 92/100).

Prix indicatif: Autour de 110/115 €, et hélas bientôt bien plus (spéculation sur ce type d’éditions oblige). Dégusté dans le cadre de l’Ardbeg Day, à deux reprises, puis sur sample (merci à The Whisky Shop Paris, à La Maison du Whisky et à l’ambassadeur ARDGEG présent). Note confirmée: 79/100

 

ENGLISH SUMMARY : The annual « ARDBEG DAY » limited release (here in a reduced to 46 % version, contrarily to the « Committee Release », which is bottled at 51,7 %) this year is partly made of American oak casks, partly made with Russian virgin oak casks coming from the Black Sea area.

The influence of those virgin oak casks is huge, and even if this choice was made in order to bring maritime & precious wood notes, and though I do not doubt of Sir Bill Lumsden’s skills (a great master blender & wood maturation expert I met several times), he may have gone a bit too far this time in search for originality, as the wood is talking louder than anything else. I say that because, with no disrespect for him, the woody & spicy notes coming from those casks in particular are too important in my opinion, and bring a too harsh bitter note to the ensemble, as well as almost erasing all the typical fruity & floral notes that we love to see in ARDBEG as being part of its peaty, smoky & maritime profile.

I said previously that I had some trouble with several batches of the « Ten » because of a wet wood note & some dusty & sour unpleasant notes, and alas we get some of these notes here too. So even if this slightly mentholated (& eucalyptus driven) peppery notes are giving some extra kick compared to the previous limited editions profiles, at the same time it is contributing to erase the balance of the whole thing. It doesn’t get lower than 79/100 because at some point of the tastings I had an interesting myrhh note (common to some rare LAGAVULIN or YOICHI) but this is not enough to spend 99 £ (French price converted) or 129 US $ (same).

So yes it is a decent ARDBEG & a decent whisky in my opinion, but it is also way too expensive for what it is, a n.a.s. driven by wood technology reduced to 46 % & weaker than the « Ten » expression. « There you go, now you know » (Ralfy’s inspired conclusion...). Confirmed rating: 79/100

 

 

 

 

 

 

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-ARDBEG Officiel "DARK COVE", Edition limitée 2016, (Sherry Casks), version à 46,5 % (Islay, ECOSSE): Couleur: Or, à reflets dorés, vaguement verdâtres Nez: Joli nez assez fondu, tourbe modérée, caramel, boisé imprégné de chocolat noir et au lait, noisettes, voire café (à ce stade fûts de sherry & fûts bien brûlés semblent dominer), fin. Bouche: Plutôt équilibrée, marquée par le sherry, mais plutôt comme certains malts du Speyside & Highlands (KNOCKANDO, TOMATIN, voire GLENGOYNE) ou du Jura que ceux d'Islay (donc notes de noisettes, caramel dur, chocolat noir et au lait, orge maltée, pointe de café), vagues notes d'agrumes, d'herbes et de réglisse. Traces de bois brûlé (encore la « technologie »). Assez harmonieuse, malgré tout et plutôt fine. Tenue à la dilution: Plutôt bonne à petite dose, mais pas trop d'eau sinon on retrouve les défauts des ARDBEG jeunes (bois mouillé, agressivité & âcreté de la tourbe, amertume du bois). Conclusion: Une jolie version, bien faite, certes quelque peu technologique, relativement jeune (majeure de 8-10 ans?, avec peut-être quelques fûts plus anciens dans la recette, sans doute). Un  whisky avec un peu de personnalité, le côté sherry & technologique le rendant différent des versions précédentes, sans pour autant le rendre remarquable. Très correct, il n'est donc cependant pas indispensable (comme les précédentes éditions limitées) sauf pour les anoraks de la distillerie (et bien sûr les spéculateurs). Rapport qualité/prix défavorable au prix de vente public (entre 105 et 115 €), sans doute plus favorable s'il était inférieur ou égal à 75/80 €, positif s'il était proche de 65 €. Dégusté dans le cadre de l’ « ARDBEG Day », le 28/05/2016, merci à The Whisky Shop Paris. Note chiffrée provisoire (estimée sur une seule dégustation): 87/100

 

ENGLISH SUMMARY: Nice nose, with all notes well melt together, moderate peat, caramel, dark & milk chocolate infused wood & lately some dominating burnt wood (who said wood technology?). On the palate it’s mostly balanced if I may say though obvious wood technology is involved. The sherry plays its part, but not as a monster, rather on the nutty, chocolaty side more than red fruit. You also get citrus fruit, liquorice & dried herbs. It is pleasant, though not be too much opened with water or you will find what is (in my opinion) the distillery’s drawbacks…(wet wood, acrid peat, bitterness….). One for the ARDBEG anoraks because for the others the quality/price ratio, I’m sorry, is not so interesting. For all these limited “Ardbeg Day” editions, it sounds more like a “how to sold a less than 10 yo whisky at a bit more than 46 % with wood technology & a bit of marketing magic” than a bargain. And I say that because I do think that this more than 100 € price tag should be associated with the “cask strength” Committee Reserve expression rather than this one. Temporary rating (under reserve, based on one tasting only): 87/100

 

 

 

 

 

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-BALBLAIR Officiel Millésimé "1999", 2nd Edition (Bottled in 2016), American & European Oak Casks & Sherry Butts, n.c.f./n.c. (non filtré à froid, non coloré) , 46 % (Highlands du Nord, ECOSSE):

Couleur: Or clair, à reflets brillants. Nez: Riche, sur des notes fruitées variées (dont des agrumes), florales, de foin, de vanille, d’herbes sauvages & d’épices douces. Bouche: Complexe, avec une attaque fruitée (citron, coing, pêche jaune) variée & des fleurs un rien capiteuses, quelques esters (bonbons anglais, fruits exotiques), du miel, puis assez vite en milieu et finale des notes d’herbes sèches, d’épices douces et plus de sécheresse et de boisé (gingembre, chêne). La vanille ici est très en retrait, tandis qu’une certaine acidité & « citricité » se font sentir. Finale plus apaisée d’une étonnante fraîcheur. Vue sur le jardin, ses fleurs et son verger depuis la véranda et quelques odeurs d’herbes sauvages et de la ferme au lointain. Tenue à la dilution: L’eau (si modérée) apporte un peu plus de souplesse et de douceur. Elle peut aussi raviver le boisé, attention, vers plus de sécheresse et d’alcool. Conclusion: Une superbe version (ou joli millésime, au choix) qui résume bien le caractère de Highlander de caractère mais aussi de charme de la distillerie BALBLAIR. Prix indicatif: Autour de 100 €, MdW & cavistes partenaires. Note confirmée: 91/100

 

ENGLISH SUMMARY: A rich, floral, fruity (citrus fruit, quince, yellow peach), herbal (wild ones) & spicy combo. Some esters are also playing the second violins (with esters-exotic fruit mainly), while some ginger & dryness is now coming from the oak. A bit citrusy & strong, some hay & honey, then more “summary” notes in the end. Not so much sherry influence shows up here, nor vanilla from the bourbon casks (the spice & the oak, yes). Don’t add too much water on this one. All in all a nice typical (if I may say-all distilleries are different) Highlander & a nice BALBLAIR vintage as well, displaying the full of charm distillery style. One of my favorite contemporary vintages of them (with the 1988 & 1983). Confirmed rating: 91/100

 

 

 

 

 

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Un des meilleurs millésimes récents de la distillerie BALBLAIR. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

-BRORA Officiel/The Special Releases (10th Release) 32 ans (1978-2011), (Refill American and European Oak Casks), 1500 bouteilles, Natural Cask Strength, 54,7 % (Highlands du Nord, ECOSSE, distillerie fermée en 1983):

Couleur: Or clair à reflets dorés. Nez: Subtil, profond, séduisant…En apparence peu marqué par le style BRORA des 30 ans de la même gamme (quasiment pas de tourbe, de notes fermières ou d’épices fortes), il est floral, fruité (agrumes) et délicatement boisé. Peu à peu, et notamment lors de la deuxième dégustation, sont apparues des notes de tourbe légère (au second plan), de fleurs à peine capiteuses, d’herbes sèches et de vanille (discrètes). Traces de miel et de thé très infusé. Bouche: Superbe, et d’une belle sérénité. Très fine, délicate, tout en gardant la signature typée de la distillerie, elle reprend fidèlement les notes florales, fruitées, herbacées, et un rien miellées & végétales du nez. Beaucoup de charme. Finale assez fondue, avec un boisé discret, un petit retour de vanille et de crème anglaise, voire de cuir. Les épices (la moutarde et le gingembre en tête) et les herbes sèches sont là, mais sans agressivité excessive. Tenue à la dilution: Elle est bénéfique, entraînant un très beau fondu des saveurs, donnant un côté presque aérien à ce Highlander apaisé…Conclusion: Un bien beau BRORA que voilà, accompli et plein de charme. Encore un grand merci à Ch. pour cette dégustation exceptionnelle. Prix indicatif: Au moins 1100 € en 2017. Note confirmée: 97/100 & Hors catégorie

 

ENGLISH SUMMARY: Clear gold liquid. Subtile & with a seductive deep nose. At first it doesn’t seem to fit with the 30 y.o. previous special releases style (as the peated & farmy notes are low, and the herbs & spices moderate), but slowly they appear, as well as other complex notes (heady flowers but from far, discrete vanilla, custard & citrus fruit, traces of honey & overinfused tea, mustard spice). The finish is a treat, with subtle green notes, honey, herbal, fruity, floral notes all together coming through, white mustard & ginger getting stronger and stronger when tasted without water, but it’s not overwhelming at all. Yes, a dash of water will do it good and reveal all the BRORA beauty, with all the notes deliciously melted together now in peace. It’s a beautiful BRORA I have to say ! Confirmed rating: 97/100 & Beyong Any Category

 

 

 

 

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-CLYNELISH 21 ans (Dist.1992-Bott. 2014), emb. CADENHEAD/gamme « Small Batch », Bourbon Hogshead (792 bouteilles), Natural Cask Strength, 51,6 % (Highlands du Nord, ECOSSE):

Couleur: Jaune paille, à reflets dorés. Nez: Fin, complexe, raffiné, plutôt subtil : Vanille en arrière-plan, marqué par les herbes sèches et les épices douces & probablement de la moutarde aussi, par les agrumes et un peu de cire. Le style CLYNELISH, quoi…mais relativement apaisé. Bouche: A la première dégustation, très jolie impression, avec une grande fidélité à l’équilibre des notes du nez. Beaucoup d’harmonie et de charme avec cette finale pâtissière de glaçage de mille-feuilles et d’appareil à tarte au citron. Belle typicité là encore, plutôt sur les versions de négoce que sur la version officielle de 14 ans. Par une certaine discrétion, sa superbe finale tonique m’a rappelé un peu le style charpenté & boisé des SPRINGBANK 10 ans officiels du milieu des années 2000. Lors des deux dégustations suivantes, le profil s’est quelque peu raidi (plus d’épices fortes-moutarde blanche, voire moutarde de Dijon, poivre de Sichuan-et plus d’herbes sèches), mais demeure typé et équilibré. Tenue à la dilution: L’ajout d’eau est recommandé, car, avec l’apport de quelques gouttes d’eau, le whisky s’apaise un peu et dévoile tout son charme, avec à la fois le caractère pâtissier déjà évoqué, les agrumes confits et une discrète note de cire ainsi que de rayon de miel. Conclusion: Un excellent CLYNELISH, bien représentatif du style de la distillerie, avec complexité, expressivité et subtilité. Prix indicatif: Autour de 120 € à sa sortie. Note confirmée: 93/100

 

ENGLISH SUMMARY: A complex & subtile typical CLYNELISH, not so far from the BRORA above, but ok with less magic. But as a CLYNELISH it is indeed a good one. The usual suspects are here (dried herbs & spices, white mustard, citrus fruit & a bit of wax), and even some light French pastry notes (that mille-feuilles icing! –and also a citrus tart base). In some ways (the way it’s “carpented”) it reminds me of some old 10 y.o. SPRINGBANK from the mid-2000’s. Warning, stored in a not too cool place it may rapidly become much spicier & stronger (as some other malts) and with time may not be as serene as in the beginning, but that’s also common to many CLYNELISHes, as I often say, to be “wild cats” (translate that you’ll get more dried herbs & spices : Sichouan pepper, white & even Dijon mustard). Water eases things & brings the softness you need to enjoy the candied fruit & discrete wex & honey notes that were hidden before. An excellent CLYNELISH…Confirmed rating: 93/100

 

 

 

 

 

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Un excellent CLYNELISH du non moins excellent négociant CADENHEAD....Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

 

-GLEN GARIOCH officiel 15 ans « RENAISSANCE », Chapter 1 (1999-2014), Bourbon & Sherry casks, 51,9 % (Speyside, ECOSSE): Couleur : Vieil or. Nez : Comme métallique, fumé (hareng fumé ?), puis cela s’affaiblit. Fruits confits, et comme une note austère difficile à décrire. A ce stade je pense à certains GLEN SCOTIA un peu « pétroleux », et ce n’est pas un compliment. Bouche : Complexe, tendue et dense, elle est marquée par une marmelade d’orange très concentrée et aux épices (poivre noir, gingembre), par des fruits confits divers caramélisés (l’abricot en tête), de l’orge maltée et fumée, du chocolat noir (à au moins 80 %), et une impression de sucre résiduel pénible. Un certain manque de lisibilité de la palette aromatique. Tenue à la dilution : Avec quelques gouttes d’eau, le whisky demeure assez fermé, mais avec le chocolat noir, et le malt qui prennent le dessus sur les autres notes. Avec encore un peu plus d’eau, il devient tannique et une note d’orange amère (confiturée) domine. Conclusion : Un étrange whisky, qui joue un peu à cache-cache avec nos sens et qui donnera certainement des avis tranchés. J’ai eu du mal à l’apprécier et à l’évaluer, mais je ne peux pas non plus dire que ce serait un mauvais whisky. Indication de Prix : Autour de 75 € à sa sortie. Note (sous réserve) : 75/100

 

ENGLISH SUMMARY: “I am still struggling to find a fully (or half) satisfying GLEN GARIOCH contemporary expression”….could be the motto here….But alas I’m afraid it will not be achieved with this one too. A metallic, austere & petrol like nose to start with, then a tense & dense palate, overwhelmed with deep & bitter orange marmalade with spices (black pepper, ginger), caramelized fruit (apricot mainly), malted & smoked barley, and some painful “remaining sugars”. It isn’t that it’s really bad, but too confused & lacking of balance & direction. Water will not help (bitterness will dominate everything). A really hard to evaluate whisky, not bad, but a bit too demanding for me. Confirmed rating: 75/100

 

 

 

 

 

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-The GLENLIVET officiel n.a.s. « FOUNDER’S RESERVE », Edition 2015, 40 % (Speyside, ECOSSE):

A noter: Il s’agit de la version lancée en 2014, puis plus largement en 2015, et destinée à remplacer pour le marché européen le 12 ans d’âge (pour pouvoir continuer à alimenter le marché principal de celui-ci, à savoir l’Amérique du Nord et notamment les Etats-Unis ou il est très populaire, comme j’ai pu le constater moi-même en 2002...parfois l’unique single malt disponible dans des bars de petites villes). Lancée au depart comme une version destinée au marché hors taxes, elle fut plus largement pour pouvoir répondre à la forte demande internationale, quitte à baisser l’âge du contenu en ne le mentionnant pas, offrant plus de souplesse à l’assembleur. Officiellement il s’agit d’une version destinée à rendre hommage au fondateur de la distillerie, George Smith. Il est également annoncé que cette version contient une part significative de fûts de Bourbon de premier remplissage.

Couleur: Vieil or, à reflets dorés. Nez: Fuyant, très léger, difficile à cerner (l’on sait déjà que le caramel ajouté sera de la partie), puis progressivement s’exprimant un peu plus : Pas très complexe, il exprime des notes de pommes cuites, quelques esters (modérément) et de la vanille, et basta. On est loin de l’expressivité du 12 ans d’âge du début des années 2000. Bouche: A la première dégustation, ce fut la consternation qui l’emporta… « Ou est passé mon GLENLIVET 12 ans !!! ». C’est plat, fade, avec du sucre résiduel, du caramel ajouté en veux-tu en voilà (résultat tout est affadi, aplati), de la « wood technology » à gogo…(résultat : boisé et épices renforcées-pour moi elle sert aussi clairement de cache-misère pour masquer la jeunesse du distillat). Les esters issu des fûts de Bourbon de premier remplissage ont beaucoup de mal à s’exprimer, les notes fruitées et florales aussi, bref, c’est pauvre. Lors des deux dégustations suivantes, les choses se sont un tantinet améliorées, mais pas de beaucoup, d’où ma note sévère (je rappelle que ma moyenne est de 75/100, non de 50). Avec un peu d’aération, en effet, il y a davantage de caractère « GLENLIVET » qui revient, avec un fruité et un boisé plus modéré, de la vanille et quelques esters, mais cela reste très moyen. Tenue à la dilution: A la première dégustation, anormale (presque soufrée), puis « redevenant raisonnable », mais sans grand intérêt, car elle a déjà eu largement lieu, cette dilution…Conclusion: Franchement une déception, car j’aurais préféré une version avec compte d’âge plus jeune, sans colorant ni filtration à froid et à 43 %, mais « avec quelque chose à dire ! ». Néophytes, fuyez cette version et prenez plutôt le 15 ans d’âge (« French Limousin Oak ») nettement meilleur, et « ça se trouve », moins cher en grande surface….Prix indicatif: D’environ 28 € à 40 €, G.M.S., etc…-Note confirmée: 72/100

ENGLISH SUMMARY: It would be really cruel for this one to ask my readers to compare it with the following old 12 y.o. review…Too many signs would scream “IT WAS BETTER BEFORE!”. YES, Sir, for some whiskies I can tell (with my previous tastings) that production between 1960s & 1990s was often (not always, but often) better, mostly -one would say) because of 3 reasons: 1/ Higher demand, lower stock of good casks & lower possibilities to pick the best for all markets/expressions. 2/Standardization of production, with a trend of “wood technology” (what I would call a kind of “parkerization”) & the use of younger juices. 3/ The less P.C. reason to mention…Greed ! The idea one could make more profit selling younger whiskies more expensive than the previous one with an age statement…and with a less range of interesting (and/or older) casks in the recipy. I’m not telling you it’s absolutely the case here, but I have serious doubts. As a long time GLENLIVET fan (remember it has been my first single malt in my history).

To be more precise about this “Founder’s Reserve” profile, let’s say it still express some reminiscent of the old 12 y.o ones notes, but flattened: Cooked apples, pinapple (along with other estery notes), some vanilla, and that’s all folks (except wood technology driven spices & wood). Mr E150a has passed by & used his infamous caramel added witchcraft! It’s almost bland then, poor & depressing. It’s not completely bad, otherwise the rating would have gone even lower, but really not at the level of the latest GLENLIVET 12 y.o. expressions. The latter have been replaced on a limited edition basis by the “First Fill” 12 y.o. but with not much more personality, so the closest to the ancient GLENLIVET style I can advise is the 3 “Nadurra” expressions, or the 15 & 18 years old. That’s it…Confirmed rating: 72/100

 

 

 

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Cette belle couleur céruléum cache un single malt qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-The GLENLIVET officiel 12 ans (bottled circa 1975, ou début 1980- Importé par Ets Gouin), « Unblended all malt Scotch Whisky», 75 cl, 43 % (Speyside, ECOSSE):

Couleur: Vieil or, à reflets dorés, voire presque orangés. …Et comme je n’ai pas senti de caramel ajouté, clairement l’on a affaire là à un assemblage avec une part de whiskies probablement plus âgés ainsi que des fûts de sherry en plus des fûts de bourbon, mais ce n’est qu’une hypothèse. Nez: Capiteux, somptueux, et ….bien loin du 12 ans de ces dernières années. Un nez riche et profond : Fruité (fruits mûrs variés, pêches jaunes, prune, poire mûre et j’en passe), floral (très fondu), végétal (vieux thé Earl Grey & vert, mousse), et exprimant un délicat boisé. Quelques notes d’esters en arrière-plan, assez remarquables (ananas rôti, banane flambée), et un beau miel à l’ancienne…Bouche: Elle reprend fidèlement les notes du nez, en un fondu assez magique, ou l’on croit deviner ici quelques subtiles notes florales et végétales, et là d’autres notes fruitées et variées. Une version beaucoup moins herbacée que dans les années 2000 et beaucoup moins marquée par le caramel ajouté que les dernières. Une bouche très séduisante… ! Que dire de plus (la description du nez devrait suffire à vous convaincre…). Tenue à la dilution: Intéressante, elle fait ressortir des notes herbacées et florales qui évoquent un peu plus les versions du début du milieu des années 2000, encore assez belles. Les esters, des notes d’amande et de pêche melba remontent également à la surface, pour notre plus grand plaisir. Et comme par magie, un côté pâtissier se fait sentir également, avec outre les fruits exotiques flambés déjà évoqués, une succulente note de praliné, liée à une belle note crémeuse de noisettes, et enfin une charmeuse note de chocolat au lait qui s’évanouit aussi vite qu’elle était arrivée. Conclusion: Un très joli GLENLIVET à l’ancienne, comme l’on en fait plus (si, il faut le dire !). Dommage…Par contre, cette version peut encore se trouver à prix pas forcément prohibitif, alors…foncez ! Prix indicatif: Entre 100 & 300 € de nos jours (oui, c’est un collector…). Note confirmée: 94/100

 

ENGLISH SUMMARY: A bottle from yesteryear that clearly says “IT WAS BETTER BEFORE!”. On the nose heady flowers, a whole fruit basket, including ripe fruit & fresh fruit, prune, ripe pear, yellow peaches, beautiful estery notes on the back as well (roasted pineapples, flambed bananas), some old Earl Grey tea, green tea, moss, old honey, delicate wood. Al these notes are remarkably melt together and show a great balance. It is deep, it is refined, it is top quality distillate. It’s also the same on the palate, and there’s a clarity in there that’s way from the caramel added driven recent rather bland bottlings profile, and less grassy, herbal notes as well. A few drops of water and it gets even more seductive, with more estery notes, some pastry notes (almond cream, praline, creamy hazelnut, melba peach), etc…A beautifully crafted old GLENLIVET that you can still find nowadays in auctions or specialized websites (ok probably 3 times the price of your 2000’s GLENLIVET). Confirmed rating: 94/100

 

 

 

 

 

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Un whisky d'antan, comme on n'en fait plus.... Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

-HIGHLAND PARK 27 ans (Bottled 2015) « Wine finish »(Bordeaux Clairet), emb. CADENHEAD/”Authentic Collection”, C.S., n.c.f./n.c., 53,3 % (Orkney Islands, ECOSSE): (dégusté en blind)

Couleur : Vieil or. Nez : Un rien atypique mais très séduisant ! Notes de caramel au beurre salé (comme dans certains anciennes versions officielles de SCAPA, pour le coup), de fine tourbe et de fumée de bruyère. Superbe ! Bouche : Plutôt complexe et assez fondue, elle est sublime. Le rôle joué par l’affinage en fûts de vin de Bordeaux Clairet est incroyable. Tel un liant en peinture, il permet de faire le trait d’union entre les différentes saveurs fruitées, florales, végétales, pâtissières, fumées et boisées, produisant une unique et soyeuse sensation de bonheur à multiples facettes. Populairement l’on pourrait le qualifier, oui, de « tuerie » ! Tenue à la dilution: N’ajoutez que quelques gouttes, si vous ne voulez pas le déguster pur, et sa rondeur aura encore plus de charme. Conclusion: Un HIGHLAND PARK atypique, oui, mais de premier ordre ! Il est magnifique. Clairement une bouteille à rechercher…. Indication de Prix: Autour de 187 € à sa sortie. Note chiffrée (Sous réserve): 96,5/100 & Hors Catégorie

 

ENGLISH SUMMARY: All I can say is that it’s the best recent exemple of mastery in terms of (especially red) wine casks finishing single malt bottlings…The fruitiness (yes, red fruit) is incredible, but it is also its complexity that is stiking me here. Pastry notes, green notes, floral notes, winey notes, great woody notes…there are all melted together for the best & just topped by a beautiful hint of Orkney smoke. A stunner for sure ! Confirmed rating: 96,5/100 & Beyond Any Category

 

 

 

 

 

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 Un des plus beaux HIGHLAND PARK dégustés à ce jour, mais aussi un des plus beaux affinages en fûts de vin rouge. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-LAGAVULIN Officiel 8 ans, 200ème édition anniversaire (1816-2016), Edition limitée 2016, Refill American Oak, 48 % (Islay, ECOSSE) :

Couleur: Or clair. Nez: Très tourbé, jeune, mais complexe et bien fait : Huile de lin, cuir, badiane (imprégnée de tourbe cendrée), agrumes, mais aussi des notes marines (embruns, algues, sel, iode) & végétales. Bel équilibre. Bouche: Fabuleux combo alliant la fougue d’une jeune tourbe avec une note suave de badiane, des fleurs, des fruits (agrumes) et une certaine minéralité. Une note de cuir & des notes végétales (feuilles à pour cigare Havane, mousse), de thé Lapsang Souchong (très légère amertume presque réglissée comme pour le 16 ans, un peu moins que sur le 12 ans brut de fût) complètent le tableau. Ces notes végétales sont profondément intégrées au boisé, modéré mais déjà perceptible. Belles notes (également modérées) d’épices douces & d’herbes sèches. Pour un whisky aussi jeune (certes vendu un peu trop cher chez nous), il fait preuve d’une belle maturité, structure & puissance expressive. Impressionnant !

A noter : A la première dégustation, le personnel de la boutique ou je l’ai dégusté (The Whisky Shop, Paris, 2016) d’abord, ayant constaté un profil un peu trop fermé et violemment tourbé, a pris le parti (un peu risqué) de laisser la bouteille s’aérer plus d’une heure. Le profil aromatique du whisky en a été bouleversé et a chassé les notes les plus puissantes de tourbe au profit des notes les plus délicates (badiane, agrumes, fleurs) en un ensemble à la fois aérien et très minéral. Une réussite que l’on peut retrouver un peu en diluant ce whisky. Tenue à la dilution: Avec un peu d’eau (pas trop), le whisky fait preuve d’une belle rondeur absolument charmeuse, sur de délicates notes de tourbe (la badiane en tête), une fumée aérienne et de belles notes de fleurs fraîches et de coquillages. Rappelle un peu certains PORT ELLEN de 21/22 ans d’âge par le charme ilien de la palette aromatique (et notamment les notes d’huile de lin et de badiane). C’est dire ! Conclusion: Un splendide whisky, vraiment, et de premier ordre, et un des plus beaux LAGAVULIN qu’il m’ait été donné de déguster ! Fortement recommandé !  Prix indicatif: Entre 55/60 € dans le Benelux, mais autour de 79 € en France (trop cher!), chez The Whisky Shop, La M.D.W. & certains cavistes. Note confirmée: 95/100

ENGLISH SUMMARY: Along with the 25 years old that came lately in 2016, this outstanding (in my opinion) 8 years old are the two special bottlings made to celebrate the 200 anniversary of the distillery, the latter being the most affordable, even if it is a bit overpriced in France I have to say. A fantastic young age statement whisky, that is against the tide of NAS whiskies clearly (the most provocative yet being the nice 5 years old BENROMACH a few years ago)! For those who wonder how their sacred (and I say it with no bad intention) 16 years old could taste like twice younger, here’s the answer: It is a winner, with enough maturity to show this delicate distillate qualities, enough complexity & style, and enough seductive notes to please you if still necessary (those star anise, best lemon juice notes!/those peated & smoky notes are great!) and…yes it is moreish! The balance is incredibly good, as well as the elegance for such a young whisky (though I’ve known even younger stunners-see GLANN AR MOR, KORNOG, ARMORIK, just to speak about France). Confirmed rating: 95/100

 

 

 

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 La belle surprise (abordable) du 200 ème anniversaire de la distillerie en 2016. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

-OLD PULTENEY Officiel 12 ans, Edition 2017 (Lot: L17/005-R16/5457-1B: 11:17 (ex-UK Market), 40 %: Attention, note en français également révisée le 29/05/17 (Highlands du Nord, ECOSSE) :

Couleur: Vieil or. Nez: Riche et équilibré : Fin, floral (fleurs capiteuses, dont peut être du lys), fruité (fruits au sirop), avec une note de thé Earl Grey, d’angélique (plante aromatique), de légère saumure, mais bien moins qu’il y a une dizaine d’années. Un nez plutôt séduisant. Bouche: Elle reprend les notes du nez (avec une impression générale de salade de fruits au sirop), avec complexité, subtilité, finesse et un certain charme. Perds assez vite de la puissance à cause de son titrage faible (voire aussi en raison de l’ajout de caramel) mais belle finale sur les oranges confites, et une note rappelant le glaçage des biscuits Chamonix…un charme pâtissier qui lui permet de ne pas perdre plusieurs points. Tenue à la dilution: Intéressante, mais n’ajouter que quelques gouttes d’eau. Elles réveilleront ainsi les notes d’esters un rien acidulées qui étaient jusqu’ici à l’arrière-plan. Conclusion: Assez proche des versions dégustées depuis environ dix ans, cet OLD PULTENEY est un apéritif charmeur avec une palette bien à lui. Comme bien d’autres single malts de large diffusion, certains lots peuvent varier (par exemple un lot particulièrement plat –le lot L15/019/R15/5022-1B :13-21 datant de 2015-a reçu la note de 77, mais je soupçonne un souci de bouchon. La distillerie me l’a aimablement remplacée et je l’en remercie encore ici). Prix indicatif: 35/40 €, G.M.S./MdW.-Note confirmée: 87,5/100

 

ENGLISH SUMMARY: A rich & balanced nose : Refined, floral (with heady flowers, maybe lilies), fruity (canned fruit salad with syrup), a touch of Earl Grey tea, angelica, and a typical hint of brine, but less than 10 years ago. Quite a seductive nose. On the palate, it’s more of the same, with the canned fruit salad with syrup leading the way. It is complex, subtle, and has some charm for sure. Loses power quickly because of it’s low ABV (& probably the caramel added), but not points because of a beautiful ending on candied oranges & a note of French pastry topping (an industrial pastry called “Chamonix”). Don’t add too much water on this one, but just a few drops to wake the estery notes that were previously in the background. A very nice aperitif malt with its own style. Just a thing, as for many other wide production single malts, consistency may vary (for exemple batch N° L15/019/R15/5022-1B:13-21 from 2015, a probably one-off, anormaly bland –with maybe a cork problem-has been rated 77/100-thanks again to the distillery for replacing it). Confirmed rating: 87,5/100

 

 

 

 

 

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OLD PULTENEY 12 ans, un bel apéritif qui vient du Nord. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

-ROSEBANK Millésimé « 1991 » de 17 ans d’âge (distillé le 03/07/91, mis en bouteille le 17/07/08), emb. par GORDON & MacPHAIL, gamme « Reserve », Single-Cask (N° 2098-Refill Bourbon Barrel, pour LaMDW) ayant donné 199 bouteilles, 46 % (Lowlands, ECOSSE):

Couleur: Vieil or, à reflets dorés. Nez: Riche, complexe et plutôt végétal de prime abord. Notes de thé Earl Grey très infusé, de sous-bois (humus, champignons), puis orange, bergamote, fleurs capiteuses, et les esters assez présents (fruits exotiques dont papaye, goyave, mangue). Un profil nettement fruité. Bouche: Fantastique, parfaitement équilibrée (10/10) et gourmande: Elle débute sur les notes végétales du nez (thé à la Bergamote), mais aussi, très vite sur une multitude de fruits tant classiques (orange, pêche, abricot) qu’exotiques (goyave et mangue maintenant, plus peut être une pointe d’ananas), mais aussi de coing, le tout avec un côté presque sirupeux et des épices douces, avec en arrière-plan, mais pas loin derrière, des fleurs capiteuses (lys, iris, jasmin) du plus bel effet. Son caractère herbacé est masqué par son fruité exubérant. Un tel délice, qui combine à la fois gourmandise, complexité, équilibre et finesse, l’on en redemande ! Tenue à la dilution: Avec quelques gouttes d’eau, les esters ressortent, et, outre les notes de fruits exotiques et de bonbon anglais, c’est ce fondu qui se remarque encore un peu plus…. Conclusion: Un splendide ROSEBANK, qui s’exprime parfaitement dans un registre fruité et capiteux, d’une gourmandise qui surprendra ceux qui n’en connaissent que les versions un rien austères et herbacées, et ou la camomille et les épices dominent. Ici, c’est toute la générosité fruitée qui s’exprime dans ce fût très bien sélectionné. Curieusement il a quelque chose du profil du OLD PULTENEY chroniqué dans ce même numéro, mais à la puissance 10….Prix indicatif: Autour de 70 € à sa sortie, MdW-Epuisé. Note confirmée: 94,5/100

 

ENGLISH SUMMARY: Gold color for some liquid gold. When I tasted this expression during Whisky Live Paris 2008 (it’s a bespoke bottling for La Maison du Whisky), I fell in love instantly with this. I only opened it 7 years after though (I know it sounds crazy) but got the same impression I had at first try. A beautifully crafted (& picked!) very expressive single-cask whisky. Fantastically balanced (10/10 on my detailed rating for the balance criteria), with a very rich (if maybe a bit non 100 % typical ROSEBANK ?) profile, playing on green/earthy territory as well as for fruity, floral, spicy (sweet) notes. Amazingly I could probably say it’s the previous whisky reviewed here (OLD PULTENEY 12 y.o.) but ten times better. Very complex as well, I can already name Earl Grey tea & chamomile tea notes(the latter being typical to the usual ROSEBANK profile), orange, bergamot, heady flowers (lily, iris, jasmine), forest notes (mushrooms, humus), but also quince, apricot, goyava, mango, pineapple too-for the estery notes), liquorice all sorts candies, and so on…It is enhanced by some spicy notes all the way. It has a gourmet mouthful, a balance, a complexity, a finesse & elegance I never found in another ROSEBANK yet. Just Splendid…Confirmed rating: 94,5/100

 

 

 

 

 

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Quand un grand négociant rencontre une grande distillerie, et embouteille un fût pour une grande maison...Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

 

-SPRINGBANK officiel 10 ans, Edition 2016 (Lot 14/507), Bourbon & Sherry casks, 46 % (Campbeltown, ECOSSE):

 Couleur: Or clair. Nez: Ah, le style SPRINGBANK ! Inimitable….Un rien d’austérité rustique qui trahit son caractère artisanal et profondément malté : Ces notes de céréales bouillies et torréfiées, d’orge maltée, puis de suite derrière, cette tourbe & cette note de caoutchouc fumé (pneu de voiture ayant parcouru une longue distance, et à peine refroidi), imprégnant à coeur le chêne, ce dans une ambiance de garage…avec du gasoil stagnant quelque part…normalement cela devrait me faire fuir, mais là cela fonctionne ! Bouche: Elle reprend les notes du nez, en un ensemble à la fois austère et séduisant, au service de l’orge maltée mais aussi de la signature tourbée maison actuelle, et un soupçon de caoutchouc là encore, épousant la fumée de tourbe survenant assez vite au second plan, mais aussi se frayant un chemin à travers un chêne qui charpente le whisky mais demeure malgré tout discret, quelques austères agrumes, le pamplemousse en tête. Quelques discrètes notes de vanille (influence des fûts de bourbon) et de chocolat noir (influence des fûts de sherry) se révèlent, ainsi que quelques jolies notes florales au second plan. Les épices sont bien présentes (le gingembre, principalement) mais l’ensemble demeure très équilibré. La finale, sublime, avec cette rétro-olfaction de notes à la fois céréalées, florales et fruitées (agrumes), plus la signature fumée et typée, lui font gagner des points (note initiale envisagée : 93,5/100). L’équilibre et l’élégance, malgré une certaine rusticité, sont remarquables dans ce whisky. Tenue à la dilution: Excellent et révélateur, l’ajout de quelques gouttes d’eau rend ce whisky plus aérien et charmeur, et révèle à la fois une note vineuse évoquant le sherry et une note de canne à sucre évoquant un rhum blanc agricole. Impressions qui accréditeraient la thèse que pour nombre de leurs whiskies, la distillerie ayant des facilités d’accès via sa branche de négoce CADENHEAD, appartenant également à la famille J. & A. Mitchell, elle combinerait fûts ayant contenu du bourbon, du sherry & du rhum…Hypothèse pas folle du tout d’un point de vue gustatif, déjà…. Conclusion: Pour moi un batch (lot) de premier ordre, dans le style actuel de SPRINGBANK, un rien austère certes, avec cette signature qui a évolué au fil du temps, les versions du début des années 2000 étant pour celles que j’ai dégustées quasiment pas tourbées, et davantage axées sur la noix de coco, la vanille et les épices issues du chêne. Très aboutie, cette version est d’une clarté exemplaire. Avec le BENROMACH 10 ans, dont il est à certains égards proche, sans doute les deux plus beaux & les plus complexes 10 ans d’âge du marché actuel en single malt…Prix indicatif: 55/60 €, cavistes, voire certaines G.M.S..-Note confirmée: 95/100

ENGLISH SUMMARY: Sorry I can’t be as long as in the French version of it, but I’ll try to explain why this one is a stunner & deserves its high rate. First off, I have to praise again the distillery for helping make a living 70 persons of Campbeltown city/area, for also running the GLENGYLE distillery, and for the real craftsmanship on the 3 single malt brands (LONGROW, SPRINGBANK, HAZELBURN), bottled on site, and for the almost 0 marketing, unnecessary because the quality of these whiskies generally speak for itself. That said, and even if the 10 years old profile has slightly changed since I first tried it back in 2002-2003 (if I remember well-it was the cream label at this time), I’m very pleased with almost every batch I’ve tried and/or bought, elegant & rustic at the same time. And considering all the changes (nowadays 10 y.o. is much closer in my opinion to nowadays 12 y.o. edition than it was previously, especially about the peat level, but also about the amount of cereal notes, lower nowadays), and its special style, I really think this batch is exceptional. The balance between malty, woody, spicy, peaty notes is really impressive. Even the rubbery/leathery notes are here welcomed, as they are deeply integrated in the wood & in the malt. As its recipy integrate (at least) bourbon casks as well as sherry casks (& and maybe some rum casks), you get notes from both types of casks (ginger, vanilla, dark chocolate, diverse cereals, citrus fruit, etc…) and the famous carpenter’s structure that make SPRINGBANK’s so important in blended whiskies, for instance. The sublime ending (& aftertaste) mixes these notes with a hint of peat & sugar cane that are truly magnificent, and a few drops of water makes it aerial. The whisky that has a lot of structure seem to be much lighter but still with a lot of taste. That’s why my rating is so high. Confirmed rating: 95/100

 

 

 

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SPRINGBANK 10 ans....Un grand single malt, artisanal, typé, intemporel. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-ST MAGDALENE 32 ans (Distilled in 1982-Bottled in 2015), emb. CADENHEAD, gamme “Closed Distilleries”, Single-Cask (282 bouteilles), 58,1 % (Lowlands, ECOSSE/Distillerie fermée en 1983 puis démolie.) A noter : La distillerie, propriété du groupe Diageo, a été un temps connue sous le nom de LINLITHGOW.

Couleur : Or, à reflets Vieil or assez denses. Nez : Très beau nez, débutant par des notes de cire (allant vers la paraffine), de fleurs jaunes, d’agrumes et de vanille. Intéressant. Bouche : Très belle, reprenant les notes du nez : Sur un fond d’herbes sauvages, de camomille et d’épices (rappelant par moments le style CLYNELISH à son sommet ou les ROSEBANK un peu nerveux), se déploie un bel éventail à la fois floral (jasmin, orchidées), fruité (agrumes, dont du citron en version pâtissière-tarte-et confit, abricot), et boisé (modéré, apportant de la vanille et des épices douces. C’est gourmand et très convaincant. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau, le whisky devient plus facile d’accès (rapport à son titrage élevé), mais ne pas trop en ajouter, pour qu’il garde un certain peps. Conclusion : Un ST MAGDALENE de grande qualité, expressif et rappelant un autre « 1982 » sorti vers l’année 2009 par le négociant Murray McDavid sous le nom de LINLITHGOW. Indication de Prix : n.c., mais sans doute plus de 400 € (épuisé). Note (sous réserve-à confirmer après la dégustation du sample) : 93,5/100

ENGLISH SUMMARY: One of the most beautiful bottlings from this defunct distillery I’ve come across so far, along with another 1982 vintage bottled in 2009 by another independent bottler, Murray McDavid. It recalls me in some ways a bit the usual CLYNELISH (in good bottlings) & (in more nervous) ROSEBANK styles. On a yellow flowers, wild herbs & vanilla basis, this gorgeous Lowlands whisky displays a fan of floral (jasmine, orchids), fruity (citrus fruit, apricot, and citrus tart) & delicately woody notes, plus some sweet & strong spices (ginger, mainly). A gourmet & very convincing malt. A few drops of water makes it even more appealing. Highly recommended. Temporary rating (to be confirmed soon): 93,5/100

 

 

 

 

 

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Un très bel embouteillage de ST MAGDALENE, aussi rare que réussi. Bravo à Cadenhead. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-TAMDHU Officiel 10 ans, Première Edition 2013, « Matured in Sherry casks » (first & second fill sherry), 40 % (Speyside, ECOSSE):

Couleur: Vieil or, à reflets délicatement ambrés. Nez: Superbe, richement malté, dense, avec une dominante maltée-chocolatée qui rappelle curieusement le style GLENGOYNE (pour les versions 15 & 18 ans en tout cas), du même propriétaire, le négociant Ian MacLeod. Bouche: Subtile et très douce, mais avec de la personnalité, malgré la dilution à 40 % (l’on me dit que, plus récemment, certains lots du 10 ans sortiraient désormais à 43 % ?-à confirmer...). La dominante maltée avec une nette connotation chocolatée du nez se confirme, entre ovomaltine liquide & carambar fondu…avec tout un tas de nuances et des traces d’amandes, de raisins de Corinthe et de chocolat noir. Note de sherry un rien vineuse épousant étroitement les notes pâtissières (cake au chocolat, voire fudge avec glaçage chocolaté) et celles de fruits mûrs confits. Beaucoup d’harmonie et de pureté dans le distillat. On n’ose à peine se demander ce que deviendra le distillat nouveau style (depuis la reprise de la production en 2012) à l’âge de 15 ou 20 ans ou encore davantage. Cela devrait être fort intéressant ! Tenue à la dilution: Je recommande de ne pas le diluer ou alors avec juste quelque gouttes d’eau, pour ne pas accentuer ce qui existe déjà en équilibre fragile, les notes vineuses du sherry. Conclusion: Un magnifique nouveau départ pour cette distillerie avec ce nouveau 10 ans d’âge sorti en 2013. J’aurais aimé voir cette version non filtrée à froid et titrant 46 % (c’est pourquoi le score n’est pas plus élevé), mais on ne peut pas tout avoir….C’est déjà un très beau whisky, d’une élégance et délicatesse certaines. A venir, la note de dégustation de la version sans compte d’âge mais non filtrée à froid dite « Batch Strength », c’est-à-dire quasiment brut de fût. Prix indicatif: Autour de 55 €. Note confirmée: 91/100

 

ENGLISH SUMMARY: While my memories of the old non age statement entry level TAMDHU seem to fade a bit with time, I can only tell it was very different from now, much more herbal & that it was probably unsherried. This new edition, after the complete relooking of the brand in 2013, is completely different, focusing on rich sherry casks and very classy. Sweet & subtle, it is a real treat for your nose & your tastebuds. Deeply malty & chocolaty, it also shows delicious notes of liquid caramel, fresh almonds, sultanas, dark chocolate. Pastry notes-chocolate cake, fudge with chocolate topping-are coming through more and more as the palate unfolds, melted with beautiful winey notes coming from the sherry casks that seem to be of top quality in my opinion. I see a lot of harmony & purity in this distillate. I even not dare to wonder how does this distillate will taste like at 15 or 20 years old or more. It should be very interesting! For once, I do not recommend to dilute this whisky at all, as it could break its beautiful balance and enhance too much the winey notes. In conclusion I would say it’s a magnificent new beginning for this distillery and I’d like to see an unchill filtered & 46 % ABV variant some day, but it’s already a stunner, with a lot of delicacy & elegance and its own style, despite sometimes I feel this new TAMDHU is very close to the GLENGOYNE style (the other distillery with the same owner, Ian MacLeod). To be followed, notes from another delicious TAMDHU expression, the “Batch Strength”…Confirmed rating: 91/100

 

 

 

 

 

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 Quand le contenu est aussi beau que le contenant, comment ne pas être satisfait? Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-TULLIBARDINE Officiel/n.a.s. « 225 » (Bourbon matured/Sauternes finish), Edition 2014 (Lot : L14/8379-08.0514), 46 % (Highlands du Sud, ECOSSE): A Noter : Ce whisky sans mention d’âge a été d’abord élevé en fûts de Bourbon de premier remplissage (« 1st Fill »), puis a reçu un affinage d’une durée de 12 mois dans des fûts de Sauternes du Château Suduiraut.

Couleur: Or, à reflets dorés. Nez: Complexe, un peu fermé, mais joliment floral (jasmin, mimosa, pâquerettes) et un peu (pas assez hélas) fruité (fruits jaunes, agrumes confits). Apparemment épicé aussi (gingembre sec). Le boisé important se ressent déjà. Bouche: Puissante, avant de se calmer un peu plus tard, elle est clairement sous l’emprise du chêne. L’extraction est forte, et l’affinage en fûts de Sauternes a du mal à se frayer un chemin pour exprimer ses délicates notes florales capiteuses et fruitées. Les quatre dégustations de cette bouteille ayant toutes été différentes, je me base sur la dernière en date, qui semble montrer une accalmie et une certaine ouverture du profil aromatique, pour juger de ce whisky assez fermé et changeant. La bouche est assez fondue, fine, sèche et épicée (gingembre-clairement l’influence du fût), laissant en son milieu s’exprimer (rapidement !) de jolies notes de fruits jaunes (cédrat & coing en tête), de miel et d’esters. La finale est assez évasive, plutôt courte, avec ce boisé toujours étroitement lié au reste. C’est un peu frustrant. Tenue à la dilution: Difficile, mais à tenter avec précaution. L’eau avive un peu le côté sec et épicé, mais d’un autre côté réveille le fruité et le floral, et des esters parfois plus bavards (à une seule occasion, après une longue aération j’ai perçu de jolies notes de bananes, d’ananas et de vanille bourbon).

Conclusion: Une version séduisante sur le papier (malgré l’absence de mention d’âge suggérant un whisky sans doute assez jeune), mais comme pour d’autres versions d’autres distilleries affinées en fût de Sauternes, une alliance qui a du mal à fonctionner, et en tout cas à donner le maximum des deux maturations, la première étant ici la plus imposante. Une version qui demande du temps, de la patience et d’y revenir, c’est pourquoi je ne veux pas non plus la démolir, et avec l’espérance que la distillerie retentera l’’expérience avec une autre « recette » (et avec un whisky plus âgé, déjà). Prix indicatif: Autour de 55/60 €, cavistes.-Note confirmée: 85/100

 

ENGLISH SUMMARY: This first matured in bourbon casks whisky is finished in French liquorous Sauternes wine casks for 12 months. It is complex, a bit closed & difficult to assess at once (in fact it took a long time to do it-4 tastings…), and right from the start (the nose) a bit overpowered by the oak. It has some nice flowery notes (jasmine, mimosa, daisies) & some (too) discrete fruity notes (yellow fruit, candied citrus fruit mainly) and a lot of spices (mainly ginger from the oak casks). As the notes are all melted & the palate is very dry, it is difficult to really enjoy it though evident qualities and original notes (citron-in French = cédrat, which is a variant to citrus of Asian origin), quince, honey & esters (in one occasion I had nice banana, pineapple & vanilla notes). The finish is short & oaky, spicy. A few drops may help entering in the floral/fruity pleasant side, but more water will make it oakier. On the paper it was a very seductive expression to try, but on the palate it is like it was half delivering its qualities, half hiding them. Sauternes finishing seem often very delicate to achieve (and they are many examples of failing bottlings) and I hope that in the future the bottlings will be more balanced. One that needs time & luck “to talk”. Confirmed rating: 85/100

 

 

 

 

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 Un whisky qui a du mal à se livrer....Quand dégustation rime avec patience, presque un pléonasme. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-YAMAZAKI Officiel n.a.s. "SHERRY CASK"("2016 Edition"), Bottled 2016, 48% (Honshu, JAPON):

Couleur: Acajou. Nez: Du sherry de manière assez affirmée, avec un beau fruité (fruits mûrs, dattes, pruneaux, raisins de Corinthe, et j'en passe) et une certaine fermeté semble t'il. Bouche: Très bien assemblé, le whisky présente au palais un bel équilibre entre les notes fruitées (à dominante confiturée et de fruits secs) et les notes boisées (pas mal de tannins, certes, et fermes, mais demeurant "domestiqués"). Note de cuir également, structurante, puis en arrière-plan, de belles notes de fruits rouges. Diverses épices également. Tenue à la dilution: Contre toute attente, il tient le choc de quelques gouttes d'eau, ce qui a pour effet de rendre plus rondes les notes fruitées. Bien joué Mr Shinji Fukuyo (le maître-assembleur du groupe SUNTORY). Conclusion: Un des meilleurs "sherry casks" de la série en édition millésimée (sans doute meilleure que les éditions 2012 et 2013), mais à mon sens toujours en dessous de l'édition millésimée 1995 dans la gamme "Century Series" (un 10 ans mis en bouteille en 2005 et titrant 56 %), la référence demeurant à battre chez YAMAZAKI. Un excellent whisky, sans aucun doute, mais certainement pas "le meilleur whisky au monde" comme a tenté de nous le faire croire en 2013 déjà Jim Murray. Indication de Prix: Autour de 300 € à a sortie, bien plus depuis (on ne remercie pas Mr Murray d’ailleurs pour sa contribution à la spéculation sur cette référence!). A ce compte là, le KAVALAN "Sherry Oak" est d'un meilleur rapport qualité/prix malgré son prix élevé (proche de 100 €). Note chiffrée (sous réserve): 93/100

 

ENGLISH SUMMARY: A nicely sherried nose (with delicate notes of ripe fruit, dates, prunes, sultanas, etc…) with a probably tight profile regarding the wood. On the palate, this is a well blended & structured whisky, with a good balance between fruity notes (some getting close to a jelly sensation, but also with dried fruit), woody notes (a lot of tannins ok, some firm ones, but still « under control »). A structural leathery note as well, and then comes, on the background, some beautiful red fruit notes. It sustains a few drops of water (unlike some other editions), and then gets really round & moresih (Congrats to SUNTORY’s Master blender Shinji Fukoyo). To conclude, I would say it is one of the best of this non age statement « Sherry cask » series, probably better than the 2012 & 2013 vintages in my opinion, but not as outstanding as the 1995 vintage in the « Century Series » (bottled in 2005, 56 % abv), which is still the one to beat. An excellent whisky for sure, but certainly not « the best whisky in the world » as whisky writer Jim Murray tried to convince us think it was (about the 2013 vintage), and we’re not happy that, saying so, he contributed in a way to the speculation about this brand and expression. Eventually, the KAVALAN "Sherry Oak" (even reduced at 46 % ABV) is a better value in my opinion (for about 100 €). Temporary rating (under reserve) : 93/100

 

 

 

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Le YAMAZAKI "Sherry Cask" 2016, un très bon single malt, sans aucun doute, mais à quel prix ?

 

 

Editorial No 21

 

EDITORIAL No 21:

 

 «LE BLENDED WHISKY DANS TOUS SES ETATS »

 

Première Edition/1st Edition: 18/04/2017

Mise à jour/Update: 18/04/2017

 

 INTRODUCTION :

 

Une fois n’est pas coutume, et répondant en cela également à une demande d’un certain nombre d’habitués du site, cet éditorial sera entièrement consacré à de récentes notes de dégustation de votre serviteur, sous la forme d’une compilation de notes concernant des whiskies récents comme d’autres un peu plus anciens, de différents pays et de différents types, présentés par catégorie ou type de whisky, puis par ordre alphabétique, tous pays confondus pour faciliter les comparaisons et simplifier cette liste.

Un grand merci aux particuliers, amis, relations et professionnels pour l’accès à une partie de ces whiskies, souvent les plus prestigieux d’entre eux (les amis se reconnaîtront) !

Cette fois-ci, j’ouvre un premier volet sur des notes de dégustation consacrées aux BLENDED WHISKIES d’ECOSSE, comme d’ailleurs… Il y en aura d'autres, et le mois suivant ce sera le tour d'une sélection de SINGLE MALTS...

For ENGLISH READERS, this number goes back to it’s original formula as much as I can, that is to say it provides you an English Summary to all the tasting notes : 16 here (blended whiskies) and more than 30 on the GLEN MORAY focus section…

 

***

 

Par ailleurs, vous trouverez ci-dessous un lien vers un sujet conséquent concernant la distillerie GLEN MORAY, à l’occasion du 120 ème anniversaire de la distillerie cette année, à savoir un GROS PLAN sur la distillerie, dans la rubrique ad hoc, incluant une INTERVIEW de son maître-distillateur Graham Coull, ainsi qu’une compilation de TOUTES mes NOTES de DEGUSTATION sur les whiskies produits par la distillerie, soit 34 notes.

 

GROS PLAN sur la DISTILLERIE GLEN MORAY :

http://www.gregswhiskyguide.com/actualites/gros-plan.html

 

 

Rappelons également les listes ci-dessous susceptibles de vous intéresser…Vous trouverez dans la première également de nombreuses notes de dégustation, complémentaires à celles de cet éditorial:

 

Liste de plus de 200 whiskies abordables des années (202 recommended affordable drams,

including 92 favorite from all over the world): Ici/Here

 

La Fabrication du Whisky-Sujet récemment mis à jour (my updated How whisky is made topic-in French)

Ici/Here

 

 

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SELECTION DE MES NOTES DE DEGUSTATION:

 

(SELECTION OF MY TASTING NOTES)

 

 

PREAMBULE:

 

Certains lecteurs seront peut être déroutés de voir un sujet entièrement majoritairement consacré aux blended whiskies, la forme de whisky la plus répandue et la plus populaire à ce jour (en termes de vente du moins) depuis sa création en Ecosse (notamment) au début du XIX ème siècle. Pour en savoir plus sur les aspects historiques, voir l’onglet qui lui est dédié sur le site :

 

La Fabrication/Whisky Making


Je considère personnellement que le blended whisky est une forme très sophistiquée de whisky et mérite qu’on s’y attarde, forme qui est à juger par elle-même et non à comparer systématiquement aux single malts comme certains le font, car sa conception et son usage sont différents. De la même façon, c’est dommage me semble t’il de regarder de haut les blended whiskies réduits car l’on serait en manque de sensations fortes alcooliques. Dans ce domaine comme ailleurs, la modération devrait être de mise, merci.

 

Rappelons leur que nombre d’entre nous amateurs de whisky avons commencé par là notre « voyage au pays du whisky », et que si nous avons pu être dégoûtés par l’usage festif et mixé de ce breuvage si particulier, sa consommation sur un mode plus posé sans être pour autant guindé est riche d’enseignements, tant sur l’assemblage en tant que principe d’élaboration d’un whisky complexe, que sur la typicité de tel ou tel single malt (voire même single grain-certes plus difficile à identifier distillerie par distillerie) qui rentre dans la composition de ce blended whisky. Evidemment, comme nous allons le constater ci-dessous, il en va (presque) de même que pour les single malts, l’on y trouve le pire comme le meilleur, que ce soit en Ecosse ou ailleurs, et pour tous les goûts et toutes les bourses.

 

Enfin, pour ne pas être trop long, rappelons enfin que sans les blended whiskies, qui représentent environ 92 % de la consommation mondiale encore en 2017, la plupart des distilleries de malt fermeraient…ou seraient obligées de réorienter leur production vers d’autres spiritueux.

 

Voici une première sélection de 16 blended whiskies, une sélection qui sera suivie par d’autres (y compris de blended whiskies), votre serviteur ayant dégusté, statistiques à l’appui si besoin, plus de 2800 whiskies au 31/01/2017, et près de 125 blended whiskies, 85 blended malts ou encore près de 35 single grain whiskies, la publication intégrale de mes notes mettrait trop de temps. Aussi voici une première sélection bien entendu non exhaustive, pour laquelle j’ai souhaité mettre en avant quelques marques moins connues du grand public, parmi d’autres plus connues. Le prochain éditorial mettra en avant, lui, uniquement les single malts.

 

A toutes fins utiles, voici un rappel de mon Barème de notation/My scoring system here :

Notation/Scoring

 


 

 

BLENDED WHISKIES & SINGLE POT STILLS:

 

 

-The ANTIQUARY 12 ans (« The Rare Old Blend »), Edition 2013, 40 % (Blended Whisky, ECOSSE):  

Un blended whisky créé en l’honneur du roman du même nom (« L’antiquaire ») du célèbre écrivain écossais Sir Walter Scott en 1816.

Couleur: Or clair, à reflets dorés. Nez: Superbe, très fin et très fondu, marqué par le caramel naturel (fudge), voire également un peu artificiel,l’orge maltée (trahissant son composant principal malté, à savoir le single malt TOMATIN). Quelques notes florales (voire de fleurs capiteuses-mais aussi géranium, lilas), quelques herbes fraîches, quelques fruits frais (agrumes) et secs (noix, raisins de Corinthe). Bouche: Belle attaque complexe, avec des notes de miel, de malt, de noisettes & de caramel. Elle se poursuit sur des notes fondues de réglisse et de chocolat noir, de fruits secs & d’agrumes, avec les notes florales du nez au second plan. C’est très élégant. La finale hélas s’efface vite en un decrescendo trop rapide à mon goût, d’où les points en moins, peut être aussi à cause du titrage trop faible. A 46 % ce whisky serait vraiment très bon. Tenue à la dilution: Pendant quelques instants, c’est superbe, ravivant les notes d’agrumes et de toffee, puis cela s’évanouit à nouveau trop rapidement. Conclusion:Potentiellement un grand blended whisky, mais hélas trop dilué et peut être trop « rectifié » au caramel artificiel.Il s’en faut vraiment de peu, probablement moins de caramel et plus de titrage. Prix indicatif: 35 à 40 €, chez certains cavistes seulement & sur internet.-Note confirmée: 81/100 (potentiellement 88/100)

ENGLISH SUMMARY: A soft & silky blended whisky with some caramel/fudge notes, but also some unnatural ones. A lot of finesse on this one, and some typical malted & chocolate notes coming from its central single malt component which is TOMATIN. It is complex (heady flowers, dried fruit, fresh fruit, hazelnuts & even a hint of dark chocolate & liquorice during the finale. Alas, the complexity is not helped by the low ABV. This blend is beautiful, but too shy, and the flavours decrescendo is too quick. I really wonder if this one wouldn’t have been terrific (terrificly good I mean) simply at 46 % ABV. That’s why I added the second rate.

 

 

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 Un blend honnête, même si l'on peut lui préférer ses grands frères (21 ou 30 ans) plus expansifs. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-”The ANTIQUARY” 30 ans (Distilled in 1977-Vintaged-Bottled in 2007?), emb. officiel, Limited Edition (Cask 165 : 1148 bouteilles), 46 % (Blended-Whisky, ECOSSE) : A noter : Il s’agit d’un assemblage à 55 % de malt (dont du TOMATIN) et 45 % de grain. Couleur : Vieil or, à reflets verdâtres. Nez : Très complexe et raffiné ! Un blend riche, avec des notes pâtissières, de vieux thé, des notes maltées, des épices douces et des fruits exotiques. Fleurs capiteuses en sus. Bouche : Complexe, avec des notes très fondues, mais demeurant bien expressives, et d’une grande finesse. Elle débute sur du thé Earl Grey longuement infusé, des notes épices (gingembre), d’autres bien maltées (typiques de la distillerie TOMATIN), puis évolue sur de la réglisse, des fruits exotiques (mangue, goyave), des fleurs capiteuses (lys, lilas, voire du chèvrefeuille), et enfin de belles notes de bois précieux (bois de santal). Très légèrement fumé. Excellent. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau, le whisky devient plus « onctueux », si j’ose dire, plus charmeur. Ne pas en abuser cependant. Conclusion : Un grand blended whisky, bien assemblé et généreux en malt, et en vieux single-malts en particulier ! Plus abordables financièrement, les versions plus jeunes (12 et 21 ans, notamment), ne sont pas à négliger. Et même si cela paraît épouvantablement désuet pour certains, personnellement, j’adore le design de la bouteille avec ces facettes octogonales, je trouve cela classieux…. Indication de Prix : Plus de 200 € (rare). Note (sous réserve) : 91,5/100

ENGLISH SUMMARY: This one is obviously completely in another league. The soft & silky malty notes are here, but there is so much more…Very complex, this luxury blended whisky has 55 % malt content (instead of the usual 25 % on the great majority of blends). Beautiful Earl Grey tea notes, some sweet spices (and ginger), exotic fruit, heady flowers, sandal wood notes, and a nice hint of smoke. Also a classy old style packaging. Highly recommended!

 

 

 

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 Encore merci à H. pour cette dégustation exceptionnelle. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-“CREATIONS” 36 ans (Bottled in 2015), emb. CADENHEAD, Sherry casks from 3 distilleries, 44,5 % (Blended-Whisky/ECOSSE, régions: Lowlands/Speyside/Orkney Islands):

A Noter: Il s’agit d’un assemblage en trois tiers de whiskies des distilleries suivantes, de malt (GLENLIVET, HIGHLAND PARK) et de grain (INVERGORDON). Tous les fûts utilisés pour cet assemblage sont des fûts ayant contenu du sherry.

Couleur : Vieil or, à reflets dorés, voire rouge-orangés. Nez : Plus intéressant lors de cette deuxième dégustation (la première eu lieu chez CADENHEAD en Octobre 2016). Cet assemblage est toujours un peu trop fondu à mon goût, mais bon…il s’en dégage tout de même de belles effluves de Xérès (fruits rouges, ici) et une finesse certaine. Bouche : Plutôt riche, elle est néanmoins un peu trop fondue à mon sens pour que ses composantes s’expriment toutes pleinement (la proportion méritait sans doute d’être différente là c’est comme si les deux single malts s’annulaient mutuellement). Aromatiquement parlant, l’on a une légère vivacité herbacée et épicée vite contrebalancée par des jolies notes rondes de fruits rouges (mais aussi des notes plus lourdes de cerises au marasquin et d’oranges sanguines), et un boisé assez lisse. Le problème est que le résultat de l’assemblage de ces whiskies est quelque peu contradictoire et presque monolithique, alors que des whiskies de 36 ans d’âge devraient exprimer davantage de caractère et d’orientation. Au positif je l’ai trouvé moins agressif qu’à la première dégustation.

Tenue à la dilution: Attention, l’ajout d’eau apporte assez vite davantage de notes boisées et épicées. N’ajoutez que quelques gouttes, si vous ne pouvez le déguster pur, et là vous serez récompensés. Il gagne encore en rondeur Conclusion: Un blended whisky de luxe (36 ans, pensez-vous ?) de qualité  de chez CADENHEAD mais qui aurait pu être davantage abouti, soit en changeant les proportions d’un ou plusieurs des 3 whiskies, soit en ajoutant un ou deux whiskies d’autres distilleries et/ou d’âge (plus jeunes pour le coup). Je préfère les « Créations » élaborées à partir d’une base de fûts ex-Bourbon (comme le 17 ans « Light Creamy vanilla » 2013 ou 2014), même si elles sont moins spectaculaires, car elles sont plus équilibrées et gourmandes. Indication de Prix: Autour de 150 € à sa sortie. Note chiffrée (confirmée): 91/100

ENGLISH SUMMARY: An unusual combination here with only 2 single malts (GLENLIVET, HIGHLAND PARK) & 1 single grain (INVERGORDON), all of the same age (36 y.o.) involved in this small batch blended whisky: On the paper it is obviously fantastic, but it’s more complicated on the palate. A bit too melted in my opinion, it tend to neutralize each distillery character to let only the sherry do the talking. It took me several tastings to understand it was probably not exactly the case, that this whisky needed some air & time to lose a bit of it’s tension (it was also a bit aggressive at first try). Once this made (and please do not add much water as it doesn”t swim very well), you get beautiful red fruit notes, even heavier cherry & blood orange notes, and less herbal & spicy notes. I think this could have been probably improved with just changing the proportion of the whiskies in the recipy, but this is only my opinion…For me it remains a beautiful whisky, but I feel there’s more balance & reward in the (youngest & cheapest) bourbon-driven bottlings called “Light Creamy Vanilla” (often 17 y.o. blends, the first one I tasted goes back to 2013 or 2014).  

 

 

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 Encore merci à Mark ,Stephen et toute son équipe à la boutique CADENHEAD's de Londres. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

-CUTTY SARK n.a.s. « PROHIBITION », Edition 2017, American Oak, Small Batch, non chillfiltered (non filtré à froid), 50 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A noter : Il s’agit d’une version sortie en 2016 afin de rendre hommage à une version ancienne vendue illégalement du temps de la prohibition américaine (1920-1933) par le biais du capitaine William McCoy (d’où l’expression qui lui est associée : « The real McCoy », un mot de passe pour le client pour réclamer du « vrai whisky » de chez CUTTY SARK). Je recommande également le 25 ans d’âge, un très beau blend qui plus est intelligemment réduit à 45 % (noté sous réserve 93/100, voire davantage).

Couleur: Or clair. Nez: Complexe, avec un côté lourd, floral, herbacé, avec une note de plantes aromatiques. Légèrement fumé et nettement réglissé. Epicé. Bouche: Fine et puissante à la fois. Très fondue, avec des notes d’agrumes (pamplemousse en tête), de fleurs jaunes, avec une pointe de solvant, de plantes aromatiques, comme une note de fenouil et de gentiane. Finale un rien astringente, sèche, végétale et herbacée, s’achevant sur des notes réglissées et épicées (gingembre sec, poivre gris). Un profil original (quoiqu'un peu austère) et bien servi par le titrage élevé pour un blend (50 %). Tenue à la dilution: L’ajout d’eau fait ressortir les notes florales et de plantes aromatiques. Conclusion: Un blend étonnant, puissant et atypique (d’où quelques points en plus) et plutôt bien fait, mais à réserver peut être aux connaisseurs. Tellement plus intéressant que la version d’entrée de gamme (anciennement notée 49/100). Prix indicatif: Autour de 30 €, cavistes seulement. Note confirmée: 88/100

ENGLISH SUMMARY: An interesting proposal from the owners of CUTTY SARK brand (sorry I didn’t had the courage to review again the regular expression -previously rated 49/100). The nose & palate are complex, with notes of flowers & aromatic plants (fennel, gentian), with citrus fruit (mainly grapefruit), green & grassy notes, and the finish is on spices (grey pepper & ginger) & liquorice. The complexity & the originality of the palette is much helped by the very clever 50 % ABV choice. It has a kind of astringency & austerity that may not please everyone, but is an interesting transition between blends & malts.

 

 

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 Il peut parfois être utile de ne pas se contenter de la photo de la bouteille... Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-DEWAR’S 12 ans « DOUBLE-AGED », Edition 2012/2013, 40 % (Blended Whisky):

A Noter: Il s’agit de l’ancienne version du 12 ans d’âge, qui a depuis l’an dernier été rebaptisée « The Ancestor (True Scotch) ». Un blended whisky un peu "à l'ancienne" car remis à marier après assemblage pour une durée de 6 mois. Il existe aussi une version sans compte d’âge nommée « White Label », des versions de 15 ans & 18 ans d’âge et enfin une version haut de gamme sans compte d’âge (mais dont certains malts ont près de 30 ans) nommée « Signature » (note sous réserve : 96/100 voire Hors catégorie-à confirmer bientôt). Je recommande particulièrement cette dernière sur laquelle je reviendrais, mais toutes les versions citées sont de qualité.

Couleur: Or clair, à reflets vieil or. Nez: Complexe et très fondu, davantage que la moyenne des blended whiskies. Fortement malté, il est également richement fruité (fruits mûrs et secs), assez marqué par le chocolat au lait, puis aussi par du praliné, et plus étonnant, comme du caramel au beurre salé. Le fondu & le style élégant de la maison sont déjà perceptibles au nez. Bouche: Riche, onctueuse et complexe, elle reprend fidèlement les notes du nez, avec un équilibre impressionnant. Le fondu entre les délicates notes boisées, chocolatées, maltées et de fruits secs est fascinant et particulier (peu de blenders en effet aujourd’hui leurs whiskies à marier après assemblage, hormis, entre autres DEWAR’S, GRANT’S Family Reserve, WHYTE & MACKAY ou encore le négociant COMPASS BOX). Discrètes traces de sherry (praliné/noisettes). Finale caramélisée, boisée (un rien brûlé), ou d’autres notes apparaissent, comme du cuir, des notes légèrement herbacées et végétales, mais aussi un léger voile de fumée. Tenue à la dilution: Excellente, faisant ressortir les notes fruitées & boisées, mais aussi les notes chocolatées & maltées. Conclusion: Plus conséquent que l’honnête version « White Label », il est très fondu mais pas lisse comme par exemple le CHIVAS REGAL 12 ans (intéressant par ailleurs), gardant un caractère gourmand malgré sa dilution et l’ajout comme souvent de caramel ajouté. Méconnu, j’estime cependant que c’est un excellent blended whisky qui se situe au-delà de la moyenne.

Dernière minute : J’ai récemment dégusté un batch plus récent (2017) qui s’est avéré un peu différent de celui-ci, avec un profil plus boisé & épicé (la « wood technology » serait elle passée par là ?), avec moins de sensualité, d’onctuosité, et un profil plus sec également, mais l’ensemble demeure toujours de qualité. Note (sous réserve) pour cette version récente estimée à 86/100.

Prix indicatif: Autour de 25/27 €, en G.M.S & cavistes.-Note confirmée: 88/100

ENGLISH SUMMARY: Completely different than the previous one (The CUTTY SARK). This one is mainly working around the qualities of malted barley, wood ageing and then re-ageing its components in a marriage during 6 months (a process you won’t find often in blended whiskies territory, unless you try WHYTE & MACKAY or COMPASS BOX creations, mainly). Rich & creamy, with an amazing “shading” of flavours, it is fruity as well (dried fruit & ripe fruit), has some exciting notes of hazelnut, praline and, more astonishing, of salted butter caramel (or if you prefer “Brittany salted caramel sweets”). You also have Scottish fudge notes, and a hint of smoke in the end. The wood is important but perfectly melted with the malty flavours. More interesting than the entry level “White Label”, and different from, for instance, CHIVAS REGAL 12 y.o. (smoother & less gourmet). Some recent batches (it has been rebranded & relabeled as DEWAR’S 12 y.o. “The Ancestor” recently) are a bit different, drier, woodier & spicier. I believe that DEWAR’S is still today an underrated brand of blended whiskies (the 15 & 18 y.o. are nice too) that culminates with the true masterpiece that the “Signature” is (rated 96/100 in my notes).

 

 

 

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 Depuis cette version, le packaging a encore changé et Bacardi, son propriétaire, a fait d'énormes efforts pour faire connaître certains des single malts qui figurent dans cet assemblage au sein de la collection "John DEWAR & Sons, Fine Whisky Emporium".

Concernant DEWAR'S, ce 12 ans d'âge, rassurez-vous, cette référence demeure une valeur sûre. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-« GREAT KING STREET (Artist’s Blend) », emb. par COMPASS BOX, n.a.s., Edition originale 2014, version 50 cl (existe aussi en 70 cl), (50 % Malt, 50 % Grain), n.c.f./n.c. (non filtré à froid, non coloré), 40 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A Noter : Cet assemblage, en hommage aux arts plastiques, et au-delà, à l’esprit créatif de l’art écossais, aux blended whiskies de la fin du XIX ème siècle, est composé à presque 50 % de whisky de malt. Le whisky de grain est issu d’une célèbre distillerie des Lowlands (pour 46 %), et de fûts de premier remplissage, tandis que les différents whiskies de malt (pour 28 % & 17 % des malts des Highlands du Nord, et pour 9 % un malt du Speyside) utilisés proviennent tous de fûts soit de premier remplissage (que ce soit pour le Bourbon ou le Sherry), soit de fûts neufs d’origine française et fortement toastés. Suite à la polémique sur la mention d’âge des whiskies contenus dans l’assemblage (la S.W.A. interdisant toujours la mention de l’âge des whiskies les plus âgés de l’assemblage), l’auteur ne peut vous préciser l’information en question, mais vous trouverez l’information sur le site internet de ce négociant-assembleur. Disons juste que l’âge moyen de ce whisky fait qu’il pourrait rentrer dans la catégorie (officieuse) des « blended whiskies de luxe ». A bon entendeur…

Couleur : Or pâle. Nez : Fin, très fondu, et assez complexe. Marqué par les fruits (fruits confits), les fleurs et les herbes sèches, les épices (gingembre, moutarde blanche-elle trahit la présence du single malt fétiche de John Glaser, à savoir le CLYNELISH) et la vanille (au second plan). Notes de céréales et de noisettes, de malt (signe de la présence de davantage de fûts ayant contenu du sherry que d’habitude chez Compass Box. Bouche : Elle reprend les notes du nez avec un peu plus d’expressivité, sur une dominante d’abord maltée, noisettée et épicée, puis avec le temps et l’aération (de la bouteille également), reprend un profil plus herbacé et épicé que fruité, et donc elle devient davantage marquée par sa composante (quasiment la moitié de l’assemblage, soit 45 %) à savoir CLYNELISH. Vague traces de fumée de tourbe. Tenue à la dilution : L’ajout d’eau doit se faire avec parcimonie, car au positif elle apporte de la souplesse et exalte la vanille et dévoile une belle note d’amande. Au négatif (s’il y a un peu trop d’eau) elle apportera de l’amertume et plus d’épices encore. Conclusion : Un blended whisky très subtil (que j’ai mis du temps à chroniquer, pour raisons personnelles, rapport à une conversation avec John, dont il se souvient peut être ?) qui peut avoir un profil un peu changeant, et qui est différent de l’ « ASYLA » du même négociant. Indication de prix : Autour de 30 € pour la version initiale en bouteille de 50 cl, autour de 45 € pour la version 70 cl. Note confirmée : 87,5/100

ENGLISH SUMMARY: This 50 % malt content blended whisky has some personality for sure: Floral, fruity, herbal, spicy, with some obvious presence of John Glaser’s fetish distillery, CLYNELISH (for 45 % of the recipy), but also a nutty, malty side showing that some sherry casks are involved in the recipy (for time as much in one of his blends, said John). Quite complex, the palate has also thin traces of peat smoke, and water brings up some nice almond notes. Caution because too much water will bring too much spice & bitterness. This blend’s profile was first very smooth & almost of a creamy nutty maltiness, then it turned to show more of it’s Highlands malt component (mainly CLYNELISH) & got a bit wilder. A very subtile blended whisky. It took a while for me to be able to review this whisky, for very personal reasons I should not reveal myself…but you can ask John, if he remembers what he once said to me…

 

 

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 Une certaine émotion à la sortie de ce blend de chez COMPASS BOX, dédicacée aux artistes. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

-« GREAT KING STREET (Glasgow Blend) », emb. par COMPASS BOX, n.a.s., Edition 2015, 70 cl, (50 % Malt, 50 % Grain), n.c.f./n.c., 40 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A Noter : Lors du Salon Whisky Live Paris 2013, sur un stand spécialement conçu pour l’occasion, le public était convié à déguster puis à voter pour l’une des deux versions expérimentales du GREAT KING STREET qui y étaient présentées, l’une marqué par une composante plus importante de fûts ayant contenu du sherry (10 %), l’autre par une part significative des fûts ayant contenu du whisky tourbé. Cette édition regroupe les 2 versions, alliant fûts de bourbon de premier et de second remplissage, et des fûts de sherry de premier remplissage. L’ensemble a été remis à marier pour une courte période dans des fûts de chêne français. L’assemblage comprend près de 33 % d’un single grain distillé dans la région de Fife (Lowlands) et de 67 % de single malts en provenance d’Islay (20 %), des Highlands (14 %) et du Speyside (33 %).

Couleur : Or très pâle. Nez : Complexe et fin. Fumé (avec une tourbe dominante), marqué par les céréales, les plantes aromatiques (dont de la camomille), des herbes sèches, et des épices douces. Relativement jeune. Bouche : D’abord assez légère, fluide, puis davantage charpentée, autour d’une dominante tourbée (tourbe cendrée évoquant tour à tour LEDAIG et CAOL ILA, puis LAPHROAIG par son côté un rien médicinal). Au second plan, des notes herbacées et florales, ainsi que des agrumes viennent compléter le tableau. S’y ajoutent des notes d’épices douces et une belle note d’amande crémeuse (voire teintée de guimauve) qui fait écho à la badiane qui entre souvent dans le profil aromatique des whiskies tourbés. Tenue à la dilution : L’ajout d’eau fait davantage ressortir la fumée de tourbe, faisant clairement penser à un LAPHROAIG cette fois-ci.John Glaser a présenté ce blend comme pouvant être consommé sur glace (en highball), voire même que ce serait sa destination première. Mais j’ai constaté l’écrasement du profil par la glace, plus qu’un vrai avantage. Conclusion : J’aieu du mal à apprécier cette version, que j’avais dégusté déjà dans des conditions compliquées (en salon, entre plusieurs whiskies plus puissants) aussi j’ai pu la re-déguster à deux reprises au calme. C’est un bon blended whisky, même si j’ai tendance à lui préférer la version dite « Artist’s blend ». Indication de prix : Autour de 30 € pour la version initiale en bouteille de 50 cl, autour de 45 € pour la version 70 cl. Note confirmée : 86/100

ENGLISH SUMMARY: This 50 % malt content blended whisky is a variant from the “ARTIST’S BLEND” version from the same independent artisan bottler & blender. The difference is that he mixed there 2 experimental versions (one peated, one sherried) together to get this one. It Is also floral, fruity, herbal, spicy (& is also CLYNELISH driven), but here its tiny nutty, malty side (influence of sherry casks) is overpowered by the ashy peated component evoking mainly LAPHROAIG (it’s even more obvious when diluted). The almondy side of it interplays well though with the star anise & marshmallow touches coming from the peat. So there’s no doubt that it is good but looses a bit of its complexity there. John advised to try this one on ice (in a highball).

 

 

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 Une version que j'ai mis du temps à apprécier, assez légère du "Great King Street" de Compass Box. Photo: © Constantin Sarafian

 

 

 

-« THE CIRCUS », emb. par COMPASS BOX, bottled 03/2016, Edition limitée à 2490 bouteilles, n.c.f./n.c., 49 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A Noter: Il s’agit pour environ 60 % d’un assemblage de 2 vieux blended whiskies ayant été mis à marier longtemps dans des fûts de Sherry de plusieurs remplissages, plus un blended grain (à 26 %), et enfin de 15 % d’un single malt (BENRINNES) élevé dans un fût de Sherry de premier remplissage.

Couleur: Vieil or, à reflets dorés profonds. Nez: Somptueux, richement fruité (oranges y compris oranges sanguines, fruits mûrs, mûres, fruits rouges divers), profondément boisé, épicé (muscade, cannelle, girofle), évoque un vieux single grain élevé en fûts de Sherry. Prometteur (un nez de 93/100, facilement). Bouche: Reprenant les notes du nez, elle est plutôt bonne, mais comme avec une sourdine, de manière assez vite frustrante, en restreignant l’exubérance fruitée vers un profil assez boisé (plus que le nez) et très fondu, peut être trop. Reste un bon blend, mais un peu raide et fermé. Tenue à la dilution: C’est la désillusion…un peu d’eau (attention, allez-y doucement) et au lieu de décoller, le blend devient carrément plat et quelque peu insaisissable. Conclusion: Le même « syndrome » que pour le « HEDONISM Quindecimus », c’est-à-dire un très beau nez, et un palais certes pas mauvais, mais clairement plusieurs tons en dessous, un vieillissement sans doute trop poussé pour certains composants, et un rapport qualité/prix défavorable. Dommage. Demeure un honnête whisky à l’ancienne. Prix indicatif: 235 €, MDW-Note confirmée: 86/100

ENGLISH SUMMARY: A strange mix of old blended whiskies long time married in sherry casks & younger single grain & single malt, for some aged in 1st fill sherry casks. On the nose it works pretty well (93/100) with lots of fruit (ah, those blood oranges notes!) & wood, but also some spices & the feeling of tasting a very old single grain aged in sherry casks. On the palate it’s different, a bit frustrating a if it was a music listened with dolby system, with many notes tuned down. So it’s woodier than the nose, a bit too much melted together, as if the maturation lasted too long for significant parts of the components of this blend. A decent “old fashioned” experimental blend.

 

 

 

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 Encore merci à John Glaser pour cet échantillon du "Circus"... Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

-HANKEY BANNISTER « ORIGINAL », Edition 2013, 40 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A Noter: Il s’agit de l’entrée de gamme des blended whiskies HANKEY BANNISTER (gamme qui va jusqu’au 40 ans d’âge, plusieurs fois primé) conçus par le groupe Inverhouse Distillers, qui possèdent les distilleries de malt suivantes qui entrent dans la composition de ce whisky: AN CNOC (distillerie KNOCKDHU), BALBLAIR, BALMENACH, OLD PULTENEY & SPEYBURN. Ce blend est à 40 % de malt (au lieu des environ 25 % habituels) et existe, selon la légende, depuis 1757 et fut très apprécié notamment par le roi William IV.

Couleur: Or clair, à reflets vieil or. Nez: Intéressant, quelque peu inhabituel comparé à la moyenne des blended whiskies. Les céréales du mélange de whiskies de grain (maïs, avoine, orge, peut être aussi du blé ou du seigle) sont assez présentes et de grande qualité. Notes de foin fraîchement coupé, d’herbes fraîches, de vanille, d’épices douces, puis évoluant vers des esters, du solvant, des fruits jaunes. Bouche: Très légère, très fondue, marquée par le caramel, le miel, la vanille, des céréales (reprenant fidèlement celles du nez et en partie dominées par le maïs) ainsi que des fruits confits. Belles notes de fruits jaunes (coing, pêche, etc…). Tenue à la dilution: Devient encore plus agréable, avec l’exaltation des notes fruitées & florales, mais aussi d’une belle palette de céréales. Conclusion: Un excellent blended whisky sur un registre léger, subtil et avec une belle présence des whiskies de grain. Indication de prix : 25 à 30 €, MdW & certains cavistes. Note confirmée: 86,5/100

ENGLISH SUMMARY: This is the entry level of the HANKEY BANNISTER range (a blend made by the owners of the distilleries listed above), a range that “climbs” to a famous (& awarded) 40 years old. Here we are in an interessant & a bit unusual blended whisky focusing in my opinion on the quality of its grain content (corn, but also unmalted barley, oat & wheat, maybe some rye as well) & the higher content than usual (40 %) of single malts. The result gives a rather soft whisky with beautifully melted estery, fruity, floral, malty notes. Vanilla & sweet spices join the show, and with a dash of water these notes are enhanced, for instance nice yellow peaches & quince notes, alongside these great cereals notes. A light but good blended whisky with a long story !  

 

 

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 Ce bon blended whisky est bien vendu en  France, mais il demeure méconnu, hélas. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-HANKEY BANNISTER « HERITAGE BLEND », Edition limitée (Lot 20.03.13/vendu en 2015), n.c.f./n.c. (non filtré à froid, non coloré), 46 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A Noter: Il s’agit d’une re-création par le maître assembleur Stuart Harvey en hommage à la version produite en 1922, et avec une recette ne comprenant que 60 % de whiskies de grain. Un blended whisky "à l'ancienne" qui a une excellente réputation en version haut de gamme (le 40 ans d'âge a déjà été élu meilleur blended whisky au monde) et tout à fait correct en version classique ("Original").

Couleur: Or clair, à reflets vieil or. Nez: Intéressant, différent de la moyenne des blended whiskies. Fortement malté, il est également richement fruité (fruits mûrs et secs), un rien herbacé, floral et avec des notes de cuir, de caramel dur et avec un rien de fumé en arrière-plan. Un whisky avec un fondu important déjà au nez. Bouche: Riche et complexe, il reprend fidèlement les notes du nez, laissant une impression trompeuse pendant un temps d’un vieux single malt à l’ancienne, avec un côté vaguement végétal, floral, puis assez vite l’on reprend sur le côté jeune boisé, caramélisé, légèrement fumé et avec quelques notes d’agrumes (citron, pamplemousse) confits et une pointe de gingembre. Un palais très fondu, bien équilibré et plutôt élégant. Tenue à la dilution: Excellente, faisant ressortir les notes florales, d’agrumes et de réglisse, mais aussi le boisé. L’on est parfois pas loin du BUNNAHABHAIN 12 ans officiel…qui n'est pas un blended whisky mais un single malt ! Conclusion: Une version de qualité supérieure et qui se veut à l’ancienne, plutôt bien faite et relativement différente de la version de base (« Original »), axée elle davantage sur l’onctuosité du grain. Chaudement recommandé ! Prix indicatif: Autour de 30 €, cavistes-Note confirmée: 91/100

ENGLISH SUMMARY: This 40 % malt content blended whisky is a variant from the “ORIGINAL” version from the HANKEY BANNISTER range, with a higher ABV (46 %) and non chill filtered & non colored as well. So it sounds already very good to purists ears, doesn”t it? This one has also some personality for sure. Rich, complex (different kind of fruit, of flowers, of woods, of green notes), it has also a nice veil of peat smoke on top of it. The palate may be changing at times, revealing different notes (beyong its kind of “old single malt” side) coming through, with some wood technology involved, but for the good. It gets then more structured, with caramel, liquorice, ginger & citrus fruit (fresh & candied), in a very impressive balance & smoothness, but staying strong & very special. At times it makes me think of a special single malt, the nowadays style of the official BUNNAHABHAIN 12 y.o. All in all a great quality blended whisky (different from the “ORIGINAL”). Highly recommended!

 

 

 

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 Un remarquable blend abordable, d'une marque encore trop méconnue. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-JAMESON officiel « CASKMATES » (Aged in craft beer barrels/Stout Edition), n.a.s., Edition 2016 (première édition), 40 % (Blended Whiskey, République d’IRLANDE):

A noter : Il s’agit d’une version alternative de l’entrée de gamme dite « Original », vieillie en fûts ayant con tenu de la bière irlandaise de type « Stout » : Il s’agit d’une bière brassée à partir d'un moût caractérisé par sa teneur importante en grains hautement torréfiés (malt et orge). La présence de ces grains bien grillés dans la recette confère la couleur foncée à la bière ainsi qu'un goût de café ou de cacao.

Couleur: Vieil or. Nez: Marqué par le caramel, la bière brune, le bois brûlé, quelques notes florales (fleurs capiteuses). Bouche: Note aqueuse, puis quelques notes de bois brûlé, de caramel (naturel, mais peut être aussi ajouté), de bière brune et de pommes et poires cuites. Dommage que le titrage est faible…il aurait été sans doute plus intéressant à 43 %. Lors des dégustations suivantes, des notes végétales & boisées ressortent, quelques épices, ainsi qu’une note de caramel dur, entre naturel et artificiel. Tenue à la dilution: L’ajout d’eau réveille de belles notes de café torréfié un peu sucré (rappelle un peu un Irish coffee & la liqueur de café Kalhua). Conclusion: Une version alternative plus intéressante à mon avis que la version standard (« Original »). De toute évidence l’on a affaire là à un whisky faisant appel à la « wood technology », mais ici c’est plutôt réussi, sans être un chef d’œuvre il est vrai (manque une dimension supplémentaire). Prix indicatif: Autour de 25 €, G.M.S. Note confirmée: 79/100

ENGLISH SUMMARY: This is a recent alternative expression from the standard n.a.s. expression, this time aged in Irish Stout beer barrels. It brings roasted coffee & cereal notes, and of course some brown beer touch. I also get burnt wood (more probably from “wood technology”), a lot of caramel (some burnt, some added), but also some cooked pear & apples, some spices as well. Too bad it’s a bit watery (bottled at 40 %) but with a dash of water (by quick chemical reaction) you can get other notes, such as nice Irish coffee notes with a lot of Kalhua coffee liqueur. Considering how flat has gone the regular JAMESON non aged expression, this is a rather interesting alternative one. Of course I would have preferred this one at 43 % (& n.c.f./n.c.) but it works well, a bit like the JOHNNIE WALKER “Double-Black” makes the 12 y.o. “Black Label” blush…(depending of batch quality, of course, once again).

 

 

 

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 Une jolie surprise qui avait tout faux sur le papier (n.a.s., wood technology, affinage hasardeux...) mais qui pourtant fonctionne.

Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-LABEL 5 « CLASSIC BLACK », n.a.s., Edition 2017, 40 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A noter : Le cœur de ce blended whisky est le single malt GLEN MORAY, dont le propriétaire français (La Martiniquaise) est le même que celui de la distillerie.

Couleur: Vieil or. Nez: De suite alcooleux et bourré de sucres résiduels, et probablement aussi de caramel ajouté. Au positif, notes de fruits confits, d’agrumes, de caramel et d’orge maltée. Bouche: Même punition, avec quelque chose qui brûle la gorge d’entrée de jeu (alcool+sucre+caramel ajouté), des épices, du boisé et du caramel. Les fruits ont du mal à s’exprimer. Notes de solvant, de boisé, de caramel visiblement pas naturel. C’est assez agressif et le whisky de grain, majoritaire, a l’air de qualité inférieure également. Par contre le profil est différent de celui d’il y a quelques années, notamment d’une version d’il y a environ 10 ans, très marquée par la pomme cuite mais sans aucune constance en bouche, plate et encore plus déséquilibrée (note : 37/100). La version d’aujourd’hui est certes différente, mais pas fabuleuse. L’impression de sucre demeure et est assez gênante. Tenue à la dilution (eau fraîche): L’eau refait faire surface aux notes fruitées et florales prisonnières des autres (mauvais) ingrédients, mais cela demeure assez laborieux. Tenue à la dilution (glaçons): En fait c’est le seul moyen d’apprécier ce blend médiocre. Le choc thermique ravive les notes florales, fruitées (confits, pommes cuites) et de céréales (maïs, orge) un rien chocolatées de ce whisky et atténue l’impression d’alcool et de sucre. Conclusion: Un blend clairement médiocre, à réserver à la consommation courante, de préférence sur glace ou en cocktail, mais attention cela reste un whisky assez alcooleux. Prix indicatif: Autour de 15 € en G.M.S. Note confirmée: 49/100

ENGLISH SUMMARY: On the the nose & on the palate, a very average (to say the least) blended whisky. There’s a disturbing spirity note as well as a heavy residual sugary note (an impression), topped (if I may say!) by a significant amount of added caramel (E150a). The grain whiskies content seem also to be of a mediocre quality. On a more positive side, once you pass those unpleasant notes, you get candied fruit, cooked apples, some spice & wood. Some solvant as well, but not much presence of those fruity notes. A previous version (10 years ago) was even worse (37/100). Surprisingly, it’s on ice that this blend is the most bearable (if not sometimes envoyable?), because the thermal shock wakes up some pleasant floral, cereal & fruity notes for a little while. It can also be used as a cocktail base. The following expression called “SINGLE RESERVE N°55” is much more decent.

 

 

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 Quand production de masse ne rime pas (forcément, logiquement ?) avec qualité...

 

 

 

-LABEL 5, n.a.s.,“SINGLE-CASK RESERVE N°55” (Bott. NP-2757), “Sherry Cask Finished”, Limited Edition, 2015, 43 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A noter : Le cœur de ce blended whisky est le single malt GLEN MORAY, dont le propriétaire français (La Martiniquaise) est le même que celui de la distillerie. Certains single malts de l’assemblage ont plus de 15 ans d’âge & les single malts proviennent des 5 régions principales productrices de whiskies d’Ecosse (Lowlands, Campbeltown, Speyside, Highlands, Islay). Assemblé par Graham Coull, de la distillerie GLEN MORAY.

Couleur: Vieil or, à reflets dorés. Nez: Complexe et relativement fin. Florale, fruitée, boisée, maltée. Peut être quelques esters. Bouche: Riche. Fruitée (fruits confits, agrumes), florale (un côté « fleur des champs »), boisée, maltée, avec une pointe de sherry et de miel. Quelques timides esters (davantage perceptibles avec un peu d’eau) également. Un peu brûlante, mais moins alcooleuse que prévu. Finale assez lisse, avec une note de caramel, dont je peux dire si elle est entièrement naturelle ou non. Avec le temps, les notes herbacées se dont sentir un peu plus. Le sherry est vraiment discret ici.Tenue à la dilution: Positive, avec un profil assez malté et herbacé, équilibré par les notes florales et fruitées, et quelques jolis esters. Conclusion: Un blend de qualité, sans être exceptionnel, et bien plus réussi et mature que la version « Classic Black ». La meilleure version dégustée à ce jour fût le lot 0395, plus équilibré et gourmand que celui-ci, noté 85/100. Attention, comme pour d’autres marques de blended whisky, les variations entre un lot et un autre peuvent être assez significatives. Prix indicatif: Autour de 20 € en G.M.S. Note confirmée: 79/100

ENGLISH SUMMARY: A complex & refined nose. On the palate, it is rich, fruity, floral, malty, honeyed, a bit sherried & pleasantly woody. It is still a bit spirity & a bit sugary+caramelly (added caramel), but less than in the “Classic Black”. With a few drops of water, some pleasant estery notes are coming through, suggesting maybe more GLEN MORAY single malt casks involved in the blending process. A decent blended whisky (even if it’s not a masterpiece), much more interesting than the regular “Classic Black” expression. Caution, as with many blends on the market, due to high volumes yearly produced, quality & style may vary from a batch to another (if you come across batch 0935, it is for me the best one tasted so far, worth 85/100).

 

 

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 Une version qui mérite davantage le détour que son petit frère le "Classic Black". Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-MOON HARBOUR « PIER 1 », emb. par MOON HARBOUR*, Edition 2016 (Edition limitée), non filtré à froid, 45,8 % (Blended Whiskies, Ecosse & France):

A Noter: Il s’agit d’un assemblage de négoce d’une nouvelle société créée en 2014 par Yves Medina et Jean-Philippe Ballanger supervisé par le master-blender John MacDougall (également négociant en whiskies écossais & ancien master-distiller de prestigieuses distilleries comme SPRINGBANK ou LADYBURN, mais aussi consultant pour de nombreuses autres) de single malts & single grain d’Ecosse, whiskies qui sont ensuite remis à vieillir entre 3 et 6 mois dans des fûts ayant contenu du vin de Sauternes. Par ailleurs, les dirigeants de cette société sont en train de créer une distillerie à Bordeaux, d’où la société (et le nom du whisky, qui évoque le croissant de lune décrit par la Garonne lorsqu’elle parvient à Bordeaux) est originaire.

Couleur: Vieil or, à reflets dorés. Nez: Fin, lisse, avec un soupçon de notes de lin, notes de bois sec/neuf (évoquant peut être la finition Sauternes). Assez fondu. Notes un peu vertes (boisé). Bouche: Fine, délicate, bien maltée, un rien sèche et trop fondue (ce que j’appelle parfois le « syndrome Couvreur »), chocolatée également (noir et au lait). Contient probablement une part significative de fûts ayant contenu du sherry. Présence de fûts fortement toastés (« wood technology » ? maybe). Manque de fraîcheur et de fruité. Tenue à la dilution: Un peu plus épicé, malté, bois brûlé, et encore une note un peu verte, un rien gênante (peut être issue des fûts de Sauternes, elle apporte un poil d’amertume). Le nez se développe sur de discrètes notes florales (plus positives). Conclusion: Le blend est lisse, très fondu et boisé (quoique un peu trop vert à mon goût), et son palais délicat, boisé, bien malté et sec, avec des notes chocolatées et épicées. L'apport du Sauternes ici pour moi n'est pas déterminant, sauf à ajouter un rien de verdeur dans les notes boisées. Un blend intéressant, correct, mais un peu trop fermé, et qui à mon avis peut encore être amélioré. Prix indicatif: Autour de 50 €, dans nombre de points de vente sur Bordeaux mais aussi quelques uns à Paris, pour commencer chez La MDW, ou chez le restaurant Osaba.-Note confirmée: 79/100

ENGLISH SUMMARY: This one is a blended whisky made with Scottish grain & malt, then transported into France to get a final (3 to 6 months) maturation in French white wine casks from Sauternes. It’s a new independent French society (2014) that produces this blend, while the 2 founders are planning to build a malt distillery near Bordeaux, on the piers. Famous Scottish indie blender (also previously master-distiller) John MacDougall supervises the production of this blend. But let’s talk about the taste: A smooth & delicate palate, maybe a bit too melted (which I call the “Couvreur syndrom”). Pleasant malt & chocolate notes, then some less pleasant green notes from the wood, getting a bit bitter, with touches of burnt wood, spices. Huge dryness in the end. The palate remains closed after several tastings, and lack of fruity, floral notes & of freshness. A dash of water brings more spice & wood (there’s obviously wood technology working there), but fortunately also nicer flowery notes. A bit too smooth blend (& also too wood tech. driven), but not uninteresting. Honestly, I don’t see the interest here of the Sauternes finish at all. I’m sure the recipy of this blend can be improved.

 

 

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-“PRIVATE STOCK" (Loyal Old Mature), n.a.s., emb. ADELPHI, Edition fin 2013/début 2014, 40 % (Blended Whisky) :  

Couleur: Vieil or, à reflets dorés, voire ambrés (naturellement) Nez: Superbe, d’une très grande finesse et élégance, autour de notes très fondues entre elles dont on arrive à distinguer avec peine des fruits confits variés, des fleurs variées, du chocolat noir, des dattes et des raisins secs. Il y a manifestement une partie non négligeable de sherry dans cet assemblage ! Bouche: Reprenant les notes du nez, elle enfonce le clou côté finesse et fondu, à un point assez impressionnant. Je pense qu’il y a une part significative de whiskies âgés dans l’assemblage. Je perçois de belles notes liées à la majeure sherry visiblement présente, tels que des notes de noisette, d’orge maltée chocolatée, de dattes, de raisins secs, et de pudding de Noël (notes très séduisantes). Les épices sont très discrètes, mais l’ensemble donne presque un côté oriental pâtisseries). Tenue à la dilution : Malgré sa dilution déjà importante, l’eau (à faible dose, ici, s.v.p. !) va permettre de faire ressortir un temps certaines notes de l’assemblage, comme des notes de café, de moka et de chocolat noir qui elles aussi trahissent un joli profil de sherry à l’ancienne… Conclusion: Un blended whisky confidentiel à l’ancienne, que j’apprécie beaucoup, mais à réserver aux palais délicats. Pas un whisky toujours disponible, mais il vaut la peine de le rechercher. Prix indicatif: 25/30 €, chez certains cavistes seulement & sur internet.-Note confirmée: 89/100

ENGLISH SUMMARY: For me, this blended whisky is one of the most refined & interesting in the market, in the under 30/35 € category, and also in the unofficial “please do not add ice in my glass!” category of blends…! Yes this is even more melted than the “Moon harbor” previously reviewed, but it has such a great balance, elegance and fullness in its chocolatey/malty notes that it’s very impressive. Impressive are also the complex fruit notes in there (varied candid fruit, oriental dried fruit) & the “’old fashioned” sherry in there. Beautiful flowers as well, Christmas pudding as well, oriental pastries as well, finest spices, etc…I agree it’s a bit too diluted (otherwise it may have gone to a 90+/100 rating) but what a treat! Not always easy to find (it’s an independent bottler’s blend & one no more distributed in France since 201, with a few –stock?-exceptions), but internet can help for sure.

 

 

 

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 Un blend de qualité, d'une subtiilté certaine, à ne pas noyer sous une tonne de glaçons s'il vous plaît... Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-RED BREAST « MANO A LAMH » (ou « main dans la main »), n.a.s. (≥ 13 ans), Edition 2015 limitée à 2000 bouteilles, en vente qu’auprès de la distillerie), 46 % (Single Pot Still/République d’IRLANDE): Dégusté en blind…

A Noter : Il s’agit d’une édition limitée, une version n’utilisant que des fûts de sherry Oloroso de premier remplissage (« First fill sherry ») en provenance de la Paez Morilla Bodega de Jerez.

Couleur: Vieil or, à reflets ambrés. Nez: Fin, assez bien fait, marqué par le sherry. Demande un peu d’aération pour bien s’exprimer. Bouche: Marquée par le sherry de manière profonde et complexe, elle se poursuit sur une légère amertume, typiquement irlandaise (liée aux céréales non maltées), bien équilibrée par les notes fruitées de bourgeon de cassis, et un boisé fin. En arrière-plan, quelques belles notes florales et des épices douces. Quelques notes végétales aussi (sous-bois). Une bouche tout en séduction. Tenue à la dilution: Intéressante, si réalisée de manière légère (quelques gouttes d’eau seulement), elle dévoile une jolie rondeur dont émergent avec charme de belles notes de fruits rouges (fruits des bois, cassis, cerises pas mûres et groseilles). Plus traditionnellement sherry que la version 12 ans, moins boisée et moins marquée par les fruits mûrs, elle fait preuve d’une belle fraîcheur Conclusion: Une jolie version rendant hommage à l’étroite collaboration (« main dans la main ») des bodegas espagnoles productrices de sherry et les distilleries irlandaises. Heureux sont ceux qui ont pu mettre la main sur cette version au très bon rapport qualité /prix. Et quel bel écrin tout simple que ce sac de toile de jute…Addendum 2017: Une version bien plus intéressante à mon avis que la version nommée « LUSTAU », par trop vineuse et monolithique à mon goût. Indication de Prix : Autour de 65 € à sa sortie (VPC ou sur place à la distillerie). Note chiffrée (Sous réserve) : 91/100, voire davantage

ENGLISH SUMMARY: Don’t worry you will have more Irish whiskeys reviews next time, but for now here it is: While I was preparing this number, I realized I didn’t publish this limited edition bottling review yet, and it’s a pity because it will be harder to find right now, sorry! But I can tell it’s good! Forget the new “LUSTAU” edition (too light & too winey for me, it’s a too young 12 y.o.’s brother for me, unbalanced), and try to get this one that’s really a treat in my opinion. A bit less woody & with less ripe fruit notes than the regular 12 y.o., it has a beautifully sherried nose (it shows that it uses only top quality first fill sherry casks) and on the palate really fresh red fruit notes (blackcurrant bud, young cherries, forest fruit, redcurrant, etc…), displaying a very charming rounded yet very expressive profile. It is a more traditionally sherried expression than both the 12 y.o. & the “Lustau”. Despite having no age statement, it does really justice to the collaboration between the Midleton distillery from Ireland & the finest Spanish bodegas providing those precious sherry casks. Well done, Billy! -Temporary rating: 91/100, maybe more...

 

 

 

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 Une très belle réalisation de la distillerie MIDLETON et du maître-assembleur Billy Leighton...

 

 

 

Editorial No 20

 

Dernière minute (07/03/2017):

A VENIR TRES BIENTOT:

-Nouvel Editorial (N°21), composé cette fois que de notes de dégustation de whisky...

-Nouveau sujet "Gros Plan" (sur une distillerie écossaise à l'honneur cette année),

avec une interview exclusive ainsi que des notes de dégustations également en partie exclusives

 

Merci de votre patience !

 

 ***

 

EDITORIAL No 20:

 

 « N.A.S. OR NOT N.A.S. ?...THAT IS THE QUESTION »

(ou...Quid des whiskies sans compte d'âge?)

 

 

Première Edition/1st Edition: 02/11/2016

Mise à jour/Update: 28/12/2016

 

 

INTRODUCTION :

 

Pour ce nouvel éditorial, je vous propose un retour à une forme plus traditionnelle par rapport à la presse classique, au-delà des habitudes de mon site, donc plutôt sur l’expression d’un point de vue sur un phénomène d’actualité plutôt que le traitement des nouveautés,car une grande partie de ces nouveautés est d’ores et déjà présente soit à l’intérieur du reportage sur le Whisky Live Paris, soit dans la gigantesque liste thématique de près de 200 whiskies abordables conseillés déjà en ligne, ou encore risque de l’être dans d’autres reportages à suivre. Par ailleurs j'ai mis à jour ma liste de mes distilleries préférées, qui tient compte également de ce phénomène des whiskies sans compte d'âge.

 

Reportage sur le Whisky Live Paris 2016 (my report about Whisky Live Paris 2016 edition): Ici/Here

Liste de plus de 200 whiskies abordables des années (202 recommended affordable drams, including 92 favorite from all over the world): Ici/Here

Liste de mes distilleries préférées récemment mise à jour (my updated Top 100 Distilleries worldwide): Ici/Here

La Fabrication du Whisky-Sujet récemment mis à jour (my updated How whisky is made topic-in French): Ici/Here

 

Pour ce faire, j’ai repris la conclusion de mon reportage sur le Whisky Live Paris 2016 et je l’ai modifiée et largement développée, afin de tenter de « clore le débat », si j’ose dire, pour autant que ce soit possible, sur le phénomène des « n.a.s. », c’est-à-dire des whiskies sans compte d’âge qui sont en pleine prolifération de nos jours.

 

 ***

 

« N.A.S. OR NOT N.A.S.? THAT IS THE QUESTION »:

(ou...Quid des whiskies sans compte d'âge?)

 

 

PREAMBULE:

 

Un des problèmes de notre époque concernant le whisky c’est donc le phénomène désormais bien implanté des n.a.s. (whiskies sans compte d’âge) ET celui des whiskies axés sur la « wood technology » (ce sont d'ailleurs le plus souvent les mêmes), un phénomène similaire à, il y a quelques années, celui de la « parkerisation » dans les vins de Bordeaux ( du nom d'un écrivain américain du vin nommé Robert Parker et qui, je pense, bien malgré lui, par ses choix, à concouru à promouvoir un certain type de profil aromatique pour les vins). Ce phénomène a entraîné l’obsession de la « micro-oxygénation » des vins, en grande partie créée, puis soutenue par l’œnologue Michel Rolland (à ce sujet, voir le terrible documentaire « Mondovino » de Jonathan Nossiter sorti en 2004). Disons-le clairement, ce sont souvent les mêmes produits qui souffrent à la fois du « n.a.s. non transparent » et de la « wood technology » (même s’il y a de belles exceptions encore cette année), et, au passage, par une augmentation significative du prix de vente pour des whiskies gloablement plus jeunes que leurs prédécesseurs, d'ou aussi le scandale et la rebéllion de certains consommateurs, forumeurs et bloggeurs. Comme je vais tenter de le démontrer ci-dessous, les n.a.s. constituent donc un phénomène significatif tant des enjeux de qualité, de pérénnité du whisky que de l''accessibilité du whisky au plus grand nombre et à cet égard, dans un monde de demande forte pour le whisky, ne font (pour la plupart, pas tous, certes) que souligner l'aseptisation industrialisée du goût qui est également présente dans l'alimentation. La seule différence, au moins pour les whiskies sous cadre légal strict (écossais, irlandais, surtout), c'est que l'on ne peut normalement pas trouver autant d'additifs et de cochonneries légales divers dans le whisky...une maigre consolation.

 

 

 

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Le The GLENLIVET "Cipher", au delà du coup marketing, l'archétype de l'opacité des whiskies sans compte d'âge...bien sûr j'aurais pu aussi choisir le HIGHLAND PARK "Dark Origins".

Deux whiskies qui ne sont pas mauvais, non, il faut être honnête, mais trop "technologiques" (trop poussés sur le boisé) et sans grand intérêt pour un prix assez conséquent.

 

 

 

-NE PAS CONFONDRE N.A.S. (HISTORIQUES) ET N.A.S. (CONTEMPORAINS) :

Cependant il convient ici de rappeler, pour les lecteurs pas encore trop au fait de ce problème, qu’il ne saurait être question de mettre tous les whiskies dans le même sac, comme il m’arrive de le lire ici ou là sur des forums ou blogs ou billets de journalistes mal informés. Certains ont même choisi par principe de refuser de chroniquer un whisky dès lors qu’il sera sans compte d’âge. J’ai du respect pour cette démarche, mais pour moi elle est tout de même « à courte vue », dans la mesure ou en supprimant toute critique détaillée du whisky, elle ne fait d’une part aucune différence entre les différents cas de n.a.s. et, de l’autre, n’encouragent pas les producteurs à en produire de meilleurs car la critique demeure globale, donc ne vise aucune distillerie ou négociant en particulier, alors qu’une critique sur une bouteille en particulier a un certain impact.

En effet, comment comparer (par exemple) les jeunes The Singleton of DUFFTOWN sans compte d’âge que sont les "SUNRAY", "TAILFIRE", "SPEY CASCADE", "UNITE" ou encore "TRINITE" (réduits à 40 %, colorés artificiellement, filtrés à froid, assez jeunes, etc…) avec un single malt en édition limitée et sans compte d'âge comme par exemple l’ABERLOUR « A’Bunadh », créé avec une large variété de cuvées ou millésimes à partir de données précises et exigeantes (la majeure de fûts de sherry de premier remplissage, la non filtration à froid, la présence de quelques fûts de plus de 10 ou 15 ans, le titrage élevé, etc…). C’est tout simplement ridicule, pas sérieux…et je pourrais multiplier les exemples, même si « du bon côté de la force », il n’y a tout de même pas énormément d’exemples de bons n.a.s. en dehors des whiskies des jeunes distilleries : Le KILCHOMAN « Sanaig » ou le jeune single malt de WOLFBURN en sont de bons exemples, d'autres seront cités plus loin.

Mais il y aussi ce que je nommerais personnellement les versions n.a.s. "historiques", c'est  à dire issues du début des années 2000, voire avant : 1998 pour l’ABERLOUR « A’Bunadh » qui ne comportait pas de numéro de lot à l'origine), comme le sont aussi l’ARDBEG « Uigeadail » (premère édition en 2003), le LAPHROAIG « Quarter Cask » (première édition en 2004), ou l'ISLE OF JURA "Superstition" (première édition en 2002) ou encore comme l’étaient les SPRINGBANK, HAZELBURN & LONGROW en version dite « C.V. » (encore une fois tous des whiskies avec une amplitude de différents âges assez conséquente-la première édition du SPRINGBANK "C.V." est moins évidente à dater, mais la plupart des sources mentionnent "le milieu des années 1990" comme première sortie-personnellement je peux attester qu'elle est en tout cas inférieure à l'an 2000). Ces whiskies sont tous des assemblages de fûts d'âges différents, et parfois avec une grande amplitude, comme pour les SPRINGBANK & marques associées (au moins sur 10 ans, parfois de 8 à 30 ans d'âge) ou le JURA "Superstition" qui contient des whiskies de 8 à 21 ans d'âge.

Un peu plus tard, la distillerie TOMINTOUL sortait un single malt anonyme tourbé sous le nom de « Old Ballantruan », ce sans mention d’âge. Un whisky relativement jeune, lui, mais de qualité. Les exemples abondent et je ne peux les citer tous, j’en oublie sûrement certains qui ont pu marquer leur temps…

 

 

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L'ABERLOUR "A'Bunadh" (ici l'excellent batch 46), archétype du n.a.s. historique réussi...Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

Du côté du négoce, et notamment concernant les whiskies tourbés, il faut citer parmi les excellents n.a.s. des années 2000 (et ils existent encore !) les « Smokin’ Islay » et autres « Peat Reek » de BLACKADDER, mais aussi les ILEACH « Cask Strength » ou FINLAGGAN « Cask Strength » (plus intéressants que leur version réduite à mon avis) de négociants plus obscurs, ou encore les discrets mais efficaces « Berry’s Speyside Reserve » et « Berry’s Islay Reserve », des blended malts cette fois, de BERRY BROS & RUDD....et je ne parle même pas des créations de John Glaser de COMPASS BOX qui remontent à l’an 2000 exactement (je reviendrais sur ce dernier cas plus loin, sur la question de la transparence). Oui les whiskies de COMPASS BOX ont quasiment toujours été des whiskies sans compte d'âge, mais la société a depuis ses débuts toujours communiqué sur l'âge, mais en amont (à la sortie du whisky, sur le site) ou en aval (directement face au consommateur sur les stands des salons, et souvent même par écrit).

Plus près de chez nous, il y aussi des whiskies sans compte d’âge d’un intérêt certain (eh, oui !), par exemple, les ARMORIK (ce depuis son lancement en 1999) et les GLANN AR MOR (souvent en dessous des 6/7 ans d’âge-et ce depuis 2008 pour son premier 3 ans d'âge) embouteillés assez jeunes sont pourtant plus « prêts à déguster » que bien des whiskies jeunes d’Ecosse. L'on peut citer également, comme déjà signalé sur G.W.G., également des single malts de chez MICHARD & et de chez JSD, deux distilleries françaises produisant nouvellement du whisky. Qui plus est les "EDDU" de la Distillerie des Menhirs n'ont jamais porté de compte d'âge à ma connaissance, ce qui n'a pas empêché une certaine qualité.

En Europe encore, Il y a aussi les exemples des distilleries MACKMYRA & BOX (les seules distilleries suédoises dont j'ai pu déguster des whiskies à ce jour), ou encore (j'ai eu confirmation de la qualité de ces whiskies plus récemment), ceux de la distillerie allemande SLYRS, qui a une exception près (le 12 ans d'âge, irrégulièrement produit) n'ont pas de compte d'âge.

De même, est-ce qu’un CAOL ILA « Moch », un des premiers n.a.s. de l’ère « contemporaine » (sa première édition est sortie en 2011), si j’ose dire, et, à fortiori, forcément, la gamme « Private Edition » de GLENMORANGIE (rarement en dessous de 10/12 ans d’âge) sont comparables avec un TALISKER "Storm" ou "Skye" ? (corrects mais clairement issus de la "wood technology"). Pas si sûr…Si le CAOL ILA "Moch" est relativement jeune (même s'il contient minoritairement un peu de 18 ans d'âge), en revanche, les single malts de la gamme "Private Editions" de GLENMORANGIE (hormis l'un d'entre eux me semble t'il, qui aurait un compte d'âge ?) sont tous âgés de plus de 10 ans...

 

 

 

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Le GLENMORANGIE "Tusail", de la gamme "Private Edition", de vrais-faux n.a.s. de plus de 10 ans, avec la qualité au rendez vous. 

 

 

Certes l’on peut légitimement s’inquiéter de certaines sorties officielles haut de gamme, dans les « Special Releases » de Diageo, par exemple, qui, depuis peu arrivent sur le marché comme les versions n.a.s. de CLYNELISH (la série « Select Reserve », des bruts de fût...) au prix de vente d’entrée de jeu annoncé à plusieurs centaines d’euros… Là on se doute qu’il ne s’agit pas d’un trois ans d’âge, mais d’un travail d’assemblage soigné et de grande amplitude d’âge, mais sans certitude totale sans l'avoir dégusté (ceci étant dit, plusieurs bloggeurs de renom, Serge Valentin en tête, semblent tout de même considérer que l'on tient là une réussite, un remarquable travail d'assemblage contenant manifestement une proportion honnête de whiskies âgés).

Cette tendance semble s’accentuer dans un segment inférieur, avec les récents TALISKER « Neist Point » ou le LAPHROAIG « Lore », vendus à un peu plus de 100 € sans justification particulière…Au public de déguster, s’il le peut encore, et de décider si le prix se justifie dans ces cas…Je n'ai pas eu l'occasion de déguster ce TALISKER, mais le LAPHROAIG oui, et je l'ai bien apprécié (il comporte une part de fûts de sherry).

Pour donner un exemple récent positif, j’ai trouvé par exemple que les deux récents SCAPA (« Skiren » et « Glansa ») sans compte d'âge, sans être des chefs d’œuvre pour autant, s’en tirent plus qu’honorablement. Cela laisse un peu d’espoir.

 

 

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Le SCAPA "Skiren", un joli n.a.s. (whisky sans compte d'âge), une réussite. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

Donc pour moi, pour être clair, un bon whisky sans compte d’âge, cela peut exister, et ce serait un whisky pour lequel le maître-assembleur aurait fait, tel un peintre, un assemblage de « couleurs » différentes, soit de saveurs différentes, de présence, de puissance, de digestion des notes de new make, des esters, de stabilisation des notes tourbées (etc…), d’âge bien sûr différents, ce pour avoir un whisky complexe et expressif, ou bien complexe et très fondu, par exemple. Typiquement les premiers whiskies n.a.s. de l’ère contemporaine (fin années 1999/ début années 2000) cités ci-dessus en sont de parfaits exemples.

 

 

-PENURIE, QUELLE PENURIE ?

La question de la pénurie de stock de whisky, souvent avancée par les producteurs, pour justifier le passage des whiskies à compte d’âge aux n.a.s. (sans compte d’âge donc) et à travers cela, soyons clairs, justifier une augmentation de prix sans contrepartie de qualité automatique, si elle peut être prise en compte concernant les fûts âgés (moins nombreux dans certaines distilleries, mais pas chez toutes, qui attendent le bon moment pour sortir des versions « ultra-méga-premium » -j’ai beau faire je n’ai jamais pu accrocher à ce terme) ne se justifie pas autant pour la majorité de la production.

En effet, si l’on se base sur les statistiques de production de Scotch whisky de l’année 2015 (estimations de la Scotch Whisky Industry Review), l’on constatera que si baisse il y a, elle demeure légère : Pour 600 millions de litres d’alcool pur cette année là (contre 655,7 en 2014), 280 millions proviennent de la grosse centaine de distilleries de malt, tandis que 320 millions proviennent des 7 seules distilleries de grain, tandis qu’en 2014 il y eu 305,7 millions de litres pour les distilleries de malts pour 350 millions de litres pour les distilleries de grain. Mais si l’on revient encore en arrière, rien que pour les distilleries de malt, la production a été certes de 294,9 millions de litre d’alcool pur en 2013 (soit un peu plus qu’en 2015), mais davantage qu’en 2012 (272,8 millions), ou qu’en 2011 (239,3 millions) et ainsi de suite. Et ce n'est qu'une partie des statistiques auxquelles j'ai eu accès, mais comme toutes vont grosso modo dans le même sens que celle ci-dessus, je ne veux pas vous ennuyer avec trop de chiffres...

Ce que les propriétaires de distilleries oublient donc de mentionner également au sujet des n.a.s., en effet, ce sont les extensions de capacité de production de plusieurs de celles-ci ces dernières années (comme celles de DAILUAINE, GLENBURGIE, The GLENLIVET, GLENMORANGIE, LINKWOOD, LONGMORN, MANNOCHMORE ou encore MORTLACH, TEANINICH) ou reprises de production, comme chez GLEN KEITH et TAMDHU en 2012, ou encore simplement d’extension des capacités d’entreposage (à venir chez ARRAN, BRUICHLADDICH, KILCHOMAN, et j’en passe) qui ont un impact important sur leur capacité à reconstituer ces stocks dans un avenir proche, surtout s’ils ont abaissé l’âge du contenu de leurs whiskies devenus pour certains des n.a.s. …et qu’ils sont facturés plus chers que des 8 ou 12 ans d’âge déclarés…ce qui arrive de plus en plus souvent hélas.

En plus d'un certain maintien donc de la capacité de production de whisky écossais, il faut aussi tenir compte des nombreux projets de nouvelles distilleries (indépendantes ou venant renforcer la capacité de production des grands groupes qui les possèdent) à venir. La source « whisky » n’est donc pas prête de se tarir !

L'on voit donc bien que la raison principale de cette décision de promouvoir les n.a.s. est avant tout un calcul financier, une recherche de profit à court terme davantage que de sauvegarde de ce qui a fait la réputation des marques (à cet égard le meilleur exemple de cette dégringolade demeure à mes yeux celui de The MACALLAN) et de réflexion sur le long terme. Au consommateur alors d’être clairvoyant et de tenter d’influer sur cette tendance en boycottant les whiskies qui ne le satisfont pas en terme de rapport qualité/âge estimé après dégustation/prix.

 

 

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 La distillerie MORTLACH, largement rénovée en 2015 et dont l'accroissement de la production est en cours.

 

 

-POURTANT, AU COMMENCEMENT ETAIENT…DEJA DES N.A.S. !

Une information souvent oubliée ou occultée par ceux qui parlent des n.a.s. de nos jours, c’est qu’historiquement les premiers single malts parus sur le marché du Royaume-Uni, puis par exemple en France furent DEJA des whiskies sans compte d’âge. Ainsi, dans les années 1960, les premiers single malts disponibles en France furent des GLENFIDDICH, et ils portent soit la mention « Pure Malt », soit « Straight Malt », celle du titrage (encore en « proof »), du lieu de mise en bouteille, l’adresse, etc…mais pas de mention d’âge, ou une mention d’âge relativement jeune. D’ailleurs certains des whiskies les plus recherchés par les collectionneurs et les mieux notés par les bloggeurs ne sont-ils pas des whiskies de moins de 15 ans ? Je pense par exemple aux TALISKER nas, voire de 8 ans d’âge embouteillés par GORDON & MacPHAIL dans les années 1970, à des PORT ELLEN jeunes (11 à 15 ans) ou des LAPHROAIG 10 ans embouteillés par diverses sociétés italiennes comme par exemple BONFANTI pour ce dernier.

 

 

 

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Le GLENFIDDICH « Straight Malt », sorti en 1961, un n.a.s. avant la lettre...il fut suivi plus tard par un "Pure Malt" de 8 ans d'âge.

 

 

 

Par ailleurs, au-delà de la question des n.a.s., n’oublions pas que la question du vieillissement des whiskies est encore relativement récente…au début du XVIII ème siècle, même en Ecosse, vous aurez du mal à trouver des whiskies âgés…Les films de type western, en réalité sont tous faux du point de vue de la véracité historique concernant les whiskeys…Les whiskeys servis dans les bars sont tous fortement ambrés, voire aussi noirs qu’un LOCH DHU, alors qu’ils auraient du…ressembler à des distillats purs, soit de couleur transparente ! L’on distillait pour boire dans la foulée ou dans les jours ou semaines qui suivaient, pas pour les conserver longtemps. C’est par accident lors d’un transport par bateau que l’on s’est aperçu, d’abord pour le rhum, puis pour le whisky, que plusieurs semaines de trajet pouvaient changer le goût du contenu. Pour faire court, l’obligation légale de faire vieillir le whisky 3 ans au minimum n’apparait qu’au début du XX ème siècle.

 

 

-L’AGE NE FAIT PAS TOUT, MAIS TOUT DE MEME…

Alors que dans les slogans publicitaires sur le whisky des années 1990/2000, l’on insistait sur le fameux « Age matters » et encore en 2013 comme le démontre cette publicité de Pernod-Ricard-ou le master-blender de CHIVAS REGAL Colin Scott-que j’ai eu l’occasion de rencontrer et même de cotoyer lors de ma participation à un concours d’assemblage professionnel-le dit lui-même, « au moins avec cette mention d’âge on ne peut vous tromper, sinon cela veut dire que sans mention d’âge votre seule garantie c’est qu’il soit âgé au moins de 3 ans et un jour »-voir la vidéo ci-dessous. Comme gage ultime de qualité pour un whisky, aujourd’hui, comme par magie, c’est le contraire, comme l’expliquait il y a quelques mois un ambassadeur de la distillerie The MACALLAN, lors d’une dégustation, à Paris. L’âge n’aurait plus d’importance, mais seulement le travail de l’assembleur (euh, du bois, plutôt, non ?), si…Tu m’étonnes !

Bien sûr que le travail de l’assembleur est primordial (et il travaille aussi sur les single malts, ne serait-ce que sur le contrôle qualité, et bien sûr plus précisément sur les éditions limitées), mais le consommateur s’est il seulement une fois interrogé sur la mention « hand picked » ou « hand selected » portée sur les étiquettes de certaines éditions limitées ? Cela veut dire quelque chose…comme le fait que pour les grosses productions, le choix des fûts est fait par la machine, pas par l'homme, pas fût par fût, mais au hasard ou presque, suivant les spécifications demandées (type de fût, âge indiqué, tourbé ou pas tourbé, etc…).

 

 

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La gamme "1824" de The MACALLAN, pas mauvaise, mais qui fait pâle figure comparée aux MACALLAN des années 1980

à comptes d'âge, mais aussi face aux versions de négoce sous licence de GORDON & MacPHAIL de la série "Speymalt".

 

 

Après l’échec (relatif, mais significatif) de sa gamme « Fine Oak », la distillerie The MACALLAN (enfin, disons plutôt le propriétaire et le chef de produits….) espérait, avec sa « 1824 series » (qu’il aurait du renommer « Color series »), relancer la marque, déjà entachée précédemment par le passage du "tout sherry" à la gamme 'Fine Oak". La gamme "'1824" est une gamme dont les whiskies portaient le nom d’une couleur, et accessoirement, comme l’a récemment fait remarquer un bloggeur, également des prénoms féminins non exempts de connotations lestes- « Amber, « Gold », « Sienna » ou encore « Ruby », jugez vous-mêmes (désolé pour les porteuses de ces prénoms, c’est le contexte qui fait sens, pas les prénoms seuls, bien sûr), sans nous garantir par ailleurs que le E150a (la coloration artificielle) n’était pas passé par là, faussant (si c’est le cas) toute véritable charte des couleurs.

 

 

Chivas Campaign: Age Matters...(vidéo)

 

Tout comme d’autres types d’alcool (je pense à l’Armagnac, au Cognac, mais aussi au Calvados, à la Prune, entre autres eaux-de-vie), le whisky a besoin de temps pour s’exprimer, et il est difficile de généraliser, dans la mesure ou compte tenu des spécifications de production de chaque distillerie, certains distillats seront prêts avant les autres (GLANN AR MOR, The BELGIAN OWL ou encore CAOL ILA en sont de parfaits exemple, pas besoin d’attendre 10 ans, ils sont prêts dès 3 à 5 ans d’âge pour les deux premiers, dès 7-8 ans pour le troisième), à leur apogée bien avant d’autres, sans compter les whiskies tourbés qui ont tendance à perdre leur expressivité et leur fumée après 20 ans, en général bien sûr.

En revanche, d’autres whiskies, comme souvent les BUNNAHABHAIN, les GLENFIDDICH, les LAGAVULIN ou encore les STRATHISLA auront besoin de plus de temps pour s’exprimer pleinement, soit à mon avis entre 15 et 40 ans d’âge.

 

 

 

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"The BELGIAN OWL", un excellent jeune whisky encore trop méconnu, pas assez disponible en France à mon avis.

 

 

Je dirais que la question était jusqu’à l’an dernier moins cruciale pour les whiskeys d’Irlande, tant les principaux producteurs n’utilisaient pas toujours les compte d’âge, expliquant que pour eux « 7 ans d’âge » étaient la norme et l’âge optimum. De nos jours la question est un peu plus délicate, car des versions connues, réputées avec compte d’âge sortent désormais « sans compte d’âge ». Et parfois, comme dans le cas du JAMESON « Crested » (pas d’indication d’âge) qui remplace le « Crested Ten » (10 ans d’âge), la nouvelle version s’en sort très honorablement par rapport à celle d’origine.

 

 

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Le JAMESON "Crested", un n.a.s. joliment fruité. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

Concernant les whiskies produits dans des pays à forte amplitude de chaleur (comme par exemple les Etats-Unis) et/ou d’humidité (à fortiori à climat tropical comme l’Inde, ou Taïwan ou la part des anges-l’évaporation naturelle de l’alcool pouvant y être entre 5 et 8 fois supérieure à celle de l’Ecosse, qui est d’environ 2 % par an), la question de la durée du vieillissement est moins cruciale, puisque les fûts sont traditionnellement neufs et plus fortement brûlés que les fûts écossais, accélérant le vieillissement. Il en est ainsi des distilleries KAVALAN & NANTOU (Taïwan) et des distilleries AMRUT & PAUL JOHN (Inde). Par ailleurs, comme corollaire de cela, la teneur en alcool peut même augmenter avec le temps dans certains chais-chauffés ou pas-du Kentucky (c’est ce qui arrive notamment aux whiskeys à fort titrage tels que les George T. STAGG) et survient un moment ou il faut absolument stopper le vieillissement. Au mieux des whiskies âgés de seulement quelques années peuvent parfois donner l’impression de whiskies âgés d’une dizaine d’années ou plus, et offrir une impression de maturité, au pire, le boisé de ces whiskies sera à la limite du supportable voire au-delà.

 

 

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Le KAVALAN "Solist" Sherry cask, un brut de fût qui a le vent en poupe en provenance de Taïwan.

 

 

 

-LES DESSOUS DE LA QUESTION DE LA TRANSPARENCE DANS LE WHISKY :

Comme j’ai déjà traité sur ce site de la question de la transparence telle qu’elle s’est posée notamment l’an dernier au sujet des whiskies « The Circus » et « Flaming Heart » de la maison COMPASS BOX (dont les plaquettes d’information et les données techniques du site internet divulguaient l’âge du plus jeune composant comme celui du plus âgé, ce qui est interdit par la S.W.A.-la loi n’autorise que la mention du plus jeune whisky de l’assemblage), je ne reviendrais pas sur le problème spécifique posé à juste titre par ce négociant-assembleur aux décideurs, mais plutôt sur le lien entre ce problème et celui des n.a.s. :

En effet, à la condition de spécifier le pourcentage des whiskies plus âgés que l’âge minimum indiqué (pour ne pas se retrouver avec une escroquerie du type 0,01 % de 40 ans d’âge pour le reste de 3 ans d’âge), qu’est-ce-qui empêche le producteur d’indiquer sur la bouteille la part des whiskies plus âgés et l’âge en question ? Hormis le fait de dévoiler une éventuelle recette secrète, ce qui peut se comprendre à la rigueur pour un blended whisky, pour qui c’est essentiel et constitue en quelque sorte la marque de fabrique de l’assembleur, différente de celle du concurrent, j’y vois surtout une autre explication, moins reluisante et jamais évoquée, et dirigée contre les négociants de whisky avant tout et ce de la part des producteurs représentés par la S.W.A. :

Constatant que les assemblages de négoce de type « blended malt » ou « blended whisky de luxe » comportent chez certains un pourcentage non négligeable de whiskies âgés, pour au final un prix dépassant rarement les 200 € (sauf hélas depuis cette année), les producteurs de whisky y verraient une concurrence déloyale envers les versions très âgées et haut de gamme qu’ils proposent, à savoir par exemple des 40 ans d’âge, de plus en plus proposés à 10 fois le prix de ces versions de négoce…Pourquoi en effet payer une fortune un single malt s’il est disponible pour bien moins cher, certes au sein d’un assemblage mais bien perceptible tout de même ? Bien sûr ce n’est qu’une hypothèse, mais je la trouve personnellement assez plausible.

 

 

 

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John Glaser de COMPASS BOX, 16 ans de recherches, 16 ans d'impertinences, fer de lance de la lutte pour davantage de transparence.

 

 

Concernant les distilleries déjà établies de longue date, les distilleries à caractère industriel (et notamment celles qui ont une capacité de production supérieure à 500 000 litres, et ont réduit les coûts par automatisation majoritaire ou totale, dirons-nous) en dehors de quelques réussites et des versions n.a.s. anciennes, en édition limitée et parfois comparables à des whiskies de catégorie supérieure, il semble clair que derrière l’argument de la pénurie des stocks de whiskies âgés pour justifier l’abandon du compte d’âge (dont nous avons parlé plus haut) se cache une volonté de standardisation de la production, pour faire des économies, oui, mais aussi pour aseptiser progressivement le whisky et le faire se rapprocher de spiritueux plus populaires chez les jeunes comme en premier lieu le rhum et d’obtenir une plus-value par l’augmentation des prix inversement proportionnelle à l’âge réel moyen du contenu du whisky, ce qui est assez scandaleux au final. La qualité s’en ressent et le consommateur exigeant ne s’y trompe pas. Cela vise donc un nouveau public, plus jeune, avide de découvertes (ce dont on ne peut le blâmer) malléable et moins connaisseur (au goût non encore vraiment formé), qui déguste tous types de spiritueux, de manière parfois interchangeable. La cible idéale pour les fabricants d’alcool.

 

 

 

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The SINGLETON.... un nom générique pour de trop nombreuses distilleries du même groupe...? On peut s'interroger. Ici des versions avec comptes d'âge, mais il y en a encore beaucoup sans....

 

 

 

A contrario, je pense qu’il faut être plus indulgent avec les jeunes distilleries (j’entends par jeunes celles nées après l’an 2000) ainsi que pour les micro-distilleries, qui soit n’ont pas la capacité encore de proposer un 10 ans d’âge autrement qu’en édition très limitée (donc en épuisant le stock-comme par exemple c’est le risque pour KILCHOMAN), soit dont les jeunes whiskies font déjà leur preuve à 4 ou 5 ans d’âge (comme GLANN AR MOR). Le risque financier est donc plus important pour des distilleries à faible capacité de production comme de stockage -qui vont mettre du temps à reconstituer du stock de whiskies ayant quelques années, a fortiori s’il s’agit de produire un 10 ans d’âge- que pour « les grosses machines » comme The GLENLIVET ou GLENFIDDICH, avec des dizaines de millions de litres d’alcool pur produit chaque année, et d’autant plus si ces distilleries sont artisanales (avec peu ou pas de mécanisation, embouteillage et étiquetage à la main, etc…cela représente souvent plusieurs dizaines de personnes à payer contre 3 ou 4 pour des grosses distilleries ou il y a beaucoup d’automatisation).

 

 

-UN PEU D’ESPOIR (AVEC LES NOUVELLES ET/OU MICRO-DISTILLERIES):

Malgré tout, pour ne pas rester sur une note négative, donc, signalons tout de même que parmi mes coups cœur de cette année, figurent deux jeunes distilleries commençant par la lettre « W » et ayant eu l’intelligence par leurs méthodes de production, de contourner le problème de leur jeune âge (leurs whiskies ont moins de 5 ans d’âge !), à savoir WOLFBURN, en Ecosse, dans les Highlands du Nord, et WESTLAND, aux Etats-Unis, sur la côte Ouest…que j’ai fini par élire distillerie de l’année 2016 -voir ma note dans le sujet sur mes meilleurs whiskies abordables de 2015/2016 :

Liste des Meilleurs Whiskies abordables pour 2015-2016

 

 

 

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 Une jeune distillerie qui promet, avec 2 versions de son single malt de 3 ans d'âge, qui pour l'heure n'a pas besoin d'afficher son âge.

 

 

 Par ailleurs, au chapitre des bonnes nouvelles, il n’y a pas que COMPASS BOX qui joue les provocateurs (encore cette année avec ce « 3 Year Old De Luxe whisky » qui comporte visiblement une grande majorité de malt bien plus âgé que cela) pour tenter de bousculer le système (et la S.W.A. par ricochet), il y a aussi des distilleries comme BENROMACH, qui a osé l’an dernier sortir un single malt avec un compte d’âge de seulement 5 ans ! (preuve qu’un jeune whisky peut être bon, et il l’est). Il y a aussi encore en 2014 le groupe Bacardi-Martini qui a choisi pour le reconditionnement et le lancement de single malts de son portefeuille (ABERFELDY, AULTMORE, CRAIGELLACHIE, DEVERON, ROYAL BRACKLA) de leur attribuer à tous un compte d’âge, avec parfois des compte d’âge impairs comme pour CRAIGELLACHIE (13, 17, 19, 23) ou faibles (10 ans d’âge pour le plus jeune) comme pour DEVERON. Il y aussi TOMATIN qui a rétabli en partie ses compte d’âge et BRUICHLADDICH qui propose désormais certaines références avec une foule de renseignements donnés sur ses étiquettes. Greg’s Whisky Guide salue toutes ces initiatives, si rafraîchissantes à l’heure de la prolifération des n.a.s., autant que celles des négociants comme par exemple THAT BOUTIQUE -Y WHISKY COMPANY qui a depuis la polémique liée à COMPASS BOX l’an dernier choisi de doter désormais (depuis Avril 2016) ses whiskies d’un compte d’âge et de nommer par ailleurs les distilleries dont proviennent les whiskies. Gageons que d’autres sociétés les suivront, comme par exemple The SPECIALITY DRINKS avec l’excellente gamme « Elements of Islay »…

 

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La courageuse décision de TOMATIN de reprendre les comptes d'âge, même pour les entrées de gamme...

 

 

 

CONCLUSION :

 Ou UNE ESQUISSE DE SOLUTIONS ...

 

-Nous voyons donc à la lumière de cet article que le problème des whiskies sans compte d’âge n’est pas simple d’une part, et qu’il est inséparable de la question de la qualité d’autre part (via notamment la question de la « wood technology »).

Nous avons vu aussi qu’il ne fallait pas mettre tous les n.a.s. dans le même sac, qu’ils soient d’hier ou d’aujourd’hui…que certains sont vraiment le fruit d’un travail soigné et réfléchi d’assemblage, au service du distillat, tandis que d’autres dégradent peu à peu l’image de la distillerie. Aussi c’est encore une fois le consommateur & l’influenceur (médias) qui devraient donner le ton en boycottant les produits médiocres et privilégiant les autres sur la durée, ce qui ne manquerait pas de donner un signal forcément audible à un moment ou à un autre des décideurs, voire pourrait renverser la tendance.

-Concernant la question de la transparence, pour laquelle j’avais moi-même contacté la S.W.A. sans grand succès (mais au terme d’un dialogue courtois), je persiste à penser qu’il faut accéder à la demande de COMPASS BOX (soutenu depuis par les distilleries BRUICHLADDICH et TOMATIN, entre autres, mais aussi par nombre de bloggeurs) de pouvoir indiquer âge et quantité de chacun des composants.

-Autrement, au cas ou cette demande serait refusée sur la durée, une solution de compromis pourrait êtred’imposer pour l’étiquetage des whiskies une mention de type « Over X Years » (de minimum 5 ans, mais qui pourrait se graduer, telle une échelle semblable aux « VS/VSOP/XO, etc.. des Cognacs. On aurait ainsi des « Over 5 Years », « Over 8 years », « Over 10 years », « Over 20 Years », par exemple), mentions qui distingueraient les whiskies « simplement légaux » (3 ans et un jour) des autres.

 

 

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Tableau des comptes d'âge pour les COGNACS,  une autre manière de compter. Une solution pour le whisky ?

 

 

 

-Autre solution envisageable, celle de consentir à donner l’étendue des âges, comme l’avait fait Mercian, l’ancien propriétaire de KARUIZAWA, avec son « Pure malt » de 12 ans d’âge portant la mention « de 31 à 12 ans d’âge ».

 

 

 

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Un des premiers KARUIZAWA (un blended malt) vendu sur le marché français, avec en plus du compte d'âge, la mention de l'amplitude des âges de cette version.

 

 

 

-L’on pourrait envisager également d’obliger le producteur à mentionner l’âge du composant le plus important en quantité dans l’assemblage, ce qui aurait le mérite de mettre en avant la prise de risque ou non du producteur.

-Quoiqu’il en soit, il est évident que la situation actuelle ne peut pas durer éternellement. Si d’un côté les consommateurs font vendre moins de « n.a.s. contemporains » et que de l’autre les producteurs de whisky prennent conscience que d’autres pays (comme par exemple et pas au hasard, les Etats-Unis, avec le phénomène des « craft distilleries », l’Irlande, avec ses nouvelles distilleries et maisons de négoce) sont désormais plus en avance qu’eux, ils finiront par revenir à plus d’exigence de qualité comme davantage d’expérimentation, c’est en tout cas ce que je souhaite.

 

 

 

 

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