Gros Plan sur la Distillerie GLEN MORAY

 

GROS PLAN SUR la Distillerie Ecossaise GLEN MORAY :

 

 Première mise en ligne le: 18/04/2017

Mise à jour du: 1811/2017

 

AVANT-PROPOS :

 

A l’occasion du 120 ème anniversaire de la création de la distillerie GLEN MORAY, fondée en 1897, mais aussi de l’opportunité qui m’a été donnée encore en 2016 de déguster des échantillons de fût parfois rares, j’ai pensé que le temps était venu de mettre un coup de projecteur sur cette distillerie encore trop méconnue et souvent regardée de haut qu’est GLEN MORAY.

 

 

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Le GLEN MORAY 12 ans d'âge, un joli single malt apéritif, le fleuron de la gamme régulière depuis longtemps, ici en version relookée l'an dernier, au sein de la nouvelle collection "Elgin Heritage".

 

 

 

Oui, au-delà de la gamme régulière, qui a d’ailleurs quelque peu évolué ces dernières années, il semble clair à votre serviteur que les chais de cette distillerie regorgent de distillats intéressants, de whiskies jeunes ou vieux de qualité et que, par ailleurs, malgré les contraintes établies par son propriétaire, son maître-distillateur & directeur, Graham Coull (qui n’est jamais que le 5 ème dans l’histoire de la distillerie !) sait régulièrement les mettre en valeur.

 

En édition régulière comme en édition limitée (single-cask ou pas…), Graham Coull peut visiblement faire de belles sélections, comme j’ai pu encore le constater récemment, par exemple lorsqu’il apporte des échantillons de fût hors commerce qu’il fait généreusement déguster lors de certains salons du whisky de par le monde. Un grand merci donc à ce véritable « génie » assembleur et sélectionneur de fûts, dont j’avais fait le portrait sur le site il y a quelque temps.

 

 

 

 

 

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Graham Coull, l'homme derrière le style GLEN MORAY, ici dans un des chais traditionnels ("dunnage warehouse"). Merci à lui pour la photo.

 

 

 

 

-Voir son PORTRAIT (ancien): Graham COULL (Portrait)

 

Au-delà de ce « Gros plan », vous trouverez en lien ci-dessous une INTERVIEW récente de Graham Coull, puis TOUTES mes NOTES DE DEGUSTATION (soit 31 notes + 3 associées) concernant la distillerie GLEN MORAY, révisées et parfois augmentées !

 

-Voir son INTERVIEW (récente-also available in ENGLISH) :

Graham COULL (Interview)

 

Parallèlement l’EDITORIAL N° 21 comportera uniquement des notes de dégustation de divers whiskies de l’Ecosse et du Monde, en une première sélection, cette fois consacrée en grande majorité aux BLENDED WHISKIES.

EDITORIAL 21 (et page d'accueil)

 

RAPPEL:

 

Rappel de mon BAREME DE NOTATION à toutes fins utiles (rappelons que ma moyenne est de 75/100, et non de 50/100, un choix personnel):

Mon BAREME de NOTATION/My SCORING SYSTEM

 

 

 

BREF HISTORIQUE DE LA DISTILLERIE:

 

Fondée en 1897, la distillerie GLEN MORAY est située dans la région du Speyside, le long de la rivière Lossie, près d’Elgin, dans le comté du Moray-Shire, sur le site d’une ancienne brasserie, la « West Brewery », remontant à 1828. La distillerie produit beaucoup de whisky pour les « blenders » (assembleurs), et embouteille une partie de son single-malt sous le nom de GLEN TURNER pour les grandes surfaces. Propriété de la famille MacDonald & Muir depuis 1920, et ce au sein du portefeuille de GLENMORANGIE Plc (qui comprenait à l’époque également les distilleries ARDBEG & GLENMORANGIE) qui en demeurera le propriétaire jusqu’en 2008 (incluant son rachat par LVMH), la distillerie sera vendue alors au groupe français LA MARTINIQUAISE, qui produit notamment le blended whisky « LABEL 5 » dont le cœur est GLEN MORAY. Il entre également dans la composition du prestigieux blended whisky « HIGHLAND QUEEN » (un whisky créé en hommage à la reine Marie d’Ecosse), plus connu en Grande-Bretagne (et dans une quarantaine d’autres pays….) que chez nous.

 

 

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Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci à Graham Coull.

 

 

Parmi les faits à signaler dans le passé de la distillerie, il est à noter qu’elle fut fermée de 1910 à 1923, pour des raisons économiques, et que son maltage manuel fut progressivement abandonné à partir de 1958, au profit du procédé mécanique dit Saladin (commun aux 3/4 des distilleries actuellement). L’on peut également mentionner que les chais (pour beaucoup des chais traditionnels ou « dunnage warehouses ») sont construits en zone inondable et que l’humidité semble influencer le caractère du distillat, en tout cas c’est l’hypothèse émise par le maître-distillateur Graham Coull. Enfin, GLEN MORAY n’est vendu en tant que single malt que depuis 1976.

La distillerie a donc été rénovée en 1958, puis également en 2016 avec l’installation d’une nouvelle cuve de brassage de 11 tonnes (« full lauter mash tun ») et de cuves de fermentation (« stainless steel washbacks »). Les alambics ont été rénovés et optimisés pour au final avoir 9 alambics à disposition, soit 3 alambics de « Wash » et 6 de « Spirit », pour une capacité de production de désormais 4,7 à 6,5 millions de litres d’alcool pur au lieu de 3,3 millions précédemment. Le groupe propriétaire entend ne pas s’arrêter en si bon chemin et envisage d’autres travaux d’extension de la capacité de production afin d’être en mesure de produire 9 millions de litres dans un avenir proche. D’ores et déjà les travaux effectués en 2014 et 2016 ont permis d’accroître la capacité de stockage sur site à 250000 fûts.

 

 

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Une vue dessinée de la distillerie telle qu'elle devait l'être en 1924. Merci à la distillerie pour la photo.

 

 

 Suivant l’exemple de la « distillerie-sœur » du groupe, à savoir GLENMORANGIE, la distillerie fut l’une des pionnières (et la première de la région du Speyisde) en matière de double maturation, affinage et maturation intégrale en fûts ayant contenu du vin & du vin blanc en particulier, du Chardonnay, notamment, et du Chenin blanc), puis du vin mûté (Porto, Sherry), ce dès la fin des années 1990 (en 1999, pour le Chardonnay-une version qui fut relancée à nouveau en 2011). A l’époque, la gamme régulière comportait un whisky sans mention d’âge, des 8, 12 et 16 ans d’âge, ainsi que des éditions limitées en vente à la distillerie ou au-delà, notamment un 20 ans d’âge millésimé « 1984 », puis plus tard notamment deux fameux single-casks, le « Mountain Oak Malt » et un 12 ans d’âge « Single Sherry Cask », que votre serviteur a eu la chance de déguster.

Signalons également parmi les sorties importantes, 3 sorties sous l’égide de son nouveau prorpriétaire LVMH, à l’occasion du rachat de la distillerie en 2004, à savoir une version brut de fût (« Cask Strength ») millésimé « 1986 », un 20 et un 30 ans d’âge, puis l’année suivante une version « Manager’s Choice » sélectionnée par le maître-distillateur Graham Coull (elle sera renouvelée l’année d’après) puis en 2006 notamment deux millésimes « 1963 » et « 1964 ». Un 25 ans d’âge affiné en fûts de Porto (« Portwood finish ») sortira en 2013 (une première édition qui en sera suivie d’autres).

 

 

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Les alambics de la distillerie © GLEN MORAY. Merci à la distillerie pour la photo.

 

 

 Le single malt GLEN MORAY n’est traditionnellement pas tourbé en tout cas depuis l’époque contemporaine, mais en 2009, des expérimentations ont débuté en ce sens et une version officielle sans compte d’âge de la gamme courante « Elgin Classic » nommée « Peated » (à 50 ppm) a été lancée en 2015, en attendant d’autres. En 2016, environ 20 % de la production de la distillerie a été consacrée à élaborer un malt tourbé. D’autres expérimentations sont actuellement effectuées en 2016 et en ce moment même, notamment à partir de fûts ayant contenu de la bière, du rhum (de chez Depaz) ou encore plusieurs types de vins qui seront ensuite assemblés en une édition unique.

 

 

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Une vue des chais de type traditionnel ("dunnage warehouse") de la distillerie  © GLEN MORAY. Merci à la distillerie pour la photo.

 

 

Des éditions limitées sont régulièrement lancées (en single-cask ou en small batch), comme par exemple une très belle version millésimée « 2004 » affinée en fûts de Madère nommée « Madeira Cask Finish », sortie en 2015 (voir notes de dégustation plus loin), ainsi que d’autres en fûts de Sherry ou Porto, mais aussi parfois en fûts ayant contenu du Moscatel ou du vin rouge de différentes régions. Par ailleurs une nouvelle gamme officielle, la collection « Elgin Heritage », est lancée en décembre 2016, comprenant deux versions réduites à 40 %, un 12 ans et un 15 ans d’âge, ainsi qu’un 18 ans d’âge (non filtré à froid cette fois) titrant 47,2 % (en édition limitée).

 

 

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Trois versions de GLEN MORAY avec affinages sorties ces 2 derrnières années: De gauche à droite, affinage Porto, puis affinage Sherry, puis enfin en fûts ayant contenu du Madère (cette dernière étant un single-cask). Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

Les single-malts GLEN MORAY sont distribués en France par La Maison Dugas, via notamment les chaînes Le Repaire de Bacchus & Le Comptoir Irlandais, entre autres, ainsi que pour certaines de ses références, les grandes et moyennes surfaces. D’une production d’environ 5,7 millions de litres, la distillerie fête ses 120 ans en 2017, et accessoirement son 5 ème maître-distillateur seulement depuis son ouverture, à savoir Graham Coull.

 

 

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Une des dernières créations de Graham Coull, le nouveau 18 ans d'âge, qui titre à 47,2 % ! Merci à la distillerie © GLEN MORAY pour la photo. 

 

 

 

MES NOTES DE DEGUSTATION :

 

Il s'agit d'une synthèse de TOUTES MES NOTES DE DEGUSTATION des whiskies GLEN MORAY, d'abord en version officielle, puis de négoce, puis enfin de quelques autres whiskies associés à la marque. Les notes ont été révisées, parfois augmentées, grâce à de nouvelles dégustations, le cas échéant. Encore un grand merci à la grande générosité de Graham Coull pour tous ces échantillons depuis plus de 15 ans que je suis la distillerie...

 

 

-GLEN MORAY officiel 12 ans, version en partie vieillie en fûts de CHENIN BLANC, début des années 2000, 40 % : Bref commentaire : Un scotch très rond, vineux, avec des notes un peu désagréables au départ, surprenantes, très vineuses (entre notes butyriques et résinées), puis on adhère ou pas : Saveurs de miel de bruyère, peut-être de sherry, légèrement fumé. Il est assez équilibré. Je reste mitigé sur cette version marquée par le fût (pas mal de bois) et le vin (presque résiné). Dégusté en Ecosse, chez GLENMORANGIE, en 2002. Entre 26 et 40 € à sa sortie. Notes sous réserve (anciennes, malgré une 2 ème dégustation en 2004): 83?/100

ENGLISH SUMMARY: Now almost a collector’s bottling, when I tasted it long time ago, it failed to impress me because of its unbalanced winey & resinous notes (some really liked it though!), a bit unusual…But to be honest I also wrote that it had a nice balance (even if the wood & resinous note are a but overwhelming) & some heather honey notes, a trace of sherry and maybe even a hint of smoke! For collectors & amateurs of French “vin jaune”.

 

 

 

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-GLEN MORAY officiel 16 ans, version en partie vieillie en fûts de CHENIN BLANC, 40 % : NDLR : Cette version s’avère plus généreuse que le 12 ans (sur les mêmes saveurs en bouche, mais avec plus de profondeur). Toujours cette note vineuse un peu gênante (encore une fois presque résinée), un peu atténuée. Par contre, dans l’ensemble, aromatiquement parlant, elle semble un peu trop retenue. Peut-être qu’une version réduite à 43 % ou à 46 % serait plus expressive ? Dégusté en Ecosse, chez GLENMORANGIE, en 2002. Notes anciennes, ce malgré une 2 ème dégustation en 2004, donc sous grande réserve. 52 à 60 €, cavistes - Une version qui se fait rare (avis aux amateurs). Note Sous Réserve: 87 ?/100

ENGLISH SUMMARY: Same odd notes than the previous one (12 yo) but this one it’s deeper & more gourmet it seems, for those who like French “yellow wine”. Once again though we miss a more generous ABV…

 

-GLEN MORAY officiel 12 ans, version intégralement vieillie en fûts de BOURBON, embouteillée en 2007, 40 % : A noter : Cette version ainsi que les trois qui suivent témoignent de la nouvelle orientation prise par la nouvelle direction de la distillerie (Graham COULL est en effet depuis Août 2005 le nouveau Master-Distiller, et il a supprimé à l’époque les affinages en fûts de vin…mais cela n’est plus d’actualité…).Couleur : Or soutenu. Nez : Solvant, agrumes, orge maltée…plus du tout cette note vineuse désagréable. Une finesse et une légèreté à la fois rares ensemble chez d’autres whiskies de cet âge. Bouche : D’une légèreté et d’une finesse assez confondante (on a l’impression que c’est un 30 ans, un peu évaporé certes…). Fin boisé, notes vanillées légères, herbes, fruits secs. Très beau fondu des saveurs. Tenue à la dilution : Excellente, ouvre les notes boisées et maltées. Conclusion : Une belle surprise que ce nouveau 12 ans, et à mon avis une très nette amélioration de toute la gamme, en commençant par celui-ci. Un peu trop discret, certes, mais très beau ! Autour de 26/40 €, cavistes/Note confirmée : 86,5/100

ENGLISH SUMMARY: An interesting renewal of the 12 y.o. now more ex-Bourbon oak driven, and we won’t complain (except maybe for the low ABV). Vanilla, herbs, sweet oak, malt & dried fruit is what you’ll get, along with some citrus fruit. Great balance. Less estery than recent batches.

 

 

 

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-GLEN MORAY officiel 16 ans, version intégralement vieillie en fûts de BOURBON, embouteillée en 2007, 40 % : Couleur : Or à vieil or, reflets ambrés. Nez : Notes fondues entre elles, un peu plus boisées que le 12 ans, notes de fruits secs, d’agrumes, d’orge maltée, peut être aussi des notes de brioche tressée (avec une pointe d’angélique, de pommes cuites. Très fin et engageant. Bouche : Plus généreux et plus profond que le 12 ans, il développe en bouche les notes du nez, avec onctuosité et générosité, jusqu’à la finale douce et longue, sur des notes très finement fruitées, boisées et maltées. Superbe. Tenue à la dilution : Très bonne, et donnant plus de « volume » au malt, avec comme un faux air de The BALVENIE 12 ans « Double-Wood ». Conclusion : Un très beau 16 ans, qui fait bien monter en expressivité et qualité la gamme. Très cohérent et très équilibré. Avec une envie de « revenez-y » à la dernière gorgée ! Prix entre 55 et 60 € de nos jours. Note confirmée : 92,5/100

ENGLISH SUMMARY: A great batch & great improvement on the previous 16 y.o. . A nice complex & refined combo with dried fruit, citrus fruit, malted barley, cooked apples, and on top of it seductive brioche & angelica notes, a bit like in the BALVENIE 12 y.o. “Double-Wood”. Long & savoury finish, quite appealing.

 

-GLEN MORAY officiel 16 ans, édition 2010, 40 % : Couleur : Or, à reflets dorés. Nez : Premier nez fuyant, étonnamment (rien à voir avec la version 2008 précédemment testée). Floral (foin coupé), miellé, fruité, mais assez léger (un peu trop à mon goût). Bouche : Douce, miellée, florale, puis plus épicée, marquée par les fûts de Bourbon. Moins de corps que dans mon souvenir (et probablement que dans la version 2008), peut-être du caramel ajouté car je sens une note huileuse et sucrée qui n’est pas naturelle. Une bouche un rien alcooleuse et acide. Tout de même des notes plus précises parviennent à s’imposer en finale, de pommes Golden, de vanille et d’un soupçon de noisette. Le miel d’acacia vient couronner le tout, comme une signature du caractère de la distillerie. Finale sèche et épicée. Tenue à la dilution : Devient plus souple et gourmande, mais on est loin de la version 2008 testée. Des notes supplémentaires apparaissent, mais avec discrétion (agrumes en sorbet, pointe d’angélique). Compote de pommes. Conclusion : Un GLEN MORAY normalement de grande qualité mais ici en version quelque peu édulcorée, très correcte mais pas aussi « pure » que la version dégustée en 2008 (qui avait obtenu la note de 92,5/100). Prix autour de 55 à plus de 60 €, en 2010, cavistes -Note confirmée : 84,5/100

ENGLISH SUMMARY: A different batch here, with less oomph & glory (a bit too much E150 maybe & too sugary/spirity), yet still a nice single malt focusing on apples compote, citrus fruit & vanilla. Neither really average, nor stellar. The 12 y.o. (on a good batch) is a better value than this one.

 

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

-GLEN MORAY officiel Millésimé «1984 » (20 ans), version vieillie en fûts de BOURBON de 1er et 2ème remplissage, Edition limitée, 40 % : Couleur : Jaune clair, très clair, mais soutenu, brillant (miel d’acacia, ni plus ni moins) Nez : Etonnant, original, marqué d’emblée par des notes florales (miel d’acacia, voire églantine ?). Il est également marqué par un fruité très orienté vers les agrumes à tendance citrique (citron avec son zeste, pamplemousse). Bouche : D’abord herbacée, elle est marquée par les agrumes (citron meringué, pamplemousse), et une sensation citrique légèrement piquante, presque effervescente, épicée, associée aux agrumes. Il y a aussi des notes de foin frais, de malt, et toujours cette note de miel d’acacia sous-jacente. L’impression d’effervescence et la dominante citrique/herbacée donnent l’impression que le whisky est plus fort en degré qu’il ne l’est en réalité. Tenue à la dilution : Bonne, et …salutaire ! Conclusion : Une version étonnante, assez intéressante, qui emmène GLEN MORAY, non loin d’une certaine distillerie des Highlands du Nord, mais sans la tourbe. Devinez laquelle…A la longue l’évolution de ce GLEN MORAY est très positive, et de nouvelles dégustations confirment qu’il est non dénué de complexité, et procure un certain plaisir, différent des expressions classiques (12 et 16 ans). NDLR : Un grand merci à Graham COULL, le directeur de la distillerie pour cette belle dégustation verticale (Salon DUGAS, Paris, Octobre 2007). Prix sous réserve, d’environ 80 € à l’époque (2007). Note confirmée : 92,5/100

ENGLISH SUMMARY: A very special one, somewhere between the grassy/spicy austerity of a single barrel THE BALVENIE & some indie CRAIGELLACHIE. Mainly citrusy, herbal & spicy driven (even a bit fizzy), it has some Northern Highlands charm & a nice acacia honey note on top of a vanilla & fresh cut hay notes. On the palate it feels more than its 40 %, so don’t hesitate to add a few drops of water, it swims well…

 

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

-GLEN MORAY officiel 16 ans (Dist. March, 15, 1991- Bott. Feb. 7, 2007), « MOUNTAIN OAK MALT» (THE FINAL RELEASE), « Distillery manager’s choice », SMALL BATCH, élevé en New OAK Casks *(1158 bouteilles), Non chillfiltered, CASK STRENGTH à 58,6 % : A noter : Cette version supervisée par Graham COULL, le directeur et maître-distillateur depuis 2005, a été réalisée à partir de 6 fûts, 3 fûts fortement brûlés (« Heavily Charred Casks ») et 3 fûts légèrement brûlés (« Lightly Charred Casks »).Elle n’est disponible à la vente qu’à la distillerie. A noter que la bouteille ne porte pas la mention du pourcentage d’alcool sur l’étiquette. La mise en bouteille a été manuelle. Merci beaucoup à Graham COULL pour cette dégustation très spéciale. Couleur : Ambrée, à reflets dorés profonds. Nez : Etonnant, marqué par le chêne frais, très présent, même s’il a été brûlé. Un nez nord-américain presque. Entre Bourbon et Rye, sans la vanille et les fruits rouges ! Dominantes, les notes de pin, de menthol, voire d’eucalyptus frais associées à des notes d’agrumes, nous emmènent sur des terrains inhabituels. Bouche : Toute aussi originale, elle est assez sèche sans eau, très épicée, et ses notes de pin très vives. Comme des pastilles pour soigner un rhume… ! Tenue à la dilution : L’eau restitue bien la complexité et l’originalité de la palette. Le pin, dominant, se partage la vedette avec les agrumes (citron en tête), les herbes, les épices (girofle, muscade, voire gingembre sec ?), et quelque chose de « crayeux », de minéral en plus. Le chêne est bien présent, mais avec l’eau, une belle texture envahit la bouche, la tapisse littéralement, entre velours et satin, véhiculant avec plus d’harmonie les saveurs. Conclusion : Une expérimentation intéressante qui éloigne GLEN MORAY des sentiers balisés des malts écossais, pour leur ouvrir la porte vers les grands espaces nord-américains ou les conifères abondent, mais pas seulement. Dégusté sec, il évoque plus certains Bourbons secs et très entiers (comme le KNOB CREEK 9 ans, par exemple) ; dégusté dilué, il me fait davantage penser à des tableaux qu’à un whiskey particulier. Il m’évoque l’« Hudson River School », et plus précisément à certains tableaux d’Albert BIERSTADT, comme par exemple celui intitulé « Among the Sierra Nevada Mountains » (1868). Disponible lors de sa sortie uniquement à la distillerie (édition limitée) pour un prix d’un peu plus de 100 €…   Note confirmée = 95/100

ENGLISH SUMMARY: This distillery-only bottling shows a very special profile, with complex oak notes on command (pine, eucalyptus, fresh cut oak) & some (Compass Box) “Spice Tree” notes as well (cinnamon, cloves, nutmeg, dried ginger), making it very “American” in a way. The pine & citrus fruit notes are straight forward notes here. This is in fact very close to some dry Bourbons such as old 9 y.o. KNOB CREEK, but with more complexity & a seductive satiny/velvety texture on the palate. A great one, but not for new comers to whisky.

 

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel « 1995 », 12 ans (Dist. 12 Oct. 1995 -Bott. 2008), « SINGLE SHERRY CASK » (SHERRY BUTT, CASK N° 7249, ayant donné 592 bouteilles), « DISTILLERY MANAGER’S CHOICE », Non chilll filtered, CASK STRENGTH à 59,6 % : NDLR : Cette version supervisée par Graham COULL, le directeur et maître-distillateur, a été réalisée à partir d’un fût unique de SHERRY, et embouteillée à la main (« Hand bottled »). Couleur : Ambrée, avec des reflets évoquant le chocolat. Nez : D’abord un rien agressif, alcooleux et même un peu soufré, il est ensuite plus doux, développant des arômes boisés et chocolatés de toute beauté. Les notes de Sherry, très riches et très nobles, arrivent ensuite, avec des connotations orientales (fruits secs, dont dattes, raisins secs, figues) et un retour du chocolat et d’orge maltée (voire même de pudding anglais). Bouche : Epicée (gingembre), vive, elle s’apaise un peu toutefois démontrant une belle maîtrise tant de l’alcool que du bois. Le Sherry rentre dans le rang (mais avec un beau fruité), en intégrant les notes boisées, chocolatées, maltées, sans trop de tanins. Impressionnant, même sans dilution. La finale est gourmande, sur un Sherry magistral. Persistante, elle est tour à tour sèche, épicée, suave, et presque ronde ! Tenue à l’aération : Les notes huileuses (rappelant la pâtisserie grecque nommée « Halwa noir ») et chocolatées, maltées, se développent avec bonheur…quelle promesse de plaisir ! Tenue à la dilution : A pratiquer avec précaution, elle n’est pas indispensable, mais souhaitable, à très petite dose, et dans ce cas, ce qui survient est magnifique. Un très beau dialogue s’installe entre les notes boisées, fruitées (Sherry) et chocolatées, luxuriantes, et il ne reste plus qu’à s’en délecter ! Conclusion : Une belle démonstration de force, de finesse et de savoir-faire. Je ne le répèterais jamais assez, mais il est clair que GLEN MORAY est sur la pente ascendante, et se hisse désormais aux tous premiers rangs ! Bravo Graham…Prix n.c. /Voir à la distillerie – Merci à Graham COULL de m’avoir permis de prolonger la dégustation du Salon DUGAS 2008 par un échantillon de cette version / Note confirmée : 96/100

ENGLISH SUMMARY: This distillery-only bottling is a stunner, showing very nice sides of sherry. Once passed the first spirity & sulphury touches, it is complex, rich & gourmet, with red fruit as well as chocolate notes (a festival of dates, figs, sultanas, malted barley, Christmas Pudding, Greek black Halwa pastry, etc…). It is spicy as well (lots of ginger) but with a dash of water (not more) this is magnificent. The wood, the sherry & the chocolate notes are melted together with a great balance & finesse, so well done, Graham !

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel « 1971 » 37 ans (2008), BOURBON & SHERRY HOGSHEADS, NATURAL CASK STRENGTH, d’environ 54 % : A Noter : Cet échantillon que l’on pourrait qualifier de « Distillery Manager’s Choice », présenté au Salon DUGAS 2008, n’a à ma connaissance jamais été commercialisé.

Couleur : Ambrée.

Nez : Très marqué par le Sherry, mais quel Sherry ! Très riche et très fin, c’est un Sherry qui apporte des notes de fruits mûrs, de fruits secs, avec de très belles notes vineuses intégrées à un boisé superbement maîtrisé une fois encore, et avec le bénéfice ici de l’âge, qui apporte une très belle profondeur à l’ensemble. L’orge maltée, le chocolat et un très léger voile de fumée complètent ce séduisant tableau. Très bel équilibre.

Bouche : D’une grande magnificence. L’élégance, la maîtrise, la générosité sont les maîtres mots ici. La noblesse des notes issues de l’élevage en fûts de Sherry s’ajoutent à celles issues de l’élevage en fûts de Bourbon, un mariage pour le meilleur ! Sherry et malt sont donc à l’unisson, et de manière générale toutes les notes sont fondues de manière exemplaire, avec une belle générosité fruitée et une profondeur boisée abyssale. La finale est tout aussi gourmande, très longue et quasi-extatique ! Tenue à l’aération : C’est en effet un malt qui a besoin d’un peu de temps pour dévoiler ses trésors !

Tenue à la dilution : Fantastique, vraiment…Tout y est magnifié, amplifié, mais attention n’abusez pas de l’eau, s’il vous plaît, car ce serait dommage, servez la plutôt en parallèle, et dosez votre whisky « au bouchon », il n’y a rien de mieux et de plus accessible à tous…

Conclusion : La légion d’honneur pour le maître-distillateur qui a créé ce bijou ? Sûrement, mais restons calme ! Disons au minimum qu’il doit impérativement le mettre en bouteille, sinon ce serait du gâchis ! Attention, chef d’œuvre… (Dégusté au Salon Dugas en octobre 2008) 

Note sans aucune réserve !: 98,5/100 & H. C. (Hors Catégorie) –Figure dans ma liste des 75/2800 whiskies jamais dégustés.

ENGLISH SUMMARY: This sample was drawn from an pair of casks just to show some people how an old GLEN MORAY cask can be awesome, outstanding and blow you away ! This unreleased whisky has more complexity, depth & balance than the 1995 vintage just reviewed above, with some beautiful malted barley notes added to the (mostly but not only) sherry driven profile (with lots of chocolate, red fruit, etc…). Just a few drops of water (more will kill it) and this gem will reveal all its beauty & grandeur…underlined by the tiniest & classiest veil of smoke. A masterpiece awarded in my website among the 75 most beautiful whiskies I have tasted so far, out of 2800 ! 98,5/100 & B.a.C. (Beyond any category)-Included in my TOP 75 whiskies (out of 2800) tasted so far.

 

 

 

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Un autre millésime "1971", qui lui a pu être mis en bouteille en 1999 (mais réduit à 43 %).

 

 

 

-GLEN MORAY officiel sans indication d’âge (environ 12 ans) « CHARDONNAY FINISH » (6 mois), CASK STRENGTH, 60 % -Preview Sample (Bottled 14/12/09–« Edition 2011 ») : A Noter : Il s’agit d’une bouteille samplée en avance de l’édition officielle qui aura lieu en Janvier 2011. L’assemblage est constitué de 25 % de fûts millésimés 2001, 75 % de fûts millésimés 2002 et de 30 % de fûts millésimés 2003, soit un âge plus proche de 7-9 ans que de 12), puis 6 mois d’affinage en fûts de Chardonnay. Notes succintes : Couleur : Vieil or. Nez & Bouche : Belles notes de foin coupé, vanille, agrumes, miel, avec une intégration parfaite du Chardonnay. Pas très complexe, plutot lisse, mais très fin. Long et doux. Tenue à la dilution : Excellente. Donne une tonalité crémeuse et fraîche au profil aromatique. Conclusion : Remarquablement assemblé et conçu, encore une fois. Bravo à Graham COULL et ses doigts d’or, encore une fois ! Hélas il semble que cette version n’ai jamais été commercialisée en France ou de manière très confidentielle… *Avertissement : Je n’ai jamais pu mettre la main sur une bouteille même via les cavistes partenaires de la Maison Dugas. Il semble que cette dernière a préféré abandonner sa commercialisation finalement…Fort heureusement, une autre version a été conçue en 2016 pour être vendue uniquement à la distillerie cette année 2017.…à suivre !– Dégusté au Salon DUGAS Paris 2010 - Note Sous Réserve : 92/100

ENGLISH SUMMARY: This sample was drawn from a single cask as an advanced cask strength sample in order, I believe, to test the professional audience’s interest in a whisky & wines show in Paris in late 2010. Unfortunately it doesn’t seem to have been eventually bottled or very restrictedly. It’s a pity because I like it a lot. It’s a mix of different vintages from 2001 to 2003 (average age 7 to 9 y.o.) on a Bourbon maturation basis & then finished for 6 months in Chardonnay (white French wine) casks. Honey, fresh cut hay, vanilla, citrus fruit & yellow flowers (the Chardonnay influence remains discrete but nice) is what you’ll get in this if only you can find it!

 

 

  glen moray cs chardonnay salon dugas 2010

 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

-GLEN MORAY officiel millésimé « 1995 » sans indication d’âge (environ 12 ans) « PORTWOOD FINISH », CASK STRENGTH, 57 % - *Preview Sample (Bottled 12/10/09 - Edition 2011) : Notes succintes : Couleur : Vieil or.Nez : Parfumé, voire capiteux. Dense et avec des épices douces en premier plan. Bouche : Très douce et fruitée. Tenue à la dilution : Belle présence en bouche, avec un rien d’exubérance fruitée et florale, et une texture comme veloutée. Conclusion : Encore un excellent parti pris. Le Porto s’adapte bien au caractère de la distillerie. Prix n.c. (même problème de commercialisation semble t’il abandonnée que la version «  CHARDONNAY finish » brut de fût)– Dégusté au Salon DUGAS, Paris, 2010 - Note Sous Réserve :  91/100

ENGLISH SUMMARY: This sample was drawn from a single cask as an advanced cask strength sample in order, I believe, to test the professional audience’s interest in a whisky & wines show in Paris in late 2010. Unfortunately it doesn’t seem to have been eventually bottled or very restrictedly. It’s a pity because I like it too, just like the one mentioned above, for its velvety texture, sweet spices, heady flowers & candied fruit. The port seems to marry well with the GLEN MORAY distillate. Another great one-off !

 

 

 

glen moray 1995 cs portwood au salon dugas 2010

 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel « CLASSIC » sans mention d’âge (environ 5 ans), édition 2012, 40 % : Notes succintes : A noter : Certaines sources –T.W.E. pour ne pas les nommer….-mentionnent en 2017 qu’il s’agirait en fait d’un 7 ans d’âge, en partie élevé en fûts de Bourbon de premier remplissage. Brefs commentaires : Une version pas inintéressante, malgré son absence de compte d’âge et positionnement en bas de gamme. En revanche, cette version est clairement proche d’un new make, aromatiquement parlant. Agrumes, foin coupé et orge arrivent à se faire entendre un peu, mais ce sont les notes issues de fûts de Bourbon de 1er remplissage qui dominent. Pas encore très équilibré ni mature. Prix autour de 20/25 €/Dégusté au Salon « Club Expert » Dugas 2012/Note sous réserve estimée à 80/100

ENGLISH SUMMARY: Obviously (just nosing it) the youngest of the range (some say 5 y.o., other sources mention rather a 7 y.o.) and it shows. Yes it’s close to a new make, but the distillery’s house style is starting to show (citrus fruit, fresh cut hay, honey, malted barley) beyond the yeasty notes. I heard that there is a high rate of 1st Fill Bourbon casks in the mix, and I agree, it shows as well delicate estery notes. That makes it really charming, despite the low ABV, the little lack of balance & of power. The 8 y.o. “Classic” is a better value in my opinion.

 

 

-GLEN MORAY officiel 8 ans, édition 2010, 40 % :

Couleur : Or clair, à reflets dorés. Nez : Typique des élevages en fûts de Bourbon de la distillerie (majoritaires).Vanille, agrumes, miel d’acacia, herbes sauvage et épices mènent la danse, avec au second plan des notes acidulées et rondes (esters) correspondant à la part de fûts de premier remplissage de l’assemblage (Bourbon). Bouche : Belles notes maltées, vanillées, de foin coupé, d’agrumes, d’épices douces, fleurs & herbes fraîches, ce en un bel équilibre. Fait presque impression d’un whisky à 43 % et non 40 %. Tenue à la dilution : Excellente, ravivant les notes épicées et boisées d’un côté, et les agrumes et les fleurs de l’autre. Conclusion : Une version plus mature et bien mieux équilibrée que le « CLASSIC » et qui a visiblement pris de l’assurance au fur et à mesure des années. Hélas pas sûr qu’elle existe encore officiellement en 2017…Il me semble qu’en entrée de gamme il n’existe plus que le « Classic », sans mention d’âge, et le nouveau 12 ans de la gamme « Heritage collection », mais c’est à confirmer. Prix autour de 30 €/Dégusté la première fois au Salon « Club Expert » Dugas 2012/ Note confirmée : 89/100

ENGLISH SUMMARY: Don’t know if this expression will last long, with the arrival of the 3 new references of the “Heritage Collection”, but if you come across a bottle, grap it, as I consider it as the best value in the entry level part of the distillery’s offer, along with the new n.a.s. “Sherry cask finish” expression. This 8 y.o. displays a lot of typical notes from the distillery, this blend of fresh cut hay, dried & fresh herbs, acacia honey, country flowers & citrus fruit as well as vanilla topping it all with delicacy. Recommended !

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci à Graham Coull.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel 10 ans « CHARDONNAY CASK MATURED », édition 2012, 40 % : Notes succintes :

(d’autres notes à venir) : Couleur : Or vif. Nez  & Bouche/Conclusion : Cette version a beaucoup de séduction au nez (fleurs capiteuses, fruits jaunes dont pêche et coing, vanille, foin coupé, vin de chardonnay), mais malgré son équilibre et son charme indéniable, s’avère très vite faible et quelque peu aqueuse en bouche (en milieu et fin de bouche), la faute probable à la dilution à 40 % au lieu de 46 %. J’ai testé la version brut de fût en 2010, une version assez phénoménale tellement elle était expressive et aboutie. Malheureusement il y a eu quelques couacs dans sa commercialisation ce qui fait que peu de gens ont pu mettre la main dessus. Quel dommage ! Mais restez à l’écoute, car l’histoire de s’arrêtera peut être pas là finalement…. ! Prix autour de 35/40 €/Dégusté au Salon « Club Expert » Dugas 2012/Note sous réserve : 83 ?/100

ENGLISH SUMMARY: A very balanced & pleasant expression, with lots of fruit (I love those quince & yellow peaches notes!) & heady flowers in there, some wine influence as well, but alas with a too much reduced ABV in my opinion (it would have been fantastic at 46 or 48 %). It gets too quickly watery. I preferred to this the Cask strength advanced sample (reviewed above) but unfortunately couldn’t get me a bottle of this rare gem. But…stay tuned, as the story may not finish there!

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci à Graham Coull.

 

 

-GLEN MORAY Officiel/Rare Vintage 25 ans, Limited Edition “PORTWOOD FINISH”, distilled in 1986, bottled 2012 (sortie en France en 2013), 43 %:

A noter: Il s’agit d’une édition limitée élevée majoritairement en fûts ayant contenu du Bourbon puis ensuite transférée dans des fûts ayant contenu du Porto.

Avertissement: La première dégustation eu lieu dans le cadre du Salon Club-Expert Dugas, espace bar Collector’s, en 2013. La bouteille avait été aérée longuement en raison, d’après le barman, d’une odeur gênante provenant de la bouteille. La dégustation a été problématique. Depuis, heureusement, j’ai eu la chance de déguster un échantillon de fût millésimé “1988” et brut de fût & “Portwood” (voir plus loin) noté 88/100.

Couleur: Vieil or, à reflets dorés, voire orangés. Nez: Joli nez fruité, floral et assez boisé, très fondu. Il met un certain temps à s’ouvrir. Bouche: Attaque en partie réussie (fruitée, florale), puis très vite je détecte un problème lié au boisé des fûts de cet assemblage. Un goût de moisi & une note poussiéreuse envahissent le palais et se mêlent aux notes vineuses du Porto et détruisent l’harmonie de l’ensemble. Cela domine très vite toute autre note, apporte de l’astringence et de l’amertume prononcée et rappelle les mises défectueuses de certains ARDBEG « Ten » il y a quelques années, qui vont au-delà d’un goût bouchonné. Pour moi il y a un souci avec les fûts de Porto et peut être avec la durée de vieillissement secondaire. Tenue à la dilution : Cela ne s’est pas arrangé avec l’ajout d’eau, l’amertume devenant flagrante, le boisé désagréable. Conclusion : Une bouteille, voire une version qui a posé problème. Il me semble avoir dégusté un autre millésime, le « 1988 », qui avait semble t’il le même souci. Dans les deux cas les conditions de dégustations n’étant pas idéales, je n’ai pas pu évaluer correctement ce whisky, aussi je ne peux lui donner de note, ni le recommander bien évidemment. Pas de notes chiffrées/No rating.

ENGLISH SUMMARY: A difficult bottling, probably due to some cask flaws (on 2 different batches, the worst being the “1986” vintage), giving unpleasant musty & dusty notes to the spirit (something close to a “corked” effect). It gives more & more astringency & bitterness to it and leaves an unpleasant impression on the palate. Fortunately, I’ve tasted a much more convincing & clean version of this 25 y.o. Portwood more recently (2016), so hopefully in the future this problem should be solved on the next bottlings. Let’s cross fingers…

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci à Graham Coull.

 

 

 

 

-GLEN MORAY officiel n.a.s. millésimé « 2006 » (environ 9 ans) « BANDOL CASK FINISH », échantillon de 2015, version expérimentale (à priori hors commerce) réduite à 46 % : Notes succintes : Couleur : Vieil or, à reflets cuivrés. Nez  & Bouche/Conclusion : Cette version a une certaine séduction au nez (fleurs capiteuses, notes de vin de BANDOL assez importantes, très fruitées) et en bouche, et d’avère d’une finesse et d’une légèreté étonnantes. Certes son caractère vineux est assez présent, mais il rappelle certaines finitions au Moscatel mais sans l’excès de sucrosité ou de fruits rouges trop exubérants. Assez équilibré, il aurait pu être mis en bouteille tel quel avec un certain succès. Une jolie version, même si sans doute plus intéressante en brut de fût à mon avis. Dégusté : Au Salon « Club Expert » Dugas 2015 et un e autre version l’année d’avant…/ Note sous réserve : 87 ?/100

ENGLISH SUMMARY: An “alternative” finish expression, if I may say. Well balanced & pleasantly fruity, it achieves to deliver a nice proposal, showing nice winey notes from the Bandol wine casks. I wonder though if it would have been more powerful & direct with a cask strength bottling choice….

 

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY Officiel/Core range (gamme régulière) “ELGIN CLASSIC”, n.a.s. Bottled 2017, 40 % :

A noter : Il semble que cette version remplace le 8 ans d’âge qui n’est plus annoncé comme faisant partie de la gamme régulière.La majorité du whisky a environ 6 ans d’âge.

Couleur: Or clair. Nez: Fruité (agrumes), floral, foin coupé, orge maltée, pas mal d’esters (bonbon anglais, ananas), de la vanille à l’arrière-plan. Un nez simple et direct. Bouche: Souple & légère (un peu aqueuse), marquées par les esters, ce qui suggère la présence de fûts de Bourbon de premier remplissage (bonbon anglais, ananas), mais aussi par d’autres notes typiques de la distillerie (foin fraîchement coupé, miel d’acacia, agrumes, orge maltée, vanille, quelques épices douces & herbes fraîches). Finale sur les esters, encore davantage avec un peu d’aération. Agréable et finalement pas si éloigné de l’excellent ancien 8 ans d’âge. Tenue à la dilution: L’eau exalte agréablement les esters, mais ne pas trop en ajouter car ce whisky est déjà assez (pour ne pas dire un peu trop) dilué. Conclusion: Un single-malt sans prétention, assez plaisant, et un bon apéritif. Bon rapport qualité/prix pour débuter dans la découverte des single malts. Certes il est plus léger et moins gourmand que le 8 ans d’âge, mais il fait preuve d’une belle souplesse et constitue une entrée de gamme fort honorable. Prix indicatif: Autour de 20 €, en G.M.S. (grandes & moyennes surfaces). Note confirmée: 86/100

ENGLISH SUMMARY: A pleasant entry level (with a great quality/price ratio) young single malt to discover this category of whiskies. You will find here the usual GLEN MORAY tasting notes (citrus fruit, acacia honey, fresh cut hay, fresh herbs, vanilla & sweet spices), but more in a light mode. Despite the fact that it is slightly too watery compared to the old & more gourmet 8 y.o., I still recommend it as a good introduction to GLEN MORAY’s house style.

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci à Graham Coull.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel/gamme régulière (core range) « ELGIN CLASSIC » nouvelle version tourbée/“PEATED”, Edition 2015, 40 % :

A noter : La distillerie GLEN MORAY a décidé en 2010 de tourber une partie de partie de son orge (ici 17 % du whisky est tourbé). La majorité du whisky a environ 6 ans d’âge, plus quelques fûts plus âgés.

Couleur: Or très pâle (probablement sans caramel ajouté). Nez: Fin & léger, sur les agrumes, la vanille, la tourbe, un voile de fumée et une touche de badiane, voire de miel.Quelques esters. Bouche: Fine et légère, reprenant les notes du nez (tourbe, badiane, agrumes, vanille, soupçon de miel),et des esters masquéssous un voile de fumée léger. C’est jeune, oui, mais c’est plutôt bien fait. Tenue à la dilution: Correcte, si l’on s’en tient à quelques gouttes, car il est déjà un peu trop dilué. Conclusion: Une version tourbée correcte, jeune et assez légère, intéressante pour débuter sur les whiskies modérément tourbés. Indication de prix : Autour de 30 €, cavistes (quoique je trouve que cette version n’est pas si facile à trouver, tout comme certains des affinages). Note (sous réserve): 84 ?/100  

ENGLISH SUMMARY: A pleasant entry level (with a great quality/price ratio) young single malt to discover this category of whiskies, here in a moderate peated version. You will find here the usual GLEN MORAY tasting notes (citrus fruit, acacia honey, fresh cut hay, fresh herbs, vanilla & sweet spices), but more in a light mode.

 

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci à Graham Coull.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel « ELGIN HERITAGE/CLASSIC », nouvelle version du 12 ans, Edition 2016, 40 % :

A Noter : Il s’agit de l’ancien 12 ans d’âge (chroniqué dans ces colonnes) mais simplement relooké dans cette nouvelle gamme (voir avant). /Tasting Notes : In fact it’s the same content than the previous 12 y.o. one (reviewed previously in that same topic).

 

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci à Graham Coull.

 

 

 


-GLEN MORAY Officiel/gamme « The Heritage Collection », 15 ans, Première Edition 2016, Maturation en fûts ayant contenu du Bourbon (« American Oak ») & du Sherry, réduit à 40 % (Speyside, ECOSSE/G.B.):

 

Couleur: Miel d’acacia, à reflets dorés, voire ambrée (la tonalité ambrée semble provenir de la part de fûts de sherry dans l’assemblage, mais elle pourrait aussi provenir de l’ajout de caramel, difficile à dire. Nez: Riche, fin et complexe. Fruitée, elle est aussi miellée, maltée, avec un côté gourmand à la fois chocolaté, noisetté, voire praliné. Bouche: Fine, complexe et très fondue. Très fruitée (fruits confits, compotés-pommes golden & poires mûres), elle est aussi miellée (miel toutes fleurs, voire de bruyère), elle est aussi bien maltée, avec de complexes notes de fruits secs (noisettes en tête) se mêlant à des notes de chocolat au lait, chocolat noir, mais aussi de caramel dur (notes semble t’il en grande partie naturel). Finale légère, mais superbe, avec un retour d’épices intéressant qui compense le titrage un rien faible (40 %) et une belle pointe distante de fruits rouges rappelant l’influence du sherry. Tenue à la dilution: Plutôt bonne, mais ne pas trop diluer. Un côté « goûter régressif » (nutella, carambar, tablettes de chocolat diverses, bonbons fourrés au praliné) bien agréable. Conclusion: Un délicieux single malt qui peut à la fois servir d’apéritif et de digestif, voire même d’accompagner un dessert pâtissier. Une belle addition à la gamme régulière, destiné à remplacer le 16 ans d’âge. Prix indicatif: Autour de 65/70 € à sa sortie. Note confirmée: 91/100

ENGLISH SUMMARY : This one replaces the previous 16 y.o. in the core range. The amber color shows this one has more sherry casks involved than for instance the 12 y.o., but it can also be because of the caramel added. The nose is rich, complex & refined. Fruity, it is also malty, honeyed, with a gourmet side related to chocolate, caramel (carambar sweet) hazelnut & maybe praline. On the palate it is as appealing as on the nose, displaying its charms in a deliciously melted complex combo of dark & milk chocolate, malt, hazelnut, dried fruit, honey (all sorts, possibly even with heather). There is also a distant red fruit notes recalling also the sherry casks. It is superb, even with this low abv, delicious and can be both an aperitif & an after-dinner whisky, or even match a pastry dessert. Rating (confirmed) : 91/100

 

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci à Graham Coull.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel « MADEIRA CASK FINISH », millésimé « 2004 » (Distillé le 08/06/04, maturé une seconde fois le 14/12/10 dans un fût de Madère-Age environ 11 ans, mis en bouteille en 2015), édition limitée de la gamme « Private Cask », Single-Cask (cask N°9938 ayant donné 350 bouteilles), 46 % : 

A Noter : Il s’agit d’un élevage durant 6 ans en fûts de Bourbon de premier remplissage, puis d’un affinage d’environ 5 ans en fûts ayant contenu du vin de Madère.

Couleur: Vieil or, à reflets dorés. Nez: Capiteux et sexy, riche. Une profusion de notes florales (lys, jasmin), fruitées (coings, pommes golden, pêches & poires au sirop), évoquant en partie des esters, mais aussi de l’angélique, de la vanille, et du thé de plusieurs sortes….Bouche: Mhmm ! J’adore quand un beau nez tient ses promesses au palais ! Une succulente harmonie de saveurs florales, fruitées (dont un mélange de fruits frais et au sirop) et épicées (angélique), derrière lesquelles on pressent des notes herbacées (et de miel d’acacia), de cire, mais aussi végétales, en retrait pour le moment, mais participant à la création d’une certaine complexité de très bon aloi. Tout est à l’unisson dans un fondu très hédoniste et joyeux, tout en demeurant d'une grande élégance. Le fruité développe comme une sensation soyeuse en bouche, et  les notes florales ajoutent une touche féminine comme j’aime. Un whisky d’un très bel équilibre. Envoûtant ! Evoque certains ROSEBANK atypiques (comme un superbe 17 ans d'âge millésimé 1991 et embouteillé en 2008 de chez Gordon & MacPhail, un whisky dont je vous reparlerais). Tenue à la dilution: Intéressante, renforçant son caractère féminin, mais également les notes végétales (feuilles de thé vert et Earl Grey, pointe de thé noir), le profil herbacé campagnard typique de la distillerie (modéré, ici). Il y a aussi une très légère note vineuse qui trahit la présence du Madère (légère acidité également). Conclusion: Un excellent single malt, bourré de charme, très bien assemblé et élevé, parfaitement servi par le titrage à 46 % Il est donc chaudement recommandé ! Graham Coull, le maître-assembleur & maître-distillateur a encore fait des merveilles, bravo ! Prix indicatif: Autour de 60 €, cavistes, sur commande. Note confirmée: 93/100

ENGLISH SUMMARY: A beautifully complex & expressive-yet well balanced-expression, with lots of fruity & well as floral notes. There’s a richness here that doesn’t seem to show as much in the other whiskies of the range, finishes or not…It still shows the distillery character & the usual suspects at GLEN MORAY (the citrus fruit, the honey, the hay, the herbs, the vanilla), but it is enhanced by heady flowers notes & at least 3 different kinds of tea. It’s a joyful blend of notes reminding me a bit of the beautiful 17 y.o. ROSEBANK from Gordon & MacPhail (1991-2008 for MdW). The Madeira wine influence is great but subtle & all in all this is a true charming perfectly crafted whisky one has credit to give to master-distiller Graham Coull. Hats off to him!

 

 

 

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Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel/« Private Cask », « SHERRY CASK » (Distilled 25/06/02-Bottled 2015), Single-Cask (« Oloroso Sherry », N° 3878-Edition limitée à 450 bouteilles), Cask Strength, 58,9 %: (2 ème & 3 ème dégustation-sur sample, merci à Graham Coull pour cela) :

Couleur: Or, à reflets dorés. Nez: Intense, sur le fruité et sur l’alcool. Puis jolies notes fruitées, florales et épicées : Orange sanguine, salade de fruits variés au sirop, physalis, potiron, thé Earl Grey & à la bergamote, angélique, lys. Egalement des notes pâtissières (blanc-manger, glaçage de mille-feuilles, et pour l’acidité, comme du sorbet au citron, voire une margarita. Bouche: Assez intense, reprenant les notes du nez avec un certain équilibre, davantage de citron se mêlant aux notes de fruits au sirop, davantage de fruits confits, peut-être du cédrat, et un caractère un rien picotant du whisky, révélant clairement des épices (gingembre, voire piment d’Espelette). Evoque un Refill sherry un peu atypique et contemporain plutôt qu’un sherry « à l’ancienne ».Assez boisé tout de même… Tenue à la dilution : Plus discipliné avec un peu d’eau, mais toujours un peu alcooleux aussi. Sorbet tutti frutti, fruits confits & fleurs capiteuses sont toujours au rendez-vous. Conclusion : Un excellent whisky mais comme un peu inachevé, comme s’il lui manquait une dimension supplémentaire pour décoller. Un sherry inhabituel qui demande du temps… Indication de Prix : non communiqué. Note confirmée : 91/100

ENGLISH SUMMARY: An excellent whisky in itself, sure not in the same league as the exceptional “Sherry Cask” Distillery Manager’s Choice (1995-2008) single-cask (N°7249), but a good “modern sherry” cask, intense, then showing some qualities (complexity of the fruitiness for instance) also some interesting pastry & spicy notes. Give it a few drops of water & it will be more pleasant to taste. I feel some extra-dimension is lacking in this one, don’t know why, but it’s still good.

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY Officiel/Small Batch Release, n.a.s. (bottled 2015), « PORT CASK FINISH », 40 % : Couleur: Saumon clair. Nez: New make (dont de la levure de bière), léger, marqué par le sirop de grenadine, le jus de grenadine. Bouche: Attaque plus puissante qu’escomptée au vu du nez (un rien alcooleux), marquée par les fruits rouges, la grenadine en tête, mais aussi la rhubarbe, comme de la soupe de fraises, ainsi que du thé Earl Grey. Facile à boire et là encore, comme la version « Sherry cask finish », l’assemblage est très habile, avec l’apport des fûts de Bourbon de premier remplissage de la première maturation. Beaux esters, qui conjugués à l’apport du Porto, donne un profil singulier et très « bonbon ». Tenue à la dilution: L’ajout d’eau renforce le côté « bonbon », mais aussi sa vinosité, mais l’équilibre subsiste tant qu’on n’ajoute pas plus d’eau. Conclusion: Un joli GLEN MORAY un peu atypique, plutôt léger, mais assez plaisant. De la présence malgré ses 40 %. Prix indicatif: Environ 35/40 € en France, moins au Royaume-Uni. Note confirmée: 87,5/100

ENGLISH SUMMARY: Yes it is a n.a.s. (young) whisky, reduced to 40 %, chill filtered, probably a bit colored as well, and on the light side of GLEN MORAY. But I found this interesting & completely different from the older expression matured or finished in Port…We’re here more on the exuberant “grenadine” style of Port (similar to the PENDERYN “Portwood” expression), with surprising strawberries soup note, on the edge of getting sour & winey (sometimes it is, yes). And this is enhanced, a bit like in the “Sherry finish” expression, by the nice estery notes coming from the first fill bourbon maturation. But beware it’s a bit challenging whisky…Some days I find it overwhelming by the wine finish, others very pleasant. One to take time with.

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY Officiel/Core range (gamme régulière), n.a.s. Bottled 2016, « SHERRY CASK FINISH », 40 % :

Couleur: Or à vieil or, et reflets dorés (le caramel ajouté y est peut être pour quelque chose ?). Nez: Fruité (abricot, pêche, voire pointe de fruits rouges), marqué par du caramel (toffee) naturel, voire également artificiel. Floral (fleurs capiteuses), foin coupé, orge maltée, de la vanille à l’arrière-plan. Un nez riche. Bouche: Souple (quelque peu aqueuse, mais demeurant puissante-dommage que le titrage ne soit pas de 43 ou 46 %), puis un peu vineuse, marquée par les esters (bonbons gélifiés, ananas, goyave, papaye), y compris de la gelée de coing. Une combinaison intéressante et peu courante de fûts de Bourbon de premier remplissage & de fûts de sherry. Note pâtissière entre vanille et crème anglaise. Finale courte à moyenne, sur un riche ensemble fruité (les fruits rouges se précisent), floral et campagnard (foin). Tenue à la dilution: L’eau ravive un peu le caractère du sherry (je préfère ce whisky sans eau) mais l’ensemble reste agréable. Conclusion: Un single-malt sans prétention, mais très plaisant et fort bien assemblé. Un « sherry cask finish » qui n’a rien à envier à d’autres provenant de distilleries plus connues pour l’usage du sherry. Prix indicatif: Autour de 25/30 €, en grandes surfaces. Note confirmée: 87,5/100

ENGLISH SUMMARY: Forget here about “sherry monsters”’ (heavily sherried single malts), we’re here in entry level whiskies territory, i.e. young, light in style & reduced to 40 %. But once this said, this doesn’t mean it’s not interesting, not at all. It’s even a very good value considering its fair price & juicy fruit qualities coming from the sherry finish, yes ! I actually love it because the ensemble is a bit unusual, with the sherry finish bringing a nice additional reddish fruity layer to the estery usual profile provided by the first fill bourbon casks involved in the first maturation time. Good !

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY Officiel/« Elgin Heritage » Collection, 18 ans, Première Edition 2016 (Edition limitée), Maturation en fûts ayant contenu du Bourbon & du Sherry*(sous réserve), réduit à 47,2 % :

*Dernière minute: Il semble que j'ai confondu avec la version 15 ans, qui (au vu du site web officiel) contient du sherry alors que celle-ci apparemment non...J'ai donc écris ces notes influencé par cette première information.

Couleur: Vieil or, à reflets vieil or. Nez: Typique de la distillerie (côté élevage en fûts de Bourbon) et agréable (foin coupé, herbes sauvages, agrumes, vanille, miel d’acacia), mais aussi marqué par des notes issues du sherry : Noisettes & autres fruits secs (dont raisins de Corinthe), fruits confits, pointe chocolatée & maltée. Bouche: Complexe et fine, elle reprend les notes florales, fruitées, herbacées, maltées du nez, et en ajoute d’autres : Cire, tisane aux plantes médicinales (à la menthe, notamment) et aux fruits secs, sirop de dattes, et quantité de malt. Un rien alcooleuse au début, puis s’adoucit un peu. Le fruité prend une tournure compotée (pommes, poires cuites en une sorte de tarte tatin, en moins sucré), un rien beurré. Ajoutez-y quelques discrètes épices orientales, quelques notes toujours végétales en arrière-plan (notes variées de sous-bois, champignons) et vous aurez une idée de cette nouveauté. Intéressant ! Tenue à la dilution: Excellente, apportant davantage de souplesse à l’ensemble, déjà assez harmonieux. Conclusion: Une version complexe et un rien différente des GLEN MORAY d’âge moyen (je pense au 16 ans régulier), qui demande un peu de temps et vous surprendra un peu par son côté presque oriental. Plutôt bien fait, et merci Graham pour le titrage plus élevé que les 2 autres versions de cette nouvelle gamme ! Prix indicatif: Autour de 95 € environ, cavistes partenaires de la Maison Dugas (concurrente de la MdW).-Note confirmée: 91/100

ENGLISH SUMMARY: A new & very welcomed (as it is a 47,2 % ABV expression !) addition to the new range called “Elgin Heritage” Collection. Think of the 16 years old, but with more oomph, more complexity: It is fruity, floral, herbal, malty, nutty, but also waxy & with complex green notes. On top of that, some pastry notes add a very pleasant & a bit oriental taste. Highly recommended !

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci à Graham Coull.

 

 

* Voici trois versions (échantillons de fûts) de GLEN MORAY hors commerce, expérimentales, tous des single-casks bruts de fût présentés au Salon Club-Expert Dugas 2016 (un salon professionnel). Encore un grand merci à Graham Coull pour les samples ci-dessous :

 

 

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Trois samples de versions expérimentales de GLEN MORAY proposées à la dégustation lors d'un salon

en 2016. Dans l'ordre, les millésimes 1988, 1995 et 2010 chroniqués ci-dessous. Photo: @ Grégoire Sarafian

 

 

-GLEN MORAY officiel* de 19 ans millésimé “1988”, « PORTWOOD » (*Sample Hors commerce de 2016), Single-Cask (Cask N°21), Cask Strength approx. 55 %: (2 ème & 3 ème dégustation-sur sample- merci à Graham Coull pour cela):

Couleur : Vieil or, à reflets ambrés, voire cuivrés. Nez : Assez boisé, puis quelques éléments vineux, floraux & fruités arrivent. Le boisé est ici très présent, aussi en avant que dans la version officielle réduite à 43 %. Un côté saumuré et médicinal (tisane aigre-douce). Quelques notes chocolatées également (chocolat noir). Miel et malt complètent ce tableau assez contrasté. Bouche : La bouche reprend les qualités et défauts du nez, si j’ose dire, avec cette complexité de bon aloi, mais aussi une certaine confusion entre sucré, fruité, végétal et saumuré. C’est un peu vineux aussi, mais plus stable semble t’il que la version réduite de 2014/2015. Bel équilibre floral/fruité/vineux/miellé/malté malgré ces réserves, au sein d’un profil boisé important mais maîtrisé. Le chocolat noir, les fruits secs (raisins et dattes, notamment) et du caramel naturel se font sentir vers la finale, ce qui n’est pas désagréable. Tenue à la dilution : Certes ce whisky sera un peu plus souple avec un peu d’eau, mais il sera également un peu plus vineux, ce qui va contribuer à briser ce fragile équilibre. Prenez plutôt le temps de l’aérer. Conclusion : Un whisky très concentré et sur le fil du rasoir côté équilibre, qui peut dérouter aussi par ce caractère un peu saumuré, oxydatif. Un whisky très complexe aussi, qui demande du temps. Indication de Prix : Version hors commerce, pour le moment. Note confirmée : 88/100

ENGLISH SUMMARY: A more convincing single cask version of the 25 y.o. “Portwood” edition. But unfortunately this is only an advance sample just drawn from the cask to show “what is all about”…This hasn”t been bottled. The sweet & sour combo that one can recognize in the reduced 25 y.o. expression is there but balanced by nice chocolaty & raisiny notes. Dates, heavy caramel or winey & brine notes is what you will also get, wrapped in a constant but discret woody note. I do not recommend to add water, but to let it breathe more, yes. This one needs time.

 

-GLEN MORAY officiel* de 21 ans millésimé “1995”, 16 ans en fûts de Bourbon, puis 5 en fûts tourbés ex-Islay Casks (Peated), *Sample Hors commerce de 2016, Cask Strength, approx. 54 %: (2 ème & 3 ème dégustation-sur sample, merci à Graham Coull pour cela) :

Couleur : Vieil or, à reflets dorés. Nez : Un peu fermé de prime abord, peu reconnaissance en tant que GLEN MORAY, puis développe un beau fumé, puissant, cendré, et ensuite un bouquet fruité (fruits confits) assez fondu avec une note maltée et chocolatée. Etonnant ! Bouche : De la tourbe cendrée ET chocolatée, c’est ce qui frappe d’entrée de jeu. Du moka également, évoluant vers du chocolat noir aux raisins secs, un côté charbonneux (comme si vous aviez un peu trop laissé dans le four votre pudding de Noël). Assez étrange (absolument plus typé GLEN MORAY du coup) et plutôt séduisant, je dois dire. Finale plus douce et linéaire, même sans eau. Tenue à la dilution : Devient plus séduisant encore, avec une note plus précise de chocolat noir maius aussi au lait et teinté de moka. Conclusion : Une véritable curiosité que voilà, très atypique de la distillerie. Le long passage dans des fûts ayant contenu du whisky tourbé d’Islay (je pense soit à un LAPHROAIG, soit à un BUNNAHABHAIN version « Moine », donc très tourbé) a profondément marqué le distillat, intrinsèquement fumé et cendré…Le résultat est bluffant, mais ce whisky serait un vrai cauchemar à reconnaître en blind-test ! Indication de Prix : Version hors commerce, pour le moment Note confirmée : 89/100

ENGLISH SUMMARY: An unusual & interesting offer, in which the peated casks seem to have a lot of impact on the distillate, especially over time when the sample gets more air…Here it is a dried smoke, ashy & with a strong mocha & dark chocolate touch. Clearly a Christmas cake note in it too. At times you will find this fantastic & balanced, but otherwise could be a bit overwhelming for some as the smoke gets bigger & bigger over time. Nevertheless a very interesting experience !

 

-GLEN MORAY officiel* de 6 ans, millésimé “2010”, 4 ans en fûts de Bourbon tourbés (entre 20 et 25 p.p.m.), plus 2 ans en fûts de Sherry de type P.X. (Pedro Ximenez), *Sample Hors commerce de 2016, Cask Strength, approx. 61 %: (2 ème & 3 ème dégustation-sur sample, merci à Graham Coull pour cela) :

Couleur : Vieil or, à reflets ambrés profonds, voire une pointe d’orange. Nez : Riche, fruité, floral, marqué par les esters, la fougue de la jeunesse aussi, et en même temps tourbé, fumé, rond, explosif ! Etonnant autant que réjouissant !!! Bouche : Wow ! Une véritable bombe improbable de sherry P.X. et de tourbe ! Un cocktail de notes marquées par les esters déferle sur vous pour commencer (bonbons anglais, ananas, papaye, goyave, banane, etc…) puis très vite une deuxième et improbable vague (tourbée et fruitée différemment) vous fauche sans crier gare pour votre plus grand plaisir. L’apport du sherry P.X. au fougueux distillat déjà marqué par des fûts de premier remplissage fait mouche à chaque coup : Très fruité (fruits exotiques, fruits rouges, fruits mûrs variés), très floral (fleurs capiteuses, dont du lys), avec des esters exacerbés par la tourbe, c’est une recette inédite et très impressionnante ! Et la tourbe est vraiment fantastique…Tenue à la dilution : Oui, oui, oui…Le whisky devient plus souple et moins marqué par l’alcool, et il est plus que temps d’appeler une certaine « brigade » (n’est-ce pas mon cher Serge ?). Conclusion : Une véritable « tuerie » qui réussit l’exploit d’apporter beaucoup de fraîcheur (tourbée, fruitée) au distillat (porté par les fûts de Bourbon de premier remplissage) qui n’est à aucun moment dénaturé ou affaibli, aussi : Chapeau bas, Mr Graham Coull ! C’est un coup de maître que vous avez réalisé là ! Indication de Prix : Version hors commerce, pour le moment (dommage !!!). Note confirmée : 94,5/100

ENGLISH SUMMARY: Wow! When a (P.X.) “Sherry bomb” is ALSO a “Bourbon bomb”’ & ALSO a “Peat bomb”, it can be better than this! A very spectacular & interesting experiment, that instantly blew me away….The interaction of obviously first fill Bourbon casks (that previously held peated whisky) with a clever dose of Pedro Ximenez casks finish is terrific! Of course this is a young & feisty whisky of just 6 years old, but OMG it is so good & manage to hold a good balance, it’s flawless! I have once again to give credit to Master-distiller Graham Coull for the conception of this whisky because it’s a stunner with a very unusual but 100 % efficient single malt composition, with the estery notes (from the Bourbon) talking to the peat component of it, plus the red & ripe fruit style coming from the P.X. Sherry casks topping it. If only it could be bottled, not stay as an experiment!

 

 

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 Le fantastique et si improbable millésime 2010. Photo: @ Grégoire Sarafian

 

 

 

QUELQUES VERSIONS DE NEGOCE DEGUSTEES CES DERNIERES ANNEES :

 

 -GLEN MORAY 11 ans (Distilled June 1992, Bottled June 2003), emb. par DOUGLAS LAING, gamme « OLD MALT CASK », SINGLE-CASK (360 bouteilles), n.c.f, n.c. réduit à 50 % : Couleur : Or à reflets dorés pâles. Nez : Marqué par les fleurs capiteuses (dont la violette), les herbes, l’orge maltée, puis en second lieu par les agrumes, des notes de pomme et de poire, de solvant/fruits exotiques…Un nez très séducteur, très concentré, assez complexe. Bouche : Plutôt sèche, mais avec comme une consistance grasse, généreuse, elle semble plus simple que le nez. Marquée par les herbes et les épices, puis les fruits et les fleurs, un peu en retrait, elle demeure accessible, malgré les 50 % qui sont assez perceptibles. La finale est très fine, plutôt sèche et marquée par des épices et un peu trop par l’alcool. Notes d’orge maltée, de céréales diverses, de noix peut être, et, ce faisant, typée par rapport à la distillerie. Tenue à la dilution : Partagée : Le corps devient alors relativement plus étroit, il y a perte et gain à la fois : Perte de la complexité, d’un certain caractère gras, mais gain en délicatesse, en subtilité. La finale est longue et demeure sèche, elle est comme onctueuse, mais un peu retenue. Un whisky très délicat à ouvrir (faire des essais préalables, avec de petites quantités d’eau). Conclusion : Un bon GLEN MORAY, assez rare chez les indépendants pour être signalée, voire recommandée. En passe d’être épuisé ? – Merci à Jean-Michel NOEL pour cette dégustation (Juillet 2008) - Note confirmée : 90/100

ENGLISH SUMMARY: A very sexy (floral, malty, then very fruity & estery) nose. On the palate it’s simplier, more spirity & driven by dry herbal & spicy notes, but it evolves in more pleasant ones : More malted barley, citrus fruit, maybe citrus notes, but also some original nutty notes. A slight dilution doesn’t really help (mixed feelings about it) because it excites its dryness & looses some texture, so be careful. Other than that it’s a pleasant whisky with some parts typical of the distillery style. It remains a nice bottling, though.

 

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-GLEN MORAY 24 ans (1998-2011), emb. DUNCAN TAYLOR, gamme “Rare Auld Collection”, Single-Cask (Cask N° 2860), 53,2 % : Couleur : Or.Nez & Bouche: Une version assez fidèle au caractère de la distillerie : Herbes fraîches, foin coupé, camomille, vanille, agrumes. Demeurant assez sec. Conclusion: Assez bon, vif et bien meilleur avec un peu d’eau. Herbes fraîches, foin coupé, camomille. Prix n.c. /Pas de notes chiffrées (ou bien : Entre 80 et 83/100).

ENGLISH SUMMARY: A very classic expression, neither spectacular nor flawed, bottled by an independent bottler able of the best but also the worse bottlings. This one is in between, not adding much to the offer.

 

 

 

 

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Photo non contractuelle (même distillerie & gamme de négociant, mais autre âge et fût).

 

 

 

-GLEN MORAY 16 ans (Dist. : 04/1996-Bott. : 10/2012), emb. Ian McLEOD, gamme “Chieftain’s, Manzanilla Sherry finish, Single-Cask (Cask N° 93431-646 bouteilles), 46 %: Couleur : Vieil or, à reflets dorés, voire orangés.Nez : Engageant, avec un beau fruité et des notes florales au second plan. Très fondu, vineux, mais plutôt agréable. Bouche: Etonnante, par son fruité (jus d’orange, voire d’orange sanguine & fruits rouges), ses belles notes florales un rien capiteuses (peut être du lys), de la bergamote, voire un côté « sangria », une belle acidité (modérée), voire un côté salin, provenant probablement de l’affinage en fûts de Manzanilla. Séduisant par son caractère gouleyant et très facile à boire. Il est très vineux, mais dans un style que je trouve plutôt réussi. Tenue à la dilution. Pas eu le temps d’essayer. Conclusion: Une version assez atypique du caractère de la distillerie, clairement (peu d’herbes fraîches, pas de foin coupé, peu de notes de vanille), mais très réussie. Indication de prix : n.c. Note (sous réserve) estimée à 88/100.

ENGLISH SUMMARY: A very unusual independent bottling of GLEN MORAY, very winey & full flavored (orange juice, maybe even blood orange, red fruit), with some heady flowers (some lily?), bergamot orange, nice acidic touch, a bit salty (probably the Manzanilla finish). Easy to drink & moreish, and for once the winey notes are really a treat here. A beautiful surprise.

 

 

 

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-GLEN MORAY de 21 ans (Edition 60ème Anniversaire de la MDW en 2016). Emb. BERRY BROS & RUDD, gamme spéciale « Berry’s Best », ici en version dédiée aux collectors liée à cet anniversaire, Single-cask (Cask N° 5651-toasted oak, 245 bouteilles), Cask Strength, 56,3 %: -Dégusté au Whisky Live Paris 2016

Couleur: Or clair, comme un jeune GLEN GRANT, curieusement. Probablement un fût neuf légèrement toasté ou un fût ayant connu plus de 2 remplissage re-toasté. Nez: Très beau, sur des notes fruitées quelque peu atypiques (mirabelle ?). Comme une note d’amandes fraîches & de crème d’amande. Là encore le nom de GLEN GRANT me vient à l’esprit. Bouche: Très fine, complexe et gourmande. Certains marqueurs typiques de GLEN MORAY sont bien là (foin fraîchement coupé, miel, agrumes, vanille, épices douces), tandis que d’autres (fleurs capiteuses, mirabelle, amandes et crème d’amande, bol de céréales variées pour petit déjeuner) semblent provenir d’ailleurs (je pense à des GLEN GRANT élevés en fûts de Bourbon ou à certains CAPERDONICH élevés de la même manière), façon de parler bien sûr, car avec les single-casks, l’on ne sait jamais à quoi s’attendre. Peut être une trace de notes de fruits exotiques au second plan, à confirmer ? Une certaine fermeté boisée, mais davantage destinée à charpenter le distillat qu’à le durcir. Une bouche d’une belle élégance, d’une grande profondeur et d’une grande finesse. Tenue à la dilution : Dans mon souvenir, l’eau a permis de rendre l’ensemble encore plus séduisant, et d’accentuer le beau fondu déjà présent auparavant. Conclusion : Un très beau whisky, bien sélectionné pour l’occasion festive, tout en délivrant une belle surprise côté palette aromatique. Indication de prix : 195 €, MdW, à sa sortie en 2016. Note (sous réserve, difficile à évaluer lors de l’unique dégustation du salon) : Entre 93,5 et 95/100

ENGLISH SUMMARY: A beautiful single malt, bottled by the great independent bottler BERRY BROS & RUDD for La Maison du Whisky’s 60th anniversary. A single-cask of a great finesse, bringing typical GLEN MORAY house distillery notes (hay, honey, citrus fruit, vanilla, sweet spices), but also some unusual ones, such as almond (fresh but also creamy ones), breakfast cereals, heady flowers, maybe some exotic fruit as well, partly reminding me of some Bourbon matured GLEN GRANTs. It is complex, rich & satisfying, elegant and worth a try. Hard to score in a unique tasting, but I’ll go for 93,5 to 95/100

 

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY de 23 ans d’âge (Distilled 1992, bottled 04/2016), emb. CADENHEAD/gamme « Wine Cask », Sauternes cask, 252 bouteilles, 52 %:

Couleur: Vieil or, à reflets dorés denses.

Nez: De prime abord alcooleux. Forte influence du bois dans lequel a séjourné préalablement le vin de Sauternes, mais aussi de l’interaction entre une maturation (trop) longue et le distillat. Vineux et profondément boisé, avec à la fois un côté butyrique et presque moisi du bois, ce qui est un peu désagréable, comme chez certains ARDBEG (la fumée de tourbe aggravant le problème). Après plusieurs dégustations et une phase d’aération la 3 ème fois, les défauts sont atténués et le bois laisse un peu davantage parler le whisky et le vin de Sauternes. Alors seulement surviennent les raisins secs, les fruits confits, et comme une note de fruits exotiques flambés au rhum.

Bouche: Même constat qu’au nez. Il faut absolument l’aérer une dizaine de minutes, sans quoi c’est bien trop boisé, alcooleuse, avec comme un défaut (bois mouillé, moisi, amertume, sécheresse excessive). L’alcool ressort avant tout, avec ce boisé bizarre, et là on pense que la maturation a été poussée bien trop loin dans le temps, ou bien que le fût de Sauternes était de qualité médiocre. Après une certaine aération, tant de l’échantillon que du whisky dans le verre, les choses se remettent un peu en place et les qualités de cette maturation inhabituelle (surtout dans sa durée) se font plus évidentes : Un fruité presque pâtissier, confit et sucré, des fleurs capiteuses, sur une dominante jaune-orangée (abricot, cédrat, coing, voire pêches jaunes, ananas rôti, et des lys au lointain…), puis quelques épices.

Tenue à la dilution : Problématique à la première dégustation, elle s’est avérée plus intéressante lors des suivantes, en ajoutant que peu d’eau. Elle assouplit alors les notes boisées et fait ressortir les notes fruitées et florales qu’on attend.

Conclusion: La note chiffrée donnée ne rend pas forcément justice à ce whisky, mais elle tient compte des défauts de celui-ci et de son caractère instable et difficile à se livrer. Là encore, je pense que le choix d’une maturation intégrale aussi longue n’était peut être pas le meilleur à faire, qu’une seconde maturation de (disons) 5 ans (en fûts de Sauternes) aurait déjà impacté fortement le whisky mais probablement sans lui donner ses défauts. Un whisky expérimental intéressant quelque peu sur la corde raide plutôt qu’une réussite, comme je l’ai cru au début, pensant que c’était un affinage seulement…A noter, ce whisky a les mêmes défauts boisés que la première édition du 25 ans d’âge « Portwood » réduit, que j’ai eu du mal à apprécier également. Indication de prix : Autour de 115 € à sa sortie (U.K.). Note confirmée (mais elle a été assez difficile à obtenir, et faite sur 3 dégustations): 82/100

ENGLISH SUMMARY: A bit complicated indie bottling of GLEN MORAY, with a huge impact of the wood on the GLEN MORAY’s distillate, as well as a significant influence of the Sauternes wine on it, because of the full & very long maturation time, but maybe also because of the initial quality of the wood used for the Sauternes. It’s not that it is flawed (as I thought at first try) but it’s a bit too much. On the nose & on the palate there are some musty notes coming through and that never seem to leave, while, unexpectedly, fruity & heady flowers notes do not fully deliver and tend to fall flat within wet & musty wood & spices. Fortunately, if you give it some time (at least 10 minutes), the balance shifts more to the good side, but its it enough to be a rewarding tasting experience, I’m not sure of it. That’s why my rating is a bit average, even after 3 tastings of the sample I had. I am convinced that this one should have been only finished a few years (say 3 to 5 years ?) in Sauternes casks rather than fully matured.

 

 

 

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QUELQUES MARQUES PLUS OU MOINS ASSOCIEES AVEC GLEN MORAY :

 

 

-LABEL 5 « CLASSIC BLACK », n.a.s., Edition 2017, 40 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A noter : Le cœur de ce blended whisky est le single malt GLEN MORAY, dont le propriétaire français (La Martiniquaise) est le même que celui de la distillerie.

Couleur: Vieil or. Nez: De suite alcooleux et bourré de sucres résiduels (impression de), et probablement aussi de caramel ajouté (essence de caramel E150a). Au positif, notes de fruits confits, d’agrumes, de caramel et d’orge maltée. Bouche: Même punition, avec quelque chose qui brûle la gorge d’entrée de jeu (alcool+sucre+caramel ajouté), des épices, du boisé et du caramel. Les fruits ont du mal à s’exprimer. Notes de solvant, de boisé, de caramel visiblement pas naturel. C’est assez agressif et le whisky de grain, majoritaire, a l’air de qualité inférieure également. Par contre le profil est différent de celui d’il y a quelques années, notamment d’une version d’il y a environ 10 ans, très marquée par la pomme cuite mais sans aucune constance en bouche, plate et encore plus déséquilibrée (note : 37/100). La version d’aujourd’hui est certes différente, mais pas fabuleuse. L’impression de sucre demeure et est assez gênante. Tenue à la dilution (eau fraîche): L’eau refait faire surface aux notes fruitées et florales prisonnières des autres (mauvais) ingrédients, mais cela demeure assez laborieux. Tenue à la dilution (glaçons): En fait c’est le seul moyen d’apprécier ce blend médiocre. Le choc thermique ravive les notes florales, fruitées (confits, pommes cuites) et de céréales (maïs, orge) un rien chocolatées de ce whisky et atténue l’impression d’alcool et de sucre. Conclusion: Un blend clairement médiocre, à réserver à la consommation courante, de préférence sur glace ou en cocktail, mais attention cela reste un whisky assez alcooleux. Prix indicatif: Autour de 15 € en G.M.S. Note confirmée: 49/100

ENGLISH SUMMARY: On the the nose & on the palate, a very average (to say the least) blended whisky. There’s a disturbing spirity note as well as a heavy residual sugary note (an impression), topped (if I may say!) by a significant amount of added caramel (E150a). The grain whiskies content seem also to be of a mediocre quality. On a more positive side, once you pass those unpleasant notes, you get candied fruit, cooked apples, some spice & wood. Some solvant as well, but not much presence of those fruity notes. A previous version (10 years ago) was even worse (37/100). Surprisingly, it’s on ice that this blend is the most bearable (if not sometimes envoyable?), because the thermal shock wakes up some pleasant floral, cereal & fruity notes for a little while. It can also be used as a cocktail base. The following expression called “SINGLE RESERVE N°55” is much more decent.

 

 

 

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-“LABEL 5”, n.a.s.,“SINGLE-CASK RESERVE N°55” (Bott. NP-2757), “Sherry Cask Finished”, Limited Edition, 2015, 43 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A noter : Le cœur de ce blended whisky est le single malt GLEN MORAY, dont le propriétaire français (La Martiniquaise) est le même que celui de la distillerie. Certains single malts de l’assemblage ont plus de 15 ans d’âge & les single malts proviennent des 5 régions principales productrices de whiskies d’Ecosse (Lowlands, Campbeltown, Speyside, Highlands, Islay). Assemblé par Graham Coull, de la distillerie GLEN MORAY.

Couleur: Vieil or, à reflets dorés. Nez: Complexe et relativement fin. Florale, fruitée, boisée, maltée. Peut être quelques esters. Bouche: Riche. Fruitée (fruits confits, agrumes), florale (un côté « fleur des champs »), boisée, maltée, avec une pointe de sherry et de miel. Quelques timides esters (davantage perceptibles avec un peu d’eau) également. Un peu brûlante, mais moins alcooleuse que prévu. Finale assez lisse, avec une note de caramel, dont je peux dire si elle est entièrement naturelle ou non. Avec le temps, les notes herbacées se dont sentir un peu plus. Le sherry est vraiment discret ici. Tenue à la dilution: Positive, avec un profil assez malté et herbacé, équilibré par les notes florales et fruitées, et quelques jolis esters. (trahissant la présence-peut être plus importante dans cette version ?-du single malt GLEN MORAY). Conclusion: Un blend de qualité, sans être exceptionnel, et bien plus réussi et mature que la version « Classic Black ». La meilleure version dégustée à ce jour fût le lot 0395, plus équilibré et gourmand que celui-ci, noté 85/100. Attention, comme pour bien d’autres marques de blended whisky, étant donnés les volumes importants produits chaque année, les variations entre un lot et un autre peuvent être assez significatives. Prix indicatif: Autour de 20 € en G.M.S. Note confirmée: 79/100

ENGLISH SUMMARY: A complex & refined nose. On the palate, it is rich, fruity, floral, malty, honeyed, a bit sherried & pleasantly woody. It is still a bit spirity & a bit sugary+caramelly (added caramel), but less than in the “Classic Black”. With a few drops of water, some pleasant estery notes are coming through, suggesting maybe more GLEN MORAY single malt casks involved in the blending process. A decent blended whisky (even if it’s not a masterpiece), much more interesting than the regular “Classic Black” expression. Caution, as with many blends on the market, due to high volumes yearly produced, quality & style may vary from a batch to another (if you come across batch 0935, it is for me the best one tasted so far, worth 85/100).

 

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN TURNER n.a.s. « Heritage DOUBLE CASK Reserve » (Madeira cask finish), Edition 2017, 40 %(Single Malt, ECOSSE):

A noter: Il s’agit d’un single malt anonyme produit par la société française La Martiniquaise, également propriétaire de la distillerie GLEN MORAY (l’on peut supposer que c’est en effet un GLEN MORAY).

Couleur: Vieil or. Nez: Alcooleux à la première dégustation, puis un peu moins par la suite. Pas mal de sucre résiduel, une note de bois brûlé, puis heureusement d’autres notes (pommes cuites, fruits confits, quelques esters). S’améliore un peu après aération. Bouche: Alcooleuse et bourrée de sucre résiduel à la première dégustation, puis un peu moins lors des dégustations suivantes. Reprend les notes fruitées du nez, ainsi que les esters qui sont un peu amplifiés, trahissant la présence de fûts de Bourbon de premier remplissage. Bois brûlé. Finale entêtante (alcooleuse et marquée par des notes de solvant). Peu agréable. Devient heureusement plus fruitée (fruits confits au sirop, pommes cuites, coing, agrumes) et plus équilibrée (notes de miel, de fleurs des champs, herbes fraîches, orge maltée) lors des dégustations suivantes. Traces de malt, de miel et d’herbes fraîches. Boisé plus modéré. Je n’ai ressenti aucune influence de l’affinage en fûts de Madère. Tenue à la dilution: Les esters ressortent davantage, trahissant également la jeunesse du distillat. Caractère un peu artificiel, boisé un peu limite (côté brûlé). Notes de caramel (naturel et artificiel) et de malt. L’usage de la glace n’est pas choquant ici. Conclusion: Plutôt désastreux à la première dégustation, il s’est amélioré lors des suivantes, dévoilant un profil plus proche d’un jeune GLEN MORAY, en moins naturel (d’ailleurs l’on retrouve la signature de Graham Coull sur la partie arrière du tube). Je lui préfère clairement la version « Elgin Classic » de GLEN MORAY. Indication de prix : Autour de 15/20 €, G.M.S.- Note confirmée : 76/100

ENGLISH SUMMARY: A strange object indeed. Presented as an anonymous Highlands Single Malt brand owned by La Martiniquaise (French owner of GLEN MORAY distillery), it appears to be probably a GLEN MORAY, also because Graham Coull’s signature appears also on the box/tube label. I recommend you let this one breathe for a while before you serve it, in order to get rid of some (once again) disturbing spirity & solvanty notes. Alas there’s nothing you can do against the abuse of caramel added & a wee too much burnt wood, but apart from that, there are really nice fruity –cooked apples, quince, citrus fruit-notes & some other familiar notes (honey, hay, dried herbs, some spices). I couldn’t get no Madeira casks influence in there, sorry. So it’s a decent dram, that you can have with a dash of water (so that more esters come through) or with ice. In a way, it is not far from the GLEN MORAY “Elgic Classic” (rated 86/100), but feels way less natural…

 

 

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 Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

Voyage à Saintes (Cognacs Grosperrin)

 

 

Rappel de la rédaction : Certes le sujet principal de ce site est le whisky, mais comme je l'explique dans ma rubrique "Autres Spiritueux" (cliquez sur le titre/please click on title), j'ai souhaité que les grands spiritueux élevés en fûts que peuvent être le Cognac, l'Armagnac ou encore le Rhum, principalement, puissent figurer également dans les grandes rubriques du site, en espérant que les visiteurs de celui-ci aient suffisamment d'ouverture d'esprit et de curiosité pour s'y intéresser. Je considère en effet que certaines des eaux-de-vie décritent ci-dessous égalent aisément les meilleurs whiskies. Pour les inconditionnels du whisky, en revanche, ils trouveront après ce sujet un "Gros Plan" spécial, le premier du site, consacré à la distillerie écossaise HIGHLAND PARK. Bien sûr d'autres "Gros Plans" sur le whisky suivront celui-ci, alors patience, et laissez-vous séduire en attendant par un spiritueux bien de chez nous...

 

 

VISITE A GUILHEM GROSPERRIN, DES COGNACS LA GABARE S.A.,

SAINTES & CHERMIGNAC, 2014 :

 

 Mise à jour du : 29/05/2015

 

Avant-Propos : La vie est ainsi faite, l’on pense faire les choses rapidement, dans la foulée d’un beau voyage, l’on pense faire les choses bien (oui, j’ai un peu trop attendu des corrections, des précisions techniques – certaines demeurent encore en suspens mais il fallait bien lancer le sujet- ou des ajouts de notes de dégustation personnelles), puis des tuiles personnelles ont ralenti encore la chose, résultat le sujet sort plus d’un an après !… Pas grave, c’est ainsi, mieux vaut tard que jamais, dirons-nous, et en plus, par pudeur, par respect, ce sujet est hélas un peu tronqué, je le regrette un peu, et en même temps, non, car dans ce monde de communication tous azimuts parfois bien trop exhibitionniste, il faut bien que certaines choses et moments privilégiés, intimes, puissent le demeurer…. Oui je n’ai pas fait le voyage seul, mais avec une joyeuse bande d’amis fins connaisseurs (j'en profite pour leur rendre hommage ici, ils se reconnaîtront), et notre chemin nous a conduits également vers d’autres contrées du Cognac comme du Pineau des Charentes, mais cela c’est une autre histoire (certes effleurée à la fin du reportage)...à suivre. Sans parler de l’Armagnac, un très beau spiritueux français également, hélas souvent méconnu et encore mésestimé, dont je vous reparlerais.

 

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 Guilhem GROSPERRIN dans son "labo", au siège de Saintes, avant notre dégustation verticale et horizontale...

Photo © Grégoire Sarafian

 

 

INTRODUCTION :

Notre périple nous a donc conduit dans la jolie ville de SAINTES (Charente Maritime, plus de 61000 habitants) et ses environs, une ville pleine de vestiges gallo-romains (dont l’Arc de Germanicus, les Thermes de Saint Saloine, le Musée Archéologique…), et de bâtiments anciens très bien conservés comme l’Abbaye aux Dames (ancienne abbaye bénédictine, datant de 1047), aujourd’hui « cité musicale » ou nous avons passé une nuit (c’est en effet à la fois une résidence,  un lieu de concerts de musique ancienne, baroque, classique, voire autre, mais aussi un centre européen de recherche sur la pratique musicale). Une option d’hébergement à bon rapport qualité/prix que je recommande au passage pour qui souhaite visiter les terroirs du Cognac à moindre frais.

 

 

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  L' Abbaye aux Dames, un étonnant lieu pour faire un break culturel à Saintes.

Photo © Grégoire Sarafian

 

J’étais donc avec quelques amis le 10 Mars 2014 chez Guilhem GROSPERRIN, pour une visite prévue de longue date et repoussée à diverses reprises, et qui nous a permis de nous rendre compte du travail de cette société, et au-delà, à travers également d’autres visites, notamment chez Dominique Rivière, un distillateur de Pineau des Charentes (marque « François 1er ») sur 8 générations qu’il nous avait recommandé de voir, de nous rendre compte de la richesse du terroir français, qui n’a d’un certain point de vue rien à envier à celui des whiskies écossais. Le fondateur de la société GROSPERRIN en 1999 est Jean GROSPERRIN, d’abord bouilleur de cru, puis courtier de campagne, et sa volonté était de mettre en valeur, en contact étroit avec les récoltants, la spécificité de l’eau-de-vie Cognac, trop souvent noyée dans les assemblages des grandes maisons, en lui donnant parfois, à travers des mises en bouteille de petits lots voire de fûts uniques, une stature et une signature aromatique (ça c’est moi qui ajoute ces termes) comparable aux meilleurs single-malts. C’est son fils Guilhem qui dirige aujourd’hui la société, ce depuis 2004, et poursuit l’aventure, avec, je l’ai encore constaté cette fois encore, beaucoup de pédagogie sur les métiers et la nature du Cognac, bien souvent méconnu par les amateurs de whiskies. Guilhem a appris à goûter les Cognacs depuis l’âge de 15 ans.

 

 

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Le siège de La Gabare S.A., la société de Guilhem GROSPERRIN, à Saintes.

Photo © Grégoire Sarafian

 

PRESENTATION:

Le siège des Cognacs GROSPERRIN, autrement dit du domaine La Gabare S.A. (du nom de la gabare, désignant les anciens bateaux à fond plat destinés au transport de marchandise en zone fluviale, notamment dans la région Atlantique, et par exemple en Charente) est situé à SAINTES (17100), le long de la Charente, près du Port la Rousselle, et tant une partie des bureaux, la chaîne d’embouteillage et un chai sont situés en zone inondable, en fait construits sur d’anciens marais. C’est pourquoi lors de la visite du chai de SAINTES (que j’appellerais par commodité le Chai N°1, car le domaine possède d’autres chais à CHERMIGNAC -17460- à quelques kms de là), j’ai pu constater que les fûts étaient déposés sur des parpaings en ciment. Les bureaux, et le laboratoire d’assemblage sont situés au premier étage, avec une belle vue sur la Charente. On y voit des bouteilles des différentes gammes de la maison, mais aussi sur des étagères, des flacons historiques de divers Cognacs, du XX ème mais aussi du XIX ème siècle, certains parfois dépourvus d’étiquettes et visiblement très vieux. D’autres types de boissons alcoolisées anciennes frappent le regard, de vieux Pineau des Charentes, mais aussi comme cette ancienne et improbable bouteille de « Cherry Cognac » (en réalité du triple-sec de Grand Marnier).

 

 

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Des flacons qui remontent jusqu'au XIX ème siècle trônent sur les étagères de Guilhem, véritable bibliothèque

du goût "à l'ancienne". Photo ©  Grégoire Sarafian

 

 

Les étagères sont également remplies d’échantillons en cours d’analyse, une des activités de Guilhem GROSPERRIN, qui rappelons-le est, en amont, d’être courtier et négociant en Cognacs de collection, qu’ils soient liés ou non à des successions. C’est la matière première dirons nous de son travail, sélectionner des eaux-de-vie de grande qualité pour les mettre au mieux en valeur. C’est à partir des eaux-de-vie qu’il rachète qu’il décide lesquelles doivent rester en fût plus longtemps, être embouteillées telles quelles ou assemblées à d’autres lots ou tout simplement revendues pour acquérir d’autres types de Cognacs pour tel ou tel type d’assemblage. Au fait, dans le Cognac, on utilise souvent le mot « coupe » pour désigner l’assemblage des eaux-de-vie de Cognac (ce qui peu prêter à confusion pour l’amateur de whisky avec le « cut », moment ou l’on sépare le cœur de chauffe des têtes et queues de distillation).

 

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Le "labo", ou atelier de Guilhem GROSPERRIN, dans lequel les assemblages encore en cours d'élaboration cotoyent ceux qui sont déjà approuvés, sous forme d'échantillons. L'on peut voir, entre autres choses, sur la table, une douelle issue d'un fût de chêne du Limousin, pour expliquer la maturation aux visiteurs. Photo © C.

 

Par ailleurs, comme cela a été visible durant la visite, rappelons que la démarche de Guilhem est globalement de type artisanale, et sauf commande expresse très spécifique pour tel ou tel marché étranger, il ne procède pas au filtrage à froid et lui préfère un filtrage doux (identique à celui de certains whiskies de négoce, voire officiels), et il expérimente même en ce moment un nouveau type de filtration douce qui va plus loin que celui-ci dans la recherche de la préservation du plus possible de composants aromatiques présents dans les corps gras de l’alcool (nous y reviendrons sans doute dans un sujet spécifique mais qui englobera aussi le whisky). De même, Guilhem utilise rarement le colorant artificiel, et quand c’est le cas, il utilise le E 150 A qui semble réellement sans goût, à ma grande surprise (nous avons fait le test). Il existe d’autres types de caramel artificiel, notamment pour l’international, certains types étant réellement avec du goût (cf test effectué avec John Glaser de COMPASS BOX lors de ma visite en 2007). Il effectue parfois des réductions de ses Cognacs, parfois plusieurs sur le même fût ou lot, et est adepte comme John Glaser adepte d’une réduction très progressive et donc très lente, sans quoi le distillat est violenté et dégradé nous explique t’il. Je veux bien le croire !

 

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Etonnante vue en contrejour des étagères consacrées aux Cognacs (pas seulement les marques produites par GROSPERRIN) dans la boutique "La Cale", à La Gabare S.A. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

 QUELQUES REPERES SUR LE COGNAC (cf informations du B.N.I.C., voir plus loin):

 

La production de Cognac, comme le whisky (avec qui il a en commun d’être généralement distillé deux fois), doit répondre à des critères très stricts, mais qui sont différents de celui-ci, critères que je vais tenter de résumer ici (j’ai enlevé quelques obligations administratives pour simplifier):

Le Cognac doit utiliser une méthode spécifique traditionnelle en deux temps (cahier des charges), procédé devant produire un « brouillis » puis la repasse. Le Cognac est réalisé par double-distillation de vin (tandis qu’une seule est exigée pour l’Armagnac).

Le Cognac doit titrer 40 % au minimum, et le titre volumique de distillation ne doit pas dépasser 72,4 % à 20 °C.

Pour obtenir l’appellation Cognac, celui-ci doit avoir subi 24 mois et un jour minimum de vieillissement dans des fûts de chêne après la distillation. Les seuls additifs autorisés sont l’eau de réduction déminéralisée ou distillée, le sucre (souvent du saccharose brut), le caramel (E 150 a), l’infusion de copeaux de chêne.

La capacité des alambics de Cognacs, qui doivent être des alambics dits charentais est limitée à 30 hl dont 25 de charge pour la 2 ème chauffe. Il est interdit de distiller après le 31 Mars de l’année qui suit celle de la récolte du vin qui sera utilisé pour le Cognac.

 

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La maturation des Cognacs de collection, souvent très âgés, nécessite une surveillance constante, puis, lorsque le titrage menace de tomber sous les 40 % (via la part des anges) ou tout simplement que tel ou tel distillat risque d'ête trop boisé, on l'extrait de son contenant et on le reconditionne dans des dames-jeannes afin de stopper son vieillissement et préserver ainsi au maximum ses qualités organoleptiques. Photo prise dans une des salles à l'étage du chai en pierre de Chermignac © Grégoire Sarafian

 

Rappelons également que pour le Cognac, qui date du XVII ème siècle, étant donné que la matière première est le vin, la notion de terroir est essentielle, et que la région de production du Cognac a été déterminée par le décret du 1 er Mai 1909 : Elle s’étend du département de la Charente-Maritime à une grande partie de la Charente et à quelques communes des Deux-Sèvres et de la Dordogne. Les vins destinés à l’élaboration des eaux-de-vie ayant droit à l’appellation « Cognac », « Eau de vie de Cognac » et « Eau-de-vie des Charentes » doivent provenir des cépages suivants : Colombard B., Folle Blanche B., Montils B., Sémillon B., Ugni Blanc B., Folignan B. (ce dernier ne représentant au maximum que 10 % de l’encépagement).

 

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Les terroirs du Cognac...ont aussi leurs îles, comme en Ecosse ! (ïle d'Oléron, ïle de Ré).

 

En effet, les caractères du distillat diffèrent selon les régions, codifiées en A.O.C. comme suit, et plus précisément en 6 crus: Les plus prestigieuses sont situées à Cognac même et au Sud : Ce sont les « Grande Champagne » et « Petite Champagne ». Puis juste au Nord est située les « Borderies », le plus petit cru en taille à la réputation de maturation rapide. Ensuite viennent les « Fins Bois », zone assez importante, également de maturation rapide, puis les « Bons Bois », en zone côtière comme en vallée, et au Sud de Cognac. Enfin viennent les « Bois Ordinaires ou « Bois à terroirs », situés près de l’Océan Atlantique, et jusque sur l’île de Ré et d’Oléron.

 

 

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Quelques unes des bouteilles dégustées ce jour là, toutes sans aucun additif ni filtration à froid.

Photo © C.

 

 

 STATISTIQUES GENERALES SUR LE COGNAC :

 Pour le Whisky d’Ecosse, l’on dénombre environ 107 à 120 distilleries, pour 1 milliard de litres d’alcool pur produit par an, alors que pour le Cognac, il existe près de 3000 distilleries (avec notamment 500 installations qui ne produisent pas plus de 0,5 % du volume total) pour une production de seulement 160 000 bouteilles par an.

-Coût de production très élevés, supérieur à ceux mis en œuvre pour produire du whisky (explication ?-sans doute liée à l'exploitation de la vigne, pour les producteurs en tout cas, mais c'est moins vrai pour les négociants)

-80 % du stock de Cognac est détenu par les négociants. Il existe 270 négociants, mais 80 % ne mettent pas en bouteille eux-mêmes.

-Les millésimes pour le Cognacs étaient interdits jusqu’en 1988

-Loi française : Pas d’obligation de « sceller les alcools » (sauf exception) comme en Ecosse au moment de la phase de sélection du distillat (pas de coffre à alcool).

L’auteur tient à remercier Guilhem GROSPERRIN pour son accueil et les précieuses informations sur le Cognac qu’il m’a communiqué, bien sûr, mais également les auteurs de la plaquette « Le Cognac (Le Cognac, quand l’esprit s’ouvre » (12/2009) éditée par la BNIC (Bureau National Interprofessionnel du Cognac). Voir leur site web ici :

Cognac/B.N.I.C.

 

 

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 Guilhem GROSPERRIN dans le chai N°1, admirant la robe du millésime "1972" (42 ans) avant que nous ne le dégustions. Une véritable merveille de gourmandise. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

LES COGNACS GROSPERRIN :

Bref Historique : Le père de Guilhem a travaillé dans la vigne avant de fonder la société Grosperrin, en 1980, avant de devenir courtier de campagne, et pour aller vite, c’est en 2004 que son fils Guilhem reprend les rennes de l’entreprise.

Entre la boutique et les chais, la société produit 25000 bouteilles par an. La Gabare S.A. possède un stock de Cognacs de plus de 30 ans pour chacun des 6 crus reconnus (A.O.C.), datés d’avant 1940 aux années 1990, voire plus jeunes.

Elle possède sa propre chaîne d’embouteillage qui embouteille fût par fût à raison d’un fût par mois, ce qui donne entre 300 et 600 bouteilles environ (bien sûr moins pour les cognacs plus âgés), et 2 heures suffisent à embouteiller 40 à 60 bouteilles.

Autre particularité des Cognacs GROSPERRIN, la rigueur de la traçabilité de ceux-ci, ce par quatre garanties :

1/ L’indication de chaque millésime est le résultat soit d’un vieillissement sous contrôle d’état depuis la distillation, soit d’un vieillissement bénéficiant d’une traçabilité exceptionnelle, minutieusement contrôlée par la DRCCRF.

2/ Toute intervention ou manipulation ne peut s’effectuer qu’en présence d’un huissier de justice et les transports s’effectuent sous scellés.

3/ L’âge ou le millésime indiqué sur l’étiquette peut à tout moment être prouvé soit par les archives et la datation au carbone 14 ou par la durée de stockage sous contrôle d’état.

4/ Chaque cognac millésimé ou bénéficiant d’une indication d’âge porte sur son bouchon une bande de garantie qui certifie que toutes les manipulations réalisées autour de ce cognac ont bien été effectuées en présence d’un huissier de justice, à une date précise.

 

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Une vue générale de la chaîne de mise en bouteille des Cognacs GROSPERRIN. Oui, c'est moins glamour que de belles vieilles bouteilles des siècles passés, mais c'est aussi cela la réalité des spiritueux et j'ai pensé qu'il était intéressant de le montrer également. Photo © Grégoire Sarafian

 

Les Cognacs GROSPERRIN, que des single-casks ?

Non, car la société GROSPERRIN produit également plusieurs autres marques de Cognac, dont des Cognacs d’assemblage sous la gamme « LE ROCH », de sélection également drastique (le « VSOP » provient seulement de la région de la « Petite Champagne », tandis que le « XO » de « Grande Champagne » à raison de 50 % minimum, le reste pouvant ne provenir que de la « Petite Champagne »).

 

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Toute la gamme des Cognacs "Le Roch", et encore d'autres flacons plus expérimentaux ou anciens, dans le labo de Guilhem GROSPERRIN. Photo © Grégoire Sarafian

 

Par ailleurs, même pour les lots issus d’un seul fût initialement, il est difficile de parler vraiment de single-cask dans tous les cas, car parfois l’on change de fût (quand il y a trop de « part des anges », l’on peut être amené à transvaser le contenu dans un fût neuf ou un fût plus petit), et en fait nombre d’alcools passent leur existence par plusieurs fûts. Par ailleurs pour éviter un vieillissement trop important ou s’il y a risque de dégradation, les Cognacs peuvent être à tout moment transvasés dans des dames-jeannes qui stoppent tout vieillissement (capacité de 20 à 30 litres environ). On le sait peu, mais cette pratique est également courante dans le monde du whisky, et notamment pour les vieux et très vieux whiskies. Il est vraiment rare qu’un seul et même fût puisse accueillir sans le dégrader un distillat pendant plus de 50, 60 ou à fortiori plus de 70 ou 100 ans. Par exemple, nombre de vieux DALMORE ont été reconditionnés dans des fûts plus jeunes avant assemblage avec des fûts encore plus jeunes, ou l’ont parfois été à plusieurs reprises. La distillerie communique parfois sur ce sujet (j’ai pu l’apprendre de la bouche même de Richard Paterson).

 

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 Dans le même esprit que la photo précédente, de montrer un peu l'envers du décor du monde du Cognac, l' une des

pièces ou se prépare l'expédition des bouteilles des Cognacs GROSPERRIN. Photo © Grégoire Sarafian

 

Quelques données brutes :

-Guilhem GROSPERRIN achète en vrac et aux bouilleurs de crus.

-La réduction de l’alcool est progressive et répétée si nécessaire en cours de vieillissement, mais au final, le plus souvent, les Cognacs sont mis en bouteille entre 45 et 55 %, ou bien proposés sans aucune réduction (ils peuvent titrer jusqu’à plus de 60 %) ni additifs, avec juste une petite filtration douce.

-Il a récemment acheté un alambic dans le but de distiller dans un futur proche.

-400 cavistes sur Paris et région parisienne distribuent les Cognacs GROSPERRIN, mais ils sont disponibles également sur la carte de restaurants étoilés.

-Les Cognacs de la maison GROSPERRIN ne sont pas filtrés à froid, à l’exception de ceux destinées à la Chine, pour lesquelles elle est obligatoire. Qui plus est, celle-ci exige une coloration artificielle des eaux-de-vie, car elle les préfère ambrées.

-Les marchés étrangers sont changeants, les russes par exemple développent ces derniers temps un véritable goût (et des connaissances) pour les alcools, au-delà de certaines tendances spéculatrices, tandis que de nouvelles contraintes sont récemment apparues concernant le marché chinois, au sujet des alcools occidentaux (longtemps le Cognac était « la » boisson alcoolisée de prestige pour les cadeaux d’entreprise comme pour les cadeaux touristiques ou pour les grands événements, mais il y a quelque temps, le gouvernement chinois a décidé que cela avait assez duré et légiféré en ce sens, dans un soucis d’économie comme de lutte anti-corruption).

 

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 A l'entrée du siège, plusieurs "cognacothèques" comme celles-ci, montrant l'étendue de l'offre en Cognacs

de collection de la maison GROSPERRIN. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

VISITE ET DEGUSTATION DANS LE CHAI N°1, DE SAINTES, situé très près de la Charente 

(Dégustations directement du fût) :

Il s’agit d’un chai inondable, dont les fûts sont surélevés par des parpaings de béton d’environ un mètre de hauteur. Le bâtiment est ancien, en pierre, et de grande hauteur de plafond. Des dames-jeannes y côtoient de nombreux fûts de toute époque, certains remontant même aux années 1930…

 

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Le chai N°1 (sec) de la maison GROSPERRIN, surrélevé par des parpaings, rappelle que celui-ci à été construit dans une zone inondable, puisque situé à près d'une dizaine de mètres de la Charente. Les dames-jeannes au pied des fûts (d'une contenance d'environ 26 litres) sont destinées soient à contenir ce qu'il reste de certains fûts, afin de stopper leur vieillissement, soit par exemple à faciliter le transport d'un Cognac (rappelons que Guilhem à un autre chai à Chermignac, à quelques kilomètres de celui-ci. Photo © Grégoire Sarafian

 

1-« PETITES EAUX », à environ 27 % : Il s’agit d’eau additionnée d’un peu de Cognac servant à réduire les Cognacs. Guilhem a tenu a nous la faire déguster afin de préparer notre palais à la dégustation et pour mieux nous faire comprendre l’esprit de la réduction qu’il pratique. Je ne sais pas si c’est une pratique courante chez les autres producteurs de cognac. Evidemment, ce n’est pas d’un goût absolument renversant, et évoque plus du bois mouillé.

2-« GRANDE CHAMPAGNE », Distillé en 2005-2006, environ 60 % (réduit, car il était à 70 %) : Prête à être mise en bouteille en 2014, je l’ai trouvée un peu fermée et peut être pas aboutie, mais assez jolie tout de même.

Pas de notes chiffrées

3-« GRANDE CHAMPAGNE » (Folle Blanche), assemblage de lots de 2008 à 2013 réduit à 40 %, l’équivalent d’un V.S.O.P. : Assemblage à 33 % remonté jusqu’à 40 % par l’adjonction de fûts de 2008. Joli, assez rond, plutôt floral, faisant preuve d’un bel équilibre. Un Cognac un peu « intermédiaire » selon Guilhem…Pas de notes chiffrées

4-Cognac de Collection Jean GROSPERRIN « GRANDE CHAMPAGNE », nommé « N°72 » (42 ans), distillé en 1972, échantillon tiré directement du fût, chai N°1, sans filtration ni coloration, soutiré à environ 58 % le 10/03/2014 – (un fût m’a-t-on dit similaire au lot N°326, mis en bouteille à 55,4 % le 30/05/2013) : Notes correspondant à l’échantillon tiré du fût, pas à la bouteille : Couleur : Vieil or, à reflets orangés soutenus. Nez : Lourd, capiteux (floral), très fruité (fruits frais dont pêches, abricots, clémentines), également marqué par de somptueuses notes végétales (feuilles de thé Earl Grey à la bergamote, peut être du tabac à cigare Havane de qualité supérieure). Envoûtant. On est loin du caractère aseptisé qu’ont nombre de Cognacs d’assemblage (même si certains d’entre eux sont fabuleux, qu’on s’entende bien), celui-ci est bien plus typé et expressif. Le titrage naturel élevé y est également pour quelque chose. Bouche : Puissante, gourmande, chaude, épicée, florale (fleurs capiteuses dont iris, lys, jasmin, lilas, violette), avec non seulement le goût des fruits (pêches, abricots, entre autres), avec la peau de ceux-ci, et des notes de clémentine et d’épices rappelant également un Pure Pot Still (dit également Single-Pot Still) irlandais, voire même un Rye Whiskey. Un Cognac pâtissier (tarte aux fruits variés, crumble aux abricots et aux pêches). Au second plan, un complexe et subtil mélange de notes de solvant, de fruits mûrs, et un peu de cire. Le touché en bouche est presque satiné, du moins lors des premières dégustations (rien ne remplace d’ailleurs la toute première dégustation, qui eu lieu dans le chai N°1, à température ambiante, un grand moment). Succulente, bien équilibrée, mais légèrement alcooleuse, elle fait preuve de beaucoup de profondeur (avec une grande maîtrise du bois), mais elle est plus facile à déguster avec un léger ajout d’eau. Tenue à la dilution : Le nez se alors fait plus suave, la bouche devient mi-soyeuse, mi-crémeuse, et offre beaucoup de souplesse pour laisser s’exprimer notamment les notes florales et fruitées. Magnifique ! Conclusion : Pour la petite histoire, il s’agit du même fût (en fait il y en a 2 similaires) que celui dans lequel Guilhem avait puisé pour une masterclass d’assemblage (incluant votre serviteur et 5 autres personnes) de plus de quatre heures chez Nicolas Julhès le 19/05/2012, au cours de laquelle nous avons élaboré grâce à l’aide de Guilhem pas moins de 7 versions assemblant des Cognacs de 1972 à 2003. Ce millésime 1972 est une cuvée extraordinaire, exubérante, très florale, très fruitée, d’une belle complexité, enveloppé dans un bel écrin de cire… Un alcool d’une grande qualité, proche des meilleurs rye whiskeys âgés, mais rivalisant également avec les meilleurs Irish whiskeys ou les meilleurs single-malts élevés en fûts de Sherry (évoque tantôt un BENRIACH officiel de 1976, avec moins de fruits exotiques, tantôt un GLENLOSSIE de négoce).

 

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Plan rapproché d'une bouteille du Cognac "N° 72" (distillé en 1972, mis en bouteille en 2013 pour celui-ci), issu du lot 326, l'un des deux dégustés au cours de ce voyage. L'étiquette mentionne toujours l'origine du Cognac et les certifications lorsqu'elles ont été possibles (sous contrôle d'huissier) et même dans le cas contraire comme ici, qui interdit la mention "millésimé 1972". La bouteille était vendue à l'époque dans les 150/200 €. Photo © Grégoire Sarafian

 

5-Cognac de Collection Jean GROSPERRIN « GRANDE CHAMPAGNE », nommé « N°71 », distillé en 1971 (43 ans), échantillon tiré directement du fût, chai N°1, sans filtration ni coloration, soutiré à environ 63 % (chais secs) le 10/03/2014 : Notes correspondant à l’échantillon tiré du fût, pas à la bouteille : Couleur : Vieil or, à reflets acajou assez denses (Bourbon). Nez : Puissant, intensément boisé, épicé, pâtissier également (« Pecan pie », tarte aux noix de pécan, crumble aux pommes très caramélisées), il évoque davantage un bourbon whiskey ou un vieux whisky de grain qu’un cognac ou un single-malt. Bouche : Assez différente là aussi du millésime « 1972 », elle est plus puissante, plus sèche, profondément boisée (bois précieux, érable) et épicée (sur un registre « plus américain que français », avec de la cannelle, de la girofle, de la muscade, du gingembre, voire une pointe de piment), des noix nobles, un caractère pâtissier plus lourd, avec malgré tout de belles notes fruitées à l’arrière-plan (abricots, pruneaux, dattes, mûres), mais assez difficile à déguster sans eau (63 % tout de même !). Tenue à la dilution : Il faut juste un peu d’eau car le profil de ce cognac ne permets pas une grande dilution (sinon le boisé et les épices dominent). Le nez est alors un peu plus civilisé, la bouche devient plus équilibrée, dévoilant même des notes inattendues d’orge, de croquant de céréales et de fruits rouges (mais cela demeure assez ténu) rappelant des whiskeys irlandais. Conclusion : D’une belle présence et d’une grande densité en bouche, ce cognac là lorgne du côté de nos amis nord-américains, mais pas seulement. Un peu sur le fil du rasoir (plus boisé et épicé qu’autre chose), pas aussi équilibré que le millésime « 1972 », ce millésime « 1971 » est néanmoins superbe et un rien atypique.

 

 

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 Une partie des bouteilles de la dégustation chez Guilhem GROSPERRIN...Photo © Grégoire Sarafian

 

6-« GRANDE CHAMPAGNE », distillé en 1967, lot à 48 % : Assez fin, bel assemblage.Un bon lot, mais nettement moins spectaculaire que d’autres du même millésime (mais lot N°123, à 47,5 %) qui avait été noté 98/100 & Hors catégorie (voir la page consacrée aux spiritueux sur le site). Note chiffrée (sous réserve) estimée à 86+/100

 

7-« FINS BOIS », distillé en 1967, lot à ? % (non noté): Assez fin, joliment fruité, bel assemblage. Notes de rancio de qualité.Superbe.Le cran au dessus, cette fois, clairement. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 94/100

 

8-« GRANDE CHAMPAGNE », distillé en 1933, lot nommé « Hillaire » (inscription sur le fût-probablement le nom du propriétaire initial du lot), à 48 % : De couleur ambrée, au nez et à la bouche très fins, exprimant un boisé intense mais néanmoins encore appréciable, cet étonnant Cognac évoque lui aussi un vieux Bourbon whiskey plutôt qu'un Cognac ou même qu'un Single malt…Un vraie page d'histoire. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 92/100

 

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Une certaine émotion nous envahit lorsque Guilhem soutire, à l'ancienne, un peu de ce Cognac de collection

datant de 1933...Photo © Grégoire Sarafian

 

9-« PINEAU DES CHARENTES » de 30 ans d’âge, environ 17 % : Etonnant, très joli et gourmand en fruits, mais aussi très oxydatif…on atteint la limite de ce qui est possible en termes d’équilibre à mon avis. Mais c’est superbe. Pas de notes chiffrées.

 

 

VISITE ET DEGUSTATION AU « LABORATOIRE » D’ASSEMBLAGE DE SAINTES

 (Dégustations de bouteilles et de samples, pas seulement de Cognac) :

 

Le laboratoire, situé au premier étage de la bâtisse principale, est un des lieux ou Guilhem accueille ses visiteurs et clients, mais aussi le lieu dans lequel il élabore ses nouveaux assemblages, décide des réductions ou non pour tel ou tel millésime et fût, voire décide l’embouteillage fût par fût. Un lieu impressionnant, avec une belle vue sur la Charente, rempli de flacons anciens et modernes, d’échantillons dont le contenu date parfois de plus de 200 ans…

 

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Cette fois-ci en photo le "line-up' complet de la dégustation, pour la partie Cognac en tout cas, avec les verres permettant d'apprécier les différences parfois infimes de robe entre eux (même avec fort écart en termes d'années). Notez la teinte verdâtre de l'avant-dernière bouteille sur la droite, datant de 1893 (voir plus loin). Photo © Grégoire Sarafian

 

10-« FINS BOIS », distillé en 2001, lot ? , en bouteilles de 0,50 cl, certification AB (Agriculture biologique), 46,8 % :

Déjà dégusté (autre lot), assez doux, léger et bien construit, un très beau Cognac jeune.Mi-fruité, mi-floral, il fait preuve d’un bel équilibre. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 86/100

 

11-« GRANDE CHAMPAGNE », distillé en 1988, lot 309, 63 % : Très exubérant, plutôt dur, alcooleux, limite en déséquilibre, mais avec tout de même des qualités. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 82-84/100

 

12-« BORDERIES », distillé en ? (33 ans), Chais humides, lot ?, 41,2 % : Très doux, marqué par de belles notes d’orange, mais aussi de solvant, de vernis un peu entêtant. Trop pour mon goût. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 80-82/100

 

13-« FINS BOIS », distillé en 1979, 55,4 % : Profil un peu dur, assez déconcertant. Pas d’autres commentaires effectués, ni de notes chiffrées.

 

14-« PETITE CHAMPAGNE », distillé en 1973, lot 311, à 50,6 % : Entêtant (alcooleux, notes de solvant un peu trop fortes), mais bien fait. Difficile à juger. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 80-82/100 ?

 

15-« PETITE CHAMPAGNE », distillé en 1969 (pas de précision sur le lot), à 50,5 % : Exubérant, très fin, notes de solvant, mais beau fruité, mais il lui manque quelque chose.Dommage. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 84-86/100

 

*Extrait de caramel (E 150 a), testé dans un demi-verre d’eau : Intéressant, presque pas d’influence. Guilhem nous dit qu’il n’y en a aucune, pourtant je sens un petit quelque chose, pas tellement en goût qu’en texture (soupçon de caractère sirupeux possible, comme dans nombre de blended-whiskies écossais, mais aussi de cognacs classiques). Apparemment ce ne serait pas le même caramel utilisé à l’international (E150 d)= Sulfate d’ammonium, dit Guilhem), à vérifier.

Nota : Il n’a pas été question de diluer une seconde les Cognacs qui suivent, étant donné leur finesse et leur âge, cela aurait constitué un crime…

16-« BONS BOIS », distillé en 1944 (pas de précision sur le lot), embouteillé au degré naturel (brut de fût), 42,3 % : Couleur : Ambre profond. Nez & Bouche : Au départ assez marqué par des notes de solvant, puis s’équilibre, avec de belles notes fruitées (fruits confits,fruits mûrs, belles notes d’orange confites) évoquant un whisky du Speyside fort en sherry. Superbe boisé, finesse et puissance  à la fois. Finale interminable.Superbe, un grand Cognac, d’une grande complexité et d’un équilibre parfait.Très lisse et très doux. Beau rancio, beaucoup de profondeur…Déjà dégusté et noté auparavant : Conclusion : Un Cognac d’anthologie !!! -Prix + de 500 €-Note confirmée = 98 à 100/100 & Hors catégorie.

 

 

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 La couleur de ce millésime "1944" parle d'elle-même : Du fruit (gourmand), du bois (maîtrisé), et plein d'autres choses encore... Magnifique ! Photo © Grégoire Sarafian

 

17-(”Trésors de La Gabare”), Cognac Hors commerce nommé « N°22 » (probablement distillé en 1922), environ 87 ans (maturation stoppée en cours de route via un stockage dans des dames-jeannes), 42 % : A Noter : Il s’agit d’un assemblage de fûts du lot intitulé N° 22 – titrant, part des anges oblige, seulement 33 % d’alcool - & du lot N°24 (ce dernier étant officieusement de 1924), ceci dans le but de présenter un titrage alcoolique minimum de 40 %, conforme à la législation pour l’appellation Cognac. L’absence de preuves de datation suffisantes interdisant le millésime  ou toute mention officielle de l’âge.

Commentaires & note chiffrée révisés en 2015 : Couleur : Ambre profond, à reflets acajou orangés foncés. Nez : Une merveille ! Sublime. Un Cognac faisant preuve d’un très bel équilibre entre rancio (très beau), fruits, fleurs, et bois (très beau). Bouche : Un fondu exceptionnel, d’une harmonie incroyable, couche sur couche de saveurs fruitées, florales, boisées, à peine épicées, semblant ne jamais s’achever…Difficile de faire plus fin que ce Cognac ! Conclusion : J’ai déjà évoqué ce cognac exceptionnel (sans doute issu d’un autre lot) sur le site. Il y a encore peu (car les prix flambent aussi dans le domaine du Cognac) celui-ci était encore d’un rapport qualité/prix assez exceptionnel (je disais à l’époque, la première fois que je l’ai dégusté et je peux le redire maintenant que « les single-malts commencent à être très sérieusement en danger comparés à ce nectar »), avec un prix d’un peu plus de 500 € pour une bouteille. Ce prix n’est plus d’actualité évidemment. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 98/100 & Hors Catégorie

 

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Deux Cognacs d'exception de la maison GROSPERRIN, des Cognacs datant de 1822 et 1820 !

Photo © Grégoire Sarafian

 

 

18-(”Trésors de La Gabare”), Cognac Hors commerce nommé « N°20 », de « GRANDE CHAMPAGNE », distillé en 1820….d’environ 99 ans (maturation stoppée en cours de route via un stockage dans des dames-jeannes), mis en bouteille en 1919, titrant environ 40 % : A Noter : Il s’agit d’une bouteille sans étiquetage officiel, d’une mise en bouteille de réserve, qui a pour vocation de n’être qu’un d’échantillon, provenant d’un des plus vieux fûts de la réserve de ce négociant. Il y aurait 250 bouteilles de ce Cognac.

Commentaires & note chiffrée révisés en 2015 : Couleur : Ambre profond (comme la pierre, pas comme le ton foncé associé habituellement aux whiskies colorés), à reflets acajou orangés. Nez & Bouche : Un Cognac d’exception, « sublissime » et fondu au possible, tout en demeurant gourmand (floral, fruité, avec de belles notes de bois précieux) et d’un raffinement inouï. Semble encore plus abouti encore que le précédent pourtant au delà de mes espérances. La complexité, la sérénité et le velouté de ce Cognac, encore plus généreux et gourmand que le « N° 22 » me laisse pantois….Il m’évoque, en mieux, le single-malt DALMORE officiel 50 ans mis en bouteille en 2009, contenant parmi les plus vieux fûts des whiskies (certes reconditionnés régulièrement au fil du temps) de la distillerie, datant de 1868. Conclusion : Une des plus belles eaux-de-vie jamais dégustées, à la hauteur des plus grands vins, un miracle incroyable et pour donner une image plus tangible, ici, le sommet de l’Everest est depuis longtemps dépassé !!!! Comme ce n’est pas la première fois que je déguste ce « N°22 » (tout comme le « N°20 », d’ailleurs), j’ai certes un peu moins d’émotions que les fois précédentes, mais tout est relatif : L’on a affaire ici à l’égal des plus grands malts. (Hors commerce, mais estimé à 5000 €) - Note confirmée (rationnalisée autant que possible !) : 100/100 & Hors catégorie !

 

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Le "Grande Champagne" 1820, plus qu'un Cognac, un morceau d'histoire.

Photo © Grégoire Sarafian

 

19-Rhum millésimé « 1893 », mais étiqueté comme Cognac (au XIX ème, Guilhem nous apprend qu’on assemblait souvent Cognacs et Rhums ensemble !) : Etonnante, la couleur à la base de la bouteille est réellement verdâtre. Un rhum plutôt joliment fait, certes atypique, assez végétale, austère au début, puis plus agréable, avec clairement une note de canne à sucre, et beaucoup de rancio bien maîtrisé. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 87-89/100

 

Enfin, cerise sur le gâteau, pour terminer notre périple, Guilhem nous a proposé de déguster 3 single-malts whiskies écossais du négociant ADELPHI (que distribuait en France jusqu’en 2012 la maison Grosperrin) :

Signalons à ce stade, qu’une boutique, nommée « La Cale », propose au visiteur un choix assez conséquent tant de Vins, de Whiskies que de Cognacs ou autres spiritueux, et que j’en recommande la visite…

 

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Une partie des étagères consacrées aux whiskies (pas seulement Adelphi, marque distribuée à l'époque en France par GROSPERRIN) dans la boutique "La Cale", à La Gabare S.A. Un choix impressionnant. Photo © Grégoire Sarafian

 

-DALMORE 17 ans (1990-2007), Single-cask N°3527 ayant donné 590 bouteilles, Cask Strength, 59,7 % : Assez joli DALMORE, un peu atypique, plutôt végétal et herbacé, si mes souvenirs sont bons, plutôt bien fait. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 86/100

-SPRINGBANK 34 ans millésimé « 1969 » (1969-2004), Single-cask N°149 ayant donné 425 bouteilles, Cask Strength, 58,5 % : Couleur or, nez végétal, voire presque marin, boisé, malté, très fin. Bouche très fine et très équilibrée, avec des notes typiques de la distillerie (coco, bouillie de céréales, épices, chêne sec, herbes sèches). Très élégant, son profil aromatique est ténu, mais au final c’est une petite merveille de finesse et de complexité. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 94/100

 

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Rares sont les whiskies qui peuvent tenir après une telle dégustation !

Photo © C.

 

-CAOL ILA 23 ans (1984-2008), Single-cask N° 6262, ayant donné 232 bouteilles, Cask Strength, 57,3 % : (note de dégustation complétée par une note précédente, deuxième dégustation, donc) :

Couleur : Or clair, reflets à peine dorés, mais avec éclat. Nez : Typique des versions âgées de qualité, avec la toile de jute en premier lieu, puis les notes marines et tourbées, puis d’autres, mais pas de note d’olive. Bouche : De même, avec une belle harmonie entre les notes florales et fruitées, soulignées par une tourbe fine et légère. Pas d’agressivité non plus au niveau de l’alcool. Belle finale salée et florale, à peine anisée. Tenue à la dilution : Excellente, et comme souvent avec les bons fûts âgés de CAOL ILA, une proximité aromatique heureuse avec nombre de PORT ELLEN de négoce (pour les plus équilibrés, et vieillis en fûts de Bourbon et dans les 22/26 ans d’âge s’entend). Devient crémeux et plein de charme. Fleurs, agrumes, embruns, sel, anis, fine fumée de tourbe. Conclusion : Déjà noté par ailleurs, car déjà dégusté auparavant (2011), c’est un superbe CAOL ILA, parfaitement équilibré, bien tourbé, avec une pointe de badiane, presque aérien, mais avec de la gourmandise et beaucoup de classe. « For relaxing time…. ».Note chiffrée confirmée : 93,5/100

 


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 Un grand CAOL ILA de chez Adelphi...Photo © Grégoire Sarafian

 

 

VISITE ET DEGUSTATION AU CHAI DE CHERMIGNAC :

Il s’agit d’un lieu plus récemment acquis par la maison GROSPERRIN, une bâtisse traditionnelle avec un chai de petite taille, sur plusieurs pièces, un autre étant d’ailleurs en construction sur le flan arrière. Non loin des fûts sont entreposés, sur une mezzanine, comme à Saintes, des dames-jeannes d’environ 26 litres, destinées à sauvegarder le contenu de fûts trop âgés et/ou dont le titrage menace d’être inférieur à la limite légale (40 %) pour l’appellation « Cognac ». C’est un lieu bien plus petit que le chai N°1 de Saintes, mais qui a son charme, encore plus campagnard pour le coup…

 

 

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Le chai actuel situé à Chermignac...plus petit que celui de Saintes, mais en cours d'expansion.

Photo © Grégoire Sarafian

 

 

20-« BONS BOIS », distillé en 1991, échantillon de brut de fût au degré naturel, 67,8 % : Boisé intense, avec un alcool très présent, difficilement soutenable sans eau. Guilhem pense le laisser encore vieillir et l’assembler avec d’autres Cognacs peut être moins brutaux. Note chiffrée (sous réserve) estimée à 88 ?/100

 

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Votre serviteur (à gauche) avec Guilhem (à droite), dans le chai de Chermignac, dégustant un échantillon qu'il avait gardé pour nous il y a un moment déjà du "Bons Bois" 1991, un véritable feu d'artifice dans le palais, un Cognac certes encore à dompter (à laisser vieillir encore un peu, assembler, peut être?) mais impressionnant. Par contre celui là a clairement besoin d'eau ! Photo © Grégoire Sarafian

 

21-COGNAC jeune (2011), pas d’autres précisions : Jeune, rien à voir, plus proche d’un autre type d’alcool, note de pin assez importante. Evoque curieusement alors un single-cask de chez MACKMYRA (distillerie suédoise de whisky). Note chiffrée (sous réserve) estimée à 84-86/100

 

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Votre serviteur dans le chai de Chermignac, traditionnel, ou l'on distingue des fûts en grande majorité neufs et jeunes.

Photo © Grégoire Sarafian

 

 

Conclusion : Ce voyage fût riche d’enseignements : D’abord celui de battre en brèche certaines idées reçues sur le Cognac (mais cela, certes, j’avais déjà commencé à le faire suite à plusieurs rencontres et masterclass données par Guilhem GROSPERRIN sur Paris), mais aussi de me permettre de mieux connaître ses spécificités, ses ressemblances comme ses différences avec le whisky, et puis au-delà de toutes ces considérations, la révélation que oui, nous aussi, en France, savons produire de beaux alcools vieillis en fûts, avec un véritable terroir, un savoir-faire unique, des liens étroits entre producteurs, courtiers et négociants, mais aussi distributeurs, producteurs de Pineau des Charentes, etc…

Ce non sans émotion et ma plus grande considération devant des trajectoires très différentes et parfois rares et difficiles comme celle de la famille GROSPERRIN. J’ai également visité d’autres producteurs de Cognac, mais aussi de Pineau des Charentes, dont certains depuis 8 générations, et je regrette que face à tout ce savoir-faire, ces talents, cette gourmandise et ce raffinement typique du Cognac, celui-ci demeure encore vendu à l’étranger en très grande majorité, et que, de même que pour l’Armagnac, celui-ci soit quelque peu trop boudé encore dans notre pays. Puisse cet article (et celui à venir sur un négociant en armagnac) changer un peu cette vision et ces pratiques…Et encore un grand merci à Guilhem pour son accueil chaleureux et qui n’a pas compté son temps malgré son emploi du temps surchargé. Je n’oublierais pas (moi et mes compagnons de visite) ce voyage !

 

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Chez la famille Rivière, producteur de Pineau des Charentes depuis 8 générations, un ami de Guilhem. Nous avons eu la chance de visiter l'endroit, non loin de Chermignac, pendant la saison de distillation, qui ne dure que...15 jours par an ! Les alambics sont encore chauffés au bois comme il y a bien longtemps. Le Pïneau produit ici est commercialisé sous la marque François 1er, et il est superbe. Le plus ancien millésime dégusté lors de notre passage fut un "1978", d'une grande densité. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

 Bonne visite à venir dans le fabuleux univers du Cognac...!

 

 

Gros Plan

 

Notre premier GROS PLAN est consacré à une des plus prestigieuses distilleries d'Ecosse, et au delà, et bien sûr, la plus célèbre distillerie écossaise des îles Orcades, au nord-est de l'Ecosse, j'ai nommé...

 

HIGHLAND PARK

 

 

Highland park distillery walls      Highland Park logo

 

 

Un peu d’histoire :

 

Fondée officiellement en 1798 par David Roberston (en fait l’on raconte que le véritable fondateur serait un certain Magnus Eunson, en toute clandestinité) à Kirkwall, sur « Mainland », l’île principale parmi les 67 îles (16 étant seulement habitées) de l’archipel des îles Orcades (« Orkney Islands », en anglais, « Arcaibh » en gaélique écossais), des îles plus souvent sous domination viking dans l’histoire qu’écossaise. En effet, l’archipel n’est écossais que depuis 1471, après annexion suite au non- paiement promis par le Roi Christian 1 er du Danemark en 1469. C’est aussi à cette occasion que les îles Shetlands devinrent écossaises. Ces îles, habitées depuis 8500 ans, ont vu s’établir nombre de cultures, dont tout d’abord les Pictes, puis des Vikings de Norvège (en 875), et bien sûr le Danemark, et sont donc culturellement plus marquées par leurs anciens habitants que par leur « voisins » d’Ecosse.

Ces îles abritent également l'un des plus beaux sites mégalithiques au monde, classé, bien entendu, le cercle Picte dit « Ring of Brodgar » qui, on le comprends, attire les visiteurs davantage encore que la distillerie, et ses paysages plus généralement à couper le souffle. Mais si la distillerie est située très au nord, et pour l’instant constitue encore la plus septentrionale de toutes les distilleries écossaises, c’est le vent qui souffle constamment et fort (souvent à près de 160 km/h) plus que la température (dont l’amplitude de température n’est que de + 2 à + 20 °) qui donne cette impression de froid.

 

Highland Park Stills

 

 

Cette très prestigieuse distillerie, de taille modeste, avec 4 alambics de taille moyenne (2 alambics de « Wash » de 14600 litres et 2 alambics de « Spirit » de 9000 litres produit tout de même 2 millions de litres d’alcool pur par an (et plus d’1,3 million de bouteilles vendues par an), dont 50 % est utilisée par l’élaboration des blends LONG JOHN, THE FAMOUS GROUSE & CUTTY SARK… Le distillat sort des alambics de Spirit à environ 69,8 % (le middle-cut est souvent à 64,5 %), et est mis en fût à plus de 63 %.

La distillerie dispose de 23 chais (19 chais traditionnels, dits de type « dunnage warehouse », et 4 chais modernes de type « rack »). Les quelques 46000 fûts stockés (cela peut aller jusqu’à 60000) sont de deux types principaux, des fûts de chêne américain (de type « Quercus Alba » en provenance de l’Ohio ou du Missouri-ils coûtent près de 92 dollars à l’achat, vides) et des fûts de chêne espagnol (qui eux coûtent près de 600 euros, et ont contenu du Sherry Oloroso durant au moins 2 ans). Les fûts de Bourbon acheminés jusqu’à la distillerie sont utilisés pour élaborer des single-malts destinés uniquement aux blended-whiskies. La distillerie pratique la filtration à froid, mais, dit elle, contrairement à nombre d’autres distilleries, n’amène pas la température en dessous de 0, mais plutôt à environ +4 °. Pour la filtration de certaines mises en bouteille spéciales, comme les 30 et 40 ans d’âge, elle procédera plutôt à une filtration à température ambiante.

 

Four à tourbe           Détail feu de tourbe Highland Park

 

 

La distillerie utilise de la tourbe pour ses single-malts, mais si l’orge utilisée est tourbée à 38/40 p.p.m., elle est en revanche mélangée à 80 % d’orge non tourbée en provenance de la distillerie TAMDHU. La distillerie dispose de 23 chais (19 chais traditionnels, dits de type « dunnage warehouse », et 4 chais modernes de type « rack »). Les quelques 46000 fûts stockés (cela peut aller jusqu’à 60000) sont de deux types principaux, des fûts de chêne américain (de type « Quercus Alba » en provenance de l’Ohio ou du Missouri-ils coûtent près de 92 dollars à l’achat, vides) et des fûts de chêne espagnol (qui eux coûtent près de 600 euros, et ont contenu du Sherry Oloroso durant au moins 2 ans). Les fûts de Bourbon acheminés jusqu’à la distillerie sont utilisés pour élaborer des single-malts destinés uniquement aux blended-whiskies. La distillerie pratique la filtration à froid, mais, dit elle, contrairement à nombre d’autres distilleries, n’amène pas la température en dessous de 0, mais plutôt à environ +4 °. Pour la filtration de certaines mises en bouteille spéciales, comme les 30 et 40 ans d’âge, elle procédera plutôt à une filtration à température ambiante.

 

A Highland Park Warehouse

 

La distillerie appartient au groupe Edrington, qui possède également les distilleries THE GLENROTHES, THE GLENTURRET, THE MACALLAN & TAMDHU. Cependant, depuis la rédaction de cet article (corrigé et augmenté en 2013), la distillerie TAMDHU a été rachetée (en 2011) par le négociant Ian McLEOD, mais cette information est quelque peu passée inaperçue. On ne sait donc pas encore s'il y aura pérennité des accords d''approvisionnement en orge non tourbée entre les distilleries TAMDHU & HIGHLAND PARK.

 

La gamme régulière ("core range" en anglais) comporte un 12 et 18 ans d'âge, régulièrement primés (le regretté Michael Jackson, Dave Broom ou encore Paul Pacult, célèbres écrivains du whisky, ont loué la complexité et la qualité de ces whiskies, notamment dans l'ancienne gamme d'avant 2006), mais aussi un 15 ans, un 25 ans, un 30 ans, et depuis 2008 un 40 ans d'âge non millésimé. Un 50 ans d'âge a également été ajouté à la gamme en 2010. Toute la gamme a été relookée en 2007. S'y ajoutent des éditions limitées comme le 21 ans d'âge (auparavant réservé aux boutiques hors taxe), des éditions millésimées réservées au marché hors taxe (dutyfree) comportant la mention "global travel retail". Les millésimes disponibles ces dernières années sont les 1973, 1978, 1991, 2001 (après les 1990, 1994),  ainsi que ceux disponibles au delà de ce marché dans la prestigieuse gamme dite "Orcadian Vintage" (bénéficiant comme les 40 et 50 ans d'âge d'un design spécifique et luxueux de bouteille comme de contenant), à savoir les 1964, 1968, 1970, puis 1971 et 1976. D'autres éditions particulières ont été produites, avec un nom à consonance scandinave lié le plus souvent aux légendes vikings ou à l'histoire de la scandinavie, comme le "Drakkar", "Leif Eriksson", ou plus récemment (2012) la "Valhalla Collection" (avec les "Thor", "Loki", et bientôt "Odin" et "Freya"), la nouvelle gamme "Warrior Series" en 2013 (sur laquelle nous reviendrons) ou encore les mises en bouteille spéciales avec étiquette reprenant le design de très anciennes versions de Highland Park, de 12 ("Earl Magnus" en 2009, "Saint Magnus" en 2010) et 18 ans ("Earl Haakon", en 2011)  d'âge. Parmi les éditions limitées, signalons tout de même 5 éditions d'âge assez variable issues de fûts uniques (single-casks) dites "Ambassador Cask".

Il existe également des versions de négoce d' Highland Park, chez de nombreux négociants différents, mais comme pour d'autres distilleries, voire encore plus ici, le profil aromatique ou style maison de la distillerie semble moins présent que dans les versions officielles, bien entendu car ce sont le plus souvent des fûts uniques plutôt que des lots qui leur sont vendus, mais je pense aussi que cela est du au type de fûts également...Ainsi la distillerie garderait en quelque sorte la "recette" maison pour sa propre production officielle, mais sur ce dernier point, il ne s'agit que d'une hypothèse, d'une conjecture personnelle...

 

Group of bottles

 

 

 Précisions sur les fûts utilisés et leur proportion pour les principales mises en bouteille de la distillerie (2010) :

La distillerie n’utiliserait plus que des fûts de Sherry aujourd’hui (enfin à plus de 80 %), et des fûts de 1 er ou de 2 ème remplissage. Les fûts sont d’origine américaine (mais ne sont pas des fûts de Bourbon) ou espagnole, donnant différentes saveurs. Ainsi, d’après Gerry Tosh, l’ambassadeur de la distillerie, l’utilisation de fûts de chêne espagnol entraînerait un profil aromatique plus doux que celle de fûts de chêne américains, en réveillant les notes fumées (une fumée modérée, dit- il, sans rapport avec celle de l’île d’Islay, par exemple, du fait de l’absence d’arbres, balayés qu’ils furent par le vent constant et très violent soufflant sur l’archipel- souvent à près de 160 km/h.) mais aussi des notes de caramel naturel, de zeste d’orange…tandis que les fûts issus de chêne américain auraient tendance à donner plus de notes épicées, boisées et d’agrumes (..). En revanche, la distillerie approvisionnant à raison de 50 % trois marques de blended-whiskies (Cutty Sark, The Famous Grouse & Long John), et vendant régulièrement des fûts à des négociants, rien ne dit qu'il ne s'agit que de fûts de Sherry dans ces cas précis.

 

- Highland Park 12 ans, 40 % : “Spanish Oak Casks” (et 20 % de 1 st Fill Sherry)

 - Highland Park 15 ans, 40 % : “American Oak Casks” seulement (et 30 % 1st Fill Sherry Casks)

- Highland Park 18 ans, 43 % : En majorité des “Spanish Oak Casks “ (45 % 1st Fill Sherry). Un peu plus de notes fumées.

 - Highland Park 21 ans, Limited Edition (duty-free), 47,5 %(1 ere édition, la suivante étant réduite à 40 %, jusqu'à la version 2012 revenant au titrage initial) : Fait de fûts espagnols seulement (“Spanish Oak Casks”- dont une partie en 1st Fill Sherry). Gerry Tosh parle de finale plus longue, de notes de toffee, de dattes et autres fruits secs & mûrs. Présence de notes fumées un peu plus importantes.

 - Highland Park 25 ans, 48,1 % : “American & Spanish Oak Casks” (80 % de fûts “1st Fill Sherry »)

 - Highland Park 30 ans, 48,1 % : 75 % de “Spanish Oak Casks”, et 25 % d’ “American Oak Casks” (Seulement en “Refill Sherry Casks “)

 - Highland Park 40 ans, Limited Edition, 48,3 % : 75 % de “Spanish Oak Casks”, et 25 % d’ “American Oak Casks” (Seulement en Refill Sherry Casks“)

 - Highland Park Millésimé “1977” (bottled 1998 = 20 ans) Bicentenary Reserve, Ltd Edition « Repatriation » (Japanese Packaging), 40 %: (Majorité de “Refill Sherry Casks”). La version réduite à 40 % (car elle fût d’abord propose à 46 %) avait d’abord donné 15000 bouteilles, la livrée japonaise (coffret bois) seulement 694 bouteilles. Majorité de « Refill Sherry casks ».

 - Highland Park 12 ans “St Magnus”, Limited Edition (duty-free = 11994 bouteilles), 55 % : Pas de précisions.

 - Highland Park H.P. 12 “Hjarta” Limited Edition (duty-free), circa 58,1 % : Pas de précisions.

 

 

à suivre prochainement ...

 

 

Warrior series

 

 

Des informations et notes de dégustation sur tout ou partie des mises en bouteille de deux séries limitées,

la "Valhalla Collection" (qui compte déjà les "Thor", "Loki" et bientôt "Odin" et "Freya"), et la "Warrior Series",

uniquement destinée aux boutiques hors-taxes ("travel retail exclusives") qui compte déjà 3 mises en bouteille

("Svein", "Einar" et "Harald"), mais sera composée de 6 expressions au total.  A suivre également des

notes de dégustation sur d'autres versions millésimées réservées aux boutiques hors-taxes et

d'anciennes versions plus ou moins recherchées aujourd'hui...

 

 

Vous pouvez aussi d'ores et déjà lire :

 

L'interview de Daryl Haldane, chargé de la promotion de la marque Highland Park (Global Brand Avocate).-12/10/13.

Interview

 

La note de dégustation sur le HIGHLAND PARK "Einar" qui fait partie de la "Warrior Series":

Einar

 

 

 

Description d'une version mythique :

 

HIGHLAND PARK officiel “AMBASSADOR CASK N°5” millésimé “1974”(Mise en bouteille en 2008-34 ans d'âge), 41,5 % :

Précisions : Cette version provient d'un fût unique ("Single-Cask") de type "Refill Sherry Hogshead" (fût reconstitué ayant auparavant contenu du Xérès), numéroté 8845 (Cask N°8845) ayant donné 228 bouteilles), fût sélectionné, comme son nom l'indique, par l'ambassadeur de la distillerie de l'époque, à savoir Gerry Tosh. Il s’agit de la 5ème et dernière sélection de fût par l’ambassadeur de la distillerie Gerry Tosh, dans le cadre de cette exceptionnelle série limitée débutée en 2005. En effet, d’après la distillerie, le nombre de fûts âgés étant en raréfaction et les prix élevés, le choix a été de développer davantage des éditions limitées plus prestigieuses avec un nouveau packaging, soit plus jeunes (comme les trois éditions « Earl Magnus » de 2009, « Saint Magnus » de 2010 ou bien celle, à venir en 2011, nommée « Earl Haakon »), soit plus âgées (comme par exemple les trois « Orcadian Vintages », millésimés 1964,1968, 1970), sans parler d’autres éditions rares comme les 40 et 50 ans d’âge…

 

Highland park ambassador cask 5

 

Couleur : Ambrée, à reflets cuivrés.

 

Nez : Très équilibré, il est un peu timide de prime abord, puis s’avère d’une belle complexité et d’une finesse exceptionnelle. Riche, il est typique du style maison, avec de belles notes de thé (noir & Earl Grey- avec une bergamote bien distincte), de bruyère, de miel, de fruits mûrs, d’un boisé élégant et discret, le tout surmonté de délicates et discrètes notes de tourbe et de fumée très légères. Magnifique et engageant.

 

Bouche : Très belle, elle reprend les notes du nez en restituant toute leur complexité et en les rendant plus tangibles à la fois. L’équilibre est parfait. D’une élégance rare, elle déploie une véritable guirlande de saveurs qui viennent discrètement s’ajouter les unes aux autres en bouche : Le miel, la bruyère, la violette, la prune, le café, l’abricot, le pruneau, d’autres fruits, confits cette fois, un boisé élégant en filigrane, le tabac, et tout au plus une légère touche soufrée en finale. La finale, justement, est toute en douceur et en charme, en un lent decrescendo avec une petite touche de vernis et un petit rappel floral. Elle s’évanouit certes un peu vite compte tenu du plaisir procuré, mais aussi parce que les anges ont été un peu trop gourmand cette fois ci…

Tenue à l’aération : Excellente, et nécessaire avec les malts un tant soit peu âgés comme celui là.

 

Tenue à la dilution : Excellente, s’il s’agit d’ajouter que quelques gouttes d’eau. Une légère dilution apporte un peu plus de fluidité encore, et évoque alors certains YOICHI ou vieux GLENLIVET…Trop d’eau tuerait ce vénérable malt.

 

Conclusion : Un HIGHLAND PARK exceptionnel, tout en charme & subtilité, un à plusieurs tons au dessus du « Bicentenary Reserve 1977 » par exemple, et qui frise la perfection. Ce qui l’en sépare ? Un titrage un peu trop faible (à 45% ou 48 % il aurait été vraiment en firmament), sinon c’est un des plus beaux single-malts de cette distillerie.

Note confirmée (sur deux dégustations-cf sample) = 98,5/100 & H.C. (Hors Catégorie)

 

Prix : Environ 300 € à sa sortie, en vente à la distillerie seulement, puis depuis assez rare (comme cette édition limitée est épuisée, probablement beaucoup plus sur internet) –Merci infiniment à mon ami Hugh pour cette exceptionnelle dégustation.

 

 

Description d'une version ancienne du 18 ans d''âge :

 

HIGHLAND PARK officiel 18 ans, Edition 2006, SINGLE-MALT ECOSSAIS

(Orkney Islands), 43 %:

 

A Noter : Si l’orge utilisée est tourbée à 38/40 p.p.m., elle est en revanche mélangée à 80 % d’orge non tourbée en provenance de la distillerie TAMDHU.

 

Highland Park 18 y.o. before 2007       H.P. 18 ans ancien packaging 2005

 

Couleur : Vieil or, à reflets ambrés.
 

Nez : Fumé, un peu retenu, boisé, phénolé, un rien iodé, tourbé même (modérément), et au fruité discret.

Bouche : Grasse, puis s’assèche assez vite. Attaque vive, sur les épices (poivre, intense), puis s’arrondit quelque peu. Myriade de saveurs mêlées harmonieusement: Notes herbacées, sucrées, miellées, ainsi qu’un rien tourbées et fumées (très discrètes et superbement intégrées à l’ensemble). On y décèle également des notes de caramel (hélas, en partie ajouté, mais cela ne l’empêche pas de fonctionner admirablement), de cuir, de thé et de tabac, mais aussi d’orge maltée. Charpentée, mais pas agressive, elle fait preuve d’une remarquable complexité et d’un équilibre parfait. La finale est longue, voire persistante, savoureuse et complexe, mi-sèche, mi-ronde, et s’avère marquée par le miel de bruyère.
 

Tenue à la dilution : Quelques gouttes d’eau, vivement recommandées, et ce HIGHLAND PARK devient véritablement magnifique, ouvrant grand les portes sur d’autres sensations, tout en amplifiant les premières. Les herbes (bruyère en tête) et le miel se lient au floral (jasmin ?, lavande). Apparaissent alors des notes dues à la maturation partielle en ex-fûts de SHERRY Oloroso (abricot, pruneau, chocolat/moka, et divers fruits secs), et d’autres (soupçon d’anis, menthe et réglisse – zan- bonbon anglais). Personnellement, j’aurai été curieux de tester une version maturée à 100 % en fûts de bourbon, pour comparer son vieillissement avec cette version. En tout cas un festival de saveurs !

Conclusion : Très complet, extrêmement riche, tout en finesse et en gourmandise à la fois, c’est le meilleur single-malt disponible à moins de 60 €, en tout cas jusqu’en 2007*. Et avec le TALISKER 18 ans sans aucun doute le plus beau 18 ans d’âge officiel disponible à l’heure actuelle. C’est un peu de toute l’Ecosse qui se retrouve dans cet impressionnant chef d’œuvre quasiment parfait, couvrant l’essentiel de la palette de toutes ses régions ou terroirs.Un must dans toute collection qui se respecte…

Presse : Le regretté écrivain du whisky Michael Jackson considérait le HIGHLAND PARK 18 ans comme étant le plus complet des malts écossais, le plus à même de résumer en une seule bouteille les qualités des whiskies de toutes les régions d’Ecosse. Un autre écrivain, Paul Pacult (de la revue « Malt Advocate ») le déclara même en 2005 « Meilleur spiritueux au monde »…

Attention : La nouvelle version (d’après 2008, packaging différent) n’utilise apparemment pas la même amplitude d’âges de fûts et se resserre autour d’une cuvée de 18 ans d’âge, avec une moindre complexité et surtout une moindre longueur en bouche, sans parler de la gourmandise. L’âge d’or serait il terminé ? La distillerie annonce une restriction de fûts âgés et commence à envisager de sortir des 25, 30 ans et autres éditions (sauf les séries de prestige) désormais réduites à 40 % au lieu des 48 ou 50 % anciennement en cours. Fort heureusement depuis, et notamment à nouveau en 2012, la distillerie a décidé de revenir à des titrages plus optimaux, en tout cas pour certains embouteillages réguliers (21, 25, 30 ans), voire même pour certaines séries limitées (notamment les 3 dernières versions à venir de la "Warrior Series").

 

Note confirmée par de nombreuses dégustations (lots de 2005 à 2007) = 97,5/100 & Hors Catégorie…

 

Prix : Entre 48 € (En grandes surfaces) et 59 € (cavistes, Maison du Whisky) en 2007, puis dès l’année suivante, en 2008, à 95 € chez Nicolas et chez les rares cavistes ou les grandes boutiques qui le proposent encore sous cette version. 

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