Fermeture de la distillerie GLANN AR MOR

 

 

 FERMETURE DE LA DISTILLERIE BRETONNE GLANN AR MOR :

 

 (Addendum de mise à jour de l’EDITORIAL N° 15- 05/07/2015)

 

Dernière mise à jour : 02/08/2015

(voir importante note en fin d'article)

 

C’est non sans une grande tristesse que j’apprends la confirmation en ce début de mois de Juillet (via un communiqué de presse posté sur le compte Facebook de la distillerie) de la fermeture de la distillerie bretonne GLANN AR MOR au 15 août 2015. La distillerie fondée en 1997 dans la foulée de la société de négoce CELTIC WHISKY COMPAGNIE produisait des single-malts du même nom (GLANN AR MOR), en version non tourbée ou peu tourbée, et le KORNOG, sa version tourbée. Située à Pleubian, dans les Côtes d’Armor, elle débute la distillation de whisky en 1999. Pour en savoir plus sur cette distillerie, voir le sujet consacré à cette distillerie sur mon site : cliquez ici / click here

 

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La salle des alambics de la distillerie GLANN AR MOR. Photo de la distillerie.

 

 

Cette information était déjà propagée depuis quelques semaines sur la toile, sans précision de date, mais sa sa confirmation ce jour laisse sans voix de nombreux amateurs de single-malts de qualité supérieure, authentiquement bretons et artisanaux. Comme vous avez déjà pu le lire sur Greg’s Whisky Guide, il s’agit d’une distillerie fort appréciée également par votre serviteur, qui a pu déguster le distillat (déjà très prometteur) vers l’année 2005, puis découvrir enfin avec enthousiasme ses premiers pas en tant que single-malt, en 2008, puis par la suite avec différentes versions, brut de fût ou réduites, tourbées ou non tourbée, vieillies en fûts de chêne américain ou non, etc…

Un single-malt véritablement de premier plan qui a également enthousiasmé à de nombreuses reprises la communauté internationale du whisky et des écrivains du whisky, avec de nombreux prix (qu’elle rappelle à l’occasion de son communiqué de presse), auxquels modestement se sont ajoutés les miens en 2013. Puisque cette décision semble définitive, alors oui, l’on peut dire qu’il nous manquera,  et qu’il n’existait à ma connaissance aucun équivalent sur le marché en termes de tempérament, de style, de complexité, de précision et de générosité, même si d’autres single-malts de qualité existent.

Par ailleurs, six emplois au moins (ceux de la distillerie actuellement) sont en jeu, même si on suppose qu’une partie au moins de ces emplois (et encore c'est à confirmer, car nombre d'emplois se doivent d'être locaux) devraient être reclassés dans la nouvelle distillerie écossaise GARTBRECK que les Donnay sont en train de fonder (si cette nouvelle se confirme, bien entendu).

 

 

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Le KORNOG, version tourbée de la distillerie GLANN AR MOR, ici dans sa première version en tant que single-malt brut de fût tourbé, en 2009. Une beauté titrant 57,1 % que je chroniquerais prochainement sur le site. Photo : © Grégoire Sarafian

 

 

La raison de cette fermeture ? Martine & Jean Donnay, les propriétaires, fondateurs et distillateurs de GLANN AR MOR l’expliquent en privé comme en public pour des raisons indépendantes de leur volonté et malheureuses par rapport à un projet personnel initial en 2009 de valoriser le whisky breton et le whisky breton artisanal en particulier via une reconnaissance d’une appellation officielle d’origine géographique protégée, peut être encouragée en cela par les récentes récompenses au concours agricole de l’année 2014 (une première) d’autres whiskies français de différentes régions de France (de Bretagne, d’Alsace et de Normandie).

Le projet d’établissement d’une I.G.P. (Indication Géographique protégée) semblait en effet bien parti à l’origine, comportant plusieurs distilleries bretonnes (4 au total : Warenghem, la Distillerie des Menhirs, Glann Ar Mor, Kaerilis-par ordre historique de création d’un single-malt local), mais aussi des distilleries alsaciennes…voire d’autres plus tard. Bien évidemment, l’idéal aurait été quelque chose de plus large (chaque région de France devant pouvoir revendiquer ce qui ressemblerait à une notion de terroir et/ou de savoir-faire spécifique, le cas échéant).

Malheureusement, et après de difficiles compromis (certains comme Warenghem étant pour une certaine souplesse dans la définition du whisky breton, d’autres comme Glann Ar Mor étant plus rigoureux sur des notions relatives à l’authenticité et l’exigence-demandant par exemple le non filtrage à froid systématique, la non coloration, le libre choix de la céréale, ne pas être pénaliser si l’on embouteille pas à 40 % ses whiskies comme certains concurrents, etc…), l’accord, qui donne lieu à un arrêté (du 30/12/2014), à peine signé, est vite contesté, et il semble ne satisfaire que 2 distilleries bretonnes sur 4, voire surtout la distillerie la plus importante en capacité de production, Warenghem, à caractère plutôt industriel, ce sans jugement de valeur de ma part dans le contexte présent.

Voici le texte officiel (PDF du cahier des charges issu du Bulletin officiel agricole...) :

 cliquez ici / click here 

 

 

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Jean DONNAY, directeur de la distillerie, dans les chais de la distillerie.

 

Pour Jean Donnay, je cite « (…) le projet a progressivement évolué pour aboutir à une IGP que Glann ar Mor considère comme trop pénalisante pour son activité. Ses modalités favorisent un produit standardisé correspondant à un modèle économique de type industriel. Le whisky "syndical" breton ça n'est pas pour nous (…) ». « Pour exister à côté des industriels, les artisans doivent pouvoir exprimer leur différence en allant au bout de la démarche qualitative et en exprimant leur créativité ». Or, pour Jean Donnay, les modalités finales du texte sont « inacceptables pour les artisans », surtout « telles qu’elles ont été entérinées par l’INAO, et ce avec un seul des quatre producteurs bretons » (N.D.L.R. : C’est Warenghem qui est ici visé).

« Par exemple », poursuit Jean Donnay, « le whisky de seigle Single Malt qui avait été mis au point après plusieurs années d'efforts par Glann ar Mor était dorénavant hors la loi. En effet, en n'adhérant pas à l'IGP, ce whisky n'a plus le droit de dire ou même de faire comprendre que son origine est bretonne. Et si la distillerie adhère à l'IGP, alors ce Single Malt qui n'a plus le droit de dire qu'il est un "Single Malt" se retrouve complètement dévalorisé. Ceci n'est qu'un exemple des problèmes ayant poussé Glann ar Mor à décider de cesser son activité, mais il est le plus démonstratif et le plus simple à comprendre; d'autres whiskies se retrouvent dans la même situation ».

Par ailleurs, Jean nous explique aussi que le désaccord a également lieu sur le mode de fabrication très particulier du whisky qui est celui de la distillerie : « Sans oublier que les modalités finales de l'IGP ont aussi mis hors la loi le petit alambic à plateaux tout en cuivre de la distillerie. Un vrai bijou auquel Glann ar Mor tenait absolument pour produire certains Single Malts, et pour lequel elle avait là aussi accepté des concessions sur d'autres points. Et la qualité de ce que cet alambic peut produire en la matière avait été largement démontrée ». Enfin, assure t’elle, « en ne pouvant plus faire référence à l'origine bretonne de ses whiskies les clients de la distillerie continueraient malgré tout à la suivre, mais le handicap en dehors de France serait insurmontable. Les exportateurs classent leurs whiskies par région : Ecosse, Irlande, Japon... Alors, comment présenter et vendre un whisky sans origine ? A fortiori quand il s'agit d'un produit de terroir avec un caractère et un positionnement prix correspondants ». Rappelons que la distillerie exportait aussi bien vers l’Europe (en Allemagne, en Angleterre, en Suède, au Danemark, en Autriche) que dans d’autres pays, parfois fort éloignés (au Canada, à Singapour, à Taïwan…).

Le problème se complique encore en 2012: « La distillerie Glann ar Mor, comme ses deux confrères également opposés au projet d'IGP, a envoyé deux courriers à l'INAO début 2012, lui demandant confirmation de la situation résultant du fait que sur les quatre producteurs bretons, trois s'étaient clairement déclarés y être défavorables. Glann ar Mor attend toujours la réponse de l'INAO..... C'est évidemment trop tard maintenant (…) ».

A ce jour, nous précise encore jean Donnay, « l'IGP "Whisky Breton" a été validée en France, sa validation européenne est en cours à Bruxelles et le résultat en sera connu dans quelques mois ».

C’est, comme le rappelle le fondateur de la distillerie, « (…) un épilogue aussi triste que surprenant après 18 ans d'efforts et de sacrifices. Ceci, alors que l'activité était en plein essor avec une croissance de 25% sur le dernier exercice clos au 31 mars, grâce à des ventes dont la progression s'accélérait notamment à l'export ».

 

 

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L'étui du GLANN AR MOR Heiz Korn, avec clairement des indications liées au terroir breton. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

L'AVIS DE GREG'S WHISKY GUIDE :

Personnellement, sans pour autant prétendre à maîtriser toutes les subtilités juridiques du sujet, mais assuré d’en avoir saisi l’essentiel, si ce texte, j'en suis persuadé maintenant, représente une avancée sans précédent pour la reconnaissance du whisky français et du caractère ancré dans son terroir de certaines productions (certes limité pour l"heure seulement à deux régions), force est de constater qu’encore une fois, en France, l’on ne semble pas doué pour autant pour valoriser dans une approche globale et sereine les atouts de nos régions, hélas.

J’ai suivi d’un peu loin ces débats avant de m’en rapprocher un peu plus, et j’ai été je dois dire à certains moments assez écoeuré par les rivalités internes aux producteurs de whisky français (pas seulement bretons), rivalités qui ont pu conduire certains parfois à proférer des diffamations en public (parfois même en présence de votre serviteur). J’attendais mieux de cette communauté de producteurs de whiskies français qui ne semble pas avoir autant de solidarité entre elle que d’autres dans des pays parfois très éloignés…

Par ailleurs, ce qui me chagrine, plus encore d’ailleurs que dans le cas de distilleries écossaises, c’est que je pense que ces rivalités n’ont pas lieu d’être, surtout parce que chaque distillerie française se singularise encore plus de sa voisine à mon sens que les distilleries écossaises, autrement dit je pense qu’il y a de la place pour tout le monde !

A titre d’exemple, j’apprécie autant la distillerie GLANN AR MOR que la distillerie WARENGHEM, même si j’ai bien conscience de leurs différences, tant en modes de production qu’en termes de cibles commerciales (l'une, Warenghem, vend en grandes surfaces comme en cave, l'autre très peu en cave et surtout en direct), et que par rapport à un produit artisanal de pointe, la première bien que plus jeune a une longueur d’avance sur la seconde, clairement, mais cette dernière produit aussi de temps à autre des éditions limitées (single-cask ou non) et/ou brut de fût destinées à un public plus pointu.

 

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Le GLANN AR MOR "B2 Heiz Korn", une des créations récentes de la distillerie, mettant en avant de l'orge cultivée en Bretagne. Notes de dégustation à venir. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

En outre, comme l’on dit « qui aime bien, châtie bien ! » (et les lecteurs du site savent combien j’apprécie cette distillerie), qu’il me soit permis tout de même, dans l’esprit anti-langue de bois qui caractérise ce site, de formuler quelques critiques à l’égard de certains choix de la distillerie GLANN AR MOR, surtout après avoir relu le texte juridique qui définit cette nouvelle appellation:

1/ Pourquoi s’obstiner à vouloir nommer « single malt » un whisky de seigle ? Il n’y a guère qu’aux Etats-Unis ou quelques distilleries aimeraient pouvoir revendiquer ce nom, et encore…Le texte final est tout de même un compromis acceptable me semble t’il sur de très nombreux points. De plus, j’aimerais bien savoir en quoi le seul whisky un peu à part produit par la distillerie depuis peu, à savoir un whisky de seigle, devrait mettre en péril la production principale de la distillerie, à savoir les single-malts à base d’orge maltée, c’est un calcul risqué et à mon sens disproportionné…

2/ Pourquoi vouloir imposer des règles très strictes aux autres distilleries françaises en allant plus loin que celles définies pour les distilleries écossaises ? Au positif l’idée, on le sent bien, est de tirer les autres distilleries vers le haut, vers une approche plus exigeante et toujours plus artisanale, mais au négatif, l’on peut aussi dire qu’imposer des règles aussi strictes aux autres distilleries sans délai revient à les disqualifier d’office de pouvoir concourir à cette appellation, un moyen en somme de faire le vide de la concurrence, ce qui a pu mettre certains en colère, on le comprend.

3/ Pourquoi ne pas laisser les visiteurs (presse incluse) de la distillerie avoir accès à tous les locaux de la distillerie (salle des alambics incluse) ? Sauf erreur de ma part, cela n’a pas été possible jusqu’ici. Cela permettrait de « clouer le bec » aux mauvaises langues qui affirment encore aujourd’hui que le distillat viendrait d’Ecosse et serait juste embouteillé sur place pour faire croire qu’il s’agit de whisky breton (ce que personnellement je crois être une critique diffamatoire infondée !), or ce curieux choix ne fait qu’alimenter cette rumeur, ce qui est regrettable…

4/ Pourquoi ne pas avoir choisi de différer le projet GARTBRECK si la conjoncture était si difficile, en cherchant d’autres solutions entre temps pour valoriser GLANN AR MOR ? Comme alternative, je me permets de suggérer une idée à cet effet : Pourquoi pas une solution internationale d’A.O.C. spéciale, celtique, pour le coup plutôt européenne et intéressant d’autres distilleries artisanales comme industrielles (…) ? Il y a bien eu des initiatives en ce sens de la part de distilleries écossaises ou irlandaises (partielles, certes, et parfois provoquant la fureur de la S.W.A.), mais quelque chose me dit que tout n’a pas été tenté dans cette direction…

 

 

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Des fûts de KORNOG en maturation dans la distillerie GLANN AR MOR...Un trésor pour lequel on peut légitimement s'inquiéter. Photo de la distillerie.

 

Dernière minute (05/07/2015) : S'il s'avère (ce que moi personnellement je ne trouve pas dans le texte officiel) que l' I.G.P. interdirait bien désormais toute appellation "whisky breton" pour la distillerie GLANN AR MOR (qui d'un autre côté semble vouloir délaisser cette appellation dit elle péjorative pour l'opinion, associée à une autre marque), c'est en effet inacceptable et absurde. Mais d'une part la distillerie peut faire appel de cette décision, et de l'autre, si elle n'obtient pas justice, elle peut contourner l'obstacle en s'appuyant sur une notion plus large de "whisky français". L'interview donnée par Jean Donnay à mon confrère Mark Gillespie évoque encore d'autres pistes, mais qui ne sont pour l"heure qu'à l'état de projet, que celui-ci juge trop délicat pour en parler, ce que je comprend parfaitement. Alors je lui dirais juste du fond du coeur bonne chance...! 

 

Par ailleurs, il est possible que ce changement dans la règlementation ne soit pas la seule raison de la fermeture de GLANN AR MOR. En effet, tenir à bouts de bras deux distilleries en même temps (GLANN AR MOR et GARTBRECK), comme cela aurait été le cas sans doute l’an prochain si la distillerie bretonne avait continué de fonctionner, semblait vraiment relever de l’exploit, et inspirait, en sus d’un enthousiasme non dissimulé de la part de votre serviteur, tout de même quelques inquiétudes, même pour gérer deux micro-distilleries. Dorénavant, il semble que Jean & Martine Donnay vont pouvoir se concentrer sur ce projet de GARTBRECK, la 9 ème distillerie de whisky sur Islay (10, même si l’on compte la distillerie fermée PORT ELLEN, voire 11 avec la nouvelle distillerie PORT CHARLOTTE, toujours pas construite !), et dans un sens, même si cela me coûte de l’écrire, c’est peut être un mal pour un bien…même si je regrette cette décision.

A noter : Bien sûr, si la distillerie souhaite répondre à ces questions ou réflexions, elle le peut et je publierais volontiers ses réponses…Il en va de même de tous les acteurs principaux de ce sujet, s'ils le souhaitent, que ce soient les autres distilleries ou les institutions citées ou concernées.

 

En conclusion, je dirais qu’il est vraiment regrettable qu’une distillerie produisant d’aussi bons whiskies que GLANN AR MOR doive fermer, et que j’espère que la distillerie saura faire les bons choix concernant ses stocks de whiskies tant écossais (via la branche Celtic Whisky Compagnie) que bretons (les fûts et bouteilles de GLANN AR MOR, KORNOG et le whisky de seigle (voire d’autres). Par ailleurs j’espère que le projet de distillerie de GARBRECK, sur l’île d’Islay, qui a suscité beaucoup d’intérêt pas seulement en France, mais aussi sur place, en Ecosse, avec tout ce que cela implique sur le plan des emplois directs et indirects chez les locaux, sera maintenu.

Dernière minute (02/08/15) : GLANN AR MOR a indiqué il y a quelques jours par voie de presse qu'après une reprise de contact avec l'I.N.A.O. (Institut National de l'Origine et de la Qualité), elle avait bon espoir d'avoir gain de cause et, du coup, elle revenait sur sa décision de fermer la distillerie. Affaire à suivre....Je me réjouis personnellement de cette annonce, mais restons prudents, étant donné la nature du litige et les rebondissements passés. / GLANN AR MOR Distillery says they will reopen, because the I.N.A.O. institute accepted to reconsider some questions about the distillery's demand. These are good news for sure, but let's stay prudent as a lot of unforeseen developments have already happen in the recent past.

Le Monde du Whisky

LE MONDE DU WHISKY:

 

Mise à jour du/Update: 2014

 

Note du 21/02/2015 : Depuis quelque temps, pour des raisons pratiques, les informations principales, en matière de nouveautés dans le monde du whisky (créations de nouvelles distilleries, extensions, fermetures,  annonce de sorties de bouteilles, etc...) sont plutôt répercutées dans le contexte de chaque EDITORIAL (page d'accueil du site), aussi, merci de vous y reporter pour en savoir plus.

 

Après des investissements massifs pour accroître les capacités de production de certaines de ses distilleries (dont la plus spectaculaire demeure celle de la distillerie The Glenlivet, en 2010, avec plus de 10 millions de £ et une augmentation de production de 75 %), la division Chivas Brothers de Pernod-Ricard confirme donc la réouverture de la distillerie GLEN KEITH cette année (en fait elle a réouvert en février 2013),distillerie qui avait été mise en sommeil en 1999. Des améliorations techniques (et écologiques comme le recyclage d'une partie de l'énergie mise en oeuvre durant la distillation) ont été mises en oeuvre,  de nouveaux locaux destinés au maltage comme au brassage ont été construits, 6 cuves de fermentation supplémentaires installées  ainsi qu' une nouvelle chaîne d'embouteillage, sans parler de la rénovation des 6 alambics). Son propriétaire, la société Pernod-Ricard espère qu'elle produira 6 millions de litres par an.

 

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Une vue partielle de la salle des alambics de la distillerie Glen Keith (Photo : Hugh ©)

 

La distillerie Glen Keith, située à Station Road, à Keith, dans le Banffshire, fut acquise en 1957 par la compagnie Seagram Co Ltd (elle passera sous le contrôle de Pernod-Ricard par la suite, pour entrer dans la gamme "Heritage Selection"). Elle fut construite sur le site d'un ancien moulin (du nom de Keith Mills) après destruction de celui ci. A proximité de la distillerie se trouvent les ruines du château de Milton. La distillerie fut mise en production en 1958. A l'origine, la distillerie était dotée de 3 alambics  (un alambic de wash, 2 alambics de still) afin de pratiquer une triple-distillation comme en Irlande ou dans l'esprit des distilleries écossaises Auchentoshan ou Talisker. La distillerie fut dotée par la suite de 3 autres alambics. Ce fut aussi une des premières, sinon la première dit on, à utiliser le gaz pour chauffer ses alambics, ainsi que dans l'automatisation des installations. Le distillat était principalement destiné à alimenter les blended whiskies de la marque "Passport" (non disponible en France).

Parmi les versions officielles les plus connues figuraient un 10 ans d'âge (réduit à 43 %) et une version millésimée "1983" (réduite à 43 %). Il existe de nombreuses versions de négoce, mais les versions les plus âgées mises en bouteille furent faites par les négociants Cadenhead's &  Gordon & MacPhail en 1967, puis par Ian McLeod (Chieftain's) en 1969. D'autres mises en bouteille furent faites depuis par les négociants Douglas Laing, Duncan Taylor,  Samaroli, Signatory Vintage, Silver Seal, S.M.W.S., The Whisky Agency, etc....


Par ailleurs, Pernod-Ricard envisagerait pour l'an prochain la création d'une nouvelle distillerie à Carron donnant sur la rivière Spey...

 

Diageo, le groupe concurrent, quant à lui, construit une nouvelle distillerie à Easter-Ross,dans le nord de la même région, le Speyside. Cette distillerie aurait vocation à alimenter la production de blended-whiskies avec l'objectif annoncé de 45 millions de litres d'alcool par an...

 

En outre, Diageo confirme le projet d'extension en 2013 et 2014 des capacités de production de la distillerie GLEN ORD : 10 nouvelles cuves de fermentation, une cuve de brassage supplémentaire et 6 nouveaux alambics vont être installés afin de porter la capacité de production de 5 à 10 millions de litres d'alcool par an.

 

 

 

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