Express Notes No 4

 

EXPRESS NOTES No 4 :

Dégustation de 7 samples du négociant « HUNTER LAING »

 (Tasting 7 samples from independant bottler HUNTER LAING)

 

 Mise en ligne du : 12/12/14-Mise à Jour du 14/12/14

 

HUNTER LAING

 Négociant et assembleur écossais actif depuis 2013*

HUNTER LAING & Company Ltd, 16 Park Circus, Glasgow G3 6AX

 

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Stewart LAING dans son bureau, fêtant un anniversaire... Photo : © Hunter Laing & co

 

*Brève présentation : L’histoire de Stewart LAING se confond jusqu’en 2013 (ou ils décident de scinder en deux sociétés distinctes l’affaire familiale) avec celle de son frère Fred H. LAING: Depuis plus de 50 ans en effet, la société  Douglas LAING, établie à Glasgow en 1948, est propriétaire d’une des maisons de négoce les plus réputées d’Ecosse, spécialiste de mises en bouteille de single-malts écossais (le plus souvent en single-cask) sans coloration artificielle ni filtrage à froid, ce sous la houlette au départ de leur père, Fred Douglas LAING, lié également à la famille McGIBBONS par un mariage. La société se fait vite un nom auprès des connaisseurs, notamment par sa gamme « Old Malt Cask » (des single-casks mis en bouteille à 50 %, sauf exceptions), mais aussi par les gammes plus abordables mais de qualité comme « Provenance » (single-malts issus d’un ou plusieurs fûts réduits à 43 ou 46 %) ou « Tartan » (single-malts d’entrées de gamme pour la Maison du Whisky), ou encore également les gammes prestigieuses comme « Old & rare » ou « Platinum ». Les hauts de gamme de la société mettent en valeur le patrimoine écossais avec notamment de prestigieuses mises en bouteille des distilleries telles ARDBEG, BRORA, GLENFARCLAS, PORT ELLEN ou encore TALISKER, entre autres, bien entendu). Avec CADENHEAD et GORDON & MacPHAIL, Douglas LAING furent les premiers en Ecosse à mettre en bouteille des single-casks le plus naturels possibles et destinés à mettre en valeur les spécificités du style d’une distillerie, quitte à s’éloigner parfois du style des versions officielles produites en grandes quantités. Elle commercialisera également des single-grains (parmi les premières), sous la marque « Clan Denny », mais aussi des blended-malts thématiques, voire des blended-whiskies. Par la suite, la société Douglas LAING développa également des blended-malts de concept plus moderne, notamment sous la marque « Double-barrel », un assemblage de fûts provenant de deux distilleries différents couplées par thème, le plus souvent une distillerie du Speyside ou des Highlands avec un whiskies tourbé des îles, un Islay de préférence. C'est elle qui produit également le blended-malt îlien « Big Peat ».

En 2013, à la surprise générale, les deux frères décident de se séparer professionnellement. Fred LAING conserve le nom de Douglas LAING, et les gammes « Provenance » et « Double Barrel », « Premier Barrel » (whiskies présentés en carafe en grès), puis crée de nouvelles gammes comme « Old Particular » (le pendant de « Old Malt Cask ») ,« Single-Minded », « Director’s Cut » (pendant de la gamme « Old & Rare »), le blended malt « Big Peat », entre autres, tandis que Stewart conserve les gammes « Old Malt Cask », « Old & Rare » et crée la game « Douglas of Drumlarig » (le pendant de la gamme « Provenance »). Au sein de Douglas LAING, Fred travaillera désormais notamment avec sa fille Cara, tandis qu’au sein de Hunter LAING, Stewart travaillera notamment avec ses fils Scott & Andrew. Ce fut pour moi un déchirement d’apprendre cette nouvelle, étant amateur de nombreuses mises en bouteille de la société historique Douglas LAING, « sans distinction de frères », et ayant rencontré les deux, aussi je tente depuis de me tenir au courant du travail des deux sociétés, sans aucun parti pris ni pour l’une ni pour l’autre, même s’il est évident que j’ai davantage rencontré certains de ses acteurs que d’autres au fil des années lors des salons Whiskies Live Paris, par exemple. J’ai également eu l’honneur de présider une soirée dégustation pour la marque, à titre exceptionnel et gracieux, en remplacement d’un ambassadeur, au cours d’un dîner ayant eu lieu (avant la scission !) en 2008 au restaurant La Zygothèque à Paris. Le « line-up » des whiskies était tout bonnement exceptionnel, se concluant par un PORT ELLEN de grande classe. Tout est dit.

 

Pour en savoir plus sur HUNTER LAING & co, voir leur site internet : cliquer ici / click here

 

 

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Les samples reçus de la part de HUNTER LAING -Photo: © Grégoire Sarafian

 

 Ces whiskies ont été dégustés deux fois et en partie séparément (mais les 3 BENRINNES ensemble), donc pas forcément dans l’ordre de la rédaction ci-dessous. Malheureusement je n’ai pu obtenir les prix ni les lieux de distribution précis pour ces versions, mais on peut en trouver par exemple dans les boutiques Le Repaire de Bacchus ou chez Nicolas Julhès, par exemple. Merci à Hunter Laing pour les samples.

These whiskies have all been tasted twice, but they haven’t been tasted in the order where they are listed below, except the 3 BENRINNES all tasted in a row. I don’t have an idea of the prices, or places where you can find these whiskies, but you can find some (in France) in the different shops of Le Repaire de Bacchus (a channel of retailers) or at Nicolas Julhès’s shops (3 in Paris). Thanks to Hunter Laing for the samples.

 

Distillerie BENRINNES :

 

Brève présentation : Cette distillerie méconnue du grand public, fondée en 1826 dans la région du Speyside, est typiquement une distillerie dont l’essentiel de la production est utilisée pour l’élaboration de blended-whiskies de marques connues tels le J & B ou le JOHNNIE WALKER ou moins connus tels le CRAWFORD 3 Stars. Ce qui fait qu’hormis quelques rares versions officielles (dont un 21 ans brut de fût dans la prestigieuse gamme des « Rare Malts Selection », un 15 ans dans la gamme « Flora & Fauna » à 43 %, un 23 ans d’âge millésimé 1985 sorti en 2009 à 58,8 %, un « Manager’s Choice » millésimé 1996 sorti en 2010, un 21 ans en 2014), ce sont surtout des négociants comme GORDON & MacPHAIL (par exemple) qui ont fait connaître cette distillerie. Elle a pratiqué la triple-distillation pendant un temps avec de plus un mode de distillation assez particulier (deux alambics de Wash pour 4 alambics de Still, pour résumer). Elle produit près de 3,5 millions de litres d’alcool pur par an. Elle est la propriété du groupe Diageo.

 Trois versions dégustées:

 

 

 1/-BENRINNES 11 ans, Edition 2014, gamme « DOUGLAS OF DRUMLARIG », réf. : 399, 46 % :

De couleur or clair, le nez est légèrement marqué par le Sherry (probablement pas de 1er remplissage), assez ténu, mais assez complexe également. Avec des notes de cire, de vanille, de citron, de fruits confits, il est assez représentatif du style de la distillerie. En bouche, il est également citronné, vanillé et épicé. De tempérament vif et sec, il est également assez citrique, acide et un peu aqueux. Quelques fleurs et herbes sauvages agrémentent l’ensemble avec légèreté. Avec une légère dilution, cela n’est pas forcément plus plaisant, car les herbes sauvages et les épices sont ravivées et une note cartonneuse peut apparaître. Une version correcte, mais guère excitante. L’on est plus près de BLADNOCH que des BENRINNES très Sherry que l’on voyait il y a quelques années. Note confirmée (confirmed score): 81/100

A moderately complex Speysider, that tastes more like a Lowlander (BLADNOCH ?), with its citrus, vanilla & wild herbs notes. It seems sherried, but very lightly (certainly from refill casks). A bit harsh as well, but water won’t help a lot here (you get some cardboardy notes & it gets agressively herbal spicy). On the palate, I also get some candied fruit, lots of spices and the overall profile is a bit too citric & sharp. Not a bad version, but not much exciting.

 

2/- BENRINNES 11 ans, Edition 2014, gamme « HEPBURN’S CHOICE », réf. : 0037, 46 % :

De couleur or clair, le nez est différent du précédent, agréablement marqué par les esters (bonbons anglais gélifiés, fruits exotiques), mais aussi la vanille et les amandes. Suggère un élevage en fûts de Bourbon de premier remplissage. En bouche, les notes d’esters sont bien là, de manière plaisante, mais aussi réchauffante, avec un surgissement d’épices (moutarde, gingembre) et d’herbes sauvages. D’une certaine complexité, elle présente aussi de jolies notes de citron, de noix de coco, de vanille, d’amandes (presque de pâte d’amandes, même), et l’ajout d’un peu d’eau révèle même de belles notes de toffee. Un peu d’eau suffit, car l’on découvre une légère vinosité issue cette fois d’éventuels fûts de Sherry. Mystérieux ! D’une belle élégance, plus complexe que la version pour la gamme « Douglas of Drumlarig », ce BENRINNES là est assez plaisant, je dois dire, et se rapproche du profil des CLYNELISH « classiques ». Note Sous Réserve (score under reserve): 89/100

A different profile than the previous one (above), this BENRINNES is more complex as well. On the nose, it displays some pleasant estery notes (liquorice all sorts & acid drops, exotic fruit), but also vanilla & wild herbs. On the palate, you get the same notes but others as well, with a warming feeling (spices such as French mustard, ginger), coconut, almonds (even almond pasta). A few drops of water brings some surprising slightly winey notes, that suggests this time more a Sherry cask component (refill cask?) than a Bourbon one. This one has some elegance & charm, I have to say. A bit in classic CLYNELISH’s territory. Recommended.

 

3/- BENRINNES 19 ans, Edition 2014, gamme « OLD MALT CASK », réf. : 2380, 50 % :

De couleur or, à reflets dorés. Le nez est capiteux (fleurs capiteuses, dont du lys), encore plus dense que le précédent, marqué par les herbes sauvages, la vanille, mais aussi le citron et la moutarde forte, voire aussi de l’angélique (ce qui lui donne beaucoup de charme). Un profil pas loin là aussi d’un CLYNELISH. En bouche, celui-ci s’avère assez serein, puis plus épicé et plus sec qu’escompté. La finale est citronnée, épicée (moutarde forte), vanillée, mais avec un beau retour de fleurs capiteuses (le lys en tête). Avec un peu d’eau, ce profil n’est pas vraiment plus doux (les épices et herbes sauvages ne sont pas loin !). Une version avec du tempérament, mais aussi une certaine classe. -Note confirmée (confirmed score): 89,5/100

This one is not far from the previous one, though it has much less estery notes & is a bit wilder. On the nose, it has the usual citrus, vanilla, wild herbs & mustardy notes (regarding the two previous ones tasted), but displays some interesting heady flowers notes (lilies, mostly). On the palate, it is the same, except that it gets more and more warming, wild & spicy over time, but staying elegant & complex as well. Do not add too much water to that one (it will get even more agressive). This BENRINNES has a lot of character, but some class as well. Again, one cannot help thinking of a CLYNELISH. Recommended.

 

 

Distillerie CRAIGELLACHIE :

Brève présentation : Cette distillerie fondée en 1891 dans la région du Speyside est elle aussi méconnue du grand public. Propriété depuis 1998 du groupe Bacardi (au sein de la société John Dewar & Sons), il s’agit également d’une distillerie dont l’essentiel de la production est utilisée pour l’élaboration d’un blended-whisky, le DEWAR’S. Il existait peu de versions officielles jusqu’à cette année, hormis un 14 ans en version officielle, dans la gamme « Flora & Fauna », ainsi que certaines éditions limitées, mais la distillerie a relancé dernièrement la marque en lançant pas moins de 4 versions officielles dont 3 dans la nouvelle gamme régulière, un 13 ans, un 17 ans et un 23 ans, tous non filtrés à froid et non colorés artificiellement, plus un 19 ans pour le marché hors taxe (« travel retail ») et prévoit de sortir bientôt un 31 ans d’âge. Les négociants proposent depuis longtemps des mises en bouteilles réduites, mais en moins grand nombre que pour d’autres distilleries de ce type. C’est le célèbre négociant Gordon & MacPhail qui semble en avoir proposé le plus par le passé, du moins pour le marché Français. Parmi les dernières versions sorties, citons celles du désormais concurrent Douglas LAING (un 10 ans millésimé 2003 dans la gamme « Provenance », et réduit à 46 %, non testé) et un plutôt bon millésime 1994 sorti en 2013 par le négociant Cadenhead dans sa gamme « Small Batch », un 18 ans d’âge à 54,4 %.

 

4/-CRAIGELLACHIE 18 ans, Edition 2014, gamme « OLD MALT CASK », réf. : 2389, 50 % :

De couleur vieil or, à reflets légèrement ambrés. Le nez débute avec une belle note beurrée (voire de paraffine), rappelant les single-malts à l’ancienne, puis de Sherry (de second remplissage sans doute ?) avec une légère vinosité, mais aussi des fruits confits variés, des épices probablement et quelques notes végétales (thé). La bouche reprend les notes du nez avec précision et les développe. Complexe, elle dévoile également de thé Earl Grey, mais aussi des notes d’infusion à l’orange (voire d’ « Orangerie » de Compass Box, c’est-à-dire d’infusion d’écorces d’oranges et d’épices, sans sucre, imprégnées de whisky), de cire, d’herbes fraîches et sèches à la fois, de biscuits Chamonix allégés en sucre, voire de loukoums, mais aussi de laurier et d’une légère note de bois précieux. Très belle réaction avec juste quelques gouttes d’eau (ne pas en mettre trop) pour un profil presque pâtissier (le thé ET son accompagnement). Elégante, fine, fraîche, elle est bien équilibrée, même si la deuxième dégustation (13 jours après la première) a donné un profil un peu plus agressif. Un single-malt à l’ancienne comme je les aime et un des plus beaux CRAIGELLACHIE parmi ceux dégustés ces dernières années. Egalement sans aucun doute le plus beau whisky de cette dégustation. Note confirmée (confirmed score): 91/100

This classy old school CRAIGELLACHIE is one of the best I have come across these last years. The nose is complex, starting with a lovely buttery (even paraffin wax) note, then light Sherry (from a refill cask probably), candied fruit & soft spices. Elegant. On the palate, it is the same, but with maybe more complexity & oomph. With a lot of refinement & a good balance, it develops some beautifully complex & natural orange notes through tea & infusion (even Scotch whisky infusion, because it reminds me a bit of Compass Box’s « Orangerie »), some wax again, dried & fresh herbs, turkish delights & French delights called Chamonix (a diet one!), bay tree, a hint of sandal wood as well. Gets a bit more agressive with some air (tasted 13 days after the first try). Nice reaction with a few drops of water (it doesn’t need more). As if you were having tea & a pastry aside ! By far, the most elegant & the best whisky of this tasting. Warmly recommended.

 

Distillerie ARRAN :

Brève présentation : Voir la page consacrée à cette distillerie sur mon site, lien ici : cliquez ici / click here

 

5/-ARRAN 18 ans, Edition 2014, gamme « « OLD MALT CASK  », réf. HL : 10439 (Refill Hogshead, 347 b.), 54,9 % :

De couleur or clair, à reflets dorés. Un nez complexe et un rien déconcertant de prime abord. De la cire (voire de la paraffine), de l’orge dans tous ses états (bouillie, sucre d’orge, orge maltée), des raisins secs, des fruits confits variés. Un nez un peu fermé et qui a nécessité une certaine aération pour s’exprimer. En bouche, tout aussi complexe et…bizarre. D’abord fermée, elle s’exprime timidement par un profil épicé, sec, herbacé (herbes sèches), avec du miel, des agrumes confits et de la vanille. Le fût semble cependant peu actif à ce stade. Avec plus de temps (aération), l’on obtient enfin un des marqueurs aromatiques de la distillerie, à savoir une note de raisin blanc, mais pas très fraîche. C’est mieux. Avec un peu d’eau des notes cartonneuses de mauvais aloi surgissent, mais heureusement la deuxième dégustation fut meilleure, avec l’accentuation de cette note de raisin blanc, combinée ici à une note d’orge assez pure et des amandes. Ce whisky un rien changeant a été difficile à évaluer et noter (première note 79/100-je rappelle que ma moyenne n’est pas de 50/100 mais plutôt 75/100, pour des raisons complexes, voir mon barême), mais, ayant pris davantage de temps à la deuxième dégustation, il a pu révéler quelques qualités supplémentaires. Un ARRAN cependant moins intéressant d’autres versions officielles d’un âge comparable (je pense à la version 17 ans du Whisky Live Paris 2013 ou au 17 ans « Miss Black »). Un peu frustrant…Note confirmée (confirmed score): 82,5/100

This indie ARRAN is not bad, but a bit weird & frustrating, hiding its qualities for a while. The nose is a tad closed, reluctant to express its qualities, but, with some air, it kind of opens up: I get some paraffin wax, barley sugar & a kind of porridge, and some fresh white grape. On the palate, it is as weird as complex, but not uninteresting. It needs time to open up more. Once you are there, you get some spices, dried herbs, honey, candied citrus fruit & some vanilla. The cask seem rather not very active at this point. Then, with more time, you get (at last !) one of the markers of ARRAN, this lovely white grape note, but not as fresh as you would like. It is better with a dash of water, the grape gets more natural, and is enhanced by nice barley & fresh almond notes, but also some cardboardy notes during the first tasting. This one has been hard to assess & to score (first one was low, with 79/100-as the average score on my scale is 75/100, not 50/100, why ? See my scoring system), but was behaving better during the second tasting. A less interesting expression than for instance two official others, such a recent limited edition « Miss Black », or Whisky Live Paris 2013 special bottling, both 17 y.o.

 

Distillerie BLADNOCH:

Brève présentation : La distillerie BLADNOCH a été fondée en 1817 dans la région des Lowlands, au Sud Ouest de la ville de Dumfries. La distillerie eu de nombreux propriétaires avant d’être sauvée de l’oubli par Raymond Armstrong (rejoint plus tard par son frère Colin), originaire d’Irlande du Nord, qui rachète la distillerie en 1994 (elle été auparavant la propriété du Guinness Group) alors qu’elle était en sommeil depuis un an. La production ne redémarrera qu’en décembre 2000, sortira des single-malts issus de l’ancienne production en 2003, mais il faudra attendre l’année 2009 pour voir sortir un 8 ans d’âge issu de la nouvelle production. La distillerie est artisanale et de petite capacité (250 000 litres par an) et a comme particularité rare de louer ses chais à d’autres distilleries (notamment du groupe Diageo), mais aussi d’avoir crée un club/forum sur internet, qui a commercialisé durant quelques années des bouteilles de single-malts et single-grains rares à des prix incroyablement bas (dont un superbe 25 ans d’âge de la distillerie PORT ELLEN). Hélas, les coûts de production et la demande trop faible conduisent son propriétaire à fermer la distillerie en 2014, qui, à l’heure ou j’écris ses lignes, attend toujours un repreneur, malgré certains rumeurs de reprise par un groupe étranger (extrême-orient). BLADNOCH est encore disponible en version officielle (des versions de 12, 15, 22 ans d’âge, notamment), et de temps à autre disponible en version de négoce, que ce soit chez Cadenhead, Gordon & MacPhail, Malts of Scotland ou encore Signatory Vintage, par exemple.

 

6/-BLADNOCH 21 ans, Edition 2014, gamme « OLD MALT CASK », réf. : 2381, 50 % :

De couleur or clair. Un nez un peu beurré, fermier, peu agréable. A la deuxième dégustation, des épices, des herbes sèches, quelques fleurs (mais peu expressives), des épices. Un nez peu expressif, probablement le signe d’un fût peu actif. En bouche, la pauvreté du fût se confirme, il ne se passe pas grand-chose. En bouche, un peu de citron, quelques herbes, des épices, sinon pas grand-chose. Meilleur à la deuxième dégustation, avec un profil pas très complexe : Herbes & fleurs sauvages, épices (moutarde forte), plus une note cartonneuse en finale, plutôt de mauvais aloi. Avec un peu d’eau, devient encore plus cartonneux, exagérément boisé, pire que tout. Moins mauvais à la deuxième dégustation, avec quelques notes de fleurs et d’amandes. Cependant, je dois le dire, un des pires BLADNOCH jamais dégustés. Note confirmée (confirmed score): 71/100

Starts a bit farmy, buttery, spicy, not very pleasant. At second tasting, I had more spices, dried herbs, some flowers (not the freshest). Not a very expressive nose, probably the sign of a rather inactive cask. On the palate, the cask seems definitively poor, there is not much going on here except same notes as on the nose, but not very expressive. During the second tasting, I got some wild herbs & flowers, spices (French hot mustard), but also, less pleasant, some cardboardy notes on the finish. Alas these notes become more important with a dash of water, even if it was less bad at second tasting, with some extra almondy notes. Frankly, it is one of the worst BLADNOCH ever tasted.

 

 

Distillerie LAPHROAIG:

Brève présentation : Voir la page consacrée à cette distillerie sur mon site, lien ici : cliquez ici / click here

 

7/-LAPHROAIG 15 ans, Edition 2014, gamme « OLD MALT CASK », réf. : 2385, 50 % :

 

De couleur vieil or. Le nez est typé, avec de la fumée de tourbe, de la badiane, et la deuxième fois une note davantage cendrée, avec une note pas très agréable de tabac, mais pas de cigare, plutôt de cigarette. En bouche, étonnant, bien tourbé, plutôt bien fait, pas très fruité (peut être quelques agrumes au second plan), mais avec un « woodsmoke » (fumée de bois) plutôt modéré. Comporte également de belles notes marines sous-jacentes qui rappellent LAGAVULIN. Un peu moins brillant à la deuxième dégustation, certes. Ne pas trop diluer. Un joli LAPHROAIG, peu fruité, mais joliment tourbé. -Note confirmée (confirmed score): 89,5/100

Not the most fruity LAPHROAIG, but a good one. The nose is state of the art LAPHROAIG, with peat smoke, a hint of aniseed. On the palate (pretty spectacular at first tasting, a little less during the second one), I get peat smoke, woodsmoke, some aniseed, maybe some citrus fruit, but not on the front, all well balanced. It has also some pleasant seaweed & brine notes that reminds me of some LAGAVULIN. Do not dilute much this one. A nice LAPHROAIG, pleasantly peated, efficient ! Recommended.

 

 

Express Notes No 3

 

 

EXPRESS NOTES No 3 : Dégustation de single-malts de 2 distilleries écossaises

 

« Distilleries BENRIACH & GLENDRONACH », Vin & Whisky, Paris, le 18/11/2014

 

Mise en ligne : 08/11/14-Mise à Jour :  14/12/14

 

Les distilleries BENRIACH & GLENDRONACH sont deux distilleries écossaises, une de la région du Speyside (BENRIACH), l'autre (GLENDRONACH) en bordure, donc plutôt classée dans les Highlands de l'Est, et actives depuis le XIX ème siècle. Elles appartiennent au même groupe, la BENRIACH Distillery co. J'ai déjà dégusté de nombreux whiskies de ces distilleries, mais comme je n'en avais pas encore trop parlé sur le site, c'était l'occasion de le faire, et de réviser mon opinion (ou non) sur certaines références. Cette dégustation avait lieu dans un lieu parisien qui commence sérieusement à se faire un nom. L’on ne présente plus en effet la cave & bar (à vins & à whiskies) Vin & Whisky dirigée par Charles et Michèle Claudel. Depuis l’an dernier ce lieu propose régulièrement des soirées thématiques, et notamment ces derniers temps plusieurs qui étaient consacrées aux whiskies. Pour plus d’informations sur cette cave, voir la rubrique « Bonnes Adresses » et les Editoriaux N° 6 et 7. Des soirées intéressantes, notamment à l’occasion des Masterclasses comme celle-ci, qui permettent de refaire le point sur une ou plusieurs distilleries, hors du contexte souvent chargé des dégustations de salons.

Another successful tasting at new French good wine & whisky tasting & buying address (at 62 Monge street in the fifth district of Paris), opened for a little more than a year now, a recommended place I already talked you about in previous Editorials (6 & 7), hosting here in November 18 a BENRIACH & GLENDRONACH tasting, presented by brand ambassador Nigel Robinson. These two distilleries from Speyside or Eastern Highlands belong to the same owner, Benriach Distillery co., and there were opened during the 19 th Century. Nine expressions are reviewed here after a short presentation of each distillery:

 

 

La Distillerie GLENDRONACH

 

Brève présentation : Cette distillerie fondée par James Allardes est la deuxième de sa région à obtenir une licence officielle de distillation en 1826. La distillerie est située à la lisière Nord-Est de la région du Speyside, non loin de la ville de Huntly. Après un incendie en 1837 et plusieurs propriétaires, dont le blender William Teacher & Sons, puis Allied Breweries, puis Pernod-Ricard (via sa filiale Chivas Brothers Ltd) en 2005, et enfin depuis 2008 elle appartient au propriétaire des distilleries BENRIACH & GLENGLASSAUGH, à savoir la société BENRIACH Distillery co. La gamme fut entièrement refondée et relancée en 2009, à partir de 3 éditions régulières (les 12, 15 et 18 ans) auxquels s’ajoutent des éditions limitées, dont plusieurs single-casks, puis l’édition régulière du 21 ans « PARLIAMENT » en 2011 et, outre de nombreux affinages et un 33 ans d’âge, a proposé en 2013 deux éditions limitées au nom français, une édition de 24 ans d’âge nommée « Grandeur », et un single-cask de 44 ans nommé « Recherché ». La distillerie est en effet renommée pour ses élevages et affinages en fûts de SHERRY de type OLOROSO et PEDRO XIMENEZ, essentiellement (et souvent associés), mais aussi parfois en fûts de SAUTERNES, ce souvent en éditions millésimées et limitées, en nombre tellement important chaque année qu’il serait impossible de toutes les citer ici. Les plus prestigieuses (dont j’ai eu la chance de déguster quelques versions) sont sans doute les millésimes des années 1970, 1971, 1972 (surtout) au profil boisé et marqué par le SHERRY. La première édition régulière mais limitée du « CASK STRENGTH » date de 2012. La distillerie dispose de 4 alambics. La capacité de production de la distillerie est d’environ 1 million de litres d’alcool pur par an. Il y a actuellement près de 35000 fûts dans les chais de GLENDRONACH.

Adresse : GLENDRONACH Distillery, Forgue, Huntly, Aberdeenshire, AB54 6DA -Site web : www.glendronachdistillery.com

 

 

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1/-GLENDRONACH Officiel « ORIGINAL » 12 ans, Edition 2014, 43 %: Une édition régulière composée de fûts de SHERRY de type OLOROSO & PEDRO XIMENEZ. Un nez séduisant et très caractéristique. Beaucoup de fruits rouges (jusqu’à des notes de confiture de fraise et fraises des bois), un boisé très particulier, avec une sorte de « rancio avant l’heure » évoquant un whisky bien plus âgé. Une légère vinosité se fait sentir, mais de la meilleure manière qui soit, parfaitement intégrée aux autres notes, de même que quelques épices. L’équilibre est bluffant, et la constance de cette version à travers le temps (j’ai une des premières éditions de 2007, à l’époque réduite à 40 % et elle est presque identique !). Conclusion: Un des meilleurs single-malts de 12 ans d’âge d’Ecosse, et pour moi bien plus stable et gratifiant que les 15 et 21 ans, par ailleurs plus onéreux. Prix environ 49 €. Note confirmée (confirmed score): 91,5/100

The entry level of the GLENDRONACH distillery is a real treat, an underestimate gem that beats, in my humble opinion, the 15 & 21 y.o. because of its balance, fruitiness & clean profile. If you like red fruits (even ripe strawberries), this one’s for you. Clearly one of the best 12 y.o. Scotch whiskies on the market. Highly recommended.

 

 

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2/-GLENDRONACH Officiel « REVIVAL » 15 ans, Edition 2014, 46 %: Une édition régulière entièrement élevée en fûts de SHERRY de type OLOROSO (issu d’une vingtaine de fûts), et, d’après l’ambassadeur de la distillerie, non colorée artificiellement et non filtrée à froid (mais il n’y a pas d’indications sur l’étiquette dans ce sens). Un GLENDRONACH au nez complexe, fruité (fruits cuits divers, fruits rouges), caramélisé, avec une légère vinosité, assez engageant. En bouche, il dévoile des notes plus austères, assez épicées, sèches, fermes, tanniques, un peu vineuses. Un profil un peu restreint donc, mais encore intéressant par son fruité (certes moins exubérant et frais que dans le 12 ans d’âge). Ne pas trop diluer. Conclusion: Une version assez populaire, que personnellement je trouve correcte mais un peu frustrante, et peut être moins équilibrée que le 18 ans (non dégusté ce jour là mais précédemment). Néanmoins une version à recommander aux amateurs de SHERRY. Prix environ 66 €. Note confirmée (confirmed score): 86/100

A popular core range expression, a bit on the dry, spicy, tanic side of Sherry. Still complex, still fruity, still interesting, though not my kind of Sherry I have to say. A bit winey as well, but still ok. Don’t add too much water to that one. My rating is rather good though because of a complex, seductive nose (with some sexy caramely & red fruit notes), for me ahead of the nose.

 

 

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3/-GLENDRONACH Officiel « PARLIAMENT » 21 ans, Edition 2014, 48 %: Une édition régulière entièrement élevée en fûts de SHERRY de type OLOROSO. De couleur cuivrée à reflets orangés, son nez est fin, marqué par le SHERRY de manière plus intense au nez que le 15 ans, y compris par un de ses corollaires, cette petite note de soufre qui peut parfois tout gâcher mais là passe au bout d’un moment. A aérer un peu, d’ailleurs. Le nez est d’une grande finesse et profond, prometteur. Malheureusement, à mon avis, le palais soufre du même défaut que le 15 ans, en plus marqué. Au positif, il est d’une grande finesse en bouche, avec un fruité délicat. Au négatif, l’on se demande ce que ce whisky donnerait à 40 ou 43 % tant il est ténu, tannique, sec et peu généreux en bouche. Les notes qui parviennent à se frayer un chemin malgré tout sont en partie superbes, joliment fruitées (fruits rouges), mais cela ne dure pas et n’a aucune ampleur, apportant pas mal de frustration. L’ajout d’eau ne lui est pas bénéfique. Au regard du prix, je serais tenté de dire que l’on a plus de finesse que dans le 12 ans de toute évidence, mais 2 fois moins de gourmandise et d’équilibre, ce qui est un problème. Pour inconditionnels du SHERRY seulement, et encore (même si je sais que nombre de connaisseurs ne sont pas du même avis, et trouvent que c'est la plus belle version, peu importe). Prix environ 104 €. Note confirmée (confirmed score): 84/100

A very frustrating GLENDRONACH, because of its restrained profile (ferm, tanic, dry), regarding both the price, the age & the A.B.V.. For me it is the exact opposite in that to the 12 y.o., clearly. The latter is much more fruity, balanced & of a much better value, though obviously younger. On the positive side, it is refined, has some depth, a beautiful nose (alas far ahead of the palate) & displays some thin but real red fruits notes. For SHERRY anoraks only (I know I must be the only one that doesn’t seem to approve this expression, but I don’t care).

 

 

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4/-GLENDRONACH Officiel « CASK STRENGTH » n.a.s. (env. 13/14 ans), Batch 3, Edition 2014, 54,9 %: Une version régulière mais limitée, élevée à la fois en fûts de SHERRY de type OLOROSO & PEDRO XIMENEZ. Le batch 1 était véritablement fantastique, d’un raffinement inouï, à l’ancienne, un assemblage de main de maître. Celui-ci est excellent, peut être un peu moins flamboyant, mais très bien assemblé. Il écrase sans peine les deux versions dégustées juste avant (15 et 21 ans). La robe est cuivrée et le nez vineux (dans le bon sens du terme) et gorgé de fruits (abricot, oranges et orange sanguines, cerises au marasquin, groseilles, fraises, et j’en passe), d’épices et de plantes et de fleurs capiteuses (poivre de Sichuan, laurier, lys, thé Earl Grey, etc…). La finale est interminable et d’une finesse, d’une gourmandise qui rappelle celle du 12 ans en plus développé et plus complexe. L’équilibre est parfait, il y a une légère tannicité et vinosité, mais de bon aloi, modérée, maîtrisée. Belle réaction avec quelques gouttes d’eau apportant une belle souplesse et plus de fondu encore. Il ne faut pas le dire, mais c’est un whisky d’un excellent rapport qualité/prix, d’une qualité rare aujourd’hui. Prix environ 79 €. Note Sous Réserve (score under reserve): 93/100

This limited edition (a bit more than a small batch) but part of the core range (I know it sounds weird !) is one of the best n.a.s. whiskies I have come accross over the years (more than 15 years already!). Along with a lovely fruity, gorgeous nose, the batch one had a really consistent, perfectly balanced & very fruity palate. Aged of more than 13 y.o., thiough a bit less spectacular, this third batch has almost the best combination of Oloroso & P.X. Sherry casks possible. It gives a richness, a depth & an astonishing complexity to it. Not only this one is very fruity (with lots of fruit including peaches, oranges, blood oranges, apricots, strawberries, cherries, red currant, etc…), but it displays lovely heady flowers notes (such as lilies), some bay tree, Sichuan pepper, Earl Grey tea, etc… It is sligthly tanic & winey, but not enough to threat the beautiful balanced profile it displays. More than a good value, almost an exception in the market. Go for it.

 

 

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La Distillerie BENRIACH :

 

Brève présentation : Cette distillerie fondée par John Duff & co en 1897 non loin des distilleries LINKWOOD, LONGMORN et GLEN ELGIN, près de la ville d’Elgin. Après avoir connu plusieurs propriétaires, dont Seagram Distillers en 1978, puis Allied Breweries, puis Pernod-Ricard (via sa filiale Chivas Brothers Ltd) en 2001 qui l’a mettra en sommeil immédiatement, elle est rachetée en 2004 par Billy Walker et deux investisseurs étrangers, qui fondent la société BENRIACH Distillery co, qui possède également les distilleries GLENDRONACH & GLENGLASSAUGH. La distillerie possédait sa propre aire de maltage mais peu avant 2000 stoppa son utilisation, hormis quelques fois pour jamais plus de 10 % de ses besoins en orge maltée. Elle dispose de cuves de brassage et de fermentation en acier inoxydable et de 4 alambics. La gamme régulière comporte une édition sans compte d’âge nommée « HEART OF SPEYSIDE » (parmi les plus anciennes), un 10 ans d’âge tourbé nommé « CURIOSITAS » (la distillerie propose un single-malt tourbé en fait depuis 1983), un 12, 16 et un 20 ans, ce depuis 2004. Viendront s’y ajouter plus tard d’abord un 21 ans tourbé nommé « AUTHENTICUS », puis un 25 ans, en version tourbée, un 30 et un 40 ans d’âge, puis des éditions régulières avec affinages à partir de 2008, dont une version en fûts de MADERE & tourbée, également un 15 ans d’âge affiné en fûts de SAUTERNES, puis par la suite des affinages en fûts de vin (GAJA BAROLO, MOSCATEL, etc…). La distillerie proposera des versions avec des surnoms latins par la suite (comme les « HEREDOTUS », « ARUMATICUS » et « MADERENDIS », « SEPTENDECIM »-un 17 ans d’âge très tourbé), et une version régulière jeune très tourbée nommée « BIRNIE MOSS ». Elle produit également une version distillée trois fois au lieu de deux habituellement et nommée « HORIZONS ». La distillerie BENRIACH, qui produit de nombreuses éditions limitées millésimées (en single-casks le plus souvent), et utilise davantage de fûts de BOURBON que GLENDRONACH, est elle aussi renommée pour ses élevages et affinages en fûts de SHERRY de type OLOROSO essentiellement, mais aussi pour ses millésimes des années 1970 (dont certains fameux 1976) aux exubérantes notes de fruits exotiques. La capacité de production de la distillerie est d’environ 2,8 millions de litres d’alcool pur par an, mais plus de 50 % de la production alimente les blended-whiskies de Pernod-Ricard, dont le blend CHIVAS REGAL.

Adresse : BENRIACH Distillery, Longmorn, Elgin, Morayshire, IV30 85J -Site web : www.benriachdistillery.co.uk

 

 

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5/-BENRIACH Officiel 20 ans, Edition 2014, 43 % :

Une version âgée en réalité de davantage d’années (entre 24 et 25 ans d’âge) que celle indiquée et issue de plusieurs types d’élevages (maturation d’environ 20 ans en fûts de BOURBON de 1er et 2 ème remplissages, puis affinages en fûts de MADERE et de SHERRY de plusieurs remplissages. De couleur cuivrée, c’est une version d’une grande douceur déjà au nez : Lisse, douce, équilibrée, fruitée (fruits variés au sirop), un rien végétale (feuilles de tabac à cigare Havane, thé Earl Grey adouci), légèrement florale, la bouche est d’une belle sérénité, avec une belle et fine touche de tourbe en arrière-plan. Pas de touches vineuses vraiment perceptibles, mais l’apport du Sherry et du Madère semblent avoir apporté de la complexité et de l’élégance à l’ensemble, et un rien de rancio, au sein d’un joli boisé. Superbe et facile à boire. Prix environ 92 €. Note sous réserve (score under reserve): 91/100

This BENRIACH is one of the sweetest & most delicate I have come accross. This Bourbon matured (much more than 20 y.o.) expression is finished in both Madeira & Sherry casks. It is well balanced & displays nice fruity in syrup notes as well as soft Earl Grey tea notes & tobacco (for Havana cigars), some flowers, nice woody notes. Very clean & serene, it is really easily enjoyable & a good value. Warmly recommended !

 

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6/-BENRIACH Officiel 12 ans « SHERRY WOOD » (Red label), Edition 2014, 46 % : Une version du 12 ans d’âge élevée en fûts de BOURBON et de SHERRY. De couleur vieil or, elle présente un joli nez marqué modérément par le Sherry, avec de belles notes de fruits rouges. En bouche son profil est un peu plus dur, avec un caractère épicé, un rien tannique, moins expressif et moins équilibré que le 20 ans, clairement, mais pas inintéressant. Ne pas diluer. Une version un peu frustrante. Prix environ 47 €. Note sous réserve (score under reserve): 84/100

A partly sherried version of the 12 y.o.. Starts with a fruity note, then becomes a bit winey on the nose, probably spicy, and restrained. On the palate it is a bit restrained, spicy, woody, and…a bit frustrating, too bad. Do not add water to this one, it could be really sour & too woody. Much less exciting than the 20 y.o. or even the 10 yo, it is not bad, but not the most interesting expression from this distillery to my opinion.

 

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7/-BENRIACH Officiel « DARK RUM FINISH » 15 ans, Edition 2014, 46 % : Une version issue d’un assemblage de 11 fûts ayant contenu du BOURBON et de 4 fûts ayant contenu du RHUM. De couleur vieil or, cette séduisante version fait entendre la part prise par le rhum dès le nez, mais sans qu’il y ait non plus domination, car la vanille et les épices de la part Bourbon de l’élevage est bien présente. En bouche, cela devient carrément sexy avec un fondu remarquable de notes vanillées, caramélisées, et même chocolatées (chocolat au lait), ainsi que de jolies notes de fruits secs (les raisins en tête) et d’épices douces. Ne pas trop diluer. Une version très bien faite et équilibrée. Prix environ 65 € -Note Sous Réserve (score under reserve): 88/100

The nose shows the nice interplay between Bourbon & Rum casks you will find then on the palate. The palate is sexy with a great balance between the different types of casks used here, and displays generous yet subtle milk chocolate, dried fruits, caramel, vanilla & sweet spice. Do not add much water on this one. Another cracker from BENRIACH distillery. It works very well.

 

 

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8/-BENRIACH Officiel « CURIOSITAS » 10 ans (PEATED MALT), 46 % : Une version issue d’un élevage en fûts ayant contenu du BOURBON, mais cette fois avec un malt tourbé. De couleur or clair. Un joli nez, relativement simple mais bien expressif, avec de belles notes d’orge maltée, de bouillie de céréales (un peu façon SPRINGBANK), de pâte d’amandes, de vanille, mais aussi de tourbe et de réglisse. Engageant, tout cela ! En bouche, cela fonctionne parfaitement. Sans être d’une complexité renversante, il y a un jeu intéressant entre le caractère propre au Bourbon ici présent (vanille, épices douces, quelques fleurs & agrumes) et les notes de pâte d’amande (allégée en sucre !), de tourbe (sèche, légèrement terreuse), de badiane (légère) et de réglisse (subtile) apportées par ce choix de tourber le malt. Excellent et recommandé comme alternative efficace aux Islay. Prix environ 48 €.- Note Sous Réserve (score under reserve) : 89/100

One of the rare peated Speysider you can come across (though there are more peated expressions available from several distilleries around now than 15 years ago, starting of course with ARDMORE...). Driven by Bourbon casks, this one displays a simple but efficient profile on the nose already, with a nice vanilla, soft spices, barley (some as a porridge breakfast meal) and (diet) almond paste, along with engaging peat & liquorice notes. On the palate this works even better though not being very complex. As for the « Dark Rum Finish » expression, there is a nice interplay between notes coming from Bourbon casks (here some vanilla, soft spices, some flowers & citrus fruit) and those coming from the peat (slightly earthy peat, aniseed, almond paste, liquorice-all moderate). Recommended & interesting as well as an outsider to Islay malts.

 

 

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Ce dernier whisky fut présenté à la fin, comme une surprise, par lambassadeur Nigel Robinson:

 

9/-BENRIACH Officiel « SOLSTICE » 17 ans, Edition limitée (2nd Edition-2014 ?), sous-titrée « HEAVILY PEATED PORT FINISH », 50 %: Une version élevée en fûts de BOURBON de premier et deuxième remplissage puis de PORTO de deuxième remplissage, et, de plus, légèrement tourbée. De couleur assez ambrée, à reflets nettement cuivrés, cette version fut réellement le clou de la soirée. Le nez est parfumé, à la fois floral (dont une belle pointe de violette), et fruité (fruits variés au sirop, dont fruits rouges), mais aussi médicinal (avec une tourbe différente de celle du « Curiositas »), avec comme une impression d’influence de fûts de sherry (refill casks) alors qu’il s’agit de finition Porto (pas de sensation de vinosité à ce stade). En bouche c’est complexe, riche et généreux, un peu sec, mais également très fin et très fondu. La tourbe est profondément intégrée au profil général, avec un côté cendré cette fois, sans être non plus trop intense, il y a un peu plus d’épices, des fruits secs et des fruits variés au sirop, mais aussi de la réglisse, une pointe de végétaux (thé noir & aux épices de Noël très infusés, mousse), des fleurs capiteuses (mais en arrière-plan), peut être une note de bois précieux, de chocolat (noir cette fois) et…un je ne sais quoi de whisky « à l’ancienne » comme on les aime. Le plus beau BENRIACH de ce soir, avec le 20 ans d'âge. Une édition limitée remarquable et chaudement recommandée ! Prix environ 91 € - Note Sous Réserve (score under reserve): 91/100

Clearly one of the best whiskies of this evening, probably the most complex one among the BENRIACH tasted & the one with the most refinement, along with the 20 y.o. This one has a lot to tell…The nose is appealing already, but on the palate this is even more efficient : You get ripe fruits (including red fruits, various fruits on syrup), heady flowers (violet mostly), medicinal notes & kind of ashy peat, also some overinfused tea, moss, maybe sandal wood, and something « old fashioned » (say ancient whisky) that is very appealing. A remarkable limited edition BENRIACH. Warmly recommended !

 

 

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Express Notes No 2 (Part 2/3)

 

 

EXPRESS NOTES : No 2 : « US WHISKEYS, Part 2/3 » (Lettres K à W)

(Bourbon, Tennessee & Rye)

 

Sujet : 15/06/2014 ; Dernière mise à jour : 26/06/14

 

US WHISKEYS/Whiskeys des Etats-Unis

 

 

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 L'auteur au Mohonk Mountain Park, Lake Mohonk, New Paltz, côte Est des U.S.A., autre vue, 2002

(Photo © Grégoire Sarafian-désolé pour la qualité, prise avec un jetable!)

 

Cette série sur les U.S.A. est dédiée à la mémoire d’un ami, George Bobby Jones (né à Louisville, dans le Kentucky, en 1943 et décédé à Nyack, N.Y. en 2011), avec qui j’ai partager de bons moments en parlant d’art et le whisky, entre autres choses, et grâce à qui j’ai pu exposer là bas, l’assister parfois sur place dans son cours sur l’art (il était aussi enseignant) et visiter en 2002 cette magnifique vallée de la rivière Hudson. Je ne l’oublierais pas.

This series of reviews is dedicated to the memory of my friend of mine (painter & sculptor as well) , George Bobby Jones, born in Louisville, Kentucky, who died in 2011 in Nyack, N.Y.S.. -R.I.P. We enjoyed together occasionally a dram or two (Maker’s Mark was our fav.), exhibited together (I’m also a painter) in 2002, did some Art class with him as well, (as guest artist) & visited this wonderfull Hudson Valley. I won’t forget.

Pour en savoir plus sur lui, voir le lien ci-dessous (to learn more about him, please click below) :

G.B. Jones

 

 

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Avec George Bobby Jones, en pause à Newburgh, sur la route vers le Nord-Est, Vallée de l'Hudson, automne 2002

(Photo © Grégoire Sarafian-désolé pour la qualité, prise avec un jetable!)

 

 

Je vous propose, pour ce nouveau numéro, au prétexte de l’actualité historique (le 70 ème anniversaire du débarquement des troupes alliées en Normandie-qui comportait de nombreux américains, ma façon de les saluer ici), une première sélection de whiskeys des Etats-Unis, divisée en deux parties, et cette fois en partant des genres traditionnels (Bourbon, Rye, Tennessee). Une manière aussi de rattraper un peu le retard pris à traiter des whiskeys de ce pays. A ce titre, exceptionnellement, les notices seront publiées dans leur intégralité en français, avec en plus un résumé en anglais. Une autre sélection traitera plus tard en partie d’autres types de whiskeys,  comme par exemple de single-malts, parfois même tourbés !

 

For this second number of « Express Notes » (short reviews of whisk-e-ys with each time a special theme), I changed the program to pay tribute to our american friends because of 70 th Anniversary of the landing of the Allied troups in Normandy during W.W.II, but also because I’ve been late to speak about american whiskeys & distilleries & reviewed none of them except some mentions & awards in my 2013 Awards pages. Apologies again for that. Anyway, this first special number about US Whiskeys (in two parts) is mostly about Bourbon, and then about Tennessee & Rye whiskeys, but the next one (I mean the third one), later on, will speak about US single-malts as well, even about one which is peated ! Other than that, for this second number as well, French tasting notes will be fully published, and English language readers will have an idea of them with a short (but a bit longer than usual) summary. I hope they will like it.

 

 

9/ -KNOB CREEK (Jim Beam distillery):

La distillerie JIM BEAM est créée en 1795 à Clermont, dans le Kentucky. Elle est familiale depuis 7 générations. Le JIM BEAM « White », notamment, deviendra le whiskey le plus vendu au monde en 1985. Mais la distillerie élabore également la gamme « Small batch Bourbons » (KNOB CREEK, BOOKER’S, BASIL HAYDEN, de JIM BEAM. De maturation plus longue que les versions plus grand public sous la marque JIM BEAM (sauf l’exception du 12 ans d’âge), cette gamme est destinée à commémorer l’esprit des whiskeys produits avant la Prohibition américaine (1919-1933). Cependant, toutes les versions ne sont pas toujours faciles à trouver en France. C’est Booker Noe, le petit-fils de Jim BEAM, qui, devenu maître-distillateur, en 1960, en sera l’instigateur, en 1985. KNOB CREEK est en fait le nom de la maison d’enfance d’Abraham Lincoln, située sur les rives du ruisseau du même nom, aux eaux réputées très pures. Il est composé de 78 % de maïs, de 13,5 % de seigle, et de 8,5 %d’orge maltée. Il est élevé durant 9 ans dans des fûts de chêne blanc fortement brûlés.

 

 

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-KNOB CREEK, 9 ans, SMALL BATCH Kentucky STRAIGHT BOURBON (JIM BEAM Brands) «100 PROOF » ( = 50 % ):

Couleur: Ambrée, à reflets cuivrés. Nez: Puissant, épicé, assez parfumé, plutôt boisé. Notes d’érable, de noix nobles, de fruits mûrs. Bouche: Charpentée et de caractère, elle n’en est pas moins d’un équilibre assez remarquable. Elle débute par une belle attaque boisée, vanillé et sucrée (notes de sirop d’érable contenues), noix nobles, puis un milieu de bouche assez sec et épicé (girofle, cannelle, muscade, poivre) quelque peu plus rude et « western », pas fait pour les tendres ! Heureusement, l’attaque de la diligence à épices s’achève bientôt et l’on peut alors se reposer dans un rocking-chair, au « saloon » d’à côté, pour savourer le retour à la douceur que nous propose la finale, d’une belle rondeur feutrée (fruits mûrs, orange, caramel), mais aussi miellée et réglissée. Ici, les saveurs semblent comme plus étouffées/contenues que dans un BLANTON’S « Original » à 46,5 %, par exemple, et le profil est nettement plus sec, mais en contrepartie cette « retenue » donne une élégance inattendue. Tenue à la dilution: Une dilution légère ouvre grand les arômes, de façon plaisante, mais attention, trop d’eau bouleverse son équilibre et apporte de l’amertume et des notes trop épicées qui deviennent médicinales (la girofle du dentiste, si, si!). Conclusion: D’une grande finesse, ce Bourbon nous emmène quelque part entre les USA et le CANADA. Un Bourbon d’une rare élégance, mais aussi d’une rare intensité. Un digestif qui s’avèrera austère pour certains, superbe pour d’autres…. NB: L’ouverture de la bouteille (avec son bouchon noir cacheté à la cire) est en soit un cérémonial très agréable, et je me dois de faire remarquer l’originalité du packaging – cf la typographie début XXème et le papier façon kraft. Prix : 35-40 € environ/ Note confirmée (confirmed score)= 92,5/100

 

I’ve separated this one’s review from the previous one (Jim Beam « Black »), because of their huge difference in terms of aromatic profile. This one is dryer, at times over-oaky, maple wood driven, along with ripe fruit, orange & caramel driven, with honey & liquorice as well, and a full bag of spices (cinnamon, clove, nutmeg, black & 5 berries pepper). Don’t add too much water to it unless you want to find yourself in the dentist chair with a bitter taste in your mouth. A rather intense Bourbon, but also elegant & refined. Definitely not for beginners.

 

 

10/-MAKER’S MARK:

L’actuelle distillerie MAKER’S MARK a été fondée à Loretto, dans l’Etat du Kentucky par Bill Samuels Sr en 1953 sur le site de l’ancienne distillerie qui date elle de 1889, sans parler des premiers temps, vers 1780, ou dit on, la famille Samuels distilla le premier Bourbon américain. La fameuse bouteille trapue à la base presque carrée et au bouchon de cire rouge (en hommage aux bouteilles de Cognac-cf garantie de l’origine) a été lancée en 1958, date également de la première mise en bouteille de ce whiskey à majeure de maïs (70 %), et comprenant également, entre autres céréales du Blé rouge d’hiver (à raison de 16 %), de l’orge maltée (14 %), mais pas de seigle. La recette actuelle de ce whisky (ses fondateurs tiennent à la connotation écossaise du terme plutôt qu’au mot « whiskey » ordinairement utilisée dans le Kentucky) date de 170 ans. D’ailleurs une levure datant d’avant la Prohibition (donc d’avant 1919) est cultivée et utilisée sur place. Les cuves de fermentation sont en érable (plutôt qu’en pin ou en inox). Artisanale et écologiste, cette distillerie est une des plus populaires et des plus visitées des Etats-Unis. Elle est actuellement la propriété du groupe Pernod-Ricard. MAKER’S MARK est présenté comme ayant « vieilli durant 6 étés ». Les fûts sont déplacés chaque année dans le chai à une hauteur différente avant d’être choisis pour l’assemblage, et non sélectionnés « en diagonale » comme souvent par ailleurs. Enfin, c’est à la femme de Bill Samuels Sr, Maggie, que l’on doit le nom de ce whisky, le « poinçon du fabricant », tel qu’on pouvait le trouver sur des pièces d’étain d’importation européenne. Le sceau « SIV » se réfère à « Samuels IV ème génération »).

 

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10/-MAKER’S MARK, sans précision d’âge (circa 5 à 7 ans*), Small Batch BOURBON (« RED CAP » -Bouchon recouvert de cire rouge), « Star Hill Farm », Edition 2009, 45 % :

Couleur: Or, à reflets ambrés. Nez: Exubérant, très séduisant, avec des notes riches d’érable (sûrement dues aux cuves de fermentation qui sont faites avec ce type de bois), de blé noir, de fruits rouges et jaunes (dont la pêche), de boisé/vanillé. Bouche: Très gourmande (plus que dans mon souvenir), la bouche est riche et plutôt ronde, très fruitée, un rien réglissée, à peine épicée et très ronde de bout en bout. Légère touche de cèdre. Notes de tarte aux noix de pécan. D’apparence lisse et simple, elle m’apparaît aujourd’hui comme assez complexe et très bien structurée. La finale fruitée est très longue, un rien plus sèche, et s’achève en un beau diminuendo. Tenue à la dilution: Agréable et intéressante, mais attention, trop diluer amènerait un peu trop d’amertume. Conclusion: Mon premier bourbon, et un des plus fameux whiskies à vocation de digestif, au degré idéal, ses saveurs pleines et profondes en font un must incontournable ! Prix : 25-35 € environ/ Note confirmée (confirmed score) = 94/100

 My first Bourbon ever…very rounded, very rich, very fruity (red fruit & all kind of peaches, sultanas), not too spicy, more complex than it seems, with a touch of pecan pie, and vanilla on top of that, but perfectly integrated. Incredible balance between fruits & sweetness on one hand, and wood & dryness on the other. Still one of the finest Bourbons on the market.

 

 

11/-MICHTER’S :

MICHTER’S, distillerie méconnue en Europe, revendique le titre de la plus ancienne distillerie américaine (1753), d’abord sous le nom de Shenk (mais on mentionne aussi le nom de Bomberger’s), du nom de son fondateur John Shenk, un fermier installé en Pennsylvanie, à l’époque. Suite à une période de surproduction de seigle, Shenk décide un jour de produire du whiskey avec cet excédent, en construisant une petite distillerie, de ses propres mains. Le whiskey produit par la distillerie était si renommé qu’à la fin de la guerre d’Indépendance, le général George Washington décida de la racheter pour pouvoir réconforter ses soldats face à un hiver s’annonçant rude. Le destin de la distillerie fut ensuite plus tortueux, avec de nombreux changements de propriétaires, une faillite, son statut parfois pratiquement de musée de la distillation, jusqu’à la vente totale du matériel et des stocks de whiskey dans les années 1970 et sa fermeture en 1988. La distillerie produisit même un Bourbon nommé « HIRSCH Reserve » en 1974, commercialisé par Preiss Imports. Mais c’est durant les années 1990 que la distillerie renaît, s’installant désormais à Louisville, dans l’Etat du Kentucky, grâce à la volonté de deux hommes, Joseph J. Magliocco (très impliqué à l’époque dans une société de vins et de spiritueux) et Richard Newman (surnommé Dick Newman, c’est un vétéran décoré de la guerre de Corée qui a géré plusieurs marques de whiskey, dont OLD GRANDAD, au sein de la National Distillers, puis WILD TURKEY). MICHTER’S a pour ambition de faire renaître un véritable whiskey à l’ancienne mais pouvant rivaliser avec les productions d’autres pays du whisky.

Pour ce faire, elle utilise des méthodes particulières, rares, voire uniques dans le milieu du whiskey. Willie Pratt, le maître-distillateur fort expérimenté (40 ans, au service notamment de Brown-Forman) de MICHTER’S, a eu carte blanche, comme me l’explique Matthew T. Magliocco (directeur général des ventes et associé-rencontré au cours du dernier salon professionnel « Cocktail Spirits », à Paris), pour mettre en œuvre ces méthodes de production coûteuses et exigeantes: En effet, non seulement le choix a été fait de réduire le titrage du distillat avant le passage en fûts en le réduisant à 51,7 %, mais aussi de chauffer les chais afin de provoquer plusieurs cycles supplémentaires de chauffe, et d’aller extraire les saveurs au cœur du fût (en allant chercher la fameuse « ligne rouge », là ou la vanille est la plus concentrée). Ainsi, au négatif, la part des anges (évaporation) est beaucoup plus importante qu’à l’accoutumée (d’où un coût élevé du whiskey, et une disponibilité moindre), mais au positif celui-ci est plus fin, délicat et plus concentré à la fois (j’en ai fait l’expérience), mais cela n’est pas tout. MICHTER’S réutilise ses fûts une deuxième fois (ce qui normalement est interdit par la loi américaine, mais il n’est pas le seul-et joue sur un toastage, puis un brûlage des fûts), et, par ailleurs, préfère filtrer à froid ses whiskeys, et les conditionne dans des bouteilles aux étiquettes proches de celles des origines de la distillerie. Elle tient à préciser également le temps de séchage préalable des fûts qu’elle utilise (18 mois environ). La distillerie dispose de 2 petits alambics. MICHTER’S propose 9 références de whiskeys, incluant un Rye, un assemblage de grains nommé « (Unblended) American Whiskey » (unblended signifie ici sans ajout d’alcool neutre), un autre type de Bourbon nommé «Sour Mash », un « Straight Rye », ainsi que des versions plus âgées (10 et 25 ans). MICHTER’S n’est pas encore distribué en France, mais avec une telle qualité, je pense que cela ne devrait plus tarder.

 

 

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11/ MICHTER’S « BOURBON » US-1, Small Batch (Batch N° 14C/23), n.a.s (âge déclaré 4 ans+poss. environ 8,5 ans), 45,7 % (91,4 % US PROOF), KENTUCKY STRAIGHT BOURBON:

A noter: La distillerie précise avoir, pour cette version utilisé des fûts neufs américains toastés puis brûlés à la flamme (« Toasted & fire-charred new American Oak barrels »).

Couleur: Vieil or, à reflets orangés. Nez: Assez léger, évoquant d’abord un solvant pour bois (entre paraffine et cire), du sucre glace, du caramel légèrement brûlé, puis le maïs domine, mais l’ensemble demeure assez doux et équilibré. Bouche: Très fine et expressive, elle se démarque des autres Bourbons. Du maïs, bien sûr, mais aussi des fruits (pêches jaunes et blanches, pommes rouges en pomme d’amour, de fines notes de vanille et de sucre glace (et glaçage de mille-feuilles), quelques notes de fleurs blanches, quelques épices douces et voilà. La finale est en decrescendo, sur la finesse, mais il faut y revenir pour s’apercevoir que ce n’est pas une faiblesse, mais la caractéristique d’un style, délicat et singulier. Beaucoup de charme, là aussi. Tenue à la dilution: Etant donné que les méthodes d’élaboration des whiskeys définis par MICHTER’S comprennent une réduction du titrage à 51,7 % avant mise en fûts (une importante réduction, la plupart des producteurs préférant ne réduire qu’à 63,5 % voire presque pas ou pas du tout pour certaines références), l’ajout d’eau pourrait déséquilibrer le profil. Je le déconseille même si je l’ai essayé, cela affadit le profil. Le choix du titrage fait par la distillerie est donc le bon. Conclusion: Encore une création intéressante et un peu différente, de la distillerie MICHTER’S, la plus ancienne distillerie des Etats-Unis. Du travail d’orfèvre, très délicat et parfaitement équilibré. Température de service conseillée : Entre 16 et 20°, plutôt 18. Un Bourbon qui nécessite un peu d’aération pour être pleinement apprécié. Prix n.c. /pas en vente en France pour le moment-(merci à Matt pour le sample)/Note confirmée (confirmed score) = 92,5/100

I learn only this year that MICHTER’S could really be the first American whiskey distillery, back in 1753, amazing news indeed! And if not enough, I came across to four of their whiskeys this year, thanks to a professional festival in France called « Cocktails Spirits », where there is always something to discover (I have to explain that this distillery’s productions are not yet sold in my country, too bad). All these whiskeys were good, to my opinion, and this one stands out as a very refined and singular Bourbon, different and definitely worth trying. Lots of fruit, some flowers, sweet spices and moderate wood, all together blended with skills to create a very delicate palate. Yes, MICHTER’S distillery is one to watch.

 

12/ MICHTER’S « Unblended AMERICAN WHISKEY » US-1, Small Batch (Batch N° 14-D/241), n.a.s (Avril 2014, âge déclaré « plus de 4 ans »), 41,7 % (83,4 % US PROOF:

A Noter : Recette utilisant aussi des fûts de Bourbon de second remplissage ce qui est normalement interdit, et d’autres céréales que le maïs, mais pas d’alcool neutre (le nom « American Whiskey », en effet signifie aux Etats-Unis mauvais assemblage de whiskey incluant une forte part d’alcool neutre). Il y a donc deux passages successifs en fût du distillat, la première dans un fût neuf, la deuxième dans un fut ayant contenu du Bourbon (« Bourbon soaked American white oak barrels »):

Couleur: Ambrée, à reflets vieil or, voire orangés. Nez: Complexe, très fin et gourmand à la fois. Très fruité (fruits confits voire même fruits confiturés, fruits frais-prune, abricot, coing, framboise), mais exprime aussi des notes de pain d’épices, de seigle, de miel (de bruyère et d’acacia), bonbon gélifiés (évoquant les esters d’un scotch), un peu floral aussi, presque pâtissier et d’un boisé léger (même si profondément brûlé) et bien intégré. Superbe. Bouche: Souple et élégante, d’une grande finesse, elle reprend les notes du nez, fidèlement, en commençant par une vraie corbeille de fruits liquide, puis par un petit surgissement d’épices (plutôt douces), puis un note de bois brûlé, mais aussi, plus troublant et proustien, comme une note de carambar liquide liée à ce boisé…et une note clairement pâtissière, sous la forme d’une improbable note de brioche de Pâques (avec une pointe d’orange et de bergamote,  et je pense aussi d’angélique) qui ajoute encore à la complexité du profil, le tout avec un bon dosage de la sucrosité (naturelle, s’entend). L’équilibre ici est parfait, vraiment. La finale, longue et élégante, achève de me convaincre. Le palais sera d’autant plus apprécié (comme pour d’autres whisk-e-ys, d’ailleurs) que l’alcool sera servi à la bonne température (je recommande un peu moins de 20°, disons entre 16 et 18°) et bien entendu dans un verre de dégustation adapté. Tenue à la dilution: Un des premiers whisk-e-ys ou pour une fois la question est inutile. En effet, préalablement réduit à 51,7 % avant mise en fûts, il bénéficie déjà d’une importante réduction, aussi encore un peu plus d’eau lui serait dommageable, ou bien alors deux ou trois gouttes pour l’étudier. Ne me parlez pas de glaçons ou de coca dans le cas présent, ce serait inutile et un véritable massacre. Conclusion: Singulière, complexe, équilibrée et d’une grande finesse, dans ses notes fruitées également, cette version d’une distillerie historique des Etats-Unis dont je ne connaissais pas l’existence il y a encore un mois, possède beaucoup de charme et de classe, revendiquant d’entrée de jeu les plus hautes marches du podium. On comprend pourquoi ! Impressionnant travail d’élaboration du whiskey comme de son assemblage. Un des plus beaux whiskeys jamais dégustés. Chapeau bas ! Prix n.c. /pas en vente en France pour le moment-(merci à Matt pour le sample)/Note confirmée (confirmed score) = 95/100

United States historical first Whiskey distillery (as I learn this year), innovates as well, and really delivers with this beautifully crafted « all grains » whiskey showing incredible qualities. Expect gourmet complex fruity notes allied to burnt caramel, spices & bergamot orange, gingerbread, french brioche and some floral notes as well. The cask management here is very impressive (no wood dominance), as well as the distillation mastery. The finish is long & elegant, and the balance is just perfect. For a better appreciation, if room temperature is too hot, my advice is to cool down the whiskey a bit (just 10 mn in the fridge, not colder !) to lower it to 16 to 18° and you will be really rewarded. One of the best Whiskeys I’ve ever came across (or some would say, close to « the real McCoy »), and a distillery to watch, for sure ! (not on sale in France, yet, so, what are you waiting for, compatriots ?).

 Je recommande également les versions suivantes : « SOUR MASH » US-1 (par ex. le Batch N°14A/29) à 43 % et le « STRAIGHT RYE » US-1 (par ex. le batch N°14C/153), tous deux de 2014 et âgés de plus de 4 ans. Je suis très curieux des autres versions…

 

 

13/-NOAH’S MILL :

Dans le passé, ce Small Batch Bourbon whiskey était produit à la distillerie WILLETT (du nom du premier membre de la famille à avoir distillé du whiskey, au XIXème siècle, John David Willett), à Bardstown, entre les années 1936 et jusqu’au début des années 1980. Après une période de sommeil, Even G. Kulsveen, un descendant de la famille des WILLETT, fonde la société Kentucky Bourbon Distillers en 1984 (qui produit également les marques JOHNNY DRUM, KENTUCKY VINTAGE, OLD BARDSTOWN, PURE KENTUCKY XO, ROWAN’S CREEK, WILLETT Pot Still Reserve et Family Estate Bottled Bourbon), ayant un statut particulier, entre société de négoce (car tous les fûts entrant dans la composition du NOAH’S MILL d’aujourd’hui ne proviennent pas seulement de la distillerie)-et distillerie rebâtie sur les fondations d’une ancienne distillerie. En effet, après une période un peu floue, entre 1984 et 2011, ou le whiskey était produit presque plus que sur commande, la reprise de la production (avec une part de reconstruction de la distillerie et des chais) date seulement de 2012. La distillerie proposait avant un NOAH’S MILL de 15 ans d’âge, mais faute d’approvisionnement certain des stocks de vieux fûts, préfère commercialiser désormais cette référence en version sans compte d’âge, comprenant des fûts âgés de 4 à 20 ans, mais pas forcément tous produits par la distillerie.

 

 

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-NOAH’SMILL 15 ans, CASK STRENGTH, 57,15 % (« 114.3 PROOF »), Distillerie WILLETT, fermée dans les années 80 ϯ (KENTUCKY STRAIGHT BOURBON):

Gras et dense, il se situe aromatiquement entre un single-barrel du Tennessee et un très vieux bourbon. Quasi -sirupeux, titrant un fort degré (57 %!), c’est déjà de toutes façons une expérience unique et intéressante. Beaucoup plus gourmand, épicé et rustique que nombre de ses confrères, il est aussi différemment marqué par le bois, plus proche d’un vieux SPEYSIDE maturé en fûts de SHERRY OLOROSO ou d’un vieux RYE sec que d’un bourbon. L’érable semble présent en filigrane, certes, mais aussi le vieux cuir et les fruits très mûrs. L’ensemble, remarquablement équilibré, n’est pas exempt d’une certaine classe. Prix circa 2005-2007 de 72 €, MdW (et merci Laurent pour cette dégustation) –Note sous réserve (ancienne)-(old score, under reserve)= 90+/100

An amazing whiskey right from the start. At times very sirupy, at others very woody, dry as no other (except maybe as the « Knob Creek »), spicy and fruity as well, like an impossible mix between a Speyside malt matured in Oloroso Sherry & a Rye whiskey, it only makes me mention on word, and it is « rustic ». Ripe fruit & leather complete « the aromatic team », for an unusual but singular & pretty much interesting journey. Curious to learn if the profile is the same today.

Je conseille à défaut de trouver le 15 ans d’âge de se reporter sur la version sans compte d’âge actuellement encore commercialisée (un assemblage de fûts de 4 à 20 ans).

 

 

14/-OLD POTRERO :

A l’origine de la société ANCHOR DISTILLING COMPANY, basée à Potrero Hill, San Francisco, il y a Fritz Maytag, directeur depuis 1965 d’une brasserie, l’ANCHOR STEAM BREWERY (précurseur du phénomène des micro-brasseries). Désireux de retrouver l’esprit des premiers whiskeys américains, il décide d’y fonder également sa propre distillerie, au sein de la nouvelle ANCHOR DISTILLING COMPANY en 1993 (premier fût rempli le 09/12/94, premier commercialisé en 1996). Il se met à produire alors à petite échelle des whiskeys à partir d’alambics de type « Pot Still », comme en Ecosse, ce qui était inhabituel jusque là aux Etats-Unis, voire un temps illégal, à partir de malt de seigle exclusivement (la distillerie rappelle que le premier style de whiskeys américains fut élaboré à partir de seigle (« rye »), et ce à 100 % (contre les 51 % minimum exigés) et non de maïs (la distillation de « corn » ou « maze » donnant plus tard le « Bourbon », à condition qu’il en comporte au moins 51 %). Elle produit des Single-malts de Rye sous la marque d’OLD POTRERO, dont une édition nommée « HOTALINGS » de 17 ans d’âge, en hommage au célèbre tremblement de terre de 1906, une version nommée « OLD POTRERO 18th CENTURY WHISKEY » issue de malt de seigle à 100 % et élevée dans des fûts non brûlés et titrant 51,2 %, un Rye Whiskey (« OLD POTRERO RYE »), mais aussi du gin. 

 

 

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-OLD POTRERO « STRAIGHT RYE WHISKEY » (élaboré avec 100 % de Seigle Malté), Small Batch (assemblage de quelques fûts de chêne neuf), 45 % : (Premiers commentaires, à confirmer):

Couleur: De cuivrée à ambrée (demeurant claire), à reflets dorés soutenus. Nez: Très fin, et très agréable. Le velouté, le fruité et les épices typiques du seigle (« rye ») s’expriment bien, sur un joli fond boisé. L’autre note très spéciale du nez, plus difficile à cerner, est quelque chose qui se situerait entre le solvant, la cire, et le pain d’épices. Cela s’achève sur une note de bois précieux. Bouche: Elle reprend les notes du nez, avec une grande fraîcheur fruitée (l’on pense presque à des fruits exotiques plus une pointe de fruits rouges). Les épices sont présentes, mais sans agressivité, avec une rondeur inattendue. Belles notes de miel. Tenue à la dilution: Non testée cette fois là. Conclusion: Un OVNI pour moi à l’époque, très agréable à boire et avec une personnalité différente de tout ce que j’avais dégusté provenant des Etats-Unis jusqu’ici. A confirmer (à suivre surtout).Prix environ 70 € il y a quelques années en France (MdW), probablement davantage maintenant./Note sous réserve (à confirmer-score under reserve) = Estimée à 86 ?/100

A Fascinating distillery, as it is quite remote from those from Kentucky & using malted rye only here, plus no charring process. The result is excellent, with nice & fresh fruity notes, gingerbread, honey and sandal wood. Remarkably fresh and different (like America’s « Red Breast » ?), it is easily approachable, and popular here in France, though not always easily available. More notes & a confirmed score later on, so please don’t overlook at it because of the « under 90 » score (which is already a good score).

 

 

15/-PAPPY VAN WINKLE :

1/Pour commencer ce survol (voir précédent volet), à tout seigneur tout honneur, peut être la plus belle distillerie nord-américaine (que les autres me pardonnent), et une des 20 ou 30 meilleures distilleries au monde (il n’y a pas que moi qui le dit), j’ai nommé BUFFALO TRACE (née sous le nom d’« ANCIENT AGE » vers 1930), importante distillerie du Kentucky localisée à Frankfort, commercialisant de nombreuses marques (dont GEORGE T. STAGG, OLD CHARTER, ROCK HILLS FARMS, ou encore les RYE nommés THOMAS H. HANDY & SAZERAC, mais aussi, moins connu, en partenariat, la production et distribution des rares Bourbons et Rye PAPPY VAN WINKLE (voir plus loin pour ces derniers). Ici la marque BLANTON’S et sa célèbre carafe et son bouchon surmonté d’une figure de cavalier changeant de position suivant les versions. Par ailleurs une des marques qui ont concouru à convaincre des inconditionnels des whiskies écossais que l’on pouvait aussi avoir de la complexité et beaucoup d’intensité aromatique avec un brut de fût venant d’ailleurs (avec les versions « Straight from the Barrel ») :

 

 

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-PAPPY VAN WINKLE 23 ans, « FAMILY RESERVE », SMALL BATCH (Bottled circa 2012), Edition limitée, 75 cl (US Market), 47,8 %(KENTUCKY STRAIGHT BOURBON WHISKEY) :

Couleur: Ambrée, à reflets orangés. Nez: Complexe, incroyablement fin et élégant à la fois, et ayant son propre style. Un moyen de placer d’entrée la barre très haut. Notes de solvant, de boisé profond, de potiron (plus étonnant), de fruits divers (oranges, abricots, pêches, nèfles), de fleurs aussi. Peut être miellé, et un rien vanillé en arrière-plan. Bouche: Wow, tout simplement! L’on comprend tout de suite que l’on a affaire à un chef d’œuvre. Epoustouflant de finesse et de fondu (comme un très vieux Cognac), d’élégance et d’équilibre (23 ans pour un Bourbon, sachant que le distillat vieilli beaucoup plus vite qu’en Ecosse, c’est énorme, le risque d’avoir un whiskey écrasé par le bois est important). Très fine, très équilibrée, très complexe, très boisée (mais le bois est superbement intégré aux autres notes), la bouche est à la fois fruitée (agrumes, l’orange en tête), florale (fleurs blanches et jaunes), légèrement noisettée, miellée, avec quelques accents végétaux (champignons, thé) et herbacés sur un lit (discret et douillet !) de vanille de la plus haute qualité. Interminable, elle est comme une soyeuse caresse pour le palais. Tenue à la dilution: Il faut très peu d’eau ici, sous peine de massacrer ce whiskey. Mais le peu de cette eau exaltera les saveurs les plus délicates de fleurs et de fruits. Conclusion: C’est avec beaucoup d’émotion et de surprise que j’ai découvert (à l’aveugle) ce whiskey très rare et très recherché par les connaisseurs, et à juste titre. Un bijou ciselé par un expert (la marque et les productions VAN WINKLE sont depuis quelque temps sous la responsabilité de production et de conservation de la distillerie BUFFALO TRACE, située à Frankfort, dans l’Etat du Kentucky). Il existe peu de whiskies et de whiskeys qui arrivent à la hauteur de celui-ci qui a reçu de nombreuses distinctions (y compris celle du meilleur Bourbon par votre serviteur). Si vous avez les moyens et l’opportunité d’en acquérir une bouteille, n’en ratez pas l’occasion ! Très chaudement recommandé. Prix, autrefois moins de 200 €, comptez probablement plus de 1000 € en vente en ligne aujourd’hui./ Note confirmée (révisée en 2014) = 96/100 et H.C. (Hors catégorie/Beyond any category).

Versions également conseillées : Entre autres, les versions régulières de 15 et 20 ans d’âge.

 

As I already said it, I consider BUFFALO TRACE (& so here this PAPPY VAN WINKLE 23 y.o. expression) as one of the best distilleries in the world (let’s even say one of the 20 or 30 best distilleries). That said, I also consider this expression one of the very few best Bourbons ever conceived, and one of the 2 or 3 most refined, sophisticated, complex & remarkable on the market (though, I have to warn you, this one is really rare & becomes really expensive !). Such a mastery & sheer elegance is rare even in the whole whisky world, or, in other words, it is not sure that, during a blind tasting, many Scotch whiskies could beat this ! Expect nutty, fruity (all kinds !), floral, honeyed, vegetal (mushrooms, autumn leaves, tea) notes, embraced by the softest wood nest you could imagine, and you will only have a tiny idea of what this masterpiece is all about. One of the happiest maturation ever seen (23 y.o. is very long for a whiskey, as it matures faster than a Scotch, for instance) and an unbeatable balance for sure. Only a slightly lack of body prevents it for being scored at, say 98/100. But, who cares anyway, it is such an unforgettable rare gem.

 

 

16/-SAZERAC :

(Pour la présentation, voir à BLANTON’S dans le précédent numéro, ou PAPPY VAN WINKLE un peu plus haut).

 

 

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-SAZERAC 18 ans, (Dist. « Spring 1983 »-Bottled « Fall 2011 »), distillerie Buffalo Trace, « 90 PROOF », 75 cl, 45 %, (KENTUCKY « STRAIGHT RYE WHISKEY ») :

 

Couleur : Or, à reflets ambrés, légèrement rougeâtres. Nez : Superbe, atypique pour ceux qui n’ont pas l’habitude de déguster des Rye whiskeys. Complexe et expressif à souhait, c’est déjà un grand rien qu’au nez. Epicé (gingembre), profondément boisé (érable, eucalyptus, cèdre), marqué par des notes de solvant, il est cependant également assez fruité. Bouche : Très boisée mais pas écoeurante. Belles notes reprenant celles du nez, que ce soit pour le bois, les épices ou le fruit (on y perçoit même des notes de fruits rouges en finale-une pointe de cranberry et de grenade) faisant preuve d’une belle acidité. Evolutif, c’est sans doute un des plus complexes whiskeys nord-américains qu’il m’ait été donné de déguster. Tenue à la dilution : Etonnant là encore, ce SAZERAC accepte l’eau de manière très harmonieuse. Celle-ci exalte les notes fruitées, boisées et ne ravive pas trop les épices. Conclusion : Un grand Rye whiskey, et un grand whiskey tout court ! Fin, complexe, gourmand, que demander de plus ? Prix non disponible, mais compter plus de 130/150 € probablement de nos jours/ Note sous réserve (score under reserve) = 92,5/100

 

There is a lot of character in this whiskey, one of the best ryes I came across, for sure. Expect fruity (including red fruit), spicy (ginger), solvant, and very complex & dominant woody notes (cedar, maple wood, eucalyptus). Displays some acidity & deep woody notes that not everyone would like (especially beginners), but others (many connoisseurs praise it) will love this. Very well made, this is another treat (probably underscored ?) from the BUFFALO TRACE team !

 

 

17/ WOODFORD RESERVE (Labrot & Graham):

Enfin, la seule distillerie des Etats-Unis (à ma connaissance) à pratiquer la triple-distillation, et depuis peu une de celles qui produit de manière habilement détournée des whiskeys utilisant également des fûts usagés ce que la loi normalement ne permets pas. Appartenant à la Brown-Forman corporation, tout comme JACK DANIEL’S, elle fût fondée en 1812 par Elijah Pepper (mais le projet débuta en 1797) dans le Woodford County, mais déplacée en 1996, à Versailles (oui, toujours dans Kentucky !), apparaissant tout d’abord sous le nom de LABROT & GRAHAM. C’est l’une des plus petites du pays sans pour autant être une micro-distillerie. Elle est aussi une de celles dont les alambics à repasse en cuivre (au nombre de 3) sont les plus ressemblants à ceux des distilleries écossaises, et ce n’est pas un hasard. Les cuves de fermentation sont également très particulières, faites en cyprès plutôt qu’en pin d’Oregon ou en acier inoxydable. Pour certaines versions, de la levure fraîche est utilisée (technique dite « Sweet Mash », non la technique du « Sour Mash » de réutilisation, habituellement utilisée dans le Kentucky. De plus, la maturation est longue (pas de version de moins de 6 ou 7 ans commercialisée). La distillerie propose plusieurs gammes, et j’ai choisi une des versions les plus singulières :

 

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17/-WOODFORD RESERVE « DOUBLE-OAKED », distillerie LABROT & GRAHAM, Lot L077410725 de 2014), 45,2 % (90,4 ° PROOF), mais 43,2 % pour la France (KENTUCKY STRAIGHT BOURBON WHISKEY):

A noter: Cette version très particulière, s’inspirant des recherches du maître-distillateur Chris Morris (notamment des versions « Seasoned Oak » et « Maple Wood »), est nommée ainsi car elle combine des fûts neufs fortement brûlés (7 ans en moyenne) puis le distillat est transféré dans des fûts pour subir une deuxième maturation de 9 mois des fûts légèrement toastés seulement pour ne pas altérer l’équilibre. Par ailleurs, par son côté à la fois très boisé et très fruité, elle est splendide en « Mint Julep » !

Couleur: Ambrée à cuivrée, à reflets orangés soutenus. Nez: Wow ! Complexe et très séduisant. Tour à tour pâtissier (millefeuille, sucre glace, vanille-avec une pointe d’angélique en plus), fruité (abricots mûrs, pêches jaunes, orange et orange sanguine, voire mandarine), boisé (bois d’érable, bois brûlé) important mais maîtrisé, restant en arrière-plan, enfin comme une note de solvant devenant un peu plus présente (et moins plaisante) après un certain temps d’aération. Bouche: Intensément boisée (plus de présence qu’au nez) avec une forte note d’érable, mais liée à d’autres (ce n’est pas du JACK !). Reprenant les notes du nez, elle est très fruitée (orange, orange sanguine, mandarine, pointe de fruits rouges), légèrement florale, évoque par moments un Cognac, également par ses fortes notes de solvant. Epicée (cannelle, girofle, gingembre, muscade, voire pointe de piment d’Espelette), elle s’achève sur de séduisantes notes de vanille mêlées d’orange et de mandarine. Température de service recommandée à un peu moins de 20 °. Tenue à la dilution: Clairement, à mon avis, à ne pas diluer, sous peine de renforcer son style très boisé et de créer un déséquilibre vers beaucoup d’amertume. En revanche, quelques gouttes peuvent convenir, mais n’apportent rien dans le cas présent (ou moins de fruité). Conclusion: Un superbe WOODFORD RESERVE, parfois pas loin du déséquilibre, sur le fil du rasoir, mais très bien conçu et ménageant un peu de place pour de belles notes fruitée et pâtissières entre les notes boisées et épicées. Une version un peu moins facile d’accès que le « DISTILLER’S SELECT » mais de belle facture. Et j’adore son conditionnement aux notes cuivrées. Prix entre 45 et 55 €, cavistes-merci encore à Woodford Reserve pour le sample/Note confirmée (confirmed score) = 91,5/100

Version également conseillée : La version régulière nommée « DISTILLER’S SELECT », mise en bouteille autrefois à 45,2 %, elle a perdu un peu de puissance récemment (43,2 % est désormais son titrage), mais demeure une référence de qualité en matière de whiskey raffiné.

 

A very special WOODFORD RESERVE, as it uses as its maximum wood extraction. Woody & spicy it is, yes, but also very fruity, with some very attractive orange & mandarin notes, with some vanilla on top of it. It’s more complex than it seems, even if it is on the edge (it is still well balanced, but water kills it, so don’t add any unless you are bitterness a lot). Less « quiet » and balanced than the regular expression called « DISTILLER’S SELECT », this one takes risks that for some are too big, but for me interesting. Another Chris Morris performance there…

 

 

***

 

Pour accéder rapidement au numéro précédent (US Whiskeys Part 1/3, whiskeys des lettres A à J) cliquez ci-dessous:

If you wish to have a quick access to previous survey on US Whiskeys, Part 1/3-letters A to J,

please click below:

US Whiskeys Part 1/3

 

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Pour accéder rapidement à la rubrique "Express Notes" sur la distillerie écossaise STRATHISLA, cliquez ci-dessous:

If you wish to have a quick access to previous "Express Notes N°1" devoted to Scottish distillery called STRATHISLA, please click below:

Express Notes N°1/Strathisla

 

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Dans le numéro précédant, j’avais traité des distilleries (ou noms de whiskeys) des lettres A à J. Dans le numéro suivant (3/3), je traiterais de Bourbons et de Ryes, mais aussi d’autres types de whiskeys, et notamment de single-malts, y compris tourbés (oui, vous avez bien lu) en provenance des Etats-Unis toujours, au fur et à mesure des découvertes, cette fois à suivre un peu plus tard...

 

To be followed a bit later on for N°3/3!

 

 

 

 

 

 

Express Notes No 2 (Part 1/3)

 

EXPRESS NOTES : No 2 : « US WHISKEYS, Part 1/3 » (Lettres B à J)

(Bourbon, Tennessee & Rye)

 

Sujet: 15/06/2014; Dernière mise à jour: 26/06/14

 

US WHISKEYS/Whiskeys des Etats-Unis:

 

 

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L'auteur au Mohonk Mountain Park, Lake Mohonk, New Paltz, côte Est des U.S.A., 2002

(Photo © Grégoire Sarafian-désolé pour la qualité, prise avec un jetable!)

 

Cette série sur les U.S.A. est dédiée à la mémoire d'un ami, George Bobby Jones, né en 1943 à Louisville, Kentucky et décédé à Nyack, N.Y., en 2011, avec qui j’ai pu partager de bons moments en parlant d'art et de whisk(e)y, entre autres choses, et grâce à qui j’ai pu exposer là-bas, l’assister parfois sur place en tant qu'artiste-invité dans ses cours sur l’art (il était plasticien, moi aussi, mais il était également enseignant) et visiter en 2002 cette magnifique vallée de la rivière Hudson. Je n’oublierais pas.

This series of reviews is dedicated to the memory of a friend of mine, George Bobby Jones (painter & sculptor as well), who was born in Louisville, Kentucky, in 1943 & died in Nyack, N.Y.S., 2011. R.I.P. We enjoyed together occasionally a dram or two (Maker’s Mark was our fav.), exhibited together (I’m also a painter) in 2002, did some Art class with him as well, (as guest artist) & visited the wonderful Hudson Valley. I won’t forget.

Pour en savoir plus sur lui, voir le lien ci-dessous (to learn more about him, please click below) :

G.B. Jones

 

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Avec George Bobby Jones, en pause à Newburgh, sur la route vers le Nord-Est, Vallée de l'Hudson, automne 2002

(Photo © Grégoire Sarafian-désolé pour la qualité, prise avec un jetable!)

 
 Je vous propose, pour ce nouveau numéro, au prétexte de l’actualité historique (le 70 ème anniversaire du débarquement des troupes alliées en Normandie-qui comportait de nombreux américains, ma façon de les saluer ici), une première sélection de whiskeys des Etats-Unis, divisée en deux parties, et cette fois en partant des genres traditionnels (Bourbon, Rye, Tennessee). Une manière aussi de rattraper un peu le retard pris à traiter des whiskeys de ce pays. A ce titre, exceptionnellement, les notices seront publiées dans leur intégralité en français, avec en plus un résumé en anglais. Une autre sélection traitera plus tard en partie d’autres types de whiskeys,  comme par exemple de single-malts, parfois même tourbés !

 

For this second number of « Express Notes » (short reviews of whisk-e-ys with each time a special theme), I changed the program to pay tribute to our american friends because of 70 th Anniversary of the landing of the Allied troups in Normandy during W.W.II, but also because I’ve been late to speak about american whiskeys & distilleries & reviewed none of them except some mentions & awards in my 2013 Awards pages. Apologies again for that. Anyway, this first special number about US Whiskeys (in two parts) is mostly about Bourbon, and then about Tennessee & Rye whiskeys, but the next one (I mean the third one), later on, will speak about US single-malts as well, even about one which is peated ! French tasting notes will be fully published this time, but English language readers will have an idea of them with a short (or a bit longer than usual?) summary. Hoping they will like it.

 

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1/Pour commencer ce survol, à tout seigneur tout honneur, peut être la plus belle distillerie nord-américaine (que les autres me pardonnent), et une des 20 ou 30 meilleures distilleries au monde (il n’y a pas que moi qui le dit), j’ai nommé BUFFALO TRACE (née sous le nom d’« ANCIENT AGE » vers 1930), importante distillerie du Kentucky localisée à Frankfort, commercialisant de nombreuses marques (dont GEORGE T. STAGG, OLD CHARTER, ROCK HILLS FARMS, ou encore les RYE nommés THOMAS H. HANDY & SAZERAC, mais aussi, moins connu, en partenariat, la production et distribution des rares Bourbons et Rye PAPPY VAN WINKLE (voir plus loin pour ces derniers). Ici la marque BLANTON’S et sa célèbre carafe et son bouchon surmonté d’une figure de cavalier changeant de position suivant les versions. Par ailleurs une des marques qui ont concouru à convaincre des inconditionnels des whiskies écossais que l’on pouvait aussi avoir de la complexité et beaucoup d’intensité aromatique avec un brut de fût venant d’ailleurs (avec les versions « Straight from the Barrel »):

 

-BLANTON’S, « GOLD EDITION », SINGLE-BARREL (N°376, Rack N°55-Bottled 04/12/12), 70 cl, (livrée rouge et or), Edition limitée pour la MdW, 51,5 %(KENTUCKY STRAIGHT BOURBON WHISKEY):

Couleur: Ambrée, à reflets cuivrés, voire acajou. Nez: A la fois incroyablement gourmand et complexe. Bois précieux, bois d’érable, maïs, solvant/vernis à ongles, fleurs capiteuses, fruits rouges, quantités de fruits frais, cuits & secs. Bouche: A l’ouverture de la bouteille, c’est un vrai festival de saveurs (reprenant celles du nez, avec en plus des notes de noix nobles, la pêche, l’abricot et la prune en avant) débordant du verre. Magnifique, subtile, complexe, très élégante, elle est étonnamment fine pour ce titrage. Au fil du temps le profil se durcit un peu (devient plus épicé et plus sec), vers quelque chose de moins spectaculaire mais toujours aussi gourmand et parfumé. Epices « américaines » (girofle, muscade, cannelle) et poivre 5 baies, mais tenues par le profil fruité et floral. Tenue à la dilution: Devient littéralement aérien avec un peu d’eau, mais attention à ne pas trop diluer. Seigle, érable, dattes, caramel naturel, fruits rouges, fruits secs variés, épices, et une texture presque comme du velours…Conclusion: Un Bourbon très gourmand, intense et plutôt complexe (avec même des notes de fruits rouges), qui lorgne vers les vieux Single-grains écossais élevés en fûts de Sherry (ou le contraire !). Pour moi un des tous meilleurs Bourbons jamais dégustés à ce jour, avec certains des premiers batches du WOODFORD RESERVE « Distiller’s Select », dans un genre certes différent. Excellent rapport qualité/titrage/prix également. Prix : Entre 49 et 65 €, MdW et autres lieux/Note confirmée (confirmed score) = 94,5/100

Versions également conseillées (other recommended expressions): La version régulière à 46,5 %, (étiquette crème), plus douce, et la version brut de fût « Straight from the Barrel » (étiquette blanche et sable), à titrage variable (mais le plus souvent entre 64 et 67 %) ; dilution fortement recommandée pour cette version.

 

I consider BUFFALO TRACE (& so as for several BLANTON’S expressions) as one of the best distilleries in the world (let’s even say one of the 20 or 30 best distilleries in my opinion). That said, I also consider this expression as one of the best Bourbons ever conceived, for its ratio between quality of wood/generosity of the aromatic profile/optimal ABV/price…In other words, it is as wide as the best scottish single-grains whiskies matured in Sherry casks, and very complex (on rye, pepper, peach, apricot, plum, red fruit, pecan nut, dates & other dried fruits, cinnamon, nutmeg, clove), very satisfying. It is fruity, perfectly balanced, it is refined, it is sweet as silk with a dash of water…

 

 

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2/ ELIJAH CRAIG (du nom d’un révérend né en 1743 et mort en 1808) est une des marques de la distillerie HEAVEN HILL fondée en 1890 et située à Louisville, dans l’état du Kentucky. Considéré comme un pionnier pour avoir, selon la légende, été le premier à avoir utilisé des fûts profondément brûlés pour contenir du whiskey, ELIJAH CRAIG se devait d’avoir sa marque. Cette entreprise familiale produit de nombreux whiskeys dont par exemple les marques EVAN WILLIAMS, BERNHEIM, PARKER’S, ou encore les RYE suivants : PIKESVILLE, RITTENHOUSE, mais aussi la seule marque de CORN Whisley, MELLOW CORN.

-ELIJAH CRAIG 12 ans « BARREL PROOF », distillerie HEAVEN HILL, Edition limitée pour la MdW (2013), Natural Cask Strength, 68,5 %,(KENTUCKY STRAIGHT BOURBON WHISKEY):

Couleur : Ambrée, à reflets rougeâtres. Nez : Proprement incroyablement parfumé. Boisé de la manière la plus forte et complexe qui soit (bois de rose, bois d’érable, bois de chêne, bois de santal), épicée (gingembre, poivre 4 bois, piment d’Espelette), avec une note de cire et de cuir, elle évoque aussi une corbeille de fruits mûrs. Bouche : Extrêmement puissante et exceptionnellement gourmande, elle est comme une tornade de saveurs dont on se remet difficilement, dans le bon sens du terme et moyennant un peu d’eau, s’entend ! Ce « Bourbon-Monster » est expressif comme pas deux. Le boisé est puissant, reprenant la complexité du nez, tout comme le fruité et les épices de grande complexité. Il faudrait l’étudier sur la durée, or je n’ai pu le déguster qu’une seule fois pour le moment. Demande tout de même un peu d’eau pour pouvoir l’appréhender correctement, sinon difficilement soutenable. Tenue à la dilution : Excellente, et incroyablement efficace. C’est une véritable explosion de saveurs, quasi-indescriptible…à ce moment là de la dégustation je doute même qu’un single-malt écossais puisse rivaliser avec une telle débauche de saveurs ! Wow ! Conclusion : Un chef d’œuvre en matière de Bourbon…avec certains autres bruts de fût par exemple de chez Buffalo Trace (je pense à des Blanton’s « Straight from the Barrel » en particulier) certainement un des plus grands Bourbons et au-delà un des plus grands whiskies jamais dégustés, tout pays confondus. J’ai eu du mal à me raisonner question notation chiffrée, qui au départ était encore supérieure ! Un grand merci à C. pour cette dégustation exceptionnelle. /Prix env. 85 € à sa sortie/Exclusivité MdW (épuisé, probable ?)- Note sous réserve (score under reserve)= 97,5/100

Version également conseillée (other recommended expression): La version régulière de 12 ans d’âge à 47 %, plus douce.

 

I kind of like the regular (reduced) 12 y.o. expression, but don’t find it stellar. But when I came across to this expression, during a special friendly tasting this year, I was amazed & very excited about this one. I tell you, one can barely imagine how good & powerfully aromatic it is. There is such an oopmh in this one that few Bourbons only can beat it (except maybe some BLANTON’S « Straight from the Barrel » ones ?). The wood maturation control is insane. Alcohol is so high you would think you won’t be able to drink it neat (and of course it is more interesting & bearable with some water, so please be careful !) but, as the wood influence, they don’t overpower the distillate as you could think ! This « Bourbon-Monster » is simply one of the two best Bourbons ever tasted, the other one (PAPPY VAN WINKLE 23 y.o.) being more on the refinement & perfect long ageing side, so completely different.

 

 

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(Photo de la version à 50 %)

 

 

3/ La distillerie FOUR ROSES située à Lawrenceburg dans le Kentucky a une jolie histoire associée à son nom. En effet, son fondateur (en 1888-mais les bâtiments actuels datant de 1910), Paul Jones Jr, l’aurait baptisée ainsi en hommage à sa future femme, lui ayant donné son accord, d’après la légende, en arborant un corsage brodé de 4 roses rouges. Parmi les autres marques associées à son nom, citons le « BULLEIT Bourbon » ou le « I.W. HARPER ». La marque « FOUR ROSES » comporte bien sûr une version d’entrée de gamme simplement nommée « BOURBON », à 40 %, et d'autres éditions limitées sur lesquelles nous reviendrons (notamment sur la "SMALL BATCH ").

-FOUR ROSES « SINGLE-BARREL », sans précision d’âge (la distillerie parle de minimum 7 ans), Edition de 2009, (Barrel N° 10-24-00I, Bottled 04/09/08), 43 % (KENTUCKY STRAIGHT BOURBON WHISKEY):

Couleur: Cuivrée, à reflets cuivrés rougeâtres. Nez: Suave, très parfumé, épicé (épices dont girofle, cannelle), boisé, vanillé, avec une note d’érable (légèrement différente de celles de chez JACK DANIELS), c’est un nez complexe et très expressif, notamment dans ses notes fruitées (fruits exotiques, dont banane, papaye ; abricot, miel, coing). Comme une note de seigle également. Exubérant et encourageant ! Bouche: Tout aussi complexe, généreuse, et reprenant les notes du nez. Elle débute par une onctueuse attaque fruitée, se poursuit ensuite par une présence d’épices plus ou moins puissantes (poivre noir, cannelle, girofle, piment doux). Elle redevient plus ronde en finale, sur un doux velouté fruité et boisé, impressionnant de sérénité. Mais après plusieurs dégustations elle peut s’avérer plus épicée, plus sèche et plus agressive. Tenue à la dilution: Excellente, elle apporte une belle ampleur et laisse au whiskey une belle consistance, entre gelée de fruit et marmelade. Les notes fruitées sont exacerbées de manière épatante, et les notes boisées remisées à l’arrière-plan. Attention, de la glace pourrait diminuer ou tuer cette belle complexité. Conclusion: Impressionnante, cette version bat en brèche les préjugés de certains (dont votre serviteur, eh oui !) sur cette distillerie. Bien plus subtil que la version d’entrée de gamme que tout le monde connaît. Une complexité de haut de gamme, et oserais-je, l’exubérance d’un Pure Pot Still irlandais…Superbe !   Prix: Environ 30-35 € en G.M.S. (grandes et moyennes surfaces, attention version en voie de disparition)/ Note confirmée (confirmed score) = 93,5/100

 

-FOUR ROSES « SINGLE-BARREL » (Chai N°C5, fût 34-IP), sans précision d’âge (env. 7 ans), Edition 2010 (bouteille presque rectangulaire), 50 % (KENTUCKY STRAIGHT BOURBON):

Couleur: Cuivrée, à reflets cuivrés rougeâtres. Nez: Très gourmand et plutôt exubérant. Des épices (girofle, cannelle, gingembre, poivre noir, voire piment d’Espelette), des notes boisées (chêne brûlé, eucalyptus, érable) et un fruité important (fruits rouges, fruits jaunes), notes de seigle, bref, assez riche. Bouche: Débute dans la douceur (plus qu’escompté étant donné les 50 %), sur le fruité, de manière très concentrée, puis se développe sur des notes plus épicées mais aussi des notes végétales (tabac, cuir). Le boisé se fait alors plus serré (tanins fermes). La finale est consacrée à décliner toute la palette épicée de bourbon (cannelle, girofle, muscade, poivre noir, poivre 5 baies, piment d’Espelette), puis le bois d’érable (et une pointe d’eucalyptus) vient souligner le tout. Au cours des dégustations suivantes, le profil général s’est considérablement radouci grâce aux aérations successives. Tenue à la dilution: Le profil de ce Bourbon devient dès lors plus classique, avec comme une note de « solvant moderne », ni acétone, ni vernis mais un peu des deux. L’eau ravive aussi les épices. Conclusion: Un excellent FOUR ROSES, peut être juste un rien moins onctueux et harmonieux que l’ancienne version à 43 %. Ces single-barrels demeurent parmi les meilleurs bourbons sur le marché. Prix: 30 à 38 €, G.M.S./ Note confirmée (confirmed score)= 90/100

Version également conseillée (other recommended expressions) : La version régulière sans compte d’âge (notamment pour les cocktails), et l’excellente récente version nommée « Small Batch », à 45 %, d’une incroyable suavité.

FOUR ROSES can really deliver beautiful whiskeys. Either on earlier versions of the « SINGLE-BARREL » expression (such the first one reviewed here) or the latest. There are fruity, woody, spicy, with a good balance, and the most recent one called « SMALL BATCH », highly recommanded, could be simply the sexiest Bourbon ever, because of its silkyness & satisfying mouthfeel, with a generously fruit & delicately woody combo. The regular expression has also been much improved over the years.

 

 

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5/-HUDSON « BABY BOURBON ». La société TUTHILLTOWN SPIRITS qui produit notamment divers types de whiskeys sous la marque HUDSON est une distillerie située, fait rare, à Gardiner, dans l’Etat de New York, dans la vallée de l’Hudson, célèbre pour ses magnifiques paysages de montagnes & de forêts ainsi que de charmants villages au bord du fleuve HUDSON, au dessus de Newburgh sur la carte. Lorsque Brian Lee & Ralph Erenzo rachètent un terrain agrémenté d’un vieux moulin, en 2001 (la société sera créée en 2003), ils sont les premiers à chercher à établir la première distillerie officielle depuis la Prohibition (1919-1933), soit depuis presque 70 ans…Il s’agit là d’une micro-distillerie (le seul alambic a une contenance de 400 litres) destinée à fabriquer tant des Bourbons, des Rye whiskeys que des Corn whiskeys, des eaux-de-vie de fruits, de la vodka ou encore plus récemment des « Barrel aged cocktails ». A leurs débuts, ils défrayent la chronique en proposant des distillats qui normalement ne devraient pas pouvoir être considérés comme « Bourbons » car ils étaient âgés de 4 mois au lieu de 24 mois minimum. Ceux-ci, s’avéreront, pour partie du moins, déjà assez mûrs pour être commercialisés. Les produits de cette distillerie, fait rare également, sont uniquement vendus dans des contenants de 35 cl seulement.

 

-HUDSON, « BABY BOURBON », sans précision d’âge (4 mois), SINGLE-BOURBON WHISKEY (100 % New York corn), small American oak barrels, TUTHILLTOWN Spirits, 46 % (NEW YORK STATE BOURBON WHISKEY):

Couleur : Ambré, à reflets cuivrés. Nez : « Huileux », très fin, modérément boisé, fruité, étonnant pour un whiskey aussi jeune. Bouche : Très beau fruité, très fin et d’une gourmandise et d’une longueur indéniable. Le boisé est intense (bois précieux, cèdre), mordant, profond, et cependant « viable », il est accompagné de notes de noix nobles, d’épices (muscade, girofle, cannelle) superbement intégrées. Diffère des bourbons classiques par son profil général. Tenue à la dilution : Moyenne, et à modérer, car l’eau à tendance à durcir ses notes boisées (cèdre, chêne fraichement scié). Conclusion : Un excellent très jeune whiskey (enfin, presque, à l’époque), bien prometteur ! A suivre. Note confirmée (confirmed score) = 91/100

Version également conseillée, entre autres (other recommended expression, between others): La version « seigle » nommée « Manhattan Rye », régulière sans compte d’âge (par ailleurs excellente en cocktails) à 46 %, à forte personnalité.

 

This were amazing news when I heard that a new american distillery was going to open in New York State, in the Hudson Valley, where I had the chance to be, thanks to my friend painter & teacher George Bobby Jones (always mentioning a whiskey called « Yellowstone » he loved), visit & then paint & praise. We visited a place called Mohonk Mountain House, Lake Mohonk, in New Paltz, a bit further North after Newburgh, and it was so remote, wild & beautiful as...the idea of the end of the world, but I think I was not far from where the Tuthilltown Spirits built its boutique distillery. So this was for me very special then to taste their productions. Anyway I love what they do, and wish them a big success. They are distributed in France by La Maison du Whisky and the distillate (I say « distillate » because during their debut the distillery use to bottle four months old distillate, but it was not legally Bourbon whisk-e-y as it has to be matured at least 2 years before bottling, right ? So they cleverly avoided the question saying clearly it was not a Bourbon-yet, but a « Baby bourbon »). The whiskey is sold in nice but expensive 35 cl only bottles (the main default, probably?).

 

 

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6/ Sans doute la plus célèbre distillerie américaine au monde, JACK DANIEL’S, doit son succès à une singulière histoire (selon la légende, bien entendu-il y a beaucoup de légendes dans le whisky de tous les pays, pas forcément toutes vraies, mais jouons le jeu ici aussi !). En effet, son fondateur, Jasper « Jack » Newton Daniel, né en 1846, découvrit dit-on le whisk(e)y via un problème familial l’ayant contraint à aller vivre chez un de ses voisins, ce à l’âge de…6 ans ! Au fil de ses différents changements de domicile, il se retrouve chez un pasteur luthérien, Dan Call, propriétaire d’une distillerie. Et c’est ainsi que grâce à un esclave du propriétaire qu’il apprit l’art de la distillation, mais la religion étant très puissante, et déjà défavorable à cette époque au whisk(e)y, le petit Jack doit attendre pour aller plus loin, ce qu’il fait en 1860 lorsqu’il reprend la société de Dan Call. La distillerie JACK DANIEL’S ne sera officiellement créée qu’en 1886 et parfois considérée comme la plus ancienne des Etats-Unis, en tout cas la plus ancienne à être déclarée. C’est ainsi que commence l’histoire de JACK DANIEL’S, dont nous reparlerons plus tard…Trois choses sont enfin importantes à savoir à son sujet, d’abord qu’elle est située à Lynchburg, dans le comté de Moore, ou, oui, vous lisez bien, encore aujourd’hui, l’alcool est encore interdit de consommation. Aussi la visite de la distillerie est assez particulière…pas question d’en ramener une quelconque bouteille ou mignonnette.

Ensuite, que JACK DANIEL’S est un Tennessee Whiskey, utilisant le procédé dit du « Lincoln County Process » (techniquement parlant du « Charcoal mellowing » -ou adoucissement par utilisation de charbon de bois), qui préconise de filtrer le distillat avant la mise en fûts à travers une couche de 3 mètres de charbon de bois d’érable. Ce procédé est aussi utilisé par l’autre distillerie du Tennessee, GEORGE DICKEL (propriété du groupe Diageo), mais les deux distilleries sont en procès à l’heure actuelle, la première disputant à la deuxième le droit de l’appellation « Tennessee Whiskey » au prétexte du particularisme de son procédé de filtrage tel qu’il a été redéfini comme bien spécifique en 2013 par la justice américaine. D’énormes sommes sont en jeu, la distillerie GEORGE DICKEL étant loin d’avoir le même succès que JACK DANIEL’S (130 000 caisses vendues en 2013 pour le premier, c’est très loin de la production de la JACK DANIEL’S, qui en produit, elle, près de 11 millions par an, à partir de…74 chais !). Enfin, la distillerie appartient au groupe Brown-Forman propriétaire également d’autres distilleries du Kentucky, comme EARLY TIMES, OLD FORRESTER, ou encore WOODFORD RESERVE. JACK DANIEL’S est produit en trois versions principales, le « OLD N°7 », les « SINGLE-BARREL » et le « GENTLEMAN JACK ». Par ailleurs, elle propose de temps à autre des versions un peu (ou beaucoup) plus haut de gamme, commémoratives, et/ou commandées par des distributeurs pour certains marchés. Ainsi par exemple la version « 1915 » (« Gold Medal ») en 1 litre et à 43 % exclusive à la Maison du Whisky présentée en 2010. Elle aussi propose désormais son « Spirit Drink » à base de JACK DANIEL’S aromatisé au miel, titrant 35 %, il est nommé « TENNESSEE HONEY ».

 

-JACK DANIEL’S « OLD N° 7 BRAND », 40 %, (TENNESSEE WHISKEY): Commentaires et note révisés en 2014:

Couleur: Ambrée, à reflets orangés. Nez: Très exubérant: L’érable, l’érable, et puis l’érable. Bon d’accord, quelques épices, des pruneaux frais peut-être ? Et du caramel plus proche de la mélasse que du caramel salé…Bouche : La bouche, aux saveurs certes variées (banane, bonbon acidulé, sirop d’érable, melon, caramel, parquet ciré), devient vite monolithique, ennuyeuse au possible, sur cette note insistante d’érable, puis de caramel, voire de réglisse (entre réglisse et mélasse). De plus elle est un peu en retrait par rapport à au nez, vraiment (trop) exubérant. En musique il y a de l’ « easy-listening », de la musique « mainstream » (grand public) exigeant peu de l’auditeur, eh bien en whisky, voici de l’ « easy-drinking » ! Tenue à la dilution:C’est presque pire ! Donne un côté presque artificiel à la note d’érable et « étale le caramel » (je précise que l’ajout de caramel est interdit dans les whiskeys, c’est juste une analogie). Conclusion: Différent des Bourbons du Kentucky, il est plus « plein » et très doux. La bouche, très facile d’accès, flatteuse pour les palais non initiés, présente il est vrai des saveurs variées (banane, bonbon acidulé, sirop d’érable, melon, caramel, parquet ciré), mais reste quelque peu en retrait par rapport à au nez, vraiment (trop !!!) exubérant. L’on comprend en revanche pourquoi il plaît autant aux néophytes, par sa facilité d’accès (c’est doux et sucré) qui ne demande aucune expérience gustative pour être apprécié, sec ou en avec « additifs » et glace. Entre délice et supplice, dirai-je…je demeure très partagé. Les connaisseurs lui préfèreront par exemple la version « Single-Barrel », sans doute. De manière plus objective, « le JACK » est la boisson forte alcoolisée emblématique des amateurs de hard-rock (et des groupes), et de certains groupes d’amateurs de moto de grosse cylindrée (si vous voyez ce que je veux dire), même si cela peut être réducteur, j’en conviens. Je suis suffisamment à l’aise pour le dire, en tant qu’amateur de ce genre musical, mais heureusement, « nous » buvons d’autres choses ! 25 €, partout. Note confirmée (confirmed score) = 76/100

 

-JACK DANIEL’S « SINGLE-BARREL », Batch 5-2663, Rack N° L-10, Bottled : 08/15/2005, 45 %, (TENNESSEE WHISKEY) : Commentaires et note révisés en 2014:

Couleur: Ambrée, à reflets orangés soutenus. Nez: Parfumé, rappelant un peu la version réduite et issue d’un bien plus grand nombre de fût intitulée « OLD N°7 », il est cependant moins exubérant et plus équilibré. Notes d’érable, bien sûr, mais aussi de solvant (essence de térébenthine, en moins violent, acétone, d’où la note de bonbons acidulés, vernis à bois), de fruits (pommes rouges, cerises, cranberries, diverses baies), et aussi beaucoup de bois en arrière-plan. Un nez un peu alcooleux. Bouche: Puissante, ferme, boisée (érable) et marquée par les solvants, et épicée (cannelle, girofle, muscade, légère note de piment, de gingembre séché), puis seulement un peu fruitée. Quelques notes végétales, dont une note de tabac pour cigares. Avec le temps devient plus épicée et austère, dominée par le bois (brûlé et asséchant) et les épices. Tenue à la dilution: Intéressante, car elle adoucit un peu le profil, mais ne pas trop diluer, cela renforcerait les notes boisées, et l’amertume qui en découle. Conclusion: Une version assez différente de la version standard, bien plus convaincante, car le nez est beaucoup moins outrancier et la bouche est beaucoup plus délicate et fine, ce à partir des mêmes saveurs. Il possède même des nuances supplémentaires (de cerise, de tabac, etc.) qui concourent à le rendre plus attractif par sa complexité. Sans doute la meilleure version disponible couramment à un prix encore abordable, et, pour le moment, la meilleure version testée à ce jour. D’autres lots plus récents dégustés m’ont paru dans le même esprit–Prix: Carafe, 25/35 €, en GMS (vendue en bouteille en forme de carafe). Note confirmée (confirmed score) = 84/100

Versions également conseillée (other recommended expression): La version régulière sans compte d’âge nommée « Gentleman Jack », à 40 %, assez douce et plus équilibrée selon moi que la célèbre « Old N°7 » que tout le monde connaît.

What can I say ? In the french note I mentioned something like that : « Ok, I love hard-rock music but that doesn’t mean I have to love J.D. compulsory , do I ? ». Just a few words to say that for me it is clearly a beginner’s whiskey that they make. Yes, « THE » beginner’s whisk(e)y has to exist & I haven’t decided that, the audience did it, just take a look at the sales…Anyway I’m clearly not a fan of that exuberant easy-drinking style that the « OLD N°7 » provides (as I find it unbalanced and monolithic), but I can appreciate from time to time the more balanced « SINGLE-BARREL » (that has more character & subtlety) or even the smoother « GENTLEMAN JACK » which I prefer to it. That’s it, if one don’t like whisky, they will often tell you they prefer « JACK ». It’s ok, and their whiskeys aren’t bad, but it is a pity that one (especially beginners) won’t be able to taste something else and understand it, because America has so much more to offer than that, in my humble opinion. Well,  I'm "just sayin’, right ?

 

 

 

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8/-JIM BEAM : La distillerie JIM BEAM est créée en 1795 à Clermont, dans le Kentucky. Elle est familiale depuis 7 générations. C’est Jacob Beam qui sera le premier distillateur, puis Fred Noe en 1957. Jim Beam dirigera l’entreprise en 1894 à l’âge de 30 ans. En 1934 (après de nombreuses années de fermeture dues à la Prohibition), celui-ci reconstruit la distillerie et s’en occupera presque jusqu’à sa mort en 1947. Mais l’affaire demeure familiale. Le JIM BEAM « White », notamment, deviendra le whiskey le plus vendu au monde en 1985. Mais la distillerie élabore également la gamme « Small batch Bourbons » (KNOB CREEK, BOOKER’S, BASIL HAYDEN, de JIM BEAM. De maturation plus longue que les versions plus grand public sous la marque JIM BEAM (sauf l’exception du 12 ans d’âge), cette gamme est destinée à commémorer l’esprit des whiskeys produits avant la Prohibition américaine (1919-1933). C’est Booker Noe, le petit-fils de Jim BEAM, qui, devenu maître-distillateur, en 1960, en sera l’instigateur, en 1985. Il existe un JIM BEAM « White », « Black », « Rye » (au seigle), « Jim Beam’s Choice » (reprenant le procédé du « Lincoln County Process » de filtration au charbon de bois d’érable, comme les Tennessee whiskeys), « Devil’s Cut » (réalisé avec un procédé secret) et une version aromatisée (infusée avec du miel, donc légalement ce n’est plus du whisky) nommée « Honey » et titrant 35 %. Toutes les versions ne sont pas commercialisées en France.

-JIM BEAM « BLACK » 6 ans, « TRIPLE AGED » (Edition 2011), 43 % (KENTUCKY STRAIGHT BOURBON, WHISKEY):

Couleur: Vieil or, à reflets ambrés soutenus. Nez : Plaisant, suave et relativement complexe. Bois d’érable, bois de chêne légèrement brûlé, caramel naturel, solvant (fruits acidulés, bonbon anglais). Bouche: Reprends les notes du nez (notamment l’érable et le bonbon anglais), puis s’évanouit rapidement, après un bref surgissement d’épices et de fruits (touche de seigle et de fruits rouges, fruits confits variés), mais aussi de miel et de chocolat au lait. Finale plaisante, équilibrée mais trop douce, trop courte, malgré les 43 %. Tenue à la dilution: L’ajout d’un peu d’eau est agréable, cela lui donne plus de fluidité encore, un caractère aérien même, mais la dilution n’est pas vraiment utile ici, elle a déjà largement eu lieu. Conclusion: Un bon Bourbon, très agréable, mais qui faiblit un peu trop en finale. On attend une version plus puissante. Prix : 17 à 25 €, certaines GMS, pas toutes (ach. 17 € lors d’une F.A.W. chez Leclerc, Noël 2011)/ Note confirmée (confirmed score) : 85,5/100

Version également conseillée (other recommended expressions): La version régulière « White Label » sans mention d’âge (env. 4 ans) et à 40 % (à réserver peut être davantage aux cocktails ?), et la nouvelle version du 12 ans d’âge nommée « Signature Craft » titrant 43 %, et plus puissante.

 

A Bourbon on the sweet side, the more often, from a bit dull (some of the « White label » batches) to more refined offers (some of the « Black label » batches, for instance), but I have the feeling that this distillery hasn’t said it all yet, and I’m looking forward to try the « Rye » one (not always on sale here in France), the « Devil’s Cut » and maybe other ones. To be followed !

 

That’s all folks, for now !

 

Dans le numéro suivant, je traiterais des distilleries (ou noms de whiskeys) des lettres K à W (de KNOB CREEK à WOODFORD RESERVE, en passant par MAKER’S MARK, MICHTER’S, NOAH’S MILL, OLD POTRERO, PAPPY VAN WINKLE, SAZERAC), merci de votre patience…

 

Next time (on« US WHISKEYS, Part 2/3 ») I will speak about other distilleries or whisk(e)ys from letters K to W, such as KNOB CREEK, MAKER’S MARK, MICHTER’S, NOAH’S MILL, OLD POTRERO, PAPPY VAN WINKLE, SAZERAC & finally WOODFORD RESERVE). So, please be patient …

 

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US Whiskeys Part 2/3

 

 

 

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Express Notes N°1/Strathisla distillery

 

 

Express Notes No 1

 

 

 

EXPRESS NOTES : No 1 : « 10 Notes de Dégustation de STRATHISLA »

Mise à jour -Updates: 23/03/2014

 

 

 STRATHISLA

 

Distillerie de Malt écossaise active depuis 1786 & nom de single-malt.

Strathisla Distillery, Keith, Banffshire AB55 3BS (Région du Speyside, Ecosse, Royaume-Uni).

 

strathisla_distillery_trad

Peut être la meilleure publicité jamais faite au whisky écossais, les toits en pagode de la distillerie STRATHISLA,

sans doute la plus belle distillerie écossaise...et la plus cachée aussi (car on déguste le plus souvent ses whiskies en

effet en tant que composante importante du blended-whisky CHIVAS REGAL)-Photo © Hugh.


En bref : Cette distillerie emblématique de sa région et de l’Ecosse (c’est l'une des plus reproduites du pays avec ses toits en pagode et son jardin très coloré, une véritable image d’Epinal), une des plus anciennes (1786) était autrefois nommée MILTOWN Distillery, et ce jusque dans les années 1870. Le single-malt qu'elle produit constitue la charpente des blended-whiskies de Chivas Brothers ltd, filiale du canadien Seagram, société qui passera plus tard sous le contrôle de Pernod-Ricard. Le 12 ans d’âge faisait partie de la sélection « Heritage » de Chivas. Son conditionnement a été totalement révisé en 2013, la bouteille a perdu sa forme caractéristique, elle est ronde, et son titrage est redescendu à 40 %. Hormis une version brut de fût (en small batch, voire en single-cask) vendue à la distillerie, STRATHISLA ne commercialise depuis de nombreuses années aucune autre version officielle, ce qui est assez frustrant, mais elle autorise, sous licence, la sortie de nombreuses éditions (en fûts uniques millésimés ou en assemblages avec compte d’âge) par la société de négoce Gordon & MacPhail, ce qui en fait des versions en quelque sorte semi-officielles. Parmi les autres (rares) à disposer d'un peu de stock, citons tout de même la société Duncan Taylor, qui se permit le luxe de proposer plusieurs 40 ou 41 ans d’âge deux années de suite (2007, 2008).

 

 

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La désormais (depuis 2013) ancienne version du STRATHISLA officiel 12 ans (Photo © Hugh).

 

 

1/-STRATHISLA officiel 12 ans, Edition 2009 (et désormais l'ancienne édition), 43 % :

Un des single-malts les plus complexes du Speyside. Floral, végétal, épicé, mais aussi floral et fruité, il est déjà bien affirmé mais encore en devenir. Légèrement fumé, boisé (cèdre), il a une finale courte, mais du charme. Un peu d’eau fait ressortir ses délicates notes florales. Note confirmée (confirmed score): 87/100

A complex & spicy Speysider. A bit young & short but refined, complex & seductive enough to entertain.

 

 

2/-STRATHISLA semi-officiel 21 ans (Bottled 2006), emb. GORDON & MacPHAIL, Single-Cask (fût N °6119, Refill Sherry Hogshead), non filtré à froid, en exclusivité pour La Maison du Whisky (144 bouteilles), 45 % :

Un STRATHISLA typé, au superbe nez, dévoilant en bouche des notes propres aux versions âgées (végétales, très boisées, épicées, sèches), mais un peu restreint et austère. Des fruits mûrs, un peu d’astringence, et un peu mystère aussi…oubliez l’eau avec celui-là. Note Sous Réserve (score under reserve): 92/100

A classic old STRATHISLA, on the dry side of Sherry. Still complex, spicy & fruity, and I'm glad that the oak is still tamed here.

 

 

3/-STRATHISLA semi-officiel 25 ans (Bottled circa 2006), emb. GORDON & MacPHAIL, 40 % : 

Mon premier STRATHISLA âgé, dégusté en 2006. Extrême, dérangeant par sa typicité, puis époustouflant par son expressivité et sa complexité (à l’époque je n’ai pu détecter que 25 notes aromatiques dans ce whisky!). Copieusement végétal (salade mâche, humus, thé trop infusé) et épicé (piment de Cayenne), il devient peu à peu encore plus complexe, entre autres notes, boisé (cèdre), chocolaté et fruité, sur un lit de camphre plutôt sec et poussiéreux. Un OVNI monstrueux, avec la puissance d’un whisky à 60 % mais titrant….40 %. La version ultérieure à 43 % semble comme « castrée » en comparaison. Inoubliable, et pour vrais connaisseurs…

-Note confirmée (confirmed score): 97/100 à Hors Catégorie (to a « Beyond any Category » special mention)

The most extreme (& remaining good at the same time !) STRATHISLA ever tasted. More than a Sherry monster, a true ancient malt. Clearly on the dry, dusty, leafy, spicy hot (chili pepper) & camphory side, this is very complex and quite an experience, but has also its elegance. For connoisseurs only. Warning : It has nothing to do with the much weaker nowadays 43 % version.

 

 

4/-STRATHISLA semi-officiel 25 ans (bottled 2009), emb. GORDON & MacPHAIL, (Sherry Butts), Edition titrant à 43 % *: A NOTER : La précédente édition du 25 ans titrait 40 % au lieu de 43 %, et ma critique de la version à 40 % concernait une sélection de fûts plus ancienne.

Un joli STRATHISLA, plus moderne que la version à 40 %, au nez supérieur à la bouche. Cette dernière est complexe, relativement typée (camphre, fruits mûrs, épices, cèdre, rancio), mais un peu trop retenue, un peu trop lisse, et à la finale assez courte. Un bon malt en soi, mais souffrant la comparaison avec la version 2006 à 40 %.

Note Sous Réserve (score under reserve): 91,5/100

This one is a much lighter (& restrained) expression than the 2006 one (at 40 % though) but remains a good whisky in itself. It has all the old STRATHISLA house style profile, with typical woody (cedar), spicy (pepper), fruity notes, topped with a hint of camphor, and of course this beautiful mahogany color. It is good but expect a rather short finale.

 

 

5/-STRATHISLA semi-officiel 30 ans (Bottled Circa 2012), emb. GORDON & MacPHAIL, 43 %:

Couleur acajou foncé à reflets rouges. Nez superbe (bois précieux, pruneaux, abricots mûrs, rancio), supérieur à la bouche. Belle attaque en bouche, fidèle au nez, puis plus restreint, avec un boisé menaçant de devenir dominant, mais encore contenu. Elégant et équilibré. Ne pas ajouter d’eau.

-Note sous Réserve (score under reserve): 90/100

This one displays magnificent typical STRATHISLA notes on the nose, a nose which is superior to the palate : Sandal wood, prune, ripe apricot & some rancio. The palate is ok, but again a bit restrained, a bit "oak driven" as well, but still balanced and still delivers elegantly what you expect from an old malt. Don’t add water, or you will destroy it.

 

6/-STRATHISLA semi-officiel 40 ans, Millésimé « 1967 » (Bottled 2008 ?), emb. GORDON & MacPHAIL, 40 % : (Dégusté à l’aveugle-tasted blind).

Débute presque comme un Bourbon, très boisé et épicé, au nez. En bouche, il est complexe, intense et austère, mais aussi très boisé, élégant, tourbé et végétal à la fois (sous-bois & camphre). Notes de fruits confits, de fruits mûrs, de chêne imprégné de fumée. Belle longueur en bouche. Celui-ci passe très bien avec quelques gouttes d’eau, mais pas plus. Sur un fil, « au dessus du précipice » pour le côté boisé. Superbe.

-Note confirmée (confirmed score): 93/100

Starts like a Bourbon whiskey (spicy, woody) but with a smoke twist. Then it gets leafy, but also very fruity, and shows evident signs of age, but is still well balanced. Has more oomph than the 30 y.o. and swims very well if just slightly diluted. The plus here is clearly the presence of peat & smoke layers from deep within the wood.

 

 

7/-STRATHISLA semi-officiel Millésimé « 1964 » (Bottled 2008=44 ans), emb. GORDON & MacPHAIL, 43 % :

De couleur ambrée,à reflets ambrés, voire rougeâtres profonds. Son nez est somptueux, nettement marqué par le Sherry, très complexe, mais aussi très boisé et très sec. La bouche est de la même complexité, avec beaucoup de finesse, enrobée de la même sécheresse boisée. Camphrée, boisée, fumée, mais aussi très épicée (piment de Cayenne, girofle, muscade, etc…), elle est à la limite de se noyer dans le boisé, mais elle reste superbe, car le Sherry donne des notes vineuses qui compensent le boisé très présent. Dilution à éviter. Un beau Speyside, typé et rustique, « borderline », mais encore bien bon.

-Note Sous Réserve (score under reserve): 92/100

Amber color, in deep amber, even reddish reflections. The nose is stunning, sherry driven, very complex, dry & woody. The palate is beautiful as well, and combines a huge presence of wood, spices, smoke, close to be lost in the wood, but is enhanced by some very nice winey notes from the Sherry. A great Speyside malt, typical, austere, but still very good.

 

 

strathisla_49_ans_1960_2009_50

Le splendide millésime "1960" en version à 50 % (Photo : © Hugh).

 

 

8/-STRATHISLA semi-officiel, millésimé « 1960 » (19/01/1960-12/03/2009 = env. 49 ans), emb. GORDON & MacPHAIL* pour La Maison du Whisky, Single-Cask (Cask N° 2548-First Fill SHERRY Hogshead), Limited Edition to 177 bottles, 50 % : Attention : Ne pas confondre avec une autre édition « 1960 », titrant également 50 % mais de référence de fût 2544 (60 bouteilles), et celle embouteillée à 43 %.

Couleur ambrée à reflets acajou à rougeâtres. Là encore un nez somptueux, avec plus de profondeur que tous les STRATHISLA dégustés jusqu’ici…Très beau fruité, boisé, et autres notes typées de la distillerie…Un rien alcooleux. La bouche est tout d’abord très sèche, un peu alcooleuse et vineuse, puis s’adoucit un peu. Complexe (fruits mûrs, très belle qualité de Sherry, notes intenses de gâteau aux noix écrasées), au boisé très fin, camphre, épices (piment, musc, girofle, poivre 5 baies, voire coriandre, etc..). Longue finale très dense et chaude, sur des notes à la fois boisées, épicées, fruitées. Ne pas diluer, mais bien l’aérer. Devient alors assez charmeur. Encore un superbe STRATHISLA. Merci, Mr Urquhart ! Une des perles du Whisky Live Paris 2009.

- Note Sous Réserve (score under reserve) : 96/100

One of the best STRATHISLA I have come across. This one displays a beautiful depth on the nose, with typical notes hidden at first behind an agressive alcoholic hit. Then, if you take time, you will be rewarded. Dry sherry, dry wood, intense walnut cake notes, camphor, chili pepper, musk, clove, coriander, etc…Hot spicy, fruiy, woody finish, yet still well balanced. Water is forbidden, here ! One of the best drams of Whisky Live Paris 2009…

 

 

9/-STRATHISLA semi-officiel Millésimé « 1970 » (Bottled 2010=40 ans), emb. GORDON & MacPHAIL, pour La Maison du Whisky (Dumpy Bottle), Single-Cask (1st Fill Sherry Cask N° 5474), 45 %:

Notice intégrale en français (full tasting note in French here)

Couleur : Ambrée, à reflets rougeoyants. Nez : Capiteux, marqué par le Sherry, mais probablement « un meilleur nez que celui-ci » à cause du verre utilisé lors de la dégustation, un verre trop long et trop fuselé qui pose des problèmes pour capter les plus subtils arômes. Bouche : Très douce par rapport à ce qu’on pouvait s’attendre à trouver dans cette gamme/sélection MDW plutôt sèche ordinairement. Un whisky doux « comme un armagnac » (dixit Alexandre Vingtier, de la Maison du Whisky), avec des fruits mûrs, des pruneaux, abricots, et un léger rancio, du boisé maîtrisé, une certaine « nonchalance » dans l’expression, avec beaucoup d’élégance. Peut être un certain manque de puissance en finale ? Tenue à la dilution : Mauvaise, ce qui est un peu logique, étant donné le type de fûts, alors il faut lui préférer une bonne aération (d’où la note basée sur ce 2 ème critère). Conclusion : Une très joli STRATHISLA, certes loin derrière le millésime « 1960 » de la même maison mis en bouteille en 2009, ici le titrage est plus faible et le style plus léger, presque aérien. Pour les amateurs de douceur et de raffinement. 

-Note Sous Réserve (score under reserve): 92/100

A very sweet and well balanced STRATHISLA, « sweet as an Armagnac » said once French spirit specialist Alexandre Vingtier. Ripe fruit, apricots, prune, soft wood, a bit of rancio is what you get here. An elegant & (a bit) aerial one, lacking of some oomph, but not of refinement.

 

 

ENFIN, CI-DESSOUS, MON PREFERE DE LA LISTE, ici en notice intégrale en français, plus quelques lignes en anglais : (BELOW, MY FAVORITE STRATHISLA of the whole set)

 

strathisla_1957_2007_gmp_50_ans_43_ct

Le plus beau STRATHISLA dégusté à ce jour, sans doute... (Photo:  © C.T.)

 

10/-STRATHISLA semi-officiel millésimé « 1957 » (Dist. 1957-Bott. 2007=50 ans), emb. GORDON & MacPHAIL, gamme « Reserve », First Fill Sherry butt, 43 % :

Notice intégrale en français (full tasting note in French here) :

Couleur : Ambrée, à reflets cuivrés. Nez : Somptueux ! Doux et très délicatement boisé, sans excès. Un vrai miracle. Magnifiques notes fruitées issues de l’élevage en fûts de sherry. Les arômes sont tous harmonieusement fondus entre eux, formant un équilibre véritablement parfait. Envoûtant. Bouche : Douce, délicate, soyeuse. C’est du raffinement à l’état pur. Les notes fruitées sont d’une délicatesse extrême. Les notes boisées, tout aussi complexes (bois précieux, bois de santal, cèdre, eucalyptus) sont d’une discrétion étonnante. A peine une note vineuse vient elle s’immiscer entre le fruit, le bois et les notes végétales (tabac, sous-bois). Quelques épices entrent en jeu (gingembre, poivre 5 baies), mais avec modération. La finale est très longue et aérienne, mais si l’attaque est tellement belle et parfaite qu’elle paraît moins spectaculaire. Peut-être ne lui manque t’il que quelques degrés supplémentaires pour atteindre la perfection, mais, très franchement, on n’en est pas loin ici. Réaction à l’aération : Quelques minutes lui feront le plus grand bien. Tenue à la dilution : Ne pas diluer ce vénérable breuvage ! C’est un ordre (sinon, l’on friserait le crime de lèse-malté !) Conclusion : Sans aucun doute le plus équilibré et le plus complexe (avec le « 1960 » en version 50 %) des STRATHISLA dégustés à ce jour, et certainement un des plus impressionnants par sa sérénité. Un pur bonheur. –Merci beaucoup à Christophe pour ce magnifique sample. Prix estimé à env. 305 €, MdW (en 2008), bien plus maintenant (plus de 500 € en 2014).

-Note confirmée (confirmed score): 97,5/100 & Hors catégorie (to a « Beyond any Category » special mention)

This one is my favorite of them all. Why ? Because it seems to me that here the balance between woody, floral, fruity, leafy-teaish, winey, spicy notes is perfect. Because it’s old age & a perfect cask gave him a wonderful depth that even the « 1960 » vintage can’t completely reach, and the « 1970 » even less. Such delicacy, complexity & refinement is rare to find nowadays, and is even more displayed within a somptuous endless finale, aerial but so expressive…such as Kate Bush’s best records.

 

 

 

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