Portraits

 

Ici vous trouverez des "Portraits" de personnalités du monde du whisky qui ont marqué ces dernières années à mon sens, même si cela n'a rien d'exhaustif. Pour certaines d'entre elles, en guise de prolongement, vous pourrez découvrir leur(s) interview(s) dans la rubrique du même nom...

 

Michael URQUHART

Michael URQUHART

Gordon & MacPhail

Un des directeurs de la société de négoce

& ambassadeur dela distillerie Benromach

(Gordon & MacPhail joint manager director)

 

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Michael Urquhart au Salon Whisky Live Paris 2009, présentant le splendide Strathisla 1960

 

Mots clĂ©s :

MĂ©ticuleux

                          Connaisseur                             A l’écoute

   Riche…de fĂ»ts

 

Discret, disponible et attentif, Michael URQUHART connaît l’intérêt d’une bonne relation avec le public, ne serait ce que pour avoir un retour sur son travail en tant que sélectionneur de fûts, d’assembleur parfois, mais aussi en tant que propriétaire de la distillerie BENROMACH. La disponibilité, la discrétion, la gentillesse du personnage, qui répond toujours présent pour le grand Salon du Whisky parisien, ne sont plus à louer, tout le monde peut s’en rendre compte chaque année. Répondant aux questions sans jamais rechigner, Michael URQUHART est un ambassadeur de premier ordre. Michael descend d’une longue lignée de négociants en whisky qui remonte au XIXème siècle lorsque John Alexander MacPHAIL & James GORDON fondent cette société de négoce qui créaient également des blended whiskies.

La rigueur du travail de Michael URQUHART est tout à fait bien représentée par celle des fiches techniques des whiskies que l’on trouve sur le site internet de la société. C’est une véritable fiche d’identité géographique, technique et historique de chaque whisky mis en bouteille par elle. En outre, on le dit rarement, mais sans le travail de cette société, historiquement, qui a mis en bouteille sous licence régulièrement depuis très longtemps, jamais (ou bien très rarement) nous n’aurions eu accès au stock de fûts âgés de distilleries aussi prestigieuses que GLEN GRANT, GLENLIVET, LONGMORN, MACALLAN OU STRATHISLA. Ce n’est que bien plus tard que d’autres sociétés de négoce ont pu avoir accès à ce même type de fûts âgés pour pouvoir proposer des mises en bouteille occasionnellement, puis plus régulièrement.

Michael Urquhart, par ailleurs, a entrepris de redonner ses lettres de noblesse à une distillerie du nord de la région du Speyside, j’ai nommé BENROMACH. Rachetée en 1993 (soit 10 ans après sa fermeture) par la société GORDON & MacPHAIL, elle est rénovée puis remise en production officiellement en Octobre 1998. L’exigence de qualité de la démarche des URQUHART dans leur société de négoce transparaît déjà dans les premiers single-malts produits sous leur direction quelques années plus tard.

Mais pour terminer ce bref portrait, j’ai pensĂ© que le mieux Ă  faire Ă©tait de simplement citer quelques exemples de mise en bouteille marquantes de cette sociĂ©tĂ© et pour lesquelles le talent de Michael URQUHART est pour quelque chose. J’y ai juste ajoutĂ© la note chiffrĂ©e que je leur ai attribuĂ©e :

 

 -ARDBEG millĂ©simĂ© « 1975 Â» (emb. 2003), gamme « Connoisseurs Choice Â», 43 % = 96/100

-CAPERDONICH MillĂ©simĂ© « 1972 Â» (emb. 2008), gamme « Cask Strength collection Â»

(Single-Cask N°1976), 49,9 % = 95/100

-GLEN GRANT « 1957 Â» (emb. 2006), sous licence (c.a.d. semi-officiel), 46 % = 95/100

-GLEN KEITH MillĂ©simĂ© « 1967 Â» (emb. 2006), gamme « Reserve Â» (for la MdW) Single-Cask N°3876,

53 % = 97,5/100 & Hors catégorie

-GLEN MOR MillĂ©simĂ© « 1965 Â» (emb. 2005), gamme « Rare Vintage Â», 43 % = 95/100

-GLENLIVET MillĂ©simĂ© « 1965 Â» (emb. 2007), gamme « Single-Cask (for la MdW), S.C. N°6733, 46 %

= 96,5/100

-LONGMORN MillĂ©simĂ© « 1969 Â», (emb. 2008), Single-Cask (for la MdW), S.C. N°5295, 50 % = 97/100

-MILLBURN MillĂ©simĂ© « 1974 Â» (emb. 2000), gamme « Connoisseurs Choice Â», 40 % = 97/100

-ROSEBANK MillĂ©simĂ© « 1991 Â» (emb. 2008), gamme « Reserve Â» (for la MdW), S.C. N°2098, 46 %

= 94,5/100

-STRATHISLA 25 ans (emb. vers 2006), tall bottle, version à 40 % = 97/100 & Hors catégorie

-STRATHISLA MillĂ©simĂ© « 1960 Â» (emb. 2009), for La Maison du Whisky, S.C N°2548, 50 % = 96/100

Jean-Marc BELLIER

Jean-Marc BELLIER

Responsable de la boutique La Maison du Whisky

(20 Rue d’Anjou à Paris)

(La Maison du Whisky’s main shop Sales manager)

 

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Jean-Marc Bellier servant...hm peut ĂŞtre pas un whisky...au Salon Whisky Live Paris 2011

 

Mots clĂ©s :

Professionnel

                                 PrĂ©cis                              Pudique

Disponible

 

« In memoriam Laphroaig 1974 Â» pourrait ĂŞtre le sous-titre de ce portrait, Ă©crit il y a quelques annĂ©es, en souvenir d’une dĂ©gustation mĂ©morable, dans le cadre du Salon « Whisky Live Paris Â» en 2008, le plus grand salon ouvert au public et consacrĂ© au whisky en France.

Jean-Marc Bellier, qui a longtemps travaillé dans l’univers du vin, est le responsable de la boutique principale de La Maison du Whisky à Paris. Il est aussi l’animateur de nombreuses manifestations liés à cette enseigne, comme par exemple les soirées du Club de La Maison du Whisky. Il accompagne souvent les membres de ce club lors des voyages à l’étranger à la découverte de distilleries d’Ecosse, mais aussi de bien d’autres pays. C’est aussi, et là n’est pas la moindre de ses tâches, l’auteur de la plupart des notes de dégustation et notices techniques des catalogues papier et en ligne de la boutique comme des salons du whisky qui se sont succédés depuis 2003. Des notices précieuses, détaillées, extrêmement précises qui ne prennent pas forcément parti, et concourent à la fois à faire connaître des aspects du whisky et des distilleries pas forcément connus du public comme parfois des amateurs chevronnés.

De temps Ă  autre, dans ses notes de dĂ©gustation, Jean-Marc Bellier se lâche, si j’ose dire. Lorsqu’il a affaire Ă  un flacon exceptionnel, tel ce « White Bowmore Â» de 43 ans (1966-2009), sa critique devient alors de la pure poĂ©sie (voir le catalogue de la « collection 2009 Â» du Whisky Live Paris 2008). Ayant eu la chance de dĂ©guster ce pur bijou, je ne peux que confirmer que cet enthousiasme est plus que justifié…

Il y a fort à parier aussi que son opinion est quelque chose qui compte lorsque Thierry Bénitah, le directeur de la Maison du Whisky réunit le cas échéant un panel de dégustateurs pour sélectionner un fût (par exemple en provenance des distilleries ou des négociants avec lesquelles la maison possède une exclusivité) pour une mise en bouteille exclusive pour cette cave.

Enfin, sous des dehors discrets et pudiques, se trouve une bonne nature et un amoureux du malt que vous verrez vite s’animer dès que vous Ă©voquerez devant lui telle ou telle bouteille vĂ©nĂ©rable ou tel souvenir de salon ou de voyage. Depuis nombre d’annĂ©es en effet, Jean-Marc Bellier a l’occasion rare (que dis-je la chance exceptionnelle !), de par son mĂ©tier, de dĂ©couvrir des pays, des rĂ©gions, des paysages, des chais, des fĂ»ts, des bouteilles, des personnes aussi, et un respect que la profession a su lui tĂ©moigner (j’y Ă©tais !), Ă  l’occasion du 50 ème anniversaire de la Maison du Whisky (mais aussi d’un anniversaire personnel), lors du salon Whisky Live Paris de 2006.

Oui Jean-Marc, comme on aime le tutoyer ainsi, est un des piliers indispensables de la Maison du Whisky. Sa gentillesse n’a d’égal que sa discrétion et sa disponibilité, et cela en fait un des personnages les plus attachants de cette maison, et au-delà, de la scène française du whisky.

Graham COULL

Directeur et Maître-assembleur de la distillerie Glen Moray

(Glen Moray Manager & Master-distiller)

 

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Graham Coull & his wife, Salon Dugas, Paris, 2014

 

Mots clĂ©s :

Discret

                         Professionnel                      GĂ©nĂ©reux

Pittoresque

Intuitif                         DouĂ©

Je connais peu Graham COULL. Mais le peu que je connais de lui et surtout de son travail au sein de l’équipe dirigeante de la distillerie Ă©cossaise Glen Moray me suffit pour oser dĂ©crĂ©ter qu’il a « de l’or dans les mains Â». Ce qui l’a d’abord frappĂ© quand j’ai rencontrĂ© Graham, dans un salon, en 2007, c’est le contraste entre sa carrure de Highlander (il aurait pu tout aussi bien ĂŞtre pilier dans une Ă©quipe de Rugby ou concourir au lancer de troncs d’arbres au cours des « Highlands games Â») et sa gentillesse bonhomme, toute en simplicitĂ© et en gĂ©nĂ©rositĂ© typiquement Ă©cossaise. La première dĂ©gustation n’en fĂ»t que plus mĂ©morable.

De la gentillesse et du courage aussi. Du courage, en effet, il en fallait pour renouveler toute la gamme des single-malts de cette distillerie qui Ă©tait un peu le parent pauvre au sein du groupe Glenmorangie Plc (famille McDonald & Muir) il y a encore quelques annĂ©es, Ă©clipsĂ©e par le succès des deux autres prestigieuses distilleries du groupe, Glenmorangie d’un cĂ´tĂ© (longtemps le malt le plus populaire en Ecosse) et Ardbeg le « monstre de tourbe Â» de l’autre, avec le marketing très « volontariste Â» et branchĂ© (dirons nous) qui l’accompagne. Les anciennes mises en bouteille de Glen Moray, en effet, des maturations ou finitions en fĂ»ts de « Chenin Blanc Â» et autres « Chardonnay Â» ou « Mellowed in Wine barrels Â» ne faisaient pas l’unanimitĂ©, bien qu’étant prisĂ©es par certains collectionneurs. Personnellement, je les souvent trouvĂ©es trop vineuses, et masquant quelques peu le caractère de la distillerie.

Graham COULL a remis de l’ordre dans tout ça, sans pour autant refuser tout affinage, mais en refondant totalement la gamme Ă  partir de fĂ»ts de Bourbon de qualitĂ© d’une part, et en sĂ©lectionnant d’anciens fĂ»ts de sherry de premier ordre pour des Ă©ditions limitĂ©es souvent de haute volĂ©e. Et ce fut fait : Lorsqu’il reprend les rĂŞnes en 1995, il sonne le temps des changements, un vrai retour aux sources du malt Ă©cossais, notamment par l’édition limitĂ©e d’un 12 ans d’âge Ă©levĂ© en fĂ»ts de sherry (« Single-Sherry Cask Â») et mis en bouteille brut de fĂ»t sous le millĂ©sime « 1995 Â» (voir notes de dĂ©gustation par distillerie), uniquement en vente Ă  la distillerie.

J’ai dĂ©gustĂ© toute la nouvelle gamme en 2007, et les bras m’en sont tombĂ©s. Quel contraste avec les mises en bouteille d’avant l’arrivĂ©e de Graham COULL, quelle diffĂ©rence de qualitĂ© ! C’est dĂ©sormais magnifique, limpide, pur. Le 12 ans d’âge mis en bouteille Ă  cette Ă©poque, par exemple est devenu extrĂŞmement fin et dĂ©licat (Ă  l’exception de certaines mises plus rĂ©centes du 12 et du 16 ans, dans lesquels hĂ©las le caramel ajoutĂ© revient jouer les trouble-fĂŞtes), tandis que le 16 ans est celui de la maturitĂ© et de la gourmandise, montrant un bel Ă©quilibre. Le 20 ans d’âge millĂ©simĂ© « 1984 Â» est lui une belle surprise miellĂ©e (acacia) citronnĂ©e et herbacĂ©e, offrant une alternative intĂ©ressante aux versions plus jeunes, quant aux Ă©ditions limitĂ©es que j’ai pu dĂ©guster, elles sont souvent stupĂ©fiantes de maĂ®trise et d’élĂ©gance. Hormis le 12 ans d’âge brut de fĂ»t Ă©voquĂ© plus haut, il y a aussi l’expĂ©rimental « Mountain Oak Malt Â» qui assemble un petit nombre de fĂ»ts (« small batch Â») travaillĂ©s diffĂ©remment en ce qui concerne leur brĂ»lage (« charring Â» ou « tosting Â») pour obtenir un malt au boisĂ© particulièrement prononcĂ©, proche d’un Bourbon, mais loin des excès de la mode du bois neuf en cours actuellement.

Par ailleurs, un des plus beaux whiskies dĂ©gustĂ©s ces dernières annĂ©es fut un Ă©chantillon hors commerce et au degrĂ© naturel issu d’un assemblage de fĂ»ts de Bourbon & de Sherry de 37 ans d’âge (millĂ©sime « 1971 Â»- sample 2008), un single-malt d’une grande profondeur sur le fruitĂ© et le malt Ă  la fois, avec de sublimes notes boisĂ©es et une longueur en bouche inespĂ©rĂ©e.

Clairement, Ă  ce moment lĂ , en 2008, je me suis fait la rĂ©flexion que la distillerie devait ĂŞtre nommĂ©e « distillerie de l’annĂ©e Â» pour encourager ce saut qualitatif important, et Graham COULL le maĂ®tre-distillateur de l’annĂ©e. En effet, l’intelligence et le soin apportĂ© Ă  l’élevage et Ă  la sĂ©lection des fĂ»ts est alors inouĂŻ, se rapprochant ce faisant d’une conception japonisant du whisky (ou authentiquement Ă©cossais, Ă  l’ancienne).

2008 sera aussi, hĂ©las, l’annĂ©e de la dĂ©cision de la sociĂ©tĂ© Glenmorangie Plc, dĂ©sormais sous le contrĂ´le de MoĂ«t-Hennessy alliĂ© au groupe Diageo, de se dĂ©faire de la distillerie Glen Moray qui sera alors rachetĂ©e par la sociĂ©tĂ© française La Martiniquaise, essentiellement pour alimenter ses blended-whiskies et ses assemblages de malts pour les grandes surfaces (dont le « Glen Turner Â»). La Martiniquaise qui fabrique le …….« Label 5 Â». L’intĂ©rĂŞt de cette sociĂ©tĂ© pour le whisky de grande consommation peut susciter chez l’amateur de malts de qualitĂ© une certaine inquiĂ©tude, ou tout du moins une certaine interrogation sur le devenir de cette magnifique distillerie qu’est Glen Moray. Va-t-on pouvoir avoir accès Ă  des mises en bouteille de qualitĂ© ou celles-ci ne verront jamais le jour car non prioritaires au regard de la cible marketing visĂ©e par la maison propriĂ©taire ? Aura-t-on autre chose qu’un 12 ou 16 ans d’âge Ă  se « mettre sous la dent Â» dans le futur ? Cette question peut certes se poser pour d’autres distilleries (..).

En tout cas ces interrogations constituent une autre raison de soutenir le travail de Graham COULL dans cette distillerie, ne serait ce qu’en témoignage de reconnaissance des efforts accomplis pour élever ce malt au plus haut niveau possible…

Oui, Graham COULL doit continuer Ă  nous enchanter de ses sĂ©lections de fĂ»ts inspirĂ©es au possible, nous ravir de ses assemblages ingĂ©nieux et porter son art vers de plus hauts sommets encore. Alors un seul mot pour conclure ce portrait…Qu’on le laisse travailler ! Et nous, nous nous dĂ©lecterons encore et encore…

Richard PATERSON

Richard PATERSON

Maître-Assembleur & Ambassadeur des distilleries

Dalmore & Isle of Jura et du blended whisky

Whyte & Mackay

(Master-Blender, Global Brand Ambassador)

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Richard Paterson au Salon Whisky Live Paris 2009

Mots clĂ©s :

Intransigeant

        EmblĂ©matique                             Haut en couleurs

   Expert

GĂ©nial                  Vif

La cuisine française a son enfant terrible, Jean-Pierre COFFE, pourfendeur de la mauvaise cuisine, eh bien le whisky a lui Richard PATERSON, vĂ©ritable mousquetaire du « savoir bien dĂ©guster son whisky Â», mais il est Ă©galement un maĂ®tre-assembleur hors pair. Oui, le D’Artagnan (il en a dĂ©jĂ  la moustache !) n’a pas son pareil pour animer un Salon du Whisky, un DVD sur le whisky, une leçon d’assemblage filmĂ©e pour internet, ou simplement faire une visite virtuelle de l’Ecosse. Le verbe haut et l’œil vif, la diction rapide et la costume toujours impeccable, Richard PATERSON ne quitte jamais (en public en tout cas) ce style inimitable et c’est tant mieux. Il nous manquerait sans cela.

Il m’a véritablement bluffé lorsqu’il a remis sur pied une gamme de blended whiskies tombée un peu en désuétude, les WHYTE & MACKAY, pour en faire un produit de premier plan, en retrouvant l’esprit et la forme (ces étiquettes aux deux lions) de la marque à ses débuts.

De mĂŞme, il a su susciter l’intĂ©rĂŞt tant des collectionneurs que du marchĂ© en assemblant des single-malts des distilleries DALMORE et ISLE OF JURA, qui appartiennent au mĂŞme groupe. Relevant tous les dĂ©fis, il osera mĂŞme tenter l’impensable sur le papier, un affinage multiple, avec le succulent « King Alexander III Â» aux 6 maturations successives (Bourbon, Sherry, Madère, Porto, Cabernet-Sauvignon & Marsala), et faire que cela fonctionne, demeure de qualitĂ©. De mĂŞme, j’ai le souvenir d’un DALMORE millĂ©simĂ© 1973 affinĂ© en fĂ»ts de Cabernet-Sauvignon de toute beautĂ©. A l’heure ou un certain « ras-le-bol Â» se fait sentir chez les passionnĂ©s du whisky concernant la multiplication des affinages les plus fantaisistes ou ratĂ©s dans les distilleries comme chez certains nĂ©gociants, Richard PATERSON dĂ©montre que ce travail ne s’improvise pas, qu’il est le rĂ©sultat d’une expĂ©rience bâtie d’annĂ©e en annĂ©e (40 ans pour sa part….), et que c’est Ă©galement le fruit d’une tradition familiale dont il est l’hĂ©ritier (Richard en constituant ici la troisième gĂ©nĂ©ration).

Son père, en effet, l’a très tĂ´t exercĂ© Ă  l’art de la dĂ©gustation, dès l’âge de 8 ans, et ce sans complaisance, l’entraĂ®nant Ă  identifier les arĂ´mes et les saveurs, puis plus tard Ă  gĂ©rer des stocks de vins et spiritueux sur un plan comptable, puis Ă  l’âge de 17 ans ce travail allait Ă©galement consister Ă  Ă©chantillonner des whiskies pour des nĂ©gociants ou courtiers avant que quelques annĂ©es plus tard il ne se voit confier de nouvelles responsabilitĂ©s, notamment comme assembleur au service de ma sociĂ©tĂ© WHYTE & MACKAY, avant d’en devenir le maĂ®tre-assembleur. Richard Paterson a travaillĂ© « dans et avec Â» nombre de distilleries, de diffĂ©rentes rĂ©gions avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui, un grand assembleur. Il suffit d’en Ă©tablir la liste (pour ne citer que celles dans lesquelles il a travaillĂ©): GLEN SCOTIA, DALMORE, OLD FETTERCAIRN, ISLE OF JURA.

L’autre distillerie du groupe WHYTE & MACKAY est, en effet, ISLE OF JURA. Richard PATERSON et Willie TAIT, un des ambassadeurs successifs de la distillerie, n’ont pas leur pareil pour Ă©voquer cette Ă®le paradisiaque, qui a pourtant gĂ©nĂ©rĂ©, sous la plume de l’écrivain George ORWELL, un des romans d’anticipation les plus sombres du XX ème siècle, Ă  savoir « 1984 Â», Ă©crit en 1948 pendant son sĂ©jour sur l’île.

Les aigles royaux, les cerfs, le jardin botanique et les palmiers, sans oublier les fameux « Paps Â» (des monts au sommet très arrondis) sont aujourd’hui des Ă©lĂ©ments parmi les plus chatoyants de la rĂ©gion, mais aussi de l’Ecosse, car cette rĂ©gion bĂ©nĂ©ficie du Gulf Stream, et demeure tempĂ©rĂ©e comparĂ©e Ă  sa tumultueuse voisine qu’est l’île d’Islay.

Il y aurait tant de choses Ă  dire encore sur « Monsieur Â» PATERSON, mais l’essentiel est que tant qu’il y aura des personnalitĂ©s comme celles-ci dans l’univers du whisky, il y aura du panache, de l’élĂ©gance, de la passion, de la fantaisie et du talent, et si toutes ces facĂ©ties auront pu communiquer l’envie de dĂ©couvrir cet univers si particulier Ă  un nouveau venu, et le faire de la meilleure manière possible, ce sera dĂ©jĂ  ça !

David MAIR

David MAIR

Ambassadeur de la distillerie The Balvenie

(The Balvenie Global Brand Ambassador)

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David Mair au Salon Whisky Live Paris 2011

Mots clĂ©s :

Amical

                            Professionnel                  Disponible

Accessible

LĂ©gitimement associĂ© Ă  la distillerie THE BALVENIE puisque nĂ© tout près d’elle, Ă  Dufftown, dans la rĂ©gion du Speyside, en Ecosse, David MAIR, autant qu’il s’en souvienne, a toujours Ă©tĂ© entourĂ© d’artisans, de professionnels du whisky comme d’amateurs de whisky en visite dans la rĂ©gion ou simplement locaux. Il rejoint la distillerie en 1984, date Ă  laquelle pour la première fois dans l’histoire de la distillerie un ambassadeur de la marque The Balvenie est nommĂ© (en quelque sorte un « Grand Ambassadeur Â» dans le cas prĂ©sent), ceci afin reprĂ©senter celle-ci dans le monde entier, et ce sera lui, David MAIR, qui inaugurera ce poste. Ce sera lui aussi, qui, pour la première fois Ă©galement, Ă  son initiative, ouvrira les portes de la distillerie au public, en proposant des visites guidĂ©es complètes de plus de trois heures, incluant, fait rare, une visite de la tonnellerie qui fabrique et rĂ©pare les fĂ»ts, mais aussi des aires de maltage traditionnels qui subsistent encore dans cette distillerie.

Ce que j’apprécie chez David, c’est tout d’abord son accessibilité, sa simplicité, son amabilité, visibles dès la première rencontre. Les informations que le visiteur du stand des salons du whisky ou il est présent, les impressions qu’on lui demande, les dégustations, ses émotions, tout cela il les donne volontiers, avec une sobriété, un naturel, et une gentillesse qui semblent innés. Il en ménage pas sa peine pour solutionner d’éventuels problèmes de retard d’approvisionnement du précieux nectar quand ils surviennent, le cas échéant, fussent ils seulement indirectement liés à la marque elle-même, et ça c’est élégant. Et il connaît ce qu’il contribue à vendre. Car il a conscience que l’image de sa société tout entière est en jeu lorsqu’il s’adresse à un visiteur, quel qu’il soit …

Une subtilitĂ© que feraient bien de prendre en exemple certains commerciaux français, qui parfois, exĂ©cutent simplement une tâche, sans âme, comme s’ils Ă©taient derrière un bureau. Dieu merci ils ne le sont pas tous (n’est ce pas Claude ?), mais le chemin est long pour espĂ©rer Ă©galement, comme on le verra dans d’autres portraits, la haute idĂ©e du mĂ©tier d’ambassadeur qu’on les Ă©cossais, avec une verve, un panache et une communicabilitĂ© sans Ă©gal.

J’ai Ă©galement dĂ©couvert, Ă  l’occasion de ce portrait, que derrière ce timide homme Ă  lunettes si discret et sympathique se cachait un autre David MAIR, avec bien d’autres cordes Ă  son arc, plutĂ´t intrĂ©pides, comme la passion pour le pilotage aĂ©ronautique, l’exercice de moniteur de ski dĂ»ment qualifiĂ© ou encore la virtuose pratique du violoncelle…Quel(s) talent(s) ! DĂ©cidĂ©ment, cet homme très actif gagne Ă  ĂŞtre connu.

Bonne(s) visite(s) !

PS : Depuis la rĂ©daction de ce portrait, David Mair est reparti Ă  la distillerie et est dĂ©sormais en charge des visites chez The Balvenie. Faites y un tour, vous y serez bien accueilli, et en plus David parle un peu français !

La distillerie a par ailleurs un nouvel ambassadeur pour la France, le très sympathique Damien Anglada. Ce site vous en reparlera prochainement…

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