Gros Plan No 5: Distillerie WARENGHEM (Armorik)

 

GROS PLAN N° 5/FOCUS N°5 :

 

ARMORIK & la distillerie WARENGHEM:

 

Mise en ligne: 23/02/2021 - Mise Ă  jour: 05/04/2021

Publication date: 23/02/2021 -Update: 05/04/2021

 

(ENGLISH SUMMARY AT THE END OF THE TOPIC)

 

 

 

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 Le nouveau look de la distillerie telle qu'on peut la voir en 2021, après la grande rĂ©novation de 2019.

(Photo du site officiel de la distillerie)

 

 

 

INTRODUCTION :

 

J’ai commencĂ© sur ma chaĂ®ne Youtube une nouvelle sĂ©rie de vidĂ©os sur le WHISKY FRANCAIS, la plupart en français, et la place dĂ©volue Ă  la description de la vidĂ©o Ă©tant limitĂ©e Ă  5000 caractères, je ne pouvais pas expliquer en dĂ©tails l’histoire de la distillerie ainsi que l’offre en whiskies en gĂ©nĂ©ral & mentionner Ă©galement les nouveautĂ©s. J’en ai donc profitĂ© pour rĂ©actualiser les informations de mon site internet consacrĂ©es Ă  la distillerie WARENGHEM (plus connue sous le nom d’ARMORIK), et plus prĂ©cisĂ©ment, car des problèmes techniques m’empĂŞchent depuis un moment de mettre Ă  jour correctement tous les sujets du menu de gauche, pour crĂ©er un nouveau sujet dans le menu du haut, et notamment la rubrique sous forme de blog nommĂ©e « GROS PLAN Â», tout Ă  fait indiquĂ©e pour un long descriptif comme celui-ci.

 

Vous trouverez le lien vers ma vidĂ©o gĂ©nĂ©rale de prĂ©sentation du sujet vidĂ©o sur les whiskies français ci-dessous :

https://www.youtube.com/watch?v=Z6eVEqTAVEM&t=530s

 

Voici aussi le lien vers les notes de dégustation précédentes du site, en attendant de nouvelles notes sur des bouteilles plus récentes à venir:

http://www.gregswhiskyguide.com/component/virtuemart/view/category/virtuemart_manufacturer_id/18.html

 

 

 

LA DISTILLERIE WARENGHEM :

 

La famille Warenghem, d’origine du Nord de la France, s’installe en Bretagne en 1900, dans la ville de Lannion, afin d’y ouvrir une distillerie produisant des liqueurs & eaux-de-vie  base de produits locaux. La première crĂ©ation significative de LĂ©on Warenghem fut l’ « Elixir d’Armorique Â», une liqueur Ă  base de 35 plantes (incluant du genièvre, de la coriandre & de l’écorce d’orange) et de miel (et depuis quelques annĂ©es, elle contient aussi du whisky de chez Warenghem !).

 

 

 

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La distillerie WARENGHEM, période contemporaine. Photo officielle.

 

 

C’est seulement en 1983, que Gilles Leizour, qui a rejoint la distillerie en 1967, décide de produire du whisky en Bretagne, avec l’aide du directeur commercial Bernard Le Pallec.

 

 

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 La salle des alambics de la distillerie en 1967, alors qu'elle ne produisait pas encore du whisky, mais des eaux-de-vie de fruit & liqueurs (photo officielle).

 

 

Le premier whisky officiel français naĂ®tra donc en 1987, simplement nommĂ© « WHISKY BRETON», un blended whisky, avec la particularitĂ© d’être en plus d’un assemblage de grain distillĂ© (ici du blĂ©) & d’orge maltĂ©e distillĂ©e, d’abriter la production Ă  la fois du blĂ© & de l’orge, ce qui en fait un « single blend Â», mĂŞme si cette dĂ©nomination n’est pas officielle. Le blended « Whisky Breton Â» est constituĂ© de 75 % de blĂ© (au lieu du maĂŻs, habituellement, dans les blended whiskies Ă©cossais), et de 25 % de malt.

 

 

 

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Une bouteille de 2013 du "WHISKY BRETON", le fleuron de la distillerie pendant longtemps. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

C’est Ă©galement l’un des premiers blended whiskies commercialisĂ©s en France (et, de plus, largement, en grandes surfaces), en provenance d’un autre pays que les 5 premiers pays producteurs de whisky historiquement (Ecosse, Irlande, Etats-Unis, Canada, Japon). En 1998, le premier single malt whisky français viendra Ă©galement de la distillerie Warenghem, et sera simplement nommĂ© « SINGLE MALT » (plus tard, il sera rebaptisĂ© « EDITION ORIGINALE », et rĂ©duit Ă  40%). Il rejoindra le « WHISKY BRETON » sur les Ă©tals des hypermarchĂ©s, non sans un certain succès. Une brasserie sera ajoutĂ©e Ă  la partie distillerie en 2001, commercialisant une gamme de bières sous le nom (aujourd’hui) de « Diwall Â».

 

 

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La version courante (sans nouveau conditionnement) "EDITION ORIGINALE" de l'ARMORIK SINGLE MALT.

Merci Ă  The Whisky Exchange pour la photo.

 

 

 

 

En 2015, après une bataille acharnĂ©e y compris dans les mĂ©dias, notamment entre les distillerie Warenghem & Glann Ar Mor, pour en dĂ©terminer les critères lĂ©gaux, naĂ®t notamment l’indication gĂ©ographique protĂ©gĂ©e (I.G.P.) « Whisky Breton Â». Elle garantit, entre autres, que tout « Whisky breton » est brassĂ©, fermentĂ©, distillĂ© et vieilli en Bretagne. A l’occasion de la retraite de Gilles Leizour, David Roussier, son gendre, qui travaillait dĂ©jĂ  Ă  la distillerie, reprend le flambeau Ă  la tĂŞte de la distillerie. En 2019, deux chais supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© construits, l’objectif Ă©tant de tripler le stock de fĂ»ts en maturation, ainsi qu’un nouvel espace d’accueil, au plus près de la salle des alambics et en Ă©tage, pour une meilleure vue. L'espace peut dĂ©sormais accueillir des dĂ©gustations collectives & des Ă©vĂ©nements liĂ©s. La Distillerie reçoit Ă©galement cette annĂ©e-lĂ  le label officiel d’ Â« Entreprise du Patrimoine Vivant Â» (distinguant les entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux & industriels d’excellence). En termes de vente, cette annĂ©e 2019, la distillerie a rĂ©alisĂ© 3,6 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec la vente de 270 000 bouteilles, toutes rĂ©fĂ©rences de spiritueux confondus.

 

 

 

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David ROUSSIER, l'actuel directeur de la distillerie, ici au Whisky Live Paris 2017, avec l'édition limitée "Maître de Chais" (3ème Edition, 2 Sherry casks, 46 %).

Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

En termes de production & d’approvisionnement, l’orge utilisĂ©e par la distillerie est soit locale (bretonne), soit provenant d’autres rĂ©gions de France. Le blĂ© comme l’orge sont sans OGM, et depuis 2020, la totalitĂ© des grains est certifiĂ©e bio. La distillerie est Ă©quipĂ©e d’une cuve de brassage (« mashtun Â») avec rotation totale Ă  360° des pales internes (« full lauter Â») de capacitĂ© de 4000 litres, d’une cuve de fermentation & de deux alambics en cuivre de type « Pot Still Â» rĂ©alisĂ©s en France (l’alambic de « Wash Â» est d’une capacitĂ© de 600 litres, tandis que l’alambic de « Spirit Â», pour la seconde distillation, est de 3000 litres) et d'un alambic Ă  colonne, pour la distillation du blĂ©, les blended whiskies de la marque ("Whisky Breton", "Galleg" et sa version en fĂ»ts de chĂŞne breton, le "Duenn", sa version tourbĂ©e, et bien sĂ»r, le "Breizh Whisky", le plus concentrĂ© en orge maltĂ©e de leurs blends, Ă  65 % d'orge). Bien qu’étant la distillerie la plus importante en termes de capacitĂ© de production, avec 180 000 litres d’alcool pur par an (dont 150 000 litres d'orge maltĂ©e distillĂ©e), Warenghem demeure une « petite Â» distillerie comparĂ©e aux distilleries Ă©cossaises, plus petite qu’ Edradour, et ses 260 000 litres.

 

 

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Les alambics de la distillerie WARENGHEM, de nos jours. Merci Ă  la distillerie pour la photo.

 

 

Le vieillissement s’opère dans des chais modernes (« racked warehouses Â»), sous influence marine, et les fĂ»ts sont, en gĂ©nĂ©ral, des fĂ»ts ayant prĂ©cĂ©demment contenu du Bourbon ou du XĂ©rès (« Sherry Â» en anglais), mais aussi, pour certaines versions, du chĂŞne neuf de Bretagne (des forĂŞts de BrocĂ©liande et de Cranou). Depuis quelques annĂ©es, la distillerie utilise aussi d’autres types de fĂ»ts pour des Ă©ditions limitĂ©es ou exclusives, tels que des fĂ»ts ayant contenu du Porto, du Madère, du Xèrès de type Palo Cortado, mais aussi, entre autres, du Chouchen !

 

 

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Les fûts de chêne des chais de la distillerie WARENGHEM abritent toutes sortes d'alcools (photo de la distillerie).

 

 

 

La gamme rĂ©gulière comprend aujourd'hui 4 diffĂ©rents blended whiskies, depuis celui qui a la plus importante part de whisky de grain (ici, le blĂ©, rappelons-le), Ă  savoir « WHISKY BRETON » (35 % malt, 65 % grain), rĂ©servĂ© aux G.M.S., suivi par le « GALLEG » (qui signifie « France Â», en gaĂ©lique), en 2008, comprenant 50 % de malt, 50 % de grain (et sa version tourbĂ©e, le "Duenn") et enfin le plus riche en malt, le « BREIZH WHISKY », avec 65 % de malt, 35 % de grain, ces deux derniers whiskies titrant 42 % d’alcool au lieu des 40 % pour le « WHISKY BRETON ».

 

 

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Le "BREIZH WHISKY", sans doute le blended whisky le plus concentrĂ© en malt de France. Photo: Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

 

La gamme rĂ©gulière comprend plusieurs single malts, sous le nom principal d’ « ARMORIK Â», dont le premier, en 1998, simplement nommĂ© « Single Malt Â» (Ă©levĂ© en fĂ»ts ayant contenu du Bourbon pour environ 4 ans), titrant 40 %, une version « SHERRY CASK », titrant 46 % (Ă  ne pas confondre avec l’ancienne version dite « SHERRY FINISH », titrant seulement 40%). Elle comprend Ă©galement une version dite « DOUBLE MATURATION » (en partie vieillie en fĂ»ts de chĂŞne breton, en partie en fĂ»ts ayant contenu du Sherry), titrant 46 %, une version dite « CLASSIC » non filtrĂ©e Ă  froid (avec vieillissement dans des ex-fĂ»ts de Bourbon & de Sherry pour 4 Ă  8 ans) titrant 46 % auparavant tourbĂ©e Ă  10-12 ppm (10 % de la proportion de malt utilisĂ©e), elle ne l'est plus de nos jours & est dĂ©sormais certifiĂ©e "bio" depuis cette annĂ©e, et utilise des fĂ»ts de type "S.T.R." ("shaved, toasted & re-charred" = le fĂ»t est râclĂ©, puis grillĂ©, ici lĂ©gèrement, ensuite re-brĂ»lĂ©, mais ici modĂ©rĂ©ment. Notons que pour cette version, les S.T.R utlisĂ©s ne contenaient pas de vin auparavant, contrairement Ă  ceux utilisĂ©s rĂ©cemment par plusieurs jeunes distilleries anglaises & Ă©cossaises. Comme nous le verrons plus loin, la distillerie prĂ©fère dĂ©sormais avec des versions tourbĂ©es spĂ©cifiques.

 

 

 

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L' ARMORIK "Classic", après le reconditionnement de 2019 en bouteilles plus trapues pour toute la gamme.

(Photo de la distillerie)

 

 

 

La distillerie produit Ă©galement des Ă©ditions limitĂ©es, des single-casks comme en 2012, une version de 10 ans d’âge millĂ©simĂ©e (« 2002 Â»), provenant d’un fĂ»t de sherry de 3 ème remplissage et proposĂ©e brut de fĂ»t (Ă  56,1 %, sorte de prototype du futur 10 ans d’âge sorti en 2018, rĂ©duit Ă  46 % (Ă©levĂ© en fĂ»ts ex-Bourbon & Sherry, 2000 bouteilles par an), d'autres Ă©ditions limitĂ©es, voire confidentielles (souvent des single-casks) brut de fĂ»t (« Cask strength Â») en 2008 par exemple (je me rappelle d’un splendide « Double-sherry cask Â» Ă  63 %), en 2009 ou encore en 2011 pour la première version du « Single-Cask Â» (un 8 ans d’âge de double-maturation et titrant 55 %). La distillerie a produit aussi d'autres versions comme le populaire "MAITRE DE CHAI" (en gĂ©nĂ©ral un assemblage de 2 fĂ»ts, comme par exemple la première Ă©dition, en 2014, un 7 ans d'âge Ă©galement lĂ©gèrement tourbĂ©e Ă  12 ppm. Les Ă©ditions suivantes titreront 46 %, mais la rĂ©fĂ©rence n'existe plus aujourd'hui). Le "DERWENN", lui, est une Ă©dition limitĂ©e Ă  2000 bouteilles entièrement Ă©levĂ©e en fĂ»ts de chĂŞne breton et titre Ă©galement 46 %. Par ailleurs, la distillerie a sorti, en collaboration avec la maison Ferroni (situĂ©e en Provence), un whisky de seigle nommĂ© "ROOF RYE / Double Maturation", dont la deuxième maturation est faite en Provence dans un chai en tĂ´le, juste sous la toiture, avec un impact thermique puissant. Il y aura vraisemblablement bientĂ´t un nouveau batch de cette rĂ©fĂ©rence en disponibilitĂ© limitĂ©e Ă©galement.

 

 

 

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La première édition d'ARMORIK "Maître de Chai", une édition brut de fût limitée élevée en fûts de Sherry (2015).

Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

Deux versions tourbĂ©es sont sorties depuis, d’abord, en 2018 une version en partie tourbĂ©e (5 ppm seulement) dite « TRIAGOZ » (Ă©dition limitĂ©e Ă  2000 bouteilles), puis en 2020, une version fortement tourbĂ©e (50 ppm), dite « YEUN ELEZ : JOBIC ». La première version de 10 ans d’âge de la distillerie sera lancĂ©e en 2018, en Ă©dition limitĂ©e Ă  2000 bouteilles, et doit, Ă  terme, intĂ©grer la gamme rĂ©gulière. Lors du lancement de ce 10 ans d’âge, un nouveau conditionnement (une bouteille plus trapue, design d’étiquette rĂ©duite au stricte minimum), a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en avant-première du reconditionnement de toute la gamme l’annĂ©e d’après.

 

 

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L'ARMORIK « YEUN ELEZ JOBIC », le whisky le plus tourbĂ© jamais produit par la distillerie, sorti en 2020.

Merci Ă  la distillerie pour la photo.

 

 

 

Dernièrement, la distillerie WARENGHEM a sorti 2 nouveaux whiskies sous le nom d’« IRWAZH Â» pour la chaĂ®ne Biocoop, le premier nommĂ© « Tradition Â» (vieilli en ex-fĂ»ts de Bourbon, titrant 43%), le second nommĂ© « Double FĂ»t Â» (vieilli en ex-fĂ»ts de Bourbon & de Sherry, titrant 43%). Enfin, depuis peu, une sĂ©lection de whiskies de la distillerie WARENGHEM sont distribuĂ©s Ă  l'Ă©tranger de manière plus importante, au Royaume-Uni, aupravant par le nĂ©gociant Gordon & MacPhail, depuis peu par la distillerie galloise Penderyn, tandis que c'est la sociĂ©tĂ© Heavenly Spirits qui exporte les whiskies de cette distillerie aux Etats-Unis.

 

 

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Le dernier né (en version vieillie uniquement en fûts ayant contenu du Bourbon) de la distillerie Warenghem, "IRWAZH",

développé pour la chaîne de boutiques BIOCOOP. Photo: Merci à Whisky Magazine France.

 

 

 

NOUVELLES NOTES DE DEGUSTATION : 

 

 

-”BREIZH WHISKY”, (Blended Whisky) nas, distillerie WARENGHEM, 65 % Malt, 35 % Grain (blé), n.c.f. & a priori non coloré, 42 % (coût, environ 35 €): Cette version est apparue dans les années 2010 (je l’ai vue personnellement pour la première fois au Whisky Live Paris 2012).

Couleur: Or clair, reflets or. Nez: D’abord typĂ© whisky de « blĂ© Â», Ă  l’instar de certains whiskies amĂ©ricains tels le « Larceny Â», avec un fruitĂ© doux, puis s’ajoute celui provenant de l’orge maltĂ©e (les pommes cuites en tĂŞte), et surtout une belle note pâtissière de lait d’amande. Un nez engageant. Bouche: Bien qu’étant que de 35 % « seulement Â», la part de blĂ© est assez prĂ©sente en bouche Ă©galement (pommes golden pommes rouges, pointe de poire mĂ»re), apportant beaucoup de douceur & de sucrositĂ© naturelle Ă  l’ensemble, en harmonie avec les notes provenant de l’orge maltĂ©e (d’autres pommes plus cuites encore, compotĂ©es, mais aussi des poires mĂ»res). Mais ce qui s’avère encore plus sĂ©ducteur au palais, c’est cette note inattendue de vanille Ă  très gourmande qui enveloppe sensuellement le tout, avec comme une crème de lait d’amandes aromatisĂ©e Ă  la pistache (ce qui est rare). L’on y trouve aussi quelques Ă©pices douces, une pointe d’ananas (encore un signe de la prĂ©sence d’esters en quantitĂ©) tandis que les herbes & plantes aromatiques (dont une pointe de gentiane) demeurent en arrière-plan. Belle longueur en bouche, malgrĂ© une baisse d’intensitĂ©, et un peu plus de sĂ©cheresse. Tenue Ă  la dilution: Excellente, elle ravive les esters  (fruits exotiques, bonbons anglais). Conclusion: Une excellente version qui se dĂ©marque un peu du blend originel de la distillerie pour y apporter plus de caractère fruitĂ© & plus de complexitĂ©. Une concurrence très sĂ©rieuse pour les blended whiskies Ă©cossais.

Note confirmĂ©e : 90/100

 

 

 

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Le "BREIZH WHISKY", un excellent blended whisky de la distillerie WARENGHEM. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-ARMORIK « BREST 2020 Â», (Single Malt), d’environ 7 ans, Ă©dition limitĂ©e, distillerie WARENGHEM, (ex-Bourbon casks/ex-Madeira cask finish), 46 % (coĂ»t, environ 60 €, notamment auprès du Comptoir Irlandais) : Une version destinĂ©e cĂ©lĂ©brer les FĂŞtes maritimes internationales de Brest, et dont une partie de l’étiquette (la partie haute) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par l’artiste Gildas JAVA, Ă©galement auteur de l’affiche des FĂŞtes Maritimes.

Couleur: Vieil or, à reflets dorés. Nez: Suave, léger, équilibré. Le style de la distillerie se mêle à celui du Madère, et révèle un complexe bouquet floral, fruité (fruits jaunes, et abricots, pointe de fruits exotiques venant des esters), miellé, herbacé, épicé, engageant.

Bouche: Belle attaque florale (quelques beaux esters), fruitée (fruits jaunes, dont pêches jaunes fraîches, agrumes confits, dont cédrat, coing, mais aussi des abricots secs), reprenant les notes du nez, puis un côté plus charpenté, typique de la distillerie (le chêne, un peu sec), avant de revenir à plus de douceur, avec une pointe de miel, pour une finale en decrescendo sur une belle note de glaçage de mille-feuilles, hélas un peu trop brève. Une finale plus longue & gourmande l’aurait fait décoller vers une note encore plus forte. Tenue à la dilution: Plutôt bonne, hésitant entre douceur & rondeur (miellée) et un profil plus épicé (l'eau ravive les épices). Conclusion: Une jolie version d’ARMORIK, avec un affinage inédit plutôt réussi, assez gourmand et bien équilibré, et cerise sur le gâteau, un joli conditionnement (étiquette) artistique & différent de celui, bien plus sobre, de la gamme régulière. La bouteille est vendue avec en lieu et place d’étui un sac de toile aux notes maritimes sobres.

Note confirmĂ©e : 91/100

 

 

 

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L'ARMORIK "BREST 2020", la belle surprise de cette fin d'année 2020. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

A NOTER/RAPPEL :

Ma chaĂ®ne Youtube: "Greg's Whisky Guide" : Youtube

Ma page Twitter: “Greg’s Art, Ideas & Whisky” (GregsWhiskyG)

Ma page Linkedin : « Grégoire Sarafian »

Mon site internet d’artiste-peintre (dont des œuvres liées au whisky): https://www.gregoiresarafian.com/

 

 

 

ENGLISH SUMMARY :

 

The Warenghem family, originally from the North area of France, moves in 1900 to North of Brittany, in a town called Lannion, to create a liqueur & spirits distillery. The first significant creation from LĂ©on Warenghem at that time was a liqueur named "Elixir d'Armorique", a spirit mixing 35 botanicals (including juniper, coriander & orange peel) with honey, bottled at 40 % abv. Its success helped develop a portfolio of other spirits, all anchored in the local fruit & botanical production, including mead spirit (distilled honey using yeast) called "Chouchen" (since 1981), a gin, a "Fine De Bretagne Â», basically distilled cider made of apples, but they also produced something closer to Calvados called "Pommeau de Bretagne" & several fruit eaux de vie & liqueurs.

It is only in 1983, 2 years after Gilles Leizour (the son of Yves Leizour, previously in the company), who did join the company in 1967 to help Warenghem develop their spirit portfolio) that he decided to produce a French whisky made in Brittany, with the help of the director of Sales Department, Bernard Le Pallec, also a local. So the very first official French whisky was born in 1987, under the name of "WHISKY BRETON" (Brittany Whisky), a blended whisky, which had the particularity, even if it isn't an official category, to be a single blend as well, because both grain (here it is wheat instead of the traditional corn, for 75 %) & malted barley (25 %) from the distillery.

It was also one of the first blended whiskies from another country than the 5 first (Scotland, Ireland, USA, Canada, Japan) in whisky history to appear on supermarket shelves. In 1998, the first ever official single malt simply called "ARMORIK", is born, and rejoins the blend in supermarket shelves, with some success as well. Besides, in 2001, the Warenghem facilities include also a brewery (current beer range name is "Diwall").

 

 

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The choices of whiskies from the WARENGHEM distillery, back to 2013 in Whisky Live Paris.Three single malts, one blend (on the right).

Picture, copyright: © Grégoire Sarafian

 

 

 

In 2015, an official certification, as "Whisky Breton" is given to the Warenghem, after a terrible (& public) argue with another distillery to determine which are the mandatory conditions required to be named as such. When Gilles Leizour retires in 2016, David Roussier, his son in law, becomes the director of the company (he was working there since 2009).

The barley is wether local (from Brittany) or national (from other regions of France), all cereals are non GMO (OGM in French) & since 2020 all grain types used in the distillery are organic. The wheat used for the blended whiskies of Warenghem (instead of corn, usually) is also produced by the distillery & in a column still.

The distillery is equipped with a 4000 liters full Lauter mash tun, 6000 liters stainless steel washback & two copper pot stills made in France (6000 liters of capacity for the Wash still, 3000 liters for the Spirit still & a colum still. The maturation takes place in racked warehouses, with a maritime influence, and the casks are ex-Bourbon & ex-Sherry, but also New oak from Brittany (from the Brocéliande & Cranou forests). Since a few years, other cask types are used for limited editions such as Port, Madeira, Palo Cortado Sherry, or even Mead ("Chouchen" in French). Though being the most important French whisky distillery in terms of production capacity with 180 000 liters of pure alcohol per year, it is still a small distillery compared to Scottish ones...(Edradour, which used to be the smaller one, has a capacity of 260000 liters, but there are now 13 smaller one distilleries).

The whisky range includes 3 different blended whiskies, from the most wheat forward "WHISKY BRETON", (75 % grain, 25 % malt, 40 % abv) to the most malted one, "BREIZH WHISKY"(65 % malt, 35 % grain) but also comprises one called "GALLEG" (standing for "France" in gaelic) made of 50 % malt, 50 % grain, the 2 last references being bottled at 42 % abv (for the latter, there is also a peated version called "GALLEG Duenn"). The single malt range, named ARMORIK, comprises the "SINGLE MALT" (ex-Bourbon casks), 40 %, the "SHERRY CASK" version of it (46 %, not to be confused with the "SHERRY FINISH", 40 %, for supermarkets), the "CLASSIC" (ex-Bourbon & ex-Sherry casks, previously slightly peated, now unpeated & oganic, as all the core range. It is using now ex-Bourbon & ex-S.T.R. casks but not ex-wine casks & only lightly toasted), 46 %, the "DOUBLE MATURATION" (standing for partly matured in French local oak casks & partly in ex-Sherry casks, now organic), 46 %, but also 2 peated expressions of the single malt, one lightly peated called "TRIAGOZ" (46 %, limited edition), one heavily peated (50 ppm) called "YEUN ELEZ JOBIC" (with local peat!).There is also a limited edition of a rye whisky produced by the distillery as well called "ROOF RYE" ("Double Maturation") partly aged on site, partly in South France with a much hotter climate.

 

 

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Me in the opening of an art (paintings & drawings) show called "Painting & Whisky" at the Zygothèque restaurant, Paris, in 2008, for which I picked 3 whiskies to be served at the opening (& of course non alcoholic drinks for those who prefered it !) & I also created a small home-blended malt for the occasion featuring the Port Ellen distillery. for some friends. Picture: Copyright © Grégoire Sarafian (it was actually my brother who took the picture).

 

 

 

The first ARMORIK "10 years old" offiicially botlled was only launched in 2018, first in a limited edition of 2000 bottles, then becoming part of the core range. Recently the distillery launched two new expressions under the name of "IRWAZH" (instead of ARMORIK) for a channel of natural/organic goods shops called BIOCOOP, one called "TRADITION" (matured in ex-Bourbon casks, 43 % abv), the other called "DOUBLE FUT" (it stands for "Double cask" maturation, here ex-Bourbon & ex-Sherry casks, 43 % as well).

Last, but not least, a selection of the distillery's whiskies are distributed in UK a few years ago by the independent bottler Gordon & MacPhail, but nowadays by the Welsh Penderyn distillery, while another company, Heavenly Spirits, distributes them in the U.S.A.

 

 

 

 

ADDITIONAL TASTING NOTES (2021):

Please see the links above for my non updated pages on my website, there are some tasting notes there too) :

 

 -”BREIZH WHISKY”, (Blended Whisky) nas, WARENGHEM distillery, 65 % Malt, 35 % Grain (wheat), n.c.f. & non colored, 42 % (Price, around 35 €) : This version appeared in the 2010s (& I saw this one for the first time at Whisky Live Paris 2012).

Color :Clear gold. Nose :First evoking a wheated whiskey, not so far from an American whiskey such as the « Larceny Â», with a sweet fruity aroma, then combined with other fruity notes coming from the malted barley (with some baked apples in the front row), then a beautiful pastry note with almond milk. An engaging nose. Palate : Despite the fact that there is « only Â» 35 % of wheat grain in this whisky, I can tell you it shows on the palate as well (« Golden Â» variety apples, red apples, a hint of ripe pear), bringing a lot of sweetness & impression of sugar, quite natural, in unisson with other notes coming from the malted barley (other apples, now baked, stewed, and ripe pear as well). But what is the most seductive on the palate is this unexpected gourmet vanilla note that comes across quite sensually, wrapping it all together, with a kinda almond milk effect, but flavoured with pistachio, which is rare. I also get some sweet spices, a hint of pineapple (another sign betraying loads of esters), while some herbs & botanicals (including some gentian) stay on the background. Good length, despite a slight intensity drop, and a bit more dryness. With water : Excellent, as it excites the esters in it (more exotic fruit, more English liquorice). Conclusion : A great expression, that differs from the original blend from the distillery, and brings more fruit character & more complexity. A quite serious contender for Scottish blended whiskies I have to say. Confirmed Rating : 90/100

 

 

 

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"BREIZH WHISKY" a sophisticated blended whisky from the Warenghem distillery. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

-ARMORIK « BREST 2020 Â», (Single Malt), around 7 y.o., limited edition, WARENGHEM distillery, (ex-Bourbon casks/ex-Madeira cask finish), 46 % (Price around 60 €, for instance at the Comptoir Irlandais channel shop) : An expression designed to celebrate the 2020 International Maritime Festival of Brest (a city of Brittany). The drawing on the label & the Festival poster were created by the artist Gildas JAVA.

Color : Old gold, with gold reflections. Nose : Smooth, light, balanced. The distillery’s house style & the Madeira casks used for the finishing are well melting together & reveal a complex floral, fruity (yellow fruit, apricot, a hint of exotic fruit coming from the esters) bouquet. It is also honeyed, herbaceous, spicy, engaging. Palate : Beautiful floral attack (again the esters play the first violin), fruity as well (yellow peaches, candid citrus fruit, citron, quince, but also some dried apricots). A palate faithful to the nose, but with a more robust side (typical of the Warenghem distillery), with its dried oak style as well. It evolves then towards more sweetness,with a hint of honey, and the finish is in a decrescendo showing a beautiful note of pastry icing sugar (I’m thinking there of a famous French pastry called « Mille-Feuilles Â» = Thousand leaves), but alas too quick. A longer finish & a sustained gourmet one would have made it get an even higher rating. With Water : Rather long, good, hesitating between a rounded honeyed sweetness & a more characterful profile with more spices.

Conclusion : A nice ARMORIK expression, with a yet unseen or rare finish in French whisky category, well made, gourmet & well balanced. And, as an icing on the cake, a pretty nice original arty packaging, and different from the one, more sober, of the current core range. The bottle is not sold with a box, but goes with a hessian bag with a sober maritime touch. Confirmed Rating : 91/100

 

 

 

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 One of the latest ARMORIK, the "BREST 2020", a lovely whisky. Photo: Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

 

Gros Plan No 4 sur la distillerie NORTHMAEN

 

GROS PLAN No 4 / FOCUS No 4:

 

Visite de la ferme, brasserie & distillerie NORTHMAEN, Normandie, FRANCE

NORTHMAEN Farm, Brewery & Distillery visit, Normandy, France

 

Mise en ligne le: 12/09/2019-Mise à Jour (& révision) du: 15/06/2021

First published: 12/09/2019 -Updated & revised: 15/06/2021

 

Toutes photos: © Grégoire Sarafian/Droits réservés, sauf celles avec Dominique Camus & l'affiche du Festival, appartenant à la distillerie (merci à elle)

All pics: © Grégoire Sarafian/Copyrighted, except those with the founder D. Camus & the festival poster, courtesy of the distillery)

 

 

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Les whiskies dégustés à la distillerie (dont la bouteille acquise sur place), et la brochure de la distillerie.

 

 

Dans ce nouveau numéro de la rubrique GROS PLAN, je vous parlerais de ma visite cet été à la ferme-brasserie-distillerie française NORTHMAEN située en Normandie, et produisant principalement de la bière, mais aussi depuis 1999 également du whisky. Vous y trouverez 4 Notes de notes de dégustation concernant leurs différents single malts, tous non filtrés à froid et non colorés.

Merci encore à Céline pour la visite guidée des lieux, très complète, et, il faut le souligner, gratuite pour tout le monde, donc pas seulement pour votre serviteur, et ce, tous les samedi après-midi (détails & horaires de visite sur leur site en ligne, voir plus loin). Merci aussi pour m’avoir laissé échantillonner 3/4 de leurs whiskies (j’ai fait l’acquisition du 4 ème, mon préféré), tous également dégustés sur place, ainsi que de m’avoir fait déguster 3 des 13 bières produites à l’heure actuelle, mais aussi, plus rare même en Ecosse, de nous avoir proposé de goûter l’orge maltée de 4 différentes façons. Comme à l’accoutumée, les dégustations & échantillons gratuits sont appréciées à sa juste valeur, ils m’aident à avoir plus de choix de ce que je peux chroniquer, sachant que je n’ai aucun soutien financier pour acheter du whisky, mais je précise que, comme d’habitude, croyez-le ou non, cela n’a en aucune façon altéré mon jugement au sujet de ces whiskies.

In this new FOCUS number, you will find a report about a French farm-brewery-distillery called NORTHMAEN located in Normandy that I have visited this summer. There are 4 tasting notes about all the whiskies they produce there since 1999, even if it is marginal in their production mainly focused on brewing. All their whiskies are un-chillfiltered & un coloured.

Thanks again to the distillery staff (Céline, here, in one of the 2 dry warehouses, also sheltering swallows part of the year !) for letting us try their production (3/13 beers, 4/4 of their whiskies, and sample 3 of their whiskies (actually 3, because I did purchase a full bottle of the 4th one, which was also my favorite). A thank you to the staff also because we have been proposed to taste 4 different types of malted barley, which is rather unusual in a distillery visit, even in Scotland. The visit is free for everyone, on every saturday (for details, please see the link further below), along with the tastings kindly offered after the visit, at the bar. As usual, to get samples helps me to have more choices of what I can review for you (as I have no financial support of any kind, I can’t buy everything on the market), and it is much appreciated, but I have to precise also that, once again & believe me or not, this doesn’t mean my opinion has been biased in any way.

 

 

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Céline, notre guide, dans 1 des 2 chais "secs" de la distillerie...abritant une partie de l'année des hirondelles !

 

 

Rappel de mon barĂŞme de notation/Reminder of my rating system :

Notation (Scoring System)

 

 
 

NOTES DE DEGUSTATION PUBLIEES DANS CE NUMERO (voir plus loin) :

(For TASTING NOTES published in this issue-see further below)

 

 

-NORTHMAEN “THOR BOYO” (3 ans), 2019, SINGLE MALT, Single-Cask*, non coloré, non filtré à froid, 42 %

-NORTHMAEN “BRUT DE FUT” (même recette que le “THOR BOYO”) 5 ans, 2019, SINGLE MALT, Single-Cask*, (idem), 53 %

-NORTHMAEN “FAFNIR” (5 ans), 2019, fumé au bois de hêtre, SINGLE MALT, Single-Cask*, (idem), 43 %

-NORTHMAEN “KENNING” (6 ans), 2019, SINGLE MALT, fût d’Acacia (ex-vin de Sauternes), Single-Cask*, (idem), 42,4 %

*A Noter: Tous les single malts embouteillés par cette distillerie sont des single-casks, mais aucun n’est (du moins publiquement) pourvu d’un numéro & d’une date pour le distinguer d’un autre, donc seul le code-barre et l’année d’achat (car il y a pu de stock à chaque fois) peuvent aider à identifier telle ou telle bouteille. Le charme d’une petite entreprise artisanale qui revendique une certaine décontraction dans sa manière de produire ses bières et whiskies !

ENGLISH Note: All the single malts whiskies bottled by this distillery are single-casks, but none (of the ones I saw at least) bear a cask number & a date to help us distinguish one from another. In other words, the casks are numbered & dated for sure, but about the bottles, only the bar code & purchase date can help identify your bottle. This is I guess part of the charm this craft beer & whisky company has, as they like to work in a relaxed way!

 

 

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Les 4 whiskies proposés par la distillerie, ainsi que la gelée de bière (non dégustée).

 

***

 

PRESENTATION DE LA FERME-BRASSERIE-DISTILLERIE

NORTHMAEN:

 

 

Tout d’abord il faut se rendre dans la campagne normande (la ferme-brasserie-distillerie est située à environ 40 km de la ville de Rouen (prendre l’ A28 depuis Paris, par exemple), et prendre un petit chemin pittoresque ou l’on aperçoit tout d’abord le charmant cabanon qui renferme le puits (qui sert à la récupération des eaux de pluie) utilisé pour réduire les whiskies au pourcentage d’alcool souhaité ainsi que les plus anciens bâtiments de la ferme (y compris l’an des 2 chais de la distillerie), puis les plus modernes, dont le principal (de 1500 m2, construit en 2004), qui renferme la brasserie & distillerie, le centre d’accueil des visiteurs (en fait une première pièce sert de secrétariat & de point de vente des accessoires vestimentaires liés aux activités brassicoles des lieux (qui passent de 700 litres à ses débuts à 4000 de nos jours, soit 400 000 litres par an), puis l’on accède à un grand bar, tout simplement situé dans un des halls de production et de stockage des fûts de bières).

 

 

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Le gigantesque bâtiment qui accueille la brasserie et la distillerie de nos jours, ce depuis 2004

 

 

La brasserie, avant de devenir une distillerie mais aussi une ferme, naît en 1997, dans une vieille étable (de 200 m2), de la volonté de Dominique Camus, technicien chimiste, qui va y produire de la bière (jusqu’à 17 variétés différentes à son apogée, 13 de nos jours), puis peu après, il achètera 30 hectares de terre afin d’y cultiver l’orge nécessaire à l’élaboration de ses bières (commercialisées d’abord sur les marchés fermiers de la région), mais aussi de ses whiskies, produits à partir de 1999. C’est en 2002 que sort le premier whisky, le fameux “THOR BOYO” (son nom est né d’une blague, car les premiers résultats décoivent son créateur, mais aussi du fait de l’ancrage volontairement très “Viking”, mais j’aurais l’occasion d’y revenir), et c’est en 2005 que la production du whisky se stabilise, avec petit à petit 4 whiskies différents à proposer au public, dont une version à 53 % nommée “BRUT DE FUT” (version réduite, en réalité), puis une version vieillie en fûts d’Acacia ayant auparavant contenu du Sauternes, ainsi qu’une version fumée au bois de hêtre (ce qui n’est pas commun).

 

 

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 Dominique Camus, le fondateur de la brasserie-distillerie NORTHMAEN, montrant ses rĂ©compenses (2 fois mĂ©daille d'or au concours agricole)

 

 

ENGLISH Summary: The NORTHMAEN farm-brewery-distillery is located in Normandy, around 40 km to the city of Rouen, in a picturesque country area and is partly very old (for instance for one of the 2 whisky warehouses), partly modern (looking more like a generic warehouse than an industrial plant). The first thing you see when you arrive on site is a charming little cabin which shelters a well (more a rainwater reservoir than a genuine well in fact, but it goes 40 meters under the earth) which is mainly used to reduce the whiskies to 40 or around 42 % abv. The brewery (which started in an old stable in 1997, producing only around 700 liters that year) & distillery (since 1999) part is located now in the modern huge building (1500 square meters, built in 2004) which also contains a beer bottle plant (producing now 400 000 liters per year & a bar which is informally the visitor center part, along with the office aside.

The founder, Dominique Camus, was a chemist technician and he experienced there up to 17 different kinds of beers (nowadays there are 13 references). He bought 30 acres of soil to grow the barley he needed for his beers, but also for his whiskies since 1999. The first whisky ever produced by the distillery was the “THOR BOYO” (a joke after the Viking God’s name & a French expression meaning a harsh spirit) launched in 2002, and then 3 other references (see further below) & stabilized production will be set in 2005.

 

 

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Le vieux puits dont l'eau sert à réduire les whiskies produits un peu plus loin sur le domaine

 

 

En termes de marketing, NORTHMAEN se positionne clairement comme lié à l’héritage Viking de la région: Des drakkars venus principalement du Danemark remontent en effet pour la première fois le cours de la Seine en 841, pour y exercer un pillage qui en sera suivi d’autres, ainsi que l’occupation d’une partie de ses berges, ce qui forcera le roi des Francs Charles III le Simple à signer avec les Vikings (et leur chef Rollon) un traité de paix en 911 (le traité de Saint-Clair-sur-Epte), leur concédant l’équivalent de la Haute-Normandie actuelle, en échange de l’arrêt des pillages et de leur conversion au Christianisme. “Le Pays des Hommes du Nord” devient ainsi la “Normandie” (d’ou le nom de la distillerie). Les Vikings resteront dans la région environ 70 ans encore, ceux qui s’y sont installés définitivement le demeurèrent par assimilation. Cet héritage viking est célébré de manière joviale par la brasserie-distillerie NORTHMAEN notamment par l’organisation d’un festival (en Mai ou en Juin), le “NORTHFEST”, qui réunit plus de 2500 personnes chaque année, autour d’un camp médiéval reconstitué, dans lequel les métiers artisanaux y sont mis à l’honneur, des concerts de musique organisés, de la restauration également et bien entendu les bières & cervoises de la brasserie y sont dégustées.

 

 

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 Un Ă©chantillon des bières produites par NORTHMAEN, avec leurs Ă©tiquettes folkloriques !

 

 

ENGLISH Summary: Marketing wise, the distillery clearly plays the spectacular Viking influence chord, but it isn’t an invention, as Viking longships coming from Denmark have been sailing back up the River Seine (a famous river that also crosses the city of Paris) in 841, and after decades of pillaging, a peace treaty was signed between the chief Viking Rollon & French (“Francs” at this time) King Charles III the Simple in 911, so the Vikings stayed there for around 70 years more before most of them were finally assimilated within the local population and embraced Christianity. So NORTHMAEN brewery-distillery celebrate his (...ok partly !) Viking heritage with a yearly festival (in May or June) called “NORTHFEST”, where 2500 people are gathered around a medieval camp reconstruction. Ancient craft occupations are shown, as well several other activities related to Medieval times. Music concerts are organized & of course beers (including ancient “Cervoise” beers) & whiskies from the distillery are poured there.

 

 

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Concernant le WHISKY: La ferme produit de l’orge sur 30 hectares, ainsi que du blĂ© sur 10 hectares. Trois chais sont consacrĂ©s Ă  la maturation du whisky, deux chais “secs” (j'ai visitĂ© l'un des deux) et un “humide” (dans une ancienne cave Ă  fromage, fermĂ© au public, l'entrĂ©e Ă©tant très glissante, mais j'ai pu le visiter en 2021). Un tonnelier local et un autre situĂ© Ă  Bordeaux (Bossuet), voire d'autres encore, fournissent et entretiennent des fĂ»ts de chĂŞne ayant contenu du vin de Bordeaux rouge, ou encore des fĂ»ts d'acacia ayant contenu du Sauternes, tandis que d’autres sont remplis d’eau-de-vie de cĂ©rĂ©ales (je suppose que la guide a voulu dire « distillat de whisky Â»), avec enfĂ»tage (rĂ©duit) Ă  63 % d’alcool. La distillerie produit du whisky que durant 2 saisons de distillation, au mois de fĂ©vrier et au mois d’avril.

 

 

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 Les diffĂ©rents types de maltage de l'orge utilisĂ©s par la distillerie, et au premier plan, les houblons.

 

 

Il y a actuellement 4 whiskies qualifiés de single malt produits par la distillerie. J’emploie volontairement et non péjorativement l’adjectif “qualifiés” car selon les normes écossaises, par exemple, ces whiskies ne pourraient vraisemblablement pas être considérés comme des single malts en raison du mode original de production local, mais aussi, pour certaines versions, l’emploi de fûts qui ne sont pas des fûts de chêne, la distillerie utilisant parfois, pour la version "Kenning", des fûts d'acacia. Autrement, ce sont des fûts de chêne ayant contenu du vin de Bordeaux rouge, grattés, toastés & modérément brûlés. Particularité principale côté distillation: La distillerie utilise un vieil alambic (1969) itinérant de spiritueux autres que le whisky (Armagnac, ici, mais parfois on faisait au du Cognac ou du Calvados dans ce type d'alambic) qui est théoriquement un alambic à repasse, mais d’après ce que j’ai compris s’apparente davantage formellement à un alambic à colonne continue (utilisée en Ecosse pour les single-grains & autres spiritueux) qu’à repasse (d'après ce que j'ai retenu de la visite), avec col coupé (un peu comme la distillerie OLD PULTENEY), mais plusieurs plateaux de rectification (là on se rapprocherait plutôt de LOCH LOMOND) et surtout le brassin n’y est distillé qu’une seule fois (ce qui n’est pas accepté pour la dénomination single malt en Ecosse). Autre singularité, possible car la production est faible en quantité (35 fûts de whisky par an seulement y sont produits), l’usage de bois pour le chauffage de cet unique alambic pendant longtemps (il est maintenant chauffé au gaz). L’alcool monte jusqu’à 80 %, et est mis en fût (ou “enfûté”) à 63 % (en Ecosse, rappelons que la règle courante, notamment pour faciliter la vente en vrac d’alcool d’une distillerie vers une compagnie d’assemblage, est d’enfûter à 63,5 %, en tout cas depuis le milieu des années 2000). Chaque bouteille de whisky produite ici est un fût unique (“single-cask”) élevé dans des fûts de 90 à 100 litres, voire davantage, et donne en général entre 210 (pour la version “BRUT DE FUT”) et 250 bouteilles (pour les 3 autres versions réduites à 42 ou 42,4 %).

 

 

 

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Les 7 différentes cuves de brassage, chacune pour l'élaboration d'une bière différentes (7 bases pour les 13 bières produites)

 

 

ENGLISH Summary (more about their WHISKIES): The NORTHMAEN farm produces barley on 30 acres, plus wheat on 10 acres. Three warehouses are devoted to whisky casks maturation, two “dry” one (I have visited one of them), and a “damp” one (from the 19th century). A local cooper & another one located in Bordeaux (South East France) provides the distillery with casks that previously held red wine or distilled barley, then, once emptied, shaved, toasted & medium recharred (these kind of casks are these days named "S.T.R." & more & more often used especially by new distilleries in Scotland & England), the casks are filled with new make reduced to 63 % abv. NORTHMAEN has only 2 distillation seasons, one in February, the other one in April.

 

 

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L'unique vieil alambic itinérant très original de la distillerie, significatif de nombre de distilleries françaises, pratiquant la récupération.

 

 

The distillery produces 4 whiskies that are called single malts. I use the term “called” because I am not sure that if the whisky was made in Scotland it would have the right to be called “single malt” because of the original production mode NORTHMAEN uses: For some expressions such as the “KENNING”, the distillery uses acacia cask & not oak casks, while for the others they use only ex-Red Bordeaux wine S.T.R. casks (though they're moderately recharred only or not recharred). The main particularity distilling wise here is that NORTHMAEN uses an old (1969) single wandering still which was previously used for other spirits than whisky (Armagnac, mainly, sometimes Cognac or Calvados). The unique still looks like a cut swan neck (a bit like OLD PULTENEY’s one), but is in practise rather used as a column still (as I've been told), and only once (one distillation only). Another unusual thing to mention here, because the whisky production is low (35 whisky casks are filled only in a year), for a long time the still was heated with wood, even if in a more recent time it is now heated with gas. The alcool goes up to 80 % abv, then is reduced to 63 % for cask filling. Each bottle of whisky produced here is a single-cask matured in 90 to 100 liters (sometimes more) casks, and gives most of the time around 210 bottles (for the “Cask Strength” version) to 250 bottles (for the 3 other expressions reduced at 40 or 42-42,4 % abv).

 

 

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 Le chai "sec" de la distillerie, vu sous un autre angle. C'est un chai traditionnel, mais ouvert sur l'extĂ©rieur le plus souvent, ce qui l'est moins.

 

 

Un mot sur leurs BIERES : L’orge (pour la plupart des rĂ©fĂ©rences) et le blĂ© (pour la bière blanche) sont produits localement, sur le domaine, tandis que les houblons (le houblon est la plante qui donne Ă  la bière son amertume, cette plante est absente de la variĂ©tĂ© de bière qui deviendra ensuite du whisky) viennent de Belgique (par sacs de 25 kg), mais l’objectif de Dominique Camus est de pouvoir produire prochainement en agriculture biologique et le plus local possible. 2 Ă  3 brassins sont produits chaque semaine (1 tonne brassĂ©e donne 700 litres de drèches-des rĂ©sidus destinĂ©s Ă  l’alimentation animale), ce qui donne 4000 litres de bière en une journĂ©e. 3 principaux types de malt sont utilisĂ©s pour la production des bières, le “Pilsen” (pour la bière blanche-du malt de blĂ©), le “Caramel” (pour la bière blonde), et le “Chocolat” (pour la bière brune), ainsi que du Froment. Le malt chocolat est connu surtout pour sa couleur très foncĂ©e du Ă  une forte torrĂ©faction de l’orge, et les amateurs de whisky l’ont probablement dĂ©jĂ  rencontrĂ© dans la version nommĂ©e “Signet” du single malt Ă©cossais GLENMORANGIE (lancĂ© la première fois en 2008), et auparavant, par exemple Ă  une occasion par la distillerie The BALVENIE dans une version nommĂ©e « Roasted Malt Â», une Ă©dition limitĂ©e parue en 2006. Hormis la mise en cartons des bouteilles, demeurant manuelle, la production est semi-automatisĂ©e (le domaine emploie entre 5 et 9 personnes, 5 l’étĂ© apparemment, durant notre visite), les cuves de brassage & de fermentation sont en acier inoxydable, et pour des raisons d’hygiène, 7 cuves de fermentation diffĂ©rentes sont utilisĂ©es pour les bières, une pour chaque variĂ©tĂ©.

La brasserie produit aujourd’hui 13 variĂ©tĂ©s diffĂ©rentes de bières (certaines combinant, sauf erreur de ma part, plusieurs des 7 variĂ©tĂ©s de base), dont les 3 bières que j’ai pu dĂ©guster: La “Blanche” (parfumĂ©e Ă  la coriandre, excellente), Ă  5 %, â€śLa Belle au BĂ»cher” (en hommage Ă  Jeanne d’Arc!), une bière ambrĂ©e fumĂ©e au bois de hĂŞtre (une originalitĂ©, mais je ne l’ai pas aimĂ©e), Ă  5 %, la ”Bière des 11 siècles de la Normandie” (aromatisĂ©e Ă  l’écorce d’orange amère & Ă  la rĂ©glisse-excellente !), titrant 11 %. D’autres bières sont aromatisĂ©es Ă  la cannelle, au miel, Ă  la châtaigne, par exemple. Il existe aussi une cervoise nommĂ©e “Yggdrasil”, qui est infusĂ©e au frĂŞne. A noter, faute de rentabilitĂ©, la bière parfumĂ©e Ă  la bruyère a du ĂŞtre abandonnĂ©e, hĂ©las. Les amateurs de bière Ă©cossaise Ă  la bruyère, eux, se rattraperont sur la “FRAOCH”, de tradition millĂ©naire (2000 avant J.C.!).

 

 

 

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 Le nombre de bières diffĂ©rentes produites par la brasserie NORTHMAEN est impressionnant, 17 par le passĂ©, encore 13 de nos jours.

 

 

ENGLISH Summary (more about their BEERS): The barley used for most of NORTHMAEN beers and the wheat (used for the white beer) are produced locally on the farm, while the hops (for those who don’t know the hop is the plant that brings bitterness into beer, but when you produce a beer to become whisky after distillation, you don’t add hop) are coming from Belgium (by 25 kg bags). But Dominique Camus’s goal is to create soon beers that will be 100 % organic & as much local as possible in the process. He makes 2 or 3 washes each week : One brewed ton of wash makes 700 liters of draff (draff is barley husk & other residue that are used to feed most often cattle), which becomes 4000 liters of beer per day.

Three main malt types are used for beer production, the “Pilsen” (for the white beer, it is basically malted wheat), the “Caramel” (for blonde beer), and the “Chocolate” (for stouts), as well as some other variety of wheat called “froment” in French. The “chocolate malt” is mostly famous for its very dark color due to a heavy roast of the barley, and whisky lovers probably know it already & mostly about a GLENMORANGIE expression called “Signet” using this particular malt type (first released in 2008), and for instance before it, once in a 14 yo The BALVENIE expression called “Roasted Malt”, a limited edition released in 2006. Another thing, except the bottles boxing, manual, the production is half-automated, with 5 to 9 people employed (5 during summer it seems, when I visited it), the mashtun & the washbacks are made of stainless steel, and, for health reasons, 7 different washbacks are used for the beers, one for each current type of beer produced.

The brewery produces currently 13 different types of beers, some combining several ones from the 5 to 7 basic types produced, including the 3 beers I did taste during my visit: The “White” (“Blanche” in French), flavoured with coriander, excellent, 5 % abv, the “Beauty on the stake” (“La Belle au Bûcher”, a tribute to Joan of Arc!), a stout beer smoked by using beech tree oak (quite original, but I didn’t like it), at 5 % abv, and the “11 Centuries Norman Beer” (in French: la ”Bière des 11 siècles de la Normandie”), flavoured with bitter orange peel & liquorice, an excellent one I have to say, with a high abv of 11 %. Other beers are flavoured with cinnamon, honey, chestnut, for instance. There is also a “cervoise” (a very ancient type of beer, sometimes also called “barley beer”) called “Yggdrasil” infused with ash tree oak. Unfortunately, because of a too low cost-effectiveness, another very old type of beer, flavoured with heather, had to be stopped recently. Heather flavoured beer lovers can still catch a Scottish one called “Fraoch”, a more than millenary one, from 2000 B.C.

 

 

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Un fût de bière en métal, prêt à partir pour alimenter l'un des établissements partenaires (bars, restaurants, etc...)

 

 

 

Pour en savoir plus et visiter la ferme-brasserie-distillerie NORTHMAEN :

(to learn more & visit the NORTHMAEN farm-brewery-distillery):

http://www.northmaen.com/

 

 

 

NOTES DE DEGUSTATION :

(TASTING NOTES)

 

 

-NORTHMAEN “THOR BOYO” (3 ans), 2019, SINGLE MALT, Single-Cask*, ex-fûts de vin de Bordeaux rouge (fûts de chêne grattés, toastés, puis modérément brûlés); whisky non coloré, non filtré à froid, 42 %:

Couleur: Or à vieil or. Nez: Fin, marqué par la verveine, le miel (voire même une note d’hydromel), le cidre, de discrets agrumes & autres fruits confits (orange, abricot, papaye) mêlés d’esters, de fleurs, il est également marqué par une petite note de caramel au beurre salé, curieusement. Bouche: La verveine, l’hydromel (note assez affirmée), le miel & le cidre, ainsi que quelques esters, dominent le palais, tandis que quelques épices douces donnent un effet de picotement sur la langue en finale. Assez plaisante, mais certes singulière pour les habitués du whisky écossais, elle est plutôt agréable. Tenue à la dilution: L’ajout de quelques gouttes d’eau révèle une note de levure de bière qui trahit son jeune âge, mais le whisky fait toujours preuve d’une belle souplesse, avec une dominante végétale et florale plus affirmée. Attention cependant, car davantage d’eau ferait ressortir une note cartonneuse discrète, mais peu agréable. Conclusion: Un bon whisky apéritif, sans prétentions, plutôt bien fait, très fin mais tout de même expressif, bien que distillé une seule fois et dans un alambic proche des alambics à colonne ! Indication de Prix (à noter, il s’agit ici du prix de vente à la distillerie, il sera supérieur ailleurs): 33 €.Note confirmée (après 3 dégustations): 85/100

ENGLISH Version (this entry level expression is matured in ex-Red Bordeaux wine oak casks for 3 years, is non colored & non chill filtered, and is always from a single cask, reduced here to 42 % abv). The name  "THOR BOYO" is a play of words between the Viking God "Thor" & the French expression "tord boyaux" which basically means "rotgut", as the distiller named the first batches runs...) :

Color: Gold, to old gold. Nose: Refined, with clear notes of verbena, honey (even some mead-fermented honey), cider, some discrete citrus fruit & other candied fruit (orange, apricot, papaya), mixed with estery notes, diverse flowers, but also, strangely, with a wee note of salted butter caramel. Palate: The verbena, the honey & mead, some cider & esters dominate the palate, while some sweet spices provoke a slight prickly impression in the finish. With water: A few drops of water reveal a beer yeast note that confirms its young age, and more suppleness, while the green & floral notes are leading, but more water might also bring more of a discrete but unpleasant cardboardy note. Conclusion: A nice aperitif whisky, unpretentious, rather well made, rather light, but with some expressivity despite the fact it is only distilled once & in a special still that works almost like a column still ! (even if it doesn't seem to be the case). Like the 3 others, it is non chill filtered & non colored. Price indication (distillery price, expect a higher one elsewhere/Limited distribution, so please see retailing places on the distillery’s website): Confirmed rating (after 3 tastings): 85/100

 

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-NORTHMAEN “BRUT DE FUT” (même recette que le “THOR BOYO”) 5 ans, 2019, SINGLE MALT, Single-Cask*, non coloré, non filtré à froid, non réduit, 53 %:

Couleur: Vieil or. Nez: Puissant, marqué par la verveine, mais surtout par une note d’hydromel très puissante, de miel d’acacia, de bruyère & de châtaigne, il révèle également au second plan des notes de cidre, d’agrumes & autres fruits confits (orange, abricot, papaye), des notes mêlés d’esters, de fleurs. Il évolue ensuite sur une note de levure de bière qui s’éloigne un peu de la note de cidre initiale, et une note de solvant apparaît, et presque une note de seigle épicée. L’on se rapproche du “territoire aromatique” des whiskies de seigle nord-américains. Bouche: L’hydromel domine nettement en attaque, les notes miellées variées également (la bouche reprend fidèlement les notes du nez), les notes fruitées sont assez fondues, tandis que des épices douces viennent enrober cette note étonnante proche du seigle, acidulée et parfumée (fleurs capiteuses). Aromatiquement parlant, là encore, l’on se rapproche des “Rye” whiskeys, et cela m’évoque un croisement improbable entre l’EDDU “Silver” (un autre whisky français, mais à base de blé noir) et le fameux LOT 40...Singulier, en effet, et plutôt bon ! Tenue à la dilution: L’ajout de quelques gouttes d’eau donne plus de souplesse à l’ensemble, avec de riches notes de miel et de fruits acidulés & de fleurs capiteuses au premier plan, les notes plus discrètes (végétales, épices) étant reléguées au second plan. Conclusion:Un whisky puissant, bien parfumé, peut être le meilleur de la gamme avec le “KENNING” (assez différent), et avec d’étonnantes saveurs d’outre-Atlantique... Indication de Prix (à noter, il s’agit ici du prix de vente à la distillerie, il sera supérieur ailleurs): 100 €.Note confirmée (après 3 dégustations): 87,5/100

ENGLISH Version: Color: Old gold. Nose: Powerful, displaying notes of verbena, but mostly with a powerful mead note, and several honey notes as well (acacia, heather, chestnut), but also reveals, on the second ground, notes of cider, citrus fruit & other candied fruit (orange, apricot, papaya), mixed with estery notes, diverse flowers. Then it evolves in a beer yeasty note (that goes away from the initial cider note), and a solvent note appear, and a note almost like a spicy & rye note that rings a “Northern American” bell to my ears. Palate: The honey & mead notes dominates clearly the palate, at least on the attack, everything else is on a second ground, with faithfulness towards the nose. Fruity notes are melted, some sweet spices appear & coat this singular rye-like acidulous note, perfumed with some heady flowers. Again I’m thinking of Northern American rye driven whiskeys, but even more of an improbable crossing between the EDDU “Silver” (another French whisky, but from Brittany, made using buckwheat) and the famous LOT 40 from Canada...Unusual, indeed, and rather good! With water: A few drops of water reveals more suppleness to the ensemble, with rich honey notes, acidulous fruit & heady flowers on the first ground, then more discrete green & floral notes, but on the second ground. Conclusion: This one is said to be the “Cask Strength” version of the “THOR BOYO”(even if it is reduced...), but also aged two more years. Maybe the best of the core range along with the “KENNING” (which bears a different recipe) in my opinion, and with some amazing Northern American aromatic echoes. Like the 3 others, it is non chill filtered & non colored, but it is also unreduced. Price indication (distillery price, expect a higher one elsewhere/Limited distribution, so please see retailing places on the distillery’s website): 100 €.Confirmed rating (after 3 tastings): 87,5/100

 

 

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-NORTHMAEN “FAFNIR” (5 ans), 2019, fumé au bois de hêtre, SINGLE MALT, Single-Cask*, non coloré, non filtré à froid, 43 %:

Couleur: Vieil or. Nez: Note de fumée totalement inhabituelle (évoquant ni un Islay, ni les autres îles, ni un Speyside fumé, ni un Orkney, etc…), puis notes typiques de la distillerie (verveine, miel/hydromel, fleurs & fruits variés, plantes aromatiques). Bouche: C’est là que cela se gâte, car cette note de fumée inhabituelle est prenante, désagréable, et écrase presque complètement les autres notes de la distillerie encore perceptibles au nez (seul quelques notes de miel & d’esters parviennent à s’exprimer un peu). Cette note fumée dominante souligne à la fois une certaine immaturité et pour moi un défaut, symbolisé par une désastreuse forte note cartonneuse en milieu et fin de bouche qui semble profondément liée à la note fumée, mais je peux me tromper. Tenue à la dilution: Mauvaise! Conclusion: Une version étrange, plutôt déséquilibrée, avec de gros défauts, et pour moi le pâle reflet de ce que peut faire la distillerie. Une expérience de fumage alternatif à la tourbe qui pour moi ne devrait pas être renouvelée (la bière fumée au bois de hêtre ne m’a pas plu non plus). Indication de Prix (à noter, il s’agit ici du prix de vente à la distillerie, il sera supérieur ailleurs): 53 €.Note confirmée (après 3 dégustations): 44/100

ENGLISH Version: Color: Old gold. Nose: A very unusual smoky note dominates the nose (this one is smoked using beech tree), a different note from the different types of smoke that Scottish varied areas distilleries produce (neither an Islayer or Islander, nor a Speysider). Then, the typical NORTHMAEN note appear (verbena, honey/mead, varied fruit & flowers, some botanicals as well). Palate: This is where the things gets tough, unusual, unpleasant, because this weird smoky note takes the lead, at the point where it almost erases all the other notes. Sure one can still feel a bit some honey & estery notes, but they struggle to have their say. I find this whisky showing some immaturity there and with another major flaw, a strong cardboardy note that appears at mid palate & in the end. It seems that this note & the smoke are linked, but I might be wrong. With water: Just forget the idea, because it would be even more cardboardy! Conclusion: A weird expression, rather unbalanced, with some major flaws, and not very faithful in my opinion to what the distillery can do. An experience (using a beech tree for the smoke) that the distillery should probably think of stopping it in my opinion. Besides, I also didn’t like the beer also smoked by beech tree at all. Price indication (distillery price, expect a higher one elsewhere/Limited distribution, so please see retailing places on the distillery’s website): 53 €.Confirmed rating (after 3 tastings): 44/100

 

 

 

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-NORTHMAEN “KENNING” (6 ans), 2019, SINGLE MALT, fût d’Acacia ayant contenu du vin de Sauternes, Single-Cask*, non coloré, non filtré à froid, 42,4 %:

Couleur: Acajou à ambrée, à reflets orange/rougeâtres. Nez: Fin, d’abord un rien cartonneux, mais c’est fugace, puis très vite un complexe bouquet qui rappelle à la fois le “THOR BOYO” (en version brut de fût), avec de belles notes de miel de bruyère, d’acacia (voire de châtaigne), d’esters, de fleurs un rien capiteuses (lilas), et allant vers autre chose: Une corbeille variée de fruits confits & fruits secs, comme une note de carton ou bois brûlé brûlé (mais légère & plaisante), des notes de cidre & de poiré. Bouche: Belle complexité en bouche également, avec beaucoup de finesse (n’oublions pas aussi que nous parlons là d’un whisky distillé une seule fois dans un alambic peu orthodoxe !). Belle reprise des notes du nez, avec un bel équilibre (miels divers, fruits & confits & secs, avec une tonalité orientale: raisins de Corinthe, dattes, figues, mais aussi abricots, pruneaux), quelques épices douces (gingembre doux), mais aussi une note d’orge maltée torréfiée, et une pointe de chocolat noir. Tenue à la dilution: Ne pas trop diluer étant donné le faible titrage, mais quelques gouttes d’eau révèleront, outre une continuation avec souplesse de ces mêmes notes, une très discrète mais délicieuse note de sherry à l’ancienne (symbolisée par des cerises au marasquin), de noix écrasées et de pudding de Noël allégé en sucre. Presque une note d’Armagnac aussi. Conclusion: Un pari réussi, l’influence d’un vieux fût de Sauternes sur le distillat très léger et délicat (et fragile aussi) de la distillerie. Pour moi une vraie réussite ! Indication de Prix (à noter, il s’agit ici du prix de vente à la distillerie, il sera supérieur ailleurs): 75 €.Note confirmée (après plus de 4 dégustations): 89/100

ENGLISH Version: Color: Between mahogany & amber, with some orange to red reflections. Nose: Refined, sharp, a bit cardboardy at first (hopefully it doesn’t last), then there is quickly a complex bouquet that reminds me both the “THOR BOYO” (the Cask Strength one), with beautiful heather honey, acacia honey (even chestnut honey), some esters, some a bit heady flowers (lilac), but also going to something else: A varied candied & dried fruit basket, with a bit of burnt cardboard or wood (but light & pleasant), then notes of cider & poiré (“poiré” is a French cider made of fermented pears). Palate: There is a beautiful complexity on the palate as well, with a lot of finesse (let’s not forget we’re talking of a whisky distilled only once, and in an unorthodox still to say the least!). Nicely, the palate is faithful to the nose, with a beautiful balance, mixing varied honey types, candied fruit, dried fruit (with an oriental touch: currants, dates, figs, but also apricots, prunes), some sweet spices (including sweet ginger), but also a roasted malted barley note, with a hint of dark chocolate. With water: Do not dilute as the abv is already low, so a few drops of water will be enough to help getting more suppleness about the same notes, but also to bring new ones, such as a discrete but delightful old fashioned sherry note (symbolized by maraschino cherries notes), crushed walnuts & “diet” Christmas Pudding. I also almost notice an Armagnac note there. Conclusion: A won bet here, to let the Sauternes wine cask speak & play on a very light & delicate distillate (& fragile as well). A real success here in my opinion. Price indication (distillery price, expect a higher one elsewhere/Limited distribution, so please see retailing places on the distillery’s website): 75 €. Confirmed rating (after more than 4 tastings): 89/100

 

 

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EPILOGUE (note du 15/06/2021): Davantage bientôt sur cette distillerie de manière un peu inattendue sans doute pour vous, un peu moins pour moi, mais j'espère vous annoncer une bonne nouvelle très bientôt, plus vraisemblablement désormais à la rentrée... A suivre ! Un indice...? Je suis retourné à la distillerie en Mai 2021 & pas que pour "regarder"!

EPILOG (note from 15/06/2021): More soon about this distillery in a way that might be unexpected from me to you, a bit less to me, though, and I hope to bring you some good news soon, in the fall now most probably...To be followed ! A clue for you...? I did go back to this distillery in May, this year, and I didn't only "watch" !

 

 

Gros Plan No 3 sur la Distillerie GLEN MORAY

 

GROS PLAN (No 3) sur la Distillerie Ecossaise GLEN MORAY :

 (FOCUS No 3 on GLEN MORAY DISTILLERY)

Short tasting notes for each whisky reviewed available after the historical background in French...

 

 

 Première mise en ligne le: 18/04/2017

Mise Ă  jour du: 24/01/2018

 

AVANT-PROPOS :

 

A l’occasion du 120 ème anniversaire de la création de la distillerie GLEN MORAY, fondée en 1897, mais aussi de l’opportunité qui m’a été donnée encore en 2016 de déguster des échantillons de fût parfois rares, j’ai pensé que le temps était venu de mettre un coup de projecteur sur cette distillerie encore trop méconnue et souvent regardée de haut qu’est GLEN MORAY.

 

 

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Le GLEN MORAY 12 ans d'âge, un joli single malt apéritif, le fleuron de la gamme régulière depuis longtemps, ici en version relookée l'an dernier, au sein de la nouvelle collection "Elgin Heritage".

 

 

 

Oui, au-delĂ  de la gamme rĂ©gulière, qui a d’ailleurs quelque peu Ă©voluĂ© ces dernières annĂ©es, il semble clair Ă  votre serviteur que les chais de cette distillerie regorgent de distillats intĂ©ressants, de whiskies jeunes ou vieux de qualitĂ© et que, par ailleurs, malgrĂ© les contraintes Ă©tablies par son propriĂ©taire, son maĂ®tre-distillateur & directeur, Graham Coull (qui n’est jamais que le 5 ème dans l’histoire de la distillerie !) sait rĂ©gulièrement les mettre en valeur.

 

En Ă©dition rĂ©gulière comme en Ă©dition limitĂ©e (single-cask ou pas…), Graham Coull peut visiblement faire de belles sĂ©lections, comme j’ai pu encore le constater rĂ©cemment, par exemple lorsqu’il apporte des Ă©chantillons de fĂ»t hors commerce qu’il fait gĂ©nĂ©reusement dĂ©guster lors de certains salons du whisky de par le monde. Un grand merci donc Ă  ce vĂ©ritable « gĂ©nie Â» assembleur et sĂ©lectionneur de fĂ»ts, dont j’avais fait le portrait sur le site il y a quelque temps.

 

 

 

 

 

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Graham Coull, l'homme derrière le style GLEN MORAY, ici dans un des chais traditionnels ("dunnage warehouse"). Merci à lui pour la photo.

 

 

 

 

-Voir son PORTRAIT (ancien): Graham COULL (Portrait)

 

Au-delĂ  de ce « Gros plan Â», vous trouverez en lien ci-dessous une INTERVIEW rĂ©cente de Graham Coull, puis TOUTES mes NOTES DE DEGUSTATION (soit 31 notes + 3 associĂ©es) concernant la distillerie GLEN MORAY, rĂ©visĂ©es et parfois augmentĂ©es !

 

-Voir son INTERVIEW (rĂ©cente-also available in ENGLISH) :

Graham COULL (Interview)

 

Parallèlement l’EDITORIAL N° 21 comportera uniquement des notes de dégustation de divers whiskies de l’Ecosse et du Monde, en une première sélection, cette fois consacrée en grande majorité aux BLENDED WHISKIES.

EDITORIAL 21 (et page d'accueil)

 

RAPPEL:

 

Rappel de mon BAREME DE NOTATION Ă  toutes fins utiles (rappelons que ma moyenne est de 75/100, et non de 50/100, un choix personnel):

Mon BAREME de NOTATION/My SCORING SYSTEM

 

 

 

BREF HISTORIQUE DE LA DISTILLERIE:

 

FondĂ©e en 1897, la distillerie GLEN MORAY est situĂ©e dans la rĂ©gion du Speyside, le long de la rivière Lossie, près d’Elgin, dans le comtĂ© du Moray-Shire, sur le site d’une ancienne brasserie, la « West Brewery Â», remontant Ă  1828. La distillerie produit beaucoup de whisky pour les « blenders Â» (assembleurs), et embouteille une partie de son single-malt sous le nom de GLEN TURNER pour les grandes surfaces. PropriĂ©tĂ© de la famille MacDonald & Muir depuis 1920, et ce au sein du portefeuille de GLENMORANGIE Plc (qui comprenait Ă  l’époque Ă©galement les distilleries ARDBEG & GLENMORANGIE) qui en demeurera le propriĂ©taire jusqu’en 2008 (incluant son rachat par LVMH), la distillerie sera vendue alors au groupe français LA MARTINIQUAISE, qui produit notamment le blended whisky « LABEL 5 Â» dont le cĹ“ur est GLEN MORAY. Il entre Ă©galement dans la composition du prestigieux blended whisky « HIGHLAND QUEEN Â» (un whisky crĂ©Ă© en hommage Ă  la reine Marie d’Ecosse), plus connu en Grande-Bretagne (et dans une quarantaine d’autres pays….) que chez nous.

 

 

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Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci à Graham Coull.

 

 

Parmi les faits Ă  signaler dans le passĂ© de la distillerie, il est Ă  noter qu’elle fut fermĂ©e de 1910 Ă  1923, pour des raisons Ă©conomiques, et que son maltage manuel fut progressivement abandonnĂ© Ă  partir de 1958, au profit du procĂ©dĂ© mĂ©canique dit Saladin (commun aux 3/4 des distilleries actuellement). L’on peut Ă©galement mentionner que les chais (pour beaucoup des chais traditionnels ou « dunnage warehouses Â») sont construits en zone inondable et que l’humiditĂ© semble influencer le caractère du distillat, en tout cas c’est l’hypothèse Ă©mise par le maĂ®tre-distillateur Graham Coull. Enfin, GLEN MORAY n’est vendu en tant que single malt que depuis 1976.

La distillerie a donc Ă©tĂ© rĂ©novĂ©e en 1958, puis Ă©galement en 2016 avec l’installation d’une nouvelle cuve de brassage de 11 tonnes (« full lauter mash tun Â») et de cuves de fermentation (« stainless steel washbacks Â»). Les alambics ont Ă©tĂ© rĂ©novĂ©s et optimisĂ©s pour au final avoir 9 alambics Ă  disposition, soit 3 alambics de « Wash Â» et 6 de « Spirit Â», pour une capacitĂ© de production de dĂ©sormais 4,7 Ă  6,5 millions de litres d’alcool pur au lieu de 3,3 millions prĂ©cĂ©demment. Le groupe propriĂ©taire entend ne pas s’arrĂŞter en si bon chemin et envisage d’autres travaux d’extension de la capacitĂ© de production afin d’être en mesure de produire 9 millions de litres dans un avenir proche. D’ores et dĂ©jĂ  les travaux effectuĂ©s en 2014 et 2016 ont permis d’accroĂ®tre la capacitĂ© de stockage sur site Ă  250000 fĂ»ts.

 

 

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Une vue dessinée de la distillerie telle qu'elle devait l'être en 1924. Merci à la distillerie pour la photo.

 

 

Suivant l’exemple de la « distillerie-sĹ“ur Â» du groupe, Ă  savoir GLENMORANGIE, la distillerie fut l’une des pionnières (et la première de la rĂ©gion du Speyisde) en matière de double maturation, affinage et maturation intĂ©grale en fĂ»ts ayant contenu du vin & du vin blanc en particulier, du Chardonnay, notamment, et du Chenin blanc), puis du vin mĂ»tĂ© (Porto, Sherry), ce dès la fin des annĂ©es 1990 (en 1999, pour le Chardonnay-une version qui fut relancĂ©e Ă  nouveau en 2011). A l’époque, la gamme rĂ©gulière comportait un whisky sans mention d’âge, des 8, 12 et 16 ans d’âge, ainsi que des Ă©ditions limitĂ©es en vente Ă  la distillerie ou au-delĂ , notamment un 20 ans d’âge millĂ©simĂ© « 1984 Â», puis plus tard notamment deux fameux single-casks, le « Mountain Oak Malt Â» et un 12 ans d’âge « Single Sherry Cask Â», que votre serviteur a eu la chance de dĂ©guster.

Signalons Ă©galement parmi les sorties importantes, 3 sorties sous l’égide de son nouveau prorpriĂ©taire LVMH, Ă  l’occasion du rachat de la distillerie en 2004, Ă  savoir une version brut de fĂ»t (« Cask Strength Â») millĂ©simĂ© « 1986 Â», un 20 et un 30 ans d’âge, puis l’annĂ©e suivante une version « Manager’s Choice Â» sĂ©lectionnĂ©e par le maĂ®tre-distillateur Graham Coull (elle sera renouvelĂ©e l’annĂ©e d’après) puis en 2006 notamment deux millĂ©simes « 1963 Â» et « 1964 Â». Un 25 ans d’âge affinĂ© en fĂ»ts de Porto (« Portwood finish Â») sortira en 2013 (une première Ă©dition qui en sera suivie d’autres).

 

 

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Les alambics de la distillerie © GLEN MORAY. Merci à la distillerie pour la photo.

 

 

 Le single malt GLEN MORAY n’est traditionnellement pas tourbĂ© en tout cas depuis l’époque contemporaine, mais en 2009, des expĂ©rimentations ont dĂ©butĂ© en ce sens et une version officielle sans compte d’âge de la gamme courante « Elgin Classic Â» nommĂ©e « Peated Â» (Ă  50 ppm) a Ă©tĂ© lancĂ©e en 2015, en attendant d’autres. En 2016, environ 20 % de la production de la distillerie a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă  Ă©laborer un malt tourbĂ©. D’autres expĂ©rimentations sont actuellement effectuĂ©es en 2016 et en ce moment mĂŞme, notamment Ă  partir de fĂ»ts ayant contenu de la bière, du rhum (de chez Depaz) ou encore plusieurs types de vins qui seront ensuite assemblĂ©s en une Ă©dition unique.

 

 

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Une vue des chais de type traditionnel ("dunnage warehouse") de la distillerie  © GLEN MORAY. Merci Ă  la distillerie pour la photo.

 

 

Des Ă©ditions limitĂ©es sont rĂ©gulièrement lancĂ©es (en single-cask ou en small batch), comme par exemple une très belle version millĂ©simĂ©e « 2004 Â» affinĂ©e en fĂ»ts de Madère nommĂ©e « Madeira Cask Finish Â», sortie en 2015 (voir notes de dĂ©gustation plus loin), ainsi que d’autres en fĂ»ts de Sherry ou Porto, mais aussi parfois en fĂ»ts ayant contenu du Moscatel ou du vin rouge de diffĂ©rentes rĂ©gions. Par ailleurs une nouvelle gamme officielle, la collection « Elgin Heritage Â», est lancĂ©e en dĂ©cembre 2016, comprenant deux versions rĂ©duites Ă  40 %, un 12 ans et un 15 ans d’âge, ainsi qu’un 18 ans d’âge (non filtrĂ© Ă  froid cette fois) titrant 47,2 % (en Ă©dition limitĂ©e).

 

 

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Trois versions de GLEN MORAY avec affinages sorties ces 2 derrnières années: De gauche à droite, affinage Porto, puis affinage Sherry, puis enfin en fûts ayant contenu du Madère (cette dernière étant un single-cask). Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

Les single-malts GLEN MORAY sont distribués en France par La Maison Dugas, via notamment les chaînes Le Repaire de Bacchus & Le Comptoir Irlandais, entre autres, ainsi que pour certaines de ses références, les grandes et moyennes surfaces. D’une production d’environ 5,7 millions de litres, la distillerie fête ses 120 ans en 2017, et accessoirement son 5 ème maître-distillateur seulement depuis son ouverture, à savoir Graham Coull.

 

 

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Une des dernières crĂ©ations de Graham Coull, le nouveau 18 ans d'âge, qui titre Ă  47,2 % ! Merci Ă  la distillerie © GLEN MORAY pour la photo. 

 

 

 

MES NOTES DE DEGUSTATION :

 

Il s'agit d'une synthèse de TOUTES MES NOTES DE DEGUSTATION des whiskies GLEN MORAY, d'abord en version officielle, puis de négoce, puis enfin de quelques autres whiskies associés à la marque. Les notes ont été révisées, parfois augmentées, grâce à de nouvelles dégustations, le cas échéant. Encore un grand merci à la grande générosité de Graham Coull pour tous ces échantillons depuis plus de 15 ans que je suis la distillerie...

 

 

-GLEN MORAY officiel 12 ans, version en partie vieillie en fĂ»ts de CHENIN BLANC, dĂ©but des annĂ©es 2000, 40 % : Bref commentaire : Un scotch très rond, vineux, avec des notes un peu dĂ©sagrĂ©ables au dĂ©part, surprenantes, très vineuses (entre notes butyriques et rĂ©sinĂ©es), puis on adhère ou pas : Saveurs de miel de bruyère, peut-ĂŞtre de sherry, lĂ©gèrement fumĂ©. Il est assez Ă©quilibrĂ©. Je reste mitigĂ© sur cette version marquĂ©e par le fĂ»t (pas mal de bois) et le vin (presque rĂ©sinĂ©). DĂ©gustĂ© en Ecosse, chez GLENMORANGIE, en 2002. Entre 26 et 40 € Ă  sa sortie. Notes sous rĂ©serve (anciennes, malgrĂ© une 2 ème dĂ©gustation en 2004): 83?/100

ENGLISH SUMMARY: Now almost a collector’s bottling, when I tasted it long time ago, it failed to impress me because of its unbalanced winey & resinous notes (some really liked it though!), a bit unusual…But to be honest I also wrote that it had a nice balance (even if the wood & resinous note are a but overwhelming) & some heather honey notes, a trace of sherry and maybe even a hint of smoke! For collectors & amateurs of French “vin jaune”.

 

 

 

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-GLEN MORAY officiel 16 ans, version en partie vieillie en fĂ»ts de CHENIN BLANC, 40 % : NDLR : Cette version s’avère plus gĂ©nĂ©reuse que le 12 ans (sur les mĂŞmes saveurs en bouche, mais avec plus de profondeur). Toujours cette note vineuse un peu gĂŞnante (encore une fois presque rĂ©sinĂ©e), un peu attĂ©nuĂ©e. Par contre, dans l’ensemble, aromatiquement parlant, elle semble un peu trop retenue. Peut-ĂŞtre qu’une version rĂ©duite Ă  43 % ou Ă  46 % serait plus expressive ? DĂ©gustĂ© en Ecosse, chez GLENMORANGIE, en 2002. Notes anciennes, ce malgrĂ© une 2 ème dĂ©gustation en 2004, donc sous grande rĂ©serve. 52 Ă  60 €, cavistes - Une version qui se fait rare (avis aux amateurs). Note Sous RĂ©serve: 87 ?/100

ENGLISH SUMMARY: Same odd notes than the previous one (12 yo) but this one it’s deeper & more gourmet it seems, for those who like French “yellow wine”. Once again though we miss a more generous ABV…

 

-GLEN MORAY officiel 12 ans, version intĂ©gralement vieillie en fĂ»ts de BOURBON, embouteillĂ©e en 2007, 40 % : A noter : Cette version ainsi que les trois qui suivent tĂ©moignent de la nouvelle orientation prise par la nouvelle direction de la distillerie (Graham COULL est en effet depuis AoĂ»t 2005 le nouveau Master-Distiller, et il a supprimĂ© Ă  l’époque les affinages en fĂ»ts de vin…mais cela n’est plus d’actualité…).Couleur : Or soutenu. Nez : Solvant, agrumes, orge maltĂ©e…plus du tout cette note vineuse dĂ©sagrĂ©able. Une finesse et une lĂ©gèretĂ© Ă  la fois rares ensemble chez d’autres whiskies de cet âge. Bouche : D’une lĂ©gèretĂ© et d’une finesse assez confondante (on a l’impression que c’est un 30 ans, un peu Ă©vaporĂ© certes…). Fin boisĂ©, notes vanillĂ©es lĂ©gères, herbes, fruits secs. Très beau fondu des saveurs. Tenue Ă  la dilution : Excellente, ouvre les notes boisĂ©es et maltĂ©es. Conclusion : Une belle surprise que ce nouveau 12 ans, et Ă  mon avis une très nette amĂ©lioration de toute la gamme, en commençant par celui-ci. Un peu trop discret, certes, mais très beau ! Autour de 26/40 €, cavistes/Note confirmĂ©e : 86,5/100

ENGLISH SUMMARY: An interesting renewal of the 12 y.o. now more ex-Bourbon oak driven, and we won’t complain (except maybe for the low ABV). Vanilla, herbs, sweet oak, malt & dried fruit is what you’ll get, along with some citrus fruit. Great balance. Less estery than recent batches.

 

 

 

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-GLEN MORAY officiel 16 ans, version intĂ©gralement vieillie en fĂ»ts de BOURBON, embouteillĂ©e en 2007, 40 % : Couleur : Or Ă  vieil or, reflets ambrĂ©s. Nez : Notes fondues entre elles, un peu plus boisĂ©es que le 12 ans, notes de fruits secs, d’agrumes, d’orge maltĂ©e, peut ĂŞtre aussi des notes de brioche tressĂ©e (avec une pointe d’angĂ©lique, de pommes cuites. Très fin et engageant. Bouche : Plus gĂ©nĂ©reux et plus profond que le 12 ans, il dĂ©veloppe en bouche les notes du nez, avec onctuositĂ© et gĂ©nĂ©rositĂ©, jusqu’à la finale douce et longue, sur des notes très finement fruitĂ©es, boisĂ©es et maltĂ©es. Superbe. Tenue Ă  la dilution : Très bonne, et donnant plus de « volume Â» au malt, avec comme un faux air de The BALVENIE 12 ans « Double-Wood Â». Conclusion : Un très beau 16 ans, qui fait bien monter en expressivitĂ© et qualitĂ© la gamme. Très cohĂ©rent et très Ă©quilibrĂ©. Avec une envie de « revenez-y Â» Ă  la dernière gorgĂ©e ! Prix entre 55 et 60 € de nos jours. Note confirmĂ©e : 92,5/100

ENGLISH SUMMARY: A great batch & great improvement on the previous 16 y.o. . A nice complex & refined combo with dried fruit, citrus fruit, malted barley, cooked apples, and on top of it seductive brioche & angelica notes, a bit like in the BALVENIE 12 y.o. “Double-Wood”. Long & savoury finish, quite appealing.

 

-GLEN MORAY officiel 16 ans, Ă©dition 2010, 40 % : Couleur : Or, Ă  reflets dorĂ©s. Nez : Premier nez fuyant, Ă©tonnamment (rien Ă  voir avec la version 2008 prĂ©cĂ©demment testĂ©e). Floral (foin coupĂ©), miellĂ©, fruitĂ©, mais assez lĂ©ger (un peu trop Ă  mon goĂ»t). Bouche : Douce, miellĂ©e, florale, puis plus Ă©picĂ©e, marquĂ©e par les fĂ»ts de Bourbon. Moins de corps que dans mon souvenir (et probablement que dans la version 2008), peut-ĂŞtre du caramel ajoutĂ© car je sens une note huileuse et sucrĂ©e qui n’est pas naturelle. Une bouche un rien alcooleuse et acide. Tout de mĂŞme des notes plus prĂ©cises parviennent Ă  s’imposer en finale, de pommes Golden, de vanille et d’un soupçon de noisette. Le miel d’acacia vient couronner le tout, comme une signature du caractère de la distillerie. Finale sèche et Ă©picĂ©e. Tenue Ă  la dilution : Devient plus souple et gourmande, mais on est loin de la version 2008 testĂ©e. Des notes supplĂ©mentaires apparaissent, mais avec discrĂ©tion (agrumes en sorbet, pointe d’angĂ©lique). Compote de pommes. Conclusion : Un GLEN MORAY normalement de grande qualitĂ© mais ici en version quelque peu Ă©dulcorĂ©e, très correcte mais pas aussi « pure Â» que la version dĂ©gustĂ©e en 2008 (qui avait obtenu la note de 92,5/100). Prix autour de 55 Ă  plus de 60 €, en 2010, cavistes -Note confirmĂ©e : 84,5/100

ENGLISH SUMMARY: A different batch here, with less oomph & glory (a bit too much E150 maybe & too sugary/spirity), yet still a nice single malt focusing on apples compote, citrus fruit & vanilla. Neither really average, nor stellar. The 12 y.o. (on a good batch) is a better value than this one.

 

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

-GLEN MORAY officiel MillĂ©simĂ© «1984 Â» (20 ans), version vieillie en fĂ»ts de BOURBON de 1er et 2ème remplissage, Edition limitĂ©e, 40 % : Couleur : Jaune clair, très clair, mais soutenu, brillant (miel d’acacia, ni plus ni moins) Nez : Etonnant, original, marquĂ© d’emblĂ©e par des notes florales (miel d’acacia, voire Ă©glantine ?). Il est Ă©galement marquĂ© par un fruitĂ© très orientĂ© vers les agrumes Ă  tendance citrique (citron avec son zeste, pamplemousse). Bouche : D’abord herbacĂ©e, elle est marquĂ©e par les agrumes (citron meringuĂ©, pamplemousse), et une sensation citrique lĂ©gèrement piquante, presque effervescente, Ă©picĂ©e, associĂ©e aux agrumes. Il y a aussi des notes de foin frais, de malt, et toujours cette note de miel d’acacia sous-jacente. L’impression d’effervescence et la dominante citrique/herbacĂ©e donnent l’impression que le whisky est plus fort en degrĂ© qu’il ne l’est en rĂ©alitĂ©. Tenue Ă  la dilution : Bonne, et …salutaire ! Conclusion : Une version Ă©tonnante, assez intĂ©ressante, qui emmène GLEN MORAY, non loin d’une certaine distillerie des Highlands du Nord, mais sans la tourbe. Devinez laquelle…A la longue l’évolution de ce GLEN MORAY est très positive, et de nouvelles dĂ©gustations confirment qu’il est non dĂ©nuĂ© de complexitĂ©, et procure un certain plaisir, diffĂ©rent des expressions classiques (12 et 16 ans). NDLR : Un grand merci Ă  Graham COULL, le directeur de la distillerie pour cette belle dĂ©gustation verticale (Salon DUGAS, Paris, Octobre 2007). Prix sous rĂ©serve, d’environ 80 € Ă  l’époque (2007). Note confirmĂ©e : 92,5/100

ENGLISH SUMMARY: A very special one, somewhere between the grassy/spicy austerity of a single barrel THE BALVENIE & some indie CRAIGELLACHIE. Mainly citrusy, herbal & spicy driven (even a bit fizzy), it has some Northern Highlands charm & a nice acacia honey note on top of a vanilla & fresh cut hay notes. On the palate it feels more than its 40 %, so don’t hesitate to add a few drops of water, it swims well…

 

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

-GLEN MORAY officiel 16 ans (Dist. March, 15, 1991- Bott. Feb. 7, 2007), « MOUNTAIN OAK MALT» (THE FINAL RELEASE), « Distillery manager’s choice Â», SMALL BATCH, Ă©levĂ© en New OAK Casks *(1158 bouteilles), Non chillfiltered, CASK STRENGTH Ă  58,6 % : A noter : Cette version supervisĂ©e par Graham COULL, le directeur et maĂ®tre-distillateur depuis 2005, a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  partir de 6 fĂ»ts, 3 fĂ»ts fortement brĂ»lĂ©s (« Heavily Charred Casks Â») et 3 fĂ»ts lĂ©gèrement brĂ»lĂ©s (« Lightly Charred Casks Â»).Elle n’est disponible Ă  la vente qu’à la distillerie. A noter que la bouteille ne porte pas la mention du pourcentage d’alcool sur l’étiquette. La mise en bouteille a Ă©tĂ© manuelle. Merci beaucoup Ă  Graham COULL pour cette dĂ©gustation très spĂ©ciale. Couleur : AmbrĂ©e, Ă  reflets dorĂ©s profonds. Nez : Etonnant, marquĂ© par le chĂŞne frais, très prĂ©sent, mĂŞme s’il a Ă©tĂ© brĂ»lĂ©. Un nez nord-amĂ©ricain presque. Entre Bourbon et Rye, sans la vanille et les fruits rouges ! Dominantes, les notes de pin, de menthol, voire d’eucalyptus frais associĂ©es Ă  des notes d’agrumes, nous emmènent sur des terrains inhabituels. Bouche : Toute aussi originale, elle est assez sèche sans eau, très Ă©picĂ©e, et ses notes de pin très vives. Comme des pastilles pour soigner un rhume… ! Tenue Ă  la dilution : L’eau restitue bien la complexitĂ© et l’originalitĂ© de la palette. Le pin, dominant, se partage la vedette avec les agrumes (citron en tĂŞte), les herbes, les Ă©pices (girofle, muscade, voire gingembre sec ?), et quelque chose de « crayeux Â», de minĂ©ral en plus. Le chĂŞne est bien prĂ©sent, mais avec l’eau, une belle texture envahit la bouche, la tapisse littĂ©ralement, entre velours et satin, vĂ©hiculant avec plus d’harmonie les saveurs. Conclusion : Une expĂ©rimentation intĂ©ressante qui Ă©loigne GLEN MORAY des sentiers balisĂ©s des malts Ă©cossais, pour leur ouvrir la porte vers les grands espaces nord-amĂ©ricains ou les conifères abondent, mais pas seulement. DĂ©gustĂ© sec, il Ă©voque plus certains Bourbons secs et très entiers (comme le KNOB CREEK 9 ans, par exemple) ; dĂ©gustĂ© diluĂ©, il me fait davantage penser Ă  des tableaux qu’à un whiskey particulier. Il m’évoque l’« Hudson River School Â», et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  certains tableaux d’Albert BIERSTADT, comme par exemple celui intitulĂ© « Among the Sierra Nevada Mountains Â» (1868). Disponible lors de sa sortie uniquement Ă  la distillerie (Ă©dition limitĂ©e) pour un prix d’un peu plus de 100 €…   Note confirmĂ©e = 95/100

ENGLISH SUMMARY: This distillery-only bottling shows a very special profile, with complex oak notes on command (pine, eucalyptus, fresh cut oak) & some (Compass Box) “Spice Tree” notes as well (cinnamon, cloves, nutmeg, dried ginger), making it very “American” in a way. The pine & citrus fruit notes are straight forward notes here. This is in fact very close to some dry Bourbons such as old 9 y.o. KNOB CREEK, but with more complexity & a seductive satiny/velvety texture on the palate. A great one, but not for new comers to whisky.

 

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel « 1995 Â», 12 ans (Dist. 12 Oct. 1995 -Bott. 2008), « SINGLE SHERRY CASK » (SHERRY BUTT, CASK N° 7249, ayant donnĂ© 592 bouteilles), « DISTILLERY MANAGER’S CHOICE Â», Non chilll filtered, CASK STRENGTH Ă  59,6 % : NDLR : Cette version supervisĂ©e par Graham COULL, le directeur et maĂ®tre-distillateur, a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  partir d’un fĂ»t unique de SHERRY, et embouteillĂ©e Ă  la main (« Hand bottled Â»). Couleur : AmbrĂ©e, avec des reflets Ă©voquant le chocolat. Nez : D’abord un rien agressif, alcooleux et mĂŞme un peu soufrĂ©, il est ensuite plus doux, dĂ©veloppant des arĂ´mes boisĂ©s et chocolatĂ©s de toute beautĂ©. Les notes de Sherry, très riches et très nobles, arrivent ensuite, avec des connotations orientales (fruits secs, dont dattes, raisins secs, figues) et un retour du chocolat et d’orge maltĂ©e (voire mĂŞme de pudding anglais). Bouche : EpicĂ©e (gingembre), vive, elle s’apaise un peu toutefois dĂ©montrant une belle maĂ®trise tant de l’alcool que du bois. Le Sherry rentre dans le rang (mais avec un beau fruitĂ©), en intĂ©grant les notes boisĂ©es, chocolatĂ©es, maltĂ©es, sans trop de tanins. Impressionnant, mĂŞme sans dilution. La finale est gourmande, sur un Sherry magistral. Persistante, elle est tour Ă  tour sèche, Ă©picĂ©e, suave, et presque ronde ! Tenue Ă  l’aĂ©ration : Les notes huileuses (rappelant la pâtisserie grecque nommĂ©e « Halwa noir Â») et chocolatĂ©es, maltĂ©es, se dĂ©veloppent avec bonheur…quelle promesse de plaisir ! Tenue Ă  la dilution : A pratiquer avec prĂ©caution, elle n’est pas indispensable, mais souhaitable, Ă  très petite dose, et dans ce cas, ce qui survient est magnifique. Un très beau dialogue s’installe entre les notes boisĂ©es, fruitĂ©es (Sherry) et chocolatĂ©es, luxuriantes, et il ne reste plus qu’à s’en dĂ©lecter ! Conclusion : Une belle dĂ©monstration de force, de finesse et de savoir-faire. Je ne le rĂ©pèterais jamais assez, mais il est clair que GLEN MORAY est sur la pente ascendante, et se hisse dĂ©sormais aux tous premiers rangs ! Bravo Graham…Prix n.c. /Voir Ă  la distillerie – Merci Ă  Graham COULL de m’avoir permis de prolonger la dĂ©gustation du Salon DUGAS 2008 par un Ă©chantillon de cette version / Note confirmĂ©e : 96/100

ENGLISH SUMMARY: This distillery-only bottling is a stunner, showing very nice sides of sherry. Once passed the first spirity & sulphury touches, it is complex, rich & gourmet, with red fruit as well as chocolate notes (a festival of dates, figs, sultanas, malted barley, Christmas Pudding, Greek black Halwa pastry, etc…). It is spicy as well (lots of ginger) but with a dash of water (not more) this is magnificent. The wood, the sherry & the chocolate notes are melted together with a great balance & finesse, so well done, Graham !

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel « 1971 Â» 37 ans (2008), BOURBON & SHERRY HOGSHEADS, NATURAL CASK STRENGTH, d’environ 54 % : A Noter : Cet Ă©chantillon que l’on pourrait qualifier de « Distillery Manager’s Choice Â», prĂ©sentĂ© au Salon DUGAS 2008, n’a Ă  ma connaissance jamais Ă©tĂ© commercialisĂ©.

Couleur : AmbrĂ©e.

Nez : Très marquĂ© par le Sherry, mais quel Sherry ! Très riche et très fin, c’est un Sherry qui apporte des notes de fruits mĂ»rs, de fruits secs, avec de très belles notes vineuses intĂ©grĂ©es Ă  un boisĂ© superbement maĂ®trisĂ© une fois encore, et avec le bĂ©nĂ©fice ici de l’âge, qui apporte une très belle profondeur Ă  l’ensemble. L’orge maltĂ©e, le chocolat et un très lĂ©ger voile de fumĂ©e complètent ce sĂ©duisant tableau. Très bel Ă©quilibre.

Bouche : D’une grande magnificence. L’élĂ©gance, la maĂ®trise, la gĂ©nĂ©rositĂ© sont les maĂ®tres mots ici. La noblesse des notes issues de l’élevage en fĂ»ts de Sherry s’ajoutent Ă  celles issues de l’élevage en fĂ»ts de Bourbon, un mariage pour le meilleur ! Sherry et malt sont donc Ă  l’unisson, et de manière gĂ©nĂ©rale toutes les notes sont fondues de manière exemplaire, avec une belle gĂ©nĂ©rositĂ© fruitĂ©e et une profondeur boisĂ©e abyssale. La finale est tout aussi gourmande, très longue et quasi-extatique ! Tenue Ă  l’aĂ©ration : C’est en effet un malt qui a besoin d’un peu de temps pour dĂ©voiler ses trĂ©sors !

Tenue Ă  la dilution : Fantastique, vraiment…Tout y est magnifiĂ©, amplifiĂ©, mais attention n’abusez pas de l’eau, s’il vous plaĂ®t, car ce serait dommage, servez la plutĂ´t en parallèle, et dosez votre whisky « au bouchon Â», il n’y a rien de mieux et de plus accessible Ă  tous…

Conclusion : La lĂ©gion d’honneur pour le maĂ®tre-distillateur qui a crĂ©Ă© ce bijou ? SĂ»rement, mais restons calme ! Disons au minimum qu’il doit impĂ©rativement le mettre en bouteille, sinon ce serait du gâchis ! Attention, chef d’œuvre… (DĂ©gustĂ© au Salon Dugas en octobre 2008) 

Note sans aucune rĂ©serve !: 98,5/100 & H. C. (Hors CatĂ©gorie) –Figure dans ma liste des 75/2800 whiskies jamais dĂ©gustĂ©s.

ENGLISH SUMMARY: This sample was drawn from an pair of casks just to show some people how an old GLEN MORAY cask can be awesome, outstanding and blow you away ! This unreleased whisky has more complexity, depth & balance than the 1995 vintage just reviewed above, with some beautiful malted barley notes added to the (mostly but not only) sherry driven profile (with lots of chocolate, red fruit, etc…). Just a few drops of water (more will kill it) and this gem will reveal all its beauty & grandeur…underlined by the tiniest & classiest veil of smoke. A masterpiece awarded in my website among the 75 most beautiful whiskies I have tasted so far, out of 2800 ! 98,5/100 & B.a.C. (Beyond any category)-Included in my TOP 75 whiskies (out of 2800) tasted so far.

 

 

 

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Un autre millésime "1971", qui lui a pu être mis en bouteille en 1999 (mais réduit à 43 %).

 

 

 

-GLEN MORAY officiel sans indication d’âge (environ 12 ans) « CHARDONNAY FINISH Â» (6 mois), CASK STRENGTH, 60 % -Preview Sample (Bottled 14/12/09–« Edition 2011 Â») : A Noter : Il s’agit d’une bouteille samplĂ©e en avance de l’édition officielle qui aura lieu en Janvier 2011. L’assemblage est constituĂ© de 25 % de fĂ»ts millĂ©simĂ©s 2001, 75 % de fĂ»ts millĂ©simĂ©s 2002 et de 30 % de fĂ»ts millĂ©simĂ©s 2003, soit un âge plus proche de 7-9 ans que de 12), puis 6 mois d’affinage en fĂ»ts de Chardonnay. Notes succintes : Couleur : Vieil or. Nez & Bouche : Belles notes de foin coupĂ©, vanille, agrumes, miel, avec une intĂ©gration parfaite du Chardonnay. Pas très complexe, plutot lisse, mais très fin. Long et doux. Tenue Ă  la dilution : Excellente. Donne une tonalitĂ© crĂ©meuse et fraĂ®che au profil aromatique. Conclusion : Remarquablement assemblĂ© et conçu, encore une fois. Bravo Ă  Graham COULL et ses doigts d’or, encore une fois ! HĂ©las il semble que cette version n’ai jamais Ă©tĂ© commercialisĂ©e en France ou de manière très confidentielle… *Avertissement : Je n’ai jamais pu mettre la main sur une bouteille mĂŞme via les cavistes partenaires de la Maison Dugas. Il semble que cette dernière a prĂ©fĂ©rĂ© abandonner sa commercialisation finalement…Fort heureusement, une autre version a Ă©tĂ© conçue en 2016 pour ĂŞtre vendue uniquement Ă  la distillerie cette annĂ©e 2017.…à suivre !– DĂ©gustĂ© au Salon DUGAS Paris 2010 - Note Sous RĂ©serve : 92/100

ENGLISH SUMMARY: This sample was drawn from a single cask as an advanced cask strength sample in order, I believe, to test the professional audience’s interest in a whisky & wines show in Paris in late 2010. Unfortunately it doesn’t seem to have been eventually bottled or very restrictedly. It’s a pity because I like it a lot. It’s a mix of different vintages from 2001 to 2003 (average age 7 to 9 y.o.) on a Bourbon maturation basis & then finished for 6 months in Chardonnay (white French wine) casks. Honey, fresh cut hay, vanilla, citrus fruit & yellow flowers (the Chardonnay influence remains discrete but nice) is what you’ll get in this if only you can find it!

 

 

  glen moray cs chardonnay salon dugas 2010

 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

-GLEN MORAY officiel millĂ©simĂ© « 1995 Â» sans indication d’âge (environ 12 ans) « PORTWOOD FINISH Â», CASK STRENGTH, 57 % - *Preview Sample (Bottled 12/10/09 - Edition 2011) : Notes succintes : Couleur : Vieil or.Nez : ParfumĂ©, voire capiteux. Dense et avec des Ă©pices douces en premier plan. Bouche : Très douce et fruitĂ©e. Tenue Ă  la dilution : Belle prĂ©sence en bouche, avec un rien d’exubĂ©rance fruitĂ©e et florale, et une texture comme veloutĂ©e. Conclusion : Encore un excellent parti pris. Le Porto s’adapte bien au caractère de la distillerie. Prix n.c. (mĂŞme problème de commercialisation semble t’il abandonnĂ©e que la version «  CHARDONNAY finish Â» brut de fĂ»t)– DĂ©gustĂ© au Salon DUGAS, Paris, 2010 - Note Sous RĂ©serve :  91/100

ENGLISH SUMMARY: This sample was drawn from a single cask as an advanced cask strength sample in order, I believe, to test the professional audience’s interest in a whisky & wines show in Paris in late 2010. Unfortunately it doesn’t seem to have been eventually bottled or very restrictedly. It’s a pity because I like it too, just like the one mentioned above, for its velvety texture, sweet spices, heady flowers & candied fruit. The port seems to marry well with the GLEN MORAY distillate. Another great one-off !

 

 

 

glen moray 1995 cs portwood au salon dugas 2010

 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel « CLASSIC Â» sans mention d’âge (environ 5 ans), Ă©dition 2012, 40 % : Notes succintes : A noter : Certaines sources –T.W.E. pour ne pas les nommer….-mentionnent en 2017 qu’il s’agirait en fait d’un 7 ans d’âge, en partie Ă©levĂ© en fĂ»ts de Bourbon de premier remplissage. Brefs commentaires : Une version pas inintĂ©ressante, malgrĂ© son absence de compte d’âge et positionnement en bas de gamme. En revanche, cette version est clairement proche d’un new make, aromatiquement parlant. Agrumes, foin coupĂ© et orge arrivent Ă  se faire entendre un peu, mais ce sont les notes issues de fĂ»ts de Bourbon de 1er remplissage qui dominent. Pas encore très Ă©quilibrĂ© ni mature. Prix autour de 20/25 €/DĂ©gustĂ© au Salon « Club Expert Â» Dugas 2012/Note sous rĂ©serve estimĂ©e Ă  80/100

ENGLISH SUMMARY: Obviously (just nosing it) the youngest of the range (some say 5 y.o., other sources mention rather a 7 y.o.) and it shows. Yes it’s close to a new make, but the distillery’s house style is starting to show (citrus fruit, fresh cut hay, honey, malted barley) beyond the yeasty notes. I heard that there is a high rate of 1st Fill Bourbon casks in the mix, and I agree, it shows as well delicate estery notes. That makes it really charming, despite the low ABV, the little lack of balance & of power. The 8 y.o. “Classic” is a better value in my opinion.

 

 

-GLEN MORAY officiel 8 ans, Ă©dition 2010, 40 % :

Couleur : Or clair, Ă  reflets dorĂ©s. Nez : Typique des Ă©levages en fĂ»ts de Bourbon de la distillerie (majoritaires).Vanille, agrumes, miel d’acacia, herbes sauvage et Ă©pices mènent la danse, avec au second plan des notes acidulĂ©es et rondes (esters) correspondant Ă  la part de fĂ»ts de premier remplissage de l’assemblage (Bourbon). Bouche : Belles notes maltĂ©es, vanillĂ©es, de foin coupĂ©, d’agrumes, d’épices douces, fleurs & herbes fraĂ®ches, ce en un bel Ă©quilibre. Fait presque impression d’un whisky Ă  43 % et non 40 %. Tenue Ă  la dilution : Excellente, ravivant les notes Ă©picĂ©es et boisĂ©es d’un cĂ´tĂ©, et les agrumes et les fleurs de l’autre. Conclusion : Une version plus mature et bien mieux Ă©quilibrĂ©e que le « CLASSIC Â» et qui a visiblement pris de l’assurance au fur et Ă  mesure des annĂ©es. HĂ©las pas sĂ»r qu’elle existe encore officiellement en 2017…Il me semble qu’en entrĂ©e de gamme il n’existe plus que le « Classic Â», sans mention d’âge, et le nouveau 12 ans de la gamme « Heritage collection Â», mais c’est Ă  confirmer. Prix autour de 30 €/DĂ©gustĂ© la première fois au Salon « Club Expert Â» Dugas 2012/ Note confirmĂ©e : 89/100

ENGLISH SUMMARY: Don’t know if this expression will last long, with the arrival of the 3 new references of the “Heritage Collection”, but if you come across a bottle, grap it, as I consider it as the best value in the entry level part of the distillery’s offer, along with the new n.a.s. “Sherry cask finish” expression. This 8 y.o. displays a lot of typical notes from the distillery, this blend of fresh cut hay, dried & fresh herbs, acacia honey, country flowers & citrus fruit as well as vanilla topping it all with delicacy. Recommended !

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci Ă  Graham Coull.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel 10 ans « CHARDONNAY CASK MATURED Â», Ă©dition 2012, 40 % : Notes succintes :

(d’autres notes Ă  venir) : Couleur : Or vif. Nez  & Bouche/Conclusion : Cette version a beaucoup de sĂ©duction au nez (fleurs capiteuses, fruits jaunes dont pĂŞche et coing, vanille, foin coupĂ©, vin de chardonnay), mais malgrĂ© son Ă©quilibre et son charme indĂ©niable, s’avère très vite faible et quelque peu aqueuse en bouche (en milieu et fin de bouche), la faute probable Ă  la dilution Ă  40 % au lieu de 46 %. J’ai testĂ© la version brut de fĂ»t en 2010, une version assez phĂ©nomĂ©nale tellement elle Ă©tait expressive et aboutie. Malheureusement il y a eu quelques couacs dans sa commercialisation ce qui fait que peu de gens ont pu mettre la main dessus. Quel dommage ! Mais restez Ă  l’écoute, car l’histoire de s’arrĂŞtera peut ĂŞtre pas lĂ  finalement…. ! Prix autour de 35/40 €/DĂ©gustĂ© au Salon « Club Expert Â» Dugas 2012/Note sous rĂ©serve : 83 ?/100

ENGLISH SUMMARY: A very balanced & pleasant expression, with lots of fruit (I love those quince & yellow peaches notes!) & heady flowers in there, some wine influence as well, but alas with a too much reduced ABV in my opinion (it would have been fantastic at 46 or 48 %). It gets too quickly watery. I preferred to this the Cask strength advanced sample (reviewed above) but unfortunately couldn’t get me a bottle of this rare gem. But…stay tuned, as the story may not finish there!

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci Ă  Graham Coull.

 

 

-GLEN MORAY Officiel/Rare Vintage 25 ans, Limited Edition “PORTWOOD FINISH”, distilled in 1986, bottled 2012 (sortie en France en 2013), 43 %:

A noter: Il s’agit d’une édition limitée élevée majoritairement en fûts ayant contenu du Bourbon puis ensuite transférée dans des fûts ayant contenu du Porto.

Avertissement: La première dégustation eu lieu dans le cadre du Salon Club-Expert Dugas, espace bar Collector’s, en 2013. La bouteille avait été aérée longuement en raison, d’après le barman, d’une odeur gênante provenant de la bouteille. La dégustation a été problématique. Depuis, heureusement, j’ai eu la chance de déguster un échantillon de fût millésimé “1988” et brut de fût & “Portwood” (voir plus loin) noté 88/100.

Couleur: Vieil or, Ă  reflets dorĂ©s, voire orangĂ©s. Nez: Joli nez fruitĂ©, floral et assez boisĂ©, très fondu. Il met un certain temps Ă  s’ouvrir. Bouche: Attaque en partie rĂ©ussie (fruitĂ©e, florale), puis très vite je dĂ©tecte un problème liĂ© au boisĂ© des fĂ»ts de cet assemblage. Un goĂ»t de moisi & une note poussiĂ©reuse envahissent le palais et se mĂŞlent aux notes vineuses du Porto et dĂ©truisent l’harmonie de l’ensemble. Cela domine très vite toute autre note, apporte de l’astringence et de l’amertume prononcĂ©e et rappelle les mises dĂ©fectueuses de certains ARDBEG « Ten Â» il y a quelques annĂ©es, qui vont au-delĂ  d’un goĂ»t bouchonnĂ©. Pour moi il y a un souci avec les fĂ»ts de Porto et peut ĂŞtre avec la durĂ©e de vieillissement secondaire. Tenue Ă  la dilution : Cela ne s’est pas arrangĂ© avec l’ajout d’eau, l’amertume devenant flagrante, le boisĂ© dĂ©sagrĂ©able. Conclusion : Une bouteille, voire une version qui a posĂ© problème. Il me semble avoir dĂ©gustĂ© un autre millĂ©sime, le « 1988 Â», qui avait semble t’il le mĂŞme souci. Dans les deux cas les conditions de dĂ©gustations n’étant pas idĂ©ales, je n’ai pas pu Ă©valuer correctement ce whisky, aussi je ne peux lui donner de note, ni le recommander bien Ă©videmment. Pas de notes chiffrĂ©es/No rating.

ENGLISH SUMMARY: A difficult bottling, probably due to some cask flaws (on 2 different batches, the worst being the “1986” vintage), giving unpleasant musty & dusty notes to the spirit (something close to a “corked” effect). It gives more & more astringency & bitterness to it and leaves an unpleasant impression on the palate. Fortunately, I’ve tasted a much more convincing & clean version of this 25 y.o. Portwood more recently (2016), so hopefully in the future this problem should be solved on the next bottlings. Let’s cross fingers…

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci Ă  Graham Coull.

 

 

 

 

-GLEN MORAY officiel n.a.s. millĂ©simĂ© « 2006 Â» (environ 9 ans) « BANDOL CASK FINISH Â», Ă©chantillon de 2015, version expĂ©rimentale (Ă  priori hors commerce) rĂ©duite Ă  46 % : Notes succintes : Couleur : Vieil or, Ă  reflets cuivrĂ©s. Nez  & Bouche/Conclusion : Cette version a une certaine sĂ©duction au nez (fleurs capiteuses, notes de vin de BANDOL assez importantes, très fruitĂ©es) et en bouche, et d’avère d’une finesse et d’une lĂ©gèretĂ© Ă©tonnantes. Certes son caractère vineux est assez prĂ©sent, mais il rappelle certaines finitions au Moscatel mais sans l’excès de sucrositĂ© ou de fruits rouges trop exubĂ©rants. Assez Ă©quilibrĂ©, il aurait pu ĂŞtre mis en bouteille tel quel avec un certain succès. Une jolie version, mĂŞme si sans doute plus intĂ©ressante en brut de fĂ»t Ă  mon avis. DĂ©gustĂ© : Au Salon « Club Expert Â» Dugas 2015 et un e autre version l’annĂ©e d’avant…/ Note sous rĂ©serve : 87 ?/100

ENGLISH SUMMARY: An “alternative” finish expression, if I may say. Well balanced & pleasantly fruity, it achieves to deliver a nice proposal, showing nice winey notes from the Bandol wine casks. I wonder though if it would have been more powerful & direct with a cask strength bottling choice….

 

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY Officiel/Core range (gamme rĂ©gulière) “ELGIN CLASSIC”, n.a.s. Bottled 2017, 40 % :

A noter : Il semble que cette version remplace le 8 ans d’âge qui n’est plus annoncĂ© comme faisant partie de la gamme rĂ©gulière.La majoritĂ© du whisky a environ 6 ans d’âge.

Couleur: Or clair. Nez: Fruité (agrumes), floral, foin coupé, orge maltée, pas mal d’esters (bonbon anglais, ananas), de la vanille à l’arrière-plan. Un nez simple et direct. Bouche: Souple & légère (un peu aqueuse), marquées par les esters, ce qui suggère la présence de fûts de Bourbon de premier remplissage (bonbon anglais, ananas), mais aussi par d’autres notes typiques de la distillerie (foin fraîchement coupé, miel d’acacia, agrumes, orge maltée, vanille, quelques épices douces & herbes fraîches). Finale sur les esters, encore davantage avec un peu d’aération. Agréable et finalement pas si éloigné de l’excellent ancien 8 ans d’âge. Tenue à la dilution: L’eau exalte agréablement les esters, mais ne pas trop en ajouter car ce whisky est déjà assez (pour ne pas dire un peu trop) dilué. Conclusion: Un single-malt sans prétention, assez plaisant, et un bon apéritif. Bon rapport qualité/prix pour débuter dans la découverte des single malts. Certes il est plus léger et moins gourmand que le 8 ans d’âge, mais il fait preuve d’une belle souplesse et constitue une entrée de gamme fort honorable. Prix indicatif: Autour de 20 €, en G.M.S. (grandes & moyennes surfaces). Note confirmée: 86/100

ENGLISH SUMMARY: A pleasant entry level (with a great quality/price ratio) young single malt to discover this category of whiskies. You will find here the usual GLEN MORAY tasting notes (citrus fruit, acacia honey, fresh cut hay, fresh herbs, vanilla & sweet spices), but more in a light mode. Despite the fact that it is slightly too watery compared to the old & more gourmet 8 y.o., I still recommend it as a good introduction to GLEN MORAY’s house style.

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci Ă  Graham Coull.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel/gamme rĂ©gulière (core range) « ELGIN CLASSIC Â» nouvelle version tourbĂ©e/“PEATED”, Edition 2015, 40 % :

A noter : La distillerie GLEN MORAY a dĂ©cidĂ© en 2010 de tourber une partie de partie de son orge (ici 17 % du whisky est tourbĂ©). La majoritĂ© du whisky a environ 6 ans d’âge, plus quelques fĂ»ts plus âgĂ©s.

Couleur: Or très pâle (probablement sans caramel ajoutĂ©). Nez: Fin & lĂ©ger, sur les agrumes, la vanille, la tourbe, un voile de fumĂ©e et une touche de badiane, voire de miel.Quelques esters. Bouche: Fine et lĂ©gère, reprenant les notes du nez (tourbe, badiane, agrumes, vanille, soupçon de miel),et des esters masquĂ©ssous un voile de fumĂ©e lĂ©ger. C’est jeune, oui, mais c’est plutĂ´t bien fait. Tenue Ă  la dilution: Correcte, si l’on s’en tient Ă  quelques gouttes, car il est dĂ©jĂ  un peu trop diluĂ©. Conclusion: Une version tourbĂ©e correcte, jeune et assez lĂ©gère, intĂ©ressante pour dĂ©buter sur les whiskies modĂ©rĂ©ment tourbĂ©s. Indication de prix : Autour de 30 €, cavistes (quoique je trouve que cette version n’est pas si facile Ă  trouver, tout comme certains des affinages). Note (sous rĂ©serve): 84 ?/100  

ENGLISH SUMMARY: A pleasant entry level (with a great quality/price ratio) young single malt to discover this category of whiskies, here in a moderate peated version. You will find here the usual GLEN MORAY tasting notes (citrus fruit, acacia honey, fresh cut hay, fresh herbs, vanilla & sweet spices), but more in a light mode.

 

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci Ă  Graham Coull.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel « ELGIN HERITAGE/CLASSIC Â», nouvelle version du 12 ans, Edition 2016, 40 % :

A Noter : Il s’agit de l’ancien 12 ans d’âge (chroniquĂ© dans ces colonnes) mais simplement relookĂ© dans cette nouvelle gamme (voir avant). /Tasting Notes : In fact it’s the same content than the previous 12 y.o. one (reviewed previously in that same topic).

 

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci Ă  Graham Coull.

 

 

 


-GLEN MORAY Officiel/gamme « The Heritage Collection Â», 15 ans, Première Edition 2016, Maturation en fĂ»ts ayant contenu du Bourbon (« American Oak Â») & du Sherry, rĂ©duit Ă  40 % (Speyside, ECOSSE/G.B.):

Couleur: Miel d’acacia, Ă  reflets dorĂ©s, voire ambrĂ©e (la tonalitĂ© ambrĂ©e semble provenir de la part de fĂ»ts de sherry dans l’assemblage, mais elle pourrait aussi provenir de l’ajout de caramel, difficile Ă  dire. Nez: Riche, fin et complexe. FruitĂ©e, elle est aussi miellĂ©e, maltĂ©e, avec un cĂ´tĂ© gourmand Ă  la fois chocolatĂ©, noisettĂ©, voire pralinĂ©. Bouche: Fine, complexe et très fondue. Très fruitĂ©e (fruits confits, compotĂ©s-pommes golden & poires mĂ»res), elle est aussi miellĂ©e (miel toutes fleurs, voire de bruyère), elle est aussi bien maltĂ©e, avec de complexes notes de fruits secs (noisettes en tĂŞte) se mĂŞlant Ă  des notes de chocolat au lait, chocolat noir, mais aussi de caramel dur (notes semble t’il en grande partie naturel). Finale lĂ©gère, mais superbe, avec un retour d’épices intĂ©ressant qui compense le titrage un rien faible (40 %) et une belle pointe distante de fruits rouges rappelant l’influence du sherry. Tenue Ă  la dilution: PlutĂ´t bonne, mais ne pas trop diluer. Un cĂ´tĂ© « goĂ»ter rĂ©gressif Â» (nutella, carambar, tablettes de chocolat diverses, bonbons fourrĂ©s au pralinĂ©) bien agrĂ©able. Conclusion: Un dĂ©licieux single malt qui peut Ă  la fois servir d’apĂ©ritif et de digestif, voire mĂŞme d’accompagner un dessert pâtissier. Une belle addition Ă  la gamme rĂ©gulière, destinĂ© Ă  remplacer le 16 ans d’âge. Prix indicatif: Autour de 65/70 € Ă  sa sortie. Note confirmĂ©e: 91/100

ENGLISH SUMMARY : This one replaces the previous 16 y.o. in the core range. The amber color shows this one has more sherry casks involved than for instance the 12 y.o., but it can also be because of the caramel added. The nose is rich, complex & refined. Fruity, it is also malty, honeyed, with a gourmet side related to chocolate, caramel (carambar sweet) hazelnut & maybe praline. On the palate it is as appealing as on the nose, displaying its charms in a deliciously melted complex combo of dark & milk chocolate, malt, hazelnut, dried fruit, honey (all sorts, possibly even with heather). There is also a distant red fruit notes recalling also the sherry casks. It is superb, even with this low abv, delicious and can be both an aperitif & an after-dinner whisky, or even match a pastry dessert. Rating (confirmed) : 91/100

 

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci Ă  Graham Coull.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel « MADEIRA CASK FINISH Â», millĂ©simĂ© « 2004 Â» (DistillĂ© le 08/06/04, maturĂ© une seconde fois le 14/12/10 dans un fĂ»t de Madère-Age environ 11 ans, mis en bouteille en 2015), Ă©dition limitĂ©e de la gamme « Private Cask Â», Single-Cask (cask N°9938 ayant donnĂ© 350 bouteilles), 46 % : 

A Noter : Il s’agit d’un Ă©levage durant 6 ans en fĂ»ts de Bourbon de premier remplissage, puis d’un affinage d’environ 5 ans en fĂ»ts ayant contenu du vin de Madère.

Couleur: Vieil or, Ă  reflets dorĂ©s. Nez: Capiteux et sexy, riche. Une profusion de notes florales (lys, jasmin), fruitĂ©es (coings, pommes golden, pĂŞches & poires au sirop), Ă©voquant en partie des esters, mais aussi de l’angĂ©lique, de la vanille, et du thĂ© de plusieurs sortes….Bouche: Mhmm ! J’adore quand un beau nez tient ses promesses au palais ! Une succulente harmonie de saveurs florales, fruitĂ©es (dont un mĂ©lange de fruits frais et au sirop) et Ă©picĂ©es (angĂ©lique), derrière lesquelles on pressent des notes herbacĂ©es (et de miel d’acacia), de cire, mais aussi vĂ©gĂ©tales, en retrait pour le moment, mais participant Ă  la crĂ©ation d’une certaine complexitĂ© de très bon aloi. Tout est Ă  l’unisson dans un fondu très hĂ©doniste et joyeux, tout en demeurant d'une grande Ă©lĂ©gance. Le fruitĂ© dĂ©veloppe comme une sensation soyeuse en bouche, et  les notes florales ajoutent une touche fĂ©minine comme j’aime. Un whisky d’un très bel Ă©quilibre. EnvoĂ»tant ! Evoque certains ROSEBANK atypiques (comme un superbe 17 ans d'âge millĂ©simĂ© 1991 et embouteillĂ© en 2008 de chez Gordon & MacPhail, un whisky dont je vous reparlerais). Tenue Ă  la dilution: IntĂ©ressante, renforçant son caractère fĂ©minin, mais Ă©galement les notes vĂ©gĂ©tales (feuilles de thĂ© vert et Earl Grey, pointe de thĂ© noir), le profil herbacĂ© campagnard typique de la distillerie (modĂ©rĂ©, ici). Il y a aussi une très lĂ©gère note vineuse qui trahit la prĂ©sence du Madère (lĂ©gère aciditĂ© Ă©galement). Conclusion: Un excellent single malt, bourrĂ© de charme, très bien assemblĂ© et Ă©levĂ©, parfaitement servi par le titrage Ă  46 % Il est donc chaudement recommandĂ© ! Graham Coull, le maĂ®tre-assembleur & maĂ®tre-distillateur a encore fait des merveilles, bravo ! Prix indicatif: Autour de 60 €, cavistes, sur commande. Note confirmĂ©e: 93/100

ENGLISH SUMMARY: A beautifully complex & expressive-yet well balanced-expression, with lots of fruity & well as floral notes. There’s a richness here that doesn’t seem to show as much in the other whiskies of the range, finishes or not…It still shows the distillery character & the usual suspects at GLEN MORAY (the citrus fruit, the honey, the hay, the herbs, the vanilla), but it is enhanced by heady flowers notes & at least 3 different kinds of tea. It’s a joyful blend of notes reminding me a bit of the beautiful 17 y.o. ROSEBANK from Gordon & MacPhail (1991-2008 for MdW). The Madeira wine influence is great but subtle & all in all this is a true charming perfectly crafted whisky one has credit to give to master-distiller Graham Coull. Hats off to him!

 

 

 

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Photo: © Grégoire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY officiel/« Private Cask Â», « SHERRY CASK Â» (Distilled 25/06/02-Bottled 2015), Single-Cask (« Oloroso Sherry Â», N° 3878-Edition limitĂ©e Ă  450 bouteilles), Cask Strength, 58,9 %: (2 ème & 3 ème dĂ©gustation-sur sample, merci Ă  Graham Coull pour cela) :

Couleur: Or, Ă  reflets dorĂ©s. Nez: Intense, sur le fruitĂ© et sur l’alcool. Puis jolies notes fruitĂ©es, florales et Ă©picĂ©es : Orange sanguine, salade de fruits variĂ©s au sirop, physalis, potiron, thĂ© Earl Grey & Ă  la bergamote, angĂ©lique, lys. Egalement des notes pâtissières (blanc-manger, glaçage de mille-feuilles, et pour l’aciditĂ©, comme du sorbet au citron, voire une margarita. Bouche: Assez intense, reprenant les notes du nez avec un certain Ă©quilibre, davantage de citron se mĂŞlant aux notes de fruits au sirop, davantage de fruits confits, peut-ĂŞtre du cĂ©drat, et un caractère un rien picotant du whisky, rĂ©vĂ©lant clairement des Ă©pices (gingembre, voire piment d’Espelette). Evoque un Refill sherry un peu atypique et contemporain plutĂ´t qu’un sherry « Ă  l’ancienne Â».Assez boisĂ© tout de mĂŞme… Tenue Ă  la dilution : Plus disciplinĂ© avec un peu d’eau, mais toujours un peu alcooleux aussi. Sorbet tutti frutti, fruits confits & fleurs capiteuses sont toujours au rendez-vous. Conclusion : Un excellent whisky mais comme un peu inachevĂ©, comme s’il lui manquait une dimension supplĂ©mentaire pour dĂ©coller. Un sherry inhabituel qui demande du temps… Indication de Prix : non communiquĂ©. Note confirmĂ©e : 91/100

ENGLISH SUMMARY: An excellent whisky in itself, sure not in the same league as the exceptional “Sherry Cask” Distillery Manager’s Choice (1995-2008) single-cask (N°7249), but a good “modern sherry” cask, intense, then showing some qualities (complexity of the fruitiness for instance) also some interesting pastry & spicy notes. Give it a few drops of water & it will be more pleasant to taste. I feel some extra-dimension is lacking in this one, don’t know why, but it’s still good.

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY Officiel/Small Batch Release, n.a.s. (bottled 2015), « PORT CASK FINISH Â», 40 % : Couleur: Saumon clair. Nez: New make (dont de la levure de bière), lĂ©ger, marquĂ© par le sirop de grenadine, le jus de grenadine. Bouche: Attaque plus puissante qu’escomptĂ©e au vu du nez (un rien alcooleux), marquĂ©e par les fruits rouges, la grenadine en tĂŞte, mais aussi la rhubarbe, comme de la soupe de fraises, ainsi que du thĂ© Earl Grey. Facile Ă  boire et lĂ  encore, comme la version « Sherry cask finish Â», l’assemblage est très habile, avec l’apport des fĂ»ts de Bourbon de premier remplissage de la première maturation. Beaux esters, qui conjuguĂ©s Ă  l’apport du Porto, donne un profil singulier et très « bonbon Â». Tenue Ă  la dilution: L’ajout d’eau renforce le cĂ´tĂ© « bonbon Â», mais aussi sa vinositĂ©, mais l’équilibre subsiste tant qu’on n’ajoute pas plus d’eau. Conclusion: Un joli GLEN MORAY un peu atypique, plutĂ´t lĂ©ger, mais assez plaisant. De la prĂ©sence malgrĂ© ses 40 %. Prix indicatif: Environ 35/40 € en France, moins au Royaume-Uni. Note confirmĂ©e: 87,5/100

ENGLISH SUMMARY: Yes it is a n.a.s. (young) whisky, reduced to 40 %, chill filtered, probably a bit colored as well, and on the light side of GLEN MORAY. But I found this interesting & completely different from the older expression matured or finished in Port…We’re here more on the exuberant “grenadine” style of Port (similar to the PENDERYN “Portwood” expression), with surprising strawberries soup note, on the edge of getting sour & winey (sometimes it is, yes). And this is enhanced, a bit like in the “Sherry finish” expression, by the nice estery notes coming from the first fill bourbon maturation. But beware it’s a bit challenging whisky…Some days I find it overwhelming by the wine finish, others very pleasant. One to take time with.

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY Officiel/Core range (gamme rĂ©gulière), n.a.s. Bottled 2016, « SHERRY CASK FINISH Â», 40 % :

Couleur: Or Ă  vieil or, et reflets dorĂ©s (le caramel ajoutĂ© y est peut ĂŞtre pour quelque chose ?). Nez: FruitĂ© (abricot, pĂŞche, voire pointe de fruits rouges), marquĂ© par du caramel (toffee) naturel, voire Ă©galement artificiel. Floral (fleurs capiteuses), foin coupĂ©, orge maltĂ©e, de la vanille Ă  l’arrière-plan. Un nez riche. Bouche: Souple (quelque peu aqueuse, mais demeurant puissante-dommage que le titrage ne soit pas de 43 ou 46 %), puis un peu vineuse, marquĂ©e par les esters (bonbons gĂ©lifiĂ©s, ananas, goyave, papaye), y compris de la gelĂ©e de coing. Une combinaison intĂ©ressante et peu courante de fĂ»ts de Bourbon de premier remplissage & de fĂ»ts de sherry. Note pâtissière entre vanille et crème anglaise. Finale courte Ă  moyenne, sur un riche ensemble fruitĂ© (les fruits rouges se prĂ©cisent), floral et campagnard (foin). Tenue Ă  la dilution: L’eau ravive un peu le caractère du sherry (je prĂ©fère ce whisky sans eau) mais l’ensemble reste agrĂ©able. Conclusion: Un single-malt sans prĂ©tention, mais très plaisant et fort bien assemblĂ©. Un « sherry cask finish Â» qui n’a rien Ă  envier Ă  d’autres provenant de distilleries plus connues pour l’usage du sherry. Prix indicatif: Autour de 25/30 €, en grandes surfaces. Note confirmĂ©e: 87,5/100

ENGLISH SUMMARY: Forget here about “sherry monsters”’ (heavily sherried single malts), we’re here in entry level whiskies territory, i.e. young, light in style & reduced to 40 %. But once this said, this doesn’t mean it’s not interesting, not at all. It’s even a very good value considering its fair price & juicy fruit qualities coming from the sherry finish, yes ! I actually love it because the ensemble is a bit unusual, with the sherry finish bringing a nice additional reddish fruity layer to the estery usual profile provided by the first fill bourbon casks involved in the first maturation time. Good !

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY Officiel/« Elgin Heritage Â» Collection, 18 ans, Première Edition 2016 (Edition limitĂ©e), Maturation en fĂ»ts ayant contenu du Bourbon & du Sherry*(sous rĂ©serve), rĂ©duit Ă  47,2 % :

*Dernière minute: Il semble que j'ai confondu avec la version 15 ans, qui (au vu du site web officiel) contient du sherry alors que celle-ci apparemment non...J'ai donc écris ces notes influencé par cette première information.

Couleur: Vieil or, Ă  reflets vieil or. Nez: Typique de la distillerie (cĂ´tĂ© Ă©levage en fĂ»ts de Bourbon) et agrĂ©able (foin coupĂ©, herbes sauvages, agrumes, vanille, miel d’acacia), mais aussi marquĂ© par des notes issues du sherry : Noisettes & autres fruits secs (dont raisins de Corinthe), fruits confits, pointe chocolatĂ©e & maltĂ©e. Bouche: Complexe et fine, elle reprend les notes florales, fruitĂ©es, herbacĂ©es, maltĂ©es du nez, et en ajoute d’autres : Cire, tisane aux plantes mĂ©dicinales (Ă  la menthe, notamment) et aux fruits secs, sirop de dattes, et quantitĂ© de malt. Un rien alcooleuse au dĂ©but, puis s’adoucit un peu. Le fruitĂ© prend une tournure compotĂ©e (pommes, poires cuites en une sorte de tarte tatin, en moins sucrĂ©), un rien beurrĂ©. Ajoutez-y quelques discrètes Ă©pices orientales, quelques notes toujours vĂ©gĂ©tales en arrière-plan (notes variĂ©es de sous-bois, champignons) et vous aurez une idĂ©e de cette nouveautĂ©. IntĂ©ressant ! Tenue Ă  la dilution: Excellente, apportant davantage de souplesse Ă  l’ensemble, dĂ©jĂ  assez harmonieux. Conclusion: Une version complexe et un rien diffĂ©rente des GLEN MORAY d’âge moyen (je pense au 16 ans rĂ©gulier), qui demande un peu de temps et vous surprendra un peu par son cĂ´tĂ© presque oriental. PlutĂ´t bien fait, et merci Graham pour le titrage plus Ă©levĂ© que les 2 autres versions de cette nouvelle gamme ! Prix indicatif: Autour de 95 € environ, cavistes partenaires de la Maison Dugas (concurrente de la MdW).-Note confirmĂ©e: 91/100

ENGLISH SUMMARY: A new & very welcomed (as it is a 47,2 % ABV expression !) addition to the new range called “Elgin Heritage” Collection. Think of the 16 years old, but with more oomph, more complexity: It is fruity, floral, herbal, malty, nutty, but also waxy & with complex green notes. On top of that, some pastry notes add a very pleasant & a bit oriental taste. Highly recommended !

 

 

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 Photo: © GLEN MORAY distillery. Merci Ă  Graham Coull.

 

 

* Voici trois versions (échantillons de fûts) de GLEN MORAY hors commerce, expérimentales, tous des single-casks bruts de fût présentés au Salon Club-Expert Dugas 2016 (un salon professionnel). Encore un grand merci à Graham Coull pour les samples ci-dessous :

 

 

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Trois samples de versions expérimentales de GLEN MORAY proposées à la dégustation lors d'un salon

en 2016. Dans l'ordre, les millésimes 1988, 1995 et 2010 chroniqués ci-dessous. Photo: @ Grégoire Sarafian

 

 

-GLEN MORAY officiel* de 19 ans millĂ©simĂ© “1988”, « PORTWOOD Â» (*Sample Hors commerce de 2016), Single-Cask (Cask N°21), Cask Strength approx. 55 %: (2 ème & 3 ème dĂ©gustation-sur sample- merci Ă  Graham Coull pour cela):

Couleur : Vieil or, Ă  reflets ambrĂ©s, voire cuivrĂ©s. Nez : Assez boisĂ©, puis quelques Ă©lĂ©ments vineux, floraux & fruitĂ©s arrivent. Le boisĂ© est ici très prĂ©sent, aussi en avant que dans la version officielle rĂ©duite Ă  43 %. Un cĂ´tĂ© saumurĂ© et mĂ©dicinal (tisane aigre-douce). Quelques notes chocolatĂ©es Ă©galement (chocolat noir). Miel et malt complètent ce tableau assez contrastĂ©. Bouche : La bouche reprend les qualitĂ©s et dĂ©fauts du nez, si j’ose dire, avec cette complexitĂ© de bon aloi, mais aussi une certaine confusion entre sucrĂ©, fruitĂ©, vĂ©gĂ©tal et saumurĂ©. C’est un peu vineux aussi, mais plus stable semble t’il que la version rĂ©duite de 2014/2015. Bel Ă©quilibre floral/fruitĂ©/vineux/miellĂ©/maltĂ© malgrĂ© ces rĂ©serves, au sein d’un profil boisĂ© important mais maĂ®trisĂ©. Le chocolat noir, les fruits secs (raisins et dattes, notamment) et du caramel naturel se font sentir vers la finale, ce qui n’est pas dĂ©sagrĂ©able. Tenue Ă  la dilution : Certes ce whisky sera un peu plus souple avec un peu d’eau, mais il sera Ă©galement un peu plus vineux, ce qui va contribuer Ă  briser ce fragile Ă©quilibre. Prenez plutĂ´t le temps de l’aĂ©rer. Conclusion : Un whisky très concentrĂ© et sur le fil du rasoir cĂ´tĂ© Ă©quilibre, qui peut dĂ©router aussi par ce caractère un peu saumurĂ©, oxydatif. Un whisky très complexe aussi, qui demande du temps. Indication de Prix : Version hors commerce, pour le moment. Note confirmĂ©e : 88/100

ENGLISH SUMMARY: A more convincing single cask version of the 25 y.o. “Portwood” edition. But unfortunately this is only an advance sample just drawn from the cask to show “what is all about”…This hasn”t been bottled. The sweet & sour combo that one can recognize in the reduced 25 y.o. expression is there but balanced by nice chocolaty & raisiny notes. Dates, heavy caramel or winey & brine notes is what you will also get, wrapped in a constant but discret woody note. I do not recommend to add water, but to let it breathe more, yes. This one needs time.

 

-GLEN MORAY officiel* de 21 ans millĂ©simĂ© “1995”, 16 ans en fĂ»ts de Bourbon, puis 5 en fĂ»ts tourbĂ©s ex-Islay Casks (Peated), *Sample Hors commerce de 2016, Cask Strength, approx. 54 %: (2 ème & 3 ème dĂ©gustation-sur sample, merci Ă  Graham Coull pour cela) :

Couleur : Vieil or, Ă  reflets dorĂ©s. Nez : Un peu fermĂ© de prime abord, peu reconnaissance en tant que GLEN MORAY, puis dĂ©veloppe un beau fumĂ©, puissant, cendrĂ©, et ensuite un bouquet fruitĂ© (fruits confits) assez fondu avec une note maltĂ©e et chocolatĂ©e. Etonnant ! Bouche : De la tourbe cendrĂ©e ET chocolatĂ©e, c’est ce qui frappe d’entrĂ©e de jeu. Du moka Ă©galement, Ă©voluant vers du chocolat noir aux raisins secs, un cĂ´tĂ© charbonneux (comme si vous aviez un peu trop laissĂ© dans le four votre pudding de NoĂ«l). Assez Ă©trange (absolument plus typĂ© GLEN MORAY du coup) et plutĂ´t sĂ©duisant, je dois dire. Finale plus douce et linĂ©aire, mĂŞme sans eau. Tenue Ă  la dilution : Devient plus sĂ©duisant encore, avec une note plus prĂ©cise de chocolat noir maius aussi au lait et teintĂ© de moka. Conclusion : Une vĂ©ritable curiositĂ© que voilĂ , très atypique de la distillerie. Le long passage dans des fĂ»ts ayant contenu du whisky tourbĂ© d’Islay (je pense soit Ă  un LAPHROAIG, soit Ă  un BUNNAHABHAIN version « Moine Â», donc très tourbĂ©) a profondĂ©ment marquĂ© le distillat, intrinsèquement fumĂ© et cendré…Le rĂ©sultat est bluffant, mais ce whisky serait un vrai cauchemar Ă  reconnaĂ®tre en blind-test ! Indication de Prix : Version hors commerce, pour le moment Note confirmĂ©e : 89/100

ENGLISH SUMMARY: An unusual & interesting offer, in which the peated casks seem to have a lot of impact on the distillate, especially over time when the sample gets more air…Here it is a dried smoke, ashy & with a strong mocha & dark chocolate touch. Clearly a Christmas cake note in it too. At times you will find this fantastic & balanced, but otherwise could be a bit overwhelming for some as the smoke gets bigger & bigger over time. Nevertheless a very interesting experience !

 

-GLEN MORAY officiel* de 6 ans, millĂ©simĂ© “2010”, 4 ans en fĂ»ts de Bourbon tourbĂ©s (entre 20 et 25 p.p.m.), plus 2 ans en fĂ»ts de Sherry de type P.X. (Pedro Ximenez), *Sample Hors commerce de 2016, Cask Strength, approx. 61 %: (2 ème & 3 ème dĂ©gustation-sur sample, merci Ă  Graham Coull pour cela) :

Couleur : Vieil or, Ă  reflets ambrĂ©s profonds, voire une pointe d’orange. Nez : Riche, fruitĂ©, floral, marquĂ© par les esters, la fougue de la jeunesse aussi, et en mĂŞme temps tourbĂ©, fumĂ©, rond, explosif ! Etonnant autant que rĂ©jouissant !!! Bouche : Wow ! Une vĂ©ritable bombe improbable de sherry P.X. et de tourbe ! Un cocktail de notes marquĂ©es par les esters dĂ©ferle sur vous pour commencer (bonbons anglais, ananas, papaye, goyave, banane, etc…) puis très vite une deuxième et improbable vague (tourbĂ©e et fruitĂ©e diffĂ©remment) vous fauche sans crier gare pour votre plus grand plaisir. L’apport du sherry P.X. au fougueux distillat dĂ©jĂ  marquĂ© par des fĂ»ts de premier remplissage fait mouche Ă  chaque coup : Très fruitĂ© (fruits exotiques, fruits rouges, fruits mĂ»rs variĂ©s), très floral (fleurs capiteuses, dont du lys), avec des esters exacerbĂ©s par la tourbe, c’est une recette inĂ©dite et très impressionnante ! Et la tourbe est vraiment fantastique…Tenue Ă  la dilution : Oui, oui, oui…Le whisky devient plus souple et moins marquĂ© par l’alcool, et il est plus que temps d’appeler une certaine « brigade Â» (n’est-ce pas mon cher Serge ?). Conclusion : Une vĂ©ritable « tuerie Â» qui rĂ©ussit l’exploit d’apporter beaucoup de fraĂ®cheur (tourbĂ©e, fruitĂ©e) au distillat (portĂ© par les fĂ»ts de Bourbon de premier remplissage) qui n’est Ă  aucun moment dĂ©naturĂ© ou affaibli, aussi : Chapeau bas, Mr Graham Coull ! C’est un coup de maĂ®tre que vous avez rĂ©alisĂ© lĂ  ! Indication de Prix : Version hors commerce, pour le moment (dommage !!!). Note confirmĂ©e : 94,5/100

ENGLISH SUMMARY: Wow! When a (P.X.) “Sherry bomb” is ALSO a “Bourbon bomb”’ & ALSO a “Peat bomb”, it can be better than this! A very spectacular & interesting experiment, that instantly blew me away….The interaction of obviously first fill Bourbon casks (that previously held peated whisky) with a clever dose of Pedro Ximenez casks finish is terrific! Of course this is a young & feisty whisky of just 6 years old, but OMG it is so good & manage to hold a good balance, it’s flawless! I have once again to give credit to Master-distiller Graham Coull for the conception of this whisky because it’s a stunner with a very unusual but 100 % efficient single malt composition, with the estery notes (from the Bourbon) talking to the peat component of it, plus the red & ripe fruit style coming from the P.X. Sherry casks topping it. If only it could be bottled, not stay as an experiment!

 

 

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 Le fantastique et si improbable millĂ©sime 2010. Photo: @ GrĂ©goire Sarafian

 

 

 

QUELQUES VERSIONS DE NEGOCE DEGUSTEES CES DERNIERES ANNEES :

 

 -GLEN MORAY 11 ans (Distilled June 1992, Bottled June 2003), emb. par DOUGLAS LAING, gamme « OLD MALT CASK Â», SINGLE-CASK (360 bouteilles), n.c.f, n.c. rĂ©duit Ă  50 % : Couleur : Or Ă  reflets dorĂ©s pâles. Nez : MarquĂ© par les fleurs capiteuses (dont la violette), les herbes, l’orge maltĂ©e, puis en second lieu par les agrumes, des notes de pomme et de poire, de solvant/fruits exotiques…Un nez très sĂ©ducteur, très concentrĂ©, assez complexe. Bouche : PlutĂ´t sèche, mais avec comme une consistance grasse, gĂ©nĂ©reuse, elle semble plus simple que le nez. MarquĂ©e par les herbes et les Ă©pices, puis les fruits et les fleurs, un peu en retrait, elle demeure accessible, malgrĂ© les 50 % qui sont assez perceptibles. La finale est très fine, plutĂ´t sèche et marquĂ©e par des Ă©pices et un peu trop par l’alcool. Notes d’orge maltĂ©e, de cĂ©rĂ©ales diverses, de noix peut ĂŞtre, et, ce faisant, typĂ©e par rapport Ă  la distillerie. Tenue Ă  la dilution : PartagĂ©e : Le corps devient alors relativement plus Ă©troit, il y a perte et gain Ă  la fois : Perte de la complexitĂ©, d’un certain caractère gras, mais gain en dĂ©licatesse, en subtilitĂ©. La finale est longue et demeure sèche, elle est comme onctueuse, mais un peu retenue. Un whisky très dĂ©licat Ă  ouvrir (faire des essais prĂ©alables, avec de petites quantitĂ©s d’eau). Conclusion : Un bon GLEN MORAY, assez rare chez les indĂ©pendants pour ĂŞtre signalĂ©e, voire recommandĂ©e. En passe d’être Ă©puisĂ© ? – Merci Ă  Jean-Michel NOEL pour cette dĂ©gustation (Juillet 2008) - Note confirmĂ©e : 90/100

ENGLISH SUMMARY: A very sexy (floral, malty, then very fruity & estery) nose. On the palate it’s simplier, more spirity & driven by dry herbal & spicy notes, but it evolves in more pleasant ones : More malted barley, citrus fruit, maybe citrus notes, but also some original nutty notes. A slight dilution doesn’t really help (mixed feelings about it) because it excites its dryness & looses some texture, so be careful. Other than that it’s a pleasant whisky with some parts typical of the distillery style. It remains a nice bottling, though.

 

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-GLEN MORAY 24 ans (1998-2011), emb. DUNCAN TAYLOR, gamme “Rare Auld Collection”, Single-Cask (Cask N° 2860), 53,2 % : Couleur : Or.Nez & Bouche: Une version assez fidèle au caractère de la distillerie : Herbes fraĂ®ches, foin coupĂ©, camomille, vanille, agrumes. Demeurant assez sec. Conclusion: Assez bon, vif et bien meilleur avec un peu d’eau. Herbes fraĂ®ches, foin coupĂ©, camomille. Prix n.c. /Pas de notes chiffrĂ©es (ou bien : Entre 80 et 83/100).

ENGLISH SUMMARY: A very classic expression, neither spectacular nor flawed, bottled by an independent bottler able of the best but also the worse bottlings. This one is in between, not adding much to the offer.

 

 

 

 

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Photo non contractuelle (même distillerie & gamme de négociant, mais autre âge et fût).

 

 

 

-GLEN MORAY 16 ans (Dist. : 04/1996-Bott. : 10/2012), emb. Ian McLEOD, gamme “Chieftain’s, Manzanilla Sherry finish, Single-Cask (Cask N° 93431-646 bouteilles), 46 %: Couleur : Vieil or, Ă  reflets dorĂ©s, voire orangĂ©s.Nez : Engageant, avec un beau fruitĂ© et des notes florales au second plan. Très fondu, vineux, mais plutĂ´t agrĂ©able. Bouche: Etonnante, par son fruitĂ© (jus d’orange, voire d’orange sanguine & fruits rouges), ses belles notes florales un rien capiteuses (peut ĂŞtre du lys), de la bergamote, voire un cĂ´tĂ© « sangria Â», une belle aciditĂ© (modĂ©rĂ©e), voire un cĂ´tĂ© salin, provenant probablement de l’affinage en fĂ»ts de Manzanilla. SĂ©duisant par son caractère gouleyant et très facile Ă  boire. Il est très vineux, mais dans un style que je trouve plutĂ´t rĂ©ussi. Tenue Ă  la dilution. Pas eu le temps d’essayer. Conclusion: Une version assez atypique du caractère de la distillerie, clairement (peu d’herbes fraĂ®ches, pas de foin coupĂ©, peu de notes de vanille), mais très rĂ©ussie. Indication de prix : n.c. Note (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  88/100.

ENGLISH SUMMARY: A very unusual independent bottling of GLEN MORAY, very winey & full flavored (orange juice, maybe even blood orange, red fruit), with some heady flowers (some lily?), bergamot orange, nice acidic touch, a bit salty (probably the Manzanilla finish). Easy to drink & moreish, and for once the winey notes are really a treat here. A beautiful surprise.

 

 

 

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-GLEN MORAY de 21 ans (Edition 60ème Anniversaire de la MDW en 2016). Emb. BERRY BROS & RUDD, gamme spĂ©ciale « Berry’s Best Â», ici en version dĂ©diĂ©e aux collectors liĂ©e Ă  cet anniversaire, Single-cask (Cask N° 5651-toasted oak, 245 bouteilles), Cask Strength, 56,3 %: -DĂ©gustĂ© au Whisky Live Paris 2016

Couleur: Or clair, comme un jeune GLEN GRANT, curieusement. Probablement un fĂ»t neuf lĂ©gèrement toastĂ© ou un fĂ»t ayant connu plus de 2 remplissage re-toastĂ©. Nez: Très beau, sur des notes fruitĂ©es quelque peu atypiques (mirabelle ?). Comme une note d’amandes fraĂ®ches & de crème d’amande. LĂ  encore le nom de GLEN GRANT me vient Ă  l’esprit. Bouche: Très fine, complexe et gourmande. Certains marqueurs typiques de GLEN MORAY sont bien lĂ  (foin fraĂ®chement coupĂ©, miel, agrumes, vanille, Ă©pices douces), tandis que d’autres (fleurs capiteuses, mirabelle, amandes et crème d’amande, bol de cĂ©rĂ©ales variĂ©es pour petit dĂ©jeuner) semblent provenir d’ailleurs (je pense Ă  des GLEN GRANT Ă©levĂ©s en fĂ»ts de Bourbon ou Ă  certains CAPERDONICH Ă©levĂ©s de la mĂŞme manière), façon de parler bien sĂ»r, car avec les single-casks, l’on ne sait jamais Ă  quoi s’attendre. Peut ĂŞtre une trace de notes de fruits exotiques au second plan, Ă  confirmer ? Une certaine fermetĂ© boisĂ©e, mais davantage destinĂ©e Ă  charpenter le distillat qu’à le durcir. Une bouche d’une belle Ă©lĂ©gance, d’une grande profondeur et d’une grande finesse. Tenue Ă  la dilution : Dans mon souvenir, l’eau a permis de rendre l’ensemble encore plus sĂ©duisant, et d’accentuer le beau fondu dĂ©jĂ  prĂ©sent auparavant. Conclusion : Un très beau whisky, bien sĂ©lectionnĂ© pour l’occasion festive, tout en dĂ©livrant une belle surprise cĂ´tĂ© palette aromatique. Indication de prix : 195 €, MdW, Ă  sa sortie en 2016. Note (sous rĂ©serve, difficile Ă  Ă©valuer lors de l’unique dĂ©gustation du salon) : Entre 93,5 et 95/100

ENGLISH SUMMARY: A beautiful single malt, bottled by the great independent bottler BERRY BROS & RUDD for La Maison du Whisky’s 60th anniversary. A single-cask of a great finesse, bringing typical GLEN MORAY house distillery notes (hay, honey, citrus fruit, vanilla, sweet spices), but also some unusual ones, such as almond (fresh but also creamy ones), breakfast cereals, heady flowers, maybe some exotic fruit as well, partly reminding me of some Bourbon matured GLEN GRANTs. It is complex, rich & satisfying, elegant and worth a try. Hard to score in a unique tasting, but I’ll go for 93,5 to 95/100

 

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

 

-GLEN MORAY de 23 ans d’âge (Distilled 1992, bottled 04/2016), emb. CADENHEAD/gamme « Wine Cask Â», Sauternes cask, 252 bouteilles, 52 %:

Couleur: Vieil or, à reflets dorés denses.

Nez: De prime abord alcooleux. Forte influence du bois dans lequel a séjourné préalablement le vin de Sauternes, mais aussi de l’interaction entre une maturation (trop) longue et le distillat. Vineux et profondément boisé, avec à la fois un côté butyrique et presque moisi du bois, ce qui est un peu désagréable, comme chez certains ARDBEG (la fumée de tourbe aggravant le problème). Après plusieurs dégustations et une phase d’aération la 3 ème fois, les défauts sont atténués et le bois laisse un peu davantage parler le whisky et le vin de Sauternes. Alors seulement surviennent les raisins secs, les fruits confits, et comme une note de fruits exotiques flambés au rhum.

Bouche: MĂŞme constat qu’au nez. Il faut absolument l’aĂ©rer une dizaine de minutes, sans quoi c’est bien trop boisĂ©, alcooleuse, avec comme un dĂ©faut (bois mouillĂ©, moisi, amertume, sĂ©cheresse excessive). L’alcool ressort avant tout, avec ce boisĂ© bizarre, et lĂ  on pense que la maturation a Ă©tĂ© poussĂ©e bien trop loin dans le temps, ou bien que le fĂ»t de Sauternes Ă©tait de qualitĂ© mĂ©diocre. Après une certaine aĂ©ration, tant de l’échantillon que du whisky dans le verre, les choses se remettent un peu en place et les qualitĂ©s de cette maturation inhabituelle (surtout dans sa durĂ©e) se font plus Ă©videntes : Un fruitĂ© presque pâtissier, confit et sucrĂ©, des fleurs capiteuses, sur une dominante jaune-orangĂ©e (abricot, cĂ©drat, coing, voire pĂŞches jaunes, ananas rĂ´ti, et des lys au lointain…), puis quelques Ă©pices.

Tenue Ă  la dilution : ProblĂ©matique Ă  la première dĂ©gustation, elle s’est avĂ©rĂ©e plus intĂ©ressante lors des suivantes, en ajoutant que peu d’eau. Elle assouplit alors les notes boisĂ©es et fait ressortir les notes fruitĂ©es et florales qu’on attend.

Conclusion: La note chiffrĂ©e donnĂ©e ne rend pas forcĂ©ment justice Ă  ce whisky, mais elle tient compte des dĂ©fauts de celui-ci et de son caractère instable et difficile Ă  se livrer. LĂ  encore, je pense que le choix d’une maturation intĂ©grale aussi longue n’était peut ĂŞtre pas le meilleur Ă  faire, qu’une seconde maturation de (disons) 5 ans (en fĂ»ts de Sauternes) aurait dĂ©jĂ  impactĂ© fortement le whisky mais probablement sans lui donner ses dĂ©fauts. Un whisky expĂ©rimental intĂ©ressant quelque peu sur la corde raide plutĂ´t qu’une rĂ©ussite, comme je l’ai cru au dĂ©but, pensant que c’était un affinage seulement…A noter, ce whisky a les mĂŞmes dĂ©fauts boisĂ©s que la première Ă©dition du 25 ans d’âge « Portwood Â» rĂ©duit, que j’ai eu du mal Ă  apprĂ©cier Ă©galement. Dernière minute: D'autres notes sont Ă  venir...afin d'ajuster la note chiffrĂ©e (le whisky ayant favorablement Ă©voluĂ© dans le sample). Indication de prix : Autour de 115 € Ă  sa sortie (U.K.). Note sous rĂ©serve (elle a Ă©tĂ© assez difficile Ă  obtenir, et faite sur 3 dĂ©gustations): 82?/100

ENGLISH SUMMARY: A bit complicated indie bottling of GLEN MORAY, with a huge impact of the wood on the GLEN MORAY’s distillate, as well as a significant influence of the Sauternes wine on it, because of the full & very long maturation time, but maybe also because of the initial quality of the wood used for the Sauternes. It’s not that it is flawed (as I thought at first try) but it’s a bit too much. On the nose & on the palate there are some musty notes coming through and that never seem to leave, while, unexpectedly, fruity & heady flowers notes do not fully deliver and tend to fall flat within wet & musty wood & spices. Fortunately, if you give it some time (at least 10 minutes), the balance shifts more to the good side, but its it enough to be a rewarding tasting experience, I’m not sure of it. That’s why my rating is a bit average, even after 3 tastings of the sample I had. I am convinced that this one should have been only finished a few years (say 3 to 5 years ?) in Sauternes casks rather than fully matured. Last minute statement: As the spirit seem to have evolve recently in the sample (in a good way!) I shall modify my notes & my rate as well. More precisions soon. Temporary Rating: 82?/100 (as iit is still under reservations).

 

 

 

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QUELQUES MARQUES PLUS OU MOINS ASSOCIEES AVEC GLEN MORAY :

 

 

-LABEL 5 « CLASSIC BLACK Â», n.a.s., Edition 2017, 40 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A noter : Le cĹ“ur de ce blended whisky est le single malt GLEN MORAY, dont le propriĂ©taire français (La Martiniquaise) est le mĂŞme que celui de la distillerie.

Couleur: Vieil or. Nez: De suite alcooleux et bourrĂ© de sucres rĂ©siduels (impression de), et probablement aussi de caramel ajoutĂ© (essence de caramel E150a). Au positif, notes de fruits confits, d’agrumes, de caramel et d’orge maltĂ©e. Bouche: MĂŞme punition, avec quelque chose qui brĂ»le la gorge d’entrĂ©e de jeu (alcool+sucre+caramel ajoutĂ©), des Ă©pices, du boisĂ© et du caramel. Les fruits ont du mal Ă  s’exprimer. Notes de solvant, de boisĂ©, de caramel visiblement pas naturel. C’est assez agressif et le whisky de grain, majoritaire, a l’air de qualitĂ© infĂ©rieure Ă©galement. Par contre le profil est diffĂ©rent de celui d’il y a quelques annĂ©es, notamment d’une version d’il y a environ 10 ans, très marquĂ©e par la pomme cuite mais sans aucune constance en bouche, plate et encore plus dĂ©sĂ©quilibrĂ©e (note : 37/100). La version d’aujourd’hui est certes diffĂ©rente, mais pas fabuleuse. L’impression de sucre demeure et est assez gĂŞnante. Tenue Ă  la dilution (eau fraĂ®che): L’eau refait faire surface aux notes fruitĂ©es et florales prisonnières des autres (mauvais) ingrĂ©dients, mais cela demeure assez laborieux. Tenue Ă  la dilution (glaçons): En fait c’est le seul moyen d’apprĂ©cier ce blend mĂ©diocre. Le choc thermique ravive les notes florales, fruitĂ©es (confits, pommes cuites) et de cĂ©rĂ©ales (maĂŻs, orge) un rien chocolatĂ©es de ce whisky et attĂ©nue l’impression d’alcool et de sucre. Conclusion: Un blend clairement mĂ©diocre, Ă  rĂ©server Ă  la consommation courante, de prĂ©fĂ©rence sur glace ou en cocktail, mais attention cela reste un whisky assez alcooleux. Prix indicatif: Autour de 15 € en G.M.S. Note confirmĂ©e: 49/100

ENGLISH SUMMARY: On the the nose & on the palate, a very average (to say the least) blended whisky. There’s a disturbing spirity note as well as a heavy residual sugary note (an impression), topped (if I may say!) by a significant amount of added caramel (E150a). The grain whiskies content seem also to be of a mediocre quality. On a more positive side, once you pass those unpleasant notes, you get candied fruit, cooked apples, some spice & wood. Some solvant as well, but not much presence of those fruity notes. A previous version (10 years ago) was even worse (37/100). Surprisingly, it’s on ice that this blend is the most bearable (if not sometimes envoyable?), because the thermal shock wakes up some pleasant floral, cereal & fruity notes for a little while. It can also be used as a cocktail base. The following expression called “SINGLE RESERVE N°55” is much more decent.

 

 

 

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-“LABEL 5”, n.a.s.,“SINGLE-CASK RESERVE N°55” (Bott. NP-2757), “Sherry Cask Finished”, Limited Edition, 2015, 43 % (Blended Whisky, ECOSSE):

A noter : Le cĹ“ur de ce blended whisky est le single malt GLEN MORAY, dont le propriĂ©taire français (La Martiniquaise) est le mĂŞme que celui de la distillerie. Certains single malts de l’assemblage ont plus de 15 ans d’âge & les single malts proviennent des 5 rĂ©gions principales productrices de whiskies d’Ecosse (Lowlands, Campbeltown, Speyside, Highlands, Islay). AssemblĂ© par Graham Coull, de la distillerie GLEN MORAY.

Couleur: Vieil or, Ă  reflets dorĂ©s. Nez: Complexe et relativement fin. Florale, fruitĂ©e, boisĂ©e, maltĂ©e. Peut ĂŞtre quelques esters. Bouche: Riche. FruitĂ©e (fruits confits, agrumes), florale (un cĂ´tĂ© « fleur des champs Â»), boisĂ©e, maltĂ©e, avec une pointe de sherry et de miel. Quelques timides esters (davantage perceptibles avec un peu d’eau) Ă©galement. Un peu brĂ»lante, mais moins alcooleuse que prĂ©vu. Finale assez lisse, avec une note de caramel, dont je peux dire si elle est entièrement naturelle ou non. Avec le temps, les notes herbacĂ©es se dont sentir un peu plus. Le sherry est vraiment discret ici. Tenue Ă  la dilution: Positive, avec un profil assez maltĂ© et herbacĂ©, Ă©quilibrĂ© par les notes florales et fruitĂ©es, et quelques jolis esters. (trahissant la prĂ©sence-peut ĂŞtre plus importante dans cette version ?-du single malt GLEN MORAY). Conclusion: Un blend de qualitĂ©, sans ĂŞtre exceptionnel, et bien plus rĂ©ussi et mature que la version « Classic Black Â». La meilleure version dĂ©gustĂ©e Ă  ce jour fĂ»t le lot 0395, plus Ă©quilibrĂ© et gourmand que celui-ci, notĂ© 85/100. Attention, comme pour bien d’autres marques de blended whisky, Ă©tant donnĂ©s les volumes importants produits chaque annĂ©e, les variations entre un lot et un autre peuvent ĂŞtre assez significatives. Prix indicatif: Autour de 20 € en G.M.S. Note confirmĂ©e: 79/100

ENGLISH SUMMARY: A complex & refined nose. On the palate, it is rich, fruity, floral, malty, honeyed, a bit sherried & pleasantly woody. It is still a bit spirity & a bit sugary+caramelly (added caramel), but less than in the “Classic Black”. With a few drops of water, some pleasant estery notes are coming through, suggesting maybe more GLEN MORAY single malt casks involved in the blending process. A decent blended whisky (even if it’s not a masterpiece), much more interesting than the regular “Classic Black” expression. Caution, as with many blends on the market, due to high volumes yearly produced, quality & style may vary from a batch to another (if you come across batch 0935, it is for me the best one tasted so far, worth 85/100).

 

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

 

-GLEN TURNER n.a.s. « Heritage DOUBLE CASK Reserve » (Madeira cask finish), Edition 2017, 40 %(Single Malt, ECOSSE):

A noter: Il s’agit d’un single malt anonyme produit par la société française La Martiniquaise, également propriétaire de la distillerie GLEN MORAY (l’on peut supposer que c’est en effet un GLEN MORAY).

Couleur: Vieil or. Nez: Alcooleux Ă  la première dĂ©gustation, puis un peu moins par la suite. Pas mal de sucre rĂ©siduel, une note de bois brĂ»lĂ©, puis heureusement d’autres notes (pommes cuites, fruits confits, quelques esters). S’amĂ©liore un peu après aĂ©ration. Bouche: Alcooleuse et bourrĂ©e de sucre rĂ©siduel Ă  la première dĂ©gustation, puis un peu moins lors des dĂ©gustations suivantes. Reprend les notes fruitĂ©es du nez, ainsi que les esters qui sont un peu amplifiĂ©s, trahissant la prĂ©sence de fĂ»ts de Bourbon de premier remplissage. Bois brĂ»lĂ©. Finale entĂŞtante (alcooleuse et marquĂ©e par des notes de solvant). Peu agrĂ©able. Devient heureusement plus fruitĂ©e (fruits confits au sirop, pommes cuites, coing, agrumes) et plus Ă©quilibrĂ©e (notes de miel, de fleurs des champs, herbes fraĂ®ches, orge maltĂ©e) lors des dĂ©gustations suivantes. Traces de malt, de miel et d’herbes fraĂ®ches. BoisĂ© plus modĂ©rĂ©. Je n’ai ressenti aucune influence de l’affinage en fĂ»ts de Madère. Tenue Ă  la dilution: Les esters ressortent davantage, trahissant Ă©galement la jeunesse du distillat. Caractère un peu artificiel, boisĂ© un peu limite (cĂ´tĂ© brĂ»lĂ©). Notes de caramel (naturel et artificiel) et de malt. L’usage de la glace n’est pas choquant ici. Conclusion: PlutĂ´t dĂ©sastreux Ă  la première dĂ©gustation, il s’est amĂ©liorĂ© lors des suivantes, dĂ©voilant un profil plus proche d’un jeune GLEN MORAY, en moins naturel (d’ailleurs l’on retrouve la signature de Graham Coull sur la partie arrière du tube). Je lui prĂ©fère clairement la version « Elgin Classic Â» de GLEN MORAY. Indication de prix : Autour de 15/20 €, G.M.S.- Note confirmĂ©e : 76/100

ENGLISH SUMMARY: A strange object indeed. Presented as an anonymous Highlands Single Malt brand owned by La Martiniquaise (French owner of GLEN MORAY distillery), it appears to be probably a GLEN MORAY, also because Graham Coull’s signature appears also on the box/tube label. I recommend you let this one breathe for a while before you serve it, in order to get rid of some (once again) disturbing spirity & solvanty notes. Alas there’s nothing you can do against the abuse of caramel added & a wee too much burnt wood, but apart from that, there are really nice fruity –cooked apples, quince, citrus fruit-notes & some other familiar notes (honey, hay, dried herbs, some spices). I couldn’t get no Madeira casks influence in there, sorry. So it’s a decent dram, that you can have with a dash of water (so that more esters come through) or with ice. In a way, it is not far from the GLEN MORAY “Elgic Classic” (rated 86/100), but feels way less natural…

 

 

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 Photo: © GrĂ©goire Sarafian.

 

 

Gros Plan No 2: Voyage au Pays du COGNAC

 

 Rappel de la rĂ©daction : Certes le sujet principal de ce site est le whisky, mais comme je l'explique dans ma rubrique "Autres Spiritueux" (cliquez sur le titre/please click on title), j'ai souhaitĂ© que les grands spiritueux Ă©levĂ©s en fĂ»ts que peuvent ĂŞtre le Cognac, l'Armagnac ou encore le Rhum, principalement, puissent figurer Ă©galement dans les grandes rubriques du site, en espĂ©rant que les visiteurs de celui-ci aient suffisamment d'ouverture d'esprit et de curiositĂ© pour s'y intĂ©resser. Je considère en effet que certaines des eaux-de-vie dĂ©critent ci-dessous Ă©galent aisĂ©ment les meilleurs whiskies. Pour les inconditionnels du whisky, en revanche, ils trouveront après ce sujet un "Gros Plan" spĂ©cial, le premier du site, consacrĂ© Ă  la distillerie Ă©cossaise HIGHLAND PARK. Bien sĂ»r d'autres "Gros Plans" sur le whisky suivront celui-ci, alors patience, et laissez-vous sĂ©duire en attendant par un spiritueux bien de chez nous...

 

 

 GROS PLAN No 2 / FOCUS No 2:

 

 VOYAGE AU PAYS DU COGNAC:

 

 

1/ Chez GUILHEM GROSPERRIN, des COGNACS LA GABARE S.A. (négociant-éleveur),

à Saintes & Chermignac, 2014 /révisé en 2021

2/Chez les VALLEIN-TERCINIER*, Domaines des FORGES (producteur, pour son compte)

Ă  Chermignac, 2014/ nouveau (*ajout 2021)

3/ CONCLUSION, incluant un hommage Ă  la famille RIVIERE, producteur de Pineau des Charentes

 

 

 Mise Ă  jour & rĂ©vision du : 17 & 19/01/2021 (Updated in 2021)

 

 

Avant-Propos : La vie est ainsi faite, l’on pense faire les choses rapidement, dans la foulĂ©e d’un beau voyage, l’on pense faire les choses bien (oui, j’ai un peu trop attendu des corrections, des prĂ©cisions techniques–certaines demeurent encore en suspens mais il fallait bien lancer le sujet- ou des ajouts de notes de dĂ©gustation personnelles), puis des tuiles personnelles ont ralenti encore la chose, rĂ©sultat le sujet sort plus d’un an après !… Pas grave, c’est ainsi, mieux vaut tard que jamais, dirons-nous, et en plus, par pudeur, par respect, ce sujet est hĂ©las un peu tronquĂ©, je le regrette un peu, et en mĂŞme temps, non, car dans ce monde de communication tous azimuts parfois bien trop exhibitionniste, il faut bien que certaines choses et moments privilĂ©giĂ©s, intimes, puissent le demeurer…. Oui je n’ai pas fait le voyage seul, mais avec une joyeuse bande d’amis fins connaisseurs (j'en profite pour leur rendre hommage ici, ils se reconnaĂ®tront), et notre chemin nous a conduits Ă©galement vers d’autres contrĂ©es du Cognac comme du Pineau des Charentes, mais cela c’est une autre histoire (certes effleurĂ©e Ă  la fin du reportage)...Ă  suivre. Sans parler de l’Armagnac, un très beau spiritueux français Ă©galement, hĂ©las souvent mĂ©connu et encore mĂ©sestimĂ©, dont je vous reparlerais.

 

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 Guilhem GROSPERRIN dans son "labo" d'assembleur, au siège de Saintes, avant notre dĂ©gustation verticale et horizontale...

Photo © Grégoire Sarafian

 

 

INTRODUCTION :

 

Notre pĂ©riple nous a donc conduit dans la jolie ville de SAINTES (Charente Maritime, plus de 61000 habitants) et ses environs, une ville pleine de vestiges gallo-romains (dont l’Arc de Germanicus, les Thermes de Saint Saloine, le MusĂ©e ArchĂ©ologique…), et de bâtiments anciens très bien conservĂ©s comme l’Abbaye aux Dames (ancienne abbaye bĂ©nĂ©dictine, datant de 1047), aujourd’hui « citĂ© musicale Â» ou nous avons passĂ© une nuit (c’est en effet Ă  la fois une rĂ©sidence, un lieu de concerts de musique ancienne, baroque, classique, voire autre, mais aussi un centre europĂ©en de recherche sur la pratique musicale). Une option d’hĂ©bergement Ă  bon rapport qualitĂ©/prix que je recommande au passage pour qui souhaite visiter les terroirs du Cognac Ă  moindre frais.

 

 

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  L' Abbaye aux Dames, un Ă©tonnant lieu pour faire un break culturel Ă  Saintes.

Photo © Grégoire Sarafian

 

 

 

1/ Chez GUILHEM GROSPERRIN, des COGNACS LA GABARE S.A. (négociant-éleveur),

Ă  Saintes & Chermignac, 2014

 

 

J’étais donc avec quelques amis le 10 Mars 2014 chez Guilhem GROSPERRIN, pour une visite prĂ©vue de longue date et repoussĂ©e Ă  diverses reprises, et qui nous a permis de nous rendre compte du travail de cette sociĂ©tĂ©, et au-delĂ , Ă  travers Ă©galement d’autres visites, notamment chez VALLEIN-TERCINIER (producteur de Cognac de A Ă  Z), puis chez Dominique RIVIERE, un distillateur de Pineau des Charentes (marque « François 1er Â») sur 8 gĂ©nĂ©rations qu’il nous avait recommandĂ© de voir, de nous rendre compte de la richesse du terroir français, qui n’a d’un certain point de vue rien Ă  envier Ă  celui des whiskies Ă©cossais. Le fondateur de la sociĂ©tĂ© GROSPERRIN en 1999 est Jean GROSPERRIN, d’abord bouilleur de cru, puis courtier de campagne, et sa volontĂ© Ă©tait de mettre en valeur, en contact Ă©troit avec les rĂ©coltants, la spĂ©cificitĂ© de l’eau-de-vie Cognac, trop souvent noyĂ©e dans les assemblages des grandes maisons, en lui donnant parfois, Ă  travers des mises en bouteille de petits lots voire de fĂ»ts uniques, une stature et une signature aromatique (ça c’est moi qui ajoute ces termes) comparable aux meilleurs single-malts. C’est son fils Guilhem qui dirige aujourd’hui la sociĂ©tĂ©, ce depuis 2004, et poursuit l’aventure, avec, je l’ai encore constatĂ© cette fois encore, beaucoup de pĂ©dagogie sur les mĂ©tiers et la nature du Cognac, bien souvent mĂ©connu par les amateurs de whiskies. Guilhem a appris Ă  goĂ»ter les Cognacs depuis l’âge de 15 ans.

 

 

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Le siège de La Gabare S.A., la société de Guilhem GROSPERRIN, à Saintes.

Photo © Grégoire Sarafian

 

PRESENTATION:

Le siège des Cognacs GROSPERRIN, autrement dit du domaine La Gabare S.A. (du nom de la gabare, dĂ©signant les anciens bateaux Ă  fond plat destinĂ©s au transport de marchandise en zone fluviale, notamment dans la rĂ©gion Atlantique, et par exemple en Charente) est situĂ© Ă  SAINTES (17100), le long de la Charente, près du Port la Rousselle, et tant une partie des bureaux, la chaĂ®ne d’embouteillage et un chai sont situĂ©s en zone inondable, en fait construits sur d’anciens marais. C’est pourquoi lors de la visite du chai de SAINTES (que j’appellerais par commoditĂ© le Chai N°1, car le domaine possède d’autres chais Ă  CHERMIGNAC -17460- Ă  quelques kms de lĂ ), j’ai pu constater que les fĂ»ts Ă©taient dĂ©posĂ©s sur des parpaings en ciment. Les bureaux, et le laboratoire d’assemblage sont situĂ©s au premier Ă©tage, avec une belle vue sur la Charente. On y voit des bouteilles des diffĂ©rentes gammes de la maison, mais aussi sur des Ă©tagères, des flacons historiques de divers Cognacs, du XX ème mais aussi du XIX ème siècle, certains parfois dĂ©pourvus d’étiquettes et visiblement très vieux. D’autres types de boissons alcoolisĂ©es anciennes frappent le regard, de vieux Pineau des Charentes, mais aussi comme cette ancienne et improbable bouteille de « Cherry Cognac Â» (en rĂ©alitĂ© du triple-sec de Grand Marnier).

 

 

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Des flacons qui remontent jusqu'au XIX ème siècle trônent sur les étagères de Guilhem, véritable bibliothèque

du goĂ»t "Ă  l'ancienne". Photo Â©  GrĂ©goire Sarafian

 

 

Les Ă©tagères sont Ă©galement remplies d’échantillons en cours d’analyse, une des activitĂ©s de Guilhem GROSPERRIN, qui rappelons-le est, en amont, d’être courtier et nĂ©gociant en Cognacs de collection, qu’ils soient liĂ©s ou non Ă  des successions. C’est la matière première dirons nous de son travail, sĂ©lectionner des eaux-de-vie de grande qualitĂ© pour les mettre au mieux en valeur. C’est Ă  partir des eaux-de-vie qu’il rachète qu’il dĂ©cide lesquelles doivent rester en fĂ»t plus longtemps, ĂŞtre embouteillĂ©es telles quelles ou assemblĂ©es Ă  d’autres lots ou tout simplement revendues pour acquĂ©rir d’autres types de Cognacs pour tel ou tel type d’assemblage. Au fait, dans le Cognac, on utilise souvent le mot « coupe Â» pour dĂ©signer l’assemblage des eaux-de-vie de Cognac (ce qui peu prĂŞter Ă  confusion pour l’amateur de whisky avec le « cut Â», moment ou l’on sĂ©pare le cĹ“ur de chauffe des tĂŞtes et queues de distillation).

 

 

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Le "labo", ou atelier de Guilhem GROSPERRIN, dans lequel les assemblages encore en cours d'Ă©laboration cotoyent ceux qui sont dĂ©jĂ  approuvĂ©s, sous forme d'Ă©chantillons. L'on peut voir, entre autres choses, sur la table, une douelle issue d'un fĂ»t de chĂŞne du Limousin, pour expliquer la maturation aux visiteurs. Photo Â© C.

 

Par ailleurs, comme cela a Ă©tĂ© visible durant la visite, rappelons que la dĂ©marche de Guilhem est globalement de type artisanale, et sauf commande expresse très spĂ©cifique pour tel ou tel marchĂ© Ă©tranger, il ne procède pas au filtrage Ă  froid et lui prĂ©fère un filtrage doux (identique Ă  celui de certains whiskies de nĂ©goce, voire officiels), et il expĂ©rimente mĂŞme en ce moment un nouveau type de filtration douce qui va plus loin que celui-ci dans la recherche de la prĂ©servation du plus possible de composants aromatiques prĂ©sents dans les corps gras de l’alcool (nous y reviendrons sans doute dans un sujet spĂ©cifique mais qui englobera aussi le whisky). De mĂŞme, Guilhem utilise rarement le colorant artificiel, et quand c’est le cas, il utilise le E 150 A qui semble rĂ©ellement sans goĂ»t, Ă  ma grande surprise (nous avons fait le test), sauf si l'on en mets beaucoup. Il existe d’autres types de caramel artificiel, notamment pour l’international, certains types Ă©tant rĂ©ellement avec du goĂ»t (cf test effectuĂ© avec John Glaser de COMPASS BOX lors de ma visite en 2007). Il effectue parfois des rĂ©ductions de ses Cognacs, parfois plusieurs sur le mĂŞme fĂ»t ou lot, et est adepte comme John Glaser adepte d’une rĂ©duction très progressive et donc très lente, sans quoi le distillat est violentĂ© et dĂ©gradĂ© nous explique t’il. Je veux bien le croire !

 

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Etonnante vue en contrejour des étagères consacrées aux Cognacs (pas seulement les marques produites par GROSPERRIN) dans la boutique "La Cale", à La Gabare S.A. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

 QUELQUES REPERES SUR LE COGNAC (cf informations du B.N.I.C., voir plus loin):

 

La production de Cognac, comme le whisky, doit rĂ©pondre Ă  des critères très stricts, mais qui sont diffĂ©rents de celui-ci, critères que je vais tenter de rĂ©sumer ici (j’ai enlevĂ© quelques obligations administratives pour simplifier):

Le Cognac doit utiliser une mĂ©thode spĂ©cifique traditionnelle en deux temps (cahier des charges), procĂ©dĂ© devant produire un « brouillis Â» puis la repasse. Le Cognac est rĂ©alisĂ© par double-distillation de vin (tandis qu’une seule est exigĂ©e pour l’Armagnac). Le « brouillis Â» est l’équivalent du « first run Â» en anglais (1èere distillation, comme dans le whisky, par exemple) et la « bonne chauffe Â», l’équivalent de « second run Â» (2 ème distillation).

Le Cognac doit titrer 40 % au minimum, et le titre volumique de distillation ne doit pas dĂ©passer 72,4 % Ă  20 °C (souvent les producteurs limitent l’abv Ă  70 % et rĂ©duisent le degrĂ© Ă  65 % avant enfĂ»tage pour augmenter l’extraction du bois).

Pour obtenir l’appellation Cognac, celui-ci doit avoir subi 24 mois et un jour minimum de vieillissement dans des fûts de chêne après la distillation. Les seuls additifs autorisés sont l’eau de réduction déminéralisée ou distillée, le sucre (souvent du saccharose brut), le caramel (E 150 a), l’infusion de copeaux de chêne. Le bois de chêne provient soit de la forêt du Tronçais (avec des tannins plus légers), soit du Limousin (tannins plus lourds). Un Cognac doit vieillir 24 mois en fûts de chêne neuf, puis il est ensuite mis à vieillir dans des fûts ayant subi plusieurs remplissages.

La capacité des alambics de Cognacs, qui doivent être des alambics dits charentais est limitée à 30 hectolitres dont 25 de charge pour la 2 ème chauffe. Il est interdit de distiller après le 31 Mars de l’année qui suit celle de la récolte du vin qui sera utilisé pour le Cognac (la distillation a traditionnellement lieu en hiver, jusqu’au mois de Mars. Le chauffage des alambics à feu nu est la règle pour le Cognac, mais de plus en plus de distilleries utilisent le gaz à la place.

Rappelons Ă©galement que pour le Cognac, qui date du XVII ème siècle, Ă©tant donnĂ© que la matière première est du vin, la notion de terroir est essentielle, et que la rĂ©gion de production a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e par le dĂ©cret du 1 er Mai 1909 : Elle s’étend du dĂ©partement de la Charente-Maritime Ă  une grande partie de la Charente et Ă  quelques communes des Deux-Sèvres et de la Dordogne. Les vins destinĂ©s Ă  l’élaboration des eaux-de-vie ayant droit Ă  l’appellation « Cognac Â», « Eau de vie de Cognac Â» et « Eau-de-vie des Charentes Â» doivent provenir des cĂ©pages suivants : Colombard B., Folle Blanche B., Montils B., SĂ©millon B., Ugni Blanc B., Folignan B. (ce dernier ne reprĂ©sentant au maximum que 10 % de l’encĂ©pagement). La presse manuelle du raisin a fait place Ă  un procĂ©dĂ© plus mĂ©canique, mais la vis d’Archimède est proscrite (English: The grapes are then immediately pressed. In most cases, producers will use pneumatic bladder presses, which apply gentle pressure to the grapes. However, traditional artisans continue to employ basket plate presses. Nevertheless, Archimedes’ screw presses are not allowed for making cognac). Le vin une fois fermentĂ© titre Ă  environ 9 % avant distillation.

En effet, les caractères du distillat diffèrent selon les rĂ©gions, codifiĂ©es en A.O.C. comme suit, et plus prĂ©cisĂ©ment en 6 crus: Les plus prestigieuses sont situĂ©es Ă  Cognac mĂŞme et au Sud : Ce sont les « Grande Champagne Â» et « Petite Champagne Â». Puis juste au Nord est situĂ©e les « Borderies Â», le plus petit cru en taille Ă  la rĂ©putation de maturation rapide. Ensuite viennent les « Fins Bois Â», zone assez importante, Ă©galement de maturation rapide, puis les « Bons Bois Â», en zone cĂ´tière comme en vallĂ©e, et au Sud de Cognac. Enfin viennent les « Bois Ordinaires ou « Bois Ă  terroirs », situĂ©s près de l’OcĂ©an Atlantique, et jusque sur l’île de RĂ© et d’OlĂ©ron.

 

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La maturation des Cognacs de collection, souvent très âgés, nécessite une surveillance constante, puis, lorsque le titrage menace de tomber sous les 40 % (via la part des anges) ou tout simplement que tel ou tel distillat risque d'ête trop boisé, on l'extrait de son contenant et on le reconditionne dans des dames-jeannes afin de stopper son vieillissement et préserver ainsi au maximum ses qualités organoleptiques. Photo prise dans une des salles à l'étage du chai en pierre de Chermignac © Grégoire Sarafian

 

Rappelons Ă©galement que pour le Cognac, qui date du XVII ème siècle, et, Ă©tant donnĂ© que la matière première est le vin, la notion de terroir est essentielle, et que la rĂ©gion de production du Cognac a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e par le dĂ©cret du 1 er Mai 1909 : Elle s’étend du dĂ©partement de la Charente-Maritime Ă  une grande partie de la Charente et Ă  quelques communes des Deux-Sèvres et de la Dordogne. Les vins destinĂ©s Ă  l’élaboration des eaux-de-vie ayant droit Ă  l’appellation « Cognac Â», « Eau de vie de Cognac Â» et « Eau-de-vie des Charentes Â» doivent provenir des cĂ©pages suivants : Colombard B., Folle Blanche B., Montils B., SĂ©millon B., Ugni Blanc B., Folignan B. (ce dernier ne reprĂ©sentant au maximum que 10 % de l’encĂ©pagement).

 

 

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Les terroirs du Cognac...ont aussi leurs îles, comme en Ecosse ! (ïle d'Oléron, ïle de Ré).

 

En effet, les caractères du distillat diffèrent selon les rĂ©gions, codifiĂ©es en A.O.C. comme suit, et plus prĂ©cisĂ©ment en 6 crus: Les plus prestigieuses sont situĂ©es Ă  Cognac mĂŞme et au Sud : Ce sont les « Grande Champagne Â» et « Petite Champagne Â». Puis juste au Nord est situĂ©e les « Borderies Â», le plus petit cru en taille Ă  la rĂ©putation de maturation rapide. Ensuite viennent les « Fins Bois Â», zone assez importante, Ă©galement de maturation rapide, puis les « Bons Bois Â», en zone cĂ´tière comme en vallĂ©e, et au Sud de Cognac. Enfin viennent les « Bois Ordinaires ou « Bois Ă  terroirs », situĂ©s près de l’OcĂ©an Atlantique, et jusque sur l’île de RĂ© et d’OlĂ©ron.

 

 

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Quelques unes des bouteilles dégustées ce jour là, toutes sans aucun additif ni filtration à froid.

Photo © C.

 

 

 STATISTIQUES GENERALES SUR LE COGNAC :

 

 Pour le Whisky d’Ecosse, l’on dĂ©nombre environ 130 distilleries, pour 1 milliard de litres d’alcool pur produit par an, alors que pour le Cognac, il existe près de 3000 distilleries (avec notamment 500 installations qui ne produisent pas plus de 0,5 % du volume total) pour une production de seulement 160 000 bouteilles par an.

-CoĂ»t de production très Ă©levĂ©s, supĂ©rieur Ă  ceux mis en Ĺ“uvre pour produire du whisky (explication ?-sans doute liĂ©e Ă  l'exploitation de la vigne, pour les producteurs en tout cas, mais c'est moins vrai pour les nĂ©gociants)

-80 % du stock de Cognac est détenu par les négociants. Il existe 270 négociants, mais 80 % ne mettent pas en bouteille eux-mêmes.

-98 % du Cognac est exportĂ© Ă  l’étranger (notons que la Chine exige une coloration au caramel pour les cognacs).

-Les millésimes pour le Cognacs étaient interdits jusqu’en 1988

-Loi française : Pas d’obligation de « sceller les alcools Â» (sauf exception) comme en Ecosse au moment de la phase de sĂ©lection du distillat (pas de coffre Ă  alcool).

L’auteur tient Ă  remercier Guilhem GROSPERRIN pour son accueil et les prĂ©cieuses informations sur le Cognac qu’il m’a communiquĂ©, bien sĂ»r, mais Ă©galement les auteurs de la plaquette « Le Cognac (Le Cognac, quand l’esprit s’ouvre » (12/2009) Ă©ditĂ©e par le BNIC (Bureau National Interprofessionnel du Cognac). Voir leur site web ici :

Cognac/B.N.I.C.

 

 

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 Guilhem GROSPERRIN dans le chai N°1, admirant la robe du millĂ©sime "1972" (42 ans) avant que nous ne le dĂ©gustions. Une vĂ©ritable merveille de gourmandise. Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

LES COGNACS GROSPERRIN :

 

Bref Historique : Le père de Guilhem a travaillĂ© dans la vigne avant de fonder la sociĂ©tĂ© Grosperrin, en 1980, avant de devenir courtier de campagne, et pour aller vite, c’est en 2004 que son fils Guilhem reprend les rennes de l’entreprise.

Entre la boutique et les chais, la société produit 25000 bouteilles par an. La Gabare S.A. possède un stock de Cognacs de plus de 30 ans pour chacun des 6 crus reconnus (A.O.C.), datés d’avant 1940 aux années 1990, voire plus jeunes.

Elle possède sa propre chaĂ®ne d’embouteillage qui embouteille fĂ»t par fĂ»t Ă  raison d’un fĂ»t par mois, ce qui donne entre 300 et 600 bouteilles environ (bien sĂ»r moins pour les cognacs plus âgĂ©s), et 2 heures suffisent Ă  embouteiller 40 Ă  60 bouteilles.

Autre particularitĂ© des Cognacs GROSPERRIN, la rigueur de la traçabilitĂ© de ceux-ci, ce par quatre garanties :

1/ L’indication de chaque millésime est le résultat soit d’un vieillissement sous contrôle d’état depuis la distillation, soit d’un vieillissement bénéficiant d’une traçabilité exceptionnelle, minutieusement contrôlée par la DRCCRF.

2/ Toute intervention ou manipulation ne peut s’effectuer qu’en présence d’un huissier de justice et les transports s’effectuent sous scellés.

3/ L’âge ou le millésime indiqué sur l’étiquette peut à tout moment être prouvé soit par les archives et la datation au carbone 14 ou par la durée de stockage sous contrôle d’état.

4/ Chaque cognac millésimé ou bénéficiant d’une indication d’âge porte sur son bouchon une bande de garantie qui certifie que toutes les manipulations réalisées autour de ce cognac ont bien été effectuées en présence d’un huissier de justice, à une date précise.

 

 

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Une vue générale de la chaîne de mise en bouteille des Cognacs GROSPERRIN. Oui, c'est moins glamour que de belles vieilles bouteilles des siècles passés, mais c'est aussi cela la réalité des spiritueux et j'ai pensé qu'il était intéressant de le montrer également. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

Les Cognacs GROSPERRIN, que des single-casks ?

Non, car la sociĂ©tĂ© GROSPERRIN produit Ă©galement plusieurs autres marques de Cognac, dont des Cognacs d’assemblage sous la gamme « LE ROCH Â», de sĂ©lection Ă©galement drastique (le « VSOP Â» provient seulement de la rĂ©gion de la « Petite Champagne Â», tandis que le « XO Â» de « Grande Champagne Â» Ă  raison de 50 % minimum, le reste pouvant ne provenir que de la « Petite Champagne Â»).

 

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Toute la gamme des Cognacs "Le Roch", et encore d'autres flacons plus expérimentaux ou anciens, dans le labo de Guilhem GROSPERRIN. Photo © Grégoire Sarafian

 

Par ailleurs, mĂŞme pour les lots issus d’un seul fĂ»t initialement, il est difficile de parler vraiment de single-cask dans tous les cas, car parfois l’on change de fĂ»t (quand il y a trop de « part des anges Â», l’on peut ĂŞtre amenĂ© Ă  transvaser le contenu dans un fĂ»t neuf ou un fĂ»t plus petit), et en fait nombre d’alcools passent leur existence par plusieurs fĂ»ts. Par ailleurs pour Ă©viter un vieillissement trop important ou s’il y a risque de dĂ©gradation, les Cognacs peuvent ĂŞtre Ă  tout moment transvasĂ©s dans des dames-jeannes qui stoppent tout vieillissement (capacitĂ© de 20 Ă  30 litres environ). On le sait peu, mais cette pratique est Ă©galement courante dans le monde du whisky, et notamment pour les vieux et très vieux whiskies. Il est vraiment rare qu’un seul et mĂŞme fĂ»t puisse accueillir sans le dĂ©grader un distillat pendant plus de 50, 60 ou Ă  fortiori plus de 70 ou 100 ans. Par exemple, nombre de vieux DALMORE ont Ă©tĂ© reconditionnĂ©s dans des fĂ»ts plus jeunes avant assemblage avec des fĂ»ts encore plus jeunes, ou l’ont parfois Ă©tĂ© Ă  plusieurs reprises. La distillerie communique parfois sur ce sujet (j’ai pu l’apprendre de la bouche mĂŞme de Richard Paterson).

 

 

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 Dans le mĂŞme esprit que la photo prĂ©cĂ©dente, de montrer un peu l'envers du dĂ©cor du monde du Cognac, l' une des

pièces ou se prĂ©pare l'expĂ©dition des bouteilles des Cognacs GROSPERRIN. Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

 

Pour en savoir plus sur les Cognacs GROSPERRIN, voici le lien vers leur site web: https://cognac-grosperrin.com/

 

 

 

Quelques donnĂ©es brutes :

 

-Guilhem GROSPERRIN achète en vrac et aux bouilleurs de crus.

-La réduction de l’alcool est progressive et répétée si nécessaire en cours de vieillissement, mais au final, le plus souvent, les Cognacs sont mis en bouteille entre 45 et 55 %, ou bien proposés sans aucune réduction (ils peuvent titrer jusqu’à plus de 60 %) ni additifs, avec juste une petite filtration douce.

-Il a récemment acheté un alambic dans le but de distiller dans un futur proche.

-400 cavistes sur Paris et région parisienne distribuent les Cognacs GROSPERRIN, mais ils sont disponibles également sur la carte de restaurants étoilés.

-Les Cognacs de la maison GROSPERRIN ne sont pas filtrés à froid, à l’exception de ceux destinées à la Chine, pour lesquelles elle est obligatoire. Qui plus est, celle-ci exige une coloration artificielle des eaux-de-vie, car elle les préfère ambrées.

-Les marchĂ©s Ă©trangers sont changeants, les russes par exemple dĂ©veloppent ces derniers temps un vĂ©ritable goĂ»t (et des connaissances) pour les alcools, au-delĂ  de certaines tendances spĂ©culatrices, tandis que de nouvelles contraintes sont rĂ©cemment apparues concernant le marchĂ© chinois, au sujet des alcools occidentaux (longtemps le Cognac Ă©tait « la Â» boisson alcoolisĂ©e de prestige pour les cadeaux d’entreprise comme pour les cadeaux touristiques ou pour les grands Ă©vĂ©nements, mais il y a quelque temps, le gouvernement chinois a dĂ©cidĂ© que cela avait assez durĂ© et lĂ©gifĂ©rĂ© en ce sens, dans un soucis d’économie comme de lutte anti-corruption).

 

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 A l'entrĂ©e du siège, plusieurs "cognacothèques" comme celles-ci, montrant l'Ă©tendue de l'offre en Cognacs

de collection de la maison GROSPERRIN. Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

VISITE ET DEGUSTATION DANS LE CHAI N°1, DE SAINTES, situĂ© très près de la Charente 

(Dégustations directement du fût) :

Il s’agit d’un chai inondable, dont les fûts sont surélevés par des parpaings de béton d’environ un mètre de hauteur. Le bâtiment est ancien, en pierre, et de grande hauteur de plafond. Des dames-jeannes y côtoient de nombreux fûts de toute époque, certains remontant même aux années 1930…

 

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Le chai N°1 (sec) de la maison GROSPERRIN, surrélevé par des parpaings, rappelle que celui-ci à été construit dans une zone inondable, puisque situé à près d'une dizaine de mètres de la Charente. Les dames-jeannes au pied des fûts (d'une contenance d'environ 26 litres) sont destinées soient à contenir ce qu'il reste de certains fûts, afin de stopper leur vieillissement, soit par exemple à faciliter le transport d'un Cognac (rappelons que Guilhem à un autre chai à Chermignac, à quelques kilomètres de celui-ci. Photo © Grégoire Sarafian

 

1-« PETITES EAUX Â», Ă  environ 27 % : Il s’agit d’eau additionnĂ©e d’un peu de Cognac servant Ă  rĂ©duire les Cognacs. Guilhem a tenu a nous la faire dĂ©guster afin de prĂ©parer notre palais Ă  la dĂ©gustation et pour mieux nous faire comprendre l’esprit de la rĂ©duction qu’il pratique. Je ne sais pas si c’est une pratique courante chez les autres producteurs de cognac. Evidemment, ce n’est pas d’un goĂ»t absolument renversant, et Ă©voque plus du bois mouillĂ©.

2-« GRANDE CHAMPAGNE Â», DistillĂ© en 2005-2006, environ 60 % (rĂ©duit, car il Ă©tait Ă  70 %) : PrĂŞte Ă  ĂŞtre mise en bouteille en 2014, je l’ai trouvĂ©e un peu fermĂ©e et peut ĂŞtre pas aboutie, mais assez jolie tout de mĂŞme.

Pas de notes chiffrées

3-« GRANDE CHAMPAGNE Â» (Folle Blanche), assemblage de lots de 2008 Ă  2013 rĂ©duit Ă  40 %, l’équivalent d’un V.S.O.P. : Assemblage Ă  33 % remontĂ© jusqu’à 40 % par l’adjonction de fĂ»ts de 2008. Joli, assez rond, plutĂ´t floral, faisant preuve d’un bel Ă©quilibre. Un Cognac un peu « intermĂ©diaire Â» selon Guilhem…Pas de notes chiffrĂ©es

4-Cognac de Collection Jean GROSPERRIN « GRANDE CHAMPAGNE Â», nommĂ© « N°72 Â» (42 ans), distillĂ© en 1972, Ă©chantillon tirĂ© directement du fĂ»t, chai N°1, sans filtration ni coloration, soutirĂ© Ă  environ 58 % le 10/03/2014 – (un fĂ»t m’a-t-on dit similaire au lot N°326, mis en bouteille Ă  55,4 % le 30/05/2013) : Notes correspondant Ă  l’échantillon tirĂ© du fĂ»t, pas Ă  la bouteille : Couleur : Vieil or, Ă  reflets orangĂ©s soutenus. Nez : Lourd, capiteux (floral), très fruitĂ© (fruits frais dont pĂŞches, abricots, clĂ©mentines), Ă©galement marquĂ© par de somptueuses notes vĂ©gĂ©tales (feuilles de thĂ© Earl Grey Ă  la bergamote, peut ĂŞtre du tabac Ă  cigare Havane de qualitĂ© supĂ©rieure). EnvoĂ»tant. On est loin du caractère aseptisĂ© qu’ont nombre de Cognacs d’assemblage (mĂŞme si certains d’entre eux sont fabuleux, qu’on s’entende bien), celui-ci est bien plus typĂ© et expressif. Le titrage naturel Ă©levĂ© y est Ă©galement pour quelque chose. Bouche : Puissante, gourmande, chaude, Ă©picĂ©e, florale (fleurs capiteuses dont iris, lys, jasmin, lilas, violette), avec non seulement le goĂ»t des fruits (pĂŞches, abricots, entre autres), avec la peau de ceux-ci, et des notes de clĂ©mentine et d’épices rappelant Ă©galement un Pure Pot Still (dit Ă©galement Single-Pot Still) irlandais, voire mĂŞme un Rye Whiskey. Un Cognac pâtissier (tarte aux fruits variĂ©s, crumble aux abricots et aux pĂŞches). Au second plan, un complexe et subtil mĂ©lange de notes de solvant, de fruits mĂ»rs, et un peu de cire. Le touchĂ© en bouche est presque satinĂ©, du moins lors des premières dĂ©gustations (rien ne remplace d’ailleurs la toute première dĂ©gustation, qui eu lieu dans le chai N°1, Ă  tempĂ©rature ambiante, un grand moment). Succulente, bien Ă©quilibrĂ©e, mais lĂ©gèrement alcooleuse, elle fait preuve de beaucoup de profondeur (avec une grande maĂ®trise du bois), mais elle est plus facile Ă  dĂ©guster avec un lĂ©ger ajout d’eau. Tenue Ă  la dilution : Le nez se alors fait plus suave, la bouche devient mi-soyeuse, mi-crĂ©meuse, et offre beaucoup de souplesse pour laisser s’exprimer notamment les notes florales et fruitĂ©es. Magnifique ! Conclusion : Pour la petite histoire, il s’agit du mĂŞme fĂ»t (en fait il y en a 2 similaires) que celui dans lequel Guilhem avait puisĂ© pour une masterclass d’assemblage (incluant votre serviteur et 5 autres personnes) de plus de quatre heures chez Nicolas Julhès le 19/05/2012, au cours de laquelle nous avons Ă©laborĂ© grâce Ă  l’aide de Guilhem pas moins de 7 versions assemblant des Cognacs de 1972 Ă  2003. Ce millĂ©sime 1972 est une cuvĂ©e extraordinaire, exubĂ©rante, très florale, très fruitĂ©e, d’une belle complexitĂ©, enveloppĂ© dans un bel Ă©crin de cire… Un alcool d’une grande qualitĂ©, proche des meilleurs rye whiskeys âgĂ©s, mais rivalisant Ă©galement avec les meilleurs Irish whiskeys ou les meilleurs single-malts Ă©levĂ©s en fĂ»ts de Sherry (Ă©voque tantĂ´t un BENRIACH officiel de 1976, avec moins de fruits exotiques, tantĂ´t un GLENLOSSIE de nĂ©goce). Note confirmĂ©e : 96,5/100

 

 

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Plan rapproché d'une bouteille du Cognac "N° 72" (distillé en 1972, mis en bouteille en 2013 pour celui-ci), issu du lot 326, l'un des deux dégustés au cours de ce voyage. L'étiquette mentionne toujours l'origine du Cognac et les certifications lorsqu'elles ont été possibles (sous contrôle d'huissier) et même dans le cas contraire comme ici, qui interdit la mention "millésimé 1972". La bouteille était vendue à l'époque dans les 150/200 €. Photo © Grégoire Sarafian

 

5-Cognac de Collection Jean GROSPERRIN « GRANDE CHAMPAGNE Â», nommĂ© « N°71 Â», distillĂ© en 1971 (43 ans), Ă©chantillon tirĂ© directement du fĂ»t, chai N°1, sans filtration ni coloration, soutirĂ© Ă  environ 63 % (chais secs) le 10/03/2014 : Notes correspondant Ă  l’échantillon tirĂ© du fĂ»t, pas Ă  la bouteille : Couleur : Vieil or, Ă  reflets acajou assez denses (Bourbon). Nez : Puissant, intensĂ©ment boisĂ©, Ă©picĂ©, pâtissier Ă©galement (« Pecan pie Â», tarte aux noix de pĂ©can, crumble aux pommes très caramĂ©lisĂ©es), il Ă©voque davantage un bourbon whiskey ou un vieux whisky de grain qu’un cognac ou un single-malt. Bouche : Assez diffĂ©rente lĂ  aussi du millĂ©sime « 1972 Â», elle est plus puissante, plus sèche, profondĂ©ment boisĂ©e (bois prĂ©cieux, Ă©rable) et Ă©picĂ©e (sur un registre « plus amĂ©ricain que français Â», avec de la cannelle, de la girofle, de la muscade, du gingembre, voire une pointe de piment), des noix nobles, un caractère pâtissier plus lourd, avec malgrĂ© tout de belles notes fruitĂ©es Ă  l’arrière-plan (abricots, pruneaux, dattes, mĂ»res), mais assez difficile Ă  dĂ©guster sans eau (63 % tout de mĂŞme !). Tenue Ă  la dilution : Il faut juste un peu d’eau car le profil de ce cognac ne permets pas une grande dilution (sinon le boisĂ© et les Ă©pices dominent). Le nez est alors un peu plus civilisĂ©, la bouche devient plus Ă©quilibrĂ©e, dĂ©voilant mĂŞme des notes inattendues d’orge, de croquant de cĂ©rĂ©ales et de fruits rouges (mais cela demeure assez tĂ©nu) rappelant des whiskeys irlandais. Conclusion : D’une belle prĂ©sence et d’une grande densitĂ© en bouche, ce cognac lĂ  lorgne du cĂ´tĂ© de nos amis nord-amĂ©ricains, mais pas seulement. Un peu sur le fil du rasoir (plus boisĂ© et Ă©picĂ© qu’autre chose), pas aussi Ă©quilibrĂ© que le millĂ©sime « 1972 Â», ce millĂ©sime « 1971 Â» est nĂ©anmoins superbe et un rien atypique. Note confirmĂ©e : 93/100

 

 

 

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 Une partie des bouteilles de la dĂ©gustation chez Guilhem GROSPERRIN...Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

6-« GRANDE CHAMPAGNE Â», distillĂ© en 1967, lot Ă  48 % : Assez fin, bel assemblage.Un bon lot, mais nettement moins spectaculaire que d’autres du mĂŞme millĂ©sime (mais lot N°123, Ă  47,5 %) qui avait Ă©tĂ© notĂ© 98/100 & Hors catĂ©gorie (voir la page consacrĂ©e aux spiritueux sur le site). Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  86+/100

 

7-« FINS BOIS Â», distillĂ© en 1967, lot Ă  ? % (non notĂ©): Assez fin, joliment fruitĂ©, bel assemblage. Notes de rancio de qualitĂ©.Superbe.Le cran au dessus, cette fois, clairement. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  94/100

 

8-« GRANDE CHAMPAGNE Â», distillĂ© en 1933, lot nommĂ© « Hillaire Â» (inscription sur le fĂ»t-probablement le nom du propriĂ©taire initial du lot), Ă  48 % : De couleur ambrĂ©e, au nez et Ă  la bouche très fins, exprimant un boisĂ© intense mais nĂ©anmoins encore apprĂ©ciable, cet Ă©tonnant Cognac Ă©voque lui aussi un vieux Bourbon whiskey plutĂ´t qu'un Cognac ou mĂŞme qu'un Single malt…Un vraie page d'histoire. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  92/100

 

 

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Une certaine Ă©motion nous envahit lorsque Guilhem soutire, Ă  l'ancienne, un peu de ce Cognac de collection

datant de 1933...Photo © Grégoire Sarafian

 

9-« PINEAU DES CHARENTES Â» de 30 ans d’âge, environ 17 % : Etonnant, très joli et gourmand en fruits, mais aussi très oxydatif…on atteint la limite de ce qui est possible en termes d’équilibre Ă  mon avis. Mais c’est superbe. Pas de notes chiffrĂ©es.

 

 

VISITE ET DEGUSTATION AU « LABORATOIRE Â» D’ASSEMBLAGE DE SAINTES

 (DĂ©gustations de bouteilles et de samples, pas seulement de Cognac) :

 

Le laboratoire, situé au premier étage de la bâtisse principale, est un des lieux ou Guilhem accueille ses visiteurs et clients, mais aussi le lieu dans lequel il élabore ses nouveaux assemblages, décide des réductions ou non pour tel ou tel millésime et fût, voire décide l’embouteillage fût par fût. Un lieu impressionnant, avec une belle vue sur la Charente, rempli de flacons anciens et modernes, d’échantillons dont le contenu date parfois de plus de 200 ans…

 

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Cette fois-ci en photo le "line-up' complet de la dĂ©gustation, pour la partie Cognac en tout cas, avec les verres permettant d'apprĂ©cier les diffĂ©rences parfois infimes de robe entre eux (mĂŞme avec fort Ă©cart en termes d'annĂ©es). Notez la teinte verdâtre de l'avant-dernière bouteille sur la droite, datant de 1893 (voir plus loin). Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

10-« FINS BOIS Â», distillĂ© en 2001, lot ? , en bouteilles de 0,50 cl, certification AB (Agriculture biologique), 46,8 % :

DĂ©jĂ  dĂ©gustĂ© (autre lot), assez doux, lĂ©ger et bien construit, un très beau Cognac jeune.Mi-fruitĂ©, mi-floral, il fait preuve d’un bel Ă©quilibre. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  86/100

 

11-« GRANDE CHAMPAGNE Â», distillĂ© en 1988, lot 309, 63 % : Très exubĂ©rant, plutĂ´t dur, alcooleux, limite en dĂ©sĂ©quilibre, mais avec tout de mĂŞme des qualitĂ©s. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  82-84/100

 

12-« BORDERIES Â», distillĂ© en ? (33 ans), Chais humides, lot ?, 41,2 % : Très doux, marquĂ© par de belles notes d’orange, mais aussi de solvant, de vernis un peu entĂŞtant. Trop pour mon goĂ»t. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  80-82/100

 

13-« FINS BOIS Â», distillĂ© en 1979, 55,4 % : Profil un peu dur, assez dĂ©concertant. Pas d’autres commentaires effectuĂ©s, ni de notes chiffrĂ©es.

 

14-« PETITE CHAMPAGNE Â», distillĂ© en 1973, lot 311, Ă  50,6 % : EntĂŞtant (alcooleux, notes de solvant un peu trop fortes), mais bien fait. Difficile Ă  juger. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  80-82/100 ?

 

15-« PETITE CHAMPAGNE Â», distillĂ© en 1969 (pas de prĂ©cision sur le lot), Ă  50,5 % : ExubĂ©rant, très fin, notes de solvant, mais beau fruitĂ©, mais il lui manque quelque chose.Dommage. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  84-86/100

 

*Extrait de caramel (E 150 a), testĂ© dans un demi-verre d’eau : IntĂ©ressant, presque pas d’influence. Guilhem nous dit qu’il n’y en a aucune, pourtant je sens un petit quelque chose, pas tellement en goĂ»t qu’en texture (soupçon de caractère sirupeux possible, comme dans nombre de blended-whiskies Ă©cossais, mais aussi de cognacs classiques). Apparemment ce ne serait pas le mĂŞme caramel utilisĂ© Ă  l’international (E150 d)= Sulfate d’ammonium, dit Guilhem), Ă  vĂ©rifier.

Nota : Il n’a pas Ă©tĂ© question de diluer une seconde les Cognacs qui suivent, Ă©tant donnĂ© leur finesse et leur âge, cela aurait constituĂ© un crime…

16-« BONS BOIS Â», distillĂ© en 1944 (pas de prĂ©cision sur le lot), embouteillĂ© au degrĂ© naturel (brut de fĂ»t), 42,3 % : Couleur : Ambre profond. Nez & Bouche : Au dĂ©part assez marquĂ© par des notes de solvant, puis s’équilibre, avec de belles notes fruitĂ©es (fruits confits,fruits mĂ»rs, belles notes d’orange confites) Ă©voquant un whisky du Speyside fort en sherry. Superbe boisĂ©, finesse et puissance  Ă  la fois. Finale interminable.Superbe, un grand Cognac, d’une grande complexitĂ© et d’un Ă©quilibre parfait.Très lisse et très doux. Beau rancio, beaucoup de profondeur…DĂ©jĂ  dĂ©gustĂ© et notĂ© auparavant : Conclusion : Un Cognac d’anthologie !!! -Prix + de 500 €-Note confirmĂ©e = 98 Ă  100/100 & Hors catĂ©gorie.

 

 

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 La couleur de ce millĂ©sime "1944" parle d'elle-mĂŞme : Du fruit (gourmand), du bois (maĂ®trisĂ©), et plein d'autres choses encore... Magnifique ! Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

17-(”TrĂ©sors de La Gabare”), Cognac Hors commerce nommĂ© « N°22 Â» (probablement distillĂ© en 1922), environ 87 ans (maturation stoppĂ©e en cours de route via un stockage dans des dames-jeannes), 42 % : A Noter : Il s’agit d’un assemblage de fĂ»ts du lot intitulĂ© N° 22 – titrant, part des anges oblige, seulement 33 % d’alcool - & du lot N°24 (ce dernier Ă©tant officieusement de 1924), ceci dans le but de prĂ©senter un titrage alcoolique minimum de 40 %, conforme Ă  la lĂ©gislation pour l’appellation Cognac. L’absence de preuves de datation suffisantes interdisant le millĂ©sime  ou toute mention officielle de l’âge.

Commentaires & note chiffrĂ©e rĂ©visĂ©s en 2015 : Couleur : Ambre profond, Ă  reflets acajou orangĂ©s foncĂ©s. Nez : Une merveille ! Sublime. Un Cognac faisant preuve d’un très bel Ă©quilibre entre rancio (très beau), fruits, fleurs, et bois (très beau). Bouche : Un fondu exceptionnel, d’une harmonie incroyable, couche sur couche de saveurs fruitĂ©es, florales, boisĂ©es, Ă  peine Ă©picĂ©es, semblant ne jamais s’achever…Difficile de faire plus fin que ce Cognac ! Conclusion : J’ai dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© ce cognac exceptionnel (sans doute issu d’un autre lot) sur le site. Il y a encore peu (car les prix flambent aussi dans le domaine du Cognac) celui-ci Ă©tait encore d’un rapport qualitĂ©/prix assez exceptionnel (je disais Ă  l’époque, la première fois que je l’ai dĂ©gustĂ© et je peux le redire maintenant que « les single-malts commencent Ă  ĂŞtre très sĂ©rieusement en danger comparĂ©s Ă  ce nectar Â»), avec un prix d’un peu plus de 500 € pour une bouteille. Ce prix n’est plus d’actualitĂ© Ă©videmment. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  98/100 & Hors CatĂ©gorie

 

 

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Deux Cognacs d'exception de la maison GROSPERRIN, des Cognacs datant de 1822 et 1820 !

Photo © Grégoire Sarafian

 

 

18-(”TrĂ©sors de La Gabare”), Cognac Hors commerce nommĂ© « N°20 Â», de « GRANDE CHAMPAGNE Â», distillĂ© en 1820….d’environ 99 ans (maturation stoppĂ©e en cours de route via un stockage dans des dames-jeannes), mis en bouteille en 1919, titrant environ 40 % : A Noter : Il s’agit d’une bouteille sans Ă©tiquetage officiel, d’une mise en bouteille de rĂ©serve, qui a pour vocation de n’être qu’un d’échantillon, provenant d’un des plus vieux fĂ»ts de la rĂ©serve de ce nĂ©gociant. Il y aurait 250 bouteilles de ce Cognac.

Commentaires & note chiffrĂ©e rĂ©visĂ©s en 2015 : Couleur : Ambre profond (comme la pierre, pas comme le ton foncĂ© associĂ© habituellement aux whiskies colorĂ©s), Ă  reflets acajou orangĂ©s. Nez & Bouche : Un Cognac d’exception, « sublissime Â» et fondu au possible, tout en demeurant gourmand (floral, fruitĂ©, avec de belles notes de bois prĂ©cieux) et d’un raffinement inouĂŻ. Semble encore plus abouti encore que le prĂ©cĂ©dent pourtant au delĂ  de mes espĂ©rances. La complexitĂ©, la sĂ©rĂ©nitĂ© et le veloutĂ© de ce Cognac, encore plus gĂ©nĂ©reux et gourmand que le « N° 22 Â» me laisse pantois….Il m’évoque, en mieux, le single-malt DALMORE officiel 50 ans mis en bouteille en 2009, contenant parmi les plus vieux fĂ»ts des whiskies (certes reconditionnĂ©s rĂ©gulièrement au fil du temps) de la distillerie, datant de 1868. Conclusion : Une des plus belles eaux-de-vie jamais dĂ©gustĂ©es, Ă  la hauteur des plus grands vins, un miracle incroyable et pour donner une image plus tangible, ici, le sommet de l’Everest est depuis longtemps dĂ©passĂ© !!!! Comme ce n’est pas la première fois que je dĂ©guste ce « N°22 Â» (tout comme le « N°20 Â», d’ailleurs), j’ai certes un peu moins d’émotions que les fois prĂ©cĂ©dentes, mais tout est relatif : L’on a affaire ici Ă  l’égal des plus grands malts. (Hors commerce, mais estimĂ© Ă  5000 €) - Note confirmĂ©e (rationnalisĂ©e autant que possible !) : 100/100 & Hors catĂ©gorie !

 

 

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Le "Grande Champagne" 1820, plus qu'un Cognac, un morceau d'histoire.

Photo © Grégoire Sarafian

 

19-Rhum millĂ©simĂ© « 1893 Â», mais Ă©tiquetĂ© comme Cognac (au XIX ème, Guilhem nous apprend qu’on assemblait souvent Cognacs et Rhums ensemble !) : Etonnante, la couleur Ă  la base de la bouteille est rĂ©ellement verdâtre. Un rhum plutĂ´t joliment fait, certes atypique, assez vĂ©gĂ©tale, austère au dĂ©but, puis plus agrĂ©able, avec clairement une note de canne Ă  sucre, et beaucoup de rancio bien maĂ®trisĂ©. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  87-89/100

 

Enfin, cerise sur le gâteau, pour terminer notre pĂ©riple, Guilhem nous a proposĂ© de dĂ©guster 3 single-malts whiskies Ă©cossais du nĂ©gociant ADELPHI (que distribuait en France jusqu’en 2012 la maison Grosperrin) :

Signalons Ă  ce stade, qu’une boutique, nommĂ©e « La Cale Â», propose au visiteur un choix assez consĂ©quent tant de Vins, de Whiskies que de Cognacs ou autres spiritueux, et que j’en recommande la visite…

 

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Une partie des étagères consacrées aux whiskies (pas seulement Adelphi, marque distribuée à l'époque en France par GROSPERRIN) dans la boutique "La Cale", à La Gabare S.A. Un choix impressionnant. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

-DALMORE 17 ans (1990-2007), Single-cask N°3527 ayant donnĂ© 590 bouteilles, Cask Strength, 59,7 % : Assez joli DALMORE, un peu atypique, plutĂ´t vĂ©gĂ©tal et herbacĂ©, si mes souvenirs sont bons, plutĂ´t bien fait. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  86/100

-SPRINGBANK 34 ans millĂ©simĂ© « 1969 Â» (1969-2004), Single-cask N°149 ayant donnĂ© 425 bouteilles, Cask Strength, 58,5 % : Couleur or, nez vĂ©gĂ©tal, voire presque marin, boisĂ©, maltĂ©, très fin. Bouche très fine et très Ă©quilibrĂ©e, avec des notes typiques de la distillerie (coco, bouillie de cĂ©rĂ©ales, Ă©pices, chĂŞne sec, herbes sèches). Très Ă©lĂ©gant, son profil aromatique est tĂ©nu, mais au final c’est une petite merveille de finesse et de complexitĂ©. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  94/100

 

 

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Rares sont les whiskies qui peuvent tenir après une telle dégustation !

Photo © C.

 

-CAOL ILA 23 ans (1984-2008), Single-cask N° 6262, ayant donnĂ© 232 bouteilles, Cask Strength, 57,3 % : (note de dĂ©gustation complĂ©tĂ©e par une note prĂ©cĂ©dente, deuxième dĂ©gustation, donc) :

Couleur : Or clair, reflets Ă  peine dorĂ©s, mais avec Ă©clat. Nez : Typique des versions âgĂ©es de qualitĂ©, avec la toile de jute en premier lieu, puis les notes marines et tourbĂ©es, puis d’autres, mais pas de note d’olive. Bouche : De mĂŞme, avec une belle harmonie entre les notes florales et fruitĂ©es, soulignĂ©es par une tourbe fine et lĂ©gère. Pas d’agressivitĂ© non plus au niveau de l’alcool. Belle finale salĂ©e et florale, Ă  peine anisĂ©e. Tenue Ă  la dilution : Excellente, et comme souvent avec les bons fĂ»ts âgĂ©s de CAOL ILA, une proximitĂ© aromatique heureuse avec nombre de PORT ELLEN de nĂ©goce (pour les plus Ă©quilibrĂ©s, et vieillis en fĂ»ts de Bourbon et dans les 22/26 ans d’âge s’entend). Devient crĂ©meux et plein de charme. Fleurs, agrumes, embruns, sel, anis, fine fumĂ©e de tourbe. Conclusion : DĂ©jĂ  notĂ© par ailleurs, car dĂ©jĂ  dĂ©gustĂ© auparavant (2011), c’est un superbe CAOL ILA, parfaitement Ă©quilibrĂ©, bien tourbĂ©, avec une pointe de badiane, presque aĂ©rien, mais avec de la gourmandise et beaucoup de classe. « For relaxing time…. Â».Note chiffrĂ©e confirmĂ©e : 93,5/100

 

 


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 Un grand CAOL ILA de chez Adelphi...Photo © GrĂ©goire Sarafian

 

 

VISITE ET DEGUSTATION AU CHAI DE CHERMIGNAC :

Il s’agit d’un lieu plus rĂ©cemment acquis par la maison GROSPERRIN, une bâtisse traditionnelle avec un chai de petite taille, sur plusieurs pièces, un autre Ă©tant d’ailleurs en construction sur le flan arrière. Non loin des fĂ»ts sont entreposĂ©s, sur une mezzanine, comme Ă  Saintes, des dames-jeannes d’environ 26 litres, destinĂ©es Ă  sauvegarder le contenu de fĂ»ts trop âgĂ©s et/ou dont le titrage menace d’être infĂ©rieur Ă  la limite lĂ©gale (40 %) pour l’appellation « Cognac Â». C’est un lieu bien plus petit que le chai N°1 de Saintes, mais qui a son charme, encore plus campagnard pour le coup…

 

 

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Le chai actuel situé à Chermignac...plus petit que celui de Saintes, mais en cours d'expansion.

Photo © Grégoire Sarafian

 

 

20-« BONS BOIS Â», distillĂ© en 1991, Ă©chantillon de brut de fĂ»t au degrĂ© naturel, 67,8 % : BoisĂ© intense, avec un alcool très prĂ©sent, difficilement soutenable sans eau. Guilhem pense le laisser encore vieillir et l’assembler avec d’autres Cognacs peut ĂŞtre moins brutaux. Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  88 ?/100

 

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Votre serviteur (à gauche) avec Guilhem (à droite), dans le chai de Chermignac, dégustant un échantillon qu'il avait gardé pour nous il y a un moment déjà du "Bons Bois" 1991, un véritable feu d'artifice dans le palais, un Cognac certes encore à dompter (à laisser vieillir encore un peu, assembler, peut être?) mais impressionnant. Par contre celui là a clairement besoin d'eau ! Photo © Grégoire Sarafian

 

21-COGNAC jeune (2011), pas d’autres prĂ©cisions : Jeune, rien Ă  voir, plus proche d’un autre type d’alcool, note de pin assez importante. Evoque curieusement alors un single-cask de chez MACKMYRA (distillerie suĂ©doise de whisky). Note chiffrĂ©e (sous rĂ©serve) estimĂ©e Ă  84-86/100

 

 

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Votre serviteur dans le chai de Chermignac, traditionnel, ou l'on distingue des fûts en grande majorité neufs et jeunes.

Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

 

2/Chez les VALLEIN-TERCINIER*, Domaines des FORGES (producteur, pour son compte)

 Ă  Chermignac, 2014 (visite le 11/03/2014):

 

 

Catherine ROUDIER-TERCINIER, fille de Robert TERCINIER, dirige le domaine avec son frère Louis, une affaire de famille depuis 5 gĂ©nĂ©rations (voir l’historique ci-dessous). Au Domaine des Forges, qui existe depuis 1850, on y produit du Cognac, du Pineau des Charentes, des liqueurs Ă  base de Cognacs, des vins de Pays, des confitures, etc...Après la visite des lieux, nous avons dĂ©gustĂ©s 13 Cognacs, puis, par la suite, d’autres encore, lors de prĂ©sentations sur Paris, et il me reste Ă  dĂ©guster 2 Ă©chantillons Ă  priori exceptionnels (voir Ă  la fin) et d’y ajouter mes notes sur la version rĂ©cente nommĂ©e « VT 46/Small Batch Â», embouteillĂ©e sans filtration Ă  froid & sans coloration Ă  46 %.

 

 

 

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L'entrée principale des chais & boutique du Domaine des Forges. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

Pour la prĂ©sentation historique de la famille VALLEIN-TERCINIER, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© laisser parler Catherine, via sa prĂ©sentation sur le site officiel de sociĂ©tĂ© :

« Robin Tercinier est arrivĂ© en Saintonge en 1480 et s’y est installĂ© avec sa famille. Louis Vallein achète en 1791 le Domaine des Forges. Son fils NapolĂ©on partagera la PropriĂ©tĂ© entre ses 2 descendants. L’un de ses deux fils, Georges Vallein crĂ©e alors en 1850 une entitĂ© commerciale et commence Ă  vendre le Cognac en bouteille. PropriĂ©taire du Domaine, distillateur et nĂ©gociant en vins & spiritueux, Georges dĂ©veloppe la Maison. Lui succède son fils Paul Vallein, qui restera cĂ©libataire et achètera vers 1920 la sociĂ©tĂ© Camille Dupuis qui crĂ©e ses propres assemblages et propose du Cognac en bouteille. Sa sĹ“ur Édith convole en juste noce et mettra au monde Louis Tercinier, petit-fils de Georges qui poursuivra l’activitĂ© avec son oncle Paul dès son retour de la « Grande Guerre ». Louis donnera une impulsion dĂ©cisive Ă  la Maison en dĂ©veloppant ses marchĂ©s sur toute l’Europe : TchĂ©coslovaquie, Finlande, Allemagne, Grande-Bretagne, etc...

En 1947, Robert rejoint son père Louis. C’est l’après-guerre, les marchĂ©s sont florissants. Pendant les 30 Glorieuses, les 8 chaudières de la distillerie alimenteront autant les besoins de la Maison que ceux de nombreux nĂ©gociants. Pourtant, vers 1980, la Maison Vallein-Tercinier saura trouver de nouveaux dĂ©bouchĂ©s. Grâce Ă  sa rĂ©putation et Ă  son sĂ©rieux, Ă  la qualitĂ© de ses eaux-de-vie, au respect de ses engagements, elle confortera ses marchĂ©s europĂ©ens et exportera alors vers l’Asie. Les annĂ©es 1990 verront le partage du travail de la Terre et du NĂ©goce entre Louis et Catherine, fils et fille de Robert Tercinier. Fiers de poursuivre l’œuvre ancestrale, ils marchent ainsi sur le chemin tracĂ© de leurs aĂŻeux. Â».

Site web : https://www.cognac-tercinier.com/fr/

 

 

 

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 Catherine ROUDIER-TERCINIER, ici avec un outil ("dog", en anglais) servant Ă  soutirer le Cognac du fĂ»t pour le servir. Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

MA VISITE :

 

1/ LA SALLE DES ALAMBICS:

 

La distillerie VALLEIN-TERCINIER pratique 2 distillations (comme il se doit dans le Cognac, rappelons que l’on en pratique qu’une seule pour l’Armagnac) dans des alambics charentais typiques: La première donne un distillat de 30 %, la deuxième entre 72 et 76 %. Seul le coeur de chauffe est gardĂ©. Le domaine viticole est dans la famille depuis 1452, mais pour ce qui concerne la production de Cognac, la date de dĂ©but d'activitĂ© est autour de 1850. Les alambics Ă  repasse (en cuivre repeint) sont chauffĂ©s au gaz (la saison de distillation est de dĂ©but Novembre au 31 Mars, ce qui est liĂ© aux pĂ©riodes des vendanges) et sont identiques ou presque de capacitĂ© d'une distillerie de Cognac Ă  l'autre (25 hectolitres, soit 2500 litres). Le cĂ©page utilisĂ© est l'Ugni blanc, en majoritĂ©, mais on utilise ici aussi parfois un peu de Folle blanche. 

 

 

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Les alambics charentais typiques du Cognac, avec des formes différentes pour des styles différents. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

2/ LES CHAIS (dont « Le Paradis Â» & Le Petit Paradis Â»):

 

Le chai dit « Petit Paradis Â» comprend des cuves d’assemblage en bois, un espace semblable Ă  un musĂ©e (ou de vieux outils et tireuses Ă  Cognac sont exposĂ©s), et renferme Ă©galement une boutique qui comprend un espace bar de dĂ©gustation dĂ©diĂ© avec un hommage (sous forme de portraits au mur) aux ancĂŞtres des producteurs actuels (comme par exemple son fondateur, un viticulteur-distillateur a vĂ©cu de 1839 Ă  1911), dont Catherine Roudier-Tercinier est la descendante (5 gĂ©nĂ©rations). La part de viticulture demeure cependant faible.

 

 

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La pittoresque salle servant à la fois de chai (cuve d'assemblage), boutique & bar de dégustation. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

Le Chai dit « Le Paradis Â» & les autres chais: Il y a plusieurs chais anciens (comme celui nommĂ© « Le Paradis Â», que j’ai visitĂ©) et comme chez d'autres producteurs, un certain nombre de Cognacs âgĂ©s sont conservĂ©s en dame-jeanne, afin de stopper la progression du vieillissement (une pratique marginale dans le monde du whisky, sauf pour les maisons ayant conservĂ© des fĂ»ts très anciens, la pratique courante dans ce cas Ă©tant plutĂ´t changer de fĂ»t après quelques dizaines d’annĂ©es). La capacitĂ© des fĂ»ts (en chĂŞne du Limousin ou du Tronçais) de Cognac chez Vallein-Tercinier est de 500 Ă  550 litres et le fĂ»t le plus âgĂ© est de 1965, mais parmi les cognacs conservĂ©s en dame-jeanne, certains datent de 1934, voire de 1922. Le plus ancien Cognac, qui a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© en dame-jeanne, date de 1875. Le chai principal (de type traditionnel, ou « dunnage warehouse Â» en anglais) accueille environ 40 fĂ»ts Ă  l'heure actuelle, mais il y a d'autres chais d'une capacitĂ© d'environ 1000 hectolitres, qui accueillent au total actuellement environ 120 fĂ»ts. Il comprend aussi, et surtout pourrait-on dire, Ă©videmment, comme chez Grosperrin, de nombreuses dame-jeanne (en anglais « demi-john Â»), des bonbonnes de verre renfermant des Cognacs parfois centenaires qui ont subi une part des anges dĂ©mente (Catherine estime Ă  20 millions de bouteilles par an la part des anges!).

 

 

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 L'un des plus vieux chais avec de vieux fĂ»ts & des dame-jeanne, renfermant les plus anciens Cognacs de la maison. Photo © GrĂ©goire Sarafian

 

 

3/ Les produits de VALLEIN-TERCINIER:

 

La maison VALLEIN-TERCINIER produit des Cognacs, en Ă©dition limitĂ©e (souvent brut de fĂ»t, mais pas toujours), ou en Ă©dition classique, comme par exemple des « V.S. Â» (minimum 2 ans d’âge), « V.S.O.P. Â» (minimum 4 ans d’âge) , « X.O. Â» (minimum 10 ans d’âge), ou encore des « Hors D’Age Â» (minimum 6 ans Ă  bien plus). Pour rappel, la distillerie produit aussi des « Fine Champagne Â», une A.O.C. (appellation d’origine contrĂ´lĂ©e) dĂ©finissant la prĂ©sence dans l'assemblage de 50 % de Grande Champagne et 50 % de Fine Champagne. Quand au Cognac « NapolĂ©on Â» (Ă©quivalent de « X.O. Â», Hors d’Age, « Vieille RĂ©serve Â», « Très Vieux Â»), rappelons qu’il dĂ©signe une eau-de-vie d’au moins 6 ans d’âge (comme pour les autres, Ă  compter du 1er avril de l’annĂ©e suivant la vendange). Ces rĂ©fĂ©rences sont disponibles en bouteilles classiques tout comme parfois aussi en carafes (« decanters Â»), bouteilles personnalisables, etc...La maison produit Ă©galement des apĂ©ritifs aromatisĂ©s Ă  base de Cognac, des Pineaux des Charentes (multiples rĂ©fĂ©rences, dont la plus ancienne, nommĂ©e « l’oubliĂ© Â», est de 30 ans d’âge), des liqueurs d’orange, de poire, de mandarine ou encore de cafĂ©, toutes aromatisĂ©es au Cognac, des pineaux aromatisĂ©s, des confitures aux Cognac, etc...

Pour ce qui est du Cognac, il existe plusieurs gammes et plusieurs types de traitement de ceux-ci. Suivant leur destination (marché, comme par exemple chinois, ou les additifs sont exigés...) et leur type, ils peuvent être filtrés à froid, recevoir des additifs (caramel, saccharose brut, essence de boisé). Les V.S.O.P. et X.O. sont filtrés à froid, tandis que les bruts de fûts haut de gamme ne sont pas traités.

 

 

 

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Cette vue montre l'Ă©tendue de la production de la famille, avec Ă  la fois les Cognacs, les Pineaux des Charentes & les liqueurs.

Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

LISTE DES COGNACS DEGUSTES/BREVES NOTES (sauf 2 notes complètes récentes, 2021):

 

 

1/ X.O. flacon tassé de 0,50 litres, "Compte 10"/"Bois Ordinaires/Ile d'Oléron", 40 %:

Nez et bouche assez douces, fin et léger, mais comme aseptisé. Note estimée à 12/20 (= 79/100)


2/ X.O. flacon tassé de 0,50 litres, "Compte 10"/"Bons Bois", 40 % (sans additifs):

Le nez est un peu vert (végétal), en bouche il est vraiment très léger, presque insignifiant, moins présent que le premier dégusté. Note estimée à 11/20 (= 77/100)

 
3/ X.O. flacon tassé de 0,50 litres, "Compte 10"/"Fins Bois", 40 % (sans additifs):

Encore un peu vert (nez, bouche), et peu expressif. Il est encore jeune. Pas de note chiffrée.


4/ X.O. flacon tassé de 0,50 litres, "Compte 10"/"Petite Champagne", 40 % (sans additifs):

Nez fin et ouvert. Bouche plus expressive que les précédents, avec des notes florales & fruitées décentes, mais la réduction à 40 % lui est dommageable. A 45 % il aurait été bien meilleur. Note estimée à 13/20 (= 82/100)

 
5/ X.O. flacon tassé de 0,50 litres, "Compte 10"/"Grande Champagne", 40 % (sans additifs)-PVC Local = 56 €:

Nez fin et léger, assez joli, expressif, en bouche il apparat comme ciselé comme un bijou. Bel équilibre entre notes florales, fruitées, boisées & épicées. Note estimée à 15/20 (= 87/100)

 

6/ X.O. flacon tassé de 0,50 litres, "Compte 10"/"Borderies", 40 % (sans additifs):

Couleur: Or clair. Nez : Fin et capiteux. Bouche: Assez parfumĂ© (entre solvant et orange en sorbet). Ses notes florales & fruitĂ©es sont dĂ©jĂ  plus perceptibles & bien apprĂ©ciables. Note estimĂ©e Ă  14/20 (= 85/100) 

 

 

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La gamme "XO", une bonne introduction au caractère léger & fin des Cognacs de la maison, ici ceux que j'ai dégustés. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

 
7/ Cognac MillĂ©simĂ© "OdyssĂ©e 2000" (mis en bouteille en 2013, d’environ 13 ans), "Fins Bois" (sans additifs), « Très Vieux Cognac Â», initialement un brut de fĂ»t Ă  70 %, mais rĂ©duit Ă  46 % /Notes de dĂ©gustation rĂ©visĂ©e en 2021 :Couleur: Or, Ă  reflets vieil or. Nez: Complexe, exubĂ©rant, tant sur le plan floral (fleurs capiteuses, dont lys, lilas) que fruitĂ© (orange, pĂŞche, fruits secs caramĂ©lisĂ©s, pruneaux, abricots). Notes de solvant puissantes, qui s’attĂ©nuent Ă  l’aĂ©ration. En bouche : Complexe & gourmand, gorgĂ© de fruits, l’orange en tĂŞte, puis la pĂŞche, l’abricot & le bourgeon de cassis (ce qui le rapproche fortement d’un Irish Single Pot Still whiskey, comme un Power’s ou Redbreast 12 ans sous stĂ©roĂŻdes), avec une note de solvant dĂ©sormais plaisante, typique, quelques Ă©pices douces, et la finale (ou plutĂ´t la rĂ©tro-olfaction, juste après) est sublime, longue, Ă  la fois en exubĂ©rance & en finesse. Beaucoup d’élĂ©gance. Avec dilution : Quelques gouttes d’eau et cet ensemble est encore plus sĂ©duisant et plus facile d’accès. Belles notes vanillĂ©es & finement Ă©picĂ©es. Conclusion: Un très bel exemple de ce que peut ĂŞtre un « Fins Bois Â» de toute beautĂ©, sans additifs, avec un titrage idĂ©al, avec beaucoup d’exubĂ©rance florale & fruitĂ©e. Prix : 63 € sur place en 2014. EpuisĂ©. Note confirmĂ©e : (Note de plaisir Ă  18,75/20), note finale de 94/100

 

 

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 Le fameux "OdyssĂ©e 2000", un très joli Fins Bois, demeure l'un de mes favoris abordables de chez V.T.  Photo : © GrĂ©goire Sarafian

 

 

8/ Cognac Millésimé "1969", dit "L'érotique", "Grande Champagne" mis en bouteille en 2013 (environ 44 ans), version réduite à 48 % (sans additifs) : (Autres Notes de dégustation à venir pour celui-ci)-PVC = 169 € sur place: Couleur: Or clair à reflets orangés. Nez : D'une grande finesse, fleurs capiteuses et notes fruitées très complexes (d'oranges, mais aussi de mandarines, de clémentines). En bouche, c'est un véritable enchantement...Note sous réserve estimée 18+/20, soit environ 92/100?

 

9/ Cognac MillĂ©simĂ© "OdyssĂ©e 2000" (mis en bouteille en 2013-environ 13 ans), "Fins Bois", en version dite "brute de fĂ»t", Ă  56,2 % (sans additifs): Puissant et un peu alcooleux, entĂŞtant, marquĂ© par des notes de solvant.  Il lui faut sĂ»rement plus de temps dans le verre pour pouvoir l’apprĂ©cier, son profil Ă©tant plus dur, plus marquĂ©. Pas de note chiffrĂ©e.

 

10/ Cognac sans millĂ©sime, mais mention "Lot N°65" (« 65 Â» pour distillĂ© en 1965, d’environ 48 ans), "Très vieux Cognac" mis en bouteille en 2013, "Grande Champagne"), version initialement Ă  68 %, rĂ©duite Ă  47 % (sans additifs) /PVC sur place = 220 €): Il s'agit d'un assemblage comportant une petite part de fĂ»ts datant de 1922. Couleur: AmbrĂ©e. Nez et Bouche: Très fin et complexe, dense, autour Ă  la fois du fruit, du rancio et du bois, mais très Ă©lĂ©gant. Note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  17,5/20, soit environ 89/100

 
11/ Cognac sans millĂ©sime, mais mention "Lot N°65" (« 65 Â» pour distillĂ© en 1965, d’environ 48 ans), "Très vieux Cognac" mis en bouteille en 2013,  "Grande Champagne", version lĂ©gèrement rĂ©duite (hors commerce/STFC/sans additifs) Ă  56,2 %: Couleur: AmbrĂ©e Ă  reflets vieil or. Nez et bouche : MarquĂ©s par le solvant avant tout, la cire, le miel. Mais un très beau Cognac tout de mĂŞme. Note sous rĂ©serve estimĂ©e 18-/20, soit environ 89?/100

 

 

 

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Un des plus beaux Cognacs de la maison, millésimé "1965". Photo © Grégoire Sarafian

 

 

12/ Cognac sans millĂ©sime, mais mention "Lot N°49" ou "CONJUGAISON 49" (« 49 Â» pour distillĂ© en 1949, d’environ 64 ans, mais il contient aussi des fĂ»ts de 1922 , âge estimĂ© entre 63 & 93 ans), "Très vieux Cognac", mis en bouteille en 2013, "Grande Champagne", version rĂ©duite Ă  46 %(sans additifs) (PVC sur place = 390 €): Couleur : AmbrĂ©e. Nez : Fleurs capiteuses, bois prĂ©cieux, fruits variĂ©s. Bouche: Sans fin, avec de la profondeur, mais manquant sans doute d'un peu plus de complexitĂ©. T.D. non tentĂ©e. Conclusion : Un  plus que superbe Cognac en dĂ©finitive ! Note estimĂ©e Ă  19/20, soit environ 95/100 (Autres Notes de dĂ©gustation plus prĂ©cises Ă  venir, sur mignonnette)

 

 

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Un impressionnant Cognac. Photo, courtesy of Vinmedmere.dk on line shop

 

 

 

13/- Â« VT 46 Â», lot de 2020, une crĂ©ation rĂ©cente, assemblage de fĂ»ts de Cognac « FINS BOIS Â» (25 ans d’âge) & de « BONS BOIS Â» (15 ans), non colorĂ© & non filtrĂ© Ă  froid, rĂ©duit Ă  46 %:Couleur: Or clair, Ă  reflets vieil or. Nez:Complexe, floral (plus classique), assez herbacĂ© (herbes sauvages),modĂ©rĂ©ment fruitĂ© (agrumes, abricots, voire pĂŞches et orange, mais en second plan). Peu de notes de solvant. En bouche :L’on retrouve cette complexitĂ©, mais non sans une certaine austĂ©ritĂ©, avec une emphase sur les herbes sauvages & les Ă©pices douces, les notes fruitĂ©es & florales Ă©tant prĂ©sentes, mais jouant les seconds violons, presque...Un peu dĂ©concertant, mais intĂ©ressant. Un peu plus de notes boisĂ©es, mais restant modĂ©rĂ©es. Une certaine austĂ©ritĂ© qui nĂ©cessite sans doute plus d’attention & plus d’aĂ©ration de la bouteille. Avec dilution : Quelques gouttes d’eau et l’ensemble se fait plus Ă©quilibrĂ© & plaisant, ramenant un peu de fruitĂ© & de floral au centre de la palette, qui fait par ailleurs de plus en plus penser Ă  un Highland single malt whisky par l’emphase sur les herbes & les Ă©pices. Conclusion: Un Cognac pour lequel il m’est un peu difficile pour le moment de lui donner une note dĂ©finitive, car je l’ai ouvert il y a peu, et je pense qu’il nĂ©cessite un temps d’aĂ©ration plus grand pour s’exprimer pleinement. Ceci Ă©tant dit, il est expressif, et se rapproche du terrain du whisky Ă©cossais typĂ© Highlands. Je suis curieux de son Ă©volution. Prix : 67,50 €, en ligne (site de la Cognathèque.com).Note provisoire: (Note de plaisir Ă  18-/20), note après 2 dĂ©gustations de 90/100  (Ă  confirmer)

 

 

 

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L'un des derniers nés de la famille VALLEIN-TERCINIER, le "VT 46" ("Small Batch"), un étonnant Cognac qui établit clairement une plateforme entre Cognac & Whisky.

Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

 

14/- Â« LOT 65 Â», millĂ©simĂ© 1965, mis en bouteille en 2010 (45 ans), Lot L1-65001, non rĂ©duit, 57,7 %, (fourni par C.), (sans additifs).Non encore dĂ©gustĂ© dans cette version, notes de dĂ©gustation sur sample Ă  venir...

 

A NOTER: Je tiens à remercier chaleureusement Catherine ROUDIER-TERCINIER pour son chaleureux accueil, les dégustations et toutes ses explications sur le Domaine des Forges & la production de ses Cognacs...

 

 

 

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 Catherine ROUDIER-TERCINIER, une vĂ©ritable passionnĂ©e qui tient haut & fort le flambeau familial. Photo : Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

***

 

 

CONCLUSION :

 

Ce voyage fût riche d’enseignements: D’abord celui de battre en brèche certaines idées reçues sur le Cognac (mais cela, certes, j’avais déjà commencé à le faire suite à plusieurs rencontres et masterclass données par Guilhem GROSPERRIN sur Paris), mais aussi de me permettre de mieux connaître ses spécificités, ses ressemblances comme ses différences avec le whisky, et puis au-delà de toutes ces considérations, la révélation que oui, nous aussi, en France, savons produire de beaux alcools vieillis en fûts, avec un véritable terroir, un savoir-faire unique, des liens étroits entre producteurs, courtiers et négociants, mais aussi distributeurs, producteurs de Pineau des Charentes, etc…

J'Ă©prouve une certaine Ă©motion devant des trajectoires très diffĂ©rentes et parfois rares et difficiles comme celles de la famille GROSPERRIN & la famille VALLEIN-TERCINIER et je tenais Ă  leur faire part ici, modestement, de ma plus grande considĂ©ration pour leur travail. Alors encore un grand merci Ă  Guilhem & Catherine pour leur accueil chaleureux et qui n’ont pas comptĂ© leur temps malgrĂ© son emploi du temps surchargĂ©. Je n’oublierais pas (moi et mes compagnons de visite) ce voyage !

 

J’ai également visité lors de ce voyage, en compagnie d'amis amateurs de whisky, mais ouverts aux autres spiritueux & à nos créations nationales, un producteur de Pineau des Charentes à qui je tenais à rendre hommage pour conclure ce reportage. Rappelons qu'un pineau est un mélange constitué à 75% de jus de raisin frais-non fermenté-et de 25% de Cognac. Celui de la famille Rivière provient à 80% de vignes âgées de 90 ans (cépage Colombard, et Cabernet pour le pineau rosé).

La famille RIVIERE, dont certains membres sont producteurs de Pineau des Charente depuis 8 générations, nous a reçu les bras ouverts (merci à Guilhem pour ce tuyau en or !). Nous avons eu la chance de visiter l'endroit, non loin de Chermignac (à Angeac), pendant la saison de distillation, qui ne dure que...15 jours par an ! Les alambics sont encore chauffés au bois (et parfois aussi au charbon) comme il y a bien longtemps. Le Pïneau produit ici est commercialisé sous la marque "François 1er" (tous vieillis en fûts de chêne du Limousin), et il est superbe. Le 15 ans d'âge est un régal et très abordable en prix (51 € PPC). Le plus ancien millésime dégusté lors de notre passage fut un "1978" (de plus de 30 ans d'âge si mes souvenirs sont bons; et sachez qu'ils commercialisent aussi en une luxueuse carafe un 40 ans d'âge, et que les plus anciens fûts vus lors de notre passage datent de 1929 !), d'une grande densité.

 

 

 

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Le splendide 15 ans d'âge de la gamme rĂ©gulière des Pineaux "François 1er". Photo: Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

 

 

Je regrette que face à tout ce savoir-faire, ces talents, cette gourmandise et ce raffinement typique du Cognac, celui-ci demeure encore vendu à l’étranger en très grande majorité (98 %), et que, de même que pour l’Armagnac, celui-ci soit quelque peu trop boudé encore dans notre pays. Puisse cet article (et celui à venir sur un négociant en armagnac) changer un peu cette vision et ces pratiques…

Lien vers le site internet des Pineaux François 1er: https://pineauf1.com/

 

 

 

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Chez la famille Rivière, producteur de Pineau des Charentes depuis 8 générations, Domnique Rivière, un ami de Guilhem Grosperrin.

Notez l'alambic chauffĂ©, au bois, Ă  feu nu... Photo Â© GrĂ©goire Sarafian

 

 

 

 Bonne visite Ă  venir dans le fabuleux univers du Cognac...!

 

 

Gros Plan No 1 sur HIGHLAND PARK

 

Notre premier GROS PLAN (No 1) est consacré à une des plus prestigieuses distilleries d'Ecosse, et au delà, et bien sûr, la plus célèbre distillerie écossaise des îles Orcades, au nord-est de l'Ecosse, j'ai nommé...

 

HIGHLAND PARK

 

 

Highland park distillery walls      Highland Park logo

 

 

Un peu d’histoire :

 

Fondée officiellement en 1798 par David Roberston (en fait l’on raconte que le véritable fondateur serait un certain Magnus Eunson, en toute clandestinité) à Kirkwall, sur « Mainland », l’île principale parmi les 67 îles (16 étant seulement habitées) de l’archipel des îles Orcades (« Orkney Islands », en anglais, « Arcaibh » en gaélique écossais), des îles plus souvent sous domination viking dans l’histoire qu’écossaise. En effet, l’archipel n’est écossais que depuis 1471, après annexion suite au non- paiement promis par le Roi Christian 1 er du Danemark en 1469. C’est aussi à cette occasion que les îles Shetlands devinrent écossaises. Ces îles, habitées depuis 8500 ans, ont vu s’établir nombre de cultures, dont tout d’abord les Pictes, puis des Vikings de Norvège (en 875), et bien sûr le Danemark, et sont donc culturellement plus marquées par leurs anciens habitants que par leur « voisins » d’Ecosse.

Ces îles abritent également l'un des plus beaux sites mégalithiques au monde, classé, bien entendu, le cercle Picte dit « Ring of Brodgar » qui, on le comprends, attire les visiteurs davantage encore que la distillerie, et ses paysages plus généralement à couper le souffle. Mais si la distillerie est située très au nord, et pour l’instant constitue encore la plus septentrionale de toutes les distilleries écossaises, c’est le vent qui souffle constamment et fort (souvent à près de 160 km/h) plus que la température (dont l’amplitude de température n’est que de + 2 à + 20 °) qui donne cette impression de froid.

 

Highland Park Stills

 

 

Cette très prestigieuse distillerie, de taille modeste, avec 4 alambics de taille moyenne (2 alambics de « Wash » de 14600 litres et 2 alambics de « Spirit » de 9000 litres produit tout de même 2 millions de litres d’alcool pur par an (et plus d’1,3 million de bouteilles vendues par an), dont 50 % est utilisée par l’élaboration des blends LONG JOHN, THE FAMOUS GROUSE & CUTTY SARK… Le distillat sort des alambics de Spirit à environ 69,8 % (le middle-cut est souvent à 64,5 %), et est mis en fût à plus de 63 %.

La distillerie dispose de 23 chais (19 chais traditionnels, dits de type « dunnage warehouse », et 4 chais modernes de type « rack »). Les quelques 46000 fûts stockés (cela peut aller jusqu’à 60000) sont de deux types principaux, des fûts de chêne américain (de type « Quercus Alba » en provenance de l’Ohio ou du Missouri-ils coûtent près de 92 dollars à l’achat, vides) et des fûts de chêne espagnol (qui eux coûtent près de 600 euros, et ont contenu du Sherry Oloroso durant au moins 2 ans). Les fûts de Bourbon acheminés jusqu’à la distillerie sont utilisés pour élaborer des single-malts destinés uniquement aux blended-whiskies. La distillerie pratique la filtration à froid, mais, dit elle, contrairement à nombre d’autres distilleries, n’amène pas la température en dessous de 0, mais plutôt à environ +4 °. Pour la filtration de certaines mises en bouteille spéciales, comme les 30 et 40 ans d’âge, elle procédera plutôt à une filtration à température ambiante.

 

Four Ă  tourbe           DĂ©tail feu de tourbe Highland Park

 

 

La distillerie utilise de la tourbe pour ses single-malts, mais si l’orge utilisée est tourbée à 38/40 p.p.m., elle est en revanche mélangée à 80 % d’orge non tourbée en provenance de la distillerie TAMDHU. La distillerie dispose de 23 chais (19 chais traditionnels, dits de type « dunnage warehouse », et 4 chais modernes de type « rack »). Les quelques 46000 fûts stockés (cela peut aller jusqu’à 60000) sont de deux types principaux, des fûts de chêne américain (de type « Quercus Alba » en provenance de l’Ohio ou du Missouri-ils coûtent près de 92 dollars à l’achat, vides) et des fûts de chêne espagnol (qui eux coûtent près de 600 euros, et ont contenu du Sherry Oloroso durant au moins 2 ans). Les fûts de Bourbon acheminés jusqu’à la distillerie sont utilisés pour élaborer des single-malts destinés uniquement aux blended-whiskies. La distillerie pratique la filtration à froid, mais, dit elle, contrairement à nombre d’autres distilleries, n’amène pas la température en dessous de 0, mais plutôt à environ +4 °. Pour la filtration de certaines mises en bouteille spéciales, comme les 30 et 40 ans d’âge, elle procédera plutôt à une filtration à température ambiante.

 

A Highland Park Warehouse

 

La distillerie appartient au groupe Edrington, qui possède également les distilleries THE GLENROTHES, THE GLENTURRET, THE MACALLAN & TAMDHU. Cependant, depuis la rédaction de cet article (corrigé et augmenté en 2013), la distillerie TAMDHU a été rachetée (en 2011) par le négociant Ian McLEOD, mais cette information est quelque peu passée inaperçue. On ne sait donc pas encore s'il y aura pérennité des accords d''approvisionnement en orge non tourbée entre les distilleries TAMDHU & HIGHLAND PARK.

La gamme rĂ©gulière ("core range" en anglais) comporte un 12 et 18 ans d'âge, rĂ©gulièrement primĂ©s (le regrettĂ© Michael Jackson, Dave Broom ou encore Paul Pacult, cĂ©lèbres Ă©crivains du whisky, ont louĂ© la complexitĂ© et la qualitĂ© de ces whiskies, notamment dans l'ancienne gamme d'avant 2006), mais aussi un 15 ans, un 25 ans, un 30 ans, et depuis 2008 un 40 ans d'âge non millĂ©simĂ©. Un 50 ans d'âge a Ă©galement Ă©tĂ© ajoutĂ© Ă  la gamme en 2010. Toute la gamme a Ă©tĂ© relookĂ©e en 2007, et l'ajout d'essence de caramel (E150a) supprimĂ© dĂ©sormais. S'y ajoutent des Ă©ditions limitĂ©es comme le 21 ans d'âge (auparavant rĂ©servĂ© aux boutiques hors taxe), des Ă©ditions millĂ©simĂ©es rĂ©servĂ©es au marchĂ© hors taxe (duty free) comportant la mention "global travel retail". Les millĂ©simes disponibles ces dernières annĂ©es sont les 1973, 1978, 1991, 2001 (après les 1990, 1994),  ainsi que ceux disponibles au delĂ  de ce marchĂ© dans la prestigieuse gamme dite "Orcadian Vintage" (bĂ©nĂ©ficiant comme les 40 et 50 ans d'âge d'un design spĂ©cifique et luxueux de bouteille comme de contenant), Ă  savoir les 1964, 1968, 1970, puis 1971 et 1976. D'autres Ă©ditions particulières ont Ă©tĂ© produites, avec un nom Ă  consonance scandinave liĂ© le plus souvent aux lĂ©gendes vikings ou Ă  l'histoire de la scandinavie, comme le "Drakkar", "Leif Eriksson", ou plus rĂ©cemment (2012) la "Valhalla Collection" (avec les "Thor", "Loki", et bientĂ´t "Odin" et "Freya"), la nouvelle gamme "Warrior Series" en 2013 (sur laquelle nous reviendrons) ou encore les mises en bouteille spĂ©ciales avec Ă©tiquette reprenant le design de très anciennes versions de Highland Park, de 12 ("Earl Magnus" en 2009, "Saint Magnus" en 2010) et 18 ans ("Earl Haakon", en 2011)  d'âge. Parmi les Ă©ditions limitĂ©es, signalons tout de mĂŞme 5 Ă©ditions d'âge assez variable issues de fĂ»ts uniques (single-casks) dites "Ambassador Cask".

Il existe également des versions de négoce d' Highland Park, chez de nombreux négociants différents, mais comme pour d'autres distilleries, voire encore plus ici, le profil aromatique ou style maison de la distillerie semble moins présent que dans les versions officielles, bien entendu car ce sont le plus souvent des fûts uniques plutôt que des lots qui leur sont vendus, mais je pense aussi que cela est du au type de fûts également...Ainsi la distillerie garderait en quelque sorte la "recette" maison pour sa propre production officielle, mais sur ce dernier point, il ne s'agit que d'une hypothèse, d'une conjecture personnelle...

 

Group of bottles

 

 

 PrĂ©cisions sur les fĂ»ts utilisĂ©s et leur proportion pour les principales mises en bouteille de la distillerie (2010) :

La distillerie n’utiliserait plus que des fûts de Sherry aujourd’hui (enfin, à plus de 80 %), et des fûts de 1 er ou de 2 ème remplissage. Les fûts sont d’origine américaine (mais ne sont pas des fûts de Bourbon) ou espagnole, donnant différentes saveurs. Ainsi, d’après Gerry Tosh, l’ambassadeur de la distillerie, l’utilisation de fûts de chêne espagnol entraînerait un profil aromatique plus doux que celle de fûts de chêne américains, en réveillant les notes fumées (une fumée modérée, dit- il, sans rapport avec celle de l’île d’Islay, par exemple, du fait de l’absence d’arbres, balayés qu’ils furent par le vent constant et très violent soufflant sur l’archipel- souvent à près de 160 km/h.) mais aussi des notes de caramel naturel, de zeste d’orange…tandis que les fûts issus de chêne américain auraient tendance à donner plus de notes épicées, boisées et d’agrumes (..). En revanche, la distillerie approvisionnant à raison de 50 % trois marques de blended-whiskies (Cutty Sark, The Famous Grouse & Long John), et vendant régulièrement des fûts à des négociants, rien ne dit qu'il ne s'agit que de fûts de Sherry dans ces cas précis, et ces dernières années de nombreuses versions de négoce (pour CADENHEAD, The WHISKY AGENCY ou d'autres) étaient des fûts ayant contenu du Bourbon.

 

- Highland Park 12 ans, 40 % : “Spanish Oak Casks” (et 20 % de 1 st Fill Sherry)

 - Highland Park 15 ans, 40 % : “American Oak Casks” seulement (et 30 % 1st Fill Sherry Casks)

- Highland Park 18 ans, 43 % : En majorité des “Spanish Oak Casks “ (45 % 1st Fill Sherry). Un peu plus de notes fumées.

 - Highland Park 21 ans, Limited Edition (duty-free), 47,5 %(1 ere Ă©dition, la suivante Ă©tant rĂ©duite Ă  40 %, jusqu'Ă  la version 2012 revenant au titrage initial) : Fait de fĂ»ts espagnols seulement (“Spanish Oak Casks”- dont une partie en 1st Fill Sherry). Gerry Tosh parle de finale plus longue, de notes de toffee, de dattes et autres fruits secs & mĂ»rs. PrĂ©sence de notes fumĂ©es un peu plus importantes.

 - Highland Park 25 ans, 48,1 % : “American & Spanish Oak Casks” (80 % de fĂ»ts “1st Fill Sherry »)

 - Highland Park 30 ans, 48,1 % : 75 % de “Spanish Oak Casks”, et 25 % d’ “American Oak Casks” (Seulement en “Refill Sherry Casks “)

 - Highland Park 40 ans, Limited Edition, 48,3 % : 75 % de “Spanish Oak Casks”, et 25 % d’ “American Oak Casks” (Seulement en Refill Sherry Casks“)

 - Highland Park MillĂ©simĂ© “1977” (bottled 1998 = 20 ans) Bicentenary Reserve, Ltd Edition « Repatriation » (Japanese Packaging), 40 %: (MajoritĂ© de “Refill Sherry Casks”). La version rĂ©duite Ă  40 % (car elle fĂ»t d’abord propose Ă  46 %) avait d’abord donnĂ© 15000 bouteilles, la livrĂ©e japonaise (coffret bois) seulement 694 bouteilles. MajoritĂ© de « Refill Sherry casks ».

 - Highland Park 12 ans “St Magnus”, Limited Edition (duty-free = 11994 bouteilles), 55 % : Pas de prĂ©cisions.

 - Highland Park H.P. 12 “Hjarta” Limited Edition (duty-free), circa 58,1 % : Pas de prĂ©cisions.

 

 

Ă  suivre prochainement ...

 

 

Warrior series

 

 

Des informations et notes de dégustation sur tout ou partie des mises en bouteille de deux séries limitées,

la "Valhalla Collection" (qui compte déjà les "Thor", "Loki" et bientôt "Odin" et "Freya"), et la "Warrior Series",

uniquement destinée aux boutiques hors-taxes ("travel retail exclusives") qui compte déjà 3 mises en bouteille

("Svein", "Einar" et "Harald"), mais sera composĂ©e de 6 expressions au total.  A suivre Ă©galement des

notes de dégustation sur d'autres versions millésimées réservées aux boutiques hors-taxes et

d'anciennes versions plus ou moins recherchées aujourd'hui...

 

 

Vous pouvez aussi d'ores et déjà lire :

 

L'interview de Daryl Haldane, chargé de la promotion de la marque Highland Park (Global Brand Avocate).-12/10/13.

Interview

 

La note de dégustation sur le HIGHLAND PARK "Einar" qui fait partie de la "Warrior Series":

Einar

 

 

 

Description d'une version mythique :

 

►HIGHLAND PARK officiel “AMBASSADOR CASK N°5” millésimé “1974”(Mise en bouteille en 2008-34 ans d'âge), 41,5 % :

Précisions : Cette version provient d'un fût unique ("Single-Cask") de type "Refill Sherry Hogshead" (fût reconstitué ayant auparavant contenu du Xérès), numéroté 8845 (Cask N°8845) ayant donné 228 bouteilles), fût sélectionné, comme son nom l'indique, par l'ambassadeur de la distillerie de l'époque, à savoir Gerry Tosh. Il s’agit de la 5ème et dernière sélection de fût par l’ambassadeur de la distillerie Gerry Tosh, dans le cadre de cette exceptionnelle série limitée débutée en 2005. En effet, d’après la distillerie, le nombre de fûts âgés étant en raréfaction et les prix élevés, le choix a été de développer davantage des éditions limitées plus prestigieuses avec un nouveau packaging, soit plus jeunes (comme les trois éditions « Earl Magnus » de 2009, « Saint Magnus » de 2010 ou bien celle, à venir en 2011, nommée « Earl Haakon »), soit plus âgées (comme par exemple les trois « Orcadian Vintages », millésimés 1964,1968, 1970), sans parler d’autres éditions rares comme les 40 et 50 ans d’âge…

 

Highland park ambassador cask 5

 

Couleur : Ambrée, à reflets cuivrés.

Nez : Très équilibré, il est un peu timide de prime abord, puis s’avère d’une belle complexité et d’une finesse exceptionnelle. Riche, il est typique du style maison, avec de belles notes de thé (noir & Earl Grey- avec une bergamote bien distincte), de bruyère, de miel, de fruits mûrs, d’un boisé élégant et discret, le tout surmonté de délicates et discrètes notes de tourbe et de fumée très légères. Magnifique et engageant.

Bouche : Très belle, elle reprend les notes du nez en restituant toute leur complexité et en les rendant plus tangibles à la fois. L’équilibre est parfait. D’une élégance rare, elle déploie une véritable guirlande de saveurs qui viennent discrètement s’ajouter les unes aux autres en bouche : Le miel, la bruyère, la violette, la prune, le café, l’abricot, le pruneau, d’autres fruits, confits cette fois, un boisé élégant en filigrane, le tabac, et tout au plus une légère touche soufrée en finale. La finale, justement, est toute en douceur et en charme, en un lent decrescendo avec une petite touche de vernis et un petit rappel floral. Elle s’évanouit certes un peu vite compte tenu du plaisir procuré, mais aussi parce que les anges ont été un peu trop gourmand cette fois ci…

Tenue à l’aération : Excellente, et nécessaire avec les malts un tant soit peu âgés comme celui là.

Tenue à la dilution : Excellente, s’il s’agit d’ajouter que quelques gouttes d’eau. Une légère dilution apporte un peu plus de fluidité encore, et évoque alors certains YOICHI ou vieux GLENLIVET…Trop d’eau tuerait ce vénérable malt.

Conclusion : Un HIGHLAND PARK exceptionnel, tout en charme & subtilité, un à plusieurs tons au dessus du « Bicentenary Reserve 1977 » par exemple, et qui frise la perfection. Ce qui l’en sépare ? Un titrage un peu trop faible (à 45% ou 48 % il aurait été vraiment au firmament), sinon c’est un des plus beaux single-malts de cette distillerie.

Note confirmée (sur deux dégustations-cf sample) = 98,5/100 & H.C. (Hors Catégorie)

 Prix : Environ 300 € Ă  sa sortie, en vente Ă  la distillerie seulement, puis depuis assez rare (comme cette Ă©dition limitĂ©e est Ă©puisĂ©e, probablement beaucoup plus sur internet) –Merci infiniment Ă  mon ami Hugh pour cette exceptionnelle dĂ©gustation.

 

 

Description d'une version ancienne du 18 ans d''âge :

 

â–şHIGHLAND PARK officiel 18 ans, Edition 2006, SINGLE-MALT ECOSSAIS (Orkney Islands), 43 %:

 

A Noter : Si l’orge utilisée est tourbée à 38/40 p.p.m., elle est en revanche mélangée à 80 % d’orge non tourbée en provenance de la distillerie TAMDHU.

 

Highland Park 18 y.o. before 2007       H.P. 18 ans ancien packaging 2005

 

Couleur : Vieil or, à reflets ambrés.
 

Nez : Fumé, un peu retenu, boisé, phénolé, un rien iodé, tourbé même (modérément), et au fruité discret.

Bouche : Grasse, puis s’assèche assez vite. Attaque vive, sur les épices (poivre, intense), puis s’arrondit quelque peu. Myriade de saveurs mêlées harmonieusement: Notes herbacées, sucrées, miellées, ainsi qu’un rien tourbées et fumées (très discrètes et superbement intégrées à l’ensemble). On y décèle également des notes de caramel (hélas, en partie ajouté, mais cela ne l’empêche pas de fonctionner admirablement), de cuir, de thé et de tabac, mais aussi d’orge maltée. Charpentée, mais pas agressive, elle fait preuve d’une remarquable complexité et d’un équilibre parfait. La finale est longue, voire persistante, savoureuse et complexe, mi-sèche, mi-ronde, et s’avère marquée par le miel de bruyère.
 

Tenue à la dilution : Quelques gouttes d’eau, vivement recommandées, et ce HIGHLAND PARK devient véritablement magnifique, ouvrant grand les portes sur d’autres sensations, tout en amplifiant les premières. Les herbes (bruyère en tête) et le miel se lient au floral (jasmin ?, lavande). Apparaissent alors des notes dues à la maturation partielle en ex-fûts de SHERRY Oloroso (abricot, pruneau, chocolat/moka, et divers fruits secs), et d’autres (soupçon d’anis, menthe et réglisse – zan- bonbon anglais). Personnellement, j’aurai été curieux de tester une version maturée à 100 % en fûts de bourbon, pour comparer son vieillissement avec cette version. En tout cas un festival de saveurs !

Conclusion : Très complet, extrêmement riche, tout en finesse et en gourmandise à la fois, c’est le meilleur single-malt disponible à moins de 60 €, en tout cas jusqu’en 2007*. Et avec le TALISKER 18 ans sans aucun doute le plus beau 18 ans d’âge officiel disponible à l’heure actuelle. C’est un peu de toute l’Ecosse qui se retrouve dans cet impressionnant chef d’œuvre quasiment parfait, couvrant l’essentiel de la palette de toutes ses régions ou terroirs.Un must dans toute collection qui se respecte…

Presse : Le regretté écrivain du whisky Michael Jackson considérait le HIGHLAND PARK 18 ans comme étant le plus complet des malts écossais, le plus à même de résumer en une seule bouteille les qualités des whiskies de toutes les régions d’Ecosse. Un autre écrivain, Paul Pacult (de la revue « Malt Advocate ») le déclara même en 2005 « Meilleur spiritueux au monde »…

Attention : La nouvelle version (d’après 2008, packaging différent) n’utilise apparemment pas la même amplitude d’âges de fûts et se resserre autour d’une cuvée de 18 ans d’âge, avec une moindre complexité et surtout une moindre longueur en bouche, sans parler de la gourmandise. L’âge d’or serait il terminé ? La distillerie annonce une restriction de fûts âgés et commence à envisager de sortir des 25, 30 ans et autres éditions (sauf les séries de prestige) désormais réduites à 40 % au lieu des 48 ou 50 % anciennement en cours. Fort heureusement depuis, et notamment à nouveau en 2012, la distillerie a décidé de revenir à des titrages plus optimaux, en tout cas pour certains embouteillages réguliers (21, 25, 30 ans), voire même pour certaines séries limitées (notamment les 3 dernières versions à venir de la "Warrior Series").

 

Note confirmée par de nombreuses dégustations (lots de 2005 à 2007) = 97,5/100 & Hors Catégorie…

 

Prix : Entre 48 € (En grandes surfaces) et 59 € (cavistes, Maison du Whisky) en 2007, puis dès l’annĂ©e suivante, en 2008, Ă  95 € chez Nicolas et chez les rares cavistes ou les grandes boutiques qui le proposent encore sous cette version. 

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