ECOSSE

PrĂ©sentation  des WHISKIES ECOSSAIS:

 

Mise Ă  jour du sujet & illustrations  le : 28/12/2013

 

 

1/ Les différents types de whiskies

2/ Les régions du whisky écossais

 

 

1/Les différents types de Whiskies:

 

Par convention, les whiskies se classent en plusieurs familles principales qui se retrouvent dans la plupart des pays, catĂ©gories que nous allons examiner ci-dessous. Cependant, d'une part les rĂšgles qui rĂ©gissent la production de whiskies ne sont pas les mĂȘmes suivant les pays et de l'autre, certains pays ont non seulement des rĂšgles spĂ©cifiques de production, mais aussi des types de whiskies spĂ©cifiques, parfois mĂȘme pour une rĂ©gion en particulier. Pour l'Ecosse, je renvoie aussi aux articles des rubriques "Histoire du Whisky" et "La Fabrication".

 


Les BLENDED WHISKIES (ex-BLENDS):

 

Il s'agit d'assemblages de nombreux whiskies de malt (de 15 Ă  plus de 60 single-malts) en petite quantitĂ© avec un ou plusieurs whiskies de grain en plus grande quantitĂ©, ils sont ĂągĂ©s en gĂ©nĂ©ral de 3 Ă  5 ans. Conçus au XIX Ăšme siĂšcle en grande partie pour des raisons commerciales, dont la consommation de masse de whisky plus facile d’accĂšs que les single-malts et de moindre coĂ»t, leur typicitĂ© est en gĂ©nĂ©ral fortement attĂ©nuĂ©e par rapport Ă  des single-malts. Ils comportent entre 25 et 40 % de single-malt, parfois plus. Ils deviennent « DE LUXE Â» lorsqu’ils sont ĂągĂ©s de 5 ans et plus (mais de maniĂšre gĂ©nĂ©rale cela concerne plutĂŽt les blends de 12 ans et plus). Les blended whiskies sont presque toujours rĂ©duits par adjonction d’eau Ă  40 ou 43 % d’alcool par volume.

Beaucoup sont conçus de maniĂšre Ă  pouvoir supporter le choc thermique de l’adjonction de glaçons. Ils sont rĂ©alisĂ©s en grande quantitĂ© et selon des normes trĂšs spĂ©cifiques avec un cahier des charges rigoureux et avec une qualitĂ© trĂšs variable selon les marques, du pire au meilleur, et souvent avec le seul additif autorisĂ©, j’ai nommĂ© l’essence de caramel (E150) un colorant qui donne une robe ambrĂ©e, mais aussi qui lisse, voire affadit le goĂ»t. Par ailleurs, mĂȘme s'il ne s'agit que d'une hypothĂšse, certains d'entre eux laissent en bouche une impression de sucrositĂ© tellement forte qu'elle laisse supposer qu'il pourrait y avoir adjonction de saccharose, comme pour certains Cognacs et Rhums. Pour faire une comparaison avec les vins, on peut parler dans ce cas de vins de table...

Les plus fins (et souvent les plus ĂągĂ©s) des Blends peuvent en revanche concurrencer certains single-malts par leur finesse et leur complexitĂ©. Ils peuvent aussi parfois (certes assez rarement) prĂ©senter les mĂȘmes caractĂ©ristiques exigentes que les meilleurs single-malts (non filtration Ă  froid, non coloration, titrage optimal vers 45 ou 46 %, etc..). Par contre, pour ceux-lĂ , des glaçons les « tueraient Â» Ă  coup sĂ»r
.Se mĂ©fier par ailleurs des mentions sur l’étiquette du type « Rare Reserve Â», car lorsqu’il s’agit de produits fabriquĂ©s en quantitĂ©s industrielles (jusqu’à plusieurs millions de bouteilles par an), on ne peut raisonnablement pas parler de raretĂ©. Ce phĂ©nomĂšne commence hĂ©las Ă  toucher Ă©galement les single-malts depuis quelque temps


 

 

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Une sélection de blended-whiskies de qualité provenant d'assembleurs officiels de longue date, ici parfois dans des versions stoppées

(comme le Gold Label avec mention d'ùge), ou éditions limitées comme le GRANT'S Sherry Cask.- Photo: © Grégoire Sarafian).

 

 

Les BLENDED-MALTS (ex-PURE-MALTS, ou VATTED-MALTS):

 

Il s'agit d'assemblages allant de quelques whiskies de type single-malt Ă  un nombre souvent plus Ă©levĂ© de whiskies, mais sans ajout de whisky de grain. Ils sont presque toujours rĂ©duits par adjonction d’eau Ă  40 ou 43 % d’alcool par volume, mais peuvent titrer davantage. Ils sont soit Ă©laborĂ©s par les grandes sociĂ©tĂ©s qui crĂ©ent les blended whiskies, soit par des nĂ©gociants ou crĂ©ateurs plus ou moins indĂ©pendants. Beaucoup sont trĂšs fins, Ă  mi-chemin entre un vieux single-malt et un blend de luxe. Il y a des assemblages aussi insipides que certains blends, mais il y a heureusement aussi de vĂ©ritables chefs d’Ɠuvre, issus parfois de l’accord de deux ou trois single-malts seulement. Attention, source de confusion supplĂ©mentaire, la mention « Pure Malt Â», Ă  l’origine, dĂ©signait les single-malts.La mention "Vatted-Malts" (chĂšre Ă  l'assembleur John Glaser), elle Ă©tait sans doute la plus adĂ©quate, insistant sur le caractĂšre "mariĂ©" des whiskies, afin d'assurer l'homogĂ©neĂŻtĂ© de l'ensemble avec le temps, non par les additifs...

 

 

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Un groupe de blended-malts de qualité, dont une version aujourd'hui stoppée, le "Green Label" de Johnnie Walker (Photo : © Grégoire Sarafian).

 

 

Les SINGLE-MALTS:

 

Il s'agit de whiskies provenant d’une seule distillerie, et constituĂ©s soit de nombreux fĂ»ts d’annĂ©es diffĂ©rentes (si la bouteille porte une mention d’ñge, ce sera celui du plus jeune entrant dans la composition), soit d’un assemblage de fĂ»ts de la mĂȘme annĂ©e (il est alors millĂ©simĂ©, ou « vintage, en anglais), et l’annĂ©e indiquĂ©e sera d’abord celle de l’annĂ©e de distillation), soit de l'assemblage d'un petit nombre de fĂ»ts (« small batch Â»), soit enfin en provenance d’un seul fĂ»t (« single-cask Â»). Hormis les single-malts en Ă©ditions limitĂ©es, plutĂŽt destinĂ©es aux connaisseurs et collectionneurs, ou Ă  caractĂšre confidentiel ou "posthume" (provenant de stocks de distilleries aujourd'hui fermĂ©es) la plupart de ces whiskies sont donc, contrairement Ă  une idĂ©e reçue, Ă©galement des assemblages.

AprĂšs la 2 Ăšme distillation, les single-malts sont gĂ©nĂ©ralement rĂ©duits par adjonction d’eau d’abord Ă  63,5 % d’alcool par volume, pour la mise en fĂ»t de maturation, puis une deuxiĂšme fois pour la mise en bouteille, aprĂšs vieillissement, Ă  40 ou 43 % (voire jusqu'Ă  46 ou 50 %) sauf certains whiskies Ă  rĂ©server plutĂŽt aux connaisseurs. Dans ce dernier cas, ces whiskies ne sont pas ou peu rĂ©duits (« cask strength Â», en anglais, qui se traduit en français par « brut de fĂ»t Â»). Ils sont, Ă  peu de choses prĂšs, tel qu’ils le sont lorsque l’on ouvre un fĂ»t dans un chai. La rĂ©duction d’alcool est aussi le rĂ©sultat de l’évaporation naturelle d’annĂ©e en annĂ©e, nommĂ©e « la part des anges Â», part qui peut aller jusqu’à une baisse de 2 Ă  3 % par an. Le temps de maturation en fĂ»ts est variable, 3 ans est l’ñge lĂ©gal minimum pour le scotch whisky, 8,10 ou 12 souvent l’ñge de la plus jeune version commercialisĂ©e, et 40 ou 50 ans l’ñge du plus ĂągĂ©, sauf exceptions bien entendu.

Les single-malts sont par ailleurs le plus souvent filtrĂ©s Ă  froid (pour Ă©viter que des particules en suspension ou en dĂ©pĂŽt soient visibles, et pour Ă©viter que le liquide se trouble si la tempĂ©rature baisse brutalement-des souhaits plus commerciaux qu'autre chose). Lorsque cela n’est pas le cas, il en est souvent fait Ă©tat sur l’étiquette, comme  s'agissant d'un whisky non filtrĂ© Ă  froid (« Un chill-filtered Â» ou « Non Chill-filtered Â»), car c’est (en gĂ©nĂ©ral, mais pas automatiquement !) un gage de naturel sinon de qualitĂ©: En effet, lors de la filtration  Ă  froid, l’alcool subit une variation de tempĂ©rature brutale et l’on supprime ainsi des corps gras qui renferment une partie du goĂ»t du whisky, il y a donc lĂ  thĂ©oriquement une perte, mĂȘme si d’excellents whiskies sont filtrĂ©s Ă  froid. Par ailleurs, il convient aussi de s’assurer, plus encore que pour les autres catĂ©gories de whiskies, si les whiskies sont embouteillĂ©s et Ă©levĂ©s intĂ©gralement par les distilleries officielles qui les conçoivent, ou s’il s’agit d’un embouteillage de nĂ©goce (voir Ă  ce sujet le chapitre « connaĂźtre le whisky Â»), ces derniers types d’embouteillages pouvant s’avĂ©rer parfois trĂšs diffĂ©rents des embouteillages officiels.

Pour poursuivre notre comparaison avec les vins, lĂ  nous pouvons parler de vĂ©ritables A.O.C., mĂȘme si les critĂšres et la notion de terroir ne sont pas les mĂȘmes et sont plus contestables.

 

 

 

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Une sélection de bouteilles représentatives de leur région, suivant la dénomination officielle écossaise : Auchentoshan, pour les Lowlands, The Glenlivet, pour le Speyside,

Glenmorangie, pour les Highlands, Laphroaig, pour Islay, et enfin Springbank (ici l'ancien packaging du 10 ans d'ùge) pour Campbeltown - Photo: © Grégoire Sarafian).

 

 

 Les SINGLE-GRAINS & les VATTED-GRAINS:

 

Il s'agit de whiskies provenant d’une seule distillerie, mais de grain (blĂ©, mais aussi maÏs, avoine, seigle, etc
 ) en gĂ©nĂ©ral Ă  proportion de 85 % et parfois d’orge non maltĂ©e. C’est un type de whisky plus neutre en goĂ»t, distillĂ© en continu dans un alambic Ă  colonne, servant surtout Ă  alimenter les assemblages des blended whiskies. Plus rĂ©cemment, l’on a redĂ©couvert les qualitĂ©s des vieux single-grains, souvent proches des bourbons, mais aussi des whiskeys irlandais. Peu sont disponibles. Ils sont soit rĂ©duits Ă  40 ou 43 %, soit utilisĂ©s et vendus tels quels, non rĂ©duits (cask strength). Il n’existe apparemment pour le moment qu’un seul VATTED-GRAIN d'Ecosse, celui inventĂ© par John GLASER et intitulĂ© « HEDONISM Â»,  avec ses variantes).

 


Les Autres catégories de WHISKIES:

 

Pour ce qui concerne l'Ecosse, hormis quelques expĂ©riences plutĂŽt confidentielles, les principales catĂ©gories de whiskies sont celles listĂ©es ci-dessus. Il n'en est pas de mĂȘme pour certains pays Ă  l'histoire et aux choix (agricoles, mais pas seulement) diffĂ©rents. Voir la production de whiskey irlandais ou nord-amĂ©ricain, par exemple, ou bien encore suĂ©dois ou japonais.

Il existe cependant une autre catégorie, qui n'est pas encore officiellement du whisky car n'ayant pas ou peu de vieillissement en fûts:

Qu'on le nomme NEW SPIRIT (ECOSSE), ou NEW MAKE (ECOSSE), ou WHITE DOG (USA), ou encore DISTILLAT PUR, ou BLANCHE DE MALT (FRANCE), il s'agit sensiblement de la mĂȘme chose, ce qui sort de l'alambic de Spirit avant vieillissement, Ă  savoir....un liquide transparent !

Pour ce qui est d'en dĂ©guster, lĂ  iles choses sont plus compliquĂ©es que pour les catĂ©gories de whiskies prĂ©cĂ©demment citĂ©es. Il y a lĂ  plusieurs cas de figure, mais en gĂ©nĂ©ral il s'agit de faire dĂ©guster au public, soit directement Ă  la distillerie, soit en commercialisant des bouteilles ou des samples, le distillat "pur", c'est Ă  dire tel qu'il sort de l'alambic, sans aucune maturation, mais certes avec une procĂ©dure prĂ©alable puisqu'il y a eu coupe (sĂ©lection), et en gĂ©nĂ©ral une filtration (douce ou Ă  froid). Le produit est bien entendu transparent, et seul des professionnels ou des amateurs aguerris peuvent en Ă©valuer la qualitĂ© (le potentiel avant vieillissement) et pour la plupart d'entre nous la diffĂ©rence mĂȘme entre une distillerie et une autre. Ils sont en gĂ©nĂ©ral rendus publics soit pour montrer le processus du dĂ©but Ă  la fin de la fabrication du whisky, soit dans le cas d'une nouvelle distillerie pour faire patienter la clientĂšle en attendant que le distillat ait 3 ans pour pouvoir avoir droit Ă  la dĂ©nomination de "whisky". Certains de ses "new spirits" sont tellement expressifs et Ă©quilibrĂ©s (bien qu'Ă©videmment trop jeunes) au bout de quelques mois ou d'un an que l'on peut dĂ©jĂ  pressentir un potentiel de qualitĂ© important et un futur radieux aux distilleries qui les produisent. La commercialisation de ce type de produits a quelque peu augmentĂ© ces derniĂšres annĂ©es, en tout cas dĂ©jĂ  en Ecosse.

 

 

2/Les régions du Whisky écossais :

 

Histoire, Géographie et brÚve présentation des distilleries écossaises :

 


Les Cinq principales régions (par convention):

 

    1/Les LOWLANDS, ou « Basses-Terres Â» :

 

Les terres situĂ©es le plus au Sud de l’Ecosse, entre les villes de Glasgow et Edinburgh, sont de riches terres agricoles, ou les cĂ©rĂ©ales abondent, que ce soit l’orge destinĂ©e au whisky de malt ou le blĂ©, l’avoine, etc
Ces terres Ă  la fois verdoyantes, faites de collines et petites montagnes, ne manquant pas d’eau, abritaient autrefois plusieurs dizaines de distilleries jusqu’au 19Ăšme siĂšcle, et prĂšs d’une dizaine jusqu’à la crise des annĂ©es 1980. En effet, le grand « coup de balai Â» de la sociĂ©tĂ© Diageo entre 1982 et 1985 (Ă  l’époque elle se prĂ©nommait U.D.V.= United Distillers and Vintners) rĂ©duit alors le nombre de celles-ci Ă  5 distilleries pour cette rĂ©gion (AUCHENTOSHAN, BLADNOCH, GLENKINCHIE, LITTLEMILL -« en sommeil depuis 1994 Â», ROSEBANK - qui ferme par la suite en 1993), la distillerie SAINT-MAGDALENE ayant Ă©tĂ© fermĂ©e avec cette vague (1983). La production Ă©tait donc auparavant assez industrielle et les whiskies d’aprĂšs diverses sources de second ordre par rapport aux autres rĂ©gions, des whiskies lĂ©gers
Si la plupart d’entre eux sont en effet plutĂŽt lĂ©gers, leur autre caractĂ©ristique principale est Ă©galement d’ĂȘtre doux, herbacĂ©s, et marquĂ©s par des notes de cĂ©rĂ©ales (orge maltĂ©e, et au-delĂ ), en gĂ©nĂ©ral plus marquĂ©es que dans les autres rĂ©gions (l’exemple type en est GLENKINCHIE), mais parfois emprunts d’une certaine sĂ©cheresse (ROSEBANK, SAINT-MAGDALENE).

 

 

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La salle des alambics de la distillerie AUCHENTOSHAN, une des rares distilleries d'Ecosse Ă  pratiquer la triple-distillation (Photo: Â© Hugh)

 

Cependant, des notes de torrĂ©faction, de cafĂ© mĂȘme, voire de guimauve peuvent apparaĂźtre (l’exemple type en est LITTLEMILL), ou d’agrumes (avec souvent beaucoup d’aciditĂ©, comme chez BLADNOCH), ou encore une certaine exubĂ©rance florale, comme chez AUCHENTOSCHAN (une des rares d’Ecosse Ă  pratiquer la triple-distillation). On trouve rarement des notes de tourbe et de fumĂ©e dans ces whiskies. Parmi les distilleries fermĂ©es dans les dĂ©cĂ©nnies rĂ©centes, signalons INVERLEVEN (fermĂ©e en 1991), LADYBURN (1975), SAINT-MAGDALENE (1983 –dont les whiskies portent parfois le nom de LINLITHGOW, nom de la localitĂ©).

 

 

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EDINBOURG et son chùteau, qui surplombe le Firth of Forth, l'estuaire de la riviÚre Forth (Photo : © Hugh)

 

Mais cette rĂ©gion est aussi, et quelque part d’abord, une rĂ©gion de stockage et de mise en bouteille de single-malts de toutes les rĂ©gions (eh oui, mĂȘme d’ISLAY !) ou presque, et bien entendu c’est par ailleurs le fer de lance du whisky de grain (maĂŻs, blĂ©, avoine
) qui sert principalement Ă  l’élaboration des blends, qui en utilisent la plus grande quantitĂ©, et reprĂ©sentent Ă  eux seuls encore plus de 90 % du marchĂ© mondial. Les single-grains, eux, destinĂ©s Ă  ĂȘtre commercialisĂ©s pour eux-mĂȘmes, sont encore peu rĂ©pandus, malgrĂ© un certain commencement de succĂšs depuis peu (grĂące Ă  une commercialisation plus mĂ©diatique aujourd’hui, et Ă  des versions de nĂ©goce de ses whiskies les plus ĂągĂ©s), d’oĂč une certaine « garantie de pĂ©rennitĂ© Â», entĂ©rinĂ©e d’ailleurs par le « Wash Act Â», dĂ©cision de la couronne royale en 1784 d’accorder un rĂ©gime bĂ©nĂ©ficiaire avec des droits particuliers Ă  cette rĂ©gion.


   2/ Les HIGHLANDS, ou « Hautes-Terres Â» :

Quasiment synonyme pour beaucoup du  Scotch whisky lui-mĂȘme, c’est sans conteste la rĂ©gion la plus riche d’Ecosse (Rien que pour la    Nord-Est  de cette rĂ©gion elle compte en effet pas moins de 83 distilleries, dont 8 fermĂ©es et deux en sommeil ou en activitĂ© intermittente – comme TAMNAVULIN ou MANNOCHMORE – la production de GLENDRONACH ayant Ă©tĂ© rĂ©cemment relancĂ©e). Cela est sans doute dĂ» au fait qu’elle englobe la rĂ©gion du Speyside, Ă  l’Est
.RĂ©gion autonome depuis la fin du 18 Ăšme siĂšcle, les Highlands, ou « Hautes Terres Â», regroupent entre l’Ouest, le Nord, et le Centre prĂšs de 25 distilleries, auxquelles s’ajoutent les quelque 58 distilleries de la rĂ©gion du SPEYSIDE Ă  l’Est (terme qui signifie littĂ©ralement « du cĂŽtĂ© de la SPEY Â» - une riviĂšre qui traverse cette rĂ©gion). Cette rĂ©gion dont nous allons reparler est tellement riche en distilleries qu’elle est parfois surnommĂ© « Le Triangle d’Or Â», probablement aussi du fait qu’elles Ă©taient d’abord toutes illicites et ont assurĂ© depuis longtemps la richesse de la rĂ©gion !

 

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Cour de la distillerie GLENDRONACH, distillerie dont la décoration est marquée par une charte rouge, noir et grise (Photo: © Hugh).

 

Cette rĂ©gion est assurĂ©ment celle qui est la plus connue du public quelle que soit son expĂ©rience du whisky, car elle recĂšle notamment la distillerie qui a probablement la plus grosse production de whisky de toute l’Ecosse, Ă  savoir GLENFIDDICH, crĂ©Ă©e en 1886 (qui produit 10 Millions de litres d’alcool pur par an, soit plus de 10 Millions de bouteilles vendues
), mais aussi celle qui a la rĂ©putation internationale la plus prestigieuse (y compris pour les ventes de vieux millĂ©simes aux enchĂšres), Ă  savoir The MACALLAN, crĂ©Ă©e en 1824. Mais c’est aussi la rĂ©gion de marques trĂšs rĂ©pandues comme ABERLOUR, The GLENLIVET (dont on reparlera), The BALVENIE, crĂ©Ă©e en 1892 (et qui est une des derniĂšres Ă  malter elle-mĂȘme son orge), etc
  et celle qui a parmi les distilleries les plus pittoresques, de vĂ©ritables images d’Epinal « antĂ©diluviennes Â» comme l’est celle de STRATHISLA du groupe CHIVAS Brothers (que possĂšde Pernod-Ricard) avec ses magnifiques cheminĂ©es Ă  la toiture en pagode, distillerie qui est d’ailleurs une des plus anciennes d’Ecosse (1786), la plus ancienne Ă©tant en rĂ©alitĂ© The GLENTURRET (1775) dans cette mĂȘme rĂ©gion, et ensuite celle de BOWMORE sur l’üle d’ISLAY (1779).

Donc ces fameux Highlands cachent sous ce terme gĂ©nĂ©rique une multiplicitĂ© de rĂ©gions et climats, reliefs, et de caractĂ©ristiques aromatiques liĂ©es Ă  la flore et aux sols, ce qui conduit Ă  parfois des contrastes Ă©tonnants d’une « sous-rĂ©gion Â» Ă  l’autre, ce qui rends plus complexe encore la notion de terroir qui peut s’y appliquer, les (plus ou moins) grands crus que sont en quelque sorte les Single-Malt  pouvant s’avĂ©rer parfois trĂšs diffĂ©rents d’une distillerie Ă  l’autre, qu’elles soient voisines ou non. C’est ce que nous allons voir en bref ci-aprĂšs :

 

2/A : Les  Western HIGHLANDS, ou Hautes-Terres de l’Ouest :

 

Il s’agit des distilleries situĂ©es soit dans la rĂ©gion cĂŽtiĂšre prĂšs des Ăźles, au Nord-Ouest de Glasgow, comme OBAN, sur la cĂŽte, une assez ancienne distillerie (1794) qui produit un single-malt assez subtil, dĂ©licatement boisĂ© et marin Ă  la fois, suffisamment prisĂ©e par le public pour faire partie des « Classic Malts Â» du groupe Diageo, soit proche des montagnes, comme celle de BEN NEVIS (prĂšs du Mont Nevis, d’oĂč le nom de la  distillerie), crĂ©Ă©e en 1825, qui produit un whisky plutĂŽt boisĂ© et sec, devenant, en version ĂągĂ©e Ă©levĂ©e en fĂ»ts de sherry, trĂšs chocolatĂ©e et fruitĂ©e – cette distillerie appartient depuis 1989 au groupe NIKKA qui produit aussi du whisky japonais
(voir chapitre consacrĂ© au Japon).

 

 

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Les Hautes-terres de l'Ouest, avec ses chùteaux, mais aussi ses Lochs (Loch Cluanie, Loch Duich, ...)- Photo: © Hugh

 

 

2/B : Les  Central HIGHLANDS, ou Hautes-Terres du Centre :

 

Au centre des Highlands, en dessous de la zone des Grampian Mountains, et au dessus des Lowlands, on trouve un certain nombre de distilleries (plus d’une dizaine, mais toutes ne sont pas en activitĂ©), dans une rĂ©gion riche en tourbiĂšres, en eau de source et au climat plutĂŽt propice, zone allant jusqu’à Aberdeen Ă  l’Est. De la plus petite, EDRADOUR, fondĂ©e en 1837, qui produit des whiskies au fruitĂ© particulier marquĂ© entre autres par la menthe acidulĂ©e – distillerie qui appartient au nĂ©gociant SIGNATORY VINTAGE), Ă  la plus ancienne (The GLENTURRET, fondĂ©e en 1775), de la plus confidentielle (comme NORTH-PORT, fermĂ©e en 1983 Ă  celles qui ont fait leur popularitĂ© grĂące Ă  leur prĂ©sence notable dans des blends de grande qualitĂ© (je pense notamment Ă  la distillerie ABERFELDY qui alimente les blends de DEWAR’S) ou encore BLAIR ATHOL, ROYAL LOCHNAGAR (crĂ©Ă©e en 1845, et dont le prĂ©fixe correspond Ă  un anoblissement par la Reine d’Angleterre, qui l’apprĂ©cie particuliĂšrement – c’est un malt assez subtil, et entre autres choses, Ă  la fois boisĂ©, chocolatĂ© et maltĂ©).     

C’est DALWHINNIE qui emporte la palme de la distillerie la plus isolĂ©e de cette rĂ©gion, une distillerie crĂ©Ă©e en 1897 en pleine montagne, et dont les whiskies font partie de la gamme « Classic Malts Â» de Diageo. Un Single-Malt qui doit sa popularitĂ© Ă  son goĂ»t de miel de bruyĂšre assez irrĂ©sistible
son parfum qui plaĂźt souvent aux nĂ©ophytes, mais que les connaisseurs ne s’y trompent pas, c’est un single-malt qu’on peut qualifier de « must Â» du whisky Ă©cossais. Son 15 ans est un classique, mais c’est le 36 ans qui est le chef d’Ɠuvre de la distillerie. Comme hĂ©las nombre de distilleries du groupe Diageo, peu de versions sont produites, ce qui fait vite augmenter les prix des versions ĂągĂ©es mĂȘme de 20 ans.

 

 

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Le paysage dĂ©solĂ© de vastes montagnes Ă  peine interrompues par quelques forĂȘts, prĂšs de la DALWHINNIE (Photo: © Hugh)

 

2/C : Les  Northern HIGHLANDS , ou Hautes-Terres du Nord :

 

LĂ  aussi, Ă  l’exception des Ăźles avoisinantes (les Orcades, notamment, au Nord-Est) , on trouve une dizaine de distilleries, presque toutes situĂ©es sur la cĂŽte Est, ou lĂ©gĂšrement Ă  l’intĂ©rieur des terres, donc en bord de mer ou de Fjord (« Firth Â» en Ă©cossais). Toutes produisent des Single-Malts renommĂ©s pour leur dĂ©licatesse et leur complexitĂ©, sur un registre Ă  la fois herbacĂ©, Ă©picĂ©, floral, fruitĂ© et maltĂ© : GLENMORANGIE, fondĂ©e en 1843, prĂšs de Tain, dans une des  plus magnifiques baies du Moray Firth, notamment, que j’ai eu la chance de visiter, produit des whiskies trĂšs dĂ©licats et trĂšs complexes, dans lesquels un parfumeur parisien Ă  un jour dĂ©celĂ© pas moins de 26 arĂŽmes diffĂ©rents ! Sa cĂ©lĂšbre salle des alambics, rĂ©cemment agrandie, possĂšde les alambics les plus hauts d’Ecosse (plus de 5,13 m).

 

 

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L'impressionnante salle des alambics de GLENMORANGIE et ses anciens hauts alambics Ă  gin (Photo libre de droit)

 

La distillerie est aussi un pionnier reconnu des affinages, sous la houlette de Bill Lumsden, puisque c’est cette distillerie qui a rĂ©alisĂ© pour la premiĂšre fois au monde pour un whisky de malt, en 1993, une deuxiĂšme maturation de son single-malt vieilli d’abord en fĂ»ts de bourbon, puis en fĂ»t de Porto. LVMH, devenu "MHD" pour la France (MoĂ«t-Hennessy-Diageo en s'alliant Ă  celui-ci pour certaines marques) possĂšde depuis peu cette distillerie autrefois indĂ©pendante, qui est liĂ©e ainsi Ă  celles de GLEN MORAY et ARDBEG (pour partie, des distilleries qui ne sont pas voisines pour autant. Non loin de lĂ  se situe sa vĂ©ritable voisine, la distilllerie BALBLAIR, crĂ©Ă©e en 1790, qui appartient au groupe INVERHOUSE DISTILLERS, et produit des whiskies d’une grande gĂ©nĂ©rositĂ© fruitĂ©e, herbacĂ©e, et dĂ©licatement boisĂ©e, qui tiennent remarquablement la distance dans le temps (il n’y a qu’à dĂ©guster ses malts de 38 ans pour s’en convaincre, les fĂ»ts sont remarquablement sĂ©lectionnĂ©s).

Plus au Nord, on trouve une curiositĂ©, une distillerie double, en quelque sorte, l’une, la mythique BRORA, fondĂ©e en 1819, puis fermĂ©e en 1983 par Diageo et l’autre, CLYNELISH, construite juste Ă  cĂŽtĂ© en 1969, toujours en activitĂ© de nos jours. BRORA, dont les single-Malts aux notes marines assez prĂ©sentes, mais aussi marquĂ©s par les herbes, Ă©taient marquĂ©s par les Ă©pices (la moutarde, notamment) et une proportion variable mais significative de tourbe plus que de fumĂ©e. Au fil du temps, les Single-Malts de la distillerie BRORA sont devenus de plus en plus recherchĂ©s pour leur intense saveur tourbĂ©e et ses notes d’agrumes (du sorbet au zeste de citron Ă  la tarte au citron meringuĂ©). Ses 30 ans d’ñge, encore vendus en Ă©dition limitĂ©e brut de fĂ»t, par les mĂȘmes qui ont fermĂ© la distillerie, s’arrachent Ă  prix d’or (les stocks sont prĂ©tendument faibles, mais tout de mĂȘme, ils dĂ©passent plusieurs centaines d’euros la bouteille !). les CLYNELISH, eux, sont marquĂ©s par la cire, les agrumes, mais avec l’ñge expriment davantage les herbes et les Ă©pices.

 

 

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Les anciens chais de la distillerie BRORA, aux formes caractéristiques (Photo: © Hugh)

 

Parmi les autres distilleries, c’est OLD PULTENEY (crĂ©Ă©e en 1826) qui est la plus au Nord, dans la ville de Wick, du nom du fondateur de cette ville portuaire, Sir William Pulteney. Ici, comme en tĂ©moigne l’illustration sur les bouteilles de la distillerie, marins et artisans travaillant Ă  la distillerie sont souvent les mĂȘmes, et les bateaux de pĂȘche sont vraiment l’emblĂšme local par excellence. Un single-malt « tranquille Â», aux notes dĂ©licates fruitĂ©es, boisĂ©es, lĂ©gĂšrement marines, et dont les remarquables versions rĂ©centes (15 ans brut de fĂ»t ou 17 ans) font preuve d’un hĂ©donisme fruitĂ© assez exubĂ©rant. Autrement le 12 ans d’ñge et son joli packaging ovale, avec le motif du chalutier reportĂ© sur la bouteille, tĂ©moigne d’un tempĂ©rament modĂ©rĂ©ment marin et fait office d’apĂ©ritif consensuel. Son 21 ans est un petit chef-d’Ɠuvre d’équilibre.

 

3 /Le SPEYSIDE (surnommĂ© parfois « LE TRIANGLE D’OR Â»):

 

Cette rĂ©gion, situĂ©e Ă  l’Est des HIGHLANDS, dĂ©signe par convention tout ce qui est situĂ© entre les villes d’Aberdeen Ă  l’Est (et la riviĂšre DEVERON), la riviĂšre FINDHORN a Ă  l’Ouest, Inverness au Nord et le Mont Macdui (Ben Macdui) au Sud. NommĂ©e aussi par certains le « Triangle d’Or Â», car elle constitue la plus grande concentration de distilleries en Ecosse, voire au monde, il y a en effet (encore aujourd’hui) plus de 50 !  En fait cette rĂ©gion vallonneuse est abondante en riviĂšres, dont certaines ont donnĂ© leur nom aux distilleries qu’elles abritent, que ce soit GLENFIDDICH pour dĂ©signer la « VallĂ©e de la riviĂšre FIDDICH Â», The GLENLIVET pour « La VallĂ©e de la rivĂšre LIVET et ainsi de suite. « Du cĂŽtĂ© de la riviĂšre SPEY Â» pourrait ĂȘtre ainsi la traduction littĂ©rale du terme « SPEYSIDE Â». La riviĂšre SPEY en effet, connue autant pour ses saumons que pour ses whiskies, prend sa source dans le Loch Spey, est longue de 172 km, et ses nombreux affluents  l’Avon, la Livet, mais aussi la Fiddich, la Deveron, la Lossie, etc
) dĂ©limitent en quelque sorte une zone d’environ 32 km sur 90, zone dans laquelle se situe 58 distilleries de malt. Montagneuse, longtemps peu accessible Ă  cheval (jusqu’à la fin du XVII Ăšme siĂšcle), cette rĂ©gion aux chĂąteaux cĂ©lĂšbres et aux nombreuses sources, fĂ»t idĂ©ale pour dĂ©velopper une activitĂ© de distillation d’abord bien sĂ»r illicite, ce qui explique une telle concentration. Cela a favorisĂ© la distillation clandestine Ă  l’origine de la quasi-totalitĂ© des distilleries de la rĂ©gion encore prĂ©sentes aujourd’hui. L’eau, l’orge, et la tourbe* prĂ©sentes sur place en abondance (mĂȘme si l’orge utilisĂ©e n’a pas toujours Ă©tĂ© Ă©cossaise), ont aussi concouru Ă  assurer la pĂ©rennitĂ© de nombre d’entre elles, ainsi que le fait  que la consommation personnelle de whisky par les dĂ©tenteurs d’alambics clandestins Ă©tait autorisĂ©e au dĂ©part, Ă  condition de ne pas mettre en vente ce whisky.

 

 

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Les gigantesques installations de GLENFIDDICH, ici les entrepots de remplissage et les camions de la marque (Photo Â© Hugh recadrĂ©e)

 

 

L’histoire semble Ă©tablir que les problĂšmes de rĂ©pression auraient commencĂ© dĂšs lors que les habitants du Speyside ont souhaitĂ© vendre leur whisky au dehors, afin d’avoir une source de revenu plus substantielle, ce que la couronne d’Angleterre n’était pas prĂȘte Ă  accepter sans contrepartie sonnante et trĂ©buchante. DĂšs lors la chasse aux alambics clandestins fĂ»t ouverte. Il faudra attendre la dĂ©but du XIX Ăšme siĂšcle, pour pouvoir goĂ»ter en toute quiĂ©tude du whisky de la distillerie The GLENLIVET, par l’intermĂ©diaire du Duc de Gordon, propriĂ©taire des terres ou le whisky Ă©tait produit, et ce grĂące Ă  une visite du Roi George IV, qui avait entendu parler de ce whisky mais que personne n’osait lui servir. Il trouva le single malt tellement Ă  son goĂ»t qu’il dĂ©cida en 1823 d’autoriser sa production, de lĂ©galiser la distillerie : Son propriĂ©taire Ă©tait alors George Smith, qui dĂ©posa ensuite le nom, obtenant la licence en 1824, afin d’ Ă©viter que les nombreuses distilleries avoisinantes bĂ©nĂ©ficient de la notoriĂ©tĂ© du nom « GLENLIVET Â» qu’elles accolaient Ă  la fin du nom de leur distillerie. Par la suite, donc, The GLENLIVET sera la seule distillerie autorisĂ©e Ă  s’appeler ainsi, et pour Ă©viter toute confusion, fĂźt ajouter Ă  son nom le prĂ©fixe « The Â» , tout comme la distillerie The MACALLAN. (le « The Â» en prĂ©fixe distingue d’ailleurs les versions officielles de ces distilleries des versions de nĂ©goce)  distillerie emblĂ©matique de cette rĂ©gion par son utilisation trĂšs Ă©tudiĂ©e d’ex-fĂ»ts de sherry.

 

 

 

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La grande distillerie The Glenlivet, rĂ©cemment rĂ©novĂ©e et agrandie, dans le paysage typiquement vallonnĂ© du Speyside (Photo:©  Hugh)

 

 

En gĂ©nĂ©ral peu ou pas du tout tourbĂ©s*, les whiskies de la rĂ©gion du SPEYSIDE sont plutĂŽt caractĂ©risĂ©s par des notes florales, fruitĂ©es et herbacĂ©es, avec une prĂ©sence de l’orge maltĂ©e et du sherry (xĂ©rĂšs) plus ou moins marquĂ©s suivant la distillerie. Le fameux caractĂšre fruitĂ© des whiskies de cette rĂ©gion dont le succĂšs ne se dĂ©ment pas en ce qui concerne le public nĂ©ophyte, mais aussi connaisseur, est donc bien prĂ©sent (comme les agrumes, la pĂȘche, voire les fruits rouges et fruits mĂ»rs), mais pas aussi dominant qu’on pourrait le penser : Ainsi si le CARDHU 12 ans officiel est trĂšs nettement fruitĂ©, The GLENLIVET, de mĂȘme Ăąge sera plus floral que fruitĂ©.

Le climat tempĂ©rĂ©, l’eau pure (l’eau des nombreuses riviĂšres aux alentours est utilisĂ©e tant  pour brasser l’orge, que pour rĂ©duire le whisky une fois distillĂ© - ses eaux de source naturelles sont trĂšs populaires) influence les single-malts ,qui sont en gĂ©nĂ©ral plutĂŽt ronds, Ă©lĂ©gants et plus faciles d’accĂšs pour les nouveaux venus que ceux d’autres rĂ©gions comme Islay par exemple. Bien des variantes aromatiques existent, du plus fruitĂ© et floral (CARDHU, The GLENLIVET) au plus charpentĂ© et marquĂ© par le sherry, le bois (GLENFARCLAS, The MACALLAN – du moins les versions 100 % en fĂ»t de sherry !) en passant par ceux qui prĂ©sentent plutĂŽt des notes de cĂ©rĂ©ales (orge maltĂ©e, brioche) comme par exemple The BALVENIE..ou de noisette (KNOCKANDO).

Tous porteront donc la mention SPEYSIDE sur l’étiquette des bouteilles, et parfois mĂȘme en plus de la mention de provenance gĂ©nĂ©rale Ă  l’intĂ©rieur de l’Ecosse (Highlands). Le succĂšs de cette appellation d’origine contrĂŽlĂ©e en rĂ©alitĂ©, peut se comparer Ă  celui de la rĂ©gion de Bordeaux pour les vins français, respectivement, Ă©tant entendu que les ventes de vins sont bien sĂ»r infiniment supĂ©rieures Ă  celles des whiskies, et des single-malts Ă  fortiori. Le SPEYSIDE est Ă  coup sĂ»r, en volume, la rĂ©gion la plus « vendeuse Â» en France, par exemple.

 

 

 

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Paysage typique du Speyside: Un peu de montagnes, un peu de forĂȘts, une riviĂšre...(Photo: © Hugh)

 

 

NDLR : A noter, jusqu’au XIX Ăšme siĂšcle, les alambics des distilleries du SPEYSIDE Ă©taient non pas chauffĂ©s au gaz (comme souvent aujourd’hui) ou au charbon (comme encore il y a encore quelques dĂ©cennies), mais au feu de tourbe, et parfois abondamment, ces whiskies Ă©taient donc tous fumĂ©s et tourbĂ©s ! Par la suite, et surtout aprĂšs 1860 (date de lancement des premiers blends), afin de fournir un distillat plus facile Ă  assembler pour les blends, et ce faisant, Ă  destination d’un plus large public, cette pratique fut quasiment abandonnĂ©e au XX Ăšme siĂšcle, pour ĂȘtre remplacĂ©e par le chauffage au gaz. Seules quelques distilleries de la rĂ©gion ont souhaitĂ© prĂ©senter au public des whiskies tourbĂ©s, qu’ils le soient en aval de la production (comme par exemple les expĂ©riences en Ă©ditions limitĂ©es de la distillerie The BALVENIE avec l’ Â« Islay Cask Â», Ă  la fin de maturation dans un fĂ»t ayant contenu du whisky d’Islay, et plus rĂ©cemment GLENFIDDICH avec le « Caoran Reserve Â»), ou en amont, Ă  l’ancienne (comme la distillerie BENRIACH, seule Ă  prĂ©senter en permanence au moins deux des single-malts de sa gamme en version tourbĂ©e (comme le « Curiositas Â» 10 ans ou l’ Â»AUTHENTICUS Â» 21 ans). La distillerie ARDMORE, situĂ©e elle plus au Sud, tourbe ses whiskies depuis longtemps, et encore de nos jours...

 

 

 

 

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La distillerie ARDMORE, une des rares distilleries à tourber encore ses single-malts (Photo: © Hugh)

 

 


3 b/ Les HIGHLANDS de L’EST (autour de la rĂ©gion du Speyside), ou Hautes-Terres du Nord-Est:

 

Dans cette partie de l’Ecosse qui n’est pas vraiment une rĂ©gion Ă  part entiĂšre mais une partie du tout des Highlands n’appartenant ni au Speyside, ni aux rĂ©gions de l’Ouest et du Nord avec des distilleries trĂšs typĂ©es et connues, l’on regroupe habituellement d’autres distilleries moins connues aujourd’hui mais non moins intĂ©ressantes sous le vocable d’Highlands de l’Est. Plusieurs de ces distilleries sot aujourd’hui fermĂ©es, telle DRUMGUISH (1895-1911). Mais non loin de son emplacement a Ă©tĂ© construite une autre distillerie toujours active, nommĂ©e The SPEYSIDE. FondĂ©e en 1962, elle n’a pourtant Ă©tĂ© terminĂ©e qu’en 1987 et a commencĂ© Ă  produire qu’en 1990. C’est celle qui est la plus proche de la rĂ©gion du Speyside, au Sud, tandis que la plupart des autres que nous allons citer sont plutĂŽt proches des Lowlands en rĂ©alitĂ©, ente Aberdeen au Nord-Est et Dundee au Sud. Il en est ainsi de GLEN MOHR (1892- 1983) distillerie fermĂ©e mais dont les malts dĂ©licatement boisĂ©s et aux notes de thĂ© sont recherchĂ©s des connaisseurs et certains encore disponibles en versions de nĂ©goce, Ă©galement de GLEN ALBYN (1846- fermĂ©e en 1983, puis dĂ©truite) bien plus confidentielle (seules de rares versions de nĂ©goce sont de temps Ă  autre disponibles). Une autre distillerie, LOCHSIDE, fondĂ©e en 1957, en revanche, n’a cessĂ© de produire qu’en 1992, et bien que ses chais aient Ă©tĂ© dĂ©truits en 1999, une partie de sa production est encore disponible auprĂšs de nĂ©gociants renommĂ©s en version relativement jeune, mais ce sont les versions les plus ĂągĂ©es qui donnent toute leur mesure au distillat, faisant preuve d’une belle complexitĂ© et finesse.

 

 

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La distillerie LOCHSIDE, fermée, mais dont on trouve réguliÚrement de beaux flacons chez les négociants (Photo: © Creative Commons)

 

 

Du cĂŽtĂ© des distilleries « sauvĂ©es du naufrage Â», on trouve dans le giron du groupe M.H.-Diageo la distillerie GLEN ORD, fondĂ©e en 1838 et qui est toujours active, trouvant rĂ©cemment une seconde jeunesse sous la forme d’un single-malt jeune dans la sĂ©rie des « The Singleton of Â»  du groupe (ou l’on retrouve Ă©galement les distilleries DUFFTOWN et AUCHROISK). Ses anciennes versions officielles, elles, sont assez recherchĂ©es. La distillerie GLENCADAM, elle,  crĂ©Ă©e en 1825 fut mise en sommeil en 2000 avant d’ĂȘtre rĂ©ouverte aprĂšs son rachat par Angus Dundee, avant de reprendre sa production. C’est finalement FETTERCAIRN (dite Ă©galement OLD FETTERCAIRN), une des plus anciennes distilleries Ă  avoir obtenu la fameuse licence de distillation (elle date en effet de 1824), est propriĂ©tĂ© du groupe United Spirits via le groupe Whyte & Mackay. C’est une distillerie chĂšre Ă  l’assembleur Richard Paterson, et toute la gamme a Ă©tĂ© rĂ©cemment refondue pour rĂ©pondre, dans ses versions ĂągĂ©es au repositionnement dans le luxe du groupe propriĂ©taire. Depuis peu, le groupe indien en question, United Spirits, a revendu Whyte and Mackay et ses distilleries de malt Ă  M.H.-Diageo. Le monde est petit finalement ! 

 

 

 

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La discrÚte distillerie FETTERCAIRN, dont les versions ùgées donnent la pleine mesure du style maison (Photo: © Creative Commons).

 


Les Ăźles HĂ©brides (intĂ©rieures) :

 

4 / L'Ăźle d’ ISLAY:   

 

Cette Ăźle, situĂ©e Ă  l’Ouest de la presque Ăźle de Campbeltown, possĂšde la rĂ©putation de produire les meilleurs whiskies d’Ecosse, selon un certain nombre de connaisseurs, mais certains considĂšrent que les plus marins des whiskies des Highlands du Nord les surclassent. En tout cas ce sont des whiskies qui ne laissent pas indiffĂ©rents, car ils sont en gĂ©nĂ©ral trĂšs typĂ©s (tourbe, fumĂ©e, iode, algues, sel, etc.. bref, marins au sens large). Les amateurs et dĂ©butants eux, habituellement les fuient comme la peste, car dĂ©jĂ  du verre de whisky posĂ© sur une table, une odeur puissante et caractĂ©ristique souvent assez mĂ©dicinale, s’en dĂ©gage (la tourbe et/ou la fumĂ©e, d’abord). Un apprentissage progressif leur sera ainsi nĂ©cessaire pour qu’ils apprĂ©hendent les choses diffĂ©remment, mais dans ce domaine aussi, mĂȘme une initiation bien conduite ne saurait se substituer au goĂ»t de chacun, et faire apprĂ©cier des whiskies trĂšs particuliers, qui rappelont le, furent majoritaires ( je veux parler des whiskies tourbĂ©s, bien au-delĂ  de ceux produits dans l’üle ) en Ecosse avant 1860, et quelle que soit la rĂ©gion
.

L’üle produit des whiskies assez typĂ©s depuis au moins le XVIII Ăšme siĂšcle. Sa situation gĂ©ographique, Ă  l’Est de l’Irlande, fit de cette Ăźle d’aprĂšs plusieurs sources, la probable premiĂšre rĂ©gion Ă  avoir accueilli des moines irlandais, qui auraient introduit ainsi le whisky en Ecosse, mais la date en demeure toujours incertaine, mĂȘme si aux yeux de nombreux historiens du whisky, le fait semble Ă©tabli. La premiĂšre rĂ©fĂ©rence officielle date de 1494, il s’agit d’une commande officielle d’ Â« acqua vitae Â» pour le Roi d’Ecosse Jacques VI. Les rĂ©cits des guerres et visite royales en Ecosse font Ă©tat qu’à cette Ă©poque, une cour puissante et influente rĂ©gnait sur l’üle. Des artisans, des sculpteurs, des maçons et forgeurs de mĂ©taux y travaillaient. Cette Ăźle de 40 km de longueur sur 32 km de largeur que creuse deux bras de mer, le Loch Indaal et la Loch Guinard, est une terre fertile, tant pour l’orge que pour la tourbe, qui recouvre un quart de l’üle !  C’est Daniel Campbell de Shawfield, dĂ©putĂ© de l’agglomĂ©ration de Glasgow, qui achĂšte l’üle dans son ensemble en 1725, et entreprend de repenser toute son activitĂ©, dont la partie qui nous intĂ©resse le plus sera que cela permettra de construire 12 distilleries, vers 1816, dans des conditions tumultueuses, au prix il est vrai notamment d’expropriations massives de paysans locaux. Il faut noter que cette rĂ©gion sera sous contrĂŽle des officiers des impĂŽts qu’en 1850, toutes les distilleries Ă©tant jusque lĂ  illicites


 

 

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Au Sud de l'ïle d'Islay, un moment de contemplation devant la mer, le dos à la distillerie LAPHROAIG (Photo: © Hugh)

 

Il faut aussi savoir que l’üle a autrefois abritĂ© prĂšs de 21 distilleries au XIX Ăšme siĂšcle, selon le grand historien du whisky Alfred Barnard qui mentionne le Scotch Whisky Industry Record, dont une se prĂ©nommait « KILDALTON Â» (du nom d’un lieu ou figurent nombre de trĂšs vieilles croix celtiques) et n’a vraiment existĂ© que de 1849 Ă  1852, et une autre dĂ©nommĂ©e « OCTOMORE Â» (1816-1852) que le nĂ©gociant Murray Mc DAVID aimerait ramener Ă  la vie. Par ailleurs, si l’orge locale est utilisĂ©e et maltĂ©e en partie sur Islay, l’essentiel voire la totalitĂ© des whiskies de l’ile font metttre en bouteille leurs whiskies sur le continent, dans d’immenses entrepĂŽts prĂšs de la ville de Glasgow, et la situation gĂ©ographique de ces distilleries la plupart trĂšs prĂšs de la mer, d’un port), avec de grands quais de dĂ©barquement, a Ă©tĂ© pensĂ©e Ă  cet effet. Un drĂŽle de paradoxe finalement pour des whiskies qui se veulent marins
Heureusement, pour le bonheur des amateurs, lorsqu’on dĂ©guste un CAOL ILA, par exemple, rien n’indique qu’il a entiĂšrement Ă©tĂ© Ă©levé en banlieue de Glasgow !

 

Au Nord-Est  d’Islay (Distilleries  BUNNAHABHAIN et  CAOL ILA):

 

Au Nord-Est de l’üle, la distilllerie BUNNAHABHAIN, fondĂ©e en 1883, produit des Single-malts qui jusqu’en 2007 avaient la rĂ©putation d’ĂȘtre parmi les plus lĂ©gers de cette rĂ©gion, et avec comme caractĂ©ristique principale de ne pas ĂȘtre tourbĂ©s. Contrairement Ă  presque tous les autres whiskies de l’üle. BUNNAHAHABHAIN Ă©tait donc sur des notes plutĂŽt herbacĂ©es, de fruits secs (noisettes), Ă  peine vanillĂ©es. Mais son statut de (seule, puisque BRUICHLADDICH produit des versions de plus en plus tourbĂ©es, en plus de ses « standards Â» peu tourbĂ©s) distillerie « Unpeated Â» (non tourbĂ©s) n’est maintenant plus d’actualitĂ©, puisque la distillerie a rĂ©cemment prĂ©sentĂ© (hiver 2007) sa premiĂšre version tourbĂ©e, intitulĂ©e « TOITEACH Â» (voir chapitre des notes de dĂ©gustation). Cette distillerie est aujourd’hui la propriĂ©tĂ© de Burn Stewart Distillers, qui possĂšde Ă©galement les distilleries DEANSTON et LEDAIG. Par ailleurs, signalons que lorsque le distillat vieilli bien, les rĂ©sultats peuvent ĂȘtre rĂ©ellement magnifiques, en tĂ©moignent certaines versions de nĂ©goce, et, dans une moindre mesure le 40 ans d'Ăąge officiel (trĂšs fin mais trĂšs boisĂ©).

 

 

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Vue en contre-plongée de la salle des alambics de la distillerie BUNNAHABHAIN (Photo: © Hugh).

 

 

Non loin de lĂ  se trouve l’imposante distillerie de CAOL ILA, fondĂ©e en 1846, dĂ©truite en 1972, mais entiĂšrement reconstruite en 1974 puis agrandie, et avec sa magnifique salle des alambics. Elle constitue la plus grande capacitĂ© de production de whiskies de l’üle, soit prĂšs de 3 millions de litres par an. PropriĂ©tĂ© de Diageo et rĂ©cemment « promue Â» nouveau whisky de sa gamme « Classic Malt Â», la distillerie CAOL  ILA produit des Single-malts raffinĂ©s et assez tourbĂ©s, avec une texture grasse, souvent huileuse, et des notes assez caractĂ©ristiques de fumĂ©e mĂȘlĂ©es de notes anisĂ©es et terreuses (plus ou moins suivant les versions). Contrairement Ă  d'autres distilleries, il semble que le distillat de CAOL ILA soit Ă  son apogĂ©e plutĂŽt entre 8 et 14 ans qu'aprĂšs 18 ans, mais il y a de belles exceptions...

Ce Single-malt, trĂšs prĂ©sent sur le marchĂ©, français notamment, et aussi bien en version officielle que de nĂ©gociants divers et de qualitĂ© trĂšs variable (allant du pire au meilleur- lĂ  aussi si vous hĂ©sitez, privilĂ©giez une version officielle ou d’un nĂ©gociant que vous connaissez) est aussi un des whiskies de prĂ©dilection des  assembleurs (Ă  destination des blended-whiskies et des blended-malts), pour son parfum intense et subtil et pour sa typicitĂ© Ăźlienne. Bien entendu, d’autres whiskies de cette Ăźle peuvent entrer dans les assemblages, mais tous en petite quantitĂ© sous peine d’écraser par trop de prĂ©sence les whiskies des autres rĂ©gions.

 

 

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Vue sur l'ïle de Jura depuis l'intérieur de l'immense salle des alambics de la distillerie CAOL ILA (Photo: © Hugh).

 

Au Nord-Ouest d'Islay (Distillerie KILCHOMAN):

 

La Distillerie KILCHOMAN, micro-distillerie indĂ©pendante, existe depuis 2002, mais Ă  cause de problĂšmes divers elle ne produit en continu que depuis 2006. Elle est une des rares distilleries (en Ecosse, et a fortiori sur l’üle d’Islay) Ă  malter elle-mĂȘme son orge sur place (avec BOWMORE et LAPHROAIG). Les fĂ»ts de Bourbon utilisĂ©s proviennent de la distillerie amĂ©ricaine Buffalo Trace, mais la distillerie utilise aussi, plus minoritairement des fĂ»ts de Sherry Oloroso. Malcom Rennie, un ancien responsable des alambics d’ARDBEG, dirige cette distillerie, qui comporte un alambic de wash et un de still, et produit environ 100 000 litres d’alcool par an, soit environ 630 fĂ»ts de Bourbon et 40 Sherry Butts. Le distillat, ou « new make Â», Ă©tait dĂ©jĂ  disponible Ă  la vente sous forme d’échantillons de 5 cl alors que le whisky avait Ă  peine un an d'Ăąge. C’est en 2009 que l’on aura enfin l’occasion de dĂ©guster le premier single-malt de la distillerie, nommĂ© « Inaugural Release Â» (et partiellement vieilli cette fois en fĂ»ts de Sherry). Depuis, la distillerie a produit plusieurs versions, dont une rĂ©guliĂšre, Ă  partir de 2012, nommĂ©e "Machir Bay" (avec Ă  la fois des fĂ»ts de Bourbon & de Sherry) et avec un pourcentage de fĂ»ts plus ĂągĂ©s que les autres versions. C'est en 2011 que la distillerie propose une version dite "100 % ISLAY" (avec de l'orge produite par une ferme voisine lui appartenant) et par ailleurs la premiĂšre Ă©dition 100 % Sherry casks.

 

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La salle des alambics de la distillerie KILCHOMAN, avec le coffre Ă  alcool au milieu de la photo (Photo: Â© Mike).

 

 

Au Centre  d’Islay (Distilleries BRUICHLADDICH et BOWMORE):

 

Au Centre de l’üle, dans un petit village construit autour de la distillerie, se trouve donc la distillerie BRUICHLADDICH, celle qui fĂ»t Ă©galement connue comme « une des deux seules distilleries non tourbĂ©es d’Islay Â» ,sauf qu’elle a toujours utilisĂ© de la tourbe, en une faible proportion il est vrai (la version la moins tourbĂ©e ne fait que 2 ppm
). FondĂ©e en 1881 par les frĂšres William et par John Gourley Harvey, elle a connu de nombreuses vicissitudes, a fermĂ© en 1929 pendant 9 ans, puis de nouveau en 1994, avant d’ĂȘtre rĂ©ouverte en 2000 grĂące Ă  sa reprise et sa rĂ©novation complĂšte par la sociĂ©tĂ© de nĂ©goce Murray McDavid, sous la houlette d’un triumvirat composĂ© entre autres de Jim McEWAN le maĂźtre-distillateur (ancien directeur la distillerie BOWMORE, « renforcĂ© Â» par une Ă©quipe familiale de choc et de charme – Barbara et sa fille Lynne, les meilleurs ambassadrices du scotch qu’on puisse trouver !), et de Mark REYNIER.

Les Single-malts de la distillerie BRUICHLADDICH sont caractĂ©risĂ©s par d’abord l’absence de filtration Ă  froid et d’ajout de caramel (ce qui est aussi vrai pour les whiskies produits par la sociĂ©tĂ© de nĂ©goce), ils sont embouteillĂ©s Ă  46 %, le plus souvent. Les notes dominantes sont les agrumes, les herbes, de lĂ©gĂšres notes marines (iode et sel), de maniĂšre modĂ©rĂ©e et Ă©quilibrĂ©e, mais aussi des Ă©pices Ă  foison, et plus rĂ©cemment, un caractĂšre souvent assez alcooleux et vineux (pour les versions affinĂ©es). Certaines versions sont par contre davantage tourbĂ©es (comme les « 3D Â») ,etc
 Voir rubrique des notes de dĂ©gustation Ă  venir. 2005 a Ă©tĂ© l’annĂ©e ou la distillerie a Ă©tĂ© pour la premiĂšre fois en mesure d’utiliser de l’orge locale, et de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, de plus en plus, c’est une production biologique qui est favorisĂ©e. C’est en 2006 qu’est embouteillĂ© le premier whisky issu de la nouvelle direction, le PORT CHARLOTTE Evolution (PC 5), un single-malt trĂšs tourbĂ© nommĂ© PORT CHARLOTTE en hommage Ă  une ancienne distillerie de l’üle, aujourd’hui disparu: En effet, la Distillerie PORT CHARLOTTE, du nom d’une ancienne distillerie de l’üle, a Ă©tĂ© relancĂ©e par la sociĂ©tĂ© de nĂ©goce Murray McDavid, en 2006, dans le village de Port Charlotte, sur le site d’une autre distillerie dĂ©funte (LOCH INDAAL 1829-1929). Plusieurs versions, dont rĂ©cemment la « P.C. 6 Â», fortement tourbĂ©es, ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© commercialisĂ©es avec succĂšs depuis, le plus souvent en brut de fĂ»t. En 2012 & 2013, des Ă©ditions rĂ©duites Ă  46 % ont Ă©tĂ© commercialisĂ©es. Il existe mĂȘme des versions de nĂ©goce du PORT CHARLOTTE.

ParallÚlement, Jim McEWAN a entrepris plusieurs expérimentations alternatives, notamment de distillations plus nombreuses (3 pour l'OCTOMORE, single-malt jeune mais trÚs tourbé, et 4 pour le "X+4" de BRUICHLADDICH).

 

 

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La salle des alambics de BRUICHLADDICH, dans laquelle des distillats trĂšs variĂ©s ont pu ĂȘtre produits... (Photo: © Mike).

 

L’autre distillerie de cette partie de l’üle, BOWMORE, fondĂ©e officiellement en 1779 non loin de la crique du Loch Indaal par David Simson, un fermier et un nĂ©gociant de la rĂ©gion. C’est une des plus anciennes distilleries d’Ecosse et une de celles qui tendent Ă  garder les mĂ©thodes de production traditionnelles (comme rĂ©aliser soit-mĂȘme le maltage de la tourbe locale). BOWMORE utilise l’eau de la Laggan River (assez tourbĂ©e), mais fait bĂ©nĂ©ficier ses chais Ă©galement des embruns de la mer qui lĂšche littĂ©ralement la facade de la distillerie. La tourbe est Ă©galement abondante, mais si ce single-malt subtil est caractĂ©risĂ© par des notes tourbĂ©es, il n’est pas dominĂ© par celles-ci comme chez nombre de versions de ses consoeurs plus au Sud de l’üle, et s’avĂšre dans ses versions ĂągĂ©es (ou dans ses 15 ans d’ñge) d’une complexitĂ© enviĂ©e, avec des notes marines diverses (tourbe, algues, iode, sel), mais aussi des notes boisĂ©es, parfois chocolatĂ©es, Ă©picĂ©es (anis Ă©toilĂ©) rehaussĂ©es d’une pointe de cerise. Souvent la note caractĂ©ristique sera florale, et notamment une note de violette, typique de BOWMORE. Mais certaines versions mettront plus en avant la tourbe, le boisĂ© brĂ»lĂ© et les fruits mĂ»rs.

C’est une distillerie Ă©galement trĂšs prisĂ©e par les collectionneurs en raison de la prĂ©sentation thĂ©matique (basĂ©e sur des lĂ©gendes locales et au-delĂ , sur le thĂšme de la sirĂšne, de monstres marins, de fantĂŽmes divers) des boĂźtes contenant notamment la version courante sans prĂ©cision d’ñge intitulĂ©e « Legend Â», ainsi que d’autres versions. Avant de renvoyer au chapitre des notes de dĂ©gustations, j’ajouterai que la rĂ©putation de la distillerie la plus prestigieuse est encore davantage celle qui est liĂ©e Ă  son 42 ans d’ñge intilulĂ© « Black Bowmore Â», une version mythique vieillie en fĂ»ts de Sherry et trĂšs chĂšre et dont le nez Ă  lui seul s’avĂšre dĂ©jĂ  une expĂ©rience inoubliable
Sans parler des ses dĂ©clinaisons en version vieillie en fĂ»ts de Bourbon ("White Bowmore") ou en fĂ»ts de Bourbon & de Sherry ("Gold Bowmore"). AprĂšs de nombreuses fermetures et rĂ©ouvertures par d’autres propriĂ©taires, la distillerie se stabilisera enfin Ă  l’occasion de son entrĂ©e en 1994 dans le groupe Morrisson Bowmore (qui inclut Ă©galement les distilleries AUCHENTOSHAN et GLEN GARIOCH) que possĂšde le cĂ©lĂ©bre groupe et distillerie japonaise SUNTORY.

 

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La salle des alambics de la distillerie BOWMORE, avec leurs formes caractéristiques (Photo: © Mike).

 

 

Au Sud-Est d’Islay (Autrefois PORT ELLEN et toujours LAPHROAIG, LAGAVULIN, ARDBEG):

 

Au Sud-est de l’üle, se trouvent les distilleries qui sont en gĂ©nĂ©ral les plus lourdement tourbĂ©es de l’üle. Mais il y a un monde entre certaines vieilles bouteilles d’une douceur exquise et les jeunes versions brut de fĂ»t souvent assez violentes de ces mĂȘmes distilleries. Ici, les bateaux accostent dans le port qui porte aussi le nom d’une distillerie fermĂ©e, Ă  savoir PORT ELLEN. De cette distillerie fondĂ©e en 1825 par deux prĂ©curseurs du whisky, il ne reste plus qu’une aire de maltage qui sert aux distilleries voisines, et deux des trois cheminĂ©es en pagode.

Ce whisky mythique, dĂ©sormais trĂšs recherchĂ© par un certain nombre d’amateurs, est encore disponible auprĂšs de certains nĂ©gociants, mais aussi auprĂšs de dĂ©taillants spĂ©cialisĂ©s qui vendent peu Ă  peu des embouteillages officiels provenant du stock (ou devrait on dire « trĂ©sor de guerre Â») que s’est constituĂ© la sociĂ©tĂ© Diageo, bouteilles en Ă©ditions trĂšs limitĂ©es commercialisĂ©es en brut de fĂ»ts uniquement. Toutes ces versions, lorsqu’elles respectent le caractĂšre extrĂȘmement raffinĂ© de la distillerie, sont d’inestimables preuves du savoir-faire Ă©cossais Ă  son apogĂ©e encore dans les annĂ©es 1980, et tĂ©moignent du caractĂšre exceptionnel de ce single-malt en termes d’équilibre, de notes marines suaves et crĂ©meuses, de notes fumĂ©es et cendrĂ©es du plus bel effet, et de notes florales, fruitĂ©es sans Ă©gal Ă  mon sens. Voir Ă  se sujet tant l’historique consacrĂ© Ă  cette distillerie et les notes de dĂ©gustation dans les pages Coup de CƓur et dans le corps des notes de dĂ©gustation.    

 

 

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La facade maritime de la distillerie PORT ELLEN, ou plutÎt des chais & aires de maltage utilisées aujourd'hui par d'autres distilleries de l'ßle.

Les "lettres" sont devenues en quelque sorte un lieu de pÚlerinage pour les passionnés du whisky (Photo: © Hugh).

 

Non loin de lĂ , se trouvent, par ordre de proximitĂ©, la voisine LAPHROAIG, puis LAGAVULIN, enfin la distillerie ARDBEG. La distillerie LAPHROAIG (fondĂ©e en 1815 par ceux qui se faisaient appeler les « frĂšres Johnston Â»), comme ses deux immĂ©diates voisines, fait tourber son malt de maniĂšre assez importante, mais les notes de fruits exotiques de son distillat et le rĂ©sultat harmonieux et peu tourbĂ© de certaines versions ĂągĂ©es fait parfois oublier cet aspect tourbĂ©-fumĂ© assez prĂ©sent. Son brut de fĂ»t de 10 ans d’ñge est certainement un des whiskies les plus accomplis de la distillerie, voire de l’üle, mais leur 10 ans d’ñge rĂ©duit qui un est des whiskies rĂ©duits d’Islay les plus populaires auprĂšs des nĂ©ophytes. La distillerie possĂšde Ă©galement un des sites internet ou les consommateurs inscrits comme « amis de la distillerie Â», sont parmi les plus vivants.

L’amateur de LAPHROAIG peut ainsi par simple inscription aprĂšs l’achat d’une bouteille, se retrouver possesseur (fait rare) d’une parcelle de terre sur Islay, prĂšs de la distillerie qu’il est invitĂ© Ă  visiter en toute convivialitĂ©. Avec un whisky comme le « Quarter Cask Â», et sa 2Ăšme maturation dans des fĂ»ts plus petits, elle a cherchĂ©  Ă  renouer avec ses racines, afin de proposer un single-malt qui se rapprocherait le plus possible de ce qu’il Ă©tait il y a une centaine d’annĂ©es (voir notes de dĂ©gustation).

 

 

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Les aires de maltage de la distillerie LAPHROAIG, une des rares distilleries écossaises à en exploiter encore une (Photo: © Hugh).

 

 

La distillerie LAGAVULIN, elle a la chance de faire partie de la sĂ©lection dite « Classic Malts Â» initiĂ©e par la sociĂ©tĂ©  propriĂ©taire Diageo, et Ă  ce titre bĂ©nĂ©ficie de moyens publicitaires considĂ©rables, et d’une excellente distribution. Cette distillerie qui date officiellement de 1816 remonte Ă  bien plus loin semble t’il, jusqu’à au moins 1742 (clandestinement s’entend !), et elle Ă©tait double (une autre Ă©tait nommĂ©e « Kildalton Â»). C’est en 1837 que seule une deux distilleries survit sous ce nom, sous la houlette de Donald Johnston. LAGAVULIN produit un single-malt trĂšs tourbĂ©, trĂšs fumĂ© et marin, mais cela peut Ă©voluer suivant les versions. La plus cĂ©lĂšbre bouteille de LAGAVULIN auprĂšs du grand public a longtemps Ă©tĂ© la bouteille de couleur verte dans lequel se trouve un des rares 16 ans d’ñge du marchĂ© français du whisky de malt, notamment en grandes surfaces. En effet, cela semble « l’ñge de raison Â» ou l’ñge optimal pour cette distillerie. Elle a prouvĂ© qu’elle pouvait Ɠuvrer Ă©galement dans la subtilitĂ© lors de l’édition en double maturation d’un LAGAVULIN utilisant une maturation finale en fĂ»ts de Sherry Pedro Ximenez, en amplifiant encore sa palette aromatique. Pour l’évolution rĂ©cente des productions de la distillerie, voir au chapitre des notes de dĂ©gustation.

 

 

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La salle des alambics de LAGAVULIN, avec ses alambics en forme de poire, et, "Ă  l'arrivĂ©e", un distillat trĂšs fin  (Photo: © Hugh).

 

 

Enfin, la derniĂšre Ă  l’Est sur la carte, la distillerie ARDBEG, fondĂ©e en 1815 et quelque peu mise Ă  mal par la suite, puis mise en sommeil en 1981, vit une seconde naissance depuis sa reprise en main par le groupe GLENMORANGIE Plc en 1997 (puis partagĂ©e entre les groupes Diageo et LVMH plus rĂ©cemment), et rĂ©ouvre ses portes avec une production rĂ©guliĂšre (et beaucoup de brut de fĂ»t jeunes derniĂšrement) et la vente de vieux millĂ©simes toujours plus recherchĂ©s et toujours plus chers hĂ©las. Victimes de la spĂ©culation, ces millĂ©simes d’environ 30 ans d’ñge ne se vendent plus dĂ©sormais Ă  moins de 300 euros, mais ils sont aussi parmi les whiskies considĂ©rĂ©s par quelques spĂ©cialistes comme les meilleurs au monde
 Jugez vous-mĂȘme, si toutefois vous avez accĂšs Ă  ces versions. LĂ  aussi, fort heureusement, il existe encore des versions plus abordables pour satisfaire l’amateur comme le connaisseur.

 

 

 Ardbeg_vue_insolite_du_parking

Une vue insolite de la distillerie ARDBEG, depuis l'arriÚre, avec l'ancien alambic qui annonce le parking (Photo: © Hugh).

 

 

 

5 / La presqu’ile de CAMPBELTOWN (rĂ©gion du MULL OF KINTYRE):

   

A la fois ville emblĂ©matique du style des whiskies produits dans cette rĂ©gion, et nom de cette rĂ©gion entiĂšre, plus connue sous le nom de « Mull fo Kintyre Â» (nombreux sont ceux qui connaissent d’ailleurs davantage la chanson de Paul Mc Cartney du mĂȘme nom que les whiskies de la distillerie SPRINGBANK par exemple), CAMPBELTOWN est une petite ville situĂ©e au sud de la rĂ©gion du Mull ( = pĂ©ninsule ) de Kintyre, entre l’üle d’ISLAY et celle d’ARRAN. Elle fĂ»t fondĂ©e par Archibald CAMPBELL, 7Ăšme Duc d’Argyll, en 1699. C’est une ville qui compte aujourd’hui plus de 6000 habitants.. Les trois distilleries subsistant aujourd’hui sont toues situĂ©es au Sud de la presqu’üle.

LĂ  encore, cette rĂ©gion Ă©tait particuliĂšrement propice Ă  la production de whisky, pour des raisons tant Ă©conomiques (approvisionnement aisĂ© et quasi-illimitĂ© en eau et en tourbe, mais aussi en orge – SPRINGBANK Ă©tant une des seules distilleries Ă  malter elle-mĂȘme son orge et maĂźtriser le processus d’élaboration de son whisky jusqu’à la mise en bouteilles, voire mĂȘme la vente – voir plus loin - d’oĂč la mention « Local barley Â» sur d’anciennes versions) que stratĂ©giques (la rĂ©gion Ă©tant suffisamment Ă©loignĂ©e du pouvoir royal central anglais pour dĂ©courager des visites trop frĂ©quentes des officiers de contrĂŽle et de recouvrement des impĂŽts (nommĂ©s « esxcise men Â»).

 

 

Springbank_part_of_warehouses

Une vue partielle des chais de SPRINGBANK, dont une partie est réservée à la maturation de fûts d'autres distilleries pour le négociant Cadenhead's,

liĂ© Ă  la maison J.& A. Mitchell, propriĂ©taire de SPRINGBANK (Photo: Â© Hugh).

 

 

Cette rĂ©gion autrefois foisonnante en distilleries (en 1824, on en dĂ©nombrait plus de 50,  pour 3,5 Millions de litres de whisky, selon le grand historien du whisky Alfred Barnard, puis Ă  la fin du XIX Ăšme siĂšcle, il n’en restait plus qu’une vingtaine (les chiffres oscillent entre 21 et 23 distilleries pour une production de 10 Millions de litres Ă  l’époque, ce qui est Ă©norme (le chiffre est Ă©gal Ă  la production annuelle d’une des plus grosses distilleries du monde, GLENFIDDICH), comparĂ© Ă  aujourd’hui ou la production est beaucoup plus faible, et ou il ne reste que 3 distilleries dont une seule en activitĂ© stable (SPRINGBANK),et en production intermittente (GLEN SCOTIA), plus une bien plus rĂ©cente (GLENGYLE).  La crise de 1930, la prohibition amĂ©ricaine (on exportait en effet beaucoup de whisky d’Ecosse, trĂšs apprĂ©ciĂ© aux Etats-Unis, notamment en provenance de l’Ile d’Islay, et de Campbeltown, non loin), le succĂšs grandissant des whiskies des rĂ©gions du Speyside et des Lowlands, et il faut bien le dire semble t’il une certaine surproduction, auront raison des trois quarts des distilleries de la rĂ©gion, et ce dĂšs 1934.

Les whiskies de cette rĂ©gion surnommĂ©e par Barnard « La cĂŽte du whisky Â», avaient au XIX Ăšme siĂšcle une rĂ©putation inĂ©gale, allant du meilleur (on raconte qu’un blended- whisky ou blended-malt composĂ© de SPRINGBANK et d’un autre whisky local aujourd’hui disparu constituait « le plus grand whisky de toute l’écosse Â» aux dires des amateurs) au pire : Certaines distilleries d’antan Ă©tant soupçonnĂ©es de rĂ©utiliser pour la maturation de leurs whiskies d’anciens tonneaux ayant contenu des harengs !  Le grand Ă©crivain du whisky Charles MacLEAN le mentionne dans son ouvrage « Le whisky Pur malt Â» et nous informe du surnom peu ragoĂ»tant de ces whiskies, Ă  savoir « poisson puant Â» ! Dieu merci, nous sommes loin aujourd’hui de cette situation !

 

 

Springbank_chaine_embouteillage

Une vue (au repos) de la chaßne d'embouteillage de SPRINGBANK, distillerie artisanale qui maßtrise la quasi-intégralité du processus

de fabrication du whisky (seule l'orge n'est pas toujours locale).-Photo: © Hugh

 

 

C’est la famille MITCHELL, grĂące Ă  la crĂ©ation de la « J & A MITCHELL Co Ltd Â», qui acquiert en 1828 la principale distillerie de cette rĂ©gion, la prestigieuse SPRINGBANK. Cette sociĂ©tĂ© va, en partenariat avec la sociĂ©tĂ© CADENHEAD’S, commercialiser les trois whiskies produits dans les alambics de la distillerie  (SPRINGBANK, LONGROW et HAZELBURN), mais Ă©galement exercer le commerce de nĂ©goce d’autres whiskies d’Ecosse et d’autres alcools dont le rhum ( rĂ©guliĂšrement utilisĂ© pour affiner certaines versions de la distillerie, en plus du bourbon, du sherry, voire du madĂšre ). Fait Ă©galement rare, cette affaire familiale l’est toujours, car c’est Hedley G. WRIGHT, arriĂšre arriĂšre petit-fils d’Archibald MITCHELL (le fondateur) qui la dirige aujourd’hui.

Si certains journalistes et Ɠnologues du whisky ont parfois du mal Ă  se mettre d‘accord sur la qualitĂ© des whiskies de la distillerie SPRINGBANK aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que c’est une des distilleries Ă©cossaises Ă  avoir la meilleure fortune critique dans le temps : Un journaliste du Times Ă©lu mĂȘme en 1983 SPRINGBANK « 1er Grand Cru ClassĂ© Â» , au mĂȘme titre qu’un vin de type PETRUS. Aujourd’hui encore, cette distilllerie est rĂ©guliĂšrement louĂ©e pour la qualitĂ©, l’équilibre et le caractĂšre marin unique (les notes salĂ©es et de noix de coco notamment) de ce single-malt de caractĂšre charpentĂ© et Ă©picĂ© pour les versions jeunes, gourmand et d’une grande profondeur pour les versions ĂągĂ©es, que ce soit sous embouteillage officiel (de la distillerie) ou indĂ©pendant (des nĂ©gociants). Les anciennes versions, souvent de 25 Ă  40 ans  d'Ăąge (comme les « Local Barley Â» par exemple) sont trĂšs recherchĂ©es. Voir le chapitre des notes de dĂ©gustation


 

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Une ancienne version officielle de SPRINGBANK, dans la prestigieuse série des "Local Barley", ici un des

single-cask millĂ©simĂ© "1966" (Photo  © T.W.E. )

 

 

Les single-malts de cette distillerie sont dĂ©clinĂ©s en plusieurs versions, une version peu tourbĂ©e (SPRINGBANK), une non tourbĂ©e (HAZELBURN, du nom d’une ancienne distillerie locale), et une tourbĂ©e et fumĂ©e ( LONGROW ). Autres particularitĂ©s, tous ces whiskies sont non filtrĂ©s Ă  froid et souvent rĂ©duits Ă  46 %, un degrĂ© intermĂ©diaire entre les 40 % standards et les bruts de fĂ»ts, et ils sont distillĂ©s quasiment trois fois (« 2,5 fois Â» dit on ici) au lieu de deux pour la plupart des malts Ă©cossais. La distillerie de GLEN SCOTIA, en partie gĂ©rĂ©e par les MITCHELL, l’autre par la Loch Lomond Distillery Co, Ă©labore par intermittence des single-malts souvent non tourbĂ©s, plutĂŽt herbacĂ©s et aux notes d’amande et de guimauve, et sont pour certains (notamment l’ancienne Ă©dition 14 ans officielle) d’une fraĂźcheur inouĂŻe
.Enfin, la derniĂšre distillerie de la rĂ©gion, GLENGYLE, tente de ressusciter le whisky d’une ancienne distillerie du mĂȘme nom, et produira, vers 2014, les premiers single-malts d’ñge "convenable" sous le nom de KILKERRAN, mais a dĂ©jĂ  lancĂ©, dĂšs le printemps 2009, son premier single-malt. Plus de 5 versions diffĂ©rentes ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© commercialisĂ©es.

 

 

GLEN_SCOTIA_14_ans_2004_40

L'ancien 14 ans d'ùge de la distillerie GLEN SCOTIA, un malt d'une belle fraßcheur derriÚre l'austérité du packaging, chose qui ne semble jamais

avoir été le fort des propriétaires de la distillerie, à en juger leur dernier "forfait" avec le relookage complet de la gamme en 2013, qu'on n'ose

mĂȘme pasreproduire ici tellement c'est hideux ! (Photo: © GrĂ©goire Sarafian).

 

 

Les autres rĂ©gions, et Ăźles :

 

 

6 /Les Autres Ăźles -L’Archipel des Orcades : ORKNEY ISLANDS:

 

Cet archipel de 70 Ăźles, situĂ© au Nord-Est de l’Ecosse, juste en dessous des Ăźles Shetland sur la carte, est la zone de production de whisky d’Ecosse la plus septentrionale, c'est-Ă -dire la plus prĂšs du pĂŽle (Nord en l’occurrence), mais aussi la plus Ă©loignĂ©e de la capitale. C’est bien entendu ce qui permit permit aux distillateurs clandestins d’échapper pendant longtemps aux officiers des impĂŽts de la couronne britannique, les fameux « excise men Â», ce qui est colportĂ© par de nombreux rĂ©cits et lĂ©gendes. Les anecdotes savoureuses ne manquent pas Ă  ce sujet, les Ă©glises de l’üle principale n’ayant pas abritĂ© que des croyants, mais bel et bien des stocks de whisky illicites produits dans l’üle, sous couvert parfois de cĂ©rĂ©monies dĂ©plorant la perte de personnes dues Ă  une hypothĂ©tique Ă©pidĂ©mie de peste, destinĂ©es uniquement Ă  effrayer les inspecteurs !

AprĂšs de nombreuses invasions (les Vikings l’occupent dĂšs le 8 Ăšme siĂšcle, en tĂ©moigne le dessin d’un drakkar sur certains embouteillages de SCAPA, l’un des deux single-malts subsistant dans la rĂ©gion aujourd’hui) et occupations, notamment par le Danemark, l’archipel, riche d’une histoire de plus de 5000 ans, ne fut rattachĂ©e Ă  l’Ecosse que seulement depuis le XV Ăšme siĂšcle, en 1468, littĂ©ralement vendue par le roi du Danemark Ă  James II d’Ecosse. Cette Ăźle accueillait encore au XIX Ăšme siĂšcle jusqu’à 9 distilleries, mais il n’en subsistera plus que deux par la suite.

A noter, traditionnellement, l'on a coutume de rattacher cette distillerie Ă  la rĂ©gion des Highlands, mĂȘme si son histoire et son whisky sont bien diffĂ©rents...

 

 

Highland_Park_Orkney_Megalith

Une pierre levée ou mégalithe des ßles Orcades (Orkney Islands), symbole du passé ancien et partagé de cet archipel (Photo: © Hugh).

 

 

 

FondĂ©e en 1798 par David Robertson, HIGHLAND PARK, la distillerie la plus cĂ©lĂšbre de l’üle principale, ou « mainland Â», est aussi une des plus anciennes, et bĂ©nĂ©ficie des sources de la fontaine de Cattie Maggie, et bien entendu utilise largement la tourbe locale, abondante. Les actuels proprĂ©taires (depuis 1935), Highland Distillers, devenus partie intĂ©grante de The Edrington group, sont un conglomĂ©rat de distilleries de single-malt (comme par exemple The Glenrothes, The Macallan, ou Tamdhu). Ils produisent, entre autres, des blends aussi populaires que The Famous Grouse ou bien Ă©galement Cutty Sark. Ils sont Ă©galement partenaires de la fameuse et trĂšs ancienne maison de nĂ©goce Berry Bros & Rudd. Riche en tourbe et en bruyĂšre, Ă©levĂ© Ă  la fois en fĂ»ts de bourbon et en fĂ»ts de sherry (pour de nombreuses versions d’ailleurs il l’est majoritairement ou totalement), le HIGHLAND PARK est un des single-malts les plus complexes et les plus aboutis d’Ecosse, de l’avis gĂ©nĂ©ral, mais aussi un des plus abordables question prix : Son 18 ans d’ñge est probablement le meilleur 18 ans d’ñge disponible actuellement par rapport Ă  ses concurrrents (en tout cas l'ancienne version d'avant le relooking de 2007). Il entre aussi de maniĂšre dĂ©tectable et dĂ©lectable dans la composition du blend le plus populaire d’Ecosse, The FAMOUS GROUSE, mais aussi d’autres blends comme CUTTY SARK ou LONG JOHN. A noter, le single-malt HIGHLAND PARK est ainsi utilisĂ© pour 50 % de sa production Ă  destination d’assemblage pour des blended-whiskies.

L’üle principale, abrite Ă©galement des sites classĂ©s au patrimoine mondial de l’Unesco, comme de nombreux sites mĂ©galithiques, que ce soient les pierres levĂ©es de Maes Have, le cercle de mĂ©galithes dit « Ring of Brodgar Â» (mis en valeur sur le packaging du HIGHLAND PARK 18 ans jusqu’en 2006), et d’autres encore


 

 

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Quelques uns des embouteillages de HIGHLAND PARK de ces dix derniÚres années (Photo: © Grégoire Sarafian).

 

 

Une autre distillerie, un peu plus au Sud de l’üle, SCAPA, prĂšs de la cĂ©lĂšbre baie de Scapa ou « Scapa Flow Â», dans laquelle au cours de la premiĂšre guerre mondiale la flotte allemande, acculĂ©e, y aborda, puis, prise au piĂšge s’y saborda, non sans laisser nombre d’épaves qui tronent parfois encore Ă  la surface tels des vestiges d’un autre monde.

La distillerie, qui domine cette fameuse baie, fĂ»t crĂ©Ă©e en 1885 par J.T. Townsend, a connu de nombreuses fermetures et mises en sommeil, et sa production fut longtemps rĂ©servĂ©e aux blends, Ă  destination notamment de ceux produits par BALLANTINE’S, aujourd’hui encore d’ailleurs c’est encore le cas Ă  95 %. Auparavant disponible en France sous la forme d’un 12 ans d’ñge (jusqu’à la fin 2005 environ), lĂ©ger, boisĂ©,vanillĂ©, lĂ©gĂšrement marin, il est disponible aujourd’hui dans trĂšs peu de versions officielles, quelques unes Ă©ditions limitĂ©es ĂągĂ©es (dont un 25 ans d’ñge en brut de fĂ»t), bien entendu de nombreuses versions de nĂ©goce, et donc principalement en version officielle de 14 ans d’ñge depuis 2005.

 

 

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La distillerie SCAPA, souvent méconnue, mais dont le malt alimente avec bonheur nombre de blended-whiskies. (Photo:© Creative Commons).

 

 

A peine marin (surtout des notes de caramel au beurrĂ© salĂ©), le SCAPA 14 ans est marquĂ© par sa maturation rĂ©alisĂ©e essentiellement voire uniquement en fĂ»ts de Bourbon, lui donnant un boisĂ© particulier, des notes maltĂ©es et vanillĂ©es, et un caractĂšre onctueux qui en font un apĂ©ritif trĂšs apprĂ©ciĂ©. Il Ă©voque parfois mĂȘme davantage un bourbon lĂ©ger qu’un scotch. Le plus rĂ©cent 16 ans d'Ăąge, lui, est assez diffĂ©rent, davantage marquĂ© par les esters, le caramel, et les Ă©pices douces. La distillerie appartient depuis 2005 au groupe Pernod-Ricard. A base de malt non tourbĂ© et utilisant une source (fait rare) lointaine d’un kilomĂštre de la distillerie (l’eau est acheminĂ©e Ă  travers une sorte de « pipe-line Â» et ne provient pas des nombreuses sources avoisinantes, mais du sommet d’une colline baignĂ©e d’eau de pluie, et parsemĂ©e entre autres de bruyĂšre). Autre particularitĂ©, une roue gĂ©ante de moulin jouxte la distillerie, elle alimentait la distillerie, mais elle n’est plus utilisĂ©e de nos jours. A dĂ©faut, elle constitue nĂ©anmoins un bel Ă©lĂ©ment dĂ©coratif.

    

 

      7/ Les Autres Ăźles, les HĂ©brides  (intĂ©rieures) : JURA, ARRAN, MULL et SKYE:

 

L’üle de JURA (Distillerie ISLE OF JURA):

 

L’ile de JURA, avec ses nombreux cerfs et ses palmiers, son climat tempĂ©rĂ© (grĂące au Gulf Stream) et ses fameux pics montagneux jumeaux surnommĂ©s « The Paps of Jura Â», a tout de la destination touristique rĂȘvĂ©e, elle surprend par sa luxuriance, sa richesse, et 
l’anciennetĂ© de la production de ses whiskies. Certaines sources font Ă©tat du caractĂšre prĂ©curseur de la fondation de ses distilleries, peut ĂȘtre mĂȘme dĂšs le XVI Ăšme siĂšcle, voire mĂȘme que ISLE OF JURA  serait en rĂ©alitĂ© la plus ancienne distillerie d’Ecosse, de par l’influence qu’aurait eu la visite de moines en provenance d’Irlande et porteurs du secret de la distillation, ce aprĂšs avoir initiĂ© certains producteurs clandestins de l‘üle voisine d’Islay. Il est encore difficile de s’en assurer aujourd’hui, les archives manquent
. Au-delĂ  de cette hypothĂšse, il est Ă©tabli que l’unique distillerie actuelle de l’üle, ISLE OF JURA, anciennement une distillerie clandestine, mais dont le site de production (Ă  dĂ©faut des bĂątiments) daterait de 1810, a vu une licence ĂȘtre accordĂ©e Ă  William Abercrombie en 1831. Laird Archibald Cambpell (le nom de Fletcher est parfois mentionnĂ© en lieu et place) la dirige ensuite pendant 20 ans. La rĂ©putation du whisky d’alors Ă©tait d’ĂȘtre trĂšs tourbĂ©, dans l’esprit de ceux de l’üle d’Islay.

 

 

 

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Bord de mer sur l'ßle de Jura (Photo: © Hugh).

 

 

AprĂšs de nombreux changements et conflits divers, ainsi qu’une longue fermeture de 1914 Ă  1958, elle est entiĂšrement reconstruite par le cĂ©lĂšbre architecte des distilleries William DelmĂ© Evans, grĂące aux capitaux de la societĂ© Scottish & Newcastle Breweries. Le nombre de ses alambics est doublĂ© en 1978. La distillerie appartient aujourd’hui (peut ĂȘtre pour peu de temps car un groupe financier indien en aurait pris le contrĂŽle en 2007) au groupe Whyte & MacKay Ltd, et parmi les personnalitĂ©s hautes en couleur du whisky qui veillent Ă  la qualitĂ© de ses whiskies citons le maĂźtre-distillateur et assembleur Richard Patterson Ă  la cĂ©lĂšbre moustache, et Willie TAIT, un ambassadeur rĂȘvĂ© pour JURA tant ses explications en vidĂ©o des malts de la distillerie sont enjouĂ©es et donc communicatives. Par ailleurs, le single-malt ISLE OF JURA entre bien entendu dans la composition des blends nommĂ©s eux-mĂȘmes Whyte & MacKay. La caractĂ©ristique des single-malts ISLE OF JURA disons des quarante derniĂšres annĂ©es (si l’on excepte la rĂ©cente version « Heavily Peated Â», trĂšs tourbĂ©e) est d’ĂȘtre plutĂŽt sur des notes modĂ©rĂ©ment tourbĂ©es et Ă©troitement mĂȘlĂ©es Ă  des notes de miel de bruyĂšre, de torrĂ©faction (voire de cafĂ© sucrĂ©) et de fumĂ©e lĂ©gĂšre, bien sĂ»r en proportions variables suivant les versions, avec parfois des Ă©quilibres Ă©tonnants et assez populaires (je pense Ă  la version nommĂ©e «Superstition Â»). Son 40 ans d’ñge est comme une apothĂ©ose, un accomplissement de raffinement et de maĂźtrise du bois exceptionnelle, pour un single-malt qui vieillit visiblement trĂšs bien. La tradition a des beaux jours devant elle


Enfin, signalons que l’üle est avant tout cĂ©lĂšbre pour le monde littĂ©raire pour avoir Ă©tĂ© « le thĂ©Ăątre Â» de la rĂ©daction d’un cĂ©lĂšbre roman d’anticipation du XX Ăšme siĂšcle, « 1984 Â», Ă©crit en 1948 par George ORWELL. Une Ăźle qui inspire aujourd’hui bien plus de sĂ©rĂ©nitĂ©, par exemple  dans les jardins de JURA House
Slainthe to you, Richard !

 

L’üle d’ ARRAN (Distillerie ARRAN):

 

Cette Ăźle trĂšs fleurie et Ă  la faune abondante (phoques, cerfs, aigles royaux), cĂ©lĂšbre notamment par ses rosiers, n’abrite plus aujourd’hui qu’une seule distillerie (au lieu de 50 !) , une des plus rĂ©centes d’Ecosse, ARRAN,  fondĂ©e en 1995 sur le site de Lochranza par Harrold CURRIE, ancien directeur des blends de Chivas Regal, notamment, travaille au sein de sa nouvelle sociĂ©tĂ© ISLE OF ARRAN Distillers Ltd. C’est en 1998 que le premier whisky, un trois ans d’ñge, est commercialisĂ© sans filtrage Ă  froid ni coloration, un single-malt d’emblĂ©e diffĂ©rent Ă©galement car Ăźlien mais non tourbĂ© et Ă  peine pourvu de notes marines. ARRAN est en rĂ©alitĂ© plutĂŽt) dominante florale (lavande, violette) et fruitĂ© (raisin blanc), Ă©picĂ© et dĂ©licatement sucrĂ© (amandes). PlutĂŽt prĂ©coce, sa version sans prĂ©cision d’ñge, un 5 ans, suivie en 2006 par le premier 10 ans d’ñge de la distillerie montre dĂ©jĂ  les belles qualitĂ©s florales de ce malt qui aurait pu trĂšs bien naĂźtre dans la rĂ©gion du Speyside. La distillerie a prĂ©sentĂ© son premier 16 ans d'Ăąge en 2013, en plusieurs Ă©ditions dont deux limitĂ©es, single-cask (Sherry) et brut de fĂ»ts de premier ordre.

 

 

 

Lochranza_Arran_the_shore

Mais non il ne fait pas que pleuvoir en Ecosse, la preuve cette photo prise sur l'ßle d'ARRAN (Photo: © Hugh).

 

 

Afin de se faire connaĂźtre, au dĂ©but des annĂ©es 2000, la distillerie, ne disposant pas encore d’un whisky de l’ñge symbolique de 10 ans, et mĂȘme par la suite, va prendre le parti (contestĂ©) de multiplier les versions alternatives de son 5 ans d’ñge, en procĂ©dant par affinage systĂ©matique et Ă  degrĂ© non rĂ©duit, en fĂ»ts de vins de France, d’Italie et d’ailleurs, de vins doux naturels (comme le Marsala) mais aussi de spiritueux les plus divers (Calvados, Cognac, etc
), mais aussi de Champagne. Se reporter Ă  ce sujet aux comparaisons dans le chapitre des notes de dĂ©gustations. La rĂ©ussite est diverse, et l’initiative fait des Ă©mules parmi d’autres distilleries plus ĂągĂ©es, entraĂźnant un effet de mode, loin des premiĂšres expĂ©riences trĂšs contrĂŽlĂ©es du pionnier GLENMORANGIE. Il faut noter quelques belles rĂ©ussites cependant. Cette  distillerie, une des rares Ă  demeurer indĂ©pendante, est distribuĂ©e en France par La Maison du Whisky. Elle produit Ă©galement de blends comme le Robert BURNS, un hommage au cĂ©lĂšbre poĂšte Ă©cossais, et entre dans l’élaboration du LOCH RANZA. A noter, le maĂźtre-distillateur, Gordon Mitchell, chose rare, est irlandais !

 

L’üle de MULL  (Distillerie LEDAIG / TOBERMORY):

 

C’est une des plus grandes Ăźles de l’Ouest abritant une distillerie, la plus grande aprĂšs l’üle de Skye. TrĂšs proche gĂ©ographiquement du port de de la distillerie d’OBAN, l’üle qui possĂ©dait plusieurs distilleries au XIX Ăšme siĂšcle (un refrain connu, hĂ©las !) , n’abrite plus dĂ©sormais qu’une seule distillerie, au nord de l’üle, dans  le port de Tobermory, qui donne ainsi son nom Ă  certains des whiskies produits ici. FondĂ©e en 1795 par le marchand John Sinclair, elle ne fut au maximum de sa production qu’en 1823 et fut mise en sommeil de 1930 Ă  1972, ce qui est trĂšs long pour une distillerie. AprĂšs de multiples pĂ©ripĂ©ties, dont la remise en marche par LEDAIG Distillers Ltd, le nouveau single-malt produit par cette sociĂ©tĂ© portera le nom de LEDAIG, et sera plutĂŽt tourbĂ©, marin, ce qui n’empĂȘchera pas la mise ne sommeil de la distillerie quelque annĂ©es plus tard et jusqu’en 1989. C’est Ă  cette date que le groupe Burns Stewart Distillers rachĂšte la marque, et propose Ă  la fois un single-malt nommĂ© LEDAIG, plus ou moins tourbĂ©, et un autre sous le nom de TOBERMORY, non tourbĂ©, plus sucrĂ© (cafĂ©) et plus doux, entre agrumes et herbes.

 

 

 

Tobermory_Ledaig_Mull_Ph_CC

Le centre d'accueil de la distillerie TOBERMORY (ou LEDAIG) sur la trĂšs pittoresque Ăźle de Mull (Photo: Colin Kinnear, sous licence de Creative Commons).

 

Le 10 ans d’ñge est un bon malt d’introduction au whisky, il est facile d’accĂšs. Les LEDAIG eux, peuvent ĂȘtre trĂšs tourbĂ©s pour certaines versions ĂągĂ©es, plutĂŽt fumĂ©s (comme la derniĂšre version en date - produite Ă  partir de 2007), dans un Ă©quilibre remarquable entre notes fruitĂ©es, fumĂ©es et tourbĂ©es (voir l’ancien 7 ans d’ñge, d’une maturitĂ©, prĂ©coce), ou extrĂȘmement feutrĂ© et fin, Ă  peine tourbĂ© comme le millĂ©sime « 1983 Â», un 20 ans d’ñge, d’une bien subtile dĂ©licatesse. Certaines de ses bouteilles millĂ©simĂ©es « 1974 Â» sont trĂšs recherchĂ©s, et sont soit marquĂ©s par une tourbe sophistiquĂ©e, soit par une atypicitĂ© provenant d’un Ă©levage en fĂ»ts de sherry (courant notamment chez les indĂ©pendants). En dĂ©finitive, ce qui Ă©tonne c’est la fraĂźcheur indĂ©niable des jeunes versions, qui impressionnent par leur prĂ©cocitĂ© et leur qualitĂ© de tourbe, des single-malts qui n’ont rien Ă  envier Ă  leurs concurrents d’Islay.

 

L’üle de SKYE  (Distillerie TALISKER, nĂ©gociant PRABA NA LINNE):

 

La plus grande Ăźle d’Ecosse est aussi celle dont le relief est le plus accidentĂ©, une Ăźle coupĂ©e en son centre par les Monts Cuillin, avec un passĂ© volcanique et des conditions peu propices Ă  la fabrication et au transport du whisky (non seulement il faut faire venir l’orge, mais il a longtemps Ă©tĂ© mal aisĂ© de trouver un point d’accostage pour les bateaux chargĂ©s de transporter les fĂ»ts !). Cette Ăźle surnommĂ©e « L’üle aux brouillards Â» (nom gaĂ©lique de l’üle, abritait autrefois une dizaine de distilleries encore au XIX Ăšme siĂšcle, mais une seule Ă  survĂ©cu (et mĂȘme Ă  un incendie en 1960, toute la salle des alambics a d’ailleurs due ĂȘtre reconstruite), Ă  savoir la cĂ©lĂšbre TALISKER. C’est la distillerie situĂ©e la plus au Nord Ouest (on pourrait presque parler d’HĂ©brides extĂ©rieures) de l’Ecosse.

 

 

 

Majestueuse_Ile_de_Skye

La majestueuse et volcanique ßle de Skye, qui abrite la distillerie TALISKER... (Photo: © Hugh).

 

 

FondĂ©e en 1830 au bord du Loch Harport par Hugh et Kenneth Mac Askill, dans des circonstances peu glorieuses, par expulsion des cultivateurs locaux Ă  bail de leur terme, elle connut beaucoup de difficultĂ©s de gestion et de production jusqu’à son acquisition par la D.C.L. (Distillers Company Limited), en 1925, qui deviendra par la suite U.D.V. (United Distillers and Vintners), et plus rĂ©cemment Diageo, ou il figure en bonne place dans sa gamme « Classic Malts Â» depuis 1998. Il est intĂ©ressant de noter que jusqu’en 1928, ce single-malt Ă©tait distillĂ© trois fois.

Aujourd’hui la distillerie possĂšde un systĂšme de refroidissement et d’alambics de forme spĂ©ciale qui lui permet de pratiquer en quelque sorte une « double-premiĂšre distillation Â» qui,  selon elle, explique cette si grande finesse. Le 10 ans d’ñge, trĂšs rĂ©pandu, est le fleuron Ă©picĂ© et fruitĂ© (Ă  peine tourbĂ© et fumĂ©) des « Classic Malts Â», et un des rares single-malts disponibles en grande surface qui titre Ă  45,8 % d’alcool. Ses versions plus ĂągĂ©es, maintes fois primĂ©es, que ce soit le 18 ans rĂ©duit, les brut de fĂ»t de 20, 25 ans et plus, sont trĂšs prisĂ©es des connaisseurs, pour leur fraĂźcheur, leur fruitĂ© et une certaine minĂ©ralitĂ© qui, toutes proportions gardĂ©es Ă©voquent pour moi de grands vins d’Alsace
Certaines versions de nĂ©goce (ADELPHI, DOUGLAS LAING, SMWS, etc...) peuvent ĂȘtre rĂ©ellement splendides...

L'Ăźle abrite Ă©galement une maison de nĂ©goce, PRABA NA LINNE, qui commercialise des assemblages (surtout des blended-whiskies, mais aussi des blended-malts) comportant un certain pourcentage de distillat provenant de chez TALISKER, sous des noms exclusivement gaĂ©liques: Les plus cĂ©lĂšbres car distribuĂ©s en France (mĂȘme si uniquement via le rĂ©seau de cavistes opĂ©rant avec leur importateur/distributeur La Maison Dugas) sont les blends TE BHEAG (prononcer: "TCHE VEG") et MACNAMARA, et les blended-malts ISLE OF SKYE (lĂ©gĂšrement tourbĂ©) et POIT DHUBH (prononcez "POCH DU").


8 /  «  AVANT / APRES Â» , en bref
.

 

ou un mot sur les anciennes distilleries d’Ecosse du XX Ăšme siĂšcle fermĂ©es avant 1975, notamment sur les autres Ăźles privĂ©es de distilleries aujourd’hui, et sur les perspectives de crĂ©ation de distilleries, et distilleries trĂšs rĂ©centes :

 

-« AVANT Â» :

 

Autres Iles  ayant abritĂ© des distilleries :

 

L’üle de BUTE (Ă  proximitĂ© d’ARRAN)

L’üle de TIREE (à l’Ouest de l’üle de MULL)

 

Presqu’üle de CAMPBELTOWN:

 

 

 

Hazelburn_old_dist_stillhouse_barnard

La salle des alambics de l'ancienne distillerie HAZELBURN (1825-1925) telle que décrite par une gravure, entre autres médiums, dans le célÚbre ouvrage d'Alfred BARNARD (voir ci-dessous). Aujourd'hui c'est la distillerie SPRINGBANK qui fait revivre le nom de la distillerie.

 

 

VoilĂ  ci-dessous quelques unes des 37 distilleries de cette rĂ©gion ayant fermĂ© avant 1930, recensĂ©es entre autres par le grand Ă©crivain spĂ©cialiste du whisky au XIX Ăšme siĂšcle Alfred BARNARD, dans son cĂ©lĂšbre ouvrage de rĂ©fĂ©rence (encore rĂ©Ă©ditĂ© de nos jours !) "The Whisky Distilleries of the United-Kingdom" (1887) sachant que ce ce nombre a Ă©tĂ© plus Ă©lĂ©vĂ© auparavant. Merci Ă©galement Ă  Richard PATERSON qui a travaillĂ© dans sa jeunesse Ă  Campbeltown et traite du sujet dans son dernier livre « Goodness Nose Â» (2008). Je ne mentionnerais ici pour des raisons de place que celles qui subsistent encore ou ont fermĂ© aprĂšs 1900, sauf exception utile :

 

-ALBYN (1830-1927)

-ARDLUSSA (1879-1923)

-BENMORE (1868-1927)

-CAMPBELTOWN (1815-1924)

-DALINTOBER (1832-1925)

-GLENGYLE (1873-1925 / N’existe plus, mais a Ă©tĂ© reconstruite Ă  partir de l’annĂ©e 2000, est active et les premiers single-malts **sont disponibles depuis 2009 sous le nom de "KILKERRAN").

-GLEN NEVIS (1877-1923)

-GLEN SCOTIA (1832- toujours active)

-GLENSIDE (1830-1926)

-HAZELBURN (1825-1925 / N’existe plus mais « revit Â» comme autre single-malt de la distillerie SPRINGBANK, celui-ci distillĂ© trois fois et non tourbĂ©)

-KILKERRAN (1872-1925 / N’existe plus, mais « revit Â» comme nouveau single-malt de la nouvelle distillerie GLENGYLE **)

-KINLOCH (1823-1926)

-LOCHEAD ou LOCHEAD (1824-1928)

-LOCHRUAN (1835-1925)

-LONGROW (1824-1896 / N’existe plus mais « revit Â» comme autre single-malt de la distillerie SPRINGBANK, celui-ci distillĂ© deux fois et tourbĂ©)

-RIECLACHAN (1825-1934)

-SPRINGBANK (1828- toujours active)

-SPRINGSIDE (1830-1926)

 

 

-« APRES, voire trĂšs bientĂŽt »:

 

Ile d’ISLAY :

-La Distillerie GARTBRECK du serait en projet sur l'ïle, via le distillateur français Jean Donnay (de GLANN AR MOR en Bretagne), non loin de la distillerie BOWMORE, prÚs d'un lieu nommé Gartbreck Farm. A confirmer ! Cela en ferait théoriquement la 9 Úme distillerie de l'ßle (si l'on compte PORT CHARLOTTE à part de BRUICHLADDICH).

 

Iles SHETLANDS :

-La distillerie BLACKWOOD est situĂ©e Ă  Catfirth, sur le site d’une ancienne base aĂ©rienne de la Royal Air Force, au sud de l’üle principale. A 60 degrĂ©s de latitude nord, elle est dĂ©sormais la plus septentrionale d’Ecosse, dĂ©tronant la « tenante du titre Â» jusqu’ici, Ă  savoir HIGHLAND PARK, sur les Ăźles Orcades. Les conditions climatiques (qui profitent d’un mini-effet Gulfstream) ont convaincu les propriĂ©taires de choisir ce lieu, sans compter par ailleurs l’apport d’une source d’eau naturelle d’une grande puretĂ© Ă  proximitĂ©, et de tourbe locale datant de l’ñge de bronze, Ă  en croire le site internet de la distillerie. NĂ©anmoins, le maltage et l’origine de l’orge seront « continentales Â» (traduire proviendront de l’üle principale, vers Glasgow). Une petite partie de l’orge sera locale, dĂ©nommĂ©e « Bere Barley Â», c'est-Ă -dire d’une variĂ©tĂ© d’orge trĂšs ancienne, introduite par les Vikings dans le Nord de l’Ecosse. La destination de la distillerie est de produire des single-malts « classique Â»( vieillis dans des fĂ»ts de Bourbon), comme des finitions (Sherry, MadĂšre, Porto, etc
), mais aussi de proposer des versions tourbĂ©es, dit on modĂ©rĂ©ment. Elle devait opĂ©rationnelle depuis fin 2006, mais pour raisons financiĂšres, sa mise en production est retardĂ©e en 2009. Le projet est fortement compromis.

 

Ile de SKYE :

-La distillerie LADYBANK a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 2006 par les membres d’un club privĂ©, dans le comtĂ© de Fife, Ă  mi-chemin entre St ANDREWS (cĂ©lĂšbre pour son golf) et la capitale EDINBURGH, dans la rĂ©gion mĂȘme ou l’on a Ă©tabli la premiĂšre vente d’orge (« a frĂšre Corr, Huit balles de malt pour faire de l’uisge beatha Â») destinĂ©e Ă  la production de whisky, en 1494. Elle annonce sur son site internet le caractĂšre qu’elle souhaite le plus limitĂ© en quantitĂ© et confidentiel de sa production de whisky, qui Ă©quivaudra Ă  la production d’environ maximum 200 fĂ»ts par an. Il y a encore pas mal d’incertitudes quant Ă  la pĂ©rennitĂ© de ce projet.

 

Ile de LEWIS :

Un projet semble bel et bien en passe d’ĂȘtre rĂ©alisĂ© sur cette Ăźle, Ă  Carnish (c’est l’üle la plus au nord ouest de l’Ecosse, et une des plus grandes). La distillerie ABHAINN DEARG (« RiviĂšre rouge Â», en gaĂ©lique) est donc opĂ©rationnelle depuis 2008, avec une capacitĂ© de prĂšs de 20000 litres. Le premier single-malt, nommĂ© « The Spirit of Lewis Â» a dĂ©ja Ă©tĂ© commercialisĂ© en 2011. D'autres mises en bouteille ont suivi depuis, et les premiĂšres bouteilles du "new spirit" se vendent dĂ©jĂ  Ă  prix Ă©levĂ©.

 

 

 

 

Abhainn_Dearg_chais

Aperçu des chais de la nouvelle distillerie ABHAINN DEARG, sur l'ßle de LEWIS (Photo: © Abhainn Dearg distillery).

 

 

 

 

Ile de BARRA :

Un projet menĂ© par Peter Brown, en hommage Ă  l’échouage du navire le S.S. Politician en 1941 (le film « Whisky Galore Â» ayant Ă©tĂ© tournĂ© sur une Ăźle non loin de lĂ ), est normalement en train d’ĂȘtre rĂ©alisĂ© Ă  l’heure ou ces lignes sont Ă©crites, avec en prĂ©vision une production qui dĂ©buterait en 2011 et les premiĂšres ventes de single-malts en 2014. Il semble que les premiers fĂ»ts se sont dĂ©jĂ  vendus Ă  prĂšs de 1000 livres chacun Ă  des amateurs du monde entier,

 

 

RĂ©gion de CAMPBELTOWN :

-La distillerie GLENGYLE est gĂ©rĂ©e (depuis les premiĂšres Ă©tapes du projet en 2000, jusqu’à sa concrĂ©tisation en 2004 au dĂ©but de la production) par la famille J & A MITCHELL, Ă©galement propriĂ©taire de la distillerie voisine SPRINGBANK. Reconstruite Ă  partir d’élĂ©ments provenant notamment de l’ancienne distillerie BEN WYVIS (pour ses alambics).Les premiers single-malts, du nom de KILKERRAN, une ancienne distillerie (1872-1925) Ă©taient initialement prĂ©vus pour le printemps 2007, mais il semble qu’il y ait eu soit un retard, soit qu’apparemment la distillerie souhaite plutĂŽt attendre pour produire un 10 ans d’ñge (peut ĂȘtre prĂȘt pour l’annĂ©e 2010 ? ). Des prĂ©-ventes en ligne de plus de 700  bouteilles, non filtrĂ©es Ă  froid et titrant 46 % , vieillis dans diffĂ©rents types de fĂ»ts sont annoncĂ©es sur le site internet de la distillerie. Attention, il ne faut pas confondre avec le vatted-malt GLENGYLE (le nom n’était pas disponible pour crĂ©er un nouveau single-malt).

 

RĂ©gion des HIGHLANDS / SPEYSIDE :

- Une nouvelle distillerie du groupe MH-DIAGEO est nĂ©e, elle se nomme ROSEISLE et est situĂ©e prĂšs de la ville d’Elgin, dans le Speyside, Ă  Roseisle, prĂ©cisĂ©ment.Sa production sera essentiellement destinĂ©e aux nouveaux pays Ă©mergents que sont la Chine, La Russie, l’Inde ou le BrĂ©sil. Ces pays sont de nouveaux pays importateurs de whisky, en quelque sorte, car la demande est autrement plus importante qu’auparavant (jusqu’à 85 % d’augmentation pour les deux pays les plus demandeurs, la Chine et l’Inde). La distillerie, qui produit depuis 2009, utilisera les malteries locales dĂ©jĂ  existantes, polluera moins que les anciennes distilleries, et dispose de 14 alambics, pour production prĂ©vue de 10 millions de litres, aussi importante que celle de Glenfiddich


- Une nouvelle distillerie doit naĂźtre Ă  l’initiative du nĂ©gociant DUNCAN TAYLOR, vers Huntly, un projet lancĂ© en 2007, mais pas elle n’est pas encore construite, et ne possĂšde pas encore de nom. La tendance des nĂ©gociants Ă  racheter ou se faire construire une distillerie, pour limiter les sources d’approvisionnement des whiskies au maximum, risque d’augmenter Ă  l’avenir, Ă©tant donnĂ© la crise gĂ©nĂ©rale, y compris celle concernant les cĂ©rĂ©ales. Il semble aux derniĂšres nouvelles que ce projet soit retardĂ© (Ă  suivre).

 

A noter : Bien qu’il ne s’agisse pas d’une nouvelle distillerie, KININVIE (existant depuis 1990), distillerie de la ville de Dufftown, qui appartient Ă  William Grant & sons, et alimente ses blended whiskies (ainsi que le blended malt « Monkey Shoulder Â»), a acceptĂ© de commercialiser de maniĂšre limitĂ©e et « protĂ©gĂ©e Â» (le single-malt est coupĂ© avec une faible proportion de The Balvenie), en lançant en 2006 un whisky nommĂ© « HAZELWOOD Reserve Â», en 15 ans d’ñge, puis un 17 ans d’ñge en 2008.

 

RĂ©gion des LOWLANDS :

- La micro-distillerie DAFTMILL, appartenant Ă  la famille Cuthbert, a dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  produire : SituĂ©e Ă  Cupar, dans le comtĂ© de Fife, elle a obtenu sa licence dĂšs 2003, mais bien entendu doit attendre la pĂ©riode rĂ©glementaire des 3 ans de maturation pour proposer ses whiskies Ă  la vente en tant que tels. Elle annonce d’ores et dĂ©jĂ  que l’orge utilisĂ©e sera locale, et qu’il en va de mĂȘme pour l’approvisionnement en eau (source Daftmill Spring), situĂ©e prĂšs de la ferme DAFTMILL, qui reste une exploitation agricole. D’une capacitĂ© de 65000 litres,  elle avait la possibilitĂ© de rendre disponible une premiĂšre mise en bouteille en 2009, mais prĂ©fĂšre attendre encore.

 

- Le groupe William Grant & sons, lui, a fondĂ© en 2007 la distillerie d’AILSA BAY, prĂšs de Girvan, sur la cĂŽtĂ© ouest. La localisation choisie, prĂšs des distilleries de grain d’Ecosse, donne une idĂ©e de sa destination principale, alimenter la production de blended whiskies, et ce Ă  grande Ă©chelle. La production est prĂ©vue pour atteindre les 6 millions de litres. Trois types de single-malts doivent y ĂȘtre produits, un lĂ©ger, un plus lourd et une version tourbĂ©e.

 

-Une autre nouvelle distillerie, KINGSBARNS (de la Kingsbarns Company of Distillers Ltd), est en construction dans une ancienne exploitation agricole situĂ©e prĂšs de St Andrews, dans le comtĂ© de Fife, elle devrait ĂȘtre opĂ©rationnelle en 2011 et produira 90 000 litres. C’est un groupe d’hommes d’affaires menĂ© par Doug Clement & Greg Ramsay qui dirige ce projet, avec l’assistance de Bill Lark, directeur de la Lark Distillery en Tasmanie en Australie, comme consultant. Le site est la propriĂ©tĂ© de la famille de Sir Peter Erskine, autre membre du projet, depuis 1688. Les deux alambics sont fabriquĂ©s en Australie, et le style de whisky recherchĂ© est celui des Lowlands, mais le mode de maturation utilisera pleinement les fĂ»ts de type Quarter Cask (comme ceux de la Lark Distillery pour obtenir un single-malt qui serait prĂšs Ă  5 ans d’ñge. Depuis 2013 nous savons que le nĂ©gociant Ă©cossais Wemyss va enfin permettre ce projet de se rĂ©aliser.

 

 

 

 

 

 

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