Express Notes No 2 (Part 1/3)

 

EXPRESS NOTES : No 2 : « US WHISKEYS, Part 1/3 » (Lettres B à J)

(Bourbon, Tennessee & Rye)

 

Sujet: 15/06/2014; Dernière mise à jour: 26/06/14

 

US WHISKEYS/Whiskeys des Etats-Unis:

 

 

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L'auteur au Mohonk Mountain Park, Lake Mohonk, New Paltz, côte Est des U.S.A., 2002

(Photo © Grégoire Sarafian-désolé pour la qualité, prise avec un jetable!)

 

Cette série sur les U.S.A. est dédiée à la mémoire d'un ami, George Bobby Jones, né en 1943 à Louisville, Kentucky et décédé à Nyack, N.Y., en 2011, avec qui j’ai pu partager de bons moments en parlant d'art et de whisk(e)y, entre autres choses, et grâce à qui j’ai pu exposer là-bas, l’assister parfois sur place en tant qu'artiste-invité dans ses cours sur l’art (il était plasticien, moi aussi, mais il était également enseignant) et visiter en 2002 cette magnifique vallée de la rivière Hudson. Je n’oublierais pas.

This series of reviews is dedicated to the memory of a friend of mine, George Bobby Jones (painter & sculptor as well), who was born in Louisville, Kentucky, in 1943 & died in Nyack, N.Y.S., 2011. R.I.P. We enjoyed together occasionally a dram or two (Maker’s Mark was our fav.), exhibited together (I’m also a painter) in 2002, did some Art class with him as well, (as guest artist) & visited the wonderful Hudson Valley. I won’t forget.

Pour en savoir plus sur lui, voir le lien ci-dessous (to learn more about him, please click below) :

G.B. Jones

 

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Avec George Bobby Jones, en pause à Newburgh, sur la route vers le Nord-Est, Vallée de l'Hudson, automne 2002

(Photo © Grégoire Sarafian-désolé pour la qualité, prise avec un jetable!)

 
 Je vous propose, pour ce nouveau numéro, au prétexte de l’actualité historique (le 70 ème anniversaire du débarquement des troupes alliées en Normandie-qui comportait de nombreux américains, ma façon de les saluer ici), une première sélection de whiskeys des Etats-Unis, divisée en deux parties, et cette fois en partant des genres traditionnels (Bourbon, Rye, Tennessee). Une manière aussi de rattraper un peu le retard pris à traiter des whiskeys de ce pays. A ce titre, exceptionnellement, les notices seront publiées dans leur intégralité en français, avec en plus un résumé en anglais. Une autre sélection traitera plus tard en partie d’autres types de whiskeys,  comme par exemple de single-malts, parfois même tourbés !

 

For this second number of « Express Notes » (short reviews of whisk-e-ys with each time a special theme), I changed the program to pay tribute to our american friends because of 70 th Anniversary of the landing of the Allied troups in Normandy during W.W.II, but also because I’ve been late to speak about american whiskeys & distilleries & reviewed none of them except some mentions & awards in my 2013 Awards pages. Apologies again for that. Anyway, this first special number about US Whiskeys (in two parts) is mostly about Bourbon, and then about Tennessee & Rye whiskeys, but the next one (I mean the third one), later on, will speak about US single-malts as well, even about one which is peated ! French tasting notes will be fully published this time, but English language readers will have an idea of them with a short (or a bit longer than usual?) summary. Hoping they will like it.

 

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1/Pour commencer ce survol, à tout seigneur tout honneur, peut être la plus belle distillerie nord-américaine (que les autres me pardonnent), et une des 20 ou 30 meilleures distilleries au monde (il n’y a pas que moi qui le dit), j’ai nommé BUFFALO TRACE (née sous le nom d’« ANCIENT AGE » vers 1930), importante distillerie du Kentucky localisée à Frankfort, commercialisant de nombreuses marques (dont GEORGE T. STAGG, OLD CHARTER, ROCK HILLS FARMS, ou encore les RYE nommés THOMAS H. HANDY & SAZERAC, mais aussi, moins connu, en partenariat, la production et distribution des rares Bourbons et Rye PAPPY VAN WINKLE (voir plus loin pour ces derniers). Ici la marque BLANTON’S et sa célèbre carafe et son bouchon surmonté d’une figure de cavalier changeant de position suivant les versions. Par ailleurs une des marques qui ont concouru à convaincre des inconditionnels des whiskies écossais que l’on pouvait aussi avoir de la complexité et beaucoup d’intensité aromatique avec un brut de fût venant d’ailleurs (avec les versions « Straight from the Barrel »):

 

-BLANTON’S, « GOLD EDITION », SINGLE-BARREL (N°376, Rack N°55-Bottled 04/12/12), 70 cl, (livrée rouge et or), Edition limitée pour la MdW, 51,5 %(KENTUCKY STRAIGHT BOURBON WHISKEY):

Couleur: Ambrée, à reflets cuivrés, voire acajou. Nez: A la fois incroyablement gourmand et complexe. Bois précieux, bois d’érable, maïs, solvant/vernis à ongles, fleurs capiteuses, fruits rouges, quantités de fruits frais, cuits & secs. Bouche: A l’ouverture de la bouteille, c’est un vrai festival de saveurs (reprenant celles du nez, avec en plus des notes de noix nobles, la pêche, l’abricot et la prune en avant) débordant du verre. Magnifique, subtile, complexe, très élégante, elle est étonnamment fine pour ce titrage. Au fil du temps le profil se durcit un peu (devient plus épicé et plus sec), vers quelque chose de moins spectaculaire mais toujours aussi gourmand et parfumé. Epices « américaines » (girofle, muscade, cannelle) et poivre 5 baies, mais tenues par le profil fruité et floral. Tenue à la dilution: Devient littéralement aérien avec un peu d’eau, mais attention à ne pas trop diluer. Seigle, érable, dattes, caramel naturel, fruits rouges, fruits secs variés, épices, et une texture presque comme du velours…Conclusion: Un Bourbon très gourmand, intense et plutôt complexe (avec même des notes de fruits rouges), qui lorgne vers les vieux Single-grains écossais élevés en fûts de Sherry (ou le contraire !). Pour moi un des tous meilleurs Bourbons jamais dégustés à ce jour, avec certains des premiers batches du WOODFORD RESERVE « Distiller’s Select », dans un genre certes différent. Excellent rapport qualité/titrage/prix également. Prix : Entre 49 et 65 €, MdW et autres lieux/Note confirmée (confirmed score) = 94,5/100

Versions également conseillées (other recommended expressions): La version régulière à 46,5 %, (étiquette crème), plus douce, et la version brut de fût « Straight from the Barrel » (étiquette blanche et sable), à titrage variable (mais le plus souvent entre 64 et 67 %) ; dilution fortement recommandée pour cette version.

 

I consider BUFFALO TRACE (& so as for several BLANTON’S expressions) as one of the best distilleries in the world (let’s even say one of the 20 or 30 best distilleries in my opinion). That said, I also consider this expression as one of the best Bourbons ever conceived, for its ratio between quality of wood/generosity of the aromatic profile/optimal ABV/price…In other words, it is as wide as the best scottish single-grains whiskies matured in Sherry casks, and very complex (on rye, pepper, peach, apricot, plum, red fruit, pecan nut, dates & other dried fruits, cinnamon, nutmeg, clove), very satisfying. It is fruity, perfectly balanced, it is refined, it is sweet as silk with a dash of water…

 

 

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2/ ELIJAH CRAIG (du nom d’un révérend né en 1743 et mort en 1808) est une des marques de la distillerie HEAVEN HILL fondée en 1890 et située à Louisville, dans l’état du Kentucky. Considéré comme un pionnier pour avoir, selon la légende, été le premier à avoir utilisé des fûts profondément brûlés pour contenir du whiskey, ELIJAH CRAIG se devait d’avoir sa marque. Cette entreprise familiale produit de nombreux whiskeys dont par exemple les marques EVAN WILLIAMS, BERNHEIM, PARKER’S, ou encore les RYE suivants : PIKESVILLE, RITTENHOUSE, mais aussi la seule marque de CORN Whisley, MELLOW CORN.

-ELIJAH CRAIG 12 ans « BARREL PROOF », distillerie HEAVEN HILL, Edition limitée pour la MdW (2013), Natural Cask Strength, 68,5 %,(KENTUCKY STRAIGHT BOURBON WHISKEY):

Couleur : Ambrée, à reflets rougeâtres. Nez : Proprement incroyablement parfumé. Boisé de la manière la plus forte et complexe qui soit (bois de rose, bois d’érable, bois de chêne, bois de santal), épicée (gingembre, poivre 4 bois, piment d’Espelette), avec une note de cire et de cuir, elle évoque aussi une corbeille de fruits mûrs. Bouche : Extrêmement puissante et exceptionnellement gourmande, elle est comme une tornade de saveurs dont on se remet difficilement, dans le bon sens du terme et moyennant un peu d’eau, s’entend ! Ce « Bourbon-Monster » est expressif comme pas deux. Le boisé est puissant, reprenant la complexité du nez, tout comme le fruité et les épices de grande complexité. Il faudrait l’étudier sur la durée, or je n’ai pu le déguster qu’une seule fois pour le moment. Demande tout de même un peu d’eau pour pouvoir l’appréhender correctement, sinon difficilement soutenable. Tenue à la dilution : Excellente, et incroyablement efficace. C’est une véritable explosion de saveurs, quasi-indescriptible…à ce moment là de la dégustation je doute même qu’un single-malt écossais puisse rivaliser avec une telle débauche de saveurs ! Wow ! Conclusion : Un chef d’œuvre en matière de Bourbon…avec certains autres bruts de fût par exemple de chez Buffalo Trace (je pense à des Blanton’s « Straight from the Barrel » en particulier) certainement un des plus grands Bourbons et au-delà un des plus grands whiskies jamais dégustés, tout pays confondus. J’ai eu du mal à me raisonner question notation chiffrée, qui au départ était encore supérieure ! Un grand merci à C. pour cette dégustation exceptionnelle. /Prix env. 85 € à sa sortie/Exclusivité MdW (épuisé, probable ?)- Note sous réserve (score under reserve)= 97,5/100

Version également conseillée (other recommended expression): La version régulière de 12 ans d’âge à 47 %, plus douce.

 

I kind of like the regular (reduced) 12 y.o. expression, but don’t find it stellar. But when I came across to this expression, during a special friendly tasting this year, I was amazed & very excited about this one. I tell you, one can barely imagine how good & powerfully aromatic it is. There is such an oopmh in this one that few Bourbons only can beat it (except maybe some BLANTON’S « Straight from the Barrel » ones ?). The wood maturation control is insane. Alcohol is so high you would think you won’t be able to drink it neat (and of course it is more interesting & bearable with some water, so please be careful !) but, as the wood influence, they don’t overpower the distillate as you could think ! This « Bourbon-Monster » is simply one of the two best Bourbons ever tasted, the other one (PAPPY VAN WINKLE 23 y.o.) being more on the refinement & perfect long ageing side, so completely different.

 

 

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(Photo de la version à 50 %)

 

 

3/ La distillerie FOUR ROSES située à Lawrenceburg dans le Kentucky a une jolie histoire associée à son nom. En effet, son fondateur (en 1888-mais les bâtiments actuels datant de 1910), Paul Jones Jr, l’aurait baptisée ainsi en hommage à sa future femme, lui ayant donné son accord, d’après la légende, en arborant un corsage brodé de 4 roses rouges. Parmi les autres marques associées à son nom, citons le « BULLEIT Bourbon » ou le « I.W. HARPER ». La marque « FOUR ROSES » comporte bien sûr une version d’entrée de gamme simplement nommée « BOURBON », à 40 %, et d'autres éditions limitées sur lesquelles nous reviendrons (notamment sur la "SMALL BATCH ").

-FOUR ROSES « SINGLE-BARREL », sans précision d’âge (la distillerie parle de minimum 7 ans), Edition de 2009, (Barrel N° 10-24-00I, Bottled 04/09/08), 43 % (KENTUCKY STRAIGHT BOURBON WHISKEY):

Couleur: Cuivrée, à reflets cuivrés rougeâtres. Nez: Suave, très parfumé, épicé (épices dont girofle, cannelle), boisé, vanillé, avec une note d’érable (légèrement différente de celles de chez JACK DANIELS), c’est un nez complexe et très expressif, notamment dans ses notes fruitées (fruits exotiques, dont banane, papaye ; abricot, miel, coing). Comme une note de seigle également. Exubérant et encourageant ! Bouche: Tout aussi complexe, généreuse, et reprenant les notes du nez. Elle débute par une onctueuse attaque fruitée, se poursuit ensuite par une présence d’épices plus ou moins puissantes (poivre noir, cannelle, girofle, piment doux). Elle redevient plus ronde en finale, sur un doux velouté fruité et boisé, impressionnant de sérénité. Mais après plusieurs dégustations elle peut s’avérer plus épicée, plus sèche et plus agressive. Tenue à la dilution: Excellente, elle apporte une belle ampleur et laisse au whiskey une belle consistance, entre gelée de fruit et marmelade. Les notes fruitées sont exacerbées de manière épatante, et les notes boisées remisées à l’arrière-plan. Attention, de la glace pourrait diminuer ou tuer cette belle complexité. Conclusion: Impressionnante, cette version bat en brèche les préjugés de certains (dont votre serviteur, eh oui !) sur cette distillerie. Bien plus subtil que la version d’entrée de gamme que tout le monde connaît. Une complexité de haut de gamme, et oserais-je, l’exubérance d’un Pure Pot Still irlandais…Superbe !   Prix: Environ 30-35 € en G.M.S. (grandes et moyennes surfaces, attention version en voie de disparition)/ Note confirmée (confirmed score) = 93,5/100

 

-FOUR ROSES « SINGLE-BARREL » (Chai N°C5, fût 34-IP), sans précision d’âge (env. 7 ans), Edition 2010 (bouteille presque rectangulaire), 50 % (KENTUCKY STRAIGHT BOURBON):

Couleur: Cuivrée, à reflets cuivrés rougeâtres. Nez: Très gourmand et plutôt exubérant. Des épices (girofle, cannelle, gingembre, poivre noir, voire piment d’Espelette), des notes boisées (chêne brûlé, eucalyptus, érable) et un fruité important (fruits rouges, fruits jaunes), notes de seigle, bref, assez riche. Bouche: Débute dans la douceur (plus qu’escompté étant donné les 50 %), sur le fruité, de manière très concentrée, puis se développe sur des notes plus épicées mais aussi des notes végétales (tabac, cuir). Le boisé se fait alors plus serré (tanins fermes). La finale est consacrée à décliner toute la palette épicée de bourbon (cannelle, girofle, muscade, poivre noir, poivre 5 baies, piment d’Espelette), puis le bois d’érable (et une pointe d’eucalyptus) vient souligner le tout. Au cours des dégustations suivantes, le profil général s’est considérablement radouci grâce aux aérations successives. Tenue à la dilution: Le profil de ce Bourbon devient dès lors plus classique, avec comme une note de « solvant moderne », ni acétone, ni vernis mais un peu des deux. L’eau ravive aussi les épices. Conclusion: Un excellent FOUR ROSES, peut être juste un rien moins onctueux et harmonieux que l’ancienne version à 43 %. Ces single-barrels demeurent parmi les meilleurs bourbons sur le marché. Prix: 30 à 38 €, G.M.S./ Note confirmée (confirmed score)= 90/100

Version également conseillée (other recommended expressions) : La version régulière sans compte d’âge (notamment pour les cocktails), et l’excellente récente version nommée « Small Batch », à 45 %, d’une incroyable suavité.

FOUR ROSES can really deliver beautiful whiskeys. Either on earlier versions of the « SINGLE-BARREL » expression (such the first one reviewed here) or the latest. There are fruity, woody, spicy, with a good balance, and the most recent one called « SMALL BATCH », highly recommanded, could be simply the sexiest Bourbon ever, because of its silkyness & satisfying mouthfeel, with a generously fruit & delicately woody combo. The regular expression has also been much improved over the years.

 

 

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5/-HUDSON « BABY BOURBON ». La société TUTHILLTOWN SPIRITS qui produit notamment divers types de whiskeys sous la marque HUDSON est une distillerie située, fait rare, à Gardiner, dans l’Etat de New York, dans la vallée de l’Hudson, célèbre pour ses magnifiques paysages de montagnes & de forêts ainsi que de charmants villages au bord du fleuve HUDSON, au dessus de Newburgh sur la carte. Lorsque Brian Lee & Ralph Erenzo rachètent un terrain agrémenté d’un vieux moulin, en 2001 (la société sera créée en 2003), ils sont les premiers à chercher à établir la première distillerie officielle depuis la Prohibition (1919-1933), soit depuis presque 70 ans…Il s’agit là d’une micro-distillerie (le seul alambic a une contenance de 400 litres) destinée à fabriquer tant des Bourbons, des Rye whiskeys que des Corn whiskeys, des eaux-de-vie de fruits, de la vodka ou encore plus récemment des « Barrel aged cocktails ». A leurs débuts, ils défrayent la chronique en proposant des distillats qui normalement ne devraient pas pouvoir être considérés comme « Bourbons » car ils étaient âgés de 4 mois au lieu de 24 mois minimum. Ceux-ci, s’avéreront, pour partie du moins, déjà assez mûrs pour être commercialisés. Les produits de cette distillerie, fait rare également, sont uniquement vendus dans des contenants de 35 cl seulement.

 

-HUDSON, « BABY BOURBON », sans précision d’âge (4 mois), SINGLE-BOURBON WHISKEY (100 % New York corn), small American oak barrels, TUTHILLTOWN Spirits, 46 % (NEW YORK STATE BOURBON WHISKEY):

Couleur : Ambré, à reflets cuivrés. Nez : « Huileux », très fin, modérément boisé, fruité, étonnant pour un whiskey aussi jeune. Bouche : Très beau fruité, très fin et d’une gourmandise et d’une longueur indéniable. Le boisé est intense (bois précieux, cèdre), mordant, profond, et cependant « viable », il est accompagné de notes de noix nobles, d’épices (muscade, girofle, cannelle) superbement intégrées. Diffère des bourbons classiques par son profil général. Tenue à la dilution : Moyenne, et à modérer, car l’eau à tendance à durcir ses notes boisées (cèdre, chêne fraichement scié). Conclusion : Un excellent très jeune whiskey (enfin, presque, à l’époque), bien prometteur ! A suivre. Note confirmée (confirmed score) = 91/100

Version également conseillée, entre autres (other recommended expression, between others): La version « seigle » nommée « Manhattan Rye », régulière sans compte d’âge (par ailleurs excellente en cocktails) à 46 %, à forte personnalité.

 

This were amazing news when I heard that a new american distillery was going to open in New York State, in the Hudson Valley, where I had the chance to be, thanks to my friend painter & teacher George Bobby Jones (always mentioning a whiskey called « Yellowstone » he loved), visit & then paint & praise. We visited a place called Mohonk Mountain House, Lake Mohonk, in New Paltz, a bit further North after Newburgh, and it was so remote, wild & beautiful as...the idea of the end of the world, but I think I was not far from where the Tuthilltown Spirits built its boutique distillery. So this was for me very special then to taste their productions. Anyway I love what they do, and wish them a big success. They are distributed in France by La Maison du Whisky and the distillate (I say « distillate » because during their debut the distillery use to bottle four months old distillate, but it was not legally Bourbon whisk-e-y as it has to be matured at least 2 years before bottling, right ? So they cleverly avoided the question saying clearly it was not a Bourbon-yet, but a « Baby bourbon »). The whiskey is sold in nice but expensive 35 cl only bottles (the main default, probably?).

 

 

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6/ Sans doute la plus célèbre distillerie américaine au monde, JACK DANIEL’S, doit son succès à une singulière histoire (selon la légende, bien entendu-il y a beaucoup de légendes dans le whisky de tous les pays, pas forcément toutes vraies, mais jouons le jeu ici aussi !). En effet, son fondateur, Jasper « Jack » Newton Daniel, né en 1846, découvrit dit-on le whisk(e)y via un problème familial l’ayant contraint à aller vivre chez un de ses voisins, ce à l’âge de…6 ans ! Au fil de ses différents changements de domicile, il se retrouve chez un pasteur luthérien, Dan Call, propriétaire d’une distillerie. Et c’est ainsi que grâce à un esclave du propriétaire qu’il apprit l’art de la distillation, mais la religion étant très puissante, et déjà défavorable à cette époque au whisk(e)y, le petit Jack doit attendre pour aller plus loin, ce qu’il fait en 1860 lorsqu’il reprend la société de Dan Call. La distillerie JACK DANIEL’S ne sera officiellement créée qu’en 1886 et parfois considérée comme la plus ancienne des Etats-Unis, en tout cas la plus ancienne à être déclarée. C’est ainsi que commence l’histoire de JACK DANIEL’S, dont nous reparlerons plus tard…Trois choses sont enfin importantes à savoir à son sujet, d’abord qu’elle est située à Lynchburg, dans le comté de Moore, ou, oui, vous lisez bien, encore aujourd’hui, l’alcool est encore interdit de consommation. Aussi la visite de la distillerie est assez particulière…pas question d’en ramener une quelconque bouteille ou mignonnette.

Ensuite, que JACK DANIEL’S est un Tennessee Whiskey, utilisant le procédé dit du « Lincoln County Process » (techniquement parlant du « Charcoal mellowing » -ou adoucissement par utilisation de charbon de bois), qui préconise de filtrer le distillat avant la mise en fûts à travers une couche de 3 mètres de charbon de bois d’érable. Ce procédé est aussi utilisé par l’autre distillerie du Tennessee, GEORGE DICKEL (propriété du groupe Diageo), mais les deux distilleries sont en procès à l’heure actuelle, la première disputant à la deuxième le droit de l’appellation « Tennessee Whiskey » au prétexte du particularisme de son procédé de filtrage tel qu’il a été redéfini comme bien spécifique en 2013 par la justice américaine. D’énormes sommes sont en jeu, la distillerie GEORGE DICKEL étant loin d’avoir le même succès que JACK DANIEL’S (130 000 caisses vendues en 2013 pour le premier, c’est très loin de la production de la JACK DANIEL’S, qui en produit, elle, près de 11 millions par an, à partir de…74 chais !). Enfin, la distillerie appartient au groupe Brown-Forman propriétaire également d’autres distilleries du Kentucky, comme EARLY TIMES, OLD FORRESTER, ou encore WOODFORD RESERVE. JACK DANIEL’S est produit en trois versions principales, le « OLD N°7 », les « SINGLE-BARREL » et le « GENTLEMAN JACK ». Par ailleurs, elle propose de temps à autre des versions un peu (ou beaucoup) plus haut de gamme, commémoratives, et/ou commandées par des distributeurs pour certains marchés. Ainsi par exemple la version « 1915 » (« Gold Medal ») en 1 litre et à 43 % exclusive à la Maison du Whisky présentée en 2010. Elle aussi propose désormais son « Spirit Drink » à base de JACK DANIEL’S aromatisé au miel, titrant 35 %, il est nommé « TENNESSEE HONEY ».

 

-JACK DANIEL’S « OLD N° 7 BRAND », 40 %, (TENNESSEE WHISKEY): Commentaires et note révisés en 2014:

Couleur: Ambrée, à reflets orangés. Nez: Très exubérant: L’érable, l’érable, et puis l’érable. Bon d’accord, quelques épices, des pruneaux frais peut-être ? Et du caramel plus proche de la mélasse que du caramel salé…Bouche : La bouche, aux saveurs certes variées (banane, bonbon acidulé, sirop d’érable, melon, caramel, parquet ciré), devient vite monolithique, ennuyeuse au possible, sur cette note insistante d’érable, puis de caramel, voire de réglisse (entre réglisse et mélasse). De plus elle est un peu en retrait par rapport à au nez, vraiment (trop) exubérant. En musique il y a de l’ « easy-listening », de la musique « mainstream » (grand public) exigeant peu de l’auditeur, eh bien en whisky, voici de l’ « easy-drinking » ! Tenue à la dilution:C’est presque pire ! Donne un côté presque artificiel à la note d’érable et « étale le caramel » (je précise que l’ajout de caramel est interdit dans les whiskeys, c’est juste une analogie). Conclusion: Différent des Bourbons du Kentucky, il est plus « plein » et très doux. La bouche, très facile d’accès, flatteuse pour les palais non initiés, présente il est vrai des saveurs variées (banane, bonbon acidulé, sirop d’érable, melon, caramel, parquet ciré), mais reste quelque peu en retrait par rapport à au nez, vraiment (trop !!!) exubérant. L’on comprend en revanche pourquoi il plaît autant aux néophytes, par sa facilité d’accès (c’est doux et sucré) qui ne demande aucune expérience gustative pour être apprécié, sec ou en avec « additifs » et glace. Entre délice et supplice, dirai-je…je demeure très partagé. Les connaisseurs lui préfèreront par exemple la version « Single-Barrel », sans doute. De manière plus objective, « le JACK » est la boisson forte alcoolisée emblématique des amateurs de hard-rock (et des groupes), et de certains groupes d’amateurs de moto de grosse cylindrée (si vous voyez ce que je veux dire), même si cela peut être réducteur, j’en conviens. Je suis suffisamment à l’aise pour le dire, en tant qu’amateur de ce genre musical, mais heureusement, « nous » buvons d’autres choses ! 25 €, partout. Note confirmée (confirmed score) = 76/100

 

-JACK DANIEL’S « SINGLE-BARREL », Batch 5-2663, Rack N° L-10, Bottled : 08/15/2005, 45 %, (TENNESSEE WHISKEY) : Commentaires et note révisés en 2014:

Couleur: Ambrée, à reflets orangés soutenus. Nez: Parfumé, rappelant un peu la version réduite et issue d’un bien plus grand nombre de fût intitulée « OLD N°7 », il est cependant moins exubérant et plus équilibré. Notes d’érable, bien sûr, mais aussi de solvant (essence de térébenthine, en moins violent, acétone, d’où la note de bonbons acidulés, vernis à bois), de fruits (pommes rouges, cerises, cranberries, diverses baies), et aussi beaucoup de bois en arrière-plan. Un nez un peu alcooleux. Bouche: Puissante, ferme, boisée (érable) et marquée par les solvants, et épicée (cannelle, girofle, muscade, légère note de piment, de gingembre séché), puis seulement un peu fruitée. Quelques notes végétales, dont une note de tabac pour cigares. Avec le temps devient plus épicée et austère, dominée par le bois (brûlé et asséchant) et les épices. Tenue à la dilution: Intéressante, car elle adoucit un peu le profil, mais ne pas trop diluer, cela renforcerait les notes boisées, et l’amertume qui en découle. Conclusion: Une version assez différente de la version standard, bien plus convaincante, car le nez est beaucoup moins outrancier et la bouche est beaucoup plus délicate et fine, ce à partir des mêmes saveurs. Il possède même des nuances supplémentaires (de cerise, de tabac, etc.) qui concourent à le rendre plus attractif par sa complexité. Sans doute la meilleure version disponible couramment à un prix encore abordable, et, pour le moment, la meilleure version testée à ce jour. D’autres lots plus récents dégustés m’ont paru dans le même esprit–Prix: Carafe, 25/35 €, en GMS (vendue en bouteille en forme de carafe). Note confirmée (confirmed score) = 84/100

Versions également conseillée (other recommended expression): La version régulière sans compte d’âge nommée « Gentleman Jack », à 40 %, assez douce et plus équilibrée selon moi que la célèbre « Old N°7 » que tout le monde connaît.

What can I say ? In the french note I mentioned something like that : « Ok, I love hard-rock music but that doesn’t mean I have to love J.D. compulsory , do I ? ». Just a few words to say that for me it is clearly a beginner’s whiskey that they make. Yes, « THE » beginner’s whisk(e)y has to exist & I haven’t decided that, the audience did it, just take a look at the sales…Anyway I’m clearly not a fan of that exuberant easy-drinking style that the « OLD N°7 » provides (as I find it unbalanced and monolithic), but I can appreciate from time to time the more balanced « SINGLE-BARREL » (that has more character & subtlety) or even the smoother « GENTLEMAN JACK » which I prefer to it. That’s it, if one don’t like whisky, they will often tell you they prefer « JACK ». It’s ok, and their whiskeys aren’t bad, but it is a pity that one (especially beginners) won’t be able to taste something else and understand it, because America has so much more to offer than that, in my humble opinion. Well,  I'm "just sayin’, right ?

 

 

 

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8/-JIM BEAM : La distillerie JIM BEAM est créée en 1795 à Clermont, dans le Kentucky. Elle est familiale depuis 7 générations. C’est Jacob Beam qui sera le premier distillateur, puis Fred Noe en 1957. Jim Beam dirigera l’entreprise en 1894 à l’âge de 30 ans. En 1934 (après de nombreuses années de fermeture dues à la Prohibition), celui-ci reconstruit la distillerie et s’en occupera presque jusqu’à sa mort en 1947. Mais l’affaire demeure familiale. Le JIM BEAM « White », notamment, deviendra le whiskey le plus vendu au monde en 1985. Mais la distillerie élabore également la gamme « Small batch Bourbons » (KNOB CREEK, BOOKER’S, BASIL HAYDEN, de JIM BEAM. De maturation plus longue que les versions plus grand public sous la marque JIM BEAM (sauf l’exception du 12 ans d’âge), cette gamme est destinée à commémorer l’esprit des whiskeys produits avant la Prohibition américaine (1919-1933). C’est Booker Noe, le petit-fils de Jim BEAM, qui, devenu maître-distillateur, en 1960, en sera l’instigateur, en 1985. Il existe un JIM BEAM « White », « Black », « Rye » (au seigle), « Jim Beam’s Choice » (reprenant le procédé du « Lincoln County Process » de filtration au charbon de bois d’érable, comme les Tennessee whiskeys), « Devil’s Cut » (réalisé avec un procédé secret) et une version aromatisée (infusée avec du miel, donc légalement ce n’est plus du whisky) nommée « Honey » et titrant 35 %. Toutes les versions ne sont pas commercialisées en France.

-JIM BEAM « BLACK » 6 ans, « TRIPLE AGED » (Edition 2011), 43 % (KENTUCKY STRAIGHT BOURBON, WHISKEY):

Couleur: Vieil or, à reflets ambrés soutenus. Nez : Plaisant, suave et relativement complexe. Bois d’érable, bois de chêne légèrement brûlé, caramel naturel, solvant (fruits acidulés, bonbon anglais). Bouche: Reprends les notes du nez (notamment l’érable et le bonbon anglais), puis s’évanouit rapidement, après un bref surgissement d’épices et de fruits (touche de seigle et de fruits rouges, fruits confits variés), mais aussi de miel et de chocolat au lait. Finale plaisante, équilibrée mais trop douce, trop courte, malgré les 43 %. Tenue à la dilution: L’ajout d’un peu d’eau est agréable, cela lui donne plus de fluidité encore, un caractère aérien même, mais la dilution n’est pas vraiment utile ici, elle a déjà largement eu lieu. Conclusion: Un bon Bourbon, très agréable, mais qui faiblit un peu trop en finale. On attend une version plus puissante. Prix : 17 à 25 €, certaines GMS, pas toutes (ach. 17 € lors d’une F.A.W. chez Leclerc, Noël 2011)/ Note confirmée (confirmed score) : 85,5/100

Version également conseillée (other recommended expressions): La version régulière « White Label » sans mention d’âge (env. 4 ans) et à 40 % (à réserver peut être davantage aux cocktails ?), et la nouvelle version du 12 ans d’âge nommée « Signature Craft » titrant 43 %, et plus puissante.

 

A Bourbon on the sweet side, the more often, from a bit dull (some of the « White label » batches) to more refined offers (some of the « Black label » batches, for instance), but I have the feeling that this distillery hasn’t said it all yet, and I’m looking forward to try the « Rye » one (not always on sale here in France), the « Devil’s Cut » and maybe other ones. To be followed !

 

That’s all folks, for now !

 

Dans le numéro suivant, je traiterais des distilleries (ou noms de whiskeys) des lettres K à W (de KNOB CREEK à WOODFORD RESERVE, en passant par MAKER’S MARK, MICHTER’S, NOAH’S MILL, OLD POTRERO, PAPPY VAN WINKLE, SAZERAC), merci de votre patience…

 

Next time (on« US WHISKEYS, Part 2/3 ») I will speak about other distilleries or whisk(e)ys from letters K to W, such as KNOB CREEK, MAKER’S MARK, MICHTER’S, NOAH’S MILL, OLD POTRERO, PAPPY VAN WINKLE, SAZERAC & finally WOODFORD RESERVE). So, please be patient …

 

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Pour accéder rapidement au numéro suivant (US Whiskeys Part 2/3, whiskeys des lettres K à W) cliquez ci-dessous:

 If you wish to have a quick access to next survey on US Whiskeys, Part 2/3-letters K to W,

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US Whiskeys Part 2/3

 

 

 

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If you wish to have a quick access to previous "Express Notes N°1" devoted to Scottish distillery called STRATHISLA, please click below:

Express Notes N°1/Strathisla distillery

 

 

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