Express Notes No 2 (Part 2/3)

 

 

EXPRESS NOTES : No 2 : « US WHISKEYS, Part 2/3 » (Lettres K à W)

(Bourbon, Tennessee & Rye)

 

Sujet : 15/06/2014 ; Dernière mise à jour : 26/06/14

 

US WHISKEYS/Whiskeys des Etats-Unis

 

 

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 L'auteur au Mohonk Mountain Park, Lake Mohonk, New Paltz, côte Est des U.S.A., autre vue, 2002

(Photo © Grégoire Sarafian-désolé pour la qualité, prise avec un jetable!)

 

Cette série sur les U.S.A. est dédiée à la mémoire d’un ami, George Bobby Jones (né à Louisville, dans le Kentucky, en 1943 et décédé à Nyack, N.Y. en 2011), avec qui j’ai partager de bons moments en parlant d’art et le whisky, entre autres choses, et grâce à qui j’ai pu exposer là bas, l’assister parfois sur place dans son cours sur l’art (il était aussi enseignant) et visiter en 2002 cette magnifique vallée de la rivière Hudson. Je ne l’oublierais pas.

This series of reviews is dedicated to the memory of my friend of mine (painter & sculptor as well) , George Bobby Jones, born in Louisville, Kentucky, who died in 2011 in Nyack, N.Y.S.. -R.I.P. We enjoyed together occasionally a dram or two (Maker’s Mark was our fav.), exhibited together (I’m also a painter) in 2002, did some Art class with him as well, (as guest artist) & visited this wonderfull Hudson Valley. I won’t forget.

Pour en savoir plus sur lui, voir le lien ci-dessous (to learn more about him, please click below) :

G.B. Jones

 

 

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Avec George Bobby Jones, en pause à Newburgh, sur la route vers le Nord-Est, Vallée de l'Hudson, automne 2002

(Photo © Grégoire Sarafian-désolé pour la qualité, prise avec un jetable!)

 

 

Je vous propose, pour ce nouveau numéro, au prétexte de l’actualité historique (le 70 ème anniversaire du débarquement des troupes alliées en Normandie-qui comportait de nombreux américains, ma façon de les saluer ici), une première sélection de whiskeys des Etats-Unis, divisée en deux parties, et cette fois en partant des genres traditionnels (Bourbon, Rye, Tennessee). Une manière aussi de rattraper un peu le retard pris à traiter des whiskeys de ce pays. A ce titre, exceptionnellement, les notices seront publiées dans leur intégralité en français, avec en plus un résumé en anglais. Une autre sélection traitera plus tard en partie d’autres types de whiskeys,  comme par exemple de single-malts, parfois même tourbés !

 

For this second number of « Express Notes » (short reviews of whisk-e-ys with each time a special theme), I changed the program to pay tribute to our american friends because of 70 th Anniversary of the landing of the Allied troups in Normandy during W.W.II, but also because I’ve been late to speak about american whiskeys & distilleries & reviewed none of them except some mentions & awards in my 2013 Awards pages. Apologies again for that. Anyway, this first special number about US Whiskeys (in two parts) is mostly about Bourbon, and then about Tennessee & Rye whiskeys, but the next one (I mean the third one), later on, will speak about US single-malts as well, even about one which is peated ! Other than that, for this second number as well, French tasting notes will be fully published, and English language readers will have an idea of them with a short (but a bit longer than usual) summary. I hope they will like it.

 

 

9/ -KNOB CREEK (Jim Beam distillery):

La distillerie JIM BEAM est créée en 1795 à Clermont, dans le Kentucky. Elle est familiale depuis 7 générations. Le JIM BEAM « White », notamment, deviendra le whiskey le plus vendu au monde en 1985. Mais la distillerie élabore également la gamme « Small batch Bourbons » (KNOB CREEK, BOOKER’S, BASIL HAYDEN, de JIM BEAM. De maturation plus longue que les versions plus grand public sous la marque JIM BEAM (sauf l’exception du 12 ans d’âge), cette gamme est destinée à commémorer l’esprit des whiskeys produits avant la Prohibition américaine (1919-1933). Cependant, toutes les versions ne sont pas toujours faciles à trouver en France. C’est Booker Noe, le petit-fils de Jim BEAM, qui, devenu maître-distillateur, en 1960, en sera l’instigateur, en 1985. KNOB CREEK est en fait le nom de la maison d’enfance d’Abraham Lincoln, située sur les rives du ruisseau du même nom, aux eaux réputées très pures. Il est composé de 78 % de maïs, de 13,5 % de seigle, et de 8,5 %d’orge maltée. Il est élevé durant 9 ans dans des fûts de chêne blanc fortement brûlés.

 

 

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-KNOB CREEK, 9 ans, SMALL BATCH Kentucky STRAIGHT BOURBON (JIM BEAM Brands) «100 PROOF » ( = 50 % ):

Couleur: Ambrée, à reflets cuivrés. Nez: Puissant, épicé, assez parfumé, plutôt boisé. Notes d’érable, de noix nobles, de fruits mûrs. Bouche: Charpentée et de caractère, elle n’en est pas moins d’un équilibre assez remarquable. Elle débute par une belle attaque boisée, vanillé et sucrée (notes de sirop d’érable contenues), noix nobles, puis un milieu de bouche assez sec et épicé (girofle, cannelle, muscade, poivre) quelque peu plus rude et « western », pas fait pour les tendres ! Heureusement, l’attaque de la diligence à épices s’achève bientôt et l’on peut alors se reposer dans un rocking-chair, au « saloon » d’à côté, pour savourer le retour à la douceur que nous propose la finale, d’une belle rondeur feutrée (fruits mûrs, orange, caramel), mais aussi miellée et réglissée. Ici, les saveurs semblent comme plus étouffées/contenues que dans un BLANTON’S « Original » à 46,5 %, par exemple, et le profil est nettement plus sec, mais en contrepartie cette « retenue » donne une élégance inattendue. Tenue à la dilution: Une dilution légère ouvre grand les arômes, de façon plaisante, mais attention, trop d’eau bouleverse son équilibre et apporte de l’amertume et des notes trop épicées qui deviennent médicinales (la girofle du dentiste, si, si!). Conclusion: D’une grande finesse, ce Bourbon nous emmène quelque part entre les USA et le CANADA. Un Bourbon d’une rare élégance, mais aussi d’une rare intensité. Un digestif qui s’avèrera austère pour certains, superbe pour d’autres…. NB: L’ouverture de la bouteille (avec son bouchon noir cacheté à la cire) est en soit un cérémonial très agréable, et je me dois de faire remarquer l’originalité du packaging – cf la typographie début XXème et le papier façon kraft. Prix : 35-40 € environ/ Note confirmée (confirmed score)= 92,5/100

 

I’ve separated this one’s review from the previous one (Jim Beam « Black »), because of their huge difference in terms of aromatic profile. This one is dryer, at times over-oaky, maple wood driven, along with ripe fruit, orange & caramel driven, with honey & liquorice as well, and a full bag of spices (cinnamon, clove, nutmeg, black & 5 berries pepper). Don’t add too much water to it unless you want to find yourself in the dentist chair with a bitter taste in your mouth. A rather intense Bourbon, but also elegant & refined. Definitely not for beginners.

 

 

10/-MAKER’S MARK:

L’actuelle distillerie MAKER’S MARK a été fondée à Loretto, dans l’Etat du Kentucky par Bill Samuels Sr en 1953 sur le site de l’ancienne distillerie qui date elle de 1889, sans parler des premiers temps, vers 1780, ou dit on, la famille Samuels distilla le premier Bourbon américain. La fameuse bouteille trapue à la base presque carrée et au bouchon de cire rouge (en hommage aux bouteilles de Cognac-cf garantie de l’origine) a été lancée en 1958, date également de la première mise en bouteille de ce whiskey à majeure de maïs (70 %), et comprenant également, entre autres céréales du Blé rouge d’hiver (à raison de 16 %), de l’orge maltée (14 %), mais pas de seigle. La recette actuelle de ce whisky (ses fondateurs tiennent à la connotation écossaise du terme plutôt qu’au mot « whiskey » ordinairement utilisée dans le Kentucky) date de 170 ans. D’ailleurs une levure datant d’avant la Prohibition (donc d’avant 1919) est cultivée et utilisée sur place. Les cuves de fermentation sont en érable (plutôt qu’en pin ou en inox). Artisanale et écologiste, cette distillerie est une des plus populaires et des plus visitées des Etats-Unis. Elle est actuellement la propriété du groupe Pernod-Ricard. MAKER’S MARK est présenté comme ayant « vieilli durant 6 étés ». Les fûts sont déplacés chaque année dans le chai à une hauteur différente avant d’être choisis pour l’assemblage, et non sélectionnés « en diagonale » comme souvent par ailleurs. Enfin, c’est à la femme de Bill Samuels Sr, Maggie, que l’on doit le nom de ce whisky, le « poinçon du fabricant », tel qu’on pouvait le trouver sur des pièces d’étain d’importation européenne. Le sceau « SIV » se réfère à « Samuels IV ème génération »).

 

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10/-MAKER’S MARK, sans précision d’âge (circa 5 à 7 ans*), Small Batch BOURBON (« RED CAP » -Bouchon recouvert de cire rouge), « Star Hill Farm », Edition 2009, 45 % :

Couleur: Or, à reflets ambrés. Nez: Exubérant, très séduisant, avec des notes riches d’érable (sûrement dues aux cuves de fermentation qui sont faites avec ce type de bois), de blé noir, de fruits rouges et jaunes (dont la pêche), de boisé/vanillé. Bouche: Très gourmande (plus que dans mon souvenir), la bouche est riche et plutôt ronde, très fruitée, un rien réglissée, à peine épicée et très ronde de bout en bout. Légère touche de cèdre. Notes de tarte aux noix de pécan. D’apparence lisse et simple, elle m’apparaît aujourd’hui comme assez complexe et très bien structurée. La finale fruitée est très longue, un rien plus sèche, et s’achève en un beau diminuendo. Tenue à la dilution: Agréable et intéressante, mais attention, trop diluer amènerait un peu trop d’amertume. Conclusion: Mon premier bourbon, et un des plus fameux whiskies à vocation de digestif, au degré idéal, ses saveurs pleines et profondes en font un must incontournable ! Prix : 25-35 € environ/ Note confirmée (confirmed score) = 94/100

 My first Bourbon ever…very rounded, very rich, very fruity (red fruit & all kind of peaches, sultanas), not too spicy, more complex than it seems, with a touch of pecan pie, and vanilla on top of that, but perfectly integrated. Incredible balance between fruits & sweetness on one hand, and wood & dryness on the other. Still one of the finest Bourbons on the market.

 

 

11/-MICHTER’S :

MICHTER’S, distillerie méconnue en Europe, revendique le titre de la plus ancienne distillerie américaine (1753), d’abord sous le nom de Shenk (mais on mentionne aussi le nom de Bomberger’s), du nom de son fondateur John Shenk, un fermier installé en Pennsylvanie, à l’époque. Suite à une période de surproduction de seigle, Shenk décide un jour de produire du whiskey avec cet excédent, en construisant une petite distillerie, de ses propres mains. Le whiskey produit par la distillerie était si renommé qu’à la fin de la guerre d’Indépendance, le général George Washington décida de la racheter pour pouvoir réconforter ses soldats face à un hiver s’annonçant rude. Le destin de la distillerie fut ensuite plus tortueux, avec de nombreux changements de propriétaires, une faillite, son statut parfois pratiquement de musée de la distillation, jusqu’à la vente totale du matériel et des stocks de whiskey dans les années 1970 et sa fermeture en 1988. La distillerie produisit même un Bourbon nommé « HIRSCH Reserve » en 1974, commercialisé par Preiss Imports. Mais c’est durant les années 1990 que la distillerie renaît, s’installant désormais à Louisville, dans l’Etat du Kentucky, grâce à la volonté de deux hommes, Joseph J. Magliocco (très impliqué à l’époque dans une société de vins et de spiritueux) et Richard Newman (surnommé Dick Newman, c’est un vétéran décoré de la guerre de Corée qui a géré plusieurs marques de whiskey, dont OLD GRANDAD, au sein de la National Distillers, puis WILD TURKEY). MICHTER’S a pour ambition de faire renaître un véritable whiskey à l’ancienne mais pouvant rivaliser avec les productions d’autres pays du whisky.

Pour ce faire, elle utilise des méthodes particulières, rares, voire uniques dans le milieu du whiskey. Willie Pratt, le maître-distillateur fort expérimenté (40 ans, au service notamment de Brown-Forman) de MICHTER’S, a eu carte blanche, comme me l’explique Matthew T. Magliocco (directeur général des ventes et associé-rencontré au cours du dernier salon professionnel « Cocktail Spirits », à Paris), pour mettre en œuvre ces méthodes de production coûteuses et exigeantes: En effet, non seulement le choix a été fait de réduire le titrage du distillat avant le passage en fûts en le réduisant à 51,7 %, mais aussi de chauffer les chais afin de provoquer plusieurs cycles supplémentaires de chauffe, et d’aller extraire les saveurs au cœur du fût (en allant chercher la fameuse « ligne rouge », là ou la vanille est la plus concentrée). Ainsi, au négatif, la part des anges (évaporation) est beaucoup plus importante qu’à l’accoutumée (d’où un coût élevé du whiskey, et une disponibilité moindre), mais au positif celui-ci est plus fin, délicat et plus concentré à la fois (j’en ai fait l’expérience), mais cela n’est pas tout. MICHTER’S réutilise ses fûts une deuxième fois (ce qui normalement est interdit par la loi américaine, mais il n’est pas le seul-et joue sur un toastage, puis un brûlage des fûts), et, par ailleurs, préfère filtrer à froid ses whiskeys, et les conditionne dans des bouteilles aux étiquettes proches de celles des origines de la distillerie. Elle tient à préciser également le temps de séchage préalable des fûts qu’elle utilise (18 mois environ). La distillerie dispose de 2 petits alambics. MICHTER’S propose 9 références de whiskeys, incluant un Rye, un assemblage de grains nommé « (Unblended) American Whiskey » (unblended signifie ici sans ajout d’alcool neutre), un autre type de Bourbon nommé «Sour Mash », un « Straight Rye », ainsi que des versions plus âgées (10 et 25 ans). MICHTER’S n’est pas encore distribué en France, mais avec une telle qualité, je pense que cela ne devrait plus tarder.

 

 

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11/ MICHTER’S « BOURBON » US-1, Small Batch (Batch N° 14C/23), n.a.s (âge déclaré 4 ans+poss. environ 8,5 ans), 45,7 % (91,4 % US PROOF), KENTUCKY STRAIGHT BOURBON:

A noter: La distillerie précise avoir, pour cette version utilisé des fûts neufs américains toastés puis brûlés à la flamme (« Toasted & fire-charred new American Oak barrels »).

Couleur: Vieil or, à reflets orangés. Nez: Assez léger, évoquant d’abord un solvant pour bois (entre paraffine et cire), du sucre glace, du caramel légèrement brûlé, puis le maïs domine, mais l’ensemble demeure assez doux et équilibré. Bouche: Très fine et expressive, elle se démarque des autres Bourbons. Du maïs, bien sûr, mais aussi des fruits (pêches jaunes et blanches, pommes rouges en pomme d’amour, de fines notes de vanille et de sucre glace (et glaçage de mille-feuilles), quelques notes de fleurs blanches, quelques épices douces et voilà. La finale est en decrescendo, sur la finesse, mais il faut y revenir pour s’apercevoir que ce n’est pas une faiblesse, mais la caractéristique d’un style, délicat et singulier. Beaucoup de charme, là aussi. Tenue à la dilution: Etant donné que les méthodes d’élaboration des whiskeys définis par MICHTER’S comprennent une réduction du titrage à 51,7 % avant mise en fûts (une importante réduction, la plupart des producteurs préférant ne réduire qu’à 63,5 % voire presque pas ou pas du tout pour certaines références), l’ajout d’eau pourrait déséquilibrer le profil. Je le déconseille même si je l’ai essayé, cela affadit le profil. Le choix du titrage fait par la distillerie est donc le bon. Conclusion: Encore une création intéressante et un peu différente, de la distillerie MICHTER’S, la plus ancienne distillerie des Etats-Unis. Du travail d’orfèvre, très délicat et parfaitement équilibré. Température de service conseillée : Entre 16 et 20°, plutôt 18. Un Bourbon qui nécessite un peu d’aération pour être pleinement apprécié. Prix n.c. /pas en vente en France pour le moment-(merci à Matt pour le sample)/Note confirmée (confirmed score) = 92,5/100

I learn only this year that MICHTER’S could really be the first American whiskey distillery, back in 1753, amazing news indeed! And if not enough, I came across to four of their whiskeys this year, thanks to a professional festival in France called « Cocktails Spirits », where there is always something to discover (I have to explain that this distillery’s productions are not yet sold in my country, too bad). All these whiskeys were good, to my opinion, and this one stands out as a very refined and singular Bourbon, different and definitely worth trying. Lots of fruit, some flowers, sweet spices and moderate wood, all together blended with skills to create a very delicate palate. Yes, MICHTER’S distillery is one to watch.

 

12/ MICHTER’S « Unblended AMERICAN WHISKEY » US-1, Small Batch (Batch N° 14-D/241), n.a.s (Avril 2014, âge déclaré « plus de 4 ans »), 41,7 % (83,4 % US PROOF:

A Noter : Recette utilisant aussi des fûts de Bourbon de second remplissage ce qui est normalement interdit, et d’autres céréales que le maïs, mais pas d’alcool neutre (le nom « American Whiskey », en effet signifie aux Etats-Unis mauvais assemblage de whiskey incluant une forte part d’alcool neutre). Il y a donc deux passages successifs en fût du distillat, la première dans un fût neuf, la deuxième dans un fut ayant contenu du Bourbon (« Bourbon soaked American white oak barrels »):

Couleur: Ambrée, à reflets vieil or, voire orangés. Nez: Complexe, très fin et gourmand à la fois. Très fruité (fruits confits voire même fruits confiturés, fruits frais-prune, abricot, coing, framboise), mais exprime aussi des notes de pain d’épices, de seigle, de miel (de bruyère et d’acacia), bonbon gélifiés (évoquant les esters d’un scotch), un peu floral aussi, presque pâtissier et d’un boisé léger (même si profondément brûlé) et bien intégré. Superbe. Bouche: Souple et élégante, d’une grande finesse, elle reprend les notes du nez, fidèlement, en commençant par une vraie corbeille de fruits liquide, puis par un petit surgissement d’épices (plutôt douces), puis un note de bois brûlé, mais aussi, plus troublant et proustien, comme une note de carambar liquide liée à ce boisé…et une note clairement pâtissière, sous la forme d’une improbable note de brioche de Pâques (avec une pointe d’orange et de bergamote,  et je pense aussi d’angélique) qui ajoute encore à la complexité du profil, le tout avec un bon dosage de la sucrosité (naturelle, s’entend). L’équilibre ici est parfait, vraiment. La finale, longue et élégante, achève de me convaincre. Le palais sera d’autant plus apprécié (comme pour d’autres whisk-e-ys, d’ailleurs) que l’alcool sera servi à la bonne température (je recommande un peu moins de 20°, disons entre 16 et 18°) et bien entendu dans un verre de dégustation adapté. Tenue à la dilution: Un des premiers whisk-e-ys ou pour une fois la question est inutile. En effet, préalablement réduit à 51,7 % avant mise en fûts, il bénéficie déjà d’une importante réduction, aussi encore un peu plus d’eau lui serait dommageable, ou bien alors deux ou trois gouttes pour l’étudier. Ne me parlez pas de glaçons ou de coca dans le cas présent, ce serait inutile et un véritable massacre. Conclusion: Singulière, complexe, équilibrée et d’une grande finesse, dans ses notes fruitées également, cette version d’une distillerie historique des Etats-Unis dont je ne connaissais pas l’existence il y a encore un mois, possède beaucoup de charme et de classe, revendiquant d’entrée de jeu les plus hautes marches du podium. On comprend pourquoi ! Impressionnant travail d’élaboration du whiskey comme de son assemblage. Un des plus beaux whiskeys jamais dégustés. Chapeau bas ! Prix n.c. /pas en vente en France pour le moment-(merci à Matt pour le sample)/Note confirmée (confirmed score) = 95/100

United States historical first Whiskey distillery (as I learn this year), innovates as well, and really delivers with this beautifully crafted « all grains » whiskey showing incredible qualities. Expect gourmet complex fruity notes allied to burnt caramel, spices & bergamot orange, gingerbread, french brioche and some floral notes as well. The cask management here is very impressive (no wood dominance), as well as the distillation mastery. The finish is long & elegant, and the balance is just perfect. For a better appreciation, if room temperature is too hot, my advice is to cool down the whiskey a bit (just 10 mn in the fridge, not colder !) to lower it to 16 to 18° and you will be really rewarded. One of the best Whiskeys I’ve ever came across (or some would say, close to « the real McCoy »), and a distillery to watch, for sure ! (not on sale in France, yet, so, what are you waiting for, compatriots ?).

 Je recommande également les versions suivantes : « SOUR MASH » US-1 (par ex. le Batch N°14A/29) à 43 % et le « STRAIGHT RYE » US-1 (par ex. le batch N°14C/153), tous deux de 2014 et âgés de plus de 4 ans. Je suis très curieux des autres versions…

 

 

13/-NOAH’S MILL :

Dans le passé, ce Small Batch Bourbon whiskey était produit à la distillerie WILLETT (du nom du premier membre de la famille à avoir distillé du whiskey, au XIXème siècle, John David Willett), à Bardstown, entre les années 1936 et jusqu’au début des années 1980. Après une période de sommeil, Even G. Kulsveen, un descendant de la famille des WILLETT, fonde la société Kentucky Bourbon Distillers en 1984 (qui produit également les marques JOHNNY DRUM, KENTUCKY VINTAGE, OLD BARDSTOWN, PURE KENTUCKY XO, ROWAN’S CREEK, WILLETT Pot Still Reserve et Family Estate Bottled Bourbon), ayant un statut particulier, entre société de négoce (car tous les fûts entrant dans la composition du NOAH’S MILL d’aujourd’hui ne proviennent pas seulement de la distillerie)-et distillerie rebâtie sur les fondations d’une ancienne distillerie. En effet, après une période un peu floue, entre 1984 et 2011, ou le whiskey était produit presque plus que sur commande, la reprise de la production (avec une part de reconstruction de la distillerie et des chais) date seulement de 2012. La distillerie proposait avant un NOAH’S MILL de 15 ans d’âge, mais faute d’approvisionnement certain des stocks de vieux fûts, préfère commercialiser désormais cette référence en version sans compte d’âge, comprenant des fûts âgés de 4 à 20 ans, mais pas forcément tous produits par la distillerie.

 

 

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-NOAH’SMILL 15 ans, CASK STRENGTH, 57,15 % (« 114.3 PROOF »), Distillerie WILLETT, fermée dans les années 80 ϯ (KENTUCKY STRAIGHT BOURBON):

Gras et dense, il se situe aromatiquement entre un single-barrel du Tennessee et un très vieux bourbon. Quasi -sirupeux, titrant un fort degré (57 %!), c’est déjà de toutes façons une expérience unique et intéressante. Beaucoup plus gourmand, épicé et rustique que nombre de ses confrères, il est aussi différemment marqué par le bois, plus proche d’un vieux SPEYSIDE maturé en fûts de SHERRY OLOROSO ou d’un vieux RYE sec que d’un bourbon. L’érable semble présent en filigrane, certes, mais aussi le vieux cuir et les fruits très mûrs. L’ensemble, remarquablement équilibré, n’est pas exempt d’une certaine classe. Prix circa 2005-2007 de 72 €, MdW (et merci Laurent pour cette dégustation) –Note sous réserve (ancienne)-(old score, under reserve)= 90+/100

An amazing whiskey right from the start. At times very sirupy, at others very woody, dry as no other (except maybe as the « Knob Creek »), spicy and fruity as well, like an impossible mix between a Speyside malt matured in Oloroso Sherry & a Rye whiskey, it only makes me mention on word, and it is « rustic ». Ripe fruit & leather complete « the aromatic team », for an unusual but singular & pretty much interesting journey. Curious to learn if the profile is the same today.

Je conseille à défaut de trouver le 15 ans d’âge de se reporter sur la version sans compte d’âge actuellement encore commercialisée (un assemblage de fûts de 4 à 20 ans).

 

 

14/-OLD POTRERO :

A l’origine de la société ANCHOR DISTILLING COMPANY, basée à Potrero Hill, San Francisco, il y a Fritz Maytag, directeur depuis 1965 d’une brasserie, l’ANCHOR STEAM BREWERY (précurseur du phénomène des micro-brasseries). Désireux de retrouver l’esprit des premiers whiskeys américains, il décide d’y fonder également sa propre distillerie, au sein de la nouvelle ANCHOR DISTILLING COMPANY en 1993 (premier fût rempli le 09/12/94, premier commercialisé en 1996). Il se met à produire alors à petite échelle des whiskeys à partir d’alambics de type « Pot Still », comme en Ecosse, ce qui était inhabituel jusque là aux Etats-Unis, voire un temps illégal, à partir de malt de seigle exclusivement (la distillerie rappelle que le premier style de whiskeys américains fut élaboré à partir de seigle (« rye »), et ce à 100 % (contre les 51 % minimum exigés) et non de maïs (la distillation de « corn » ou « maze » donnant plus tard le « Bourbon », à condition qu’il en comporte au moins 51 %). Elle produit des Single-malts de Rye sous la marque d’OLD POTRERO, dont une édition nommée « HOTALINGS » de 17 ans d’âge, en hommage au célèbre tremblement de terre de 1906, une version nommée « OLD POTRERO 18th CENTURY WHISKEY » issue de malt de seigle à 100 % et élevée dans des fûts non brûlés et titrant 51,2 %, un Rye Whiskey (« OLD POTRERO RYE »), mais aussi du gin. 

 

 

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-OLD POTRERO « STRAIGHT RYE WHISKEY » (élaboré avec 100 % de Seigle Malté), Small Batch (assemblage de quelques fûts de chêne neuf), 45 % : (Premiers commentaires, à confirmer):

Couleur: De cuivrée à ambrée (demeurant claire), à reflets dorés soutenus. Nez: Très fin, et très agréable. Le velouté, le fruité et les épices typiques du seigle (« rye ») s’expriment bien, sur un joli fond boisé. L’autre note très spéciale du nez, plus difficile à cerner, est quelque chose qui se situerait entre le solvant, la cire, et le pain d’épices. Cela s’achève sur une note de bois précieux. Bouche: Elle reprend les notes du nez, avec une grande fraîcheur fruitée (l’on pense presque à des fruits exotiques plus une pointe de fruits rouges). Les épices sont présentes, mais sans agressivité, avec une rondeur inattendue. Belles notes de miel. Tenue à la dilution: Non testée cette fois là. Conclusion: Un OVNI pour moi à l’époque, très agréable à boire et avec une personnalité différente de tout ce que j’avais dégusté provenant des Etats-Unis jusqu’ici. A confirmer (à suivre surtout).Prix environ 70 € il y a quelques années en France (MdW), probablement davantage maintenant./Note sous réserve (à confirmer-score under reserve) = Estimée à 86 ?/100

A Fascinating distillery, as it is quite remote from those from Kentucky & using malted rye only here, plus no charring process. The result is excellent, with nice & fresh fruity notes, gingerbread, honey and sandal wood. Remarkably fresh and different (like America’s « Red Breast » ?), it is easily approachable, and popular here in France, though not always easily available. More notes & a confirmed score later on, so please don’t overlook at it because of the « under 90 » score (which is already a good score).

 

 

15/-PAPPY VAN WINKLE :

1/Pour commencer ce survol (voir précédent volet), à tout seigneur tout honneur, peut être la plus belle distillerie nord-américaine (que les autres me pardonnent), et une des 20 ou 30 meilleures distilleries au monde (il n’y a pas que moi qui le dit), j’ai nommé BUFFALO TRACE (née sous le nom d’« ANCIENT AGE » vers 1930), importante distillerie du Kentucky localisée à Frankfort, commercialisant de nombreuses marques (dont GEORGE T. STAGG, OLD CHARTER, ROCK HILLS FARMS, ou encore les RYE nommés THOMAS H. HANDY & SAZERAC, mais aussi, moins connu, en partenariat, la production et distribution des rares Bourbons et Rye PAPPY VAN WINKLE (voir plus loin pour ces derniers). Ici la marque BLANTON’S et sa célèbre carafe et son bouchon surmonté d’une figure de cavalier changeant de position suivant les versions. Par ailleurs une des marques qui ont concouru à convaincre des inconditionnels des whiskies écossais que l’on pouvait aussi avoir de la complexité et beaucoup d’intensité aromatique avec un brut de fût venant d’ailleurs (avec les versions « Straight from the Barrel ») :

 

 

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-PAPPY VAN WINKLE 23 ans, « FAMILY RESERVE », SMALL BATCH (Bottled circa 2012), Edition limitée, 75 cl (US Market), 47,8 %(KENTUCKY STRAIGHT BOURBON WHISKEY) :

Couleur: Ambrée, à reflets orangés. Nez: Complexe, incroyablement fin et élégant à la fois, et ayant son propre style. Un moyen de placer d’entrée la barre très haut. Notes de solvant, de boisé profond, de potiron (plus étonnant), de fruits divers (oranges, abricots, pêches, nèfles), de fleurs aussi. Peut être miellé, et un rien vanillé en arrière-plan. Bouche: Wow, tout simplement! L’on comprend tout de suite que l’on a affaire à un chef d’œuvre. Epoustouflant de finesse et de fondu (comme un très vieux Cognac), d’élégance et d’équilibre (23 ans pour un Bourbon, sachant que le distillat vieilli beaucoup plus vite qu’en Ecosse, c’est énorme, le risque d’avoir un whiskey écrasé par le bois est important). Très fine, très équilibrée, très complexe, très boisée (mais le bois est superbement intégré aux autres notes), la bouche est à la fois fruitée (agrumes, l’orange en tête), florale (fleurs blanches et jaunes), légèrement noisettée, miellée, avec quelques accents végétaux (champignons, thé) et herbacés sur un lit (discret et douillet !) de vanille de la plus haute qualité. Interminable, elle est comme une soyeuse caresse pour le palais. Tenue à la dilution: Il faut très peu d’eau ici, sous peine de massacrer ce whiskey. Mais le peu de cette eau exaltera les saveurs les plus délicates de fleurs et de fruits. Conclusion: C’est avec beaucoup d’émotion et de surprise que j’ai découvert (à l’aveugle) ce whiskey très rare et très recherché par les connaisseurs, et à juste titre. Un bijou ciselé par un expert (la marque et les productions VAN WINKLE sont depuis quelque temps sous la responsabilité de production et de conservation de la distillerie BUFFALO TRACE, située à Frankfort, dans l’Etat du Kentucky). Il existe peu de whiskies et de whiskeys qui arrivent à la hauteur de celui-ci qui a reçu de nombreuses distinctions (y compris celle du meilleur Bourbon par votre serviteur). Si vous avez les moyens et l’opportunité d’en acquérir une bouteille, n’en ratez pas l’occasion ! Très chaudement recommandé. Prix, autrefois moins de 200 €, comptez probablement plus de 1000 € en vente en ligne aujourd’hui./ Note confirmée (révisée en 2014) = 96/100 et H.C. (Hors catégorie/Beyond any category).

Versions également conseillées : Entre autres, les versions régulières de 15 et 20 ans d’âge.

 

As I already said it, I consider BUFFALO TRACE (& so here this PAPPY VAN WINKLE 23 y.o. expression) as one of the best distilleries in the world (let’s even say one of the 20 or 30 best distilleries). That said, I also consider this expression one of the very few best Bourbons ever conceived, and one of the 2 or 3 most refined, sophisticated, complex & remarkable on the market (though, I have to warn you, this one is really rare & becomes really expensive !). Such a mastery & sheer elegance is rare even in the whole whisky world, or, in other words, it is not sure that, during a blind tasting, many Scotch whiskies could beat this ! Expect nutty, fruity (all kinds !), floral, honeyed, vegetal (mushrooms, autumn leaves, tea) notes, embraced by the softest wood nest you could imagine, and you will only have a tiny idea of what this masterpiece is all about. One of the happiest maturation ever seen (23 y.o. is very long for a whiskey, as it matures faster than a Scotch, for instance) and an unbeatable balance for sure. Only a slightly lack of body prevents it for being scored at, say 98/100. But, who cares anyway, it is such an unforgettable rare gem.

 

 

16/-SAZERAC :

(Pour la présentation, voir à BLANTON’S dans le précédent numéro, ou PAPPY VAN WINKLE un peu plus haut).

 

 

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-SAZERAC 18 ans, (Dist. « Spring 1983 »-Bottled « Fall 2011 »), distillerie Buffalo Trace, « 90 PROOF », 75 cl, 45 %, (KENTUCKY « STRAIGHT RYE WHISKEY ») :

 

Couleur : Or, à reflets ambrés, légèrement rougeâtres. Nez : Superbe, atypique pour ceux qui n’ont pas l’habitude de déguster des Rye whiskeys. Complexe et expressif à souhait, c’est déjà un grand rien qu’au nez. Epicé (gingembre), profondément boisé (érable, eucalyptus, cèdre), marqué par des notes de solvant, il est cependant également assez fruité. Bouche : Très boisée mais pas écoeurante. Belles notes reprenant celles du nez, que ce soit pour le bois, les épices ou le fruit (on y perçoit même des notes de fruits rouges en finale-une pointe de cranberry et de grenade) faisant preuve d’une belle acidité. Evolutif, c’est sans doute un des plus complexes whiskeys nord-américains qu’il m’ait été donné de déguster. Tenue à la dilution : Etonnant là encore, ce SAZERAC accepte l’eau de manière très harmonieuse. Celle-ci exalte les notes fruitées, boisées et ne ravive pas trop les épices. Conclusion : Un grand Rye whiskey, et un grand whiskey tout court ! Fin, complexe, gourmand, que demander de plus ? Prix non disponible, mais compter plus de 130/150 € probablement de nos jours/ Note sous réserve (score under reserve) = 92,5/100

 

There is a lot of character in this whiskey, one of the best ryes I came across, for sure. Expect fruity (including red fruit), spicy (ginger), solvant, and very complex & dominant woody notes (cedar, maple wood, eucalyptus). Displays some acidity & deep woody notes that not everyone would like (especially beginners), but others (many connoisseurs praise it) will love this. Very well made, this is another treat (probably underscored ?) from the BUFFALO TRACE team !

 

 

17/ WOODFORD RESERVE (Labrot & Graham):

Enfin, la seule distillerie des Etats-Unis (à ma connaissance) à pratiquer la triple-distillation, et depuis peu une de celles qui produit de manière habilement détournée des whiskeys utilisant également des fûts usagés ce que la loi normalement ne permets pas. Appartenant à la Brown-Forman corporation, tout comme JACK DANIEL’S, elle fût fondée en 1812 par Elijah Pepper (mais le projet débuta en 1797) dans le Woodford County, mais déplacée en 1996, à Versailles (oui, toujours dans Kentucky !), apparaissant tout d’abord sous le nom de LABROT & GRAHAM. C’est l’une des plus petites du pays sans pour autant être une micro-distillerie. Elle est aussi une de celles dont les alambics à repasse en cuivre (au nombre de 3) sont les plus ressemblants à ceux des distilleries écossaises, et ce n’est pas un hasard. Les cuves de fermentation sont également très particulières, faites en cyprès plutôt qu’en pin d’Oregon ou en acier inoxydable. Pour certaines versions, de la levure fraîche est utilisée (technique dite « Sweet Mash », non la technique du « Sour Mash » de réutilisation, habituellement utilisée dans le Kentucky. De plus, la maturation est longue (pas de version de moins de 6 ou 7 ans commercialisée). La distillerie propose plusieurs gammes, et j’ai choisi une des versions les plus singulières :

 

woodford_reserve_double_oaked_2014

 

17/-WOODFORD RESERVE « DOUBLE-OAKED », distillerie LABROT & GRAHAM, Lot L077410725 de 2014), 45,2 % (90,4 ° PROOF), mais 43,2 % pour la France (KENTUCKY STRAIGHT BOURBON WHISKEY):

A noter: Cette version très particulière, s’inspirant des recherches du maître-distillateur Chris Morris (notamment des versions « Seasoned Oak » et « Maple Wood »), est nommée ainsi car elle combine des fûts neufs fortement brûlés (7 ans en moyenne) puis le distillat est transféré dans des fûts pour subir une deuxième maturation de 9 mois des fûts légèrement toastés seulement pour ne pas altérer l’équilibre. Par ailleurs, par son côté à la fois très boisé et très fruité, elle est splendide en « Mint Julep » !

Couleur: Ambrée à cuivrée, à reflets orangés soutenus. Nez: Wow ! Complexe et très séduisant. Tour à tour pâtissier (millefeuille, sucre glace, vanille-avec une pointe d’angélique en plus), fruité (abricots mûrs, pêches jaunes, orange et orange sanguine, voire mandarine), boisé (bois d’érable, bois brûlé) important mais maîtrisé, restant en arrière-plan, enfin comme une note de solvant devenant un peu plus présente (et moins plaisante) après un certain temps d’aération. Bouche: Intensément boisée (plus de présence qu’au nez) avec une forte note d’érable, mais liée à d’autres (ce n’est pas du JACK !). Reprenant les notes du nez, elle est très fruitée (orange, orange sanguine, mandarine, pointe de fruits rouges), légèrement florale, évoque par moments un Cognac, également par ses fortes notes de solvant. Epicée (cannelle, girofle, gingembre, muscade, voire pointe de piment d’Espelette), elle s’achève sur de séduisantes notes de vanille mêlées d’orange et de mandarine. Température de service recommandée à un peu moins de 20 °. Tenue à la dilution: Clairement, à mon avis, à ne pas diluer, sous peine de renforcer son style très boisé et de créer un déséquilibre vers beaucoup d’amertume. En revanche, quelques gouttes peuvent convenir, mais n’apportent rien dans le cas présent (ou moins de fruité). Conclusion: Un superbe WOODFORD RESERVE, parfois pas loin du déséquilibre, sur le fil du rasoir, mais très bien conçu et ménageant un peu de place pour de belles notes fruitée et pâtissières entre les notes boisées et épicées. Une version un peu moins facile d’accès que le « DISTILLER’S SELECT » mais de belle facture. Et j’adore son conditionnement aux notes cuivrées. Prix entre 45 et 55 €, cavistes-merci encore à Woodford Reserve pour le sample/Note confirmée (confirmed score) = 91,5/100

Version également conseillée : La version régulière nommée « DISTILLER’S SELECT », mise en bouteille autrefois à 45,2 %, elle a perdu un peu de puissance récemment (43,2 % est désormais son titrage), mais demeure une référence de qualité en matière de whiskey raffiné.

 

A very special WOODFORD RESERVE, as it uses as its maximum wood extraction. Woody & spicy it is, yes, but also very fruity, with some very attractive orange & mandarin notes, with some vanilla on top of it. It’s more complex than it seems, even if it is on the edge (it is still well balanced, but water kills it, so don’t add any unless you are bitterness a lot). Less « quiet » and balanced than the regular expression called « DISTILLER’S SELECT », this one takes risks that for some are too big, but for me interesting. Another Chris Morris performance there…

 

 

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Pour accéder rapidement au numéro précédent (US Whiskeys Part 1/3, whiskeys des lettres A à J) cliquez ci-dessous:

If you wish to have a quick access to previous survey on US Whiskeys, Part 1/3-letters A to J,

please click below:

US Whiskeys Part 1/3

 

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Pour accéder rapidement à la rubrique "Express Notes" sur la distillerie écossaise STRATHISLA, cliquez ci-dessous:

If you wish to have a quick access to previous "Express Notes N°1" devoted to Scottish distillery called STRATHISLA, please click below:

Express Notes N°1/Strathisla

 

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Dans le numéro précédant, j’avais traité des distilleries (ou noms de whiskeys) des lettres A à J. Dans le numéro suivant (3/3), je traiterais de Bourbons et de Ryes, mais aussi d’autres types de whiskeys, et notamment de single-malts, y compris tourbés (oui, vous avez bien lu) en provenance des Etats-Unis toujours, au fur et à mesure des découvertes, cette fois à suivre un peu plus tard...

 

To be followed a bit later on for N°3/3!

 

 

 

 

 

 

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