Editorial No 3

 

 

EDITORIAL N°3 (Décembre 2013): « Tant que cela durera… ».

 

 

Presque trois mois déjà que le site est lancé…quelle aventure !…et quelle avalanche de dégustations, cette année encore, la scène du whisky est plus vivante que jamais, malgré la crise, y compris en France, et même si de sombres perspectives d’inflation et de spéculation s’annoncent, avec une production de whisky en « flux tendu » pour beaucoup de distilleries, et une généralisation de la production de whiskies sans compte d'âge de la part de distilleries anciennes, il y a des signes encourageants pour ceux qui « tiennent  bon », en France, en Ecosse et au delà, jusqu'à l'autre bout de la planète, le cap d’une production la plus authentique possible et la plus exigente…Ce sont ces approches là que j’ai voulu encourager autant que possible travers de mon premier...

 

...PALMARES DES MEILLEURS WHISKIES DE L’ANNEE 2013, que vous trouverez sur le site

dès aujourd’hui, en deux endroits du site, exceptionnellement:

 

http://www.gregswhiskyguide.com/actualites/les-evenements.html

 

http://www.gregswhiskyguide.com/qui-suis-je/palmares-awards.html

 

Je tenais aussi à remercier les internautes, inconnus ou amis, les professionnels aussi, pour leurs encouragements, ainsi que parfois aussi pour leurs critiques constructives. Je remercie aussi Frédérick, un proche, sans qui ce projet n’aurait pu démarrer et qui m’accompagne dans cette aventure. Nous essaierons tous deux autant que possible d’améliorer le site en 2014 pour vous donner plus ample satisfaction.

 

Cette année a été riche en dégustations, que ce soit dans un cadre amical (ou le partage demeure inestimable et avec un bon esprit de découverte) ou dans un cadre public (Salons, invitations diverses, etc…) ou d’autres belles choses ont pu se passer aussi. Il m’est difficile de reporter toutes les notes prises rien que cette année (une centaine) en plus des milliers (près de 1800) déjà comptabilisées et rédigées auparavant, de nombreuses devant être réactualisées et mises dans la forme très spécifique qui est celle choisie pour le site. Si je ne parviens pas à le faire plus vite, je prendrais d’autres options comme les articles par thème, avec des notes un peu plus en vrac, nous verrons…

 

Enfin, j’ai pensé, en vous souhaitant de passer de bonnes fêtes, terminer en listant quelques points susceptibles de vous intéresser en cette période et en tentant d’y apporter des réponses :

 

 

1/Vous souhaitez des Idées pour un Cadeau Whisky de Dernière Minute?

 

-Jetez un coup d’œil sur ma première LISTE THEMATIQUE de « DECOUVERTE du WHISKY

avec un BON RAPPORT QUALITE/PRIX ». Vous y trouverez 72 whiskies de moins de 60 €:

 

http://www.gregswhiskyguide.com/qui-suis-je/listes-thematiques.html

 

 

2/Vous aimeriez tenter durant ces fêtes des associations culinaires, en famille ou entre amis avec quelques bons « drams », alors voici quelques suggestions, dans un registre relativement classique.

 

Merci de vous rappeler que le whisky est un alcool fort, donc les quantités à servir seront plus faibles que pour un verre de vin, disons 2 à 3 centilitres de whisky par plat, en se limitant à quelques uns. Oubliez l’idée de prendre le volant après également…

 

1/ Apéritif:

Si vous voulez goûter des mets délicats ensuite, partez sur un whisky léger, un blend ou un single-malt pas trop âgé, pas ou peu tourbé, pas trop marqué par le Sherry non plus. Un GLENLIVET officiel 15 ans « French Oak », un BALBLAIR 1997 (la version à 46 %), un blend subtil (comme un DIMPLE 15 ans ou un GREAT KING STREET de Compass Box), ou, plus original, un PENDERYN « Sherry Cask », ou encore un ARMORIK « Classic ».

 

2/ Entrée:

-Avec une tranche de saumon fumé :

Plutôt un TALISKER 10 ans, un « PEAT MONSTER » de Compass Box, ou un jeune ARDMORE de négoce…

-Avec des coquilles Saint-Jacques juste poêlées:

Un TALISKER officiel un peu plus âgé, plus délicat, comme le 18 ans d’âge, ou un jeune CAOL ILA de négoce, ou encore un BOWMORE élevé en fûts de Bourbon (comme le « Tempest »). On peut aussi en verser légèrement dessus en marinade (car sinon il va vite s’évaporer) ou en spray. Ou, version de luxe, avec un PORT ELLEN, en version peu tourbée, très florale et un peu marine (comme un 25 ans Berry Bros & Rudd ou un 27 ans Douglas Laing/OMC).

-Avec du foie-gras:

A la place d’un vin de Sauternes, un whisky affiné en fûts de Sauternes, comme le GLENMORANGIE «Nectar d’Or», ou un Islay modéré (comme un BOWMORE 12 ans ou un KILCHOMAN élevé en fûts de Bourbon), ou encore, en contrepied, un MACKMYRA «Bruks whisky» ou un KORNOG (breton) dilué…si c’est une version élevée en fûts de Sauternes, c'est encore mieux. Un BALVENIE 17 ans, un GLEN MORAY 10 ans « Chardonnay finish », mais aussi un LAGAVULIN 16 ans pourraient être envisageables aussi.

 

3/ Plat:

-Avec une dinde aux marrons ou une viande en sauce (champignons, etc..) pas trop prononcée :

Une approche Sherry modérée (le degré aussi) peut faire l’affaire, en choisissant par exemple la touche délicatement vineuse d'un GLENDRONACH 12 ans officiel, le caractère un peu acidulé d’un EDRADOUR 12 ans « Caledonia », ou encore la subtilité fruitée et chocolatée d’un GLENGOYNE 15 ans officiel, ou bien encore deux choix, un HIGHLAND PARK 15 ans officiel, ou un GLENFARCLAS officiel 12 ans…

 

4/ Fromage:

Avec du vieux comté:

-Un TALISKER 10 ou 18 ans est vraiment l’idéal. Ne pas hésiter à le diluer un peu.

Avec du Roquefort:

-Un LAGAVULIN 16 ans (donc subtilement tourbé) est l’association culinaire la plus explosive qui soit…si vous aimez les deux (la tourbe et le roquefort), il faut tester cela au moins une fois dans votre vie.

 

5/ Dessert:

Avec une bûche de Noël (marrons, chocolat, vanille):

-Le choix est délicat mais l’on peut accompagner le côté doux et sucré avec un ABERLOUR (12 ans Unchillfiltered), un MACALLAN 12 ans « Fine Oak », ou un GLENLIVET 18 ans, ou prendre le contrepoint avec quelque chose de différent comme un whisky de grain (par exemple le NIKKA « Coffey grain » réduit à 45 %).

Avec un fondant au chocolat:

-Là les single-malts ayant été élevés ou en deuxième maturation en fûts de Sherry de type Pedro-Ximenez font merveille (un GLENDRONACH « Cask Strength » par exemple, et même en version tourbée, le LAGAVULIN « Distiller’s Edition »), mais aussi les irlandais comme le TULLAMORE DEW 12 ans, le POWER’S 12 ans, le BUSHMILLS 16 ans « Matured in Three Woods » - très subtil- ou encore un JAMESON 18 ans, le choix est grand.

 

6/ Presque sacrilège…le pousse-café, dans la tasse avec le café tiède presque terminé:

-Un GLENFIDDICH 15 ans verra ses notes de poire mûre, de chocolat noir et de fleurs blanches exaltées et vous le fera voir différemment…bien sûr avec les whiskeys irlandais cités plus haut, c’est plus évident. Le fin du fin (à moins que vous ne préfèreriez le Calvados bien entendu) cela peut être aussi (si vous arrivez encore à en trouver) quelques gouttes de l'"ORANGERIE" de Compass Box, un subtil élixir artisanal aux vraies écorces d'orange et aux épices, mais sans sucre, en fait une "Scotch Whisky infusion" comme le dit John Glaser, donc pas réellement légalement du whisky, mais qui fait merveille associé à du chocolat ou même au fond d'un café (rigolez pas, j'ai même essayé cela devant John, qui ne connaissait pas cette pratique bien française, lors de ma visite à son QG en 2007).

 

 

Bon appétit, et bonne dégustation !

Voilà, merci de votre fidélité et à bientôt, passez de Bonnes Fêtes…

 

 

Santé,

Ou Slainthe, si vous préférez ! (en gaélique écossais)

 

 

Grégoire Sarafian, le 23/12/2013

Editorial No 2

 

EDITORIAL N°2: « Une rentrée chargée, de nouvelles tendances ».

 

« La rentrée » de septembre/octobre 2013 a été chargée pour moi comme pour d’autres, à commencer par les professionnels du whisky.

 

Beaucoup de salons en France et à l’Etranger, des salons ouverts au public comme aux professionnels comme le salon « Whisky Live Paris », qui fêtait ses 10 ans d’existence (eh, oui, déjà !) à la Maison de la Mutualité, fin septembre (voir le reportage illustré à la rubrique « Evénements ») et d’autres salons, professionnels non ouverts au public ceux-là, comme le salon « Club Expert » de la Maison Dugas en Octobre au Musée des Arts Forains à Paris Bercy (un lieu superbe et mystérieux). A l'occasion de ce dernier, j'ai pu constater la vitalité de certaines distilleries telle l'américaine Labrot & Graham qui produit le seul Bourbon distillé trois fois "Woodford Reserve" et qui proposait pas moins de 5 versions à la dégustation, toutes de qualité (dont le "Double Oaked", "Four Wood", "Double-Rye"). La distillerie écossaise Glen Moray présentait un 25 ans "Portwood" finish millésimé "1986" réduit à 43 % qui aurait pu être remarquable si la décision du barman de laisser la bouteille ouverte (pour raison de défaut ou odeur bizarre détectée) n'avait pas été lourde de conséquences (après un nez et une attaque en partie prometteurs, fruités malgré une note poussiéreuse (et typiquement "O.B.E."= Old Bottle effect) mais pas rédhibitoire pour autant si demeurant à petite dose, le whisky s'est vite cassé la figure à la dégustation, et j'ai eu l'impression qu'il aurait pu être meilleur). 

 

Glen_Moray_25_Portwood_finish_43

Le Glen Moray officiel 25 ans d'âge "Portwood finish", à 43 %, au salon Dugas (Photo : © Grégoire Sarafian)

 

 

J. & A. Mitchell présentait, entre autres, un advance-sample du dernier Springbank 9 ans (à 54 %) affiné en fûts de "Gaja Barolo", comme il y a quelque temps un Longrow. C'est une réussite, le vin est juste présent ce qu'il faut pour donner une teinte, une acidité, une "couleur" aromatique supplémentaire. Cependant il n'y avait pas toujours des nouveautés sur plusieurs stands importants hélas. La relativement bonne surprise fut d'avoir la possibilité (pas longtemps) de déguster deux collector's chacun, moi ce fut le Glen Moray puis le Bunnahabhain officiel 40 ans (à 41,7 %) et qui frise (ou dépasse, je ne sais plus) les 2500 € ! J'avoue que l'attaque du nez vaut son pesant d'or, c'est aérien, floral, presque évanescent, superbe, mais très vite le défaut de ce whisky ressort hélas, à savoir une présence écrasante du bois, mais un bois "vert" (cèdre, eucalyptus), mouillé, amer, et qui gâche un peu la fête. De là à dire qu'il était mauvais, non. Une affaire de goût d'une part (aimer le bois en excès) et de l'autre un choix de fûts (pour produire une certaine quantité de bouteilles) et un assemblage pas forcément assez judicieux.  J'ai été très heureux de déguster ce whisky, attention, là n'est pas la question, c'est une opportunité rare, mais le rapport qualité/prix est loin d'être à son avantage. A côté, le millésime "1968" de 41 ans d'Adelphi (issu de 3 fûts de sherry, titrage faible, là aussi, 41,2 %) sorti il y a quelques années pour un peu plus de 200 € (en 2010) fait preuve d'un équilibre parfait et d'une complexité semble t'il plus grande.

Côté négociants, je dois dire que j'ai vu beaucoup de médiocrité, surtout sur les affinages, souvent désastreux (qu'ils soient sur un profil ultra-vineux-ou pas) chez Ian McLeod (en nette perte de vitesse depuis un moment-seul le "Smokehead" 18 ans présent sur le stand a tiré son épingle du jeu, c'est assez bien fait. Heureusement que le négociant est propriétaire de la brillante distillerie Glengoyne, dont je connaissais déjà l'excellente nouvelle gamme, qui propose de très fins single-malts au profil sherry unique. Nouveau venu aussi dans le portefeuille du négociant, la distillerie Tamdhu, remise en selle côté single-malts, présentait son tout nouveau 10 ans d'âge à 43 % (avec sa bouteille en forme de flacon de parfum) d'une délicatesse à réserver aux (vrais) amateurs de whisky (pour vous donner une idée, il se situe entre la finesse d'un The Glenrothes "1987" et le caractère malté/sherry délicat du Glengoyne 18 ans). Les bas de gamme de chez Dun Bheagan (gamme qui appartient à Ian McLeod également) ne m'ont pas paru "passionnants" (hormis un joli et léger "Islay" 8 ans, générique-un Laphroaig de toute évidence-très buvable...et le Braeval 16 ans qui ne s'en tire pas trop mal, assez plaisant, même si j'ai dégusté bien meilleur de cette distillerie). Dommage, aucun haut de gamme (de bien meilleure réputation) n'était disponible sur le stand. Le négociant Duncan Taylor, lui, avait quelques jolies choses à présenter dont un Mortlach 17 ans (à 46 %) atypique, très rond, et un très fin et expressif (thé, fruits d'été) Strathmill 21 ans (un sherry cask à 55 %), tous deux dans la gamme "Dimensions".

Mais la véritable "vedette" chez les indépendants ce fut pour moi la réapparition au salon d'un stand dédié et vraiment à sa mesure du négociant Cadenhead's (tout de même le plus ancien négociant écossais à avoir proposé des single-malts en bruts de fût), venu en force via le dynamique nouvel ambassadeur Mark Watt (que j'avais déjà rencontré) avec pas moins de 4 mises en bouteille différentes dans la nouvelle gamme dite "Small batch" (ici un Fettercairn 19 ans à 54,1 %, Glenrothes 18 ans à 46 %, Clynelish 17 ans à 57,3 %, et enfin un Bowmore 14 ans à 46 %) mais hélas pas le déjà sold-out (ou presque?) Highland Park 25 ans* de très bonne réputation et qui fait déjà l'objet d'une certaine spéculation. Tous étaient intéressants chacun dans leur genre, sans doute la puissance était symbolisée par le Clynelish atypique (très sherry) tandis que la délicatesse l'était par les autres, et pour l'exubérance florale & fruitée plutôt par le Fettercairn, et dommage que le nez du Bowmore soit supérieur à la bouche. * = (Dernière minute, dégusté récemment ce H.P. m'a paru plutôt réussi et gourmand en fruits issu de l'élevage en fût de Sherry, mais au négatif il avait perdu nombre de marqueurs aromatiques de la distillerie, et c'est dommage).

 

Stand_Cadenheads_salon_Dugas_2013

Le stand Cadenhead's au Salon "Club Expert" Dugas 2013, avec 4 whiskies et un nouveau look (Photo : © Grégoire Sarafian).

 

Bruichladdich était là, eux aussi, avec notamment un "Scottish Barley" et un "Islay Barley 2006" jeunes et assez "fermiers" mais de qualité, bien sûr le nouvel "Octomore" (que je n'ai pas eu le temps de déguster finalement), et un 16 ans d'âge (gamme régulière) qui m'a laissé sur la fin. Rien à voir avec le P.C. 10, le "Peat Project" ou les "Octomore" précédents, références que je préfère désormais aux Bruichladdich désormais chez cette distillerie.

Et je ne parle pas des nombreux salons étrangers que je n'ai pu visiter cette année (mais nous serons amenés à en reparler plus tard).

 

Une rentrée chargée, donc, mais aussi de nouvelles tendances « world whisky »: 

Le mouvement de fond d’émergence pour certains, de consolidation pour d’autres continue: De « nouveaux » pays émergents du whisky comme Taïwan mettent en avant, grâce au distributeur français aussi, leur production (le single-malt Kavalan) au plus grand salon public du whisky de Paris, des pays inattendus pour la production de whisky comme l’Italie présentent leurs créations pour la première fois en France (comme la distillerie Puni), tandis que d’autres comme l’Inde reviennent enfin au Whisky Live, soit pour consolider leur position de leader en Europe (en tant que distillerie indienne) comme Amrut, de Bangalore, soit pour se faire connaître des français comme la distillerie Paul John, située à Goa. Encore plus loin de chez nous, les néo-zélandais de la distillerie fermée Willowburn sont enfin disponibles chez nous grâce à un négociant, produisant la gamme « The New Zealand Whisky ». Du côté de son voisin australien, moins de distilleries présentes en France dans les salons, hélas, et pour le moment pour moi le leadership est toujours tenu par la Tasmania distillery et leur single-malt Sullivans Cove, mais de nouvelles distilleries arrivent sur le marché local, donc c'est à suivre.

Pour revenir à l'Europe ça bouge également, avec la distillerie galloise Penderyn toujours en progrès. Il y a par ailleurs désormais pas moins de 9 distilleries en Suède, mais toujours une seule distribuée en France (Mackmyra), excellente, certes mais l'on est curieux des autres. Il en va un peu de même pour la France, avec les distilleries Warenghem (et les versions de plus en plus intéressantes de son single-malt Armorik), Bertrand (single-malt Uberach-hélas non testé cette année, désolé!), ou encore Glen Rozelieures ou P & M (on me permettra d'être bien moins enthousiaste sur les productions de ces deux dernières, jusqu'à preuve du contraire...), mais il en manque d'autres, qu'on aimerait voir plus présentes dans les boutiques parisiennes. Heureusement il y a le Domaine des Hautes Glaces (qui fait office de cadet) qui force le respect avec son approche "verte" et artisanale, et plusieurs nouveautés (dont presque un single-malt maintenant). Mais alors que les mises en bouteilles du new spirit l’an dernier étaient prometteuses, le « démon de l’affinage obligatoire » semble encore menacer l'équilibre de certaines versions et brouiller la lecture du style maison en plein devenir (un petit soucis à surveiller chez plusieurs distilleries, certaines, que je ne nommerais pas ici, s'acharnant à vouloir passer du côté obscur !). Le vrai bonheur, lui, vient de quelques sublimes exceptions, et là je pense à Glann Ar Mor, par exemple, avec encore de belles choses cette année. D'autres projets semblent être sur le point d'aboutir, en Ecosse, en Irlande, parfois même grâce à des français (à suivre d'ailleurs le projet d'ouverture de distillerie de Jean Donnay sur Islay, par exemple). 

 

Parmi les nouvelles tendances, arrivant bien entendu toujours un peu en retard en France par rapport au reste de l’Europe, figure l’émergence de nouvelles sociétés de négoce irlandaises, comme celle de Teeling Whiskey & co, dirigée par Jack Teeling, le fondateur de la distillerie Cooley (et qui a accès à une partie des stocks de la distillerie, même après son rachat par Beam Global brands l’an dernier) et la distribution française plus large semble t’il de « The IrishMan », gamme de pot still whiskeys et de single-malts proposée par la société du même nom de Paul Walsh depuis 1999 (pour le blend) et 2007 (pour le single-malt). Signalons l'excellente version "Cask Strength" de cet embouteilleur, assez réussie. Et encore il y a d’autres projets dans les cartons de plusieurs décideurs comme la création de plusieurs nouvelles distilleries irlandaises…

 

The_Irishman_C.S._2013

 

 

Avec "The Irishman" en version brut de fût, Paul Walsh propose une alternative inédite aux blends de la Midleton distillery

tout en s'approvisionnant chez eux mais sans ajouter de whiskey de grain (que du Pure Pot Still & du single-malt).

 

Du côté du site web de votre serviteur, dont beaucoup de choses sont encore à consolider et à compléter, je dirais que les premières réactions sont encourageantes, notamment celles des confrères, et que je tiens compte des critiques pour essayer d’avancer pour offrir un outil plus efficace à l’internaute passionné ou juste curieux du whisky…cela prend beaucoup de temps et d’énergie, j’y reviens pas plus que cela (voir l’éditorial N°1). Depuis le précédent numéro, j’ai étoffé la présentation des pays producteurs du whisky, il me reste un pays et un topo global à faire sur les (autres) pays producteurs européens et le plus gros sera de compléter petit à petit les notices descriptives & historiques des distilleries, maisons d’assemblage et de négoce écossaises (en priorité, puis irlandaises, japonaises, états-uniens, etc…) et bien sûr continuer de transférer sur le site peu à peu mes notes de dégustation. Un travail important, et de (très) longue haleine, autant le dire.

 

Vous trouverez ce mois-ci sur le site, outre un reportage illustré sur le dernier salon du whisky, le « Whisky Live Paris 2013 », une interview de Daryl Haldane, ambassadeur de la distillerie écossaise HIGHLAND PARK, un article sur l’Histoire du Whisky des Etats-Unis (« relativement exhaustif » sauf pour les micro-distilleries !), l’illustration de l’article sur l’histoire du Whisky japonais (récemment complété), celle à venir de la même rubrique mais pour l’Ecosse et l’Irlande, et quelques remarques pour aider à naviguer sur le site dans les rubriques ad hoc.

 

 Chris Maybin de Compass Box dans la pièce spéciale aménagée pour une présentation interactive (avec machine à voter!)

des nouveaux batches expérimentaux du "Great King Street", l'un tourbé, l'autre marqué par le sherry (Photo : © Constantin Sarafian).

 

 

Bonne lecture maltée !

 

Grégoire Sarafian, le 31/10/2013 (et modifié les 04/11 & 10/12//2013)

 

 

Editorial

 

 

EDITORIAL N°1: « Un nouveau site, une autre vision du whisky ».


2013, c’est pour moi, enfin, après des années de travail, la sortie de ce site internet consacré au whisky. Un site à la fois destiné aux nouveaux venus dans ce fascinant univers du spiritueux le plus complexe au monde (en tout cas j’aime à le penser comme tel) et aux passionnés, qui fréquentent déjà (et ce inlassablement!) la toile, voire même, pour ceux que cela intéresse, aux professionnels (distillateurs, négociants, barmen, cavistes, commerciaux), histoire d’avoir des retours et des opinions sur leurs productions ou de servir d'outil.

Ce site se veut donc à la fois un outil, un guide & un recueil d’opinions et d'informations sans tabous sur le monde du whisky et sur mes notes de dégustation. A terme, car cela m'est impossible pour le moment, j'espère aussi vous proposer une plus grande partie de mes notes, bientôt (si tout va bien) plusieurs centaines de notes sur plus de 1700 bouteilles déjà dégustées. Patience. Ces notes ont été rédigées par un passionné qui explore ce domaine depuis plus de dix ans, et de manière plus intensive depuis environ sept ans.

Ce  site tentera aussi de répondre aux questions suivantes que l’on se pose fréquemment ou périodiquement au sujet de ce breuvage quasi-médiéval :

Comment décrypter une étiquette ? Comment choisir son whisky pour le déguster, le collectionner, l’offrir ? Dans quels verres le servir, et avec quels mets l’associer ? Quelles sont les règles qui régissent le whisky écossais ? Qu’est-ce qu’une mise en bouteille officielle ? Qu’est-ce qu’une version de négoce ou indépendante ? Qu’est-ce qu’un assemblage ? Quel vocabulaire pour parler du whisky, et que veulent dire tous ces termes techniques ? Quels sont les fondamentaux pour appréhender cet univers complexe, et ce en quelques pages seulement ? Que disent certains professionnels (maîtres-distillateurs, négociants, assembleurs, cavistes, etc…) ou amateurs éclairés (collectionneurs, webmestres, « anoraks ») du whisky et de la situation actuelle ? Comment découvrir « les autres pays » du whisky si l’on n’a pas le temps ou les moyens de voyager à l’autre bout de la planète ? Comment sortir des sentiers battus et s’intéresser, tout en sirotant son whisky, à d’autres formes de « création » ? Y a-t-il une autre manière, poétique, par exemple, de parler du whisky ? Etc…

Ce sont quelques-unes des questions auxquelles nous tenteront de répondre ici, en espérant vous donner le goût et la patience de vous intéresser de plus près à ce sujet, de vous l’approprier, et aussi bien entendu, de comparer avec ce que l’on vous dira ici ou là. Dans la mesure du possible, l'auteur vous communiquera de temps à autre également des informations exclusives, que vous ne trouverez donc nulle part ailleurs et que l'on ne vous confirmera pas forcément officiellement par ailleurs...ce sera à vous de juger, et de me faire confiance ou pas...D'un autre côté, je ne vous le cache pas, avec l'expérience, une dégustation soigneuse, dans les règles de l'art, en dit parfois bien plus long sur votre whisky que les informations fournies par les producteurs ou les vendeurs, ou même l'étiquette.

Le plus important pour l’auteur, mais aussi pour les collaborateurs occasionnels qui viendront ici ou là intervenir pour vous parler d’une bouteille, d’une distillerie, d’un négociant, de leur collection, etc…c’est de vous amener à la dégustation, mais ensuite de vous aider à vous faire vous-même votre propre avis (voire votre collection), et développer ce faisant votre sens critique, au-delà du discours parfois convenu des professionnels et des marchands, mais aussi de certains amateurs dits « éclairés ». Car il s’agit d’une activité très personnelle…

 

Japanese whisky tasting Whisky Live Paris Sarafian

Dégustation de whiskies japonais sur la terrasse, préparation de prise de notes  (Whisky Live Paris 2009, Photo : Grégoire Sarafian ©)

 

En ce sens, les notes de dégustation, avec leurs précisions, nuances, doutes et remarques circonstancielles qui vont avec, sont pour moi plus importantes que les notes chiffrées ou les étoiles. Aucun système de notation n'étant parfait, peu de whiskies générant exactement les mêmes notes chez tous les journalistes ou observateurs reconnus du whisky, il m’a semblé opportun, il y a 6 ans environ, de développer mon propre système de notation, d’abord sur 20 points, ensuite sur 100 points. Je l’ai modifié au cours des années, pour arriver au système actuel (qui comprend 9 indices qualitatifs qui donnent un score total sur 100 points, et 22 indices quantitatifs notés de 0 à 5 en termes de présence de saveurs en bouche). J’y ai joint à l’occasion de la création de ce site un système de notation succinct par étoiles (de 1 à 10) pour des raisons de clarté et de visibilité plus grande pour les personnes peu au fait de ce genre de notation. Ce dernier système n’est pas tant destiné à être l’exacte transposition du système sur 100 que juste un indicateur synthétique facile à appréhender et suffisamment parlant pour les personnes qui n’auraient par exemple pas le temps de lire toute une critique.Au début, voire même par la suite, la grille de notation chiffrée et détaillée ne sera pas accessible en ligne, en tout cas pas pour tous les whiskies, elle est compliquée à transposer ici et risque d'être trop fastidieuse à mettre en oeuvre comme à lire, car il y a déjà un certain nombre d'informations par whisky.

(Dernière minute-Désolé, un soucis technique empêche le déploiement de ce système affichant un maximum de 10 étoiles. Nous tentons de réintégrer cela, merci de votre patience).

Il y a donc plusieurs niveaux de lecture de ces notes de dégustation, avec, autant que possible, une part informative sur la bouteille analysée, mais aussi sur la distillerie et/ou le négociant. J’ai bien conscience, pour l’avoir éprouvé au fil du temps des forces et faiblesses de ce système de notation (identique depuis environ 6 ans- pour maintenant plus de 1700 whiskies dégustés, il serait donc fastidieux d’attendre de le changer avant de sortir le site) et j’espère un jour prochain, lorsque le site sera suffisamment avancé, revoir ce système et le perfectionner.

La réalisation de ce site ayant nécessité un travail considérable et de grosses difficultés techniques pour transposer ces notes et refondre tout le contenu du projet (qui était destiné initialement à devenir un livre-guide), et ayant déjà été reportée de plus d’un an, il a fallu faire des choix. Encore une fois, merci donc de votre indulgence et de votre patience, car je ne pourrais pas mettre de suite ni même à moyen terme toutes mes notes (le choix pour les notes de dégustation d'une fiche individuelle au lieu d'un texte libre est assez contraignant) et toutes mes photos…mais l'essentiel y figurera peu à peuil y a là déjà je pense de la matière et quelques rubriques susceptibles de vous intéresser, en tout cas je l'espère.

Ainsi le premier « Gros plan «  (menu Haut, colonne « Actualités ») sera consacré à la prestigieuse distillerie écossaise HIGHLAND PARK, tandis que la rubrique « Coup de cœur » concernera une bouteille de single-malt….de la distillerie indienne de ce que je considère déjà comme une grande distillerie, à savoir AMRUT ! (menu haut, idem). Le ton est donné…:

De l'exigence, donc, mais pas de sectarisme, la reconnaissance de la qualité, de la curiosité, et l'envie de rencontrer aussi les personnes qui gravitent autour de ces whiskies, bref, poursuivre cette belle aventure entreprise il y a longtemps, mais un peu différemment désormais.

De la même manière, comme il est difficile voire impossible d’aborder tous les sujets liés au whisky de manière exhaustive, il y aura des sujets plus privilégiés que d’autres, plus complets que d’autres, en fonction du temps que je pourrais y consacrer (à côté d’un travail à plein temps sans aucun rapport !), des opportunités d’information, de dégustation aussi (le site est gratuit, or les dégustations ont un coût), des voyages, de l’actualité, bref, comme tout site vivant, il sera amené à évoluer, également en fonction de vos réactions, tout en essayant de garder les choix initiaux et la plus grande indépendance possible.

A cet égard, je vous invite à consulter les rubriques « Pourquoi ce site », ou «  Un passionné », ou encore "Invités" qui précisent le contexte de création du site, des détails sur son auteur, mais aussi la mention d’éventuelles collaborations avec le milieu professionnel (voir à la rubrique "Références") le cas échéant.

L’auteur est, comme nombre de passionnés, curieux de mieux connaître le milieu du whisky (et possède ses propres goûts-qu’il est en droit d’affirmer), or l’incursion « côté pro. » que j’ai pu avoir à certains moments, très ponctuels, m’a permis parfois d’ouvrir des portes intéressantes afin d’en savoir plus. Pour autant, l’auteur tient à préciser que ce site web, contrairement à certains autres, heureusement pas tous (voir les nombreux liens !) est un site personnel avant tout et exclusivement. Ce n’est pas un site publicitaire ou commercial classique déguisé pour telle ou telle marque ou groupe (si c'est le cas de manière effective, vous le saurez), mais bien l’œuvre d’un amoureux du (bon) whisky, qui vous dira ce qu’il pense, sans langue de bois, en bien ou en mal, même sur ses marques favorites !

 

Bon Voyage dans le Fabuleux Univers du Whisky !

 

Grégoire Sarafian, le 22/09/2013, à Paris-addendum le 10/10/13

 

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