Editorial No 17

 

 COMMUNIQUE (17/12/2015):

 

Que vous soyez êtes lecteurs occasionnels ou assidus de Greg’s Whisky Guide, soyez en remerciés. Vous avez sans doute remarqué que depuis quelque temps, plus aucune note de dégustation détaillée n’était postée, ou tout au plus quelques notes succintes dans le dernier éditorial en date. Je veux vous dire aujourd’hui combien j’ai de la peine à vous en donner la raison principale, au-delà des problèmes techniques persistants et qui vont nécessiter une refonte complète du site sous peu. En effet, depuis l’été dernier, je suis atteint d’une forme évolutive et partielle d’anosmie que l’on nomme dysosmie (c’est plus compliqué que cela, alors je résume), en bref, une perception altérée des odeurs et aussi du goût.

De cause encore indéterminée, même si attribuée par un des médecins vus cette été « probablement à un virus », je pensais que le problème allait se résoudre avec le temps depuis l’été dernier ou elle est apparue, mais il n’en est rien. Il y a eu un léger mieux en septembre/octobre dernier, c’est pourquoi j’ai pu « couvrir » (même si le reportage n’est pas encore en ligne, désolé !) deux salons dont le « Whisky Live Paris 2015 » (reportage que je mettrais en ligne dès que possible, même incomplet), mais depuis il y a eu certaine régression, et même une amplification du phénomène sous forme d’une parosmie spécialement associée aux whiskies (modification par le patient d’une odeur habituellement agréable en une odeur désagréable : odeur d’eaux usées, voire même d’excréments). C'est quasiment systématique, mais curieusement certains whiskies hauts de gamme et de caractère y échappent, alors que d’autres non. Je vais devoir faire une olfactométrie et suivant le diagnostic, voir avec un spécialiste quelle solution y a-t-il, et si la perte de capacités et temporaire ou définitive.

Cela remet donc en cause bien évidemment mon aptitude à juger d’un whisky et à écrire sur celui-ci, hélas, mais aussi, par exemple à juger de la dangerosité ou non d’une odeur au quotidien. Cette pathologie affecte aussi mon moral, clairement, mais parmi les conseils médicaux donnés, il y a le non abandon de la dégustation, notamment pour entretenir ma bibliothèque d’arômes et de saveurs, qui autrement risquerait de se perdre, et aussi, je vous rassure, parce qu’heureusement il subsiste quelque chose de mes capacités, au goût notamment. J’espère vraiment que ces capacités vont revenir à leur plein niveau bientôt, sans quoi il est possible que ce site n’ait plus de justification à mes yeux, du moins sous cette forme. Je vous tiendrais au courant de l’évolution de ce problème.

J’ai conscience qu’au regard de l’actualité assez dure de ces dernières semaines, ce souci personnel apparaisse comme fort dérisoire, c'est certain, mais c’est aussi ma réalité… Je pensais jusqu'ici que l’étape du goût était l’essentiel de la dégustation, même si je prônais la vertu d’un « nosing » bien fait dans les règles, et que je pouvais passer de longs moments avec le nez de certains whiskies, mais je réalise aujourd’hui combien est frustrante la suppression quasi-systématique de cette étape pour moi actuellement. J’en ai fait part de manière privée à quelques interlocuteurs professionnels (qui sont pour certains devenus des amis) et je les remercie ici à cette occasion de leurs encouragements…Vos samples ne sont pas perdus, je les dégusterais et chroniquerais dès que j'irais mieux, merci de votre compréhension.

L’EDITORIAL N°18 sortira malgré tout d’ici la fin du mois. Il sera forcément un peu différent…J’espère malgré tout qu’il vous plaira. Merci de votre fidélité et à bientôt…

 

 

 PRESS RELEASE (ENGLISH summary/translation) - 17/12/15:

 

As a current or occasional Greg’s Whisky Guide website reader, you may have noticed I didn’t post tasting notes or long reports for a long time, with a few exceptions, and there are two reasons for that, the least being (at the moment) that the current style/version of the website’s template is out of date and will need a complete refurbishment soon. Yes, alas the main reason is the fact I was diagnosed a form of anosmia last summer (a disease that causes more or less alterations of my perceptions of aromas & flavors, not only in whisky, but a lot about it), that I thought was declining during the autumn (that’s why I could attend Whisky Live Paris 2015 show & some other tastings events, and write about it*), but I was wrong. It isn’t gone yet, it's even massive about whiskies especially (and of course wine) and is subject to variations (sometimes it seems I’m recovering my ability to nose & taste, especially with some high end and stereotypical whiskies, but the day after all seems lost) and very disturbing over time and affects my moral. I will soon have to pass different tests in a specialized hospital and see how to cure this disease, but I have no idea of how & when (and even if there are not some definitive losses) I can overcome this at the moment.

That is why I don’t feel comfortable with writing about whisky and especially tasting notes. *The ones I did for Whisky Live Paris 2015 are still valid in a way, and I will publish some of those a.s.a.p., but after that I don’t know what will happen for me and the website existence. I promise to keep you posted.

I know recent events in France and abroad where much more severe than this personal problem I’m sharing with you here, but this is my reality at the moment. I also want to thank here all the people that reacted positively to my private messages for their support, especially people from the whisky industry or ”artisanry” I’ve been in contact with…For those you provided me samples, thanks again, and don't worry, they will be tasted & reviewed asap, as they deserve the best conditions, so thanks in advance for your comprehension.

Despite all that has been said, I will release before the end of December my N°18 EDITORIAL. It should be different this time, obviously, but I hope you will like it. Thanks for your fidelity & see you soon…

 

 

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EDITORIAL No 17 : « ET SI ON DEGUSTAIT FRANÇAIS ? » :

 

(How about tasting French whiskies?)

 

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 "Fluctuat nec mergitur"

 

 

Première Edition/1st Edition: 25/10/2015

Mise à jour/Update: 06/11/2015

 

INTRODUCTION :

(Foreword) 

 

Pour cet éditorial (au passage, c’est le deuxième anniversaire de ce site internet, à quelques semaines près…eh oui, déjà !-cela pourrait être un Bourbon, mais pas encore un whisky…), j’ai voulu faire les choses un peu différemment :

Pas de nouveautés ou de nouvelles du monde du whisky (sauf exceptions), non, une fois n'est pas coutume, celles-ci vont être intégrées dans mon compte-rendu à venir de mes visites au salon Whisky Live Paris 2015 & Salon Club-Expert Dugas 2015*, mais je vous propose plutôt une interview de Robin Entreinger, réalisateur d’un film documentaire intitulé « Le Tour de France des whiskies », ce qui me permet, au passage, de faire le point sur le sujet avec lui, puis d’apporter une brève conclusion sur un sujet sur lequel, bien évidemment, je serais amené à revenir.

 

* En attendant, vous trouverez  ci-dessous le lien vers plusieurs reportages sur des dégustations récentes...

 

 

 A présent disponible sur le site  (available on the website right now) :

 

 -Reportage sur la Masterclass BENROMACH chez Nicolas Julhès

 -Reportage sur la Masterclass KAVALAN chez Nicolas Julhès

-Reportage sur la dégustation ANCNOC, BALBLAIR, OLD PULTENEY chez Vin & Whisky

 

Voir ici pour les 3 reportages (for tasting notes click here) :

Reportage/Notes

 

 

ENGLISH SUMMARY :

For this new Editorial, I have decided to do things differently (well, but before saying anything else, let’s recall it’s now the second anniversary of this website…yes, already ! It means this could be a Bourbon, but not a Scotch Whisky yet…). No news (with a few exceptions) or new bottlings announced here this time, because they will be included in my reports about Whisky Live Paris 2015 & Salon Club-Expert Dugas 2015* (the two biggest annual spirits show in Paris so far) coming soon, but you will rather find an interview of Robin Entreinger, director of a documentary about French whiskies called « Le Tour de France des whiskies » (or that one could call « A Journey into French Terroirs of Whisky »). This interview will lend me to have my say about the French scene & dialog with him, and, of course to bring a short conclusion about a topic about I will for sure be writing again in the future.

 

* Before these upcoming reports, here are some others about various masterclasses and tastings : 

click here

 

As always, you can get an approximative translation of my full EDITORIAL by using « Google Translate », or for another one, please click here below… : Translator

 

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Dernière minute : Déclaration publique (relayée sur Twitter):

 

Greg's Whisky Guide, le site internet sans langue de bois, soutient la société Compass Box Whisky Company (& toute autre société, distillerie ou négociant qui ferait le même choix) dans leur politique de transparence envers le consommateur. En tant que consommateur de whisky, écrivain du whisky, "bloggueur" de whisky, je ne peux accepter la récente décision de la S.W.A. (Scotch Whisky Association) d'interdire la mention de l'âge le plus important entrant dans la composition des deux dernières créations de la société ("This is not a luxury whisky" & "Flaming Heart 5th Release"), voire d'autres informations importantes (présentes sur des flyers et sur le site web) sous prétexte des règles de la S.W.A. Devant cette menace de poursuites, Compass Box a du retirer ces mentions. Je pense qu'à la condition ou les distilleries qui ont vendu à Compass Box les fûts pour créer ces whiskies l'ont autorisé à mentionner leur âge, l'on ne devrait pas cacher au consommateur ces informations susceptibles de les aider à savoir ce qu'ils achètent ou pourraient vouloir acheter. 

A une époque ou les prix des whiskies ne cessent de monter, il est plus qu'utile de savoir pour quoi on paie, et c'est tout à l'honneur de Compass Box de donner au public l'accès à ces informations. Depuis le premier jour ou j'ai fait connaissance avec le travail de John Glaser, j'ai été impressionné par les choix culottés que celui-ci a fait et par sa capacité à expliquer au public avec pédagogie chacune de ses créations, créations, qui, excusez du peu, sont aujourd'hui pour beaucoup parmi les whiskies les plus acclamés et recherchés au monde. Ce choix de transparence n'est pas celui de toutes les sociétés productrices de whisky, loin s'en faut, et je ne vois pas quel but la S.W.A. poursuit, hormis, en quelque sorte, tromper le consommateur sur le contenu des whiskies en faisant un mensonge par omission. Enfin, je dirais que ce serait tout à son honneur que celle-ci accepte, en définitive, d'assouplir ses règles, afin de laisser entrer dans celles-ci davantage de modernité, de soutien à un travail exigeant et à la transparence, ce par égard pour ce qu'est le Whisky....

 Grégoire Sarafian, le 29 octobre 2015

 

 

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"This is not a Luxury Information to learn about its true content... I said !"

 

 

Public statement (ENGLISH Original Text), also published on Twitter :

 

"GregsWhiskyGuide (French no doublespeak use whisky website) supports Compass Box whisky company (& all the other companies that could wish to do the same) in their transparency policy towards the consumer. As a consumer, a whisky writer & whisky blogger, I can’t accept SWA's decision to forbid, on the web & flyer information (about John Glaser's latest new limited editions bottlings "This is not a luxury whisky" & Flaming Heart") the age statement, the type of casks, the distillery names-if they agreed to let it know of course & other information (mentioned in flyers & on the website) that could help the consumer to know what they are buying or to know what they possibly could buy.

As whisky prices continue to increase, it's more than useful to know what you've paid for, and that's what John Glaser does. One has to give them credit for that. From day one, I've been impressed by the choices that John Glaser did & his ability to always explain to people what he was doing while creating some of the most now sought after world wide -and, excuse me, most awarded- crafted whiskies. Not all whisky companies do that and I don't see what purpose this SWA's decision follows except to cheat the consumer in a way. It will be SWA's honor to eventually open up its rules and let modernity, (support for) hard work for quality & transparency blossom, for Whisky's sake...."


 Pour en savoir plus, voir le lien suivant:

(to learn more, please follow the link below):

 

Article de The Spirits Business (30/10/15)

 

 

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EN BREF (Addendum du 06/11/2015):

 

Le 04 Novembre dernier se tenait, dans les salons du restaurant Les Noces de Jeannette à Paris, le salon privé "SPIRIT" 2015, organisé par l'association "Les Bibliothèques Gourmandes", en partenariat avec la librairie La Boîte à Lettres (d'Asnières-sur-Seine), un salon très convivial qui propose des dégustations de vins, fromages, pains & divers spiritueux, mais attribue aussi chaque année plusieurs prix à des écrivains s'étant illustrés dans la gastronomie. J'aurais l'occasion de revenir sur ce salon ou j'ai pu découvrir les excellents Cognacs des maisons Pierre LECAT, du Domaine ROY, ainsi que les Bas-Armagnacs de qualité (dont certains sont à titrage fort intéressant, presque des bruts de fût !) de chez TARIQUET, mais aussi les Calvados très fins de la maison MORIN (ah, ce 25 ans!), mais je tenais d'ores et déjà à vous signaler l'ouvrage qui a obtenu le Grand Prix, à savoir le "Guide Hachette des Whiskies" de Martine Nouet, récemment publié en France et en français. Un guide touffu et pointu de 384 pages qui balaie nombre de questions importantes, et propose pas moins de 500 notes de dégustation (dont 80 coups de coeur), notes par ailleurs toutes assorties d'une référence d'association culinaire (il y a aussi un chapitre sur le sujet, sur lequel Martine Nouet est experte), ainsi que nombre de conseils utiles, le tout de manière accessible. Rappelons que Martine est la seule personne (et la seule femme) de France a avoir obtenu le prestigieux titre de "Master of the Quaich" de la part des professionnels du whisky écossais, la plus haute distinction...Un guide dont je vais approfondir la lecture, mais que je peux déjà conseiller aux néophytes, et même aussi à ceux qui ont davantage d'expérience.

 

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Votre serviteur avec Martine Nouet au salon "Spirit" 2015, le 04 novembre dernier. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

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INTERVIEW de Robin ENTREINGER (réalisateur du film documentaire « Le Tour de France des Whiskies ») :

 

(Interview of Robin ENTREINGER, director of « Le Tour de France des Whiskies » documentary)

 

 

 

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L"affiche du film, avec l'aimable autorisation de Robin Entreinger.

 

 

Le public amateur du whisky connaît probablement Robin Entreinger par son premier film sur le sujet que fut « Le Monde du Whisky : 1/ Islay » (un court métrage de 22’05), réalisé en 2013 et auquel ont succédé plus récemment deux autres volets, le deuxième sur les micro-distilleries de whiskey d’Oregon et le troisième sur des distilleries du Luxembourg. Robin Entreinger, qui est également un réalisateur de films de fiction et gérant d’une petite société de production nommée « Seven Light », nous revient cette année avec « Le Tour de France des Whiskies », son premier long métrage documentaire consacré au whisky. Ayant à cœur d’aider à faire découvrir à autrui le patrimoine whisky du pays, et par ailleurs ayant moi-même modestement soutenu cette initiative (le film fut en effet totalement financé par KissKissBankBank, une plateforme de financement participatif), il m’a paru opportun d’interviewer l’auteur de ce film, ce également pour approfondir certaines questions et répondre à d’autres que je me suis posé au visionnage du film, un film qui est d’ailleurs diffusé gratuitement sur youtube.com depuis le 17 Octobre : Lien ici vers le fim (click here to watch the movie)

 

 

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Portrait de Robin Entreinger, avec son aimable autorisation.

 

 

1/ Bonjour Robin et tout d’abord mes félicitations pour l’aboutissement de ce projet qui n’apparaissait pas évident au départ et plutôt titanesque. Au final, c’est un joli survol en 1h40 de la production française de whisky, survol qui si j’ai bien compris sera suivi d’épisodes plus détaillés ou l’on reviendra sur chaque distillerie ?

Bonjour Grégoire. Oui, en effet, dans quelques semaines je commencerai à publier des épisodes d'environ 15 minutes sur chacune des distilleries que nous avons visitées durant notre périple. Pour mon long-métrage, je n'ai pu consacrer qu'environ 4 minutes de vidéo pour chaque distillerie. Le film montre ainsi toute la richesse du monde du whisky en France. Mais il y a tant à montrer... C'est pourquoi je proposerai ces épisodes, pour ceux qui désirent en savoir plus sur une distillerie en particulier, ou sur toutes pour les plus avides de découverte !

 

2/ Tu es l’auteur de plusieurs documentaires sur le whisky, et notamment de celui sur Islay (qui en est à plus de 8300 vues sur youtube.com-ce qui pour un sujet aussi pointu dans un pays davantage de tradition vinicole est déjà pas mal), film qui t’a fait connaître du public amateur de whisky, alors comment est née cette idée de revenir vers la France et vers notre production de whisky ?

En effet, le petit film sur Islay, que nous avons tourné en 2013 de façon totalement indépendante lors de notre voyage au Feis Ile 2013, cumule en fait près de 18000 vues, si l'on tient compte de la version en langue anglaise. C'était totalement inattendu. Après avoir tourné l'épisode en Oregon en 2014, cette fois tout seul – sans Valentin-, Valentin et moi avons décidé de nous lancer dans une série de reportages sur le whisky à travers le monde, en ciblant à chaque fois un secteur géographique précis. Nous nous sommes dit que la France méritait un épisode... Que l'on imaginait d'environ 40 minutes, au tout départ du projet... Nous ne savions pas, à l'époque, qu'il y avait tant de distilleries de whisky en France.

 

3/ Philippe Jugé, journaliste et notamment écrivain du whisky, longtemps un acteur important de la revue Whisky Magazine & Fine Spirits France (mais toujours collaborateur) et récemment organisateur d’un salon, « France Quintessence », entièrement consacré aux spiritueux français, a collaboré à ce film, et, à l’occasion d’une interview ponctuant certains moments clés du film, replace le whisky français dans son contexte autant historique qu’économique. Comment s’est passée cette collaboration ?

Philippe m'a contacté après que l'on ait mis le projet en ligne sur la plateforme de financement participatif kisskissbankbank. Nous nous sommes trouvé sur Internet, puis il m'a appelé au téléphone et notre première conversation à durée 2 heures ! Il m'a dit que mon projet était très intéressant, mais qu'il manquait des distilleries dans mon projet de voyage. Il m'a éclairé très précisément sur l'état du whisky en France, et à collaboré à mettre en place notre itinéraire. Il a également contacté les distilleries pour les informer de notre projet de film, les incitant ainsi à nous recevoir et à participer au film. Il a également fait en sorte que notre financement arrive au bout... En gros, sans l'aide de Philippe Jugé, nous n'aurions pas pu faire ce film, en tout cas pas dans ces conditions.

 

4/ Le film a été annoncé au départ comme produit par l’initiative du financement participatif autour de la plateforme « KissKissBankBank », mais à l’arrivée, à la lecture du générique, l’on comprend que trois distilleries françaises figurant dans le film (WARENGHEM, GRALLET-DUPIC ET Domaine MAVELA) ont elles-mêmes co-produit le film. Comment cela s’est il fait (à quelle étape de la production) et cela n’a-t-il pas posé des questions de conflit d’intérêt ?

Lorsque vous participez à un financement participatif, vous avez droit à des rétributions. DVD, affiche, livre... Et à partir d'un certain montant défini, votre nom apparaît au générique de début... Voilà ce qu'il s'est passé pour ces trois distilleries. C'est tout simplement une histoire de montant, et de rétribution liée au financement participatif. Il n'y a pas eu de conflit d’intérêt, chaque distillerie a reçu les mêmes faveurs, vous pouvez compter les minutes dans le film ! Il n'était pas pensable pour moi de marquer un certain favoritisme, et je précise aussi que ces distilleries ne m'ont jamais rien demandé d'autres que de faire un bon film. Contrat que j'espère avoir rempli.

 

 

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La distillerie Warenghem (plus connue du public sous le nom de son single-malt Armorik), la plus ancienne distillerie de whisky de France.

 

 

5/ De même, plusieurs distilleries françaises dont certaines de renom international comme GLANN AR MOR ne figurent pas dans ce film par ailleurs plutôt exhaustif (l’on y voit des responsables de pas moins de 25 distilleries présenter leur travail à leur interlocuteur -Robin étant hors champ la plupart du temps car derrière la caméra, c’est Valentin Bonhomme qui est devant la caméra et joue tantôt les candides, tantôt les érudits, toujours curieux et ouvert…). Peux-tu expliquer pourquoi finalement il manque au moins 3 distilleries au tableau (GLANN AR MOR, GUILLON, KAERILIS, etc…), et combien il y en a-t-il au total en France qui produisent du whisky, d’après tes observations ? (36 environ, je crois ?)

Certaines distilleries manquent à l'appel. La raison en est qu'elles n'ont pas souhaité être dans le film, tout simplement... Personnellement, j'aurais bien sûr aimé avoir tout le monde, mais je dois respecter le vœu de ceux qui n'ont pas souhaité faire partie de cette aventure. Il y a eu aussi un rendez-vous manqué. Dommage. D'après mes observations, 35 distilleries fabriquent du whisky en France, dont 25 en ont en vente ! Les autres en préparent... Il va y avoir beaucoup de chose à découvrir dans les années à venir !

 

6/ Donc si je comprends bien le récent conflit opposant plusieurs distilleries bretonnes (et au-delà en réalité) entre elles et certaines à l’organisme définissant les appellations protégées ou contrôlées (voir sujet évoqué sur le site ici: http://www.gregswhiskyguide.com/actualites/le-monde-du-whisky.html) n’aurait pas eu d’incidence sur le film ?

Absolument.

 

7/ Au-delà de ça, comment les distilleries qui ont accepté de faire partie du film ont-elles reçu ton projet ? Qu’as-tu senti qu’elles en attendaient ? Car si les articles et les billets sur la presse en ligne peuvent parfois couvrir le sujet, il faut bien avouer que c’est rare que l’on consacre autant de temps à ce sujet en France, non ?

Nous avons été très bien reçus par toutes les distilleries présentes dans le film. Tout le monde était très content de participer à ce film collectif sur le whisky français, au sens large. Chacun était fier de présenter sa distillerie, son ou ses alambics, son chai, etc. Nous avons passé des moments incroyables, privilégiés. Valentin et moi n'oublierons jamais ce tournage.

 

8/ En regardant le film, j’ai été un peu perdu au début par le parti pris audacieux mais risqué de séquencer les visites de distillerie par thème (d’abord la culture des céréales, puis le brassage, la fermentation, la distillation, etc…) plutôt que de présenter les distilleries les unes après les autres, j’entends par là du début à la fin du processus. Je dis cela surtout car le film fait souvent se succéder plusieurs distilleries sur une courte période, parfois près d’une minute par distillerie. Puis j’ai compris que tu avais envie de laisser le spectateur voir la diversité d’approches du whisky par la « juxtaposition » des procédés des différentes distilleries. Est-ce que je me trompe ? Comment cette idée  t’es venue?

Je voulais, au départ, présenter les distilleries dans le sens du voyage, donc dans l'ordre chronologique de visite. Puis, en parlant du montage avec Valentin dans la voiture (nous avons passé beaucoup de temps dans la voiture, comme tu peux l'imaginer, avec 6000 km parcourus !), nous nous sommes dit que monter le film dans l'ordre chronologique n'était pas très intéressant, pas du tout dynamique, et surtout très redondant. L'idée de monter dans l'ordre de fabrication du whisky est donc née pendant le voyage, après quelques jours de tournage. Puis elle est apparue comme une évidence, et je suis aujourd'hui certain que nous avons fait le bon choix. Nous avons ainsi pu garder le meilleur passage de chaque distillerie. Mais il reste de très bons moments à découvrir dans les épisodes à venir, bien évidemment.

 

9/ J’ai trouvé très pertinent le préambule au film (sans le dévoiler, c’est quelque chose que j’aime bien faire moi-même quand je fais découvrir des whiskies, de certains pays en particulier). Comment t’es venue cette idée de le placer en ouverture ? Et qui est Bruno Riner, est-ce le nom du dégustateur ?

Merci ! J'adore aussi l'ouverture du film, grâce à Bruno. Bruno Riner est un comédien lyonnais avec lequel je travaille depuis de nombreuses années. Il a joué dans un de mes films, Eta Carina. Pour cette scène, il a du apprendre le texte par cœur, car il n'est pas du tout un spécialiste du whisky à la base ! Mais coaché par Valentin et moi, il a réussi à se glisser dans la peau d'un expert, de manière très convaincante !

 

 

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 Robin Entreinger (à gauche), Sébastien Castan (au centre) et Valentin Bonhomme, le guide du film (à droite), pour un petit moment de détente, durant le tournage. Merci à Robin pour ce selfie, publié avec son aimable autorisation.

 

 

10/ Le choix de réalisation (la manière de filmer, je veux dire) semble assez sobre et fait la part belle à la succession de plans-séquences courts de visites explicatives des distilleries proprement dites, plutôt qu’à une approche esthétique, intuitive ou contemplative, ce à une ou deux exceptions près, je pense notamment à une séquence dans la spectaculaire salle des alambics de chez Didier Vendramin (non, chers lecteurs, je ne vous donnerai pas le nom de la distillerie, il faut voir le film), avec l’interlude préalable que j’ai trouvé véritablement splendide (images, musique…tout devient hors du temps, magique, quelque part entre le « Metropolis » de Fritz Lang et le Nautilus des « 20000 Lieux sous les mers » de Richard Fleischer, toutes proportions gardées, évidemment). Comment as-tu fait ces choix stylistiques ? Tu devais être tiraillé entre montrer de belles images et donner un maximum d’informations à l’écran, non ? Comment as-tu résolu ce dilemme ?

Cette séquence d'introduction est unique dans le film, elle est née au montage. Je voulais créer une petite respiration dans le montage, lorsque l'on enchaîne les visites sur le chapitre de la distillation ; et l'idée de faire une séquence un peu contemplative était parfaitement adaptée aux images que j'avais pu faire à Wambrechies. Cette distillerie étant très ancienne, je me suis régalé à faire ces images esthétiques. La musique de mon ami Lucas Iannuzzi, à la base composée pour mon dernier long, Dreamland, était parfaitement adaptée à cette petite séquence. Cela ressemble à ce que je fais parfois dans mes films de fictions... J'aime les séquences contemplatives, musicale. Il y en a dans pratiquement tous mes films.

 

11/ Pour rentrer maintenant dans le vif du sujet, en regardant le film, j’ai été frappé par la multitude de solutions trouvées par les distilleries pour produire du whisky « à la française », que ce soit en famille ou entre amis ou bien entre associés, et notamment par la diversité de formes des alambics (mais aussi le travail des céréales, du brassage, de la fermentation, le type de fûts et de chais, de forme de bouteilles aussi, de logo). Est-ce qu’au départ tu t’attendais à une telle variété ?

Absolument pas. Nous avons découvert de nouveaux procédés chaque jour de tournage. Il n'y a pas deux distilleries en France qui se ressemblent. Chacune a sa petite spécificité, que ce soit dans la forme de l'alambic, mais aussi son utilisation, ou des choses plus précises comme le moment des « coupes » du cœur de chauffe, le nombre de passe... Il y a même une distillerie en France qui passe 5 fois ! On trouve aussi des différences importantes dans le mélange ou choix de céréale initial, la méthode de fabrication de la bière... Bref, la piste est longue, et chaque whisky français est donc unique. Nous travaillons actuellement sur un livre sur les distilleries de whisky en France, on y trouvera des notes de dégustations, vous verrez à quel point la palette gustative est immense...

 

12/ Nombre de ces distilleries utilisent des alambics qui n’ont jamais au départ été destinés à produire du whisky, mais plutôt des eaux-de-vie de fruits (alambics à colonne), voire du Cognac (alambics charentais, à repasse), qui se rapproche déjà davantage du whisky. Il semble qu’un engouement (ou parfois des nécessités familiales, comme on le voit dans un cas dans le film) est né dans les années 1990, comme le laisse entendre Philippe, puis à nouveau au milieu des années 2000, suite au succès notamment des 3 premières distilleries bretonnes (dans l’ordre historique Warenghem, puis La Distillerie des Menhirs, puis Glann Ar Mor), qu’en penses-tu ?

On trouve davantage d'alambics à colonne que d'alambics de type charentais en France. Il existe aussi des « hybrides », qui mêlent alambic traditionnel avec colonne de rectification, le tout dans une même installation. D'une manière générale, la plupart des distilleries de whisky françaises fabriquaient avant soit des eaux-de-vie, soit de la bière. Rares sont celles qui ont commencé directement par le whisky (et parfois d'autres boissons distillées). On peut aujourd'hui dire que le whisky français a (en gros) 20 ans ; et qu'il est en réel essor depuis une dizaine d'année. On liste aujourd'hui 36 distilleries de whisky en France, mais il est plus que certain que ce chiffre va beaucoup augmenter dans les années à venir.

 

 

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 La distillerie des Menhirs, qui fabrique le whisky Eddu à base de blé noir (sarrasin), ou une autre approche du whisky.

 

 

13/ J’ai constaté que nombre de ces distilleries faisaient également d’autres types d’alcools, et utilisaient en fait un procédé de distillation à colonne* (même si le fait d’ajouter des plateaux modifie la donne) de type Holstein (allemands) plutôt qu’à repasse, ce qui influe, quoiqu’on en dise, sur le résultat final. Ceci, entre autres choses, pourrait expliquer à mon avis le style très particulier de certains distillats et parfois une certaine austérité (que certains compensent en utilisant du blé ou un mélange de céréales plus proche d’un blended-whisky ou d’un Bourbon). Vois-tu par exemple une différence importante entre le distillat d’une distillerie traditionnelle comme Warenghem (avec alambic à repasse typiquement pour single-malts de style écossais) et celui de la distillerie du Castor (avec alambic à colonne, plutôt destiné aux whiskies de grain) ?

* = L’auteur tient à préciser à ce stade que cette remarque n’est nullement destinée à dénigrer tout ce qui sort d’un alambic à colonne, l’auteur appréciant également les blended-whiskies, les blended-grains et les single-grains, sans parler des Bourbons et Wheat whiskies….mais juste qu’il préfère les alambics à repasse (ou Pot Stills) pour produire des single-malts. Qu’on se le dise…Bien sûr, il n’y a pas que les single-malts dans la vie, et c’est plus compliqué que cela ! (comme par exemple lorsque la distillerie galloise Penderyn combine à la fois un Pot Still très particulier et un système de réception du distillat à colonne spéciale, faite sur mesure).

C'est une question difficile... Comme le dit Gilbert Holl dans le film, on peut arriver à un très bon résultat avec des alambics à colonne, à partir du moment où on fait les choses lentement (par exemple avec une chauffe très lente en base de colonne). Je ne peux pas clairement affirmer que les whiskies fabriqués dans des alambics charentais sont meilleurs que ceux faits en colonne. Peut-être se rapprochent-ils plus du whisky écossais, et donc de l'idée que le public se fait d'un whisky. On peut être dérouté en goûtant un whisky fait dans une colonne, mais je ne pense pas que l'alambic soit l'unique objet influençant le résultat final de ce qu'on trouve dans la bouteille. Comme tu le dis, il y a le choix de l'orge ou du mélange de céréales initial, puis il y a aussi, de manière absolument incontestable, l'influence importante du choix du ou des fûts de vieillissement, et le nombre d'années pendant lesquelles le whisky va vieillir. Nous avons goûté des choses incroyables à Bercloux, alors que le whisky est fait dans une colonne et n'a que quelques mois, voire semaines de vieillissement...

 

14/ Certaines distilleries françaises soucieuses donner un véritable cachet local, de « terroir » à leur whisky, plutôt que de tenter de reproduire le style écossais, sont allées très loin dans la modification de la recette classique du single-malt écossais, jusqu’à ajouter des ingrédients extérieurs, à une étape ou à une autre du procédé de fabrication (y compris par des affinages ou élevages systématiques en fûts de vin). Qu’en penses-tu ? Y a-t-il, sans citer nécessairement de noms, des moments de ton périple où tu n’as pas trouvé certains produits « too much », qu’on ne reconnaissait plus le distillat ?

Je trouve important que le goût du distillat initial soit présent dans le whisky que l'on déguste. J'aime les goûts céréaliers plus que les whiskes fruités. Il faut faire très attention au choix du fût, sous peine de dénaturer totalement le « new made spirit » initial. Ceci étant dit, il ne me vient pas à l'esprit un exemple de whisky français totalement « too much », comme tu dis. Par contre, certaines distilleries ont clairement de la marge pour faire progresser la qualité de leur whisky... On ne maîtrise pas forcement toutes les étapes de la fabrication, et on peut avoir, dans cette chaîne, un point faible. Mais le whisky français est encore jeune, et on ne peut qu’aller vers le meilleur !

 

15/ Sans vouloir te pousser à prendre parti non plus, s’il te fallait citer 5 whiskies ou distillats jeunes qui ont vraiment marqué ton voyage, d’abord seraient-ce les mêmes que pour Valentin et sinon peux-tu les citer, histoire de donner envie à nos lecteurs de déguster ces whiskies ?

Oh... que c'est dur de faire une sélection ! Personnellement, je dirais Flavis du domaine des hautes Glaces ; Tourbé Collection de Rozelieures, Warenghem Armorik Porto, Terrocita de Castan et Uberach Ten years after. Cette liste a été délicate à établir, car j'aime évidemment plein d'autres références. Il s'agit ici, évidemment, de mon goût personnel, et l'on sait très bien que cela peut être totalement différent selon les individus. Tous les whiskies français sont bons à découvrir, croyez moi. Valentin vient de m'envoyer sa liste par sms : Uberach Casque Bleu, Premium de chez Lehmann, Flavis des Hautes Glaces, Lac'Holl de Gilbert Holl et Glann Ar Mor. Tu vois, chacun ses préférences, chacun son top 5.

 

16/ Au terme de ce voyage, et avec le recul que tu as peut être désormais maintenant que le film est sorti, que t’a apporté cette expérience ?

Ce voyage a été absolument magique, une expérience inoubliable. Evidemment, il nous a permis, à Valentin et moi, de développer et consolider notre connaissance en domaine de whisky. Mais cela n'est rien par rapport au côté humain de la chose. Nous avons rencontré des gens incroyables, que je vais probablement continuer de croiser au fil du temps et qui sont ancré en moi de manière très importante ; et il en est de même pour Valentin. J'ai hâte de revoir ces personnes au prochain salon Quintessence, car je sais que la majorité y sera présente. Je pense aller rendre visite à chacun régulièrement, pour suivre la progression de la gamme, et faire d'autres tournages quand l'occasion se présentera... Qui sait, nous pourrions refaire ce voyage en 2020, et voir ce qui aura changé en 5 ans ?! Cela me semble en fait une excellente idée.

 

 

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L'alambic (de type Holstein modifié) de la toute nouvelle distillerie Nicolas Julhès, à Paris.

 

 

17/ De même, quel avenir vois-tu pour le whisky français après toutes ces visites et dégustations ?

Sincèrement, un bel avenir, c'est certain. Il faut simplement que les consommateurs de whisky en France apprennent à découvrir les whiskies français. Là, c'est à nous de jouer. Par nous, j'entends la presse, les médias, les blogs, les sites Internet. Les cavistes doivent aussi être curieux, et proposer à leur client quelques whiskies français, de la région par exemple. Mais pas seulement. Il faut aussi de la diversité. Aujourd'hui, seulement quelques distilleries profitent d'une distribution nationale relativement importante. Il faut que cette offre se diversifie, et les consommateurs iront alors naturellement vers le whisky made in France.

 

18/ Enfin, qu’aurais-tu à dire aux lecteurs de GregsWhiskyGuide qui ne connaîtraient pas encore les whiskies français et hésiteraient encore à les déguster ?

N'hésitez plus, allez-y les yeux fermés ! Le whisky français a 20 ans, ce qui est très jeune ; mais le pays offre d'ores et déjà une diversité incroyable de whiskies très différents, et chacun trouvera ce qui lui correspond. Commencez peut-être par goûter le whisky de la distillerie la plus proche de chez vous – il y en a forcement une ; puis allez voir plus loin petit à petit... vous ne serez pas déçu !

 

Un grand merci à toi pour cette interview et encore bravo pour le film !

 

 

***

 

 

Conclusion : Une première à saluer que ce film documentaire à vocation exhaustive. Je regrette d’ailleurs vraiment que certaines distilleries n’aient pas joué le jeu, car elles avaient tout à y gagner à mon sens. C’est leur choix. C’est la qualité qui parle, au final, et le public jugera.

Il me faut préciser aussi qu’étant donné l’ampleur de la tâche, je comprends parfaitement que Robin n’aie pas souhaité inclure dans ce projet les négociants français qui embouteillent principalement des whiskies écossais, même lorsqu’ils leur font subir une deuxième maturation dans des fûts de chêne français, qu’ils aient contenu du vin français ou pas, d’ailleurs. Ainsi, des maisons tout à fait respectables et bien connues des cavistes français comme Jean BOYER ou encore Michel COUVREUR sont des acteurs présents sur le marché français depuis plus d’une décennie. Les citer ici, pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore est suffisant pour susciter la curiosité. Robin me rappelait l’autre jour qu’en fait le film mentionne deux négociants, la société alsacienne AWA (qui met un point d’honneur à faire des affinages ou élevages dans des fûts ayant contenu des vins alsaciens, et utilise le malt de chez la distillerie HEPP), et la société ROOF RYE, qui utilise des fûts provenant de chez WARENGHEM), mais il y en a d’autres, presque une dizaine, si l’on en croit l’excellent site sur les whiskies français que je recommande à nouveau à cette occasion : France Whisky

 

Addendum: Lorsque j’ai commencé le site web, il y a deux ans, j’ai reporté des notes déjà un peu anciennes concernant le whisky français, et qui dénombraient environ 10 distilleries de whisky. L’on voit bien depuis une période plus récente qu’on en est loin, que le whisky français est aujourd’hui en plein boom, avec quasiment chaque année depuis 2010 une nouvelle distillerie, formant jusqu’à plus de 30 distilleries réparties de plus en plus aux quatre coins (et au centre !) du territoire. Le phénomène (venu des Etats-Unis, il faut bien le dire) des micro-brasseries, puis des micro-distilleries n’y est pas pour rien, à mon sens, ni non plus, l’engouement du public pour des projets plus respectueux de l’écologie. Aussi, comme le rappelle fort justement Philippe Jugé dans le film, le public français est un des plus exigeants par rapport au whisky (sans doute un héritage lié à celui du vin et de sa dégustation ?), et une partie au moins des producteurs de whisky français l’a compris et tente de proposer une offre de plus en plus pointue. Cette recherche de la qualité et ce dynamisme nouveau, c’est tout ce que l’on peut souhaiter au whisky français…

Enfin, pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce qui est déjà sur le site concernant le whisky français, en attendant de remettre à jour ma page sur le sujet "FRANCE" (et donc passer de 10 à 36 distilleries!), vous pouvez vous faire un avis sur les whiskies de deux distilleries françaises (présentation, historique, notes de dégustation):

Distillerie WARENGHEM (Single-malt Armorik, blended-whiskies Breizh Whisky, Whisky Breton)

Distillerie GLANN AR MOR (Single-malts Glann Ar Mor & Kornog)

 

 

 

Editorial No 16

 

Dernière minute (21/10/15):

 

 

A présent disponible sur le site  (available on the website right now) :

 

 -Reportage sur la Masterclass BENROMACH chez Nicolas Julhès

 -Reportage sur la Masterclass KAVALAN chez Nicolas Julhès

-Reportage sur la dégustation ANCNOC, BALBLAIR, OLD PULTENEY chez Vin & Whisky

 

Voir ici pour les 3 reportages (for tasting notes click here) : Notes


A venir sur le site  (coming soon) :

 

-L'EDITORIAL No 17, avec une interview exclusive (surprise)...

-Reportage sur le salon WHISKY LIVE PARIS 2015 aux Docks

-Reportage sur le salon Club-Expert DUGAS 2015

 

 Merci de votre patience...(please be patient)

 

 

EDITORIAL No 16 : « SUMMER TIME » :

 

Première Edition/1st Edition: 24/08/2015

Mise à jour/Update: 15/09/2015

 

INTRODUCTION :

(Foreword) 

 

L'été n'est pas une période propice à boire du whisky...pur en tout cas. Pour ceux et celles qui ont du souffrir de la canicule, ce n'était pas vraiment un plaisir que de déguster cet alcool fort à une température frisant parfois le titrage du contenu de leur verre ! Alors certains se sont réfugiés dans d'autres boissons alcoolisées plus légères (bière, cidre...), tandis que d'autres ont trouvé une des alternatives possibles, leur permettant de profiter de leur boisson préférée en la dégustant, toujours avec modération, sous forme de cocktail...Or à ce petit jeu là, il me semble que ce sont les whiskies nord-américains qui l'emportent le plus souvent sur les autres, tant par exemple un Bourbon ou un Rye semblent exceller à être buvables (parfois dangereusement même-prudence, donc !) et à porter les autres composants (fruités ou amers) présents dans le cocktail.

 

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Préparation d'un cocktail "Manhattan" au stand MICHTER'S, Salon Cocktail Spirits, Mai 2015. Photo @ Grégoire Sarafian

 

Bien sûr une autre solution possible cet été était de ne pas boire d'alcool du tout, ce que votre serviteur a été contraint de faire une grande partie de l’été, d’abord à cause de la canicule, puis pour raisons personnelles de santé (notamment un problème d'anosmie, ou perte partielle, voire davantage, de la perception des odeurs & saveurs*). Voici donc, tout de même, l'été n'étant pas encore achevé (mais finalement le cocktail n'est il pas une boisson "tous temps"?), quelques célèbres cocktails au whisky pour débuter cet éditorial. Le MANHATTAN & l’OLD FASHIONED, que je recommande autant avec des Bourbons qu’avec des single-malts, le MINT JULEP (obligatoirement avec du Bourbon) ou encore des cocktails à base de blended-whisky écossais (des marques célèbres proposent de plus en plus leurs propres recettes, BALLANTINE’S, notamment), et bien sûr d’autres à base de whisky japonais, par exemple chez NIKKA ou SUNTORY. La place me manque sinon j’évoquerais plus longuement le sujet, ainsi que des recettes au rhum qui peuvent s’avérer redoutables également. Vous pouvez trouver certaines de ces recettes sur des sites internets spécialisés, comme celui-ci par exemple :

Recettes de cocktails au whisky

 

Mais dans cet Editorial je vous parlerais aussi des nouveautés whisky d'Ecosse & d'ailleurs (avec notamment quelques références écossaises, mais aussi du reste du monde, assez excitantes sur le papier) et de quelques nouvelles bien encourageantes dans un contexte un rien morose, comme par exemple la création d'une nouvelle distillerie au Japon, ce qui, c'est le moins qu'on puisse dire, n'est pas monnaie courante ! 

*= Dernière minute (02/09/15): Fort heureusement, mon odorat et mon goût me reviennent peu à peu (ah, quel plaisir de redécouvrir la finesse et l'élégance du YOICHI 12 ans, par exemple...). A suivre pour de futures notes de dégustation...

 

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ENGLISH SUMMARY (Foreword only) :

This summer wasn't really the best moment to drink whisky...neat, to say the least. For those who suffered from the heatwave here in France, it wasn't truly a pleasure to taste this strong alcohol at a temperature approaching sometimes the A.B.V. percentage of what was supposed to be in their glass (a whisky) ! So some people decided to rather try lighter drinks such as beer or cider, while some others prefered to have their favorite drink (still a whisky), in a cocktail form. About cocktail, clearly North American whiskeys seem to be the best for that purpose, and for instance Bourbons or Ryes, that seem to enhance well the other components of the cocktail (such as fruits or bitter ones).

Of course, another solution for this summer was to choose not to drink alcohol at all. I did personally have to choose this option, because of a heatwave in France & afterwards for health reasons, as I'm temporary suffering from a disease that affects my ability to nose & taste. It's a bit scary, so I hope this won't last long...(Last minute note -02/09/15 : Hopefully it comes back little by little, great ! -To be followed, for some tasting notes soon). Anyway, as summer hasn't completely gone yet (but is cocktail a "summer drink" really? -probably not), here are some famous cocktail recipies around whisky for you to start with :

Whisky cocktails

But in this Edtorial, you will also find some news about Scottish & World whisky, with some exciting references to come, well, hopefully & some promising news, in the morose context we are in. For instance, I'm delighted to announce you the creation of a new Japanese distillery, which is something rare, to say the least !

 

You can get an approximative translation of my full EDITORIAL by using « Google Translate ». Please click here below… :Translator link

 

 

 

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EVENEMENTS WHISKY (France) :

(Whisky Events : France)

 

-La division Pernod du groupe Pernod-Ricard organisait les 08 et 09 Septembre dernier deux soirées événementielles dans un lieu prestigieux à Paris (un ancien cercle de jeu rue de la Michodière,devenu le temps de deux soirées, "La Maison P") mais de caractère éphémère distillerie autour de ses marques de vins & spiritueux (dont le Champagne Mumm, le blended whisky Ballantine's -le 12 ans d'âge était d'ailleurs relooké pour l'occasion...-l'apéritif Byrrh, la Suze, le Pastis 51, de l'Absinthe, etc...), et avec comme clou de l'événement à mon sens l'expérience proposée par la distillerie écossaise de whisky ABERLOUR : Comme chaque année en effet depuis 2010, plusieurs dîners "ABERLOUR Hunting Club" sont organisés avec l'aide d'un grand chef sur 3 jours autour du thème de la chasse et de l'association culinaire entre le gibier et différentes déclinaisons du single-malt ABERLOUR. Les prochains dîners (au prix de 380 € chacun, 32 couverts maximum par soir) auront lieu exceptionnellement à l'Arpège, restaurant du Bois Giroult, en Normandie, dans le domaine privé du chef trois étoiles Alain PASSARD, et ils permettront de déguster pas moins de 6 versions du single-malt. Vous trouverez tous les détails sur le site de la distillerie: www.aberlour.com 

En préambule à ces dîners, la distillerie ABERLOUR a donc présenté au cours de ces soirées du 08 et 09 Septembre à Paris, son nouveau coffret "ABERLOUR Taste of Malt", un luxueux coffret en cuivre, laiton et noyer  incluant 3 bouteilles de whisky, une cocotte en cuivre, une planche à découper, des fiches de cuisine en dur rédigées par Alain PASSARD, bref, l'essentiel pour préparer une recette originale créée pour l'occasion. "Comme pour chaque coffret", m'a expliqué Lewis GOW, ambassadeur pour l'Europe des marques de whiskies du groupe, "une des bouteilles provient de la gamme régulière", en version limitée certes, pour "mettre en valeur celle-ci", et les deux autres sont des éditions plus limitées, composant ici une verticale, donc "les différentes étapes du temps sur la maturation", puisque le coffret propose un 18 ans, un 22 ans et un 35 ans d'âge, tous en "small batch", en flacon de 50 cl et tous en double maturation ("double cask matured"). Les fûts sont donc des fûts de chêne américain ayant contenu du Bourbon, et des fûts de chêne européen ayant contenu du Sherry. C'est la version de 35 ans d'âge qui contient le plus de part de futs de Sherry. Les 3 versions sont proposées en flacons de 50 cl, portent un numéro de lot et titrent 43 %. Le coffret est vendu à 15 exemplaires et est vendu à 3300 €. 

 

 

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Le coffret "ABERLOUR Taste of Malt" 2015, de près, fait la part belle au cuivre. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

Le 18 ans d'âge, issu du batch 1597 est fin, boisé et assez fondu. La bouche est miellée, boisée et marquée par un beau caramel naturel. Le 22 ans d'âge, batch 1593 a révélé un nez vanillé, avec de séduisantes notes de toffee, puis une bouche fruitée et sucrée, avec de fines notes de pommes cuites provenant tant du Sherry que du Bourbon. Le fondu semble exceptionnel. Le 35 ans d'âge, batch 1580, est d'une grande finesse, fruité, mais un peu plus ferme que le 22 ans et légèrement plus épicé (ce que me confirme l'ambassadeur). Le fil rouge pour les 3 whiskies fut le caramel naturel, remarquablement mis en valeur par la bois. J'ai apprécié les trois, mais préféré le 22 ans d'âge. Ces notes sont sous réserve, évidemment, même si je recouvre progressivement mes capacités olfactives et gustatives...

 

 

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Les 3 bouteilles du coffret "ABERLOUR Taste of Malt" 2015. Etonnamment, ce n'est pas la plus âgée des versions qui est la plus foncée. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

Enfin, un des grands moments de la soirée fut la dégustation de 3 terrines de canard préparées spécialement par Alain PASSARD pour l'occasion (et pour une "tournée" française de présentation de ses accords culinaires dans une sélection de cavistes. A venir du 9 Novembre au 19 Décembre). La première terrine de canard, à la moutarde et à l'estragon, a parfaitement fonctionné avec le 15 ans d'âge "Select Cask Reserve", 43 % (anciennement nommé "Cuvée Marie d'Ecosse"),  tandis que la deuxième, aux deux poivres, s'est "joliment entendue" avec le 18 ans d'age "Double Cask Matured", à 43 %. La troisième, une terrine de canard fumé aux épices, fut vraiment mémorable, surtout avec un ABERLOUR si généreux que le célèbre "A Bunadh" (ici, le batch 50, à 59,6 %). Une "tuerie", comme on dit ! Hélas, les terrines ne sont pas à vendre, m'a dit le très efficace maître d'hôtel Sébastien, qui officiait face à des invités visiblement ravis. Quel dommage....elles se vendraient à coup sûr comme des petits pains...En tout cas, même éphémères, ces instants furent réellement inoubliables !

 

 

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Les trois terrines de canard cuisinées par Alain PASSARD en association avec trois ABERLOUR différents. Un véritable délice !

Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

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NOUVELLES WHISKY (ECOSSE & reste du MONDE) :

(Recent Whisky News-Scotland & the rest of the World)

 

-La distillerie écossaise BLADNOCH, fondée en 1817 dans les Lowlands, en sommeil depuis plusieurs années, placée en liquidation en 2014, semblait perdue pour longtemps. Mais, un homme d’affaires australien, David Prior, aidé de Gavin Hewitt, un des cadres fondateurs de la S.W.A. (Scotch Whisky Association) va rouvrir la distillerie. L’espoir renaît donc pour cette distillerie presque bicentenaire.

 

-La distillerie IMPERIAL, située à Carron (un village du Speyside), démolie en 2013, est remplacée par la distillerie DALMUNACH, qui a failli être nommée « IMPERIAL II ». En fait « Dalmunach » est le nom de la retenue d’eau du fleuve Spey avoisinant. C’est le groupe Pernod-Ricard, via sa filiale Chivas Brothers Ltd, qui avait annoncé il y a quelque temps déjà cette ouverture à venir. C’est désormais chose faite depuis peu, avec cette distillerie qui a coûté 25 millions de livres et pourra produire environ 10 millions de litres d’alcool pur par an. Ultra-moderne, dotée d’un récupérateur de chaleur, elle reconstitue cependant scrupuleusement les 8 alambics de la distillerie IMPERIAL et plusieurs détails architecturaux ont été reproduits ou transposés dans les nouvelles installations, qui comportent en outre 16 cuves en acier inoxydable, dont une de 9,5 mètres de diamètre. La distillerie ne sera pas ouverte au public, car son single-malt servira principalement à alimenter les blended-whiskies du groupe, et notamment les BALLANTINE’S, CHIVAS REGAL & ROYAL SALUTE. Fait significatif, la distillerie a été construite par Douglas Cruikshank, qui a travaillé à la distillerie IMPERIAL depuis l’âge de 15 ans & était jusqu’à l’an dernier le directeur de la production de Chivas Brothers Ltd.

 

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La distillerie DALMUNACH, qui va alimenter les blended-whiskies du groupe Pernod-Ricard.

 

-La distillerie & brasserie EDEN.MILL, située à Saint Andrews, dans les Lowlands, produit de la bière, du gin, mais produira aussi bientôt du whisky. A l’heure actuelle seul le distillat pur est commercialisé sous le nom de « St Andrews Day Single Malt Spirit », mais aussi « Hogmanay Single Malt Spirit », ou encore « Robert Burns Day Single Malt Spirit ». L’orge utilisée pour le whisky est locale. La production est modeste (il s’agit d’une micro-distillerie),  limitée à 8 fûts par semaine…

 

-La distillerie TALISKER n’est désormais plus la seule distillerie de l’île de Skye ! Elle va donc devoir désormais changer une de ses formules publicitaires affirmant qu’elle était la seule de l’île. En effet, la distillerie TORABHAIG, dont la construction a débuté en 2014 (cabinet d’architecture Simpson & Brown) sous l’égide de la société Mossburn Distillers (menée au début par le célèbre Sir Iain Noble*, décédé en 2010, avec un projet date qui date de 2002) et dont le premier single-malt devrait être disponible en 2017.La distillerie a coûté 5 millions de livres et devrait employer 8 personnes.

* =  Sir Iain Noble fut le fondateur de la société de négoce de whiskies Praba Na Linne Ltd, une société créée en 1976 et également basée sur l'île de Skye, et qui produit notamment les blended whiskies TE BHEAG & MAC NA MARA, ou encore le blended-malt POIT DHUBH.

 

 

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Vue d'architecte de la future distillerie TORABHAIG (Image du cabinet Simpson & Brown).

 

 

-La distillerie WOLFBURN, située à Thurso dans les Highlands du Nord, à l’extrémité du « continent » écossais, la fait devenir la distillerie la plus septentrionale à l’exception des îles, et du coup enlève également un argument publicitaire à sa voisine d’une trentaine de kilomètres au Sud-Ouest, j’ai nommé OLD PULTENEY. Fondée fin 2012 par la société Aurora Brewing Ltd, elle a choisi de prendre le nom d’une ancienne distillerie voisine portant le même nom et qui fut fondée en 1821 et qui ferma à la fin du XIX ème siècle. Parmi les installations, signalons qu’elle comporte 3 cuves de brassage en acier inoxydable provenant de la distillerie CAPERDONICH, ainsi qu’un alambic de wash de 5500 litres et un alambic de still de 3600 litres. Pour la maturation, la distillerie utilise trois types de fûts essentiellement, des fûts ayant contenu du Bourbon (de 225 litres), d’autres de format plus petits (« Quarter Casks » de moins de 120 litres), ainsi que des fûts ayant contenu du Sherry (de 500 à 550 litres environ). Une partie de la production est faiblement tourbée, à 10 p.p.m. Le premier distillat date de janvier 2013, et le premier single-malt est prévu pour normalement pour Janvier 2016. La distillerie a déjà produit jusqu’à 123 000 litres d’alcool pur par an en 2014 et devrait dépasser légèrement ce nombre pour attendre bientôt 125 000 litres.

 

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Remplissage de fûts dans un chai de la distillerie WOLFBURN.

 

En IRLANDE:

 

-La GREAT NORTHERN Distillery (composée de deux distilleries en fait), propriété conjointe de la société de négoce TEELING Whisky & co et de la distillerie COOLEY, aannoncé qu’elle avait commencé à distiller, dans l’une des deux distilleries construites sur le l’ancien site de la brasserie HARP, à Dundalk, dans le comté de Louth, proche de la frontière avec l’Irlande du Nord.

Près de 10 millions d’euros ont été investis dans l’affaire, avec un objectif ambitieux, grâce à trois alambics à colonne, de produire 30 millions de bouteilles par an, tandis que l’autre distillerie, une distillerie de malt, produira près de 12 millions de bouteilles. Le distillat pur (ou « new spirit ») a déjà commencé à couler …à suivre.

 


Au JAPON :

 

-L’événement est suffisamment rare pour provoquer chez l’amateur de whisky japonais que je suis une certaine excitation et évidemment une grande attente : Une nouvelle distillerie japonaise de whisky de malt est en train de naître : La construction de l’AKKESHI Distillery (ne pas confondre avec les whiskies AKASHI de la distillerie WHITE OAK !) vient d’être débutée ce mois-ci par la société Kenten co. Ltd à Akkeshi, au nord de l’île d’Hokkaïdo, rejoignant ainsi la distillerie YOICHI sur cette île du nord du Japon. Elle devrait s’achever exactement dans un an, et la production débuter en Septembre 2016.

La distillation, nous dit Keiichi Toita, président de la société Kenten co. ltd et directeur exécutif de la distillerie, devrait débuter en Octobre 2016, et l’objectif est, de ne produire pour le moment que 30 000 litres d’alcool pur par an, ce qui est fait une micro-distillerie (à titre indicatif, sa « voisine » YOICHI produit près d’un million et demi de litres par an, et CHICHIBU, une des plus petites distilleries du Japon, produit environ 90 000 litres par an). Mais plus tard, l’objectif sera d’atteindre 300 000 litres d’alcool pur par an. Pour ce faire, la distillerie disposera courant l’été 2016, de 2 alambics de type « Pot still » (qui seront construits par l’écossais Forsyth & Sons) de capacité de 5000 litres (pour l’alambic de wash) et de 3600 litres (pour l’alambic de still), 6 cuves de fermentation et un seul chai, de type traditionnel (« dunnage warehouse »).

 

 

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 Le terrain sur lequel va être construite la nouvelle distillerie japonaise AKKESHI, sur l'île d'Hokkaîdo.

 

La pureté des eaux de la rivière Homakaï est un des arguments de publicité de la distillerie, ainsi que le style de whisky, qui, pour le mode de production en tout cas sera basé sur le modèle écossais. Au début, la distillerie devrait s’appuyer sur de l’orge maltée en provenance d’Ecosse, mais par contre, les tourbières étant nombreuses dans cette région au climat humide, la tourbe qui sera utilisé sera locale, nous assure t’on. Il est prévu d’utiliser pour le vieillissement du distillat trois sortes de fûts différents, des fûts ayant contenu du Bourbon, d’autres du Sherry, d’autres encore du chêne rouge japonais, plus connu sous le nom de « Mizunara ».

 

 

NOUVEAUTES WHISKY (ECOSSE) :

(Recent Whisky New Bottlings : Scotland)

 

Du côté du négoce :

 

-Après avoir présenté il y a quelques années une version brute de fût de son blended-malt « BIG PEAT » consacré à la région Islay, la société de négoce Douglas LAING propose désormais une version brute de fût d’un de ses blended-malts, à savoir le « SCALLYWAG », un assemblage de single-malts de la région du Speyside. Il n’est pas interdit de penser que peut être d’autres versions suivront pour le « ROCK OYSTER » ou le « TIMOROUS BEASTIE » :

-« SCALLYWAG » n.a.s., Cask Strength 53,6 % (Blended-Malt) : Il est vendu par La Maison du Whisky et ses cavistes partenaires autour de 70 € environ (la version réduite à 46 %).

 

 

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Par ailleurs, la maison Douglas LAING continue de proposer des single-malts dans ses gammes plus luxueuses comme par exemple la gamme « X.O.P. » ou « Extra Old Particular », dont ce flacon de ma distillerie préférée, PORT ELLEN, que je ne pouvais passer sous silence, en attendant la « 15th Release » ou 15 ème édition officielle prévue pour la rentrée prochaine (si le prix ci-dessous vous semble élevé, et il le peut, je n’ose vous communiquer celui de la version officielle, que je n’ai certes pas encore, mais qui, au regard de la précédente édition, je pense pouvoir m'avancer sur le sujet, sera probablement au minimum au double du prix de cette version de négoce…) :

-PORT ELLEN 32 ans millésimé « 1979 », gamme « X.O.P. », mis en bouteille en 2014, Natural Cask Strength, 53,9 %, qui est annoncé, sur le site anglais The Whisky Exchange, à un peu plus de 1300 €.

 

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Plus récemment, si Douglas LAING commercialise de temps à autre des single-grains dans ses gammes « Director’s Cut » ou encore « X.O.P. », elle a décidé de proposer également ceux-ci dans sa gamme « Old Particular », en commençant par 4 références, un CAMERON BRIDGE 25 ans, un GIRVAN 25 ans, un NORTH BRITISH 21 ans & enfin un STRATHCLYDE de 27 ans d’âge. Le titrage de ces whiskies va de 50,9 % à 61,3 %.

 

 

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-La nouvelle société de négoce et assembleur EDINBURGH Whisky, fondée par Gordon Watt & Gregor Mathieson, propose d’ores et déjà son premier assemblage, un blended-malt nommé « The ADVOCATES Batch » (6000 bouteilles produites, vendues chacune £ 35, soit environ 50 €), un assemblage de single-malts de la région du Speyside, ainsi que deux single-malts dans leur « Library Collection ». Saluons ce nouveau venu sur la scène, mais aussi le fait qu’il souhaite mettre en valeur le patrimoine local et au-delà, anglais, avec un conditionnement & des étiquettes inspirés en partie par l’ère Victorienne, que ce soit par le design ou la photographie. Un travail qui sort des sentiers battus pour ce que j’ai pu en juger sur de petites reproductions. L’on espère vivement qu’il en sera de même pour le contenu. En revanche, pour le moment, il n’est distribué que de manière limitée au Royaume-Uni, par 5 sociétés, dont la plus connue en France est Royal Mile Whiskies :

 

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 -GLENLIVET millésimé 2007, mis en bouteille en 2015, 46 % : Décrit comme « fabuleusement juteux » par le négociant, il est vendu aux alentours de £ 79, soit environ 110 €, ce qui n’est franchement pas donné pour un whisky à la fois assez jeune et réduit.

-HIGHLAND PARK millésimé 2000, mis en bouteille en 2015, 46 % : Décrit comme « entêtant et enchanteur » par le négociant, il est vendu aux alentours de £ 50, soit environ 70 €

 

 

-La prestigieuse maison de négoce GORDON & MacPHAIL propose régulièrement des nouveautés dans les gammes « Connoisseur’s Choice » ou « Cask Reserve », relativement bien diffusées du public, mais d’autres gammes moins connues existent, comme les suivantes :

 -GLENROTHES millésimé « 1971 » (bottled 2015) dans sa gamme « The MacPhail’s Collection », 43 % : Son prix est autour de £ 420, soit environ 600 €.

 

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-HIGHLAND PARK millésimé « 1973 » (bottled 2009) dans sa gamme « The MacPhail’s Collection », 43 % : Son prix est autour de £ 390, soit environ 550 €.

 

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-MORTLACH millésimé « 1989 » (bottled 2014) dans sa gamme « Exclusive » (en vente à la boutique d’Elgin essentiellement). Il s’agit d’un fût unique de type « Refill Sherry Hogshead » (Cask N°4302), ayant donné 282 bouteilles & réduit à 50 %. Prix n.c.

 

 

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-MACALLAN millésimé « 1966 » (bottled 2014), dans la gamme « Speymalt », 43 % : Son prix est estimé à £ 1200, soit environ 1700 €. Un plaisir onéreux !

 

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-La maison de négoce SIGNATORY VINTAGE, partenaire privilégié de La Maison du Whisky, mais aussi de The Whisky Exchange (son « alter ego » londonien), propose régulièrement de nombreuses nouveautés, trop nombreuses pour être chroniquées ici, mais j’ai repéré, entre autres choses, cette mise en bouteille d’un single-malt qui se fait rare car, comme d’autres distilleries propriété de grands groupes comme Diageo ou Pernod-Ricard, elle fournit avant tout en whisky les maisons d’assemblages :

-STRATHMILL 25 ans, millésimé « 1988 » (bottled 2015), gamme « Cask Strength Collection », Single-Cask (Cask N° 100180), Natural Cask Strengh, 54,4 %. Prix environ 120 € (équivalent du prix en livres) chez The Whisky Exchange (pas sûr qu’il soit trouvable en France).

 

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-La maison Hunter LAING propose des single-malts et single-grains dans différentes gammes, comme par exemple la mythique gamme « Old Malt Cask » dans laquelle est mise en bouteille suivante, d’une distillerie du Speyside dont on ne voit pas trop souvent de versions âgées :

-TORMORE 26 ans millésimé « 1988 » (bottled 2015), Single-Cask (Cask N°10665), 50 %. Prix environ 150 € (équivalent du prix en livres) chez The Whisky Exchange (pas sûr qu’il soit trouvable en France).

 

 

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Du côté des officiels :

 

LES BLENDED-WHISKIES :

 

Diageo, le groupe propriétaire de près de 45 distilleries de whisky (de malt comme de grain) écossaises, mais aussi de l’assembleur JOHNNIE WALKER, a fait fort avec une nouveauté qui éclipse pour moi toutes les versions duty-free différentes du « BLUE LABEL » déclinées récemment, puisque c’est me semble t’il une première pour un whisky écossais (de concevoir un whisky affiné en fûts de seigle!), fusse t’il un blended whisky. Je dis cela de manière non péjorative, mais juste pour souligner que, la plupart du temps, les affinages ou élevages en types de fûts différents de ceux utilisés d’habitude ont en général moins d’impact dans les blends que dans les malts à mon sens, ce qui est généralement voulu. Cela est du à mon sens au fait que les assembleurs ne souhaitent pas « troubler » le consommateur habitué à l’identité maison du blend en matière de palette aromatique, de fondu et d’équilibre-le preuve en est chez nombre de versions dites « tourbées », par exemple, ne le sont en réalité que très légèrement. Je suis très curieux de ce que cela donne dans le cas présent, mais, bien entendu, il me faudra déguster pour savoir, donc, à suivre…Prix non communiqué.

-JOHNNIE WALKER 10 ans gamme « Select Casks », Rye cask finish, 46 % (Blended-whisky):

 

 

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LES SINGLE –MALTS :

 

-AN CNOC n.a.s. « PEATLANDS », première édition, 46 % : La distillerie AN CNOC propose une nouvelle version tourbée (certes peu tourbée, car l’on annonce que 9 p.p.m.) de son single-malt, réservée à l’Europe, qui va rejoindre les autres versions tourbées de sa gamme (« Cutter », « Flaughter », « Rutter », « Tushkar » & « Peaty »), signe des temps, elles aussi sans compte d’âge…Prix non communiqué.

 

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-AN CNOC n.a.s. « THE SMUGGLER'S EDITION Vol. 1 », première édition, Septembre 2015, 46 % : La distillerie ARRAN propose une nouvelle version à la fois fortement tourbée ("Heavily Peated") et élevée dans des fûts ayant contenu du Porto ("Port Pipe"). Cette édition un peu particulière rend hommage à la distillation clandestine qui a marqué l'histoire du whisky écossais jusque dans les îles...d'ou l'inscription "Illicit Stills" ou encore "Smuggler's Series" sur la couverture du livre-coffret qui cache une bouteille à l'étiquette très "vintage", à l'ancienne. Il s'agit d'un whisky sans compte d'âge, mais issue de plusieurs âges, dont le plus âgé est vraisemblablement inférieur à 18 ans. La distillerie met en vente 8700 bouteilles de cette version qui s'annonce comme la première d'une série pittoresque, sans nul doute. Interrogés sur la disponibilité de cette version, il m'a été répondu qu'elle serait en vente le mois prochain, et, de manière probable, mais non certaine, disponible à la dégustation au prochain Salon "Whisky Live Paris 2015". Prix non communiqué.

 

 

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-The BALVENIE « TUN 1509 », Batch 2, 50,3 % : Voici la seconde édition du nouveau « Tun 1509 » (qui, rappelons-le, est une cuvée mettant en jeu davantage de fûts assemblés que la version précédente nommée « Tun 1401 », trois fois plus de fûts en moyenne…). Pour ce second lot (ou « batch »), 8500 bouteilles ont été produites à partir d’un assemblage de 32 fûts : 23 fûts de type « American Oak casks » et 9 fûts de type « European Oak Sherry Butts » ont été assemblés et remis à marier sur une période de quelques mois. Le titrage de cette version est de 50,3 % et son prix avoisinera plusieurs centaines d’euros, probablement aux alentours de 350 €.

 

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-BEN NEVIS 23 ans « The President’s Cask » (mis en bouteille en 2014), 56,4 % : Il s’agit d’une version élevée en fûts ayant contenu du Bourbon destinée à célébrer le 25 ème anniversaire de l’achat de la distillerie par son propriétaire la société NIKKA Whisky Distilling co. Il est encore disponible auprès de, par exemple, The Whisky Exchange, pour environ 400 €.

 

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-DALMORE « AFFINITY », Distillery Exclusive, 50 ans d’âge, 43 % : Il s’agit d’une version rare et destinée à commémorer les 50 ans de l’Indépendance de Singapour. Cet assemblage rare de quelques fûts de 48 ans d’âge, qui a ensuite été remis à marier par affinage durant 2 ans & 6 mois dans des fûts ayant contenu du Sherry de type « Apostoles » (30 ans d'âge) est présenté sous un luxueux coffret bois, au prix « d’immortel » de £ 50000, soit environ 70650 €…Chacun appréciera...

 

 

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-DALWHINNIE n.a.s. « WINTER’S GOLD », 43 % : Une version distillée les mois d’hiver (enfin, entre octobre et mars) ce qui, d’après Douglas Murray, responsable technique chez Diageo, permettrait, grâce aux condenseurs de type « worm tub » (en forme de spirale, et en cuivre) d’obtenir un plus grand contact entre le cuivre et le distillat durant cette période et d’obtenir une certaine richesse, apportant des notes épicées, cirées, mais aussi miellées, fruitées (peau de pomme) et de rhum-raisin. L’on jugera après dégustation…Pour information, les fûts utilisés pour cette version sont de différents types : Fûts américains de premier remplissage, fûts avec plusieurs remplissages et fûts de chêne européens. Prix n.c.

 

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-GLENDRONACH « The HIELAN » 8 ans, 46 % : Il s’agit d’une nouvelle version destinée à la gamme régulière, âgée de seulement 8 ans et constituée de fûts de Bourbon comme de Sherry, d’où, dit le producteur, de riches « notes de noix, de caramel au beurre et d’épices ». Le prix est d’environ 50 €, mais on ne le trouve pas partout encore en France.

 

 

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-Pernod-Ricard, propriétaire de la distillerie The GLENLIVET lance 2 autres versions n.a.s. (sans compte d’âge) pour remplacer sur le marché hors taxe (« travel retail ») les 12 ans, 15 ans & 18 ans d’âge. Il s’agit de deux nouveautés qui s’ajoutent à la version apparue sur le marché hors taxe déjà en 2011 et nommée « Master Distiller’s Reserve » : La seconde est donc la « Master Distiller’s Reserve Solera Vatted ». Les 3 versions sont composées d’un assemblage de fûts neufs ou « virgin oak », de fûts ayant contenu du Bourbon pour la première fois-« First Fill American Oak casks »-ainsi que de fûts ayant contenu du Sherry, mais cette version a utilisé le mariage de l’assemblage dans des foudres de type « Solera » (dont le fond n’est jamais vidé entièrement) et contient une plus grande proportion de fûts de Bourbon de premier remplissage que les autres.

La dernière version, nommée « Master Distiller’s Reserve Small Batch », est un assemblage d’un petit nombre de fûts sélectionnés par le distillateur Alan Winchester et dont la quantité est susceptible de varier en fonction de qualité des fûts disponibles, mais cette version sera tout de même permanente. Toutes ces versions sont mises en bouteille avec réduction à 40 %, et le prix des deux dernières versions pourraient être d’environ 65 € pour le « Solera Vatted » et de 130 € pour le « Small Batch ».

 

 

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 -The MACALLAN n.a.s. « Rare Cask », 43 % : Il s’agit d’une nouveauté sans compte d’âge à destination « exclusive » des Etats-Unis. Une version qui, d’après la distillerie, serait un assemblage de fûts provenant, uniquement du Sherry de type « Dry Oloroso » et de premier remplissage (certaines sources ont parlé de l’utilisation de « 16 types de Sherry différents », ce qui me semble erroné). Il est dit également qu’il n’y a pas eu coloration artificielle. Le prix annoncé chez The Whisky Exchange est d’environ 280 €. Un record de prix sans doute pour un whisky sans compte d’âge (quoique ceux de la distillerie coréenne KAVALAN les dépassent parfois..). Les retours cependant sont pour le moment plutôt positifs. Je dois dire aussi que le packaging est splendide.

 

 

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-Le groupe Bacardi, via sa filiale John Dewar & Sons Ltd, met la touche finale au lifting de ses marques de single-malts écossais (après ABERFELDY, AULTMORE, CRAIGELLACHIE, GLEN DEVERON), et notamment à la relance de son petit dernier, le ROYAL BRACKLA, avec 3 versions différentes et avec compte d'âge s'il vous plaît. La distillerie propose donc pour cette rentrée 2015 une version de 12 ans d'âge, de 16 ans d'âge et de 21 ans d'âge. Toutes ces versions sont mises en bouteille à 46 % et mettent à l'honneur pour l'affinage des fûts de Sherry de premier remplissage, de "première qualité" d'après la distillerie (l'on jugera à la dégustation). Pour mémoire, cette très ancienne distillerie des Highlands du Nord située près d'Inverness fut fondée en 1812 par le capitaine William Fraser.

C'est la première distillerie à obtenir la "garantie royale" en 1835, ou le droit de porter le préfixe "Royal" de la part du roi William IV. Une des particularités de cette distillerie, qui dispose de 4 alambics et produit plus de 4 millions de litres d'alcool pur par an, est la fermentation lente, de plus de 80 heures....(supérieure à la moyenne, donc, mais pas le record, détenu sauf erreur de ma part par la distillerie SCAPA, avec 168 heures). Le single-malt alimente principalement le blended whisky DEWAR'S du groupe Bacardi, mais peut se trouver également de temps à autre en version de négoce, notamment chez Gordon & MacPhail (parmi les plus anciens à l'embouteiller-parmi les versions récentes j'ai dégusté un très bon millésime "1991" dans la série "Connoisseur's Choice", noté 91/100), Cadenhead, Douglas Laing (citons un millésime "1999", dans la série "Tartan", très correct, herbacé et fruité, mais malheureusement un peu trop réduit, noté 84/100), Signatory Vintage, ou encore par exemple la S.M.W.S. (je me rappelle d'un excellent 9 ans d'âge, numéro 55.18, titrant 61 %, complexe, avec de beaux esters, très fruité et floral, noté 91/100).

Contrairement à ce que j'ai pu lire sur la toile, en revanche (de même que pour AULTMORE, par exemple), ces 3 nouvelles versions ne sont pas les premières versions officielles jamais proposées par la distillerie, loin de là. Il y eu d'abord une version sans compte d'âge, des éditions limitées à l'Italie âgées de 12 et 16 ans, puis en 1993 un 10 ans d'âge dans la série "Flora & Fauna", lorsque la distillerie appartenait encore au groupe U.D.V. (futur Diageo), ainsi qu'une édition limitée dans la non moins célèbre gamme "Rare Malts Selection", un 20 ans d'âge distillé en 1978 et mis en bouteille en 1998 au degré naturel de 59,8 %. Après une rénovation conséquente de la distillerie en 1997 (ironiquement un an avant le rachat par Bacardi), la distillerie sort une nouvelle édition du 10 ans d'âge en 2004, ainsi que, dix ans plus tard, une version de 25 ans d'âge, un 35 ans d'âge pour une édition limitée destinée à Singapour, et enfin ces 3 toutes nouvelles versions.

 

 

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Le nouveau ROYAL BRACKLA 12 ans d'âge, 46 % (photo officielle).

 

 

-SCAPA n.a.s. « SKIREN », 40 % : Pernod-Ricard ne s’arrête pas en si bon chemin, si j’ose dire, avec les GLENLIVET sans compte d'âge, et propose désormais également une version sans compte d’âge de son single-malt SCAPA, l’autre distillerie des îles Orcades ("l'autre" en référence non pas à GLENLIVET mais à HIGHLAND PARK, la plus connue des distilleries de ces îles) : Cette version, nous dit Brian McAulay, le maître-distillateur, est entièrement élevée en fûts de chêne américain de premier remplissage (« First fill American Oak »), afin d’obtenir « une douceur crémeuse, avec une touche de fruits tropicaux et d’agrumes, et enfin d’une note de bruyère à connotation maritime ». Il s’agit d’une version destinée au marché français (cavistes) et à la Grande-Bretagne, qui sera lancée en Septembre et sera vendue au prix estimé à £ 60, soit environ 85 €.

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-TOMATIN 36 ans, série « Rare Cask », Batch N°1, 46% (Highlands): Le whisky est présenté dans une carafe et protégé par un coffret en bois. Il s’agit d’une version âgée de plus de 25 ans, élevée en fûts ayant contenu du Bourbon & des fûts ayant contenu du Sherry de type Oloroso. Il est vendu notamment par la maison The Whisky Exchange pour un peu plus de 700 € environ.

 

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-TOMATIN 25 ans, Batch 2, 46 % : Il s’agit d’une version âgée de plus de 25 ans, élevée en fûts ayant contenu du Bourbon, puis affinée en fûts ayant contenu du Porto. Il est vendu notamment par la maison The Whisky Exchange pour environ 250 €.

 

 

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NOUVEAUTES WHISKY (Autres pays du MONDE) :

(Recent Whisky New Bottlings-rest of the World)

 

-SUNTORY HIBIKI « JAPANESE HARMONY », 43 % (Blended-Whisky) : Le sort en est jeté, SUNTORY emboîte le pas de NIKKA pour proposer une version sans compte d’âge de son célèbre blended-whisky et se fait un rien redondant dans le titre puisque « Hibiki » signifie « Harmonie ». Comme d’habitude avec les grands assembleurs japonais, cela ne signifie pas pour autant que cette version sera sans intérêt ou moins bonne que le 12 ans d’âge. La base de ce blend est toujours un assemblage de fûts provenant des distilleries de malt YAMAZAKI & HAKUSHU d’une part, et de la distillerie de grain CHITA.

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Les types de fûts utilisés sont variés, puisqu’il y a dans la recette des fûts de chêne neuf japonais, des fûts ayant contenu du Bourbon, du Sherry et enfin du whisky de malt tourbé. S’y ajoutent d’autres whiskies, pas forcément japonais (d’autant plus que depuis la fusion d SUNTORY avec BEAM Global, le groupe possède un plus grand nombre encore de distilleries écossaises, notamment), avec une recette toujours secrète. Je suis curieux du résultat (cette version n’est pas encore en vente en France hormis en ligne, mais devrait faire son apparition à l’automne), mais les premiers prix aperçus sur la toile (entre 60 et 73 €) ne sont pas encourageants pour un whisky qui demeure sans compte d’âge et une bouteille qui sera vendue vraisemblablement plus cher que la version de 12 ans d’âge, pour autant qu’elle subsiste…(à confirmer). Pour la petite histoire, en réalité, historiquement la première version d’ « Hibiki » était également sans compte d’âge, et était moins recherchée, car avant les années 2000, les whiskies japonais étaient plutôt méconnus en Europe, et commençaient à peine à être vendus en France.

 

IRLANDE:

 

-HYDE « N°1 » 10 ans, HIBERNIA Distillers, 46 % : (Blended-Whiskey d’Irlande)

HIBERNIA Distillers est société de négoce irlandaise (une de plus diraient les mauvaises langues) basée à West Cork et ayant prévu d’y construire une distillerie sous peu. Le whisky provient pour le moment de la distillerie COOLEY. Il s’agit d’un blended whisky composé de fûts de Bourbon de premier remplissage retravaillés à la flamme (« charred ») puis affinés dans des fûts ayant contenu du Sherry Oloroso durant 10 mois. Il est non filtré à froid et réduit à 46 %. Les bouteilles sont numérotées et vendues dans des coffrets en bois. Une version « N°2 » est prévue pour la trentrée prochaine, cette fois avec un affinage en fûts ayant contenu du rhum. Pour la petite histoire, le whisky est ainsi nommé en hommage à Douglas Hyde, premier président de l’Irlande, de 1938 à 1945.

 

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-TULLAMORE DEW "CIDER CASK finish" (travel retail-mai 2015 ?), édition limitée 2015, 1 litre, 40 % : Le whisky a été élevé traditionnellement dans des fûts (une centaine environ) ayant contenu du Bourbon et du Sherry, puis affiné durant 3 mois dans des fûts ayant contenu du cidre élaboré avec des pommes soigneusement sélectionnées, affirme John Quinn, le « global brand ambassador » de la marque, qui appartient à William GRANT & Sons. Prix n.c., mais il pourrait se situer entre 50 et 60 €.

 

 

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-TULLAMORE DEW 15 ANS "TRILOGY", 40 % : La distillerie propose essentiellement pour le marché hors taxe, mais pas seulement la version la plus âgée jamais sortie à ce jour, une version associant fûts de Bourbon, de Sherry, mais aussi de Rhum, d’où le nom de « Trilogy ». La recette est la même que pour le 12 ans d’âge, hormis une deuxième maturation pour 3 ans en fûts ayant contenu du Bourbon, puis l’assemblage a été remis à marier durant 3 mois dans des fûts de rhum en provenance de Trinidad. Il s’agit d’une édition limitée à 9000 bouteilles, vendues au prix unitaire d’environ 65 €.

 

 

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AUTRES PAYS :

 

-EDDU « GREY ROCK », version « Brocéliande », Distillerie des Menhirs, 40 % (Blended Whisky, France): Mal aimé du paysage français du whisky, le blended whisky, qui a pourtant eu ses lettres de noblesse à la fin des années 80 avec le premier blended whisky français (« Whisky Breton » de la distillerie Warenghem), a su prouver aux vrais connaisseurs qu’il avait sa place aux côtés du « blended Scotch », et la Distillerie des Menhirs a su emboîter le pas de Warenghem il y a plus de 10 ans déjà, puisque son premier whisky à base de blé noir date de 2002 (il s’agit du « Silver ») et son premier blended whisky de 2003, le « Grey-Rock » (à base de 30 % de blé noir, que l’on nomme aussi « sarrasin »). La nouvelle version dite « Brocéliande » est nommée ainsi car elle a été affinée (et non entièrement vieillie comme je l’ai d’abord cru) dans des fûts neufs de chêne breton centenaire provenant de la forêt de Brocéliande, fûts que la distillerie utilise pour une partie du vieillissement de ses whiskies depuis 2006.

 

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-La distillerie galloise PENDERYN présente aussi plusieurs nouveautés, dont j’ai retenu pour l’heure ces deux versions assez intéressantes sur le papier :

-PENDERYN « RICH OAK » (Welsh wood casks), 50 % (Single-Malt, Pays de Galles): Il s’agit d’une version qui, pour la première fois, fait appel à des fûts (3 fûts) « élaborés » par la distillerie, mais non pas, comme je l’ai d’abord cru de provenance locale, mais des fûts ayant contenu du Bourbon, puis reconstitués à la distillerie (donc tout simplement un type de Hogshead). Le prix de cette version est d’environ 100 € (en équivalent de la livre) et est disponible notamment auprès de la société The Whisky Exchange et de la Maison du Whisky.

 

 

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-PENDERYN « PORT WOOD Finish » Single-Cask (réf. PT72), Cask Strength, 59 % (Single-Malt, Pays de Galles): Il s’agit là d’une version brute de fût de la version habituellement mise en bouteille à 41 %. Le prix, par contre est très dissuasif, car annoncé à plus de 350 € en Grande-Bretagne (non, vous ne rêvez pas, la bouteille fait bien 70 cl, pas 150 ni 300 cl).

 

 

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-PARKER’S HERITAGE Wheat Whiskey 13 ans, Release 8 (Batch 2), non filtré à froid, Cask Strength, 63,4 % (distillerie HEAVEN HILL, Kentucky, Etats-Unis) : Il s’agit d’un whisky à base de blé majoritaire (soit 51 % minimum), contrairement aux éditions précédentes qui utilisaient en majorité du Bourbon. La recette de base en fait est la même que celle destinée à la marque BERNHEIM « Original ». Cette référence serait, d’après la distillerie, la première et la seule provenant d’une distillerie américaine, hormis les micro-distilleries, à élaborer un whisky de blé (« wheat ») majoritaire depuis l’année 2005. Le prix annoncé est d’environ 110 € chez The Whisky Exchange, mais n’est pas pour le moment disponible en France à ma connaissance. Rappelons que le seul whisky fabriqué en France qui soit à peu près comparable en termes d’ingrédient majoritaire est l’EDDU, produit par la Distillerie des Menhirs, mais là il s’agit de blé noir (ou sarrasin) et non pas de blé blanc européen (dit aussi "blé tendre") ou de blé rouge (américain, comme par exemple celui utilisé pour le Bourbon Maker’s Mark, qui en contient plus de 45 %).

 

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-WILD TURKEY 17 ans « MASTER’S KEEP », 43,4 % (en unités américaines de mesure d’alcool = 86,8 Proof), Kentucky, Etats-Unis (Bourbon whiskey): Cette version exceptionnelle (qui donne lieu également à des variantes réserves à certains marchés), nous dit Eddie Russell, le maître-distillateur, est la version la plus âgée produite par la distillerie, car souvent, dit il, les whiskeys dépassent leur âge optimal de qualité au bout de 8 à 12 ans, devenant souvent trop boisés et épicés pour être embouteillés. Là il s’agit de fûts qui ont été d’abord élevés en chais en pierre, puis transférés dans des chais en bois, ce qui leur donnerait plus de notes vanillées & caramélisées, puis enfin une touche d’épices et de boisé. Le prix de cette version limitée est de 150 $, soit environ 130 €. Par contre n’espérez pas le trouver en France pour le moment, mais vous pourrez l’acheter en ligne sur le site d’un célèbre établissement anglais déjà cité dans cet article.

 

 

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Enfin j’aimerais terminer par une vraie fausse nouveauté, qui me permet surtout d’attirer l’attention sur cette excellente distillerie d’Afrique du Sud, dont j’ai pu déguster le 5 ans d’âge il y a de nombreuses années, et il m’avait laissé un plutôt bon souvenir. J’espère un jour pouvoir déguster toute la gamme. J'aurais certainement l'occasion de vous reparler de cette distillerie.

 

-THREE SHIPS 10 ans, Limited Edition, 2012, 43 % (Single-Malt, Afrique du Sud):

 

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Editorial No 15

 

EDITORIAL No 15 : « L’offre et la demande » :

 

(« Supply and Demand »)

 

Première Edition/1st Edition: 21/06/2015

Mise à jour/Update: 02/08/2015

 

Dernière minute (30/07/2015): Pour raisons de santé (même si cela va un peu mieux depuis quelques jours), il ne m'est pas encore possible actuellement de déguster de whisky (pour ne pas dire d'alcool) ni de me concentrer sur la rédaction d'un quelconque article ou de notes de dégustation, ce depuis plusieurs semaines, aussi veuillez m'en excuser. L'Editorial N°16 (ainsi que d'autres articles) est certes en préparation avec notamment l'annonce de nombreuses nouveautés mais il devra encore être retardé.  Merci de votre patience. / ENGLISH last minute note : For health reasons, even though I'm a little better these days, alcohol consumption & writing long articles about whisky are impossible things to do for me at the moment, so all my apologies for that. However, before these recent problems I started to work on Editorial N°16 (& on other articles), which will announce, as soon as possible, numerous new bottlings & some news as well. Please be patient...thanks.

 

 

INTRODUCTION :

Pour ce nouvel Editorial, l'actualité ayant imposé certains sujets et les nouveautés étant un peu moins importantes ou pertinentes à signaler, j'ai décidé de la scinder en deux parties seulement (en réalité deux gros sujets et un plus modeste), la première consacrée à l'actualité brûlante du whisky japonais, et du groupe NIKKA en particulier, l'autre à de brefs comptes-rendus sur des soirées dégustation et divers événements (KILCHOMAN, Douglas LAING) liés au whisky (soit pas moins de 15 notes de dégustations), puis enfin un mot sur le festival "Feis Ile" 2015. Hélas, vous trouverez aussi une information dramatique sur la distillerie bretonne GLANN AR MOR, qui va cesser ses activités très bientôt.

S'y ajoutent quelques liens vers des sujets en cours qui seront activés très prochainement concernant notamment un numéro spécial d'Express Notes consacré à un rapide tour d'horizon de certaines de mes dégustations passées et récentes (centré plutôt sur les whiskies écossais de type single-malt, essentiellement, officiels & de négoce, en de brèves notes-en effet un soucis technique m’empêchant de les publier dans le menu de gauche, par distillerie, je suis obligé de contourner l’obstacle en créant des sujets de forme blog, désolé pour cela), bientôt à celui sur les blended-whiskies écossais, plus du point de vue de la dégustation que de l'histoire des maisons d'assemblage cette fois, entre autres choses.

 

ENGLISH SUMMARY (Foreword) :

For this new Editorial, the News led me to speak about some topics more than others, also because they were less relevant new bottlings to write about this time. The first part is devoted to the worrying Japanese whisky situation, especially about NIKKA whiskies. Then I’ll evoke several tasting evenings or events, such as KILCHOMAN masterclass & Douglas LAING tastings in Paris (with no less than 15 tasting notes). Finally I will add progressively to this some links to others topics of mine, including very soon a quick survey of many single-malts tasting notes of mine listed in a row, brief notes (this is also due to temporary technical problems that doesn’t allow me to publish notes on the dedicated left menu, so I have to publish them in a blog form-apologies), then one about blended whiskies, with the same idea (less history & context, more tasting notes). There's also a word about the "Feis Ile" 2015 festival. Unfortunately, I also have a sad information for you I will develop on another entry on the website (see link below), about the closing in a month of Brittany boutique distillery GLANN AR MOR, which I believe was the best whisky distillery from France ever...

 

You can get an approximative translation of my full EDITORIAL by using « Google Translate ». Please click here below… :Translator link

 

 

NOUVELLES WHISKY (TOUS PAYS)/SCOTCH WHISKY NEWS :

 

-NIKKA revoit ses gammes de SINGLE-MALTS fortement à la baisse:

 

C'est un coup de tonnerre, un véritable Tsunami si j'ose dire pour les fans de ces deux distilleries (MIYAGIKYO et YOICHI) que j'apprends par voie de presse indirecte (rumeurs sur la toile, via des cavistes) puis, renseignement pris, de manière confirmée via des professionnels français (en liaison directe avec le groupe NIKKA par le fait qu'ils sont importateurs exclusifs de la marque) que nous allons être privés de nombreuses références de la marque et ce pour un moment.

 

 

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Désormais, tous les whiskies de cette photo prise il y a plusieurs années ont disparu du marché régulier (ou vont l'être sous peu pour le YOICHI). Photo: © Grégoire Sarafian

 

 Oui, en effet, cette décision survient plutôt brutalement, pour des raisons de pénurie des stocks liés à l'augmentation globale (surtout en 2014-2015) de la consommation de whiskies d'une part, consécutifs à une hausse importante de la demande intérieure japonaise de l'autre, et notamment à cause du succès d'une série télévisée: Oui, qui l'aurait cru, autrefois confidentielle ou connue que des passionnés de whisky (la plupart des japonais dégustant leur whisky en mode "mizuwari", avec beaucoup de glace, de soda et peu de whisky), l'histoire du whisky japonais et notamment ses débuts "romantiques"  liés à la rencontre de Masataka Taketsuru le japonais et de Jessica Roberta Cowan, alias Rita, a été mise en avant par une série télévisée nommée "Massan" retraçant cette rencontre et ses suites. Sa diffusion sur le long terme créant un engouement sans précédent de la part des japonais non seulement pour les blended-whiskies d'entrée de gamme, mais aussi pour les single-malts et les single-casks haut de gamme.

 

 

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Le fameux feuilleton télévisé japonais retracant la vie de Rita & Masataka Taketsuru, diffusé de Septembre 2014 à Mars 2015 sur la chaîne NHK.

 

A cela il faut ajouter parait il (information  sous réserve cette fois) une "razzia" sans précédent au Japon opérée par un certain nombre de touristes fortunés en provenance d'un grand pays voisin que je ne nommerais pas et qui auraient vidé (en les achetant, je vous rassure) toutes les références de single-casks des boutiques des 2 distilleries du groupe, voire même celles liées au siège. Des achats dit-on à forte visée spéculative cette fois-ci.

D'ou cette pénurie de vieux whiskies. Certes, l'on s'en doutait depuis un moment, lorsque certains des plus vieux fûts ont été incorporés dans les batches du NIKKA Taketsuru 35 ans d'âge il y a quelques années de cela, puis en 2014 avec la sortie du 40 ans d'âge. NIKKA l'avait dit, elle avait préféré utiliser pour ce blend notamment ses plus anciens fûts de la distillerie de YOICHI, datant de 1945, plutôt que de les sortir en single-malt.  Je pense aussi que la multiplication des marques d’assemblages de NIKKA (notamment sur le marché intérieur) a peut être aussi aggravé la situation. Je me rappelle ce catalogue en langue japonaise aimablement concédé par la société NIKKA il y a quelques années recensant tous les produits de chez ASAHI (célèbre brasseur propriétaire du groupe NIKKA) et ou le nombre de références de whiskies avait de quoi faire tourner la tête (de mémoire je crois plus d’une vingtaine, sans même aborder les single-malts…). Le groupe a peut être également mal anticipé le succès de ses whiskies qui a débuté en 2001 avec le prix donné à une version brut de fût du 10 ans d'âge. Par la suite, vers 2010, lorsque les récompenses s'accumulaient et la demande également, NIKKA n'a procédé à aucune expansion de ses distilleries, contrairement au groupe concurrent SUNTORY qui a augmenté les capacités de production de YAMAZAKI, notamment, puis a augmenté les prix de certaines éditions limitées également.

Concrètement, concernant MIYAGIKYO, les références 10 ans d'âge, 12 ans, 15 ans et les singles-casks sont abandonnées, tandis que pour YOICHI ce sont les 10, 12, 15 et 20 ans d'âge de la gamme régulière qui sont abandonnés, ainsi que les single-casks, et ce pour toute l'Europe.

 

 

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Le YOICHI 12 ans, selon moi un des plus grands single-malts de l'histoire (mondiale) du whisky...J'assume ces propos.

Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

En matière d'assemblage plus large, les références suivantes seront également abandonnées : Nikka "Pure-Malt"/White, Nikka "Tsuru" 17 ans, "The Blend of Nikka", "G & G", "Black Nikka" 8 ans, sa variante "SP" (ainsi que d'autres références locales non exportées ici comme "Malt Club", "Hakata", "Hi Nikka"), mais aussi (mais ça on le savait déjà en 2014) le Nikka "Taketsuru" 12 ans d'âge.

Les références d'assemblage maintenues sont : Nikka "Pure-Malt"/Black, Nikka "Pure-Malt"/Red, Nikka "Taketsuru" n.a.s., 17, 21 & 25 ans, le "Coffey Grain", le "Coffey Malt", bien sûr les Blended whiskies Nikka "From the barrel", une des plus grosses ventes de la marque en France & le "Super Nikka". D'autres références plutôt locales persisteront également (Nikka 12 ans, "The Rich Blend", "Clear Blend", "Deep Blend"; "Black Nikka"). Dernière minute (30/06/2015): le "NIKKA BLENDED Whisky" (étiquette orange) à 40 % est maintenu pour l'Europe seulement (c'est d'ailleurs une exciusivité européenne).

 

 

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Une partie de la gamme NIKKA de blended whiskies, blended malts et même un single-cask, à gauche, qui va devenir une denrée rare. Photo: © Constantin Sarafian

 

 

En revanche, ne subsisteront pour les deux distilleries de malt du groupe (MIYAGIKYO & YOICHI) que des références sans compte d'âge, mais pas les "Non Age" actuels (qui ont entre 5 et 8 ans environ et sont conditionnés en bouteilles de 50 cl), voire une seule par distillerie. Pourquoi? Parce que la distillerie doit non seulement reconstituer ses stocks de whiskies âgés mais aussi veiller à alimenter ses blended-whiskies comme ses blended-malts, dont le succès ne se dément pas non plus.

Les "remplaçants" de ces "Non Age" seront peut être présentés au prochain salon "Whisky Live Paris" 2015, (sinon au printemps 2016) avec, de manière encore incertaine, mais, selon les mêmes sources (dernière minute: 25/06/15), il n'y aura pas de nouveau single-cask de chacune des deux distilleries en dégustation, mais uniquement des bouteilles des millésimes présentés l'an dernier. En revanche, elles seront proposées uniquement dans le cadre du stand « Collector’s » (dégustations payantes, au verre, en quantités limitées).

 

 

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Dans l'ordre, le nouveau YOICHI & le nouveau MIYAGIKYO, tous deux sans compte d'âge. Photo : © Nonjatta.

 

Il n’y a aucun délai pour un retour à la normale de l'approvisionnement de ces références, mais on peut raisonnablement penser que cela n'arrive pas avant une décennie au moins (information au conditionnel pour ce point précis, la société, elle tablant plutôt sur un retour à des whiskies avec compte d'âge dans "on l'espère 5 à 6 ans").

Afin d'éviter toute polémique ou malentendu au sujet des sources de cet article, je tiens à préciser que ces informations proviennent autant de sites internes sérieux (ex.: Nonjatta, fortement recommandé : lien direct), de sources commerciales japonaises via des contacts français particuliers tout aussi sérieux, que d'informations recueillies auprès de La Maison du Whisky (dont le chef de produit NIKKA que j'ai contacté personnellement avant de vous présenter cet article), qui, rappelons-le, est l’importateur exclusif de la marque en France.

J'espère que ce sujet (l'essentiel des informations commence à être connu depuis peu) ne servira à pas à créer une panique ou pousser la spéculation, mais plutôt à encourager ceux qui hésitaient à acquérir une référence avec compte d'âge à peut être franchir le pas pendant qu'il en est encore temps....personnellement, je considère que toutes ces références (je parle de la gamme régulière, car je n'ai bien évidemment pas dégusté tous les single-casks produits par NIKKA-enfin en général les standard de qualité sont très élevés) sont bonnes, de grande qualité, mais j'attire votre attention sur des références importantes pour moi comme le YOICHI 12 ans, absolument remarquable de maturité et de classe, le YOICHI 15 ans et son élégance complexe, ou encore le MIYAGIKYO 12 ans, délicieusement fruité...je ne parle même pas des single-casks millésimés (voir le sujet sur le superbe millésime 1988 de YOICHI au Whisky Live Paris 2013-voir photo ci dessous et note de dégustation : cliquez ici / click here) des 2 distilleries.

 

 

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Le YOICHI "1988", un single-cask millésimé âgé (25 ans) tel qu'on en verra plus pendant de nombreuses années sur le marché, hélas. Photo: © Grégoire Sarafian

 

Par ailleurs, au sujet du groupe concurrent SUNTORY, même s'il n'y pas encore d'annonce officielle, les stocks s'amenuisent aussi pour les références âgées, les prix ont déjà augmenté en 2015 comme annoncé sur ce site, et vont continuer à l'être, avec une probable réaction similaire du groupe...Je doute qu'on puisse encore obtenir les HAKUSHU & YAMAZAKI 18 ans encore longtemps, sans parler des assemblages plus larges comme ceux liés aux blended whiskies "HIBIKI" âgés...

Concernant l'abandon du compte d'âge, l'on peut considérer que SUNTORY a pris un peu d'avance en dévoilant les versions n.a.s. dites "'Distiller's Reserve" il y a déjà plusieurs années. Du coup, les versions de 12 ans d'âge ont pris une courbe ascendante côté prix, mais rien ne dit qu'elles seront supprimées par la suite (la capacité de production d'HAKUSHU est également bien plus grande que celle de YOICHI, par exemple...). D'ailleurs le groupe SUNTORY ne vient il pas de (re) lancer une version sans compte d'âge du "HIBIKI" nommée "Harmony" ? (ce qui signifie la même chose en réalité). Une version pour l'heure locale, mais qui devrait arriver sans doute à l'automne prochain en Europe également.

 

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 Le SUNTORY "HIBIKI" 21 ans, un chef d'oeuvre en péril, à mon avis...à moyen terme, et hélas déjà frappé par la spéculation (certes pas au point d'un KARUIZAWA).

 

 

Enfin, je ne peux pas vous dire pour l’instant l’incidence qu’aura cette décision radicale de NIKKA de supprimer (même momentanément) ces références sur les autres distilleries ou marques de whiskies japonaises, mais si le report de l’intérêt, de la spéculation et des achats de passionnés vers celles-ci se produit, alors bien évidemment, pour des distilleries à faible quantité de production comme CHICHIBU ou MARS, cela peut poser problème (d’autant plus qu’elles importent en Europe leurs whiskies), certes sans doute moins pour WHITE OAK (qui conditionne déjà ses whiskies systématiquement en bouteilles de 50 cl au moins pour l'Europe), tandis que par exemple pour KIRIN et leur FUJI-GOTEMBA de 18 ans d’âge, il est évident que la référence ne pourra être maintenue longtemps. Je ne parle même pas de la distillerie fermée KARUIZAWA qui a probablement battu depuis longtemps les records de plus value spéculative, hélas…

 

***

 

A SUIVRE :

D’autres NOUVELLES à venir concernant des ouvertures, mises en sommeil ou fermetures de distilleries en Ecosse ou ailleurs vous seront prochainement annoncées dans ce même Editorial, aussi n’hésitez pas à revenir sur le site le consulter en vérifiant la date de mise à jour. Merci de votre patience.

Dernière minute (02/07/2015): Comme je le craignais (rumeurs, contacts directs avec la distillerie...), et j'attendais pour l'annoncer moi-même la publication du communiqué de presse de la part de la distillerie, la distillerie bretonne GLANN AR MOR, située à Pleubian dans les côtes d'Armor va fermer ses portes le 15 août prochain. Cette micro-distillerie artisanale produisait des single-malts non tourbés sous le nom de GLANN AR MOR et des single-malts tourbés sous le nom de KORNOG. J'ai consacré un long sujet expliquant la raison officielle de cette fermeture, exposant les faits puis un avis et des hypothèses personnels, que faute de place vous trouverez dans une autre rubrique, voir ici : 

Les raisons de la fermeture...  

Dernière minute (02/08/15) : GLANN AR MOR a indiqué il y a quelques jours par voie de presse qu'après une reprise de contact avec l'I.N.A.O. (Institut National de l'Origine et de la Qualité), elle avait bon espoir d'avoir gain de cause et, du coup,  elle revenait sur sa décision de fermer la distillerie. Affaire à suivre....Je me réjouis personnellement de cette annonce, mais restons prudents, étant donné la nature du litige et les rebondissements passés. / GLANN AR MOR Distillery says they will reopen, because the I.N.A.O. institute accepted to reconsider some questions about the distillery's demand. These are good news for sure, but let's stay prudent as a lot of unforeseen developments have already happen in the recent past.

 

 

***

 

RETOUR SUR QUELQUES EVENEMENTS WHISKY :

(Short reports on some recent Whisky events)

 

-Masterclass KILCHOMAN:

C'est à la boutique (que l'on nomme parfois la N°3) située au 28, Rue du Faubourg Poissonnière de l'enseigne Nicolas JULHES qu'a eu lieu le 18/06/2015 une dégustation "afterwork" de 4 références de la "ferme-distillerie" artisanale KILCHOMAN (située au Nord-Ouest de l’île d’Islay en Ecosse) comme elle aime bien être présentée, avec Leonie WOOD, ambassadrice de la distillerie, aidée d’Anaïs Boutron, des caves Julhès.

 

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Leonie WOOD, ambassadrice de la distillerie, parle avec passion de cette vraie distillerie artisanale.

Photo: Grégoire Sarafian

 

Quatre flacons étaient proposés à la dégustation, plus deux en démonstration seulement, certains déjà évoqués sur le site, d’autres non, dont une nouveauté et les autres en édition la plus récente possible. Les prix oscillent entre 49 € environ pour le « MACHIR BAY » et environ 100 € pour les deux dernières éditions limitées pas en dégustation (l’ « ORIGINAL CASK STRENGTH » et le « PORT CASK MATURED ») car en passe d’être épuisées (et toutes deux recommandées par votre serviteur, avec une préférence pour la première). Je ne reviens pas sur la présentation de la distillerie, que vous pouvez déjà trouver sur le site : cliquez ici / click here

 

 

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Les quatre versions en dégustation ce jour là. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce fut déjà un régal en matière de conditionnement (ou "packaging" si vous préférez) à connotation celtique et locale. Chez KILCHOMAN, l'on a pas peur de la couleur non plus, et cela fait plaisir à voir. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

Quelques mots cependant, car l’ambassadrice nous a annoncé une nouveauté concernant la distillerie, à savoir qu’elle a décidé pour l’année prochaine d’augmenter sa capacité de production en passant de 140 000 à 200 000 litres d’alcool pur par an, ce qui n’est pas négligeable pour une si petite distillerie. C’est presque le double, et l’on pouvait s’y attendre, étant donné le succès de la distillerie depuis quelques années et l’annonce l’an dernier de l’extension de sa capacité de stockage par la construction de nouveaux chais. Leonie en profite pour nous rappeler les atouts de la distillerie, et notamment son choix de la fermentation lente (jusqu’à environ 100 heures, la ou "les autres ne vont en général que jusqu’à 40 ou 60 heures", dit elle-NDLR : J'ai eu un doute à ce sujet, aussi, renseignement pris, rappelons tout de même que chez TALISKER, par exemple, celle-ci peut aller jusqu'à 90h, de même que chez GLENFIDDICH, CAOL ILA, LAPHROAIG-ou elle débute vers les 60h-ou encore BRUICHLADDICH qui peut aller jusqu'à 110 h !). Elle précise également concernant la distillation que le « cœur de chauffe » est situé entre 74 et 65,5 %, et que seuls cinq minutes des têtes de distillation sont utilisées. Par ailleurs, pour information, si le distillat fait pas loin de 70 % à l’arrivée, il est traditionnellement réduit avant l’enfûtage à 63,5 %, comme la plupart des distilleries d’Ecosse.

 

La dégustation a débuté avec le KILCHOMAN « 100 % ISLAY » (d’environ 5 ans d’âge), étui livrée couleur sable, un single-malt très délicat malgré sa jeunesse et ses 50 %.

 

Cette version, élaborée essentiellement sur place, sur l’île d’Islay (enfin, pas totalement, puisqu’à la question posée par votre serviteur, j’apprends que la levure utilisée ne provient pas d’Islay), avec l’orge cultivée dans la ferme attenante. Une orge cependant en quantité insuffisante pour pourvoir à toute la production de la distillerie, d’où cette version, qui, au passage, contrairement aux autres versions dégustées ce même soir, n’est tourbée qu’à 25 p.p.m. (au lieu de 50 pour les autres), et, pour celle-ci, ne fait appel qu’à des fûts de Bourbon de premier remplissage, nous dit Leonie (des fûts rappelons-le en provenance de la distillerie BUFFALO TRACE, située dans le Kentucky).

 

 

 

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 Au premier plan de la tourbe en provenance d'Islay....Puis le "100 % ISLAY" dans son édition la plus récente. Photo: Grégoire Sarafian

 

 

Couleur : Or assez clair. Nez : Assez séduisant (fleurs, fruits, badiane, embruns, un rien de vanille) et paradoxalement assez fumé, et de manière très délicate. J’aime. Bouche : Une presque toute autre partition, car, à ma grande surprise, la tourbe a presque complètement disparu (en tout cas la fumée est très ténue), en tout cas en apparence (car il subsiste quelques notes terreuses, mais discrète), et mets en avant des notes fines et délicates d’embruns, de coquillages, de réglisse et de badiane, mais on aurait aimé qu’elles soient plus prononcées. Bien sûr le profil mets en valeur les différentes notes liées à la céréale (orge maltée), mais pas au point d’égaler la richesse d’un ARRAN « Orkney Bere Barley », par exemple. Tenue à la dilution : Ne pas trop diluer, car sinon cela renforcerait les (pourtant jolies) notes d’amertume de l’orge maltée. Avec quelques gouttes d’eau seulement, donc, quelques timides notes d’agrumes apparaissent (pamplemousse). La vanille est discrète et les esters encore plus, ce qui fait douter du premier remplissage (curieux, en effet, on est loin du style GLANN AR MOR, par exemple…). Conclusion : Une jolie version ayant le mérite de mettre en valeur la production locale, puisque là je pense qu’on peut parler de « terroir », mais que j’aurais aimée moins timide, plus aboutie. Note estimée à 88,5/100.

 

 

 

Puis elle s’est poursuite par la dégustation du KILCHOMAN « MACHIR BAY » (d’environ 4 à 5 ans d’âge), étui livrée couleur bleu roi, édition 2015, tourbé à 50 p.p.m. et titrant 46 %.

* = A signaler, ce fleuron de la gamme régulière ne comporte plus, depuis 2015, le bandeau diagonal sur l’étui rappelant la date de l’édition et de la mise en bouteille, ce sans doute pour des raisons d’économie. Cette version est issue d’un assemblage de fûts de premier et second remplissage tant de fûts ayant contenu du Bourbon que du Sherry.

 

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L'édition 2013 du KILCHOMAN "MACHIR BAY" *. Photo : © Grégoire Sarafian

 

 

Couleur : Or clair, légèrement plus soutenu que le précédent whisky. Nez : Assez différent du précédent, en cela qu’il fait moins dans la séduction et est davantage tributaire, déjà au nez, de sa part de fûts de Sherry : Les notes florales, marines (badiane, embruns) et de vanille sont donc associées avec des notes de fruits confits, de bacon et d’épices douces. Bien qu’il soit davantage tourbé, en revanche, l’impression au nez est curieusement moindre que chez le « 100 % ISLAY ». Bouche : Une version bien faite, équilibrée (d’un assez beau fondu), raffinée, mais demeurant assez légère. Elle reprend les notes florales, fruitées, marines et celles liées au Sherry en apportant une petite touche d’amertume noisettée en finale ma foi assez agréable. Moins de notes terreuses et là encore, une certaine timidité au regard du taux de p.p.m. En bouche on est pas si loin de CAOL ILA, alors qu’on devrait ressentir autant de puissance que dans un PORT CHARLOTTE, mais là…il s’agit d’un malt de la catégorie au dessus me dois-je de préciser à mon avis. Tenue à la dilution : Ne pas trop diluer, sinon, avec quelques gouttes d’eau seulement, ce whisky se comporte bien et apporte un peu de charme supplémentaire à l’affaire. Conclusion : Une belle version régulière, c’est sûr, mais là encore que j’aurais aimée moins timide, plus complexe et plus profonde. Note estimée à 89,5/100.

 

 

Ensuite j’ai pu enfin découvrir le KILCHOMAN « SANAIG », première édition, 2015, (étui livrée couleur violette), réduite à 46 %.

Il s'agit d'une nouveauté dont je vous avais déjà parlé, créée pour le marché français (un des plus importants pour la distillerie, nous précise Leonie). Il s’agit d’un assemblage à proportions égales (50/50) de fûts ayant contenu du Bourbon avec d’autres ayant contenu du Sherry. Elle est tourbée à 50 p.p.m. Prix env. 65 €.

 

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La première édition du KILCHOMAN "SANAIG", assurément une réussite pour moi. Photo: Grégoire Sarafian

 

 

Couleur : Vieil or, assez soutenu. Nez : Wow, intéressant, au point au début qu’on se demande si c’est la même distillerie, avant de comprendre que oui…Un nez superbe, avec déjà un équilibre assez spectaculaire entre les fûts de Bourbon, de Sherry, et son caractère marin et tourbé. Rien qu’au nez, une profondeur à laquelle la distillerie ne nous avait pas trop habitué, et de belles notes fruitées et florales (difficile pour l’heure de préciser sur cette seule dégustation, mais d’autres notes sont à venir pour cette version…). Comme des notes d’abricots et de pêches très mûres, du plus bel effet. Je suis déjà conquis au nez. Bouche : Une version remarquablement équilibrée encore une fois, avec un très beau fondu et une gourmandise inattendue, qui m’a rappelé un peu certains JURA (je pense au « Legacy » ou au « Superstition », notamment) aussi par la palette. Bien sûr toute comparaison est relative (et rappelons que chez KILCHOMAN, contrairement à JURA, tous leurs whiskies sont non colorés et non filtrés à froid), alors c’est surtout une impression personnelle. En bouche donc de belles notes d’épices douces, de fruits confits et au sirop, de complexes notes de thé, voire de bruyère, de miel, un touché en bouche assez soyeux et un caractère gouleyant, très séduisant, et mine de rien une belle complexité. Les notes marines, fumées et chocolatées (blanc et au lait) prenant peu à peu leur place pour créer une belle palette, inédite pour moi chez KILCHOMAN depuis que je les déguste. Belles notes maltées (cette fois à peine marquées par la noisette ou alors adjointe de notes pralinées peut être ?), belle profondeur, et beaucoup de charme ! Tenue à la dilution : Ne pas trop diluer, certes, mais plus de marge pour le faire que dans les éditions précédentes (c’est un signe positif pour moi). Devient encore plus charmeur et évoque maintenant un single-malt plus âgé (presque un 10 ans). Conclusion : Une version assez bluffante, je dois dire, et absolument réussie (well done, Mr Anthony Wills !) montrant un autre visage (plus ample, plus ouvert, certes un peu moins typique mais encore reconnaissable) de la distillerie, et vraiment pour le meilleur. Du coup très curieux de ce que pourrait être une version brute de fût de ce whisky ! Un excellent travail d’assemblage qui fera date. Note estimée à 91,5/100.

 

 

Enfin ce fut le tour le KILCHOMAN « LOCH GORM » en édition 2015 (étui livrée rouge), une édition 100 % élevée en fûts ayant contenu du Sherry, et titre 46 %. 

A noter, cette fois, par rapport à l’édition précédente, des fûts de second remplissage sont assemblés à des fûts de premier remplissage (et non 100 % de fûts de premier remplissage). Une édition régulière mais limitée à 18000 bouteilles environ par an. Là encore tourbée à 50 p.p.m.

 

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La dernière édition en date du KILCHOMAN "LOCH GORM" ou la puissance expressive du sherry... Photo: Grégoire Sarafian

 

 

Couleur : Vieil or, soutenu, aux reflets légèrement ambrés. Nez : Encore autre chose. Le Sherry domine au début, puis cela se calme un peu. Quelques notes soufrées persistantes, des notes de fruits mûrs assez fondues, une note précise de chocolat noir, puis la fumée de tourbe, modérée mais bien présente tout de même. Un whisky avec plus de présence encore que le précédent, mais sur un registre différent, et manifestement moins équilibré. Bouche : Au début là encore un certain déséquilibre se ressent de par la domination du sherry sur le caractère de la distillerie, puis cela s’équilibre un peu plus (sans jamais atteindre la sérénité de la version « SANAIG »), avec en milieu de bouche une alliance sherry/fumée assez réussie, moins complexe que la version précédente, mais plus gourmande d’une certaine façon, ou plus directe en tout cas…Des fruits mûrs divers, du thé assez infusé, du chocolat noir, des épices (poivre, gingembre) modérées mais apportant du peps (que pour le coup la version « SANAIG » a un peu moins), et cette signature constante de fumée de tourbe qui nous ramène à la distillerie. Au final c’est assez réussi également, mais sur un registre différent du précédent. Belle longueur en bouche (on se croirait là à un peu plus de 50 % d’A.B.V.), et un équilibre plus important qu’au nez (c’est mieux dans ce sens là, non ?). Pas mal…Tenue à la dilution : Ne pas trop diluer, certes, car l’équilibre est plus fragile ici que dans la version « SANAIG », mais l’on peut tout de même le faire si l’on veut. Comme souvent, l’eau ravive le caractère vineux du Sherry, mais aussi comme une note de soupe de fruits rouges et noirs (avec de la mûre, par exemple), ma foi plutôt agréable. Conclusion : Une version assez réussie mais plus simple, plus directe que le « SANAIG », par exemple, mais un peu moins équilibrée. Après réflexion, d’ailleurs, et sans le faire exprès, je suis arrivé curieusement à la même note chiffrée pour ces deux whiskies, alors que leur profil et même leur tempérament sont assez différents, l’un ayant des qualités qui manquent à l’autre, idem pour les défauts (encore que le terme est un peu excessif). En résumé un excellent whisky, mais peut être pas le meilleur pour découvrir le style de la distillerie. En revanche, il pourrait bien bluffer les amateurs de sherry dans le cadre d’une dégustation à l’aveugle, par exemple…Note estimée à 91,5/100.

 

Au sujet de KILCHOMAN, à l’occasion du 10 ème anniversaire de la distillerie, signalons tout de même deux sorties très récentes en édition limitée et une à venir (voire même déjà disponible à la distillerie) :

D’abord l’édition anniversaire, nommée KILCHOMAN « 10 th Anniversary », un assemblage de fûts distillés entre 2005 et 2012 ayant contenu du Bourbon et d’autres du Sherry, et qui comporte notamment, fait rare, le premier fût jamais embouteillé par la distillerie, en 2005, et nommé « Cask 1/2005 ». Il s’agit d’une version brute de fût (« Cask Strength ») titrant 58,2 % et qui a donné 3000 bouteilles. Une version rare, et autant le dire, uniquement en vente à la distillerie.

 

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L’autre version rare et récente est celle qui a été produite dans le cadre du festival « FEIS ILE » 2015 (voir plus loin) qui a lieu chaque année sur l’île d’Islay. Cette édition limitée (742 bouteilles) de KILCHOMAN est un assemblage de 3 fûts ayant contenu du Bourbon de premier remplissage et le plus âgé des single-malts jamais sortis de la distillerie. Les bouteilles sont numérotées et titrent 58,2 %.

 

 

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Enfin, une édition limitée (« Small Batch Release ») uniquement vieillie en fûts ayant contenu du vin de madère, nommé « MADEIRA CASK MATURED », destinée au club de fidélité "The Kilchoman Club" et brute de fût titrant 58,4 %.

 

 

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-"Workshop" spécial Douglas LAING:

 

C'est à la boutique de La Maison du Whisky du 20, Rue d'Anjou qu'avait lieu le 20/06/2015 une journée de dégustation consacrée au prestigieux négociant écossais Douglas LAING sous l'égide de l'ambassadeur Jan BECKERS dans le cadre des nouveaux « ateliers » de « La MdW » comme on la surnomme parfois. Jan proposait dans un premier temps de découvrir ou redécouvrir une des références de blended-malt écossais de la maison qu’est le "TIMOROUS BEASTIE" (déjà dégusté & commenté, excellent, aussi je n'y reviens pas ici), avant de proposer des single-malts écossais de trois des différentes gammes de la maison :

 

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Le sémillant Jan BECKERS, dans la cave collector's de La Maison du Whisky. Photo © Grégoire Sarafian

 

J’ai fait le choix de ne pas déguster tous les whiskies, j’en ai dégusté 10 sur 14 en fait (je le regrette d’ailleurs pour au moins 2 références, le JURA de la gamme "Single-Minded" et le BEN NEVIS 16 ans de la gamme "Old Particular"). Voici les whiskies (presque tous des single-malts) dégustés (tous non filtrés à froid, non colorés), en grande partie dans l’ordre proposé par un des professionnels présents :

 

-BENRINNES 15 ans (Distillé en 1999-Mis en bouteille en 2014), emb. Douglas LAING, gamme « Old Particular », Single-Cask Réf. DL 10102 (Sherry Butt, 268 bouteilles), n.c.f./n.c., Natural Cask Strength, 64,6 % /Région : SPEYSIDE :

 

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Le BENRINNES 15 ans, un single-malt plutôt vif (trop pour un début), mais intéressant. Photo © Grégoire Sarafian

 

Couleur : Vieil or. Nez : Puissant et un presque alcooleux, à humer avec précaution. Dominé par un sherry axé sur des notes de caramel dur (naturel), principalement. Bouche : Difficile à appréhender pure, honnêtement (même si c’est davantage le titrage qu’un vrai caractère alcooleux), il dévoile cependant de puissantes notes de caramel dur, d’épices et de fruits divers. Tenue à la dilution : Vraiment nécessaire pour ce whisky, la dilution permet de percevoir un profil puissant, expressif, avec une nette domination des notes de caramel dur (carambar), de fruits secs, d’épices diverses (gingembre, piment d’Espelette), mais pas grand chose d’autre. Peut être quelques fruits mûrs exotiques (banane, papaye), mais je ne peux être catégorique en une dégustation. Ceci dit c’est assez plaisant. Conclusion : Un bon whisky et un bon BENRINNES, pas du tout sur les profils dégustés jusqu’ici, et un peu trop monolithique à mon goût, mais en y repensant, une fois domestiqué (par l’eau), un des meilleurs dégustés parmi les BENRINNES jusqu’ici (il vaut les 118 € annoncés à mon avis), et parmi les whiskies de cette dégustation. Par contre une erreur manifeste de l’avoir placé en ouverture de dégustation, car cela m'a agressé le palais et mal préparé à la suite (j'ai été mal conseillé, cela arrive malheureusement parfois).  Note (sous réserve) estimée à : 90,5/100

 

-CLYNELISH 18 ans (Distillé en 1996-Mis en bouteille en 2014), emb. Douglas LAING, gamme « Old Particular », Single-Cask Réf. DL 10580 (Refill Hogshead), n.c.f., n.c., 48,4 % /Région : HIGHLANDS DU NORD :

 

 

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Un CLYNELISH très correct, mais sans surprise. Photo © Grégoire Sarafian

 

Couleur : Or clair. Nez : Difficile de passer après le précédent, mais bon….Un nez assez fin, timide presque, miellé, avec des notes d’herbes fraîches, de moutarde (discrète au nez). Bouche : Certes moins timide qu’au nez, mais ou est passé le fameux « chat sauvage » ? (en effet, pour moi, ordinairement, c’est la comparaison qui sied le mieux aux purs et durs Clynelish…ce mélange de séduction féline et de virile brutalité). Finalement on y arrive, ce mélange d’agrumes (citron et pamplemousse surtout), de vanille, de miel, d’herbes sauvages, d’épices typiques de la distillerie (moutarde blanche, voire de Dijon également un peu, et de piment plus ou moins doux), mais tout cela sans grand panache. J’attendais plus. Tenue à la dilution : Honnêtement ici elle n’apporte pas grand-chose (en tout cas telle que j’ai pu la réaliser sur place), le rendant même un peu trop léger. Conclusion : Un bon whisky et un CLYNELISH plutôt correct, mais sans surprise et presque ennuyeux. Sans parler du prix (130 € !). Note (sous réserve) estimée à : 86,5/100

 

 

-HIGHLAND PARK 18 ans (Distillé en 1996-Mis en bouteille en 2014), emb. Douglas LAING, gamme « Old Particular », Single-Cask Réf. DL 10589 (Refill Hogshead), n.c.f./n.c., 48,4 % /Région : Iles ORCADES :

 

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Un HIGHLAND PARK en partie atypique par rapport aux versions officielles. Photo © Grégoire Sarafian

 

 Couleur : Vieil or. Nez : Fin et complexe. Un peu timide également, mais j’arrive à y déceler des notes de cire, de miel, de noix, de fruits confits voire d’agrumes. On aurait aimé une version brute de fût pour celui-ci (à moins que cela ne soit réellement son degré naturel de réduction ? (pas de précision). Bouche : Encore un peu timide et peut être trop subtile pour ce contexte, mais en bouche aussi l’on perçoit une belle complexité dans ce whisky. Pas tous les marqueurs des bonnes versions officielles (c’est vraiment une des distilleries pour lesquelles à mon sens cela peut être vraiment déconcertant cette différence entre versions de négoce et officielles, avec par exemple ABERLOUR, GLENROTHES, JURA, LONGMORN ou encore MACALLAN), donc pas ou peu de bruyère, mais tout de même un peu de miel, de fruits secs, des agrumes (citrons confits) puis de la vanille, quelques épices douces, probablement quelques fleurs capiteuses aussi (chèvrefeuille, jasmin ?), mais en arrière-plan. Un peu frustrant, mais potentiel bien présent. Tenue à la dilution : N’ajouter que peu d’eau ici. Elle n’est pas vraiment nécessaire, n’apporte pas grand chose. Conclusion : Un bon whisky et un bon HIGHLAND PARK, plus naturel que bon nombre de versions récentes officielles, et c’est déjà là un grand mérite (ras-le-bol des whiskies « technologiques » -traduire jouant trop sur la création d’un profil standard boisé, caramélisé et épicé par le jeu sur le bois et les différents degrés de brûlage de ceux-ci, pour faire court). J’attendais cependant là aussi un peu plus de puissance et de personnalité, malgré tout il me paraît plus intéressant que le CLYNELISH et plus complexe aussi. Prix annoncé aux alentours de 154 €. Note (sous réserve) estimée à : 89/100

 

 

-ABERLOUR 20 ans (Distillé en 1995-Mis en bouteille en 2015), emb. Douglas LAING, gamme « Old Particular », Single-Cask Réf. DL 10102 (Refill Bourbon Hogshead), n.c.f./n.c., 51,5 %/Région : SPEYSIDE :

 

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Un ABERLOUR indépendant de qualité, mais un peu cher. Photo © Grégoire Sarafian

 

Couleur : Vieil or. Nez : Un nez riche, fruité et pâtissier : Des fruits divers, assez mûrs, provenant des esters : La banane en tête, peut être un peu d’ananas et d’abricot-pêche. Quelques épices douces, du caramel naturel, un joli boisé. Engageant. Bouche : Elle reprend les notes séduisantes du nez, toujours sur un profil fruité, pâtissier et légèrement épicé, mais avec moins d’emphase qu’escompté et moins d’expressivité aussi, j’en reste un peu frustré. Un palais agréable, c’est sûr, mais, par exemple en matière de malt pâtissier du Speyside, je dois dire qu’en général les GLENLOSSIE rencontrés jusqu’ici tiennent bien plus les promesses de leur nez que cet ABERLOUR. Tenue à la dilution : Bon, allez, restons optimistes ! L’eau, à petites doses, est un bénéfice ici. Elle ravive un peu l’expressivité assez fruitée de cet ABERLOUR un peu atypique. Les notes de fruits jaunes (bananes, pêches, voire coing) tirent leur épingle du jeu. Conclusion : Un de plus agréables whiskies de cette dégustation, à qui il manque juste un petit quelque chose pour passer à la catégorie supérieure (un petit quelque chose que personnellement pour les 140 € annoncés me manque encore plus !). Je le recommande cependant, pour ceux qui recherchent un ABERLOUR un peu décalé par rapport aux versions officielles. Note (sous réserve) estimée à : 87/100

 

-TALISKER 5 ans (Pas précisions de dates sur la bouteille), emb. Douglas LAING, gamme « Premier Barrel », Single-Cask (Fût non précisé, 417 flacons), n.c.f./n.c., 46 % (servi carafé) /Région : ILE DE SKYE :

 

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Un TALISKER indépendant, ce n'est plus très courant de nos jours, une curiosité, sans plus. Photo © Grégoire Sarafian

 

Couleur : Or très clair. Nez : Manifestement très jeune et ne « bénéficiant » pas de technologie du bois ni de fûts plus âgés ni de caramel ajouté derrière se cacher, et il faut déjà lui rendre hommage pour cela. Alors oui, c’est jeune, mais étonnamment expressif déjà : Tous les marqueurs TALISKER sont là, plus ou moins fortement exprimés certes, mais ils sont là et dans un bel équilibre. Il y a les éléments marins (sel, embruns en tête, mais aussi quelques coquillages), la fumée de tourbe si particulière, les agrumes, le caramel naturel, les fleurs et une pointe de poivre gris et noir. Bouche : Elle reprend fidèlement les notes du nez, avec toujours cet équilibre et cette maturité précoce que j’avoue je n’attendais pas d’elle. Et après les whiskies à fort ou moyen titrage dégustés avant, celui-ci n’en a que davantage de mérite. Tenue à la dilution : Pas vraiment nécessaire ici, elle dévoile curieusement une petite note soufrée : Ce fût serait il en réalité un fût ayant contenu du sherry ? J’avoue être surpris, je ne le pense pas, ou alors l’on a affaire à un Refill sherry cask (fût de sherry ayant contenu plusieurs remplissages) peu actif, laissant le distillat s’exprimer à plein. Le manque de maturité par contre se voit à ce stade, c’est une des limites à la dilution qui a déjà eu lieu par ailleurs. J’aurais d’ailleurs été curieux de le déguster brut de fût ! Conclusion : Un jeune whisky présenté dans un flacon opaque en grès & d’inspiration Victorienne, à l’ancienne, et issu d’un seul fût (comme le signale Salvatore de la Maison du Whisky, les fûts de TALISKER vendus aux négociants–à fortiori avec autorisation de mentionner le nom de la distillerie-se font rares de nos jours, d’où le coût de ce flacon, particulièrement onéreux, pour un whisky de cet âge, en convient il : 109 € !-S’en suit une discussion intéressante sur les mérites d’autres distilleries, plus artisanales, ou les coûts de production et la qualité finale justifient, d’après lui, et votre serviteur n’est pas loin de le penser, un tel prix). Bon, mais si l’on oublie le prix, assez excessif, je dois dire, ce TALISKER s’en sort pas si mal au cours de cette dégustation et donne envie d’en déguster d’autres…Allez, faites un effort, sortez nous un 7/8 ans d’âge en brut de fût la prochaine fois, merci d’avance ! Note (sous réserve) estimée à : 84,5/100

 

-CAOL ILA 18 ans (Distillé en 1996-Mis en bouteille en 2014), emb. Douglas LAING, gamme « Old Particular », Single-Cask Réf. DL 10202 (Refill Hogshead, 268 bouteilles), 53,1 %/Région : ISLAY:

 

 

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Un CAOL ILA indépendant de qualité, que l'on peut recommander, même s'il y a mieux pour le prix. Photo © Grégoire Sarafian

 

Couleur : Vieil or. Nez : Fin, clair, typé, équilibré, à peine marin, modérément tourbé, un rien fumé, floral, légèrement fruité & herbacé. Bouche : Plutôt bien fait, il est typé CAOL ILA de négoce, si j’ose dire, avec les avantages de la non filtration à froid et de la non coloration qui font davantage ressortir les notes de badiane, de tourbe cendrée, de coquillages, d’agrumes aussi, voire d’autres notes fruitées et florales. Après, l’ âge « adulte » (et plus) n’est peut être pas l’âge le plus intéressant pour CAOL ILA (je me suis déjà fait cette réflexion avec d’autres mises en bouteille), dans le sens ou l’âge n’apporte pas grand-chose de plus aux superbes qualités de ce single-malt, que ce soit en version officielle (qu’il soit « unpeated » de 8 ans d’âge ou peated de 12 ans) ou en négoce (avec comme exceptions ajouterais-je, comme certains Adelphi, Berry Bros & Rudd ou The Speciality Drinks Ltd, par exemple). Tenue à la dilution : A éviter… Conclusion : Un bon whisky et un bon CAOL ILA, mais pas indispensable (surtout au regard du prix annoncé, de 148 €, mais il faut reconnaître qu’il n’est pas excessif dans le contexte d’aujourd’hui…Simplement, à mon avis, rien que le 15 ans d’âge nommé « PORT ASKAIG » de chez The Speciality Drinks Ltd, un peu moins onéreux (et je ne parle pas du remarquable 19 ans d’âge), le bats à plate couture (Note estimée à 92/100, voire plus). Note (sous réserve) estimée à : 88/100

 

-LAPHROAIG 14 ans (Distillé en 2001-Mis en bouteille en 2015 pour le festival « FEIS ILE » 2015-voir plus bas), emb. Douglas LAING, gamme « Old Particular », Single-Cask Réf. DL 10202 (Refill Butt, 268 bouteilles), 48,4 % /Région : ISLAY:

 

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Un LAPHROAIG spécialement mis en bouteille pour le festival "Feis Ile 2015". Photo © Grégoire Sarafian

 

Couleur : Or clair. Nez : Assez beau, relativement équilibré, plus médicinal que marin (mais ça, on a l’habitude), modérément tourbé & fumé, floral, à peine fruité. Bouche : Plutôt bien fait, typé, assez équilibré là aussi, il reprend fidèlement les notes du nez, en en précisant certaines (la tourbe exhale de la fumée un peu cendrée, mais aussi des notes de badiane, de tourbe mêlée d’antiseptique (typique là aussi de la distillerie), quelques notes marines discrètes (embruns, iode-plus que dans le CAOL ILA qui précède-et un peu de sel), de timides notes d’agrumes, mais hélas peu de notes de fruits exotiques, comme on aime en trouver chez LAPHROAIG. Là encore c’est bien fait, mais on est loin de certaines versions du même négociant, mais dans la marque qu’il a aujourd’hui perdu au profit de son concurrent mais néanmoins frère Stewart, au sein de Hunter Laing, à savoir « Old Malt Cask ». Par exemple, un 18 ans d’âge présenté il y a deux ans environ lors d’un salon Nicolas Julhès dans cette gamme fut vraiment remarquable (et primé sur mon site en 2013). Tenue à la dilution : Possible, mais pas déterminante, n’apporte pas grand-chose. Conclusion : Un bon whisky et un bon LAPHROAIG (je sais, la formule peut agacer, mais elle permet de relativiser et la note chiffrée & les commentaires qui précédent en re-contextualisant ce whisky parmi l’offre actuelle), mais pas indispensable (surtout au regard du prix annoncé, de 130 €), d’autant plus que pour une mise en bouteille pour ce prestigieux festival qui a lieu chaque année sur l’île d’Islay, je m’attendais à bien mieux, à une des mises en bouteille spectaculaires et gourmandes dont Douglas LAING avait le secret il y a encore peu de temps. Un « one-off » lié à la crise (raréfaction des bons fûts à cause de la forte demande internationale) ? Espérons-le. Note (sous réserve) estimée à : 86/100

 

-ARDBEG/CRAIGELLACHIE n.a.s. (fûts âgés de 8 à 10 ans environ), 2014, emb. Douglas LAING, gamme « Double Barrel », Blended Malt de deux fûts (Sherry pour le second), 46 % /Région : ISLAY & SPEYSIDE:

 

 

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La gamme "DOUBLE-BARREL", ici un assemblage entre un fût d'ARDBEG et un fût de CRAIGELLACHIE, un pari à chaque mise en bouteille.

Photo © Grégoire Sarafian

 

Couleur : Vieil or. Nez : Au début assez capiteux, un peu marin et terreux, assez engageant, avec un certain équilibre (relatif, car évidemment avec cette proportion d’un fût assez tourbé et un non tourbé, le premier domine) malgré tout, et quelques notes fruitées qui arrivent à s’exprimer un peu. Engageant. Bouche : Légère, évidemment, un peu difficile à apprécier après les deux « compères » tourbés qui précèdent, mais assez bien faite, étonnamment équilibrée, elle combine assez bien le caractère terreux, humide et tourbé d’ARDBEG avec le caractère plus sec, herbacé et fruité de CRAIGELLACHIE. Cependant, question consistance et profondeur, ne rêvons pas, cela demeure jeune et un peu trop léger. Tenue à la dilution : Possible, si vous le dégustez seul, que cela apporte un peu de vivacité pendant un temps à votre whisky, mais dans le contexte ou je l’ai dégusté, l’ajout même de quelques gouttes s’est avéré quelque peu désastreux. Conclusion : Un whisky correct, un bon apéritif tourbé, mais pas le meilleur des « Double Barrel » dégustés jusqu’ici (certains des premiers assemblages de la gamme comme le « MACALLAN/LAPHROAIG » ou le « BOWMORE/HIGHLAND PARK » semblent aujourd’hui difficiles à égaler). Il ne fait pas le poids en subtilité et complexité par rapport au « ROCK OYSTER » du même négociant, ni en puissance par rapport au « BIG PEAT », mais pour ce dernier, la comparaison semble moins pertinente, puisque ce dernier ne comporte que des whiskies distillés sur l’île d’Islay. A sa décharge, il n’était probablement pas placé dans la meilleure position pour être apprécié correctement…Je serais curieux de le déguster à nouveau isolément. Note (sous une réserve certaine) estimée à : 80/100

 

 

-LITTLEMILL 26 ans (Distillé en Novembre 1988-Mis en bouteille en Décembre 2014), emb. Douglas LAING, gamme « Extra Old Particular » (ou « X.O.P. »), Single-Cask Réf. DL 10599 (Refill Bourbon barrel, 315 bouteilles, avec coffret bois), n.c.f./n.c., Natural Cask Strength, 55,7 % /Région : LOWLANDS :

 

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La gamme "XOP", avec ici un joli LITTLEMILL, qui s'épanouit avec de l'eau, mais tout de même bien cher ! Photo © MdW

 

Couleur : Vieil or, à reflets ambrés. Nez : Un peu fermé « au démarrage », il lui faut un peu de temps pour s’exprimer pleinement. Complexe, il dévoile peu à peu ses qualités fruitées (fruits mûrs, coings, nèfles, pêches jaunes très mûres & fruits tropicaux), mais aussi florales végétales (thé à la bergamote très infusé), de cire (mêlée de glaçage pour mille-feuilles, de bois de santal, entre autres (à ce stade, le boisé est assez important, je dois dire). Bouche : Assez fine, un rien tannique (les tannins du bois ici), ferme et de prime abord moins séduisante que le nez. Reprend les notes du nez, mais à encore du mal à s’exprimer sans ajout d’eau. Frustrant (et perdant des points à ce stade). Tenue à la dilution : Vraiment utile pour ce whisky, car la dilution permet de mettre en valeur la complexité de ce whisky et ses qualités fruitées, florales, et un rien végétales (le thé à la bergamote), mais aussi boisées (plus plaisantes maintenant). La note de cire est désormais mêlée à du sucre du type utilisé pour le glaçage des mille-feuilles…Ce caractère pâtissier s’accentue un peu lorsque la note de thé devient plus marquée par l’orange, évoquant même un peu les gâteaux « chamonix » de notre enfance. Certes l’intensité est moindre que par exemple chez un bon GLENLOSSIE (je pense à deux versions de négoce en particulier, l’une de chez Ian McLeod, l’autre de chez Duncan Taylor), dont le profil est en partie similaire, mais c’est déjà bien mieux que sans eau. Quelques fleurs capiteuses complètent agréablement l’ensemble. Conclusion : Un bon whisky et un bon LITTLEMILL, dans un style pas si courant, à qui il ne manque pas grand-chose pour entrer dans la cour des grands, mais il y met juste un pied, si j’ose dire. Pour un whisky non filtré à froid, il manque un peu de corps tout de même (autrement il aurait pu atteindre 93/100). Ceci dit typiquement un whisky qui gagne à être aéré et légèrement dilué. Malgré tout, l’un des whiskies les plus intéressants à déguster ce soir là. Par contre, avec un prix annoncé de 272 €, mon enthousiasme faiblit tout à coup, c’est vraiment excessif. Note (sous réserve) estimée à : 90,5/100, voire davantage

 

 

-MORTLACH 22 ans (Distillé en Septembre 1992-Mis en bouteille en Décembre 2014), emb. Douglas LAING, gamme « Extra Old Particular » (ou « X.O.P. »), Single-Cask Réf. DL 10507 (Sherry Butt, 225 bouteilles, avec coffret bois), n.c.f./n.c., Natural Cask Strength, 57,1 % /Région : SPEYSIDE

 

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Le dernier whisky dégusté, un MORTLACH, non sans tempérament, à apprivoiser là aussi avec un rien d'eau, mais onéreux. Photo © MdW

 

 

Couleur : Ambrée, à reflets rougeâtres. Nez : Un peu fermé là encore au début, assez tannique, marqué par le sherry, fruits mûrs et épices en tête. Notes de fruits rouges apparaissant peu à peu. Un certain temps d’aération est nécessaire, là encore, pour pouvoir l’apprécier, même s’il fait clairement trop chaud dans la pièce pour lui rendre vraiment justice. Bouche : Passée une première gorgée ou il s’avère trop ferme, restreint, tannique et un peu trop puissant pour être dégusté sec, il laisse dévoiler un peu des qualités que malgré tout quelques gouttes d’eau aideront à développer. Les fruits mûrs dominent, les épices sont présentes mais pas dominantes, et le boisé est racé et fin. Tenue à la dilution : Un peu d’eau (trop le tuerait) le rend plus souple et dévoile peu à peu les notes fruitées, légèrement acidulées (mais jamais acides) et plus riches (cerises, pruneaux, raisins secs, tous macérés dans du marasquin et de l’Armagnac), mais aussi, étroitement imbriquées dans celles-ci, de la cannelle, de la muscade, un rien de girofle, bref….du vin médiéval aux épices. Quelques belles notes de chocolat noir se mêlent à la fin aux notes fruitées. Là encore, comme pour le LITTLEMILL, un certain manque de corps se fait sentir (dommage, sinon ce whisky aurait peut être été noté au dessus de 92/100). Par contre, non seulement ce MORTLACH est à peine un peu vineux, mais personnellement je ne sens pas du tout cette note carnée, de viande rouge marinée dans un jus, avec une touche légèrement métallique qu’ont certaines versions. Un MORTLACH d’une expressivité plus immédiate que le LITTLEMILL qui lui a précédé. Rappelle certains GLENFARCLAS « Family Casks », mais sans les notes de cire (voire de parquet ciré suivant les versions) et d’herbes sèches, et surtout sans sa « corpulence ».

Conclusion : Un bon whisky, à réserver aux connaisseurs, clairement. Probablement un bon MORTLACH également, mais sûr que ce soit la version la plus intéressante (ni la plus typique) sur le marché actuellement, surtout au prix annoncé (245 €). Malgré tout, là encore, l’un des whiskies les plus intéressants à déguster ce soir là. Note (sous réserve) estimée à : 91/100

 

 

Aparté (à propos du contexte de dégustation...) :

Que ce soit pour la dégustation ayant eu lieu chez Nicolas Julhès (dans une certaine mesure puisqu’au moins il y avait des fenêtres) ou à la Maison du Whisky rue d’Anjou, je tiens à rappeler encore une fois (hélas) et à déplorer les conditions non optimales de dégustation concernant le nombre de personnes acceptées dans des locaux relativement exigus et insuffisamment aérés et le fait que visiblement l’accueil de plus 20 personnes dans ces locaux durant plusieurs heures n’a pas été suffisamment étudié : Ainsi, par exemple, les locaux du 20, rue d’Anjou de la Maison du Whisky ayant été récemment rénovés et agrandis, de nouveaux espaces en sous-sol ayant été créés (curieusement bien plus exigus que ceux du rez-de-chaussée), je ne comprends pas pourquoi l’on l’a pas disposé un extracteur d’air ad hoc ni mis en place une climatisation adéquate (l’aérateur présent semble peu fonctionnel), qui est plus est dans un lieu demeurant sombre et ne permettant pas de voir la vraie couleur de ce que l’on déguste. De manière plus générale en France, il semble aussi (au delà de ces deux dégustations) que nombre d’établissements publics et privés semblent ne pas être au courant que l’on a inventé des systèmes d’éclairages directs et indirects sans chauffe des produits (et accessoirement des personnes !) avoisinants…

Tout cela donne des conditions assez médiocres de dégustation, l’espace est vite saturé, les whiskies sont trop chauds (alors que l’on se trouve dans une cave, un comble!) et la non régulation de l’arrivée du public (un défaut majeur dans les salons et dégustations dans notre pays) que l’on oblige par contre à s’inscrire par internet à l’avance (aucun contrôle à la MdW ce jour là, aussi cela n'a pas de sens) ne permet pas d’optimiser l’espace ni de laisser le temps de bien déguster sans être bousculé ou en nage à mi-parcours… Je passe sur d’autres choses, et sur certains publics parfois irrespectueux (que ce soit dans la vraie vie ou sur la toile, d'ailleurs), c’est minoritaire, mais cela arrive aussi…un peu trop souvent à mon goût. Une dégustation de whisky doit demeurer dans la convivialité à mon sens....

 

 

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Autre chose, voici le lien vers la rubrique « Coup de coeur » pour laquelle j’ai posté également une nouvelle note de dégustation sur un single-malt de la distillerie OLD PULTENEY. Ce n’est certes pas une nouveauté, mais une bouteille que j’apprécie beaucoup et devait normalement intégrer le menu de gauche. Seule la notice explicative et historique a pu être publiée, vous pouvez la consulter aussi via ce lien : Fiche OLD PULTENEY 15 ans officiel 1991-2006, 54,9 %

 

 

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EVENEMENTS WHISKY A L'ETRANGER:

 

-FESTIVAL "FEIS ILE" SUR ISLAY, EN ECOSSE:

 

-Le très attendu festival "FEIS ILE" (sous-titré « ISLAY FESTIVAL OF MUSIC AND MALT » ) édition 2015 vient d’avoir lieu du 23 au 30 Mai 2015 sur l’île d’Islay, en Ecosse, et au vu des échos sur la toile, des témoignages recueillis, et bien que (honte à moi, je sais !) je ne m’y sois pas encore rendu moi-même, je compte bien réparer cela pour faire au moins une visite des différentes distilleries de l’île d’ici un an ou deux. Je ne pouvais pas ne pas l’évoquer au moins brièvement, et l’illustrer grâce à des photos d’amis bloggeurs qui s’y sont rendus cette année. Un grand merci donc à Thomas & Ansgar Speller (lien vers leur excellent site internet ici : Whisky Speller) pour leur généreux partage de photos & récit de ce voyage, ainsi qu’à l’établissement hôtelier Islay House (lien vers leur site : Islay House (hôtel) ) pour cette belle photo de l’embouteillage de PORT CHARLOTTE spécialement produit pour eux par la distillerie BRUICHLADDICH.

 

 

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Un moment de complicité entre visiteurs du festival, apparemment, le "Ceilidh" (ou bal celtique si j'ose dire), à la distillerie ARDBEG.

Photo: © Thomas Speller

 

 

Certes, toute l’année déjà, l’île d’Islay est largement visitée par les touristes comme par les « anoraks » (passionnés) du whisky, et cette semaine là il y a encore davantage de monde au mètre carré (on m’a parlé de souvent une à deux heures de queue pour accéder à chaque distillerie lors des « Portes Ouvertes » spéciales qu’elles organisent à cette occasion) à de multiples événements mêlant dégustations de whiskies, concerts de musiques traditionnelles et autres, avec danses traditionnelles (et « Ceilidh », fête ou l’on est invité à partager des danses également), le tout associé à des dégustations de spécialités culinaires locales, d’associations culinaires avec le whisky, des visites guidées approfondies des distilleries, masterclasses avec des personnalités ou figures légendes souvent locales du whisky, etc…

 

 

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Pas de vrai festival sans musique, et la preuve qu'on peut allier tradition et modernité. Photo: © Thomas Speller

 

Mais le « FEIS ILE », c’est aussi (et surtout pour certains) l’occasion d’acquérir (voire même parfois d’embouteiller) sur place des éditions limitées spéciales, souvent proposées brutes de fût, voire même de déguster, voire d’acquérir des mises en bouteille spécifiques à cet événement proposées par des négociants (par exemple cette année Douglas Laing-voir note de dégustation de cette bouteille plus haut), mais aussi de rencontrer des amateurs de whiskies de toute la planète, bref, un événement très attendu. Signalons entre autres (je ne peux ici les citer toutes en détail, cet éditorial étant déjà long, car il y a en a au moins une par distillerie, plus d’autres spéciales ou de négoce-et bien sûr plusieurs liés aux deux distilleries fêtant leur bicentenaire cette année, à savoir ARDBEG avec le « Perpetuum » & LAPHROAIG avec une nouvelle version du « Cairdeas »), un CAOL ILA brut de fût, un très attendu LAGAVULIN triple maturation de 24 ans d’âge millésimé « 1991 » (maturation en fûts de Bourbon, sherry P.X. & « old oak » puncheon), 3500 bouteilles, titrant 59,9 % et vendu £ 124).

 

 

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Sans doute la photo la plus spectaculaire de tout le festival, lorsque tous les visiteurs de l' "Open day" posent devant la distillerie. Au premier plan

de nombreuses femmmes et bloggeuses (dont Ansgar Speller, que je salue au passage), preuve que le whisky n'est pas qu'un monde d'hommes.

Photo: © Thomas Speller (avec mes félicitations & remerciements)

 

 

La distillerie BRUICHLADDICH, qui fêtait aussi le départ à la retraire de Jim McEwan, n’était pas en reste, avec deux versions de BRUICHLADDICH plus un OCTOMORE (nommé « Discovery », c’est un 7 ans d’âge distillé 4 fois, vieille en fûts de sherry, cette fois en bouteille transparente & titrant 69,5 %), mais aussi le PORT CHARLOTTE produit pour l’Islay House (un 10 ans d’âge millésimé « 2004 » titrant 55 % entièrement vieilli en fûts de vin espagnol provenant de la ville de Cadix).

 

 

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Une véritable invitation au voyage que cette belle photo consacrée à une mise en bouteille spéciale destinée à ce grand hôtel d'Islay. Photo: © Islay House

 

 

Signalons aussi, outre plusieurs bruts de fût pour KILCHOMAN (voir sujet plus haut), deux mises en bouteille pour BUNNAHABHAIN (un 11 ans et un 18 ans avec affinage « Moscatel »), les pas moins de trois BOWMORE (voir photo ci-dessous) proposés à cette occasion (si l’on ne compte pas celui accordé à la société S.M.W.S., un 17 ans d’âge de code 3.243 à 57.1 %) : Le « Feis Ile 2015 Virgin Oak », un n.a.s. élevé en fûts neufs, un brut de fût titrant 55,7 %, 1000 bouteilles, titrage 55,7 %, Prix : £ 55 ; le « Feis Ile 2015 Oloroso Sherry Cask 2002 », un 12 ans d’âge à embouteiller soi-même à la distillerie, provenant du fût N° 2214, titrage n.c., Prix : £ 80, et enfin le « Feis Ile 2015 Sherry Cask 1988 », de 26 ans d’âge,248 bouteilles, titrage n.c., Prix : £ 350). De quoi peut être avoir envie de casser sa tirelire (mais attention, toutes ces bouteilles se vendent très rapidement déjà sur place).

 

 

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Un choix généreux de la part de la distillerie BOWMORE pour ce "Feis Ile 2015", avec plus de trois mises en bouteille (voici les 3 officielles). 

Photo: © Bowmore distillery

 

Un voyage par contre qui se prépare longtemps à l’avance, plus d’un an. Merci de consulter à cet effet les pages consacrées aux sites internet de tourisme sur mon site ici (vers la fin du sujet) : Sites internets conseillés

Voici par ailleurs le lien vers le site officiel du festival : Islay Festival (infos)

 

 

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Une démonstration de tonnellerie à la distillerie LAGAVULIN, une initiation à l'artisanat du whisky, c'est aussi cela, le "Feis Ile".

Photo: © Thomas Speller, que je remercie encore...

 

 

 

 

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Encore une belle photo, que l'on doit à  © Nickolls and Perks, des caves du même nom, dans les Midlands, merci à eux (leur site internet: Nickolls and Perks)

 

 

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Rêvez bien !

(Sweet dreams !)

 

 

Editorial No 14

 

EDITORIAL No 14 : « Un Temps d’Anniversaires… » (Birthday Time) :

 

 Dernière Mise à jour/Latest Updating: 10/06/2015

 

Dans ce nouvel EDITORIAL, je vous parlerais de l’actualité du whisky, d’une initiative intéressante sur les whiskies de France, d’une masterclass MACKMYRA, de dégustations diverses, de nouvelles sorties whiskies, de la disparition d’une figure féminine du whisky, du départ à la retrait d’un colosse du whisky d’Islay, mais aussi, entre autres choses, du nouveau REDBREAST (grâce à un invité et ami), d’un anniversaire lié à une société tricentenaire de Cognac, puis, tout au long de celui-ci, de mon avis sur certaines références plus ou moins attendues et sur certaines nouvelles tendances…J’espère que vous l’apprécierez.

 

ENGLISH SUMMARY :

In this new Editorial I will speak about new bottlings, some short news about whisky, about a MACKMYRA masterclass, but also about someone famous in the whisky world that recently passed away, also, among other things, about the new REDBREAST (thanks to a friendly guest!), about a retirement of a colossus of Islay, about an interesting project to support French distilleries, about a Cognac company celebrating 300 years of work, and, all throughout this article long, about my opinion on various topics. I hope you will enjoy it.

You can get an approximate translation of my full EDITORIAL by using « Google Translate ». Please click here below… :Translator link

 

INTRODUCTION :

(Foreword) :

Pas de point de vue global cette fois, mais plutôt des commentaires ciblés en exergue des différents sujets ou sorties de bouteilles (en violet), ce afin de davantage de clarté et réactivité, commentaires que vous retrouverez tout au long de cet Editorial. Par ailleurs, dès que possible, les notes de dégustation particulières vont reprendre, et à commencer par celles concernant les nouveautés COMPASS BOX dont j’ai parlé la dernière fois, grâce à des échantillons reçus entre temps et pour lesquels je remercie John Glaser et son équipe encore une fois. Voici d'ailleurs en attendant celle concernant l' "HEDONISM Quindecimus" : cliquez ici / click here (tasting note)

Suivront, entre autres, comme promis, mes notes sur les échantillons de whiskies hollandais reçus ou collectés depuis fin 2014, et bien sûr le sujet « EXPRESS NOTES » Spécial Blended-Whiskies, un autre sur un rapide tour d'horizon de divers whiskies avec de brèves notes de dégustations, puis un sujet sur une société de négoce familiale de Bas-Armagnac, entre autres choses. Voici déjà comme promis un "Gros Plan" sur Guilhem Grosperrin/Cognacs La Gabare S.A., un reportage sur mon voyage en 2014 sur les terres du Cognac :

Les Cognacs Grosperrin (cliquez ici)

A Signaler également, le soutien de ce site à une initiative relayée et mise en œuvre grâce au « crowdfunding » (financement participatif) ici avec Kisskissbankbank, je veux parler du projet de Robin Entreinger (aidé entre autres par Valentin Bonhomme) nommé « Le TOUR DE FRANCE DES WHISKIES ». Il s’agit d’un projet de visite de toutes les distilleries françaises (ou de la plupart en tout cas) qui produisent du whisky afin de tourner un documentaire qui sera diffusé gratuitement sur youtube (comme le précédent, en format de 22 minutes, sur Islay, déjà disponible), avec en plus un caractère participatif, l’édition d’un DVD, etc... J’avais déjà parlé, dans ma page "Projets", ce mon souhait de soutenir, lorsque c’était possible, des initiatives pour faire mieux connaître le whisky français, au-delà d’une actualité récente difficile pour celui-ci en raison des querelles fratricides entre distilleries sur la question des appellations contrôlées, que je déplore, aussi ce projet (dont je n’ai appris l’existence que très récemment) m’a paru pertinent à aider. Pour en savoir plus (félicitons nous qu’entre temps la mobilisation aie été un succès, le projet va pouvoir se faire ! bravo Robin !), merci de consulter le lien suivant :

Le Tour de France des whiskies

 

 

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RETOUR SUR QUELQUES EVENEMENTS WHISKY ET SPIRITUEUX:

(Short reports on some recent Whisky & Spirits events)

 

-Le 21 avril dernier avait lieu une soirée consacrée à la distillerie suédoise MACKMYRA (une « masterclass » comme on a coutume de le dire), dans la boutique N°3 (au 28, rue du faubourg Poissonnière) de l’enseigne (épicier/fromager/traiteur/caviste) Nicolas JULHES à Paris. C’est l’ambassadrice Lisa Joanna COLLINS qui présidait la soirée, aidée d’une traductrice de la Maison du Whisky (leur distributeur français) et d’Anaïs Boutron (chargée des événements pour la cave). Six flacons étaient proposés à la dégustation, certains déjà évoqués sur le site, d’autres non, dont une nouveauté et une réédition légèrement différente. Les prix oscillent entre 42 € pour le distillat et 75 € pour les deux dernières éditions limitées non tourbées. Je ne reviens pas sur la présentation de la distillerie, que vous pouvez déjà trouver sur le site : cliquez ici / click here

 

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La dégustation a débuté avec le « BRUKS », toujours aussi séduisant (fleurs, fruits, liés aux esters, crème d’amandes-91/100) titrant 41,4 %, suivi du « SVENSK EK » (une jolie version remplaçant la « FIRST EDITION », et comportant davantage de fûts de chêne suédois-note estimée à 91/100), titrant 46,1 %, dont la dégustation a été associée à celle d’un chèvre additionné de confiture de « cloudberry » (un fruit présent en Suède et que l’on pourrait traduire par « ronce des tourbières » ou « ronce petit-mûrier »), une association sucrée/salée assez réussie. La dégustation s’est poursuivie par le « new spirit » (distillat pur) réduit à 46,1 %, commercialisé sous le nom suédois de « VIT HUND » (pour « white dog », le surnom américain du distillat pur commercialisé, mais aussi le nom de l’instrument qui sert à sortir le distillat du fût). Un distillat très fruité, impressionnant, mais rendu trop timide hélas par la réduction. La bouteille est par ailleurs de 50 cl au lieu de 70. Une initiative à louer cependant, tant il est difficile de trouver pour un achat, hormis chez certaines nouvelles distilleries, du distillat pur des distilleries écossaises, par exemple, cela est rarement commercialisé. Pas de notes chiffrées ici à donner, mais c’est bon !

La dégustation s’est poursuivie par celle de deux éditions limitées de la même gamme, d’abord le « MIDNATTSSOL » (ou « Soleil de minuit » en suédois), un assemblage de 75 % de fûts ayant contenu du Bourbon & de 25 % de fûts ayant contenu du Sherry (tous deux élevés dans des fûts de 128 litres), puis l’ensemble a été affiné 4 mois durant dans des fûts ayant contenu du vin de sève de bouleau (« birch sap ») de Suède. Le whisky titre 46,1 %. Le résultat est séduisant, assez rond, légèrement vineux, acidulé, avec des esters et rappelle un peu (on aime ou l’on n’aime pas) le dernier YAMAZAKI « Distiller’s Reserve ». Note provisoire 88/100. L’autre édition limitée du jour était le « ISKRISTALL » (ou « cristal de glace »), un assemblage combinant des fûts ayant contenu du Bourbon, des fûts de chêne suédois avec un affinage de 4 mois dans des fûts ayant contenu du Sherry de type Pedro Ximenez (dit « P.X. »). Le whisky titre 46,1 %. Une version délicate, moins facile d’accès que la précédente, mais plus riche semble t’il, plus élégante, plus épicée aussi, et avec un bel équilibre entre les différents types de fûts…mon préféré de la soirée avec le « SVENSK EK ». Note estimée à 91-92/100. La dégustation s’est conclue avec une référence récente et assez bluffante de la distillerie, une version tourbée nommée « SVENSK ROK » (ou « fumée suédoise ») et réduite également à 46,1 %. Note 91/100. Un excellent whisky tourbé (modérément-et associée aux branches de genévrier, mais la note est discrète) qui pourrait bien faire la nique à certains Islay officiels…qu’on se le dise.

 

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-Le 09 avril dernier avait lieu à Paris la soirée inaugurale de l’ « Espace Collector’s » de boutique rue d’Anjou de La MAISON DU WHISKY qui avait été entièrement reconstruite et repensée à l’automne 2014, et désormais déployée dans un espace trois fois plus grand assez impressionnant tant pour le néophyte que pour le collectionneur. Aux gigantesques étagères et vitrines rétro-éclairées du premier étage s’ajoutent désormais deux espaces en sous-sol, dont l’un est désormais consacré aux soirées collector’s, masterclass ou encore académie du whisky (des cours dispensés sur place par des spécialistes de la maison), et plus récemment des « Workshops », des journées ou soirées dégustation thématiques et gratuites (mais sur inscription en ligne) autour d’une distillerie ou d’un négociant.

 

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La première des « Workshops » fût consacrée le mois précédent au whisky (il y en existe aussi sur d’autres spiritueux) fût celle concernant le négociant écossais SIGNATORY VINTAGE, au cours de laquelle une large sélection de whiskies fut présentée, puis le 16 mai autour du négociant italien SILVER SEAL, puis la suivante aura lieu le 20 juin autour du négociant écossais Douglas LAING, atelier auquel votre serviteur espère cette fois pouvoir assister…

La soirée inaugurale a débuté par la dégustation d’un GLENFARCLAS officiel (import italien) millésimé « 1971 » (un 5 ans d’âge embouteillé en 1976, à 40 %-note estimée à 87/100), jeune, léger mais très frais et floral (qui m’a davantage évoqué un AUCHENTOSHAN…). La maison proposait également des associations culinaires comme par exemple l’association avec du foie-gras de qualité avec un blended-malt NIKKA 21 ans « Taketsuru » en version « non chill-filtered » à 48 %, excellent, mais rendu un peu raide et plus épicé par la température de la pièce qui montait un peu trop avec l’affluence importante (note cette fois 88/100 seulement), puis un joli GLENDRONACH single-cask officiel 19 ans (cask N°538, Sherry Oloroso à 55 %-note estimée à 90/100) associé avec une succulente ganache chocolat de chez Pierre Hermé.

 

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Le clou de la soirée a été, tout de même (moi qui l’avait déjà dégusté et approuvé en 2009), un splendide LAPHROAIG officiel de 10 ans d’âge…mais mis en bouteille en 1979 (et à 43 % s’il vous plaît) pour l’importateur Bonfanti…Un sublime exemple d’équilibre parfait entre tourbe, fleurs, fruits, végétaux, notes marines & fumées. Beaucoup d’harmonie dans ce whisky, sans doute un peu d’O.B.E. (« old bottle effect » = fusion des saveurs plus poussée à cause de l’oxygénation), mais pas trop, et un touché en bouche presque soyeux ! (note confirmée = 96/100).

 

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-J'ai été très honoré d'être invité à la Conférence de Presse de Philippe GUETTAT, P.D.G. de la maison MARTELL (là il s’agit de Cognac, pas de Whisky, certes, mais ce n’est pas tous les jours qu’une société réputée de spiritueux fête ses 300 ans d’existence !), au Pavillon Kléber à Paris le 15 avril dernier, à l’occasion du tricentenaire de celle-ci. Cette conférence fut le prélude à toute une année et demie de festivités fastueuses, dont un dîner à Versailles le 20 mai pour quelques happy few en France et dans le monde, car l’anniversaire sera célébré dans 30 villes & un projet ambitieux (« Martell France 300 ») pour identifier les 300 talents qui symboliseront, selon le comité de sélection de la marque, « le rayonnement de la gastronomie, de l’art, la mode, la mixologie et le divertissement incarnant l’art de vivre à la française du XIème siècle ». Les lauréats seront désignés en Juin 2015. L’actrice et mannequin parfaitement francophone Diane KRUGER (en photo ci-dessous avec Mr GUETTAT), présente à cette conférence, a été par ailleurs désignée ambassadrice pour la maison Martell de ce tricentenaire.

 

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Plus prosaïquement, pour « revenir aux flacons », parmi les nouveautés présentées, et créées par le maître de chai Benoît FIL, signalons un « Assemblage 3 millésimes », regroupant des eaux-vie du XVIII, XIX & XX ème siècle des régions « Grande Champagne », « Fins Bois » et « Borderies », en un coffret bois luxueux (prix n.c.). 

 

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Egalement à signaler, une édition spéciale du célèbre « Cordon Bleu » (référence X.O. réputée de la gamme-vous trouverez bientôt sur le site mes notes de dégustation de la version régulière- j’en profite pour remercier ici chaleureusement la maison Martell pour cette invitation et cette opportunité de dégustation), que l'on pourrait nommer "Cordon Bleu 300", regroupant plus d'une centaine d'eaux-de-vie des principaux vignobles du Cognac en une bouteille plus haute et fine que celle de l'édition régulière. 

Enfin, parmi d’autres, l’artiste que je suis aussi n’a pas pu ne pas remarquer le joli travail du sculpteur Bernar VENET pour élaborer l’écrin & la carafe de l’édition limitée nommée « Premier Voyage », de moyenne d’âge de 80 ans environ, regroupant 18 eaux-de-vie allant de 1868 (une « Grande Champagne » anté-phylloxéra !) à 1977 (des « Borderies »). L’assemblage a été ensuite remis à marier dans 24 fûts de chêne issus du même arbre tricentenaire. Les 300 carafes ont également pour originalité d’être fixées sur leur socle (on ne peut servir le Cognac qu’en utilisant une pipette fournie, nommée « fusil »). Elles sont vendues au prix unitaire de 10000 €. Même si on est loin de certains excès de DALMORE (on doit féliciter Martell pour cela), il est clair que ces carafes ne seront pas à portée de tout le monde…Je demeure curieux du goût cependant. Joindre l’excellence de l’Art contemporain à celle du Cognac demeure en effet rare de nos jours !

 

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NOUVELLES WHISKY (TOUS PAYS)/SCOTCH WHISKY NEWS :

Pour cette fois j’ai voulu mettre en avant davantage des personnes plutôt que les nouvelles plus économiques ou généralistes…un choix dont j’espère l’on ne me tiendra pas rigueur. Les commentaires associés n’engagent que moi bien évidemment.

-Décès d’Helen ARTHUR, écrivain du whisky, auteur notamment de « Le Whisky Single-Malt  (Guide du bon vivant) », 2001, publié aux éditions Taschen (traduction de son ouvrage « The Single-Malt Whisky Companion. A Connoisseur’s Guide » publié en 1997. ISBN : 3-8228-1041-X). Ce livre fut un de mes premiers livres de chevet sur le whisky et il m’a été fort utile pour découvrir les distilleries d’Ecosse. Il s’agit également d’un des premiers livres sur le whisky à l’époque à être écrit par une femme, ce qui maintenant est un peu plus répandu, même si l’univers éditorial du whisky (c’est moins vrai pour l’industrie, quoique…vaste débat) s’est un peu plus ouvert depuis, notamment grâce à des personnalités incontournables comme Martine NOUET. De plus en plus impliquées dans le marketing, mais aussi dans la distillation voire l’assemblage, les femmes d’aujourd’hui comptent dans le whisky, mais c’est un fait encore méconnu, aussi nous y reviendrons certainement…

 

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-Départ  la retraite de Jim McEWAN de la distillerie BRUICHLADDICH après 52 ans dans l’industrie du whisky (enfin, une retraite partielle, en vérité, car ce dernier habitera tout près de la distillerie et sera sollicité de manière ponctuelle pour seconder Simon McLAUGHLIN, qui le remplace désormais). Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Jim McEWAN a été le directeur de production et le maître-distillateur de la distillerie BRUICHLADDICH depuis sa réouverture en 2000. Avec Mark REYNIER, entre autres, il a été l’instigateur du renouveau de la gamme, pour le meilleur (avec de belles réussites, comme les pendants tourbés que sont OCTOMORE & PORT CHARLOTTE, mais aussi parfois quelques éditions de BRUICHLADDICH, comme par exemple les 2 premières éditions de l’ « INFINITY », ou les 20 ans d’âge), mais aussi, pour le pire, avec, on le dit moins, des échecs, comme les très nombreux affinages en fûts de vins français ou autres, opération le plus souvent destinée à valoriser de vieux fûts fatigués provenant de stocks restants en les affinant dans des fûts de vins récupérés par REYNIER (il l’a récemment lui-même avoué dans une interview), qui a travaillé dans le monde du vin auparavant. Une pratique qui avait cours en attendant que la distillerie sorte leur premier nouveau 10 ans d’âge, ce qui fut fait en 2011.

 

 

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Il était également responsable avec Mark REYNIER de la sélection des fûts et des affinages pour les différentes gammes de whiskies (dont la prestigieuse « Mission ») de la maison de négoce Murray McDAVID dont il était à l’époque co-propriétaire. Jim McEWAN avait appris le métier à Glasgow, comme assembleur, puis a travaillé également pour la distillerie BOWMORE auparavant, et est de fait viscéralement attaché à l’île d’Islay. C’est un ambassadeur infatigable de la distillerie comme de l’île (ça, on ne peut pas le nier !), qu’il loue lors de salons, festivals ou portes-ouvertes à la distillerie, ou dans ses nombreuses vidéos promotionnelles ou il parlait de chaque version, avec un plaisir non dissimulé, mais, ce qui me gênait quelque peu, sans aucun recul sur ses créations…Mais c’est sans doute aussi cela qui fait partie de son charme, en plus de son travail en famille, avec sa femme Barbara et notamment sa fille Lynne, chose dont je peux attester ! Bonne (semi) retraite, Jim !

 

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NOUVEAUTES WHISKY AUTRES PAYS/OTHER COUNTRIES NEW BOTTLINGS :

 

-A l’occasion du 30 ème anniversaire du lancement de la gamme « Very Rare », la distillerie irlandaise MIDLETON sort une nouvelle référence haut de gamme, « Very Rare Pearl Edition », comprenant un whisky de grain millésimé « 1981 » et un single-pot still millésimé « 1984 » (il s’agit d’un 30 ans d’âge). L’assemblage a été mis en bouteille (117 bouteilles) en 2014 au titrage naturel de 53,1 %, dans un coffret en bois irlandais comportant en outre une mignonnette de 5 cl du même whisky, ce pour le prix d’environ 6800 €.

Que dire sinon que le prix le rend encore moins abordable que les éditions régulières du « Very Rare », ce qui n’est pas très enthousiasmant. Ceci dit, je serais curieux de le déguster !

 

 

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-Plus modestement, la distillerie MIDLETON propose aussi une version du POWERS (toujours sans compte d’âge) apparemment réservée pour le moment (en France) à la chaîne Comptoir Irlandais, nommée POWERS « Signature Release », un Single-Pot Still (ou Pure Pot Still si vous préférez !) faisant la part belle aux fûts ayant contenu du Bourbon avec juste une petite part de fûts ayant contenu du Sherry. Il titre 46 % et est vendu dans les 50 € environ.

Etant donné les notes de dégustation fournies par le producteur, faisant état notamment de fortes notes d’épices (poivre), de vanille et miel, il est fort probable qu’il s’agisse d’une version avec pas mal de technologie du bois (brûlage important probable), très « contemporaine », donc, et à mon avis, le pendant plus haut de gamme (enfin, en apparence) du « Gold Reserve » de JAMESON. Une dégustation nous en apprendra certainement plus. Mon enthousiasme est très modéré sur cette version…

 

 

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-Je vous ai récemment parlé du nouveau REDBREAST «  Mano a Lamh » de chez MIDLETON également, une version disponible qu’à la distillerie ou en vente en ligne auprès d’eux. Un ami bloggeur, Frédéric LORRAIN, webmestre du site www.quelwhisky.org a pu le déguster (certes votre serviteur pas encore), a accepté que je diffuse sa note de dégustation sur mon site, aussi je l’en remercie, là voici :

 

 

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-REDBREAST « Mano a Lámh », Sherry casks, non chill-filtered, 2015, 46 %, Distillery bottling only, note de dégustation par Frédéric Lorrain :

« J'ai enfin ouvert une bouteille de REDBREAST « Mano a Lámh » que j'avais depuis le mois de mars. Une super bonne surprise ! Je suis ravi !

Nez : Même si les 46 % sont bien présents dans le verre à l'ouverture de la bouteille, les parfums se révèlent assez vite. Il s'agit d'un délicat mélange entre le style irlandais avec une orientation claire vers le xérès : Abricots et raisins secs, avec une base plus céréale assez gourmande. Ma femme a regretté le manque de vanille et le miel, mais ici, point de fût de bourbon !

Bouche : L'attaque est franche et immédiatement fruitée. Elle est cohérente avec le nez mais se révèle plus gourmande. Les épices sont bien maitrisées et l'ensemble s'oriente vers les pêches et poires bien mures. Le style irlandais, quoiqu'en retrait, tient bien son rôle. C'est bien mêlé avec des notes franches de fruits et plusieurs autres notes gourmandes plus subtiles. Très réjouissant tout ça ! La rétro olfaction fonctionne à plein régime, véhiculant tout un tas de parfums fugaces qu'une première dégustation peine à correctement analyser (entre la céréale et les fleurs). C'est intéressant comme certains LITTLEMILL "bonbons" indépendants.

Bouche (avec un temps d’aération) : Avec le temps, la bouche s'assèche et révèle des notes de cacao et de torréfaction avec des pointes boisées en rétro olfaction. Beaucoup de marqueurs xérès qui s'atténuent, peut être, un peu trop vite. Il ne s'agit pas d'un « sherry Monster » avec des notes lourdes de cire d’antiquaire. Et pas une seule pointe de soufre ! Tout est gourmand et printanier, un vrai régal ! Le nez est plein de promesses et la bouche est cohérente, que demander de plus !
Conclusion : C'est un n.a.s., et je doute qu'il contienne de vieux fûts de REDBREAST. Il est plus parfumé mais moins persistant qu'un 12 ans d’âge. On pourra donc certes regretter une finale un peu courte, mais je reste extrêmement content de mon achat. Je mets une note temporaire de 90/100 en attendant les prochaines dégustations. Il est possible que tous ces parfums se tassent après l'ouverture... En comparaison avec le REDBREAST 21 ans, je pense que le 21 gagne le point, plus intense, plus dans l'esprit REDBREAST 12 ans et 15 ans. Il a plus de longueur également. Mais ce REDBREAST « Mano a Làmh » est vraiment bien sympa et 3 fois moins cher ! »

 

 

-La société de négoce belge The NECTAR, propose dans sa gamme « The Nectar of the Daily Dram » un nouvelle référence anonyme de single-malt « Distilled in IRELAND » (probablement encore en provenance de la distillerie BUSHMILLS, mais ce n’est qu’une hypothèse) âgé cette fois de 23 ans (distillé en 1991-mise en bouteille en 2015), un Single-Cask (N° de fût non précisé), au titrage de 54,6 %.

 

Je n’ai pas dégusté cette nouvelle référence, mais pour en avoir dégusté trois autres dans cette même série (voir reportage sur le Whisky Live Paris 2013: cliquez ici / click here), je peux vous dire que la qualité a de grandes chances d’être au rendez vous. Les trois références précédentes, un 22, 24 & un 26 ans étaient toutes superbes, très fruitées, complexes et d’un raffinement irlandais inouï. En revanche, comme j’ai entendu parler de cette nouveauté via un ami belge, rien ne dit qu’elle sera disponible en France…A suivre.

 

 

 

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-La distillerie japonaise MARS (ou MARS SHINSHU), située à Nagano, sur l’île d’Honshu, ré-ouverte en 2011, propose (en importation française via La Maison du Whisky) un nouveau 3 ans d’âge nommé "Komagatake" élevé cette fois à la fois en fûts de Sherry et de Bourbon, un brut de fût ("cask strength") titrant 57 %. Ce single-malt sera vendu aux alentours de 135 €. De nombreuses autres références existent (notamment des mises en bouteille d’anciens stocks de la distillerie âgés de plus de 20 ans), mais elles ne sont pas disponibles en Europe pour le moment, et ce n’est pas sûr qu’elles le seront un jour vu l’engouement actuel (pour ne pas dire la folie d’achat et de spéculation) tant sur le marché local qu’international.

 

 

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NOUVEAUTES WHISKY ECOSSAIS/SCOTCH WHISKY NEW BOTTLINGS :

 

Quelques nouveautés en matière de single-malts écossais encore ce mois-ci, cette fois je vais en limiter davantage le nombre (cette liste est de toute façon non exhaustive), aussi à cause de ce qui suit : Une nouveauté en effet dans cette rubrique (enfin, presque…), davantage de parti-pris, parfois, même a priori, concernant les bouteilles, histoire d’apporter un éclairage personnel à la situation à partir de mon opinion qui n’engage que moi (en violet pour ne pas vous perturber sur le caractère d’abord nécessairement informatif de cette rubrique):

 

-La distillerie de l’île d’Islay ARDBEG sort à l'occasion de son bicentenaire une nouveauté toujours sans compte d'âge (mais apparemment âgée de 10 ans) nommée "Perpetuum" qui sera lancée à l'occasion de l' "'ARDBEG Day" qui aura lieu le 30 Mai. Il y a déjà controverse sur cette nouveauté, tout comme pour celle en provenance de l'autre distillerie d'Islay qui fête également son bicentenaire, à savoir LAPHROAIG, car les deux ont annoncé une disponibilité limitée de cette nouveauté à destination des membres de leur club de fidélité respectif (le "Committee", pour ce qui est d'ARDBEG), mais il s'avère que la diffusion sera plus large au final. Dans le cas d'ARDBEG, la confusion est d'autant plus grande que les premiers articles consacrés au sujet ont fait état d'une version embouteillée à 49,2 % (qui correspond en fait à la version réservée au "Committee Reserve" et/ou en vente à la distillerie même, version comportant sur l'étiquette la mention "Distillery Release"), annoncée par le site "The Whisky Saga" à 70 £, mais d'autres articles, et plus sûrement la distillerie elle-même (contactée à cette occasion par votre serviteur, j’attends sa réponse que j’intégrerais ici) précisent (à confirmer) que la version qui sera réservée à une plus large audience titrera 47,4 %.

Intéressant, mais encore une fois, comment vendre un whisky d’environ 10 ans d’âge à un peu plus de 46 % deux fois son prix d’origine (si ce n’est pas trois avec le prétexte de l’anniversaire) ? La dégustation prochaine de ce whisky à l’occasion du 31 mai me démentira peut être sur la forme, mais sur le fond, non, l’escalade des prix continue…

 

 

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-La distillerie du Speyside The BALVENIE présente un nouveau 25 ans d’âge nommé « Single-Barrel » (Traditional Oak », traduire fût ayant contenu du Bourbon), après la version nommée « Triple Cask » et réservée au marché hors taxe (« travel retail »), cette fois dans sa gamme « Single-Barrel ». Il est non filtré à froid et titre 47,8 %.

 

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-Oui ! Ils l’ont fait…non content de produire ce qui semble être probablement le meilleur single-malt 10 ans d’âge au monde, puis, envers et contre tous (enfin, essentiellement envers et contre Diageo, Pernod-Ricard & Beam Suntory, indirectement, du moins), d’avoir sorti un 5 ans d’âge, la "lutte anti-N.A.S." (involontaire ou pas, c’est une autre question…-j'avoue je plaisante un peu, plus qu'autre chose, qu'on ne se formalise pas !) se poursuit avec la distillerie indépendante BENROMACH (propriété du négociant GORDON & MacPHAIL) qui sort désormais un 15 ans d’âge, yes, et à 43 %.

Hallelujah ! Quel pied de nez…Sur le papier, je dois dire que je suis ravi ! Félicitations à la distillerie !

 

 

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-La distillerie du Speyside GLEN MORAY sort une nouvelle version du « Classic » (sans compte d’âge, il est âgé de moins de 8 ans, probablement plus près de 6 ans) intitulé « Peated », réduit à 40 %.

Suivant la politique « économe » (pour être poli) du propriétaire La Martiniquaise (qui produit notamment le whisky Glen Turner et le blended whisky Label 5) depuis quelques années, je ne peux que déplorer cette politique de grand-écart, entre des versions potentiellement intéressantes (le brut de fût en avant-première de la version « Portwood » 1995 était une tuerie, j’ai eu la chance de le déguster en 2010, idem pour le Chardonnay aux fûts de 2001, 2002, 2003–de superbes versions jamais livrées aux distributeurs, malgré mon insistance), mais réduites au minimum commercial de 40 %, colorées et filtrées à froid (castrées pour dire clair) aux rares brut de fûts présentés l’an dernier au Salon Dugas, sans parler du très problématique 25 ans « Portwood » (presque totalement raté selon moi, avec de gros défauts concernant les fûts), je ne suis pas très enthousiaste, mais le dégusterais avec plaisir. J’aime pourtant cette distillerie dont j’ai eu la chance (merci Graham, son fabuleux maître-distillateur !) de déguster de sublimes jeunes ET vieux single-casks qui me rendent malades de voir son propriétaire sous-utiliser ses trésors…Si j’en avais les moyens, je ne vous le cache pas, je rachèterais cette distillerie, afin de n’en faire sortir que des produits de qualité optimale.

 

 

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-La distillerie des Highlands GLENGOYNE propose désormais une édition limitée, sorte de version « turbo » de sa référence réservée aux visiteurs de la distillerie, le « Teapot Dram » (sans compte d’âge) décliné en « Tea Pot Dram IV », cette fois en brut de fût (« Cask Strength ») titrant 58,7 %. Il s’agit d’un assemblage de 7 fûts de Sherry de premier remplissage (« First Fill ») ayant donné 3178 bouteilles. Il sera vendu sur le site web de la distillerie et sur place à 90 £ (env. 125 €), et 6 bouteilles maximum par personne.

 

 

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-La distillerie The GLENLIVET sort un 50 ans d’âge sélectionné en partie par Alan Winchester (d’où le nom de « The Winchester collection »), le maître-distillateur de nombreuses distilleries du groupe Pernod-Ricard et notamment d’ABERLOUR, STRATHISLA et dernièrement The GLENLIVET en particulier. Il s’agit en quelque sorte d’un hommage aux 40 années qu’il a passées dans l’industrie du whisky. L’offre comprend une bouteille de 75 cl, millésimée « 1964 », titrant 42,3 % (degré naturel) dans un luxueux coffret en bois produit à 100 exemplaires, plus une mignonnette de 5 cl du même whisky. Le prix ? Plus de 25000 € sur le marché anglo-saxon…

Je ne sais pas si j’aurais un jour l’occasion de visiter cette distillerie, déguster des whiskies de la « Cellar Collection » ou celui-ci (j’en doute un peu), mais je salue Alan, que j’ai pu rencontrer il y a plus de 10 ans au Whisky Live Paris et dont le travail et l’approche m’ont marqué…Les temps changent, c’est clair, avec l’abandon progressif ou sélectif du 12 ans d’âge, qui fut mon premier single-malt, quelque chose que j’accepte mal, je dois dire, même si je n’ai pas encore dégusté son remplaçant sans compte d’âge, le « Founder’s Reserve », et j’espère tout de même des lendemais meilleurs pour la distillerie…A suivre !

 

 

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-La distillerie des Highlands du Nord GLENMORANGIE sort une nouvelle version d’un litre sans compte d’âge intitulée « The Duthac » (allusion à un saint de l’époque médiévale célébré notamment par le biais du Roi James IV dans l’enceinte même du domaine de la distillerie à Tain), titrant 43 % et issu d’une nouvelle gamme nommée « Legends » réservée au marché hors taxe (« travel retail »). Il s’agit d’un assemblage de fûts ayant contenu du Bourbon, puis affiné dans des fûts ayant contenu du Sherry de type « Pedro Ximenez » et des fûts neufs (« Virgin oak »). Comptez entre 60 et 100 €.

Dans le cas présent, il s’agit encore une fois d’une version sans compte d’âge, dans une gamme et une proposition qui laissent entendre un nivellement par le bas, mais limité…L’exigence élevée de l’assembleur Bill Lumsden, cependant, au vu des précédentes propositions notamment dans la remarquable gamme « Private Edition », peut laisser augurer une certaine qualité. Une prochaine dégustation, je l’espère du moins, nous en dira plus.

 

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-La distillerie de l’île d’Islay KILCHOMAN propose une nouvelle référence permanente nommée « Sanaig », issue d’un assemblage d’égale quantité entre fûts de Bourbon et de Sherry, titrant 50 % et est vendue dans les 60/70 €.

C’est toujours avec curiosité que j’accueille les nouveautés de cette distillerie artisanale, prometteuse…à suivre.

 

 

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-La distillerie de l’île d’Islay LAPHROAIG propose, à l’occasion de ses 200 ans d’existence, et devant la demande insistante de nombreux amateurs de la distillerie, le retour du 15 ans d’âge, avec un nouvel assemblage, une nouvelle édition nommée « 200th Anniversary Edition » et titrant 43 %. Présentée au départ comme une version limitée aux amis de la distillerie (les « Friends of Laphroaig », qui sont 630000, votre serviteur compris) et en quantités très réduites, sauf erreur de ma part, il apparaît qu’en réalité près de 72000 bouteilles seront disponibles au fur et à mesure. Les rumeurs parlent également de 2 nouveaux embouteillages peut être à venir pour cet anniversaire, un 21 ans et un 32 ans d’âges, en plus de la mise en bouteille annuelle du « Cairdeas » pour le club, mais c’est à confirmer.

Je ne sais pas si l’on peut parler d’intox, mais, comme pour le cas du nouvel ARDBEG, il semble qu’on joue sur le buzz lié à la notoriété de la marque pour créer une demande forte…Le tout avec bien sûr un prix de vente qui semble plus près des 100 € (prix de lancement de 75 £ par exemple, chez The Whisky Shop) que du prix bien moins élevé du précédent 15 ans d’âge. Les premières critiques sur le net sont d’ailleurs plus favorables à cette dernière pour le moment.

 

 

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-La distillerie de la presqu’île de Campbeltown SPRINGBANK présente une nouvelle référence âgée de 12 ans, millésimée « 2003 », une version brut de fût (« Cask Strength ») ayant été élevée entièrement en fûts de Porto nommée « Port Pipe » et issue d’un fût unique (« Single-Cask ») a donné 696 bouteilles et elle titre 58,3 %. Réservée au marché anglo-saxon, elle devrait être vendue dans les 70 £ environ (95 €).

Cette version, je dois dire, sur le papier, a de quoi susciter de ma part une forte curiosité…Je suis très amateur d’affinages Porto, certes un peu moins des élevages intégraux que j’ai pu tester jusqu’ici, dont certains sont pour moi des échecs patents (BOWMORE 16 ans Portwood OB, GLEN MORAY 25 ans Portwood OB, etc…), mais connaissant le caractère artisanal et plutôt performant de la distillerie ces dernières années (avec notamment une série de lots plutôt excellents du 12 ans en version brut de fût), cela devrait s’avérer intéressant. La suite nous dira (si j’arrive à mettre la main sur une bouteille !) si j’ai raison d’être enthousiaste ou pas…

 

 

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DU COTE DES NEGOCIANTS ECOSSAIS :

 

-Je ne pouvais pas ne pas signaler la sortie, au sein de la prestigieuse gamme « X.O.P. » (ou « Extra-Old-Particular ») cette rare nouveauté proposée par le négociant écossais DOUGLAS LAING : Oui, un PORT ELLEN (ils se font rares, alors…) de 32 ans d’âge (distillé en Octobre 1982, mis en bouteille en Octobre 2014), issu d’un fût unique (« Single-cask ») reconstitué de plusieurs remplissages (« Refill Hogshead ») et titrant 54,6 %. Il sera vendu au prix d'un peu plus de 1100 €, mais pour le moment pas disponible en France. 

Si j’en parle aussi c’est que, même si tout est relatif (!), cette version fait partie des versions de négoce moins chères (pour le moment) que les versions officielles…A bon entendeur…

 

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-Le négociant écossais HUNTER LAING présente une nouvelle gamme de whiskies nommée "The First Editions/Author's Series", consacrant des auteurs célèbres de la littérature, à priori anglo-saxonne en priorité, associés à des single-malts de haut de gamme, avec pour écrin un coffret de cuir brun serti de métal doré. Les premières mises en bouteille proposées sont quasiment toutes des mises en bouteille de fûts ayant subi plusieurs remplissages ("Refill Hogshead" ou "Refill barrel") et embouteillés au degré naturel: Citons un ARDBEG de 21 ans (1993-2015) à 56,4 %, associé à Rudyard Kipling, un MACALLAN de 21 ans également (1993-2015) à 54,8 % associé à Charles Dickens, un CLYNELISH de 18 ans d'âge (1996-2015) à 56,1 % associé à Edgar Allan Poe et enfin un Speyside anonyme de la fameuse série "Probably Speyside's Finest" de 28 ans d'âge (1986-2015) à 48 % associé à Robert Louis Stevenson. Les prix annoncés (lancement sur The Whisky Shop, distributeur exclusif au Royaume-Uni, sauf erreur) oscillent entre 190 £ pour ce dernier à 900 £ pour l'ARDBEG...

 

 

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Par ailleurs HUNTER LAING propose, entre autres nouveautés, une référence rarement disponible à cet âge, un single-malt de la distillerie TEANINICH millésimé 1973, âgé de 40 ans, dans sa gamme "Old and Rare". Il s'agit d'un brut de fût titrant 48,9 %.

Curieux de cette nouvelle gamme « The Author’s Series » (l’idée n’est pas nouvelle, cela a déjà été fait en Ecosse & aux Etats-Unis, et plus récemment du Pays-de-Galles, via la distillerie PENDERYN) qui semble faire la part belle aux plus prestigieuses distilleries par régions, en théorie du moins. Comme son désormais concurrent direct en tant que négociant DOUGLAS LAING, HUNTER LAING souhaite placer la barre haute avec des références pour certaines (comme le « Probably Speyside’s Finest ») auparavant apparentées à la société DOUGLAS LAING avant la scission entre les deux frères, Stewart (qui créé alors Hunter LAING) et Fred (qui conserve le nom Douglas LAING) en 2013. Après, même si l’association avec les noms d’auteurs peut sembler artificielle, je ne jetterais pas la pierre à cette idée car je l’évoque en quelque sorte dans mon tableau de « Correspondances artistiques » (lien !!!) sur le site et dans certaines de mes idées pour fonder une éventuelle société de négoce (sauf que je choisirais personnellement d’autres références).

 

 

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-Le prestigieux négociant italien SAMAROLI (importé depuis peu en France par La Maison du Whisky) fête son 45 ème anniversaire. Pour cela, elle présente une nouvelle version de son blended-malt de luxe « Evolution », ici la version 2013 comportant des single-malts âgés de 15 à 50 ans d’âge et titrant 47 %. La recette est comme d’habitude secrète, cependant l’on a pu savoir que ces malts proviennent des régions suivantes : Campbeltown, Highlands, Islay & Speyside. Le prix en est d’un peu plus de 400 €.

Elle propose également une nouvelle fois un TOMINTOUL millésimé « 1967 » (cette fois âgé de plus de 45 ans), mis en bouteille en 2014 au titrage de 40 %. Là encore le prix dépasse les 400 €.

Curieux de ce blended-malt « Evolution », mais il va être difficile à déguster vu son prix et sa rareté. Par ailleurs, je gardei un souvenir ému d’une autre bouteille de TOMINTOUL « 1967 » (cask N° 2562, bottled 2011, 40 %) du même négociant qui avait été présentée au Whisky Live 2012…Sublime, malgré ses 40 %.

 

 

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-Le négociant écossais SIGNATORY VINTAGE propose, en tout cas pour la France, de nouvelles références au sein de sa gamme « Cask Strength Collection » (single-cask & brut de fût). Je ne peux les citer toutes, mais en voici quelques unes sélectionnées en fonction de leur pertinence supposée sur le papier, en attendant de pouvoir peut être en déguster quelques unes prochainement j’espère : BALMENACH 25 ans (Distillé en 1988) à 54,3 %, BEN NEVIS 22 ans (Distillé en 1991) Sherry à 58,3 %, BLAIR ATHOL 23 ans (Distillé en 1989) à 54,9 %, BRUICHLADDICH 24 ans (Distillé en 1990-Refill cask) à 54,6 %, GLEN ELGIN 23 ans (Distillé en 1990-Sherry Butt) à 49,2 %, GLEN GARIOCH 24 ans (Distillé en 1990) à 48,8 %, GLENLIVET 32 ans (Distillé en 1981) à 51,1 %, HIGHLAND PARK 23 ans (Distillé en 1990-« Wine treated Butt ») à 55,9 %, JURA Heavily Peated 24 ans (Distillé en 1989) à 57,3 %, LEDAIG 10 ans (Distillé en 2004-1st Fill Sherry butt) à 61,2 %, MORTLACH 23 ans (Distillé en 1990-Refill Sherry cask) à 51,6 % et le single-grain CAMBUS 23 ans (Distillé en 1981) à 53,9 %.

 

On le sait, je considère ce négociant capable du meilleur comme du pire (d’autres également, rassurez vous), et comme ayant produit pas mal de choses assez irrégulières ces dernières années, avec un profil aromatique souvent agressif et sec, quelque soit la distillerie, ce pour certaines raisons à mon avis, tenant tant au stockage moderne des fûts qu’à la manière de réduire (pour les versions concernées), par exemple. J’ai conscience que ces propos ne seront pas du goût de tout le monde et qu’ils sont à relativiser par de très belles sorties de manière ponctuelle (comme lorsque je décerne un prix à un fût de BOWMORE pour une version proposée en 2013 dans la cadre du Whisky Live Paris). Je demeure curieux cependant de ces nouveautés et vous en rendrait compte en cas de dégustation…

 

 

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-Un nouveau négociant récemment apparu sur le marché, THE LOST DISTILLERY Company, est désormais importé en France par La Maison du Whisky. Cette société propose un concept original même si risqué en proposant des blended-malts présentés dans des bouteilles opaques (pourtant aucun colorant n’est utilisé, nous dit-on) sur lesquelles seule l’étiquette change pour illustrer un contenu censé être une tentative de reconstituer le style de distilleries fermées d’Ecosse (au XIX ème comme au XX ème siècle), comme par exemple AUCHNAGIE, GERSTON, JERICHO, STRATHEDEN, ce à partir d’écrits retrouvés et analysés minutieusement par les personnes qui dirigent cette société. Les whiskies ne sont pas des single-malts mais des assemblages, sans compte d’âge, ni précision de type de fûts. Ils sont d’après la société ni colorés ni filtrés à froid et titrent 43 ou 46 %. Ils sont vendus entre 60 et 80 € en moyenne. J'espère avoir l'occasion d'en déguster prochainement afin de vous dire ce que j'en pense.

J’ai été d’abord séduit et surpris par cette initiative, puis devant les difficultés pour les déguster et le caractère opaque au sens propre et au figuré de ces whiskies (le site internet de la société ne nous apprend pas grand-chose, en réalité), j’avoue être assez dubitatif et demander à voir (je veux dire à tester !). En effet, des questions se posent toujours : Lorsque le maître-assembleur Richard Paterson reconstitue le « MacKinlay’s Shackleton’s whisky » en 2007, il se base sur des archives de la société à laquelle il appartient par ailleurs, et son expérience de plus 40 ans. Certes dans la recette initiale du XXème siècle, certaines des distilleries dont les fûts ont été utilisés ont disparu depuis belle lurette, mais il subsistait suffisamment de vieux fûts de celles-ci et d’autres de distilleries actuelles dont le style est comparable, pour que l’assembleur constitue une recette cohérente, qu’il a en plus pu comparer avec le contenu des bouteilles retrouvées dans la glace arctique. Dans le cas de The LOST DISTILLERY Company, l'on ne sait pas qui est ou sont les assembleurs, dans quelle mesure les archives en question sont suffisamment explicites, pourquoi ce choix d'un blended-malt au lieu d'un single-malt, ou carrément d'un blended-whisky alors, également pourquoi utilise t’on des bouteilles opaques, pourquoi ne donne t’on pas un compte d’âge (on n’est pas chez SAMAROLI non plus…ou le facteur confiance est tout de même plus élevé, dégustations à l'appui...) et enfin nous n’avons pas le moyen de vérifier le caractère authentique (ou disons fiable) de ces reconstitutions. C’est bien pratique de bénéficier de l’aura de distilleries passées, ce sans aucun lien avec elles (contrairement à ce qu’à fait BRUICHLADDICH avec Port Charlotte ou SPRINGBANK avec Hazelburn, qui se justifie), mais le travail doit être à la hauteur. Bien entendu, je ne demande qu’à être convaincu « sur pièces », à l’épreuve d’une dégustation.

 

 

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CONCLUSION :

 

Elle sera brève… : « Tout va mal, mais tout va bien aussi »…Bon, pour être un peu moins normand, disons plutôt que si certaines choses vont mal (augmentation des prix, spéculation, baisse globale de la qualité pour les grandes marques, etc…), d’autres sont plus encourageantes, que ce soit des initiatives comme « Le Tour de France des whiskies », des nouveautés parfois excitantes, le dynamisme de distilleries écossaises plus artisanales et/ou familiales ou de distilleries de pays « non historiques du whisky » ou de certains négociants…la consommation du whisky qui, malgré une légère baisse, se maintient malgré tout…Alors, essayons de rester optimistes !

 

Editorial No 13

 

EDITORIAL No 13 : « N.A.S. & PARADOXES » :

 

Dernières Mises à jour/Latest Updating: 18/04/2015

 

Dans ce nouvel EDITORIAL, je vous parlerais de l’actualité du whisky, de quelques nouvelles sorties whiskies, mais aussi à nouveau de la polémique sur les whiskies sans mention d’âge, s’inquiétant de leur généralisation et de la disparition de certaines références emblématiques.

ENGLISH SUMMARY :

In this new Editorial I will speak about new bottlings, some short news about whisky, but also about the n.a.s question & argue, because while they are getting more and more numerous, some emblematic beginner’s malts will disappear.

You can get an approximative translation of my full EDITORIAL by using « Google Translate ». Please click here below… :Translator link

 

 

 INTRODUCTION/UN POINT DE VUE :

(Foreword/A Point of view) :

 

Mon avis brièvement sur quelques points d’actualité. J’avais envie de rebondir un peu sur le débat à propos des « N.A.S. » (pour « no age statement », ou whiskies sans compte d’âge) et sur certains paradoxes que cela entraîne. Par ailleurs, je souhaitais en même temps répondre à certaines questions reçues dans le courriel du site, concernant les prix et qualités de ce type de whiskies ainsi que d'autres types sur le marché actuellement. J'espère que vous pourrez peut être y voir un peu plus clair après cela.

 

Des "N.A.S." Officiels ? Les Indépendants aussi le font !

A plusieurs reprises, je vous ai parlé du phénomène des « n.a.s. », de sa généralisation progressive et de la montée des prix qui va avec. Mais souvent, lorsqu’on parle de ce sujet, on néglige le fait que cela touche non seulement les mises en bouteille officielles, mais aussi parfois certains whiskies ou gammes entières de whiskies de négoce ou grossiste ayant ses propres gammes de whiskies. Ainsi, par exemple, et pour ne parler que des single-malts, que ce soit chez MASTER OF MALT (avec sa gamme « That Boutique-Y-Whisky Company »), ou encore The WHISKY EXCHANGE (avec sa gamme « Elements of Islay »), à aucun moment l’âge des whiskies n’est indiqué, ce qui ne présage en rien de la qualité de chacun de ces whiskies, ni de leur jeunesse (certains étant parfois assez âgés). Par contre, ils sont relativement chers car présentés (ce pour les deux marques) dans des contenants de 50 cl au lieu de 70. Après, pour ceux que j’ai dégusté dans ces gammes tout de même destinées à des connaisseurs, c’est plutôt la qualité que semble au rendez vous, enfin, en général. Notons également, à la décharge des deux sociétés citées, qu'elles mettent un point d'honneur à également proposer au moins une gamme de single-malts (comme par exemple l'excellente gamme "Port Askaig" de The WHISKY EXCHANGE, ou encore la gammme des "Speyside" de 10 à 50 ans d'âge de MASTER OF MALT-que je n'ai certes pas encore pu déguster) ou de blended-whiskies avec un compte d'âge (parfois conséquent d'ailleurs) et un prix abordable en général. D'autres sociétés, en revanche, ont la main moins heureuse sur les stocks de whiskies écossais et peinent à convaincre à mon avis...mais ce serait trop long de vous les énumérer ici.

 

Une question complexe, avec d'autres paradoxes encore...

Rappelons encore une fois que ce débat sur les N.A.S. pour moi ne concerne pas à mon avis les premiers types de N.A.S. apparus sur le marché dans les années 2000-2010, notamment ceux qui sont en réalité ce que l'on nommerait aujourd'hui des "multi-vintages", faisant appel à différents âges et à (souvent, en tout cas) un travail soigné d'assemblage...Les meilleurs exemples en sont à mon avis l'ABERLOUR "A'Bunadh", le LAPHROAIG "Quarter Cask", le JURA "Superstition" et le LONGROW "C.V.", entre autres (comme il m'arrive souvent de citer ces références car elles me semblent de qualité, sous réserve bien sûr de ne pas tomber sur un lot moins bon, le lecteur ne s'en étonnera pas, en tout cas je veux lui donner l'assurance, au passage, que ni ces distilleries ni aucune autre ni aucune autre structure ne me paient pour en parler, voilà, c'est dit et gravé dans le marbre..). Le débat ne concerne pas non plus bien évidemment les jeunes distilleries (et/ou de petite capacité) qui n'ont pas suffisamment de stock âgé pour alimenter le marché...même si certaines comme KILCHOMAN par exemple, pourraient, à court terme au moins à mon avis, indiquer la mention de "Over 5 years old" pour certaines références. Par ailleurs, dans certains pays, comme les Etats-Unis ou l'Inde, le vieillissement étant souvent plus rapide qu'en Ecosse, la mention d'âge devient, pour certains producteurs en tout cas, superflue et pas trop "dans la tradition" (avec certaines exceptions). Il en est de même parfois pour les pays du Nouveau Monde (l'Australie, notamment) ou l'on est fort réticent à apposer cette mention d'âge sur l'étiquette...Cela ne signifie pas, pour autant, que l'on a affaire automatiquement à des whiskies médiocres.

Dernière minute, en matière de paradoxes, elle se pose là...Malgré la crise, malgré l'avènement des N.A.S. ou whiskies sans compte d'âge, trois distilleries écossaises sortent en ce printemps un 18 ans d'âge ! Il s'agit de DEANSTON, The GLENTURRET (mais certes en version très limitée en single-cask et brut de fût) et LEDAIG. Voir leur présentation dans la partie "NOUVEAUTES WHISKIES ECOSSAIS" plus bas.

 

L’âge n’importe plus ? Le prix, oui !

Plus généralement, l’argument commercial passé le plus courant (que l’on pourrait résumer grossièrement à « plus c’est âgé mieux c’est » ou « age matters » en anglais) a disparu aujourd’hui au profit d’un « l’âge ne compte pas, c’est plutôt la qualité du bois » ou bien un caractère superlatif « le plus tourbé de… », ou « le plus au Nord », et, par ailleurs des marqueurs descriptifs pas toujours évidents…mais l’argument le plus limite est quand même celui employé par Diageo pour le MORTLACH « Rare old »…sans mention d’âge, en carafe de 50 cl et au prix frisant les 70 € ! Je ne l’ai pas goûté, certes, mais il ne semble pas de plus avoir une presse fabuleuse. Comme j’ai déjà parlé du « Dark Origin » d’HIGHLAND PARK (c’est vrai qu’on peut rajouter également à la liste le récent « Odin » de la Valhalla Collection, plus cher que les précédents…), je n’y reviens pas, hormis pour dénoncer encore une fois l’équation « plus de marketing, plus de wood technology, moins d’âge = un whisky deux fois plus cher ». La tendance à l’augmentation des prix, chers lecteurs, va hélas s’accentuer, je le crains, et au vu de la progressive réévaluation des plus de 15 ans d’âge vers le marché de niche haut de gamme pour certaines références (amorcée par le GLENFIDDICH 18 ans l’an dernier, passé de 35/40 € à environ 90 € avec changement de conditionnement), la baisse de 2 % des taxes sur les whiskies outre-Manche n’y changera rien.

 

La fin d’une époque, les bouteilles emblématiques disparaissent…

Mais là on l’on attend le point le plus sensible, pour moi, c’est lorsqu’on touche à des symboles, c’est à dire souvent des whiskies avec lesquels nombre d’entre nous ont débuté leur apprentissage des single-malts, que ce soit le The GLENLIVET 12 ans (qui va être remplacé sous peu pour le marché européen par un n.a.s., le « Founder’s Reserve ») qui fut mon premier single-malt et demeure une référence importante pour moi et indispensable, avec ses qualités florales, fruitées, ou bien le TALISKER 10 ans et son association redoutable d’éléments marins, épicés et fumés. L’emblématique distillerie d’île de Skye, qui au passage sort son troisième whisky sans compte d’âge en deux ans, fait dans le jeu de mots facile en effet avec le nouveau « Skye », destiné à remplacer le 10 ans d’âge (même si c’est encore officieux). L’on franchit là, me semble t’il, un nouveau un pas dans l’aseptisation générale de la production de whisky de masse (là encore au vu des premiers commentaires de dégustateurs de confiance, qui expliquent qu’on a édulcoré leur tempéramenteux dix ans d’âge...avec davantage de bois, mais presque plus de fumée ni d’épices, etc…), enfin, en théorie pour le moment (je ne l’ai pas encore dégusté). Amateurs de flacons avec mentions d’âge en provenance de gros propriétaires, vous savez ce qu’il vous reste à faire, car je pense qu’on n’en restera pas là, car d’autres marques vont être affectées par ce phénomène, certainement…

 

Mais, « au milieu des romains, un gaulois résiste ! »

Oui, au milieu de cela, et à contre-courant, la distillerie BENROMACH (qui appartient au négociant Gordon & MacPhail) ose sortir deux embouteillages témoignant de leur mépris pour ce phénomène des n.a.s. et leur approche un minimum traditionnelle : En effet, non content du succès de leur 10 ans d’âge (dont certains lots de l’an dernier sont tout simplement à tomber et écrasent toute concurrence, je peux en témoigner, je l’ai dégusté à l’aveugle, en plus et confondu avec un BUNNAHABHAIN bien plus âgé !), mais elle sort non seulement sa version brut de fût ou apparentée (« 100 PROOF ») mais aussi un…5 ans d’âge ! Notes de dégustation à venir pour ces deux whiskies…

Une première dégustation du 5 ans s’est avérée mitigée, mais intéressante (certes j’aurais préféré qu’il fut embouteillé à 7 ou 8 ans d’âge et non 5, et à 50 % au lieu de 40 %) et prometteuse (le distillat, déjà devenu whisky, a beaucoup de caractère et fait preuve d'une certaine délicatesse). Je tiens à saluer malgré cette initiative de la distillerie pour ces deux sorties improbables…car, parallèlement, concernant les bruts de fût notamment, d’autres distilleries (TAMDHU et TOMATIN, par exemple) suppriment le compte d’âge lors du passage de la version réduite à la version brut de fût. Aussi je me permets de leur suggérer un compromis me semble t'il honorable, s'engager à ajouter sur l'étiquette au moins la mention "Over 8 years old", par exemple..mais aussi de moins jouer sur le brûlage des fûts, ou encore, pour finir, de demeurer crédible & raisonnable, au niveau des prix...

 

 

 

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PROCHAINEMENT SUR LE SITE (entre autres choses):

(On the website soon, between other things)

 

-Le dernier numéro d’EXPRESS NOTES (N°5), cette fois re-titré « REALLY EXPRESS NOTES », et qui sera consacré, une fois n’est pas coutume, aux blended-whiskies écossais, en un survol conséquent.

-Un sujet sur les whiskies hollandais, en commençant par la distillerie ZUIDAM (MILLSTONE whisky), en Hollande, autour des échantillons reçus (désormais au nombre de 6), mais aussi un premier avis sur deux autres distilleries du pays, UIS HEIT (FRYSK HYNDER whisky) et la plus récente des 3, l’ALAMBIK Distillery (OLDAMBSTER whisky).

-Les notes de dégustation de plusieurs single-malts en provenance de la distillerie GLANN AR MOR, en version tourbée (KORNOG) ou non, dont deux versions SHERRY (Oloroso, P.X.), ce dès que de récents problèmes techniques (qui m'empêchent désormais de poster des fiches de dégustation individuelles) seront résolus. Nos excuses pour ce problème....

Signalons qu'entre temps, GLANN AR MOR a d’ailleurs sorti une autre version du GLANN AR MOR, avec cette fois de l’orge de type « Marris Otter », variété d'orge peu utilisée de nos jours par les distilleries dont je vous avais déjà parlé lors du numéro précédent, au sujet d'une nouveauté de la distillerie GLENMORANGIE.

 

 

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NOUVEAUTES & NOUVELLES SPECIAL IRLANDE :

(Special IRISH NEWS & NEW BOTTLINGS) 

 

Honneur à l’Irlande après la St Patrick qui a eu lieu il y a quelques semaines (certes G.W.G. fête cela avec retard !), avec un mélange de nouvelles brèves et de présentation de nouveaux flacons… :

 

1/LA DISTILLATION A DEBUTE CHEZ TEELING WHISKEY A DUBLIN :

(Irish Independent bottler TEELING Whiskey Company has started to distillate…People will discover its first productions –single-malt as well as blended whiskeys- in 3 years).

Le négociant TEELING Whiskey Company (fondée par Jack Teeling en 2012) voit désormais sa distillerie pleinement opérationnelle, avec la première distillation (dans 3 alambics en cuivre) intervenue en ce mois de mars 2015, qui sera lancée en tant que whiskey irlandais dans 3 ans. Les frères Teeling (Jack & Stephen), qui ont investi 10 millions d’euros dans l’affaire, prévoient de produire près de 500 000 litres d’alcool pur par an, au sein de cette distillerie flambant neuve qui, par ailleurs, disposera également d’un centre d’accueil des visiteurs (qui sera ouvert en mai) et emploiera 30 personnes en permanence (il en a fallu 100 pour la construire). Côté chiffres encore, il s’agit de la première distillerie à Dublin depuis 125 ans.

 

 

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2/ OUI, L'ON PEUT DESORMAIS EMBOUTEILLER SON PROPRE JAMESON SUR PLACE :

(Jameson starts the « bottle your own » operation to let visitors bottle a cask strength version of its blended-whiskey)

Brian Nation, maître-distillateur chez MIDLETON, a inauguré le 12 Mars dernier à Dublin (mais cela sera également possible à Cork) l’installation permettant désormais aux visiteurs d’embouteiller eux-mêmes (« Bottle your own ») leur propre JAMESON directement en une nouvelle version disponible pour la première fois en brut de fût (un des fûts, le 61096, titre 59 %), version nommée « Jameson Select Reserve Cask StrengthBlack Barrel », un blended-whiskey issu d’une petite cuvée (« small batch »), assemblage de single-pot still, élevé en fût ayant contenu principalement du Bourbon, et de grain whiskey. Le prix annoncé est de 100 €. Cette étape personnalisée (avec embouteillage & étiquette à la main, puis inscription dans un registre dédié), souvent appréciée des visiteurs de distilleries écossaises (par exemple), fait partie du tour nommé « Jameson Experience ».

 

 

 

 

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3/ NOUVELLE REFERENCE PLUS IRLANDAISE QUE JAMAIS POUR MIDLETON :

(Pernod-Ricard’s MIDLETON distillery launched its first Irish Wood Finish !)

Pernod-Ricard, propriétaire du complexe MIDLETON (qui produit entre autres le blend JAMESON), lance une nouvelle référence dans sa gamme de luxe « MIDLETON » avec un Single-Pot Still Whiskey nommé « Dair Ghaelach » (ce qui signifie : Chêne irlandais) élaboré à partir de fûts âgés de 15 à 22 ans qui sont ensuite remis à marier une année de plus en fûts de chêne irlandais reconstitués (ou « Hogshead »), ce qui est assez rare pour être signalé. Il s’agit également de la première sortie parmi plusieurs qui seront prochainement proposées au sein de la « Virgin Irish oak Collection ». Le bois utilisé pour cet affinage irlandais provient de la forêt de Grinsell, dans l’Etat de Ballaghtobin, à Kilkenny. Les plus âgés des chênes dont le bois a été utilisé pour cette version ont jusqu’à 130 ans. Ils on t donné, après 15 mois de séchage, 48 Hogsheads et ont été embouteillés sans réduction au titrage de 58,2 %. Ce nouveau MIDLETON sera commercialisé en avril aux Etats-Unis, en France et en Afrique du Sud, pour un prix (annoncé en dollars) de 250 $.

 

 

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4/ VRAIE FAUSSE NOUVEAUTE IRLANDAISE CHEZ TULLAMORE DEW :

(William Grant’s TULLAMORE DEW distillery re-launches a Sherry finish Edition for more markets)

La distillerie TULLAMORE DEW, propriété du groupe William Grant & Sons et désormais à nouveau active, lance à nouveau une version auparavant uniquement destinée au marché hors taxe (« global travel retail ») le 12 ans d’âge « Sherry Cask finish », édition limitée, toujours en un litre et titrant 46 %. Comptez entre 45 et 55 €, en France en tout cas, moins sur place. Notes de dégustation à venir.

 

 

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NOUVELLES DU WHISKY ECOSSAIS :

(SCOTCH WHISKY NEWS)

 

 

1/ BAISSE DE LA TAXE SUR LES ALCOOLS AU ROYAUME-UNI :

(2 % duty cut for the U.K. whisky industry)

La S.W.A. (Scotch Whisky Association) gagne finalement son bras de fer avec le gouvernement britannique afin de baisser les taxes (exubérantes au Royaume-Uni puisqu’elle dépasse 65 % du prix d’un whisky) et parvient à faire baisser ces taxes de 2 % signalons qu’il s’agit de la première baisse depuis 20 ans). Toutefois, d’après certains calculs, lorsque l’on achète une bouteille dans ce pays, une fois arrivé à la caisse, en intégrant la T.V.A. dans le calcul, il y a toujours 77 % qui reviendraient à l’état. Cette légère baisse (d’environ 1 % en réalité) suffira t’il a freiner d’une part la pénurie en whisky écossais et de l’autre l’augmentation du nombre de whiskies sans compte d’âge (ou « n.a.s. ») et l’augmentation des prix, pas sûr. Tout au plus cela apportera, d’après des observateurs, un peu plus de marge de manœuvre dans un secteur qui emploie, rappelons-le, près de 40000 personnes.

 

2/ RESULTATS DES WORLD WHISKIES AWARDS 2015 :

(World Whiskies Awards results for 2015)

Le résultat du concours des W.W.A., ou World Whiskies Awards a été publié pour l’année 2015. Le jury est composé de professionnels du whisky et au-delà & de journalistes, et se base sur autant le goût que le design, avec, par exemple, comme critères originaux différents d’autres concours, par exemple la « fonctionnalité ». Surprenant. Le résultat ? Encore une fois un pays non traditionnel du whisky en tête, Taïwan, avec 3 prix pour la distillerie KAVALAN, avec la version « Vinho Barrique » (fûts de chêne américain fortement brûlés et ayant contenu du vin blanc & rouge) en brut de fût à 58,6 % (photo d'un autre fût que celui élu). Il est élu meilleur single-malt au monde & meilleur single-malt asiatique, notamment. Personnellement, je n’ai pas testé la dernière version en date, mais une version 2008 embouteillée en 2013, et qui a obtenu 90-92/100, mais pas plus, ce avec un joli profil sherry, fruité, oxydatif, mais encore un peu jeune. Avec certaines versions du « Solist » brut de fût, c’est sans doute un des meilleurs malts de la distillerie à l’heure actuelle.

 

 

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Parmi les autres prix, le site de vente en ligne mais aussi négociant MASTER OF MALT obtient 3 prix, avec comme prix du meilleur blended whisky au monde, un whisky de la gamme « That Boutique-y-Whisky Company » (ici le "Blended-whisky, 1, batch 1", à 50,3 %), puis comme prix du meilleur whisky aromatisé (oui, je sais…) un assemblage maison également, et de 40 ans d’âge (n’est-ce-pas du gâchis ? A voir, un vrai coup de poker…), et enfin comme meilleur whisky de grain au monde un whisky de la gamme « Darkness » (vieilli dans des fûts de petite taille), un NORTH BRITISH 18 ans « Oloroso Cask Finish » à 50,40 %. L’Amérique du Nord n’est pas en reste, avec comme meilleur whisky canadien, le FORTY CREEK « Confederation Oak », 40 % (une distillerie que je n’ai pas encore eu l’occasion de déguster et qui n’est pas distribuée en France). Les Etats-Unis, eux, sont encore une fois fortement représentés par la distillerie BUFFALO TRACE, véritablement incontournable, avec un de leurs fers de lance haut de gamme, le Thomas HANDY SAZERAC Straight Rye, qui titre 64,6 %.

 

 

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Moins de surprise pour les autres prix, hormis celui du meilleur design pour le blend HAIG « Club », là j’avoue, je ne comprends pas. Hormis exalter le flacon de parfum pour homme des années 70 au verre coloré de la plus grande banalité, je ne vois pas. Nombre d’autres prix de cette catégorie me semblent bien plus justifiés, comme celui de l’agence Stranger & Stranger (ABERFELDY, CRAIGELLACHIE, le négociant COMPASS BOX, entre autres marques...) ou Tridimage (BALBLAIR), BrandOpus (TAMDHU), sans parler du chef d’œuvre qu’est le NIKKA 25 ans « Taketsuru » (nom de l’agence non communiqué), tant pour le contenant que pour le contenu, mais ce n’est pas une nouveauté (le conditionnement du NIKKA 40 ans, lui, me paraît déjà moins fin).

 

 

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La gamme ABERFELDY, totalement relookée l'an dernier, ici avec le désormais somptueux nouveau design du coffret du 21 ans d'âge.

Encore une belle réussite pour l'agence STRANGER & STRANGER.

 

 

Pour en savoir plus sur tous les prix de ce concours :

WWA 2015

 

 

3/ LA SOCIETE GLENMORANGIE VEND LA S.M.W.S. :

(GLENMORANGIE sells The Scotch Malt Whisky Society to private investors)

Afin de se redynamiser les marques & distilleries qu’elle possède, à savoir ARDBEG & GLENMORANGIEet les assemblages associés, la société The GLENMORANGIE P.l.c. a préféré céder la Scotch Malt Whisky Society (S.M.W.S.) a des investisseurs privés. La S.M.W.S., qui compte 26000 membres, représente aujourd’hui 350 single-casks produits chaque année, en provenance de 19 pays, de nombreuses distilleries écossaises de malt et de grain, mais aussi de distilleries irlandaises, japonaises, américaines, voire françaises, mais concernant le Cognac, l’Armagnac et le Rhum.

 

 

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 Le Queen Street bar d'EDINBURGH, un des Q.G. du S.M.W.S. Quelques notes de dégustation sont à venir...

 

 

4/ BACARDI PREND UNE PART PLUS IMPORTANTE DANS LA SOCIETE COMPASS BOX :

(BACARDI Group buys minority stake in independent artisan bottler & Compass Box Whisky co.)

Le groupe BACARDI, qui possède déjà plusieurs références de spiritueux dans son catalogue et de références de whisky en particulier via la société John DEWAR & Sons (distilleries ABERFELDY, AULTMORE, CRAIGELLACHIE, MACDUFF/DEVERON, ROYAL BRACKLA, mais aussi les blend DEWAR’S & William LAWSON), a acquis une participation minoritaire dans le capital de la société COMPASS BOX Whisky & co, aux termes d’un accord à long terme, également destiné à assurer la diversification et l’approvisionnement en whisky (de malt, mais probablement aussi de grain) de cette dernière. John Glaser assure que cela ne va pas affecter l’indépendance de sa société tant en termes de créativité qu’en termes de diversification de son approvisionnement en whisky (rappelons que COMPASS BOX a un accord important et pluri-annuel avec le groupe Diageo, qui lui fournit notamment des fûts des distilleries de malt CLYNELISH, CAOL ILA, etc…, mais aussi du whisky de grain, comme par exemple CAMERON BRIDGE, la plus grande distillerie de grain du groupe).

 

 

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 Un groupe de bouteilles de chez COMPASS BOX, avec parfois un conditionnement ancien. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

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NOUVEAUTES & NOUVELLES WHISKY AUTRES PAYS:

(OTHER COUNTRIES WHISKY NEWS)

 

Pour ne pas être trop long je ne vais pas trop traiter de whiskies non écossais dans cette rubrique, mais j’aurais l’occasion d’y revenir….voici déjà deux nouvelles :

 

-Marianne Barnes, qui a travaillé 5 ans pour le groupe Brown-Forman (Etats-Unis), et notamment sous la direction de Chris Morris, de la distillerie Woodford Reserve, devient la première femme à diriger une distillerie dans l’Etat du Kentucky. Alliée à deux chefs d’entreprise, Will Arvin & Wesley Murry, elle va rénover et remettre en route l’ancienne distillerie OLD TAYLOR créée par le Colonel E.H. Taylor Jr en 1887, puis mise en sommeil en 1972, mais le whiskey qui sera produit sera proposé sous un nouveau nom, et ne sera pas vendu en tant que distillat pur (« new make » comme l’on dit en Ecosse, ou « moonshine » comme l’on dit sur place). Il s’y produira également du gin, avec même la culture de ses composants naturels botaniques sur place. J’avoue être curieux.

 

 

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-La distillerie suédoise MACKMYRA sort un nouveau whisky dans sa gamme consacrée aux « Saisons ». Après « MIDNATTSOL », « MIDVINTER », voici « ISKRISTALL » (ou le « crystal de glace »), un whisky combinant comme souvent chêne suédois et américain neuf et usagés (ex-Bourbon, donc) avec une seconde maturation (affinage plutôt) en fûts de sherry de type Pedro Ximenez. Par contre sur la fiche individuelle fournie par la distillerie, on parle de fûts « saturés par du sherry P.X. » pour chaque type de fût. Est-ce à dire qu’il y a eu « traitement » du fût, en clair, un rinçage avec du sherry ? Ou bien est-ce cela qu’ils nomment finition sherry Pedro Ximenez…allez savoir. A suivre. Le whisky (un single-malt, toujours) est comme d’habitude ni filtré à froid, ni coloré et il titre 46,1 %. Sa sortie n’est pas réellement récente, mais c'est seulement depuis peu qu’on en entend parler ici, et qu'il est disponible à la vente (environ 75 €, MdW).

 

 

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-AMRUT "NAARANGI" (pour fût d'"ORANGE"), 6 ans d'âge, 2015, 50 % :

L'on pensait avoir tout vu en matière de spiritueux à base de whisky aromatisé (arômes de miel, d'épice, de pomme, d'érable, cerises, citron vert, etc...), mais là on franchit un cap (enfin, tout est relatif, on voudrait plutôt nous le faire croire-voir plus loin pourquoi) en matière de maturation et d'affinage de whisky dans des fûts ayant contenu autre chose que des breuvages traditionnels de maturation du whisky que sont le Bourbon ou le Sherry par exemple. Non, la distillerie AMRUT a osé faire vieillir un de ses distillats de 3 ans d'âge dans des fûts ayant contenu du Sherry, mais aussi du vin âgé et des écorces d'orange (de Madikeri, en Inde), puis remettre à marier le tout durant 3 années. J’ai eu peur à un moment donné qu’il s’agisse de jus d’orange (ne riez pas !) car leur marketing & une partie de la presse ont joué sur cette ambiguïté, mais non, et celui-ci, qui est bien qualifié de single-malt whisky (et qui s'il était écossais n'aurait plus droit à cette appellation du fait de cet additif, même naturel, en raison des règles strictes qui régissent la dénomination "whisky écossais", et influent sur l'appelation "whisky" tout court, enfin, en général) sur le papier en tout cas, lorgne plutôt du côté de l’ « ORANGERIE » de Compass Box ou d'autres boissons plus anciennes (comme le vieux "SOUTHERN COMFORT", qui contient également d'autres additifs) ou encore de certaines expérimentations récentes de différentes distilleries, dont MACKMYRA. Le "NAARANGI" d'AMRUT sera distribué sur les marchés européens, du Canada et d'Asie du Sud-Est. 900 bouteilles de cette version ont été produites, pour un prix en France supérieur à 80 €. Concernant le mode d'élaboration de ce whisky, faut il se réjouir ou s'indigner? Je ne sais pas...Je suis tout de même curieux de le déguster, non sans une petite appréhension il est vrai.

 

 

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-ENGLISH WHISKY & CO (embouteillage officiel) "The Founders Private Cellar Final Signature case", 2015 (2 bouteilles) :

La société ENGLISH WHISKY & Co (connue également sous le nom de ST GEORGE Distillery-nom que je ne préfère pas employer car il désigne également une distillerie de spiritueux et de malt de Californie), qui produit un des rares whiskies en provenance d'Angleterre et qui avait perdu le créateur de sa distillerie, James Nelstrop, en septembre dernier, lui rend hommage en mettant en vente un coffret constitué de deux bouteilles issus de single-casks qu'il avait lui même sélectionnés pour leurs qualités parmi ses fûts préférés, dont le plus âgé de la distillerie (7 ans). Le coffret (une mallette en cuir) contient en effet un 6 ans d'âge "Peated Sherry Cask" titrant 55,7 %, mais aussi un 7 ans d'âge élevé en fût de rhum et titrant 55,1 %, chacun accompagné de son certificat d'authenticité, puis d'un cruchon en grès, de 4 tumblers, et un livret historique avec un caractère autobiographique. Les 238 "attachés-case" qui ont été produits sont d'ores et déjà en vente au prix conseillé de 795  £ (soit environ 1092 €).

 

 

 

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NOUVEAUTES WHISKY ECOSSAIS/SCOTCH WHISKY NEW BOTTLINGS :

Deux flacons de prestige pour débuter cette liste commentée, de vieux whiskies de grains qui donnent envie, chez les deux frères LAING devenus concurrents (bien sûr les deux maisons proposent également de nombreuses nouveautés en matière de single-malts de plusieurs régions…à suivre peut être bientôt ?) :

-DUMBARTON 1964-2015, 50 ans (Refill Hogshead), par Hunter LAING, gamme « Sovereign », 43,8 % (P.V.C. 290 £, chez The Whisky Exchange, alias TWE-env. 400 €) :

Cette distillerie de grain fondée en 1938 par Hiram Walker (ne pas confondre avec une distillerie de malt du même nom) était une des plus grandes distilleries de grain d’Ecosse, voire la plus grande (on comptait 25 millions de litres d’alcool en 2001, servant à alimenter les blends BALLANTINE’S. Elle fut fermée en 2002 au profit notamment de STRATHCLYDE, aux installations plus faciles à moderniser. Les bouteilles de cette distillerie sont très rares, et le peu de mises en bouteilles qui ont été mises sur le marché (notamment dans les années 1990, par Signatory Vintage, Douglas Laing ou encore Cadenhead) sont surtout des millésimes des années 1960.

 

 

 

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-INVERGORDON 1974-2014, 40 ans, refill Bourbon Barrel (171 bouteilles) par Douglas LAING, gamme « X.O.P. » (Extra Old Particular), 50 % (P.V.C. 235 £, soit environ 327 € , TWE)

Une distillerie de grain bien plus connue et plus souvent mise en bouteille (par le négociant Duncan Taylor, essentiellement).

 

 

invergordon_1974_2014_d.laing_50

 

 

 

Pour rester, au moins pour la première des 2 nouveautés, dans le whisky de grain, signalons deux nouvelles références chez l’artisan négociant COMPASS BOX à l’occasion du 15 ème anniversaire de la société :

-« HEDONISM QUINDECIMUS », « 15th Anniversary Edition », 15/04/2015, 46 % (5689 bouteilles, dont 840 pour la France), emb. COMPASS BOX (Blended-Grain) (160 £, TWE)

Cette version est une relecture de sa création originale, en 2000, « Hedonism » (le premier blended-grain de l’histoire du whisky, rappelons-le), un assemblage mettant en œuvre des fûts âgés de 20 à 32 ans en provenance de 5 distilleries différentes de grain. Il est annoncé pour le 15 avril sur le marché européen (prix de lancement environ 150-160 € pour la France-vu à la Maison du Whisky hier le 10/04/15 !), et au 1er juin pour les Etats-Unis. Il est bien possible que je puisse le déguster sous peu, alors… « stay tuned », ou plutôt restez à l’écoute, si j’ose dire (rappelons au lecteur occasionnel que souvent, lorsque je ne peux mettre à jour le site, c’est sur mon compte Twitter (cliquez sur l’icône en haut à droite de la page du site) que je publie en premier certaines nouvelles ou impressions de dégustation…Cette version sera-t-elle meilleure que le chef d’œuvre qu’est « The Last Vatted Grain » ? Cela va être difficile, mais l'on ne sait jamais. Vivement la dégustation...

 
 

 

hedonism_quindecimus_2015_46_2cp

 

 

 

-« THE PEAT MONSTER MAGNUM », « 15th Anniversary Edition », 15/04/12015, Cask Strength, 57,3 %, (2000 bouteilles de 150 cl*), emb. COMPASS BOX (Blended-Malt) :

Une version assurément plus « monster » que la version réduite (voir les deux bouteilles en photo ci-dessous), même pas besoin de déguster pour le savoir, proposée ici en magnum (1,5 l, 1,75 l pour les Etats-Unis), comme déjà le « RESERVE », sorti il y a quelques années, au prix d'environ 140 € en France  (vu à la Maison du Whisky, Paris, hier le 10/04/15 !).

 

 

 

the_peat_monster_cs_us_ed_1.5_litre_comp

 

 

 

-« THE LAST DROP » 1960, 48 ans, dernière édition, (592 bouteilles), 48,6 % (Blended-Whisky):

Une curiosité hors de prix (accrochez vous, le prix avoisine les 2600 £, soit environ 3540 €) et assez mystérieuse de provenance, produit par la société The Last Drop Distillers Limited, qui propose également The Last Drop 1950 « Cognac » et The Last Drop 50 ans « Blended Scotch Whisky » (2014). Les plus anciens whiskies de l’assemblage (tant de grain que de malt), provenant de distilleries parfois aujourd’hui fermées, ont été distillés en 1965, ce qui ne peut qu’émouvoir votre visiteur, dont c’est le millésime…Chaque édition est vendue avec une mignonnette du même « nectar » ("nectar" supposé ou avéré, aucune idée…je n'ai jamais pu le déguster pour le moment, et je ne suis pas le seul).

 

 

 

the_last_drop_b.w._48_ans_2015_48.6_cp

 

 

 

Du côté des SINGLE-MALTS ECOSSAIS, les NOUVEAUTES, en bref :

(What's new on SCOTTISH Single-malts side)

 

 

-AN CNOC Millésime « 1975 », Officiel, n.c.f. (non filtré à froid) & n.c. (non coloré), 3 casks (American & European oak), Natural Cask Strength, 44,2 % :

Une distillerie encore sous estimée (également nommée KNOCK DHU), mais qui peut donner de belles choses, aussi je suis curieux de cette nouveauté…1590 bouteilles ont été produites, et le prix de vente annoncé est d'environ 300 £ (environ 360 € à la M.d.W.).

 

 

 

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-ARRAN 18 ans, Officiel, première édition (limitée), 2015, 46 % :

La première édition de ce 18 ans d’âge (une édition limitée) a été intégralement vieillie dans des fûts de Sherry de type Hogshead. Le prix annoncé est autour de 100 €.

 

 

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-BENRIACH 18 ans, Officiel, "ALBARIZA", Heavily Peated/American Oak & P.X. (Pedro Ximenez) Finish, 46 % : Prix environ 100 €, MdW & cavistes partenaires.

-BENRIACH 15 ans, Officiel, Bourbon wood, « SAUTERNES WOOD FINISH », 46 % : (Prix env. 68 €)

BENRIACH continue son petit bonhomme de chemin avec une certaine prise de risque (déjà entamée avec le « SOLSTICE », très réussi, à mon avis, et dont j’ai déjà parlé ici)…A suivre, après les dégustations, je l’espère en tout cas !

 

 

benriach_18_ans_ob_albariza_peated_n_px_46

 

 

 

-BENROMACH 5 ans, Officiel (une édition 2014, en réalité), 40 % : Prix non communiqué (apparemment pas disponible en France pour le moment).

-BENROMACH 10 ans, Officiel « 100 PROOF », 57 % (Prix env. 79 €,MdW) :

Voir l’Introduction de l’EDITORIAL…Concernant ces deux whiskies, l’on ne peut que saluer cette initiative, à contre-courant de l’industrie ! -Notes de dégustation à suivre…

 

 

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-DEANSTON 18 ans, Officiel, première édition (limitée) 2015, "Un-Chill filtered" (non filtré à froid), 46,3 % :

Cette distillerie méconnue des Highlands du Sud a fait un retour remarqué il y a quelques années lorsque son propriétaire, Burn Stewart Distillers, a décidé, tout comme pour les autres distilleries du groupe, BUNNAHABHAIN et LEDAIG, de supprimer la coloration artificielle et la filtration à froid de ces whiskies, un geste à saluer... Cette première édition de ce 18 ans d’âge (une édition limitée) a subi une seconde maturation durant 6 ans dans des fûts ayant contenu du Cognac. Prix non communiqué, mais disponible en ligne (sites U.S.) autour de 180 $.

 

 

 

 

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-GLEN SCOTIA « HEAVILY PEATED » 10 ans, Officiel, Nouvelle série "Legends of Scotia" : « Campbeltown Picture House Commemorative bottling »,  n.c.f./n.c., 50 % :

Une nouvelle version et gamme pour "l'autre distillerie" de la presqu'île de Campbeltown, à l'Ouest. Je dis l'autre, car elle est souvent éclipsée par sa "soeur" SPRINGBANK... Sans avoir dégusté cette version, j’ai déjà un a priori favorable, grâce à un conditionnement enfin à peu près digne de la distillerie…même si on aimerait (toujours) bien voir la couleur du whisky avant de l’acheter. Le non filtrage à froid, la non coloration, les 50 % plaident aussi favorablement pour cette nouveauté…à suivre si j’arrive à trouver comment la déguster. Prix inconnu.

 

 

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-GLENDRONACH 18 ans, Officiel, « MARSALA CASK FINISH », 46 % :

La distillerie, très prolifique, se met elle aussi aux finitions un peu casse-gueules…Elle continue aussi à sortir de nombreux Single-casks (maturation en Sherry Oloroso surtout). Prix inconnu, disponibilité inconnue également.

 

 

-GLENLIVET (The) Officiel "FOUNDER'S RESERVE", N.A.S. (= No Age Statement, sans mention d’âge), 40 % (Prix : 30 à 36 £ environ):

Cette version est destinée à remplacer à cours ou moyen terme le 12 ans d’âge au Royaume- Uni et en Allemagne, puis dans le reste de l’Europe, voire davantage (sauf aux Etats-Unis & au Canada). Lancée discrètement en réalité le 31/10/14 par le biais du marché hors taxe, cette version sans compte d’âge arrive bientôt en France…-Voir également l’Introduction de l’EDITORIAL…Concernant ce remplacement, vous comprendrez je ne peux pas approuver cette décision (voir plus haut pourquoi, dans mon "Point de vue"), même si je la comprends au regard de la crise actuelle…A suivre lorsque je n'aurais dégustée !

 

 

 

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-GLENTURRET (The) 18 ans, Officiel, Edition limitée, Single-Cask, 2015, Cask Strength, 46,3 % :

Rares sont les single-casks officiels de cette distillerie des Highlands appartenant au groupe Edrington (d'ailleurs ce single-malt est une des bases du blended-whisky The FAMOUS GROUSE) à voir le jour ces derniers temps, alors, à bon entendeur, pour les amateurs de la distillerie, déjà. Rappelons aussi, accessoirement, que The GLENTURRET est la première distillerie d'Ecosse historiquement ouverte et à être encore en activité, puisqu'elle date de 1775. La première tout court demeurant LITTLEMILL, en 1772, mais elle est fermée depuis 1996 puis fût détruite. Ensuite, c'est la distillerie BOWMORE qui est la plus ancienne (1779). Prix pour le marché U.K. (pas sûr qu'il soit disponible en France), sur le site de The Whisky Exchange, à un peu plus de 230 €.

 

 

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-HIGHLAND PARK Officiel 10 ans « AMBASSADOR'S CHOICE », nouvelle édition, 70 cl, 46 % :

Il s'agissait à l’origine d'une version limitée à la Suède (car il s’agit d’un assemblage choisi par l’ambassadeur pour la Suède d’HIGHLAND PARK, à savoir Martin Markvandsen) et autrefois uniquement conditionnée en flacons de 35 cl, titrant 40 %. Elle est de retour cette fois-ci en version normale (70 cl) et titrant 46 %, ce que l’on ne peut que saluer. Agé de 10 ans, il s’agit d’un assemblage de fûts ayant contenu du Bourbon (70%) et de fûts ayant contenu du Sherry de type Oloroso (pour 30%). Le prix est d’environ 87 € (chez T.W.E. en tout cas). Il n’est pas encore vendu en France. Je ne suis pas certain qu’il le sera.

 

 

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-LADYBURN 40 ans (Distillé en 1974, mis en bouteille le 21/11/2014, sortie 2015), Officiel, Single-Cask (Fût N°89/199-74 ayant donné 157 bouteilles), 48,6 % (Disponible seulement via The Whisky Shop, Royaume-Uni) -Prix communiqué 2500 £, soit plus de 3400 €.

Ce très rare single-malt, qu’il m’a été donné seulement une fois de déguster (il s’agissait d’un millésime « 1973 » embouteillé en 2012 sauf erreur par le négociant Blackadder, excellent) est encore plus rare en version officielle, alors…LADYBURN était une distillerie de la région des Lowlands, construite à coté de la distillerie de grain de GIRVAN. Toutes deux appartiennent au groupe William Grant & Sons, qui possède visiblement encore quelques fûts de LADYBURN, et la licence. Cette distillerie fermée a produit un single-malt entre 1966 et 1975 seulement, avant d’être détruite dans les années 1980. Il sort de temps à autre une version chez les négociants (Signatory Vintage, Gordon & MacPhail, Van Wees ou encore Wilson & Morgan), souvent sous la mention anonyme de « Rare Ayrshire » (du nom de la région), mais la dernière version officielle date de l’an 2000 (un 27 ans d’âge millésimé « 1973 », brut de fût à 50,4 %).

 

 

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-LEDAIG Officiel « DUSGADH » 42 ans (Distillé en 1972, mis en bouteille en 2014, sortie 2015), 500 bouteilles, 46,3 % (Disponible seulement via The Whisky Shop, Royaume-Uni) :

D’après l’écrivain Charles MacLean, qui a eu la chance de la déguster, il s’agirait d’un assemblage de quelques fûts de type différents, dont le contenu à été remis à marier ensuite en 2001 dans des fûts de sherry de type Oloroso en provenance de chez Gonzales Byass. Ce single-malt en provenance de l'ïle de Mull (dont la version non tourbée est nommée TOBERMORY) est par ailleurs nettement tourbé. Prix annoncé d'environ 3500 £ (soit plus de 4700 €), ce qui va calmer de suite certaines ardeurs !

 

 

ledaig_42_ans_ob_dusgadh_46.3_coffret_comp

 

 

-LEDAIG Officiel 18 ans, Nouvelle et première Edition 2015, "Un-Chill filtered" (non filtré à froid), 46,3 % :

Dernier né de la distillerie LEDAIG/TOBERMORY, ce nouveau 18 ans d'âge est un assemblage de quelques fûts de type différents, dont le contenu à été ensuite affiné un certain temps dans des fûts de sherry Oloroso. Un single-malt que l'on nous dit complexe, floral, fruité, épicé et par ailleurs tourbé. Prix non communiqué pour le moment (nouveauté printemps 2015).

 

 

 

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-OBAN Officiel « LITTLE BAY » (N.A.S.), Edition limitée 2015), « Small batch », « Small casks », 43 % (Disponible pour le moment seulement en zone hors taxe d’aéroport, voire sur le marché du Royaume-Uni-information à confirmer-au prix d’environ 70 €) :

La pittoresque petite distillerie de la côte Ouest de l’Ecosse qu’est OBAN, propose un nouvel embouteillage, ce qui n’est déjà pas courant pour une distillerie presque confidentielle bien qu'appartenant au groupe Diageo. D’après la distillerie, il s’agit d’une petite cuvée, qui, de plus, est élevée en fûts plus petits, ce afin de renforcer sa complexité, lui donnant un caractère plus riche, plus boisé et un peu plus épicé. Elle ne cache pas s’être inspirée du succès qu’a été et est encore le « Quarter Cask » de LAPHROAIG. Je vous avouerais que j'ai un faible pour cette distillerie et que je suis curieux de le déguster.

 

 

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-SPRINGBANK Officiel 17 ans « SHERRYWOOD » (100 % Sherry cask -9120 bouteilles), n.c.f./n.c., Cask Strength, 52,3 % -Prix U.K.85 £ (soit environ 117 €)

La célèbre distillerie artisanale & familiale de la presqu’île de Campbeltown présentait en février 3 nouveautés, toujours sous distribution française par la maison Dugas, dont un 17 ans qui a fait un certain « buzz » sur la toile, qui m’intrigue aussi, mais que je n’ai pas encore dégusté. Je ne désespère pas de le faire prochainement, alors à suivre...

 

 

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-SPRINGBANK Officiel 12 ans « CASK STRENGTH », Batch 10 (Bourbon & Sherry casks), n.c.f./n.c., 53,2 % -Prix U.K. 47 £ (soit environ 65 €)

Le batch 10 du 12 ans brut de fût, s’il est aussi bon que les précédents (ou au moins que les 2 derniers dégustés par votre serviteur) devrait faire à nouveau quelques heureux parmi les « anoraks ».

-SPRINGBANK Officiel 21 ans, (Bourbon & Sherry casks-3160 bouteilles), n.c.f./n.c., 46 % : -Prix U.K.180 £ (soit environ 247 €)

Le 21 ans, lui, est présenté dans une livrée différente, plus moderne, et d’après certains, sans la superbe gourmandise de la version des années 1990 (étiquette crème). A vérifier, car je connaissais et appréciait grandement la version ancienne en question…

 

 

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-TALISKER Officiel (N.A.S.) « SKYE », 45,8 % (Prix supérieur à 35 €, peut être entre 45 et 55 €, à confirmer)

Il se murmure (de source professionnelle) que cette version sortie sans tambours ni trompettes en février dernier va remplacer le 10 ans d’âge sous peu ! Si cela se confirme, je ne peux pas saluer cette décision, même si je la comprends au regard de la crise actuelle……-Voir également l’Introduction de l’EDITORIAL…

 

 

talisker_skye_2015_nas_45.8_cp

 

 

 

-TAMDHU Officiel (N.A.S.), n.c.f., « CASK STRENGTH », 58.8 % (Prix U.K. annoncé 57 £, soit environ 78 €)

(commentaires : voir whisky suivant)

 

 

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-TOMATIN Officiel (N.A.S.), Bourbon & Sherry casks,« CASK STRENGTH », 57,5 % (Prix U.K. annoncé 50 £, soit environ 68 €)

Deux distilleries différentes commençant par un « T » et appartenant à des propriétaires bien différents aussi (la première appartient au négociant Ian MacLeod, tandis que la deuxième toujours à un groupe japonais, Marubeni Europe plc, via la société de Takara Shuzo). Les deux ont la même idée à peu près en même temps (et ce ne sont pas les seuls), de rebondir sur le boom du « no age statement », mais en proposant un brut de fût, susceptible par sa puissance, de compenser la jeunesse…Nous verrons si la mission est accomplie à la dégustation…

 

 

 

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BREVE CONCLUSION :

Comme j’ai été un peu long, elle sera courte : Etant donné la conjoncture, sachez appréciez les bouteilles que vous avez déjà, reconditionnez-en le contenu s’il baisse dangereusement pour le faire durer davantage, n’hésitez pas s’il y a des affaires à faire, collectionnez davantage des samples que des bouteilles (c’est moins cher !), déguster si possible avant d’acheter, et, si la qualité est là, privilégiez les approches authentiques aux approches biaisées et aseptisées des grandes (voire petites) maisons…et…n’achetez pas si c’est également trop cher pour ce que c’est. Bonnes dégustations à venir !

 

 

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