Cocktail Spirits 2017

 

Compte-rendu de Greg's Whisky Guide sur le salon professionnel:

 

"Cocktail Spirits 2017", les 05 & 06 Juin 2017 

(Salon sous-titré « In Bartenders We Trust », 10 ème édition :

Le Salon Européen, les nouvelles tendances)

 

à la Maison ROUGE, Paris

(10, Boulevard de la Bastille 75012 Paris)

 

Publié le : 27/06/2017-Mise à jour du : 10/07/2017

 

 

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 Toutes photos (sauf celle ci-dessus & exceptions): © Grégoire SARAFIAN, tous droits réservés.

                                                                               

                                  

INTRODUCTION:

 

A l’occasion de son 10 ème anniversaire, je vous propose un reportage sur un salon que j’ai le plaisir de visiter chaque année depuis 2009, salon professionnel très connu des professionnels du monde du cocktail & des spiritueux, mais moins du public malgré son succès.

Ce salon pas comme les autres est centré sur les problématiques liées à la mixologie (à l’art du cocktail, si vous préférez), les nouvelles tendances que ce soit dans le cocktail ou les nouvelles orientations des spiritueux (whisky ou pas), mais aussi les nouvelles manières d’aborder ces spiritueux en termes de consommation, de marketing, incluant des expériences sensorielles alliant parfois plusieurs types de consommations et d’alcools. C’est aussi et surtout un lieu d’échanges entre professionnels (producteurs, distributeurs et «artisans-transformateurs»-traduisez barmen) des spiritueux et leurs interlocuteurs, notamment les C.H.R. (caves, hôtels, restaurants), mais aussi la presse (spécialisée ou non), voire d'autres types. Il y aussi plusieurs espaces consacrés à des conférences sur nombre de sujets liés à l’intitulé du salon (voire d’autres-à noter la progression des problématiques liées à l’éco-responsabilité, par exemple, ou à la place des femmes dans ce domaine), par des acteurs du monde entier.

Je n’évoquerais que brièvement la composante proprement dite du cocktail, des autres spiritueux et pratiques de consommation liée à l’univers propre au bar, vous le comprendrez aisément puisque ce site est avant tout consacré au whisky et accessoirement aux autres spiritueux ayant subi une maturation en fûts de chêne, mais je tenais, ici ou là, à rendre hommage à l’art du cocktail et à ses barmen (et women, bien sûr-en vedette thématiquement cette année) sans le talent desquels ce salon serait moins réussi.

Vous l’aurez compris, c’est aussi et surtout un lieu ou l’on rencontre des créateurs, ou l’on cause, ou l’on teste aussi (pas avec un vrai verre de dégustation, mais en « shot », ce pour éviter les excès de consommation, comme pour recentrer le visiteur sur la transformation du produit alcool en cocktail). Un des salons malgré tout les plus décontractés qui soit, et les mieux organisés.

Je vais donc sans plus attendre évoquer plusieurs stands (ils sont organisés plutôt par distributeurs, thèmes ou encore propriétaires de marques que par marques de whisky, même si cela peut être également le cas). Lorsque cela a été possible, vous y trouverez des notes chiffrées, estimées ou confirmées, des impressions aussi bien sûr, sachant que je n’ai pas pu visiter tous les stands, il ne s'agit donc pas un reportage exhaustif, mais plutôt d'un survol, favorisant systématiquement les stands ou le whisky était central.

Enfin, comme cette année c’est le 10 ème anniversaire de ce salon, je reviendrais brièvement, photos à l’appui, sur quelques éditions précédentes qui furent l’occasion de découvertes singulières, remarquables ou encore décisives, souvent anticipatrices de tendances ou de nouveautés que l’on découvrira ailleurs bien plus tard (un des plus grands atouts de ce salon, d’ailleurs).

Je tenais à remercier les organisateurs de ce salon, Thierry Daniel, Eric Fossard & leur équipe, de m’accueillir dans ce salon depuis tant d’années en toute simplicité, mais également à remercier les personnes des stands qui dans leur très grande majorité m’ont toujours réservé le meilleur accueil. Un grand merci également à tous les exposants visités...

 

 

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Votre serviteur, ici avec Florian Pflieger, ambassadeur de la distillerie BRUICHLADDICH. Il règne toujours une bonne ambiance au salon COCKTAIL SPIRITS...Photo: © Grégoire Sarafian        

 

 

ENGLISH SHORT NOTE:

This time I wanted to write about a quite successfull show among professional people in the spirits & cocktail world, but which is still not enough known by the audience. I have been visiting this show since 2009 (this year was the 10th anniversary of the show) and I have always been intrigued & seduced by its ability (thanks to the team, driven by Thierry Daniel & Eric Fossard) to inform us about the novelties in the whisky & other spirits industry as well as the trends & wide offers on the mixology (a recent word for « the art of creating cocktails ») ground. You always learn something when attending to this show, you always meet interesting people from all over the world and always have something special to try, as well as refreshing your knowledge about the brands standards, core ranges and even some limited editions sometimes. So yes it is a highly recommended show and I feel privileged to be part of the people who can visit it.

 

LE « BAR DES INNOVATIONS », UN STAND INCONTOURNABLE… :

Peu après l’entrée du salon, le premier stand stratégique est celui du Bar des Innovations ou sont regroupées une centaine de nouveautés spiritueux & des bouteilles primées par le salon. L’on y trouve soit de vraies nouveautés, soit des nouveautés de l’année précédente mais dont la commercialisation va être étendue au cours de l’année. J’ai d’autant plus de plaisir à visiter cet important stand que l’on y est souvent fort bien accueilli, et notamment par Alexandre Vingtier, spécialiste des spiritueux (co-auteur avec Cyril Mald notamment du livre « Iconic Whisky : Single Malts & more », un guide de dégustation paru en 2015 aux éditions La Martinière, de « Whisky : L’indispensable », co-écrit avec Marlène Léon en 2009 et édité chez Flammarion, mais aussi de livres sur d’autres spiritueux, comme le rhum, avec son ouvrage de référence : « 120 rhums, grands classiques, étoiles montantes, et perles méconnues », paru en 2016 aux éditions Dunod). Il est également depuis 2016 l’un des trois ambassadeurs de la branche française de la S.M.W.S., branche relancée récemment. Attentif aux attentes des visiteurs, exigeant et informé, il est d’une aide précieuse pour s’y retrouver dans l’offre pléthorique de spiritueux d’aujourd’hui.

 

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Parmi les whiskies découverts sur ce stand, signalons que l’on peut aussi découvrir des bouteilles abordables et marques très connues du public comme le blended whisky CLAN CAMPBELL, ici en version affinée en fûts ayant contenu du rhum, et nommée « Dark » (plutôt correct, avec une texture presque sirupeuse-dans la limite de l’exercice, c’est à dire de produit de grande consommation), mais aussi, plus haut de gamme, une version du blend CHIVAS REGAL sortie l’an dernier de manière presque inaperçue mais tout à fait inhabituelle, nommée « Mizunara », car affinée dans des fûts ayant contenu du chêne rouge japonais (voir note plus loin).

 

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-CHIVAS REGAL « Mizunara » (Mizunara cask finish), n.a.s. (sans compte d’âge), édition limitée, 2017, 40 % (Blended whisky, ECOSSE):

A noter : Il s’agit d’une version très particulière du CHIVAS REGAL, sortie la première fois en 2016. L’assemblage (sans mention d’âge, comme le dernier né « Extra »), créé par Colin Scott, a été remis à marier dans des fûts de chêne rouge japonais dits aussi « Mizunara », des fûts particulièrement poreux et délicats à employer sur la durée. Coûteux, ce type de chêne est déjà peu utilisé au Japon, mais à servi notamment pour la maturation et la finition, de manière régulière mais très limitée, de single malts des distilleries HANYU ou YAMAZAKI, par exemple.

Couleur : Vieil or. Nez : suave, léger, marqué par les fruits confits, du boisé noble (l’influence du Mizunara sans doute ?) et une belle note de prune mûre. Dès le nez, l’on sent une différence avec le profil aromatique du 12 ans d’âge, par exemple (hélas je n’ai pas encore pu évaluer la version sans compte d’âge dite « Extra », mais cela viendra aussi). Bouche : Un peu changeante, mais au mieux de sa forme (autrement un peu de sucre résiduel se fait sentir), fait preuve d’une belle personnalité, alliant fleurs capiteuses en arrière-plan, végétation de sous-bois, bois noble & épices douces (ces trois dernières notes attestant à mon avis de l’influence modérée mais perceptible du Mizunara). La finale y ajoute une belle note de sucre d’orge, des notes de fruits confits, des pommes & des poires mûres, mais aussi comme une onctueuse note chocolatée. Difficile en revanche de décider si cette note de caramel mou est entière naturelle, par contre. Tenue à la dilution : Un peu d’eau révèle encore un peu plus la singularité de ce whisky, mais ne pas trop en ajouter. Je n’ai pas essayé avec de la glace ! Conclusion : Une expérience intéressante, au-delà du coup marketing (certes avec un résultat moins onéreux que le BOWMORE « Mizunara » finish), et un beau blend, d’une belle finesse et avec un beau fondu, mais parfois un peu difficile à saisir, malgré mes deux dégustations, d’où la difficulté de lui donner une note chiffrée précise. Indication de prix : Autour de 70/80 €, cavistes seulement (à ma connaissance, cette version n’est pas vendue en grandes surfaces). Note confirmée : 85,5/100

 

 

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Pour en terminer avec les assemblages de whiskies écossais présents sur ce stand, WHYTE & MACKAY proposait sa dernière création, une troisième version de son « SHACKLETON » blended malt (voir note ci-dessous) :

-« SHACKLETON », Mackinlay’s Old Highland Malt, 3 ème édition/version2017, n.a.s. (sans mention d’âge), réduite à 40 % (Blended Malt, ECOSSE):

A noter : Il s’agit de la troisième édition créée par Richard Paterson afin de rendre hommage à l’explorateur Sir Ernest Shackleton, et à son expédition de 1907. Trois caisses de whisky dont plusieurs bouteilles intactes avaient été en effet retrouvées en 2006 au pôle Sud, et la société Whyte & Mackay, propriétaire de la marque, avait chargé le grand assembleur Richard Paterson, de re-créér un assemblage approchant le plus possible l’assemblage original. C’est la première fois que cet assemblage est proposé avec une réduction aussi importante, à 40 %.

Couleur : Or clair, à reflets dorés. Nez : Fin, très fondu, sur les esters, mais aussi les fruits confits, les agrumes, le miel (dense, et très végétal-de bruyère, entre autres). Bouche : Manifestement plus jeune que les précédentes versions (marqué notamment par ses notes d’esters et d’artichauts), très fondu, il reprend en les fusionnant les notes du nez, avec moins de longueur qu’auparavant, réduction à 40 % oblige. Cependant un whisky bien fait, légèrement tourbé, végétal et bien équilibré. Tenue à la dilution : Fragile. Dilution déconseillée ou alors très légère, car ce whisky est déjà assez réduit et très fondu. Conclusion : Un bon blended malt, mais un peu trop réduit. A réserver plutôt à l’apéritif. Après plusieurs dégustations, confirmation de ses qualités (d’où la note qui est montée de 81 à 88/100). Indication de prix : Autour de 45 € (la version initiale titrant 47,3 % est encore disponible autour de 180 €, et la deuxième édition autour de 130 €). Note confirmée : 88/100

 

 

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La France n’était pas en reste puisqu’un blended malt était proposé sur le stand, un whisky de la société de négoce BELLEVOYE (à droite sur la photo ci-dessous), cette fois en version légèrement tourbé, et à 43 %. Un whisky correct, plutôt bien construit, équilibré, mais assemblant des whiskies encore jeunes et pas forcément d’un grand intérêt encore. Note estimée à 83/100.

 

 

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La puissance, l’expressivité & la complexité sont venues plutôt d’une nouvelle marque, « METHODS AND MADNESS » en fait une série expérimentale de whiskeys de différents types (incluant des single malts & des single grains) créée par Brian Nation, maître-distillateur de MIDLETON (producteur des marques JAMESON et RED BREAST, entre autres), et notamment d’une belle version nommée « Sherry & Bourbon Barrels », un single pot still affiné dans des fûts français (région de l’Isère) ayant contenu des châtaignes. Dans une démarche visiblement inspirée du négoce, MIDLETON tente de surprendre tant au niveau du contenant (assez spectaculaire, je dois dire) que du contenu :

-« METHODS AND MADNESS » (MIDLETON Distillery), « Sherry & Bourbon Barrels », finished in French Chestnut, 46 % (Single Pot Still, République d’IRLANDE):

Note succinte : Gourmand, complexe, avec de belles notes fruitées, de céréales croquantes & d’épices typiquement irlandaises, il fait également preuve d’un caractère pâtissier en partie lié à cette note de purée de châtaignes, et d’une légère amertume en finale. L’alliance entre le sherry et la châtaigne, est, je dois dire, d’une rare pertinence ! Une réussite. Indication de prix : Autour de 70 €, MdW & cavistes partenaires. Note estimée à plus de 90/100.

 

 

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Pas si loin de ce profil, mais en plus sage et feutré, car c’est un rye whisky canadien (whisky de seigle), le MASTERSON’S, un 10 ans d’âge, offrait un joli profil équilibré (voir note ci-dessous-En aparté, c'est bien Alexandre Vingtier qui est à l'arrière-plan de la photo du MASTERSON'S, occupé à servir un public attentif aux nouveautés et à ses recommandations personnelles...) :

-MASTERSON’S 10 ans, Canadian Straight Rye Whisky, American Oak, 45 % (Rye whisky, CANADA):

Couleur : Vieil or. Nez : Suave, sucré, sur le seigle (mais version davantage miellée qu’épicée). Bouche : En effet, un whisky nettement marqué par le seigle, mais avec une influence forte de notes vanillées & miellées, ainsi qu’une touche d’érable, et peu d’épices en définitive. Plutôt bon, mais assez monolithique au final. Tenue à la dilution : L’eau ramène le profil vers celui d’un whiskey plus conventionnellement américain, je veux dire du Kentucky, entre Bourbon & Rye. Conclusion : Un bon whisky dans l’absolu, sans aucun doute, mais manquant un peu de punch et de complexité à mon avis, et un peu cher. Sa grande douceur proviendrait d’une part de l’emploi d’une eau très pure, en provenance des glaciers canadiens, et de l’autre, de celui de la production en alambics à repasse, ou pot stills, et non en alambics de distillation continue, comme le plus souvent. Indication de prix : Autour de 90 €, MdW & cavistes partenaires. Note confirmée : 88/100

 

 

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Du même pays, signalons également le PIKE CREEK 10 ans « Double-Barrel », 42 %, une nouvelle référence de blended whisky canadien (distribué par Pernod-Ricard) assez doux, affiné en fûts ayant contenu du rhum. Plutôt léger, il est tout de même bien parfumé et exhale de délicates notes proches du seigle avec juste une touche sucrée supplémentaire, rendant moins austère son profil. Il lui manque juste une dimension supplémentaire. Note estimée à 85/100.

 

 

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Parmi les autres spiritueux dégustés sur ce stand, signalons un rhum vieux, un gin et une vodka, tous de qualité.

Chez PERNOD-RICARD, j’ai pu déguster à nouveau un single malt rapidement testé lors du précédent salon « Whisky Live Paris », le SCAPA « GLANSA », un whisky sans compte d’âge similaire au « SKIREN » (déjà chroniqué sur le site), sauf qu’il a été affiné dans des fûts de whisky tourbé ayant contenu un single malt de l’île d’Islay.

-SCAPA officiel n.a.s. « GLANSA », Peated whisky cask finish, 40 %  (Orkney Islands, ECOSSE) :

A noter : « GLANSA » signifie « ciel orageux étincelant ».

Couleur : Vieil or. Nez : Typé SCAPA, proche du « SKIREN », avec une influence modérée de la tourbe. Bouche : Assez fondue, avec des fruits mûrs, quelques fleurs, du caramel (en partie naturel, en partie ajouté), une touche de saumure, un boisé léger, puis par-dessus de la fumée de tourbe, plutôt sèche et modérée, avec comme une trace de café. Agréable. Tenue à la dilution : L’eau réveille un peu les notes fruitées & végétales (sous-bois, thé vert), puis la signature tourbée revient avec délicatesse. Conclusion : Une jolie version alternative au « SKIREN », certes manquant également de punch (un titrage à 43 ou 46 % aurait été apprécié), mais tout de même un bon whisky, avec un profil pas si éloigné de l’OLD PULTENEY 12 ans, avec une touche de fumée en plus. Indication de prix : Autour de 70 €, MdW & cavistes partenaires. Note confirmée : 85/100

 

 

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Chez SAINT JAMES, du rhum agricole de Martinique (voir également les autres versions dégustées chroniquées un peu plus loin dans ce sujet), une version haut de gamme de grande qualité était présentée, la cuvée « L’Essentiel » (XO), un assemblage de fûts millésimés 1998, 2000 & 2003. Très typé, marqué par de belles notes de caramel, de pruneau, de marmelade d’orange et confiture d’abricots, mais aussi d’épices et de solvant, il est à la fois accessible et sexy et un rien austère et se rapprochant parfois d’un Cognac artisanal non aseptisé. Note estimée à 92/100

 

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Depuis le début des années 2000, les japonais sont connus (et mondialement reconnus depuis 2001) pour la qualité de leurs whiskies, en général, puis nous avons pu découvrir récemment qu’ils étaient également parfois producteurs de rhum (dont notamment la marque « NINE LEAVES »), mais aussi désormais producteurs de gin, or j’ai découvert dans ce salon cette année un gin que je considère comme exceptionnel nommé « KI NO BI », qui titre 45,7 % (il est réduit avec l’eau de la région de Fushimi, connue pour la qualité de ses sakés). Il s’agit d’un gin artisanal sec fabriqué à Kyoto (« Kyoto Dry Gin ») sur une base d’alcool de riz auquel on a ajouté des fruits & plantes aromatiques (« botanicals » en anglais) locaux, et notamment du yuzu jaune, du poivre de Sansho ou encore du thé Gyokuro en provenance d’Uji.

Très complexe, fondu & délicat à la fois, j’ai rarement rencontré un gin aussi expressif, aussi pur, aussi floral, aussi fruité et avec une telle personnalité. Je suis très impressionné. D’habitude je ne donne pas de notes chiffrées à des alcools blancs (pour raison de difficulté à les estimer, pas pour autre chose), mais je vais faire une exception. Je ne l'ai dégusté qu'une fois, certes, mais je considère que celui-ci mériterait bien un 93 ou 95/100 à mon avis. A déguster en écoutant un disque de musique traditionnelle japonaise pour koto & shamisen, ou, plus près de nous, un disque du groupe de post-rock japonais (très atmosphérique) MONO (par exemple "Hymn to the Immortal Wind", ou encore en lisant un recueil de poèmes japonais traditionnels de forme Haïku (ma forme préférée de poésie) du plus grand maître du Haikaï qu'était Bashô (1644-1694), ou aux siècles suivants, Issa, Buson, ou plus près de nous (fin XIX ème siècle-début XX ème) Shiki -ces poètes sont considérés comme les quatre maîtres classiques de cette forme de poésie-mais aussi le romancier-poète Soseki. Kyoto était (est toujours !) une ville très importante pour les poètes (Basho lui consacra lui-même un hommage intitulé :"A Kyoto rêvant de Kyoto").

 

 

 

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Enfin j’ai pu déguster brièvement (j’y reviendrais prochainement avec des amis liés à la Pologne !) une nouvelle vodka anglaise nommée « SQUADRON 303 », qui rend hommage à une escadrille de pilotes polonais basée au Royaume-Uni et qui s’illustra lors de la deuxième guerre mondiale au sein de la Royal Air Force. Elle est produite par les français Franck Botbol (un passionné d’aviation) et Hugues Cholez (un passionné de vodka). Elle est faite à base de pommes de terre de variété King Edward, distillée qu’une seule fois, réduite à 40 % en 5 paliers de dilution et non filtrée à froid. Les producteurs de cette vodka précisent que celle-ci peut se déguster pure et pas forcément sur glace, ce qui en ferait une vraie vodka de dégustation en somme. En attendant de m’en faire un avis plus précis, je peux déjà attester de sa grande délicatesse et de sa singularité.

 

 

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Le « BRANDS CORNER » (ou COIN DES MARQUES) :

Plusieurs stands cette année proposaient d’expérimenter la dégustation simultanée de bière et de whisky, et en premier lieu le stand des Bourbon & Rye de la marque BULLEIT. Par choix et peur de trop de mélanges je n’ai pas fait cette « Beer experience », chez JAMESON non plus. Je ne reviens pas sur ce bourbon (au demeurant très correct) produit par la distillerie FOUR ROSES dont j’ai déjà parlé sur le site.

Avant de reparler de whisky, je suis passé sur le joli stand de la liqueur de Sureau SAINT-GERMAIN, orné de belles orchidées et ou l’on pouvait déguster un cocktail au choix parmi deux proposés, soit en shot (gratuit), soit en format cocktail classique en échange d’un coupon offert avec le billet d’entrée. Personnellement j’ai dégusté le cocktail nommé « Le Magnifique » et que j’ai trouvé plutôt agréable, mettant bien en valeur le sureau (vous trouverez la recette ci-dessous). A déguster en écoutant un disque tout aussi suranné du groupe Nouvelle-Vague, de préférence un clip du groupe en tournée avec la sublime Elodie Frégé.

 

 

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Sur le stand des Rhums SAINT JAMES (rhums agricoles de la Martinique), j’ai retrouvé avec grand plaisir le barman Pierre Boueri, dont le travail m’avait beaucoup impressionné sur un cocktail à base du rhum « Cuvée 1765 » (date de la fondation de la distillerie), un superbe 6 ans d’âge à 42 % qu’il avait mélangé entre autres avec du jus de maracuja de chez Caraïbos, associé à la marque Saint James. Une merveille que je ne risque pas d’oublier.

 

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C'est en 2015 que Pierre me prépara ce fameux cocktail au Saint James "Cuvée 1765" et au maracuja, entre autres...

 

 

Quelques brèves notes sur une sélection d’autres rhums SAINT JAMES dégustés cette année. Je n'ai pas donné de notes chiffrées au rhum, c'est un choix, donc se reporter au commentaire:

 

-« FLEUR DE CANNE », 50 % : Toute la séduction de la canne sous sa forme la plus pure…Très intéressant et très intense. (comptez environ 30 €)

-« 15 ans », 43 % : Assez léger, fruité, boisé modéré, ce rhum âgé est très bien assemblé. Le fondu est important mais il demeure expressif. (comptez environ 80 €)

 

 

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La plupart des rhums en dégustations en 2017 (manque sur la photo "L'Essentiel" & le "Quintessence" (à droite, coupé, voir plus bas). Le plaisir également de retrouver Pierre Boueri (à l'arrière-plan sur la photo).

 

 

-«  QUINTESSENCE –XO » (assemblage d’eaux de vie de 7 à 14 ans), 42 % : Avec la cuvée « L’ESSENTIEL » (voir plus haut dans l’article) sans doute le rhum agricole âgé qui m’a le plus impressionné dans ce salon. Ici tout est en finesse, en délicatesse, en expressivité feutrée (la ou « l’Essentiel » joue davantage sur la puissance), à la limite de l’évanescent et de l’aérien. Beau rancio, belles notes fruitées (exotiques ou classiques, fruits secs ou frais), florales et boisées, le tout dans un équilibre parfait. (comptez environ 180 €).

 

 

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Sur le stand de la maison DUGAS (qui ne distribue désormais plus en France les productions de la distillerie BRUICHLADDICH-voir stand suivant), étaient proposés plusieurs whiskies, dont une édition de 2016 (batch 08/2016) du TEELING « Single Grain » (double distillation au lieu de trois, affinage en fûts ayant contenu du Cabernet Sauvignon titrant 46 %), un whiskey irlandais de cette société de négoce dont le père d’un des frères fondateurs avait créé la distillerie COOLEY en 1987 (d’ailleurs, même si une nouvelle distillerie TEELING a bien été créée en 2014, pour l’heure c’est bien du stock de chez COOLEY qui alimente les whiskeys de chez TEELING). Cette édition du « Single Grain » m’a parue correcte, mieux équilibrée que les premières, mais je suis toujours sceptique quant aux bienfaits supposés de l’affinage en fûts de Cabernet Sauvignon. Je trouve que cela rajoute une acidité un rien saumurée qui n’est pas du meilleur goût et masque le côté naturel des grains (qui sont, ici, pour précision, du maïs, mais aussi du blé).

 

 

 

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J’y ai également dégusté un jeune BUNNAHABHAIN « Toiteach » (Heavily peated), n.a.s. (de probablement moins de 10 ans d’âge ?) 2017, non filtré à froid et à 46 %. J’ai constaté depuis plusieurs années un certain progrès dans certains lots, mais là ce ne fut pas le cas. Monolithique, poussiéreux et trop jeune, trop simple, la tourbe écrase tout et ce lot fait bien pâle figure à côté d’un single-cask brut de fût à peine plus âgé (9 ans) « Moine » (très tourbé) sorti l’an dernier par Berry Bros & Rudd (dans sa gamme « Retro », un millésime « 2007 », à 57 %), véritable peat-bomb avec un en plus des très belles notes florales, fruitées et de badiane en rétro-olfaction.

Sur le même stand, auparavant, j’ai re-testé le FUJI-SANROKU (dont le propriétaire est le groupe KIRIN), une version sans compte d’âge qui remplace semble t’il le 8 ans d’âge, un blended whisky japonais (composé de 3 single grains et de 2 single malts) non filtré à froid et titrant 50 %, mais d’une platitude navrante. Rien ne distingue ce whisky d’une entrée de gamme écossaise… (comptez une quarantaine d’euros, cavistes partenaires DUGAS & Whiskies du Monde).

 

 

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La meilleure surprise sur ce stand est finalement venue de la nouvelle version ou plutôt du blended malt de la marque FLAT NOSE (qui comporte aussi un blended whisky), un assemblage de premier ordre conçu par la société Islay Boys Limited, société au sein de laquelle officient à l’assemblage le fringuant Donald MacKenzie & Jason Mcguire Mackay SMITH.

-« FLAT NOSE » (produit par The Islay Boys Limited), n.a.s., non filtré à froid, 46 % (Blended Malt, ECOSSE) :

A noter : L’assemblage comporte 3 whiskies de grain et 12 single malts, dont plusieurs de l’île d’Islay. Le nom de « Flat nöse » fait allusion au surnom du premier seigneur des îles Hébrides, Ketill Bjornsson, qui était donc surnommé « nez plat ».

Couleur : Or, relativement pâle. Nez : Fondu et tourbé, avec quelques beaux esters, des notes trahissant une certaine jeunesse (artichauts et eau de vie de prune en, arrière-plan, levures), mais sans défauts. Miellé, fruité et floral. Prometteur. Bouche : L’on est de suite bercé par une belle note de tourbe mi-grasse, mi-sèche, puis par de délicates notes florales, fruitées (agrumes, dont sorbet citron), marines et miellées, un rien herbacées, minérales aussi, parfaitement équilibrées. C’est superbement réalisé, et impressionne. Tenue à la dilution : Excellente, un peu d’eau exalte les qualités de l’assemblage, notamment pour ses composantes florales, tourbées (une belle note de badiane s’invite…), mhm….Conclusion : Un très bon whisky, à la fois complexe, délicat et accessible, et redoutable concurrent désormais des whiskies tels le « ROCK OYSTER » de Douglas LAING, ou même face au « The PEAT MONSTER » de COMPASS BOX. Bravo Donald ! A noter, ce blended malt est modérément tourbé, mais davantage que la version blended whisky. Indication de prix : Autour de 40/50 €, cavistes. Note confirmée : 93,5/100

 

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Puis je suis allé sur le stand “BOLLINGER Diffusion”, qui distribue désormais en France les whiskies de la distillerie BRUICHLADDICH (mais aussi les rhums de la marque MOUNT GAY, dont j'ai déjà pu constater la qualité dans d'autres salons, ou encore les Cognacs de chez Rémy MARTIN), j’ai débuté par le gin « The Botanist » également produit par cette même distillerie de whisky (je l’avais déjà dégusté et chroniqué, dans mon sujet sur la masterclass BRUICHLADDICH, donc je n’y reviens pas, sinon pour vous le recommander). J’y ai rencontré notamment le sympathique Florian Pflieger, nouvel ambassadeur pour la marque en France…(voir photo plus haut au début du reportage).

Parmi les whiskies dégustés, je ne suis toujours pas convaincu par la pertinence de la version dite « Classic LADDIE », mais je ne peux que recommander les deux OCTOMORE (le « 7.1 », en fûts ayant contenu du Bourbon, et le « 7.3 » (« Islay Barley », 169 p.p.m., un 5 ans d’âge à 63 % ayant connu une première maturation en fûts de Bourbon, puis de vin d’Espagne, du Ribera Del Duero, lui conférant une dimension supplémentaire pas trop vineuse mais plus richement fruitée). Pas de notes chiffrées précises pour ces deux OCTOMORE, mais à mon sens ils passent facilement la barre des 90/100, voire des 93/100.

 

 

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Je souhaitais en revanche, ayant pu les tester davantage, m’attarder sur les deux whiskies suivants de chez BRUICHLADDICH :

-BRUICHLADDICH n.a.s. « ISLAY BARLEY », millésimé 2010 (mis en bouteille en 2017), non tourbé, n.c.f./n.c. (non filtré à froid, non coloré), 50 % (Single Malt, Islay, ECOSSE) :

A noter : Il s’agit d’une version utilisant une orge exclusivement locale, en provenance non pas d’une seule ferme comme les éditions précédentes, mais de 6 fermes différentes (Coull, Kynagarry, Island, Rockside, Starchmill et Sunderland). La maturation s’est faite dans des fûts ayant contenu du Bourbon, mais aussi du vin français (non précisé).

Couleur : Or clair. Nez : Fin, complexe, légèrement fermier, marqué par l’orge de manière singulière et forte. Fait preuve d’une certaine complexité et fermeté boisée, mais sans excès de sécheresse, comme on le verra en bouche. Quelques notes d’agrumes (l’orange en tête), puis une fine note vineuse, avec un rien de tannicité. Bouche : Ferme et sèche, puis intarissable sur l’orge maltée dans tous ses états (est-ce le choix de diversifier l’origine de l’orge qui donne cette richesse ? On pourrait le penser…), comme un vrai bol de céréales de petit-déjeuner, mais alcoolisé. Boisé important mais demeurant agréable. Des agrumes, du miel, quelques fleurs aussi, discrètes. Puis, lors d’une autre dégustation, c’est l’influence des fûts ayant contenu du vin qui se font davantage sentir, apportant au positif une jolie note vineuse et fruitée (fruits rouges, jus d’orange), mais au négatif davantage de chêne. Tenue à la dilution : Très intéressante, mettant en valeur l’orge, les agrumes à nouveau (meringue au citron à l’arrière-plan), quelques discrètes fleurs et le chêne, toujours, mais aussi une note fruitée presque acidulée. Conclusion : Un bel hommage à l’orge maltée, aux céréales, à l’artisanat…mais aussi de la roublardise, pour avoir su ajouter une note plus « vivante » et fruitée grâce au vieillissement en fûts ayant contenu du vin français. Indication de prix : Autour de 70 €, cavistes. Note confirmée : 91,5/100

 

 

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-PORT CHARLOTTE n.a.s. « ISLAY BARLEY », millésimé 2008 (mis en bouteille en 2017), tourbé à 40 p.p.m., n.c.f./n.c. (non filtré à froid, non coloré), 50 % (Single Malt, Islay, ECOSSE) :

A noter : Il s’agit d’une version utilisant une orge exclusivement locale, en provenance non pas d’une seule ferme comme les éditions précédentes, mais de 6 fermes différentes (Coull, Kynagarry, Island, Rockside, Starchmill et Sunderland).

Couleur : Or clair, voire pâle. Nez : Puissant et direct. L’on retrouve le combo habituel qui fait la réussite des PORT CHARLOTTE (note fermière, tourbe grasse, agrumes, notes végétales), plus une note visiblement tributaire de l’influence de fûts ayant contenu du vin (pointe de fruits rouges, retour du chêne sec). C’est superbe. Bouche : Tout aussi directe, elle reprend fidèlement les notes du nez, avec comme une légère amertume végétale (entre LAGAVULIN & BRORA), et une note boisée et terreuse (ARDBEG). Belle tourbe grasse. Tenue à la dilution : Intéressante, mais ne pas ajouter trop d’eau. Le fondu devient plus séduisant, autour d’une tourbe assez végétale et un rien marine (algues, sel). Conclusion : Un bon « cru » de PORT CHARLOTTE ! Indication de prix : Autour de 70-80 €, cavistes. Note confirmée : 93/100

 

 

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Sur le stand BROWN-FORMAN, plusieurs Straight Bourbon de la marque WOODFORD RESERVE étaient disponibles, le “Distiller's Select”, bien sûr, mais aussi le “Double Oaked” (davantage boisé) –qui fait un parfait Mint Julep cocktail, j’ai testé pour vous-et le ”Rye”, tous de grande qualité (et rappelons-le distillés trois fois)-voir les notes de dégustation plus loin.

Sur le même stand, plusieurs versions du Tennessee whiskey JACK DANIEL’S, dont le “Single-Barrel” (plus typé et moins “racoleur” que le “N°7”) et le “Gentleman Jack”, plus doux car filtré deux fois au lieu d’une à travers une couche de 3 mètres de charbon de bois d’érable. Hélas l’édition du 150 ème anniversaire n’était pas disponible, forte de son succès.

 

 

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Sur le stand BARON Philippe DE ROTHSCHILD Distribution, hormis le nouveau conditionnement “très viking” (limite trop chargé) pour le HIGHLAND PARK 12 ans “Viking Honour” (le contenu reste le même, j’ai testé pour vous), une version alternative du bourbon MAKER’S MARK nommée “46” dans lesquelles des douelles de chêne français bousinés ont été ajoutés (que je n’ai pas pu tester), figuraient, entre autres whiskies, à nouveau le LAPHROAIG “Lore” (excellent whisky, mais un peu cher), un AUCHENTOSHAN n.a.s. “American Oak” (un peu trop marqué à mon goût par le géranium, boisé et dispensable). Je ne citerais pas toutes les autres marques, ce serait trop long, disons juste que cela va du single malt écossais The MACALLAN (pour moi désormais sans grand intérêt en version officielle) au blended whisky japonais “HIBIKI” n.a.s. (Japanese Harmony) de SUNTORY en passant par le single malt irlandais CONNEMARA en version "Distiller's Edition" (pas de nouveautés sur ces références).

 

 

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La distillerie MIDLETON (plus connue du public sous le nom d’une de ses marques, JAMESON) avait un joli stand « vintage » (avec vieux tourne-disques) en hommage au « Boilermaker », un bar de New York,proposait une « beer experience » (association d’un whisky avec une bière, à déguster parallèlement-en Ecosse il me semble que cela se nomme prendre un « whisky chaser », pratique courante dans les bars…), j’avoue compte tenu des risques de trop effectuer de mélanges j'ai préféré m'abstenir & m’en tenir au whisky. JAMESON y présentait, outre le « Caskmates » dont j’ai déjà dit du bien par ailleurs, le « Black Barrel », une version aux fûts doublement brûlés (pour ce qui est de sa composante bourbon) qui le rend plus boisé et épicé (note chiffrée estimée à 85/100, voire plus).

 

 

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Ce qui m’a plus intrigué enfin, ce fut les trois versions expérimentales (« The Whiskey Maker’s series »-tous non filtrés à froid et titrant 43 % au lieu de 40 %) que je n’avais pas pu déguster l’an dernier, versions développées par trois responsables importants de la distillerie MIDLETON :

Le « BLENDER’S DOG », un whiskey créé par Billy Leighton (le maître-assembleur), suave et riche, bien vanillé et fruité. Du vrai concentré de JAMESON, avec de belles notes d’amandes, de fruits variés (oranges, rouges), de croquant de céréales, de boisé un rien ferme, épicé mais demeurant doux (note chiffrée estimée à 87,5/100), puis le « COOPER’S CROZE », crée par Ger Buckley (le maître-tonnelier), qui est relativement similaire au premier testé, avec une belle dominante vanillée (note chiffrée estimée à 87,5/100), et enfin mon préféré des trois, le « DISTILLER’S SAFE », crée par Brian Nation (le maître-distillateur), un whiskey à la fois fruité (très beaux fruits rouges), pâtissier (vanille, crème anglaise, crêpes au miel, et un rien épicé (et boisé ferme), très gourmand (note chiffrée estimée à 90/100). En tout cas un stand bien sympathique tenu en partie par Samuel Gauthier (du bar « Boilermaker ») & Thomas Ducourneau (de Jameson/Ricard France). Un grand merci à eux deux pour leur accueil.

 

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Sur le stand de La MAISON DU WHISKY, pas mal de possibilités de dégustation (rappelons-le tout de même avec modération et en quantités très chiches, comme ailleurs, dans de petits shots en plastiques), et des bouteilles déjà vues, mais parfois dignes d’être revisitées, comme par exemple le KAVALAN « Sherry Oak » à 46 %, vraiment un beau sherry juteux (fruits) et ciré, à faire pâlir les MACALLAN officiels actuels (note chiffrée estimée à 90/100).

 

 

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Autre pépite, et coup de cœur de l’an dernier, le WHISTLEPIG "Straight Rye whiskey" (100 % à base de seigle) 10 ans, distillé au Canada mais vieilli aux Etats-Unis, réduit à 50 % confirme son statut de chef d’œuvre avec un fruité généreux, une structure puissante et de belles notes épicées (note estimée à 94,5/100). J’espérais déguster le 12 ans d’âge (« Old World ») affiné en fûts de Madère (à 63 %), mais aussi en fûts de Sauternes (à 30 %) et enfin de Porto (à 7 %), mais hélas elle n’était pas présente.

Beaucoup de belles choses sur ce stand bien sûr mais pas vraiment nouvelles côté whisky en tout cas (AMRUT « Fusion », KILCHOMAN « Machir Bay », ou encore le BLANTON’S « Gold Edition », entre autres-tous bons, soit dit en passant…). Evidemment, je suppose qu’il faut relativiser cela dans la mesure ou ce stand comme les autres existent pour présenter leurs nouveautés, certes, mais également leur portefeuille de références permanentes.

 

 

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-« WHISKY DE TABLE » n.a.s. (« over 4 years old »), emb. COMPASS BOX, Edition N°2, mise en bouteille en 2017 pour LaMDW-marché français), n.c.f./n.c. (non filtré à froid, non coloré), 40 % (Blended Malt, ECOSSE) :

A Noter : Il s’agit de la deuxième édition de cet embouteillage réservé au marché français et créé en 2016 à l’occasion du 60 ème anniversaire de La Maison du Whisky. La recette est légèrement différente : Constituée à 48 % de CLYNELISH, à 20,5 % de BENRINNES, à 21,5 % de LINKWOOD et enfin à 10 % de CAOL ILA, elle n’utilise que des fûts de premier remplissage provenant de la distillerie américaine BUFFALO TRACE. John Glaser, son créateur, recommande de le consommer bien frais, voire glacé.

Couleur : Or pâle. Nez : Il exprime de beaux esters, de la tourbe grasse, des fleurs délicates, un peu d’herbes sèches, de jolis agrumes et une tourbe presque aérienne (badiane, embruns,…). Bouche : Elle reprend fidèlement les notes du nez, en leur donnant une dimension plus précise : Les esters sont à l’honneur (bonbon anglais, ananas, banane, poire mûre), les agrumes aussi (sorbet citron, jus d’orange & de pamplemousse rose), les fleurs (délicates), complétée par de belles notes d’amandes fraîches et en frangipane, et bien sûr par une belle tourbe grasse (badiane, embruns, créosote, sel, fumée très fine). Déjà intéressant dégusté sec, il devient plus plaisant à déguster dilué, et même glacé. Tenue à la dilution (quelques gouttes d’eau): Agréable, mais il faut aller plus loin…Je décèle maintenant une pointe de café et de réglisse en finale. Tenue à la dilution (sur glace): Ah, voilà, c’est vraiment bien conçu pour limiter la perte aromatique et exalter les notes issues des fûts de premier remplissage. Superbe ! Presque aérien, un whisky d’été… Conclusion : Cette nouvelle création de John Glaser remplit parfaitement son rôle d’apéritif très frais idéal, délicat, léger mais demeurant expressif, et me semble même plus riche, plus complexe et plus gourmand que la première édition. Bien joué, John ! Indication de prix : Autour de 43 €, MDW & cavistes partenaires. Note confirmée : 92/100

 

 

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Enfin la plus grande surprise est venue du stand de la société NIKKA Whisky Distilling co. En effet suite à la pénurie de stocks de whiskies âgés de plus de 10/12 ans, le groupe ne présente plus dans les salons que des versions sans compte d’âge de leurs distilleries YOICHI & MIYAGIKYO (et encore là ces 2 références étaient absentes), ses blended whiskies et (à l’occasion de ce salon) les indispensables créations originales que sont les NIKKA « Coffey Grain » et « Coffey Malt » (ils sont connus et appréciés, je n’y reviens donc pas ici). Eh bien, là, j’avoue, j’ai été surpris, mais cela est logique quelque part…La maison NIKKA présentait donc pour la première fois (et en avant-première du Whisky Live Paris 2017) deux nouvelles références aux couleurs inédites (à droite sur la photo ci-dessous), qui n'étaient pas du whisky, mais un « GIN » (étiquette verte), et une « VODKA » (étiquette bleue) !

 

 

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Ces créations sont censées mettre en avant les qualités du distillat de NIKKA d’une autre manière, sans vieillissement, et en utilisant autant que possible des ingrédients japonais, et pour le gin, notamment les agrumes Amanatsu, Kabosu, mais aussi du Yuzu, je crois) et (sauf erreur de ma part) une épice proche du poivre Sichouan. Le résultat est bluffant et ce gin est très agréable, et assez différent des gins anglais, avec une dominante citronnée très complexe, mais gardant l’équilibre avec d’autres ingrédients. La vodka est de qualité également, mais j’avoue que c’est le gin qui m’a le plus impressionné. Cependant, comparativement (en tout cas de mémoire), le gin de Kyoto (KI NO BI) dont je parlais plus haut, me semble bien au-dessus. Un grand merci à Emiko Kaji (directrice internationale B.D. chez Nikka) & Naoki Tomoyoshi (chef des ventes internationales chez Nikka) pour leur accueil et leurs explications sur ces nouveautés.

 

Signalons également la présence fort sympathique du célèbre barman Stanislas Vadrna, qui collabore régulièrement avec NIKKA sur des créations de cocktails à différentes occasions (il est connu notamment pour un excellent cocktail à base du blend NIKKA « From The Barrel » créé il y a quelques années déjà) et avait là également créé deux cocktails, l’un à base du nouveau gin et l’autre à base de la nouvelle vodka. J’ai testé celui avec le gin, qui mettait bien en valeur la complexité citronnée de celle-ci, aussi, bravo Stanislas !

 

 

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 Stanislas Vadrna, ici au salon Cocktail Spirits 2015, présentait un cocktail  à base de NIKKA "From the Barrel".

 

 

 ***

 

 

RETOURS SUR QUELQUES MOMENTS DES EDITIONS PRECEDENTES :

 

LE COGNAC AU NATUREL :

Même s’il n’était pas présent cette année avec ces Cognacs de collection parfois centenaires (il ne l’était pas non plus l’an dernier, mais certaines références étaient en dégustation sur le stand ou Nicolas Julhès, jeune distillateur mais célèbre caviste-épicier-traiteur spécialiste du whisky, présentait ses premières créations, un agréable « MAPLE » Spirit à 42 %), il me fallait rendre hommage à Guilhem GROSPERRIN, l’un des participants les plus remarquables de ce salon depuis plusieurs années. En effet, Guilhem, que j’ai eu la chance de rencontrer chez lui à Saintes (voir lien vers le reportage en fin de paragraphe) n’a jamais ménagé ses efforts pour apporter avec lui non pas 4, 4, 6 bouteilles mais parfois plus d’une dizaine, avec des millésimes qui donnent parfois le tournis, comme « 1944 », « 1924 », « 1922 » (codifiés par les numéros « 24 » et « 22 »), et même « 1820 », même si, comme l’explique humblement Guilhem, souvent les eaux-de-vie de plus de 80 ou 100 ans voient leur vieillissement stoppé pour éviter trop de « part des anges » en transvasant leur contenu dans des « dames-Jeanne » (des bonbonnes d’environ 25/26 litres hermétiquement fermées). Voici donc quelques photos retraçant sa participation à ce salon…(ici photos du salon 2011):

 

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les "Trésors de La Gabare", dont une bouteille de cassis datant de 1901 (au centre de la photo).

 

Pour en savoir plus, voici un lien vers mon reportage intitulé « Voyage à Saintes », qui fut l'objet d'un "Gros Plan" sur mon site en 2015:

Reportage sur les Cognacs Grosperrin

 

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Pour finir en beauté, un Cognac de 1848...J'ai juste envie de dire merci, Guilhem...

 

 

COCKTAILS & CURIOSITES, MORCEAUX CHOISIS EN IMAGES…. :

J’ai déjà évoqué plus haut de beaux moments liés à la dégustation de cocktails réalisés lors de ce salon 2017, notamment sur le stand du rhum SAINT JAMES, mais voici quelques photos liés à la réalisation de beaux cocktails, comme ceux par exemple proposés en 2009 par BALLANTINE’S, ou encore en 2015 chez FOUR ROSES, des retours sur d’autres whiskies (lorsque par exemple la société de négoce française LA PART DES ANGES proposait des single malts de distilleries fermées), spiritueux ou stands particuliers. COCKTAIL SPIRITS c’est aussi, d’abord et surtout de belles rencontres avec des professionnels experts dans leur métier, que ce soit barman, producteur, négociant ou responsable des ventes, entre autres :

 

 

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 Lors du salon COCKTAIL SPIRITS 2009, pas moins de 3 recettes de cocktail à base de BALLANTINE's 12 ans étaient proposées.

 

 

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 Le stand CUTTY SARK & The GLENROTHES (marques en partie propriétés de The Edrington Group) en 2009, avec notamment le superbe CUTTY SARK 25 ans, un grand blended whisky titrant 45,7 %.

 

 

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Comment résister à ce superbe 26 ans de la distillerie fermée DALLAS DHU (mis en bouteille par LA PART DES ANGES, négociant français qui a l'époque, en 2009, sortait encore des whiskies) ?

 

 

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Un autre spiritueux français encore pas assez mis en valeur, l'Armagnac, ici avec un brut de fût de la maison CASTAREDE, en 2016.

 

 

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 Diffiicile d'oublier le lancement, en 2011, du blended whisky "GREAT KING STREET" (version "Artist's blend"), avec le privilège d'avoir John Glaser cette année là au salon COCKTAIL SPIRITS.

 

 

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En 2011 également, mais je l'avais déjà rencontré avant (Jérôme me fit l'honneur en 2005 de me choisir comme binôme pour un concours d'assemblage professionnel, sous la houlette de Colin Scott, le maître-assembleur de CHIVAS REGAL), j'ai retrouvé au salon Jérôme Vallanet, barman et formateur en mixologie, qui a souvent beaucoup donné de sa personne pour présenter différentes marques comme pour faire des présentations ou masterclasses par exemple sur l'utilisation du citron dans les cocktails (ne riez pas, pour 7 variétés couramment répertoriées dans les dictionnaires, il en existerait en réalité plus d'une centaine de par le monde, ce qu'il expliqua, preuves à l'appui lors de l'édition 2011 du salon-Pas de photo car trop mauvaise, navré). 

 

 

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Un salon à l'écoute des productions du monde, comme ici avec le rare single malt tchèque HAMMERHEAD 23 ans.

 

 

 

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Au centre de la photo, les étonnants et splendides flacons de luxe des eaux-de-vie de chez ROCHELT (Autriche), que je n'ai hélas pas eu encore l'occasion de déguster. Très onéreuses, les productions très artisanales et exigeantes de cette maison semblent, au vu de leur site internet, tendre vers une grande concentration du fruit (avec le choix de faire le plus possible des "bruts de fût") et vers une finesse rare. A suivre...

 

 

 

 

LE MOUTAI, UN SPIRITUEUX DIFFERENT, VENU DE LOIN :

En 2016 : Kweichow MOUTAI (via la société China MOUTAI France) : Il s’agit d’un alcool blanc de type baijiu distillé 7 fois à base de Sorgho, puis fermenté 8 fois, et mis à vieillir ensuite durant une période d’au moins 5 ans, mais qui peut parfois dépasser les 30 ans d’âge. C’est une boisson nationale chinoise destinée aux banquets et cadeaux officiels…. C’est la première fois que ce spiritueux était présenté dans ce salon (voire possiblement dans un salon français ?) et ce fût une expérience unique.

 

 

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Disponible en France désormais en 3 titrages (de 38 à 53 %), il est très singulier, sur des notes auxquelles les palais occidentaux ne sont pas habitués en général, à la fois terreuses, végétales & presque fumées, avec des rappels de notes de thé très infusés, de champignons, de tabac, mais aussi de chocolat noir à plus de 80 %, alliant de l’amertume, une certaine âcreté, une texture un peu poudrée et presque comme une note de truffe. Curieusement, alors que j’étais assez déconcerté par cette dégustation, un peu choqué même, c’est la version la plus puissante en titrage (53 %) qui m’a paru la meilleure et la plus expressive. Si j’osais une analogie avec le whisky, je dirais qu’il m’a rappelé un peu mes premières versions du ARDBEG « Uigeadail » dégustées il y a plus de 10 ans, poussiéreuses comme un fog londonien, très typées, et absolument pas aseptisées comme les versions plus récentes.

 

ETATS-UNIS, LE RETOUR EN FORCE… :

Quelques autres whiskies des Etats-Unis présentés et/ou dégustés dans le cadre du salon COCKTAIL SPIRITS ces dernières années:

C’est en 2014 que je découvre avec stupéfaction et grand intérêt les whiskeys de la marque MICHTER’S (distillerie du Kentucky, mais originellement de Pennsylvanie), d’abord au Bar des Innovations, puis sur le stand qui leur était consacré pour la première fois alors que ces whiskeys n’étaient pas encore disponibles en France et ce fut le coup de cœur immédiat, tant pour le superbe conditionnement des bouteilles (sans parler de celui des éditions limitées !) que pour leur contenu. La gentillesse du fils du directeur de la distillerie, Matthew T. Magliocco, présent en 2014, m’a également de suite frappé. Des ambassadeurs américains ou français de la distillerie se succèdent depuis, j’en profite pour rendre hommage également à Matt Rooney, présent en 2015 ou encore à Romain Llobet pour leur accueil. La constance de leurs whiskeys est impressionnante, même si pour les versions plus âgées (la distillerie ne distille que depuis peu) et c’est une gageure.

 

 

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Matt Rooney, ambassadeur de MICHTER'S, présent depuis 2015 au salon, ici avec le "Straight Rye".

 


MICHTER'S produit des Bourbons comme des Rye whiskeys, en version assemblée relativement largement comme en « Single-barrel ». Les versions jeunes sont regroupées dans la gamme dite « US 1 », une gamme excellente et plutôt subtile mise en bouteille dans des bouteilles un peu trapues et rondes, tandis que les très expressifs « single-barrels » âgés sont vendues dans de belles carafes ovales au bouchon de cire tendre. Je n’y reviens pas en détails, ayant déjà évoqué ces whiskeys sur mon site. Je recommande toujours donc les « Sour Mash », « Unblended American Whiskey » (deux « mashbills »- ou recettes de brassin- dans lesquels le maïs joue un rôle important mais non majoritaire, d’où l’impossibilité légale d’utiliser le nom « Bourbon »), mais aussi les « Straight Bourbon » & « Straight Rye », excellents, et devenant remarquables en version 10 ans d’âge, voire plus (l’an dernier j’ai eu la chance de déguster un 25 ans & un 35 ans « Straight Rye », mais étant donné leur rareté, tout le monde n’a pu y avoir accès, cela peut se comprendre. En tout cas ils se sont avérés assez remarquables. Tous les whiskeys dégustés à ce jour (sauf 3 notes encore à venir) ont donné lieu à des notes situées entre 91 et 97/100 (voir sur le site). 

 

 

 

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L'excellent "Barrel Strength" Straight Rye (une édition limitée) de 2016.

 

 

Aux antipodes sur le papier, si j’ose dire (car ces deux marques ont en commun une délicatesse certaine dans leurs productions), car distillés trois fois, les whiskeys de chez WOODFORD RESERVE (propriété de BROWN-FORMAN) ont souvent tiré leur épingle du jeu lors de ce salon, en voici un résumé :

-WOODFORD RESERVE « Distiller’s Select », Edition 2017, 43,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): Très beau, complexe (érable, fruits rouges, cuir, solvant, miel, épices douces), d’une grande finesse, Magnifique et d’un équilibre parfait. Toujours aussi impressionnant de sérénité, mais la triple distillation y est aussi pour quelque chose. Prix de 30 à 40 € environ/Note confirmée: 93/100

-WOODFORD RESERVE « Double Oaked », Edition 2017, 43,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): Un superbe WOODFORD RESERVE, bien qu’assez boisé c’est vrai, très bien assemblé et complexe. L’on y trouve aussi de belles notes fruitées et pâtissières s’exprimant entre les notes boisées et épicées. Une version moins ronde et plus typée que le « Distiller’s Select », mais bien faite. Prix de 45 à 55 € environ/Note confirmée : 91,5/100

-WOODFORD RESERVE « Rye », Edition 2017, 45,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): A noter: Il s’agit d’une recette à 53 % de seigle (“rye”), 33 % de maïs et enfin 14 % d’orge maltée. Très doux, ce whiskey est très loin de l’exubérance et de la puissance du WHISTLEPIG « Rye » 10 ans, par exemple, mais il est tout de même complexe et très fin, et ferait un parfait élément central d’un « Manhattan » cocktail…comme j’ai pu le constater sur place ! Prix autour de 50 € environ/Note sous réserve : 90/100 à davantage.

 

 

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Les somptueux rappels du cuivre des alambics de la distillerie WOODFORD RESERVE dans cette version "Double-Oaked".

 

 

Enfin concernant les Etats-Unis, encore, qui sont depuis quelques années en pleine explosion de micro-distilleries souvent de talent et d’inventivité, il me fallait mentionner spécialement la distillerie de single malts WESTLAND-de la côte Ouest, à Seattle-dont j’ai découvert un des whiskies grâce au salon COCKTAIL SPIRITS 2016, le 19 juin, soit bien avant le Whisky Live Paris (qui n’a fait que confirmer mon intérêt pour leur démarche-rappelons ici que je les avais désignés distillerie de l’année 2016). La dégustation de leur single malt nommé « Sherry Wood » lors du salon 2016 a été une véritable révélation pour moi non seulement du renouveau des distilleries américaines, avec une démarche ici très originale, mais en plus de leur capacité à concurrencer les whiskies écossais sur leur propre terrain, et notamment celui des sacro-saints « sherried » malts.

 

 

 

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Quelques années avant, j’avais eu la chance de découvrir les premières productions de la distillerie TUTHILLTOWN Spirits LLC (située dans l’Etat de New York, sur la côte Est, c’est la première distillerie indépendante depuis la Prohibition dans cette région), qui produit les bourbons, rye & autres de la marque HUDSON. Conditionnés dans d’originaux (mais un peu trop onéreux à mon goût) flacons de 35 cl depuis leurs débuts en 2005 (ils produisent aussi de la vodka, des cocktails mis à vieillir en fûts-une innovation récente que j’ai découverte aussi grâce à ce salon, les cocktails « clés en main » vieillis puis remis en bouteille). Je n’y reviens pas en détails, les ayant déjà chroniqués dans d’autres sujets, mais notons que le « Baby Bourbon » et le « Manhattan Rye » titrent à 46 % et sont distribués par la Maison du Whisky, tout comme les autres whiskies nord-américains cités.

 

 

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 Tony Vanaria, ambassadeur des whiskeys HUDSON, ici en 2009. Une distillerie qui a cherché à se démarquer des autres dès le début.

 

 

Concernant les productions nord-américains, il faudrait aussi mentionner les marques DRY FLY, DAD’S HAT, KOVAL, ou encore RAMSON Spirits…et j’en passe, mais la place manque…Du côté des écossais, comme j’ai déjà largement parlé sur le site des superbes GLENMORANGIE « Tusail », WOLFBURN « Single Malt » ou encore du blended malt « The EPICURIAN » de Douglas LAING, découverts l’an dernier, je n’y reviens pas ici. J’aurais l’occasion de traiter de certains de ces whiskies le cas échéant (si dégustations il y a).

 

 

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Le "DRY FLY", ici dans une version "Straight Wheat" whiskey, à majeure de blé, lors de l'édition 2016.

 

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CONCLUSION :

Je serais bref, le sujet ayant été plus long que prévu, car je n’y avais pas encore consacré la place qu’il mérite sur le site, mais aussi parce que je souhaitais rendre hommage aux éditions précédentes. J’espère que cela aura permis aux lecteurs de prendre la mesure de l’intérêt de ce salon autant que possible. Pour ceux qui ont la possibilité de s’y rendre, je vous le conseille vivement, car ce salon professionnel a d’année en année largement fait ses preuves non seulement en tant que témoin de son temps, mais aussi et surtout en tant qu’anticipateur des tendances à venir. L’on y découvre de nouveaux spiritueux, mais aussi de nouveaux modes de consommation, ainsi que certains des acteurs de demain. L’édition 2017 n’échappe pas à la règle, avec quelques belles découvertes et des confirmations, comme vous avez pu le constater à la lecture du sujet. J’ai conscience que je ne peux rendre compte ici de l’étendue de l’intérêt de ce salon, étant personnellement davantage impliqué par le monde des whiskies, voire de quelques autres spiritueux, que par le monde de la mixologie & des bars, aussi je vous renvoie au site internet du salon, afin d’en connaître tous les participants exposants comme intervenants dans les masterclasses ou conférences, ou encore sur les thématiques de l’année :

http://cocktailspirits.com/

Bonne lecture !

 

Whisky Live Paris 2016, un bilan

 

"WHISKY LIVE PARIS 2016", UN BILAN....:
 
 
 
Sujet publié la première fois le: 23/10/16 -Dernière Mise à jour le: 25/10/2016
 
 
 
 
INTRODUCTION:
 
 
La Maison du Whisky, productrice du Salon Whisky Live Paris 2016, à travers sa revue Whisky Magazine & Fine Spirits, fêtait cette année ses 60 ans d'existence, tandis que le salon en était à sa treizième édition...pour la deuxième fois localisée à la Cité du Design et de la Mode, sur les quais de Seine, à deux pas de la Bibliothèque Nationale de France.
 
 
Forte de ses 8000 visiteurs annoncés pour l'année précédente, sur un week end ouvert au public et un réservé aux professionnels, "la MDW" comme on la nomme souvent entre amateurs, avait vu les choses en grand, avec non pas dix, vingt, cinquante mises en bouteille exclusives pour le salon, mais ...150. Oui le nombre est important, mais rappelons qu'il concerne tous les spiritueux confondus, puisque, rappelons le, depuis 2010, tant le magazine que le salon traitent des autres spiritueux que le whisky ainsi que de mixologie, ou l'art de créer des cocktails.
 
 
Et pour ce salon, ce n'est pas un catalogue qui a été édité, mais deux, dont l'un en édition limitée à 300 exemplaires numérotés & à la couverture à chaque fois différente illustrée par le photographe Christophe Meireis. Ce catalogue est par ailleurs exclusivement consacré aux 150 nouveautés créées spécialement pour ce salon. 
 
 
A noter, J'incorporerai à l'intérieur de ce sujet au fur et à mesure des notes de dégustation, notamment de certains hauts de gamme, et je vous signalerai le cas échéant (par exemple pour les références déjà cités de moins de 130/150 €) les notes rédigées pour le sujet "Mes DERNIERS COUPS DE CŒUR ABORDABLES (de l’année 2015/2016) :
 
 
 
 
 
 
 
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L'impressionnant vrai-faux spirit safe du stand Bacardi (propriétaire du blend Dewar's & de 5 single malts)...Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Les prix hélas aussi avaient été vus en grand, avec une augmentation désormais systématique du prix d'entrée, soit 65 € lajournée "découvertes", 120 € la journée avec en plus l'accès à la zone "'VIP" consacrée à la dégustation de certains hauts de gamme et surtout aux exclusivités 60 ème anniversaire de La MdW et 195 € pour le week end, sans compter les drams payants au salon "Collector's", les masterclasses payantes, dont la délirante somme de 490 € demandée pour déguster deux KARUIZAWA millésimés 1965 (le millésime de votre serviteur, au passage, sniff...). Mais bon, soyons bon joueur, une entrée pass "découverte" me fût accordée en tant que bloggeur de whisky encore cette année, pour le reste à chacun de se débrouiller si l'on souhaitait un jour supplémentaire (d'ailleurs encore merci au stand Compass Box pour l'entrée du lundi).
 
 
La question du prix d'entrée d'un salon, celui-ci comme les autres, est toujours un sujet de débat, avec en général, en Europe, soit un prix d'entrée prohibitif, puis moins de frais une fois à l'intérieur, soit un prix d'entrée modeste, puis par contre un paiement au verre dans chaque stand....L'on peut donc dire objectivement que la solution adoptée par La Maison du Whisky demeure malgré tout un bon compromis, par rapport à d'autres salons étrangers, et du fait de l'insuffisante concurrence sur ce plan en France, à condition de ralentir tout de même un peu la cadence question augmentation du prix d'année en année...
 
 
 
 
 
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Un des embouteillages spécialement conçus pour le 60 ème anniversaire de la Maison du Whisky, dégustables au salon VIP la plupart du temps, mais parfois aussi sur certains stands. Ici le superbe "sherry monster" 12 ans d'OLD PULTENEY. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Par ailleurs comme chaque année, j'en suis navré pour les lecteurs intéressés par d'autres spiritueux, mais j'ai délibérément choisi, étant donné l'offre de whiskies à déguster présente au salon (47 stands consacrés aux whiskies écossais, 21 pour les Etats-Unis, 16 pour l'Europe, plus 5 pour la France, et enfin 7 pour l'Asie), ce à raison de 1 à 10 whiskies par stand (environ), de ne pas visiter des stands consacrés à d'autres spiritueux dans ce cadre. Certes il y a eu une exception à cette règle, à savoir la dégustation sur tirage au sort d'un superbe rhum CARONI 1994 de 22 ans d'âge, un brut de fût à 68 %. Incroyablement riche et un rien entêtant, il s'est avéré certes un peu difficile à déguster dans ce contexte, même dilué, car il était tiré directement du fût pour l'occasion (le fût No 6183) et l'on sait quelle fortes personnalités peuvent avoir les rhums de cette distillerie & région (Trinidad).
 
 
Bien sûr même, pour le whisky, j'ai du faire des impasses (rappelons au passage que bouteilles d'eau et crachoirs sont les accessoires indispensables de tout bon salon, et j'en ai bien usé). Contrairement à certaines années, j'ai également déserté le salon "Collector's", dont les flacons qui auraient pu m"intéresser étaient bien trop onéreux en dégustation au verre (120 € ou plus), signe des temps décidément...Oui il y en avait aussi à 5 €, mais de moindre intérêt à mes yeux. L'on me répondra sans doute avec raison qu'il en va probablement de même dans d'autres salons ou bars. J'ai aussi zappé l'allée entière consacrée à l'art du cocktail (bars éphémères), car il faut savoir rester concentré sur l'essentiel...
 
L'impasse a aussi été faite, j'en suis navré, sur les whiskies du stand ou étaient groupées des marques tant écossaises que japonaises du groupe Beam Suntory. J'ai eu moins de scrupules à le faire car j'avais eu l'occasion de déguster certaines nouveautés au printemps, des nouveautés parfois signalées dans ma liste des "meilleurs whiskies abordables de 2015 & 2016 ", comme par exemple le LAPHROAIG n.a.s. "Lore" (aux belles notes issues du sherry) que je recommande malgré son prix. Je n'ai pas pu déguster le nouveau 9 ans "sherry" de BOWMORE, ni le nouveau "Devil's Cask".
 
Il en a été de même pour les stands des marques de William GRANT & sons (GLENFIDDICH, GIRVAN, The BALVENIE, KININVIE), malgré l'annonce de certaines nouveautés chez GLENFIDDICH (dont l' "IPA cask" et le "Projet XX" de l'Experimental series) ou l'artisanal The BALVENIE (navré, Damien !).

 
 
 
 
 
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Au stand éphémère (façon cellier) "Golden Promise", l'on pouvait tirer un dram au sort, ici le superbe et puissant rhum CARONI directement tiré du fût, à déguster avec....précaution (il titrait en effet 68 %). Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 
Pour rentrer maintenant dans le vif du sujet, je dirais que cela a été un salon des "confirmations" en positif comme en négatif...Malgré la crise qui avait provoqué une raréfaction de bons fûts et notamment de fûts âgés, la floraison des n.a.s. (whiskies sans compte d'âge) et l"inflation des prix, des distilleries écossaises déjà bien installées ont pu tirer leur épingle du jeu, comme par exemple AN CNOC avec 2 propositions tourbées de haute volée, dont le nouveau "Stack", vraiment un coup de coeur pour moi. La distillerie OLD PULTENEY, également, avec des propositions intéressantes, avec notamment une cuvée brut de fût anniversaire des 60 ans de la MdW "fantastiquement sherriesque".
 
Plus bas et plus à l'Ouest sur la carte de l'Ecosse, ARRAN, qui a désormais un 18 ans d'âge à présenter (et même un 21 ans, mais au VIP seulement), offrait à la dégustation ses excellentes références que sont les 10, 12 et 14 ans, "The Bothy" et une belle version "Madeira cask finish", bien fruitée, bien équilibrée-un de leurs meilleurs affinages depuis longtemps à mon avis.
 
Toujours chez Inverhouse Distillers, je signale à nouveau l'excellent BALBLAIR millésimé "1999" en version de 15 ans d'âge (car il y a aussi une version de 10 ans d'âge du même millésime), un whisky aux qualités multiples et à la complexité gourmande tant florale, fruitée, herbacée qu'épicée.
 
 
 
 
 
 
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Les deux fantastiques AN CNOC (tous 2 tourbés !) du salon...Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Ce salon a été aussi l'occasion pour des négociants réputés de démontrer qu'ils étaient parfois en mesure de proposer des mises en bouteille bien meilleures que leurs pendants officiels (je pense notamment au MACALLAN 2007 Speymalt de chez Gordon & MacPhail), ou stimulantes pour les officiels (je pense au GLEN MORAY 21 ans de chez Berry Bros & Rudd), parmi d'autres sur lesquels je reviendrais plus loin.
 
 
 
 
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Le superbe GLEN MORAY 21 ans du négociant BERRY BROS & RUDD, dans un écrin spécial pour l'anniversaire de la Maison du Whisky. Un whisky juteux (beau fruité), floral, campagnard (foin), délicat, titrant 56,3 %. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Par ailleurs, de nouvelles distilleries ont pu donner la preuve de la pertinence de leurs choix, en Ecosse, avec par exemple WOLFBURN, qui en plus de son excellent jeune single malt de 3 ans d'âge élevé en petits fûts ("quarter casks"), proposait une nouvelle version incorporant cette fois 20 % de fûts de sherry, version nommée "Aurora", ainsi qu'une version pour les 60 ans de la MDW nommée "A little something different" titrant 50 %. Je n'ai pas pu goûter cette dernière, mais j'ai beaucoup apprécié les deux autres, et notamment l'"Aurora", dans lequel le sherry joue le rôle d'affinage quasiment...avec une jolie rondeur de fruits rouges qui vient complimenter les notes de vanille, d'épices et d'agrumes issues des fûts ayant contenu du bourbon (largement majoritaires).
 
 
 
 
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Les 3 versions du single malt WOLFBURN présentes au salon, dont les 2 (à droite sur la photo) versions régulières que j'ai trouvées très réussies. Une jeune distillerie à suivre. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
La Suède, également, a pu démontrer qu'elle avec des atouts très compétitifs face aux whiskies écossais, car j'ai pu enfin déguster les très intéressants whiskies de la distillerie BOX, avec pas moins de 3 ou 4 versions désormais distribuées par la Maison du Whisky (certes à des prix pas donnés pour en plus des flacons de 50 cl au lieu de 70). D'ailleurs, sur certaines versions, les single malts de BOX proposait un profil aromatique tourbé à faire pâlir leur compatriote MACKMYRA (je fais allusion à leur version tourbée nommée "Svensk Rök". 
 
La distillerie suédoise MACKMYRA, par ailleurs, était donc également présente avec notamment le "Vinterdrom", un joli affinage en fûts de rhum de chez Plantation/maison Ferrand. Un whisky gourmand et équilibré.
 
 
 
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Un des plutôt convaincants single malts (ici une version tourbée) du stand de la distillerie suédoise BOX. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Bien sûr, parmi les nouveaux whiskies présents sur le marché, il faudra désormais aussi compter sur la distillerie américaine WESTLAND, située à Seattle, sur la côte Ouest. Une distillerie qui produit....des single malts et non des bourbons ! Il y a là l'"American Single malt" (élevé pour le moment en fûts de bourbon), le "Sherry Wood" et son séduisant fruité, le "Peated" (avec de la tourbe écossaise, mais bientôt américaine !), ou encore les single casks (dont le "397", un single cask à 54,7 % destiné à célébrer les 60 ans de la MDW), et enfin le "Garryana", utilisant 21 % de fûts provenant de chêne de l'Etat de Washington, des bois séchés à l'air libre durant environ 3 ans).
 
 
 
 
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Le "Garryana" de WESTLAND, ou le futur déjà conjugué au présent de la distillerie. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Ces deux derniers whiskeys furent intéressants, mais ce sont avérés plus secs et moins "ouverts" sur une multitude de saveurs que les versions assemblées, plus intéressantes pour le moment à mon humble avis. WESTLAND est donc mon coup de coeur des coups de coeur du salon, s'il ne fallait en désigner qu'un, entraînant ma décision dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 septembre (mes 2 jours de visite du salon), de nommer cette distillerie "Distillerie de l'année 2016", pour l'audace et la qualité de sa démarche (dont l'emploi de 5 à 7 types d'orge différente), mais aussi pour son travail ancré dans son terroir, avec notamment le respect de l'environnement mais aussi la recherche d'auto-suffisance locale de sa production, dont l'utilisation prochaine d'une tourbière locale.
 
 
 
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Matt Hofman, l'homme derrière la marque "WESTLAND", le maître-distillateur qui a osé réinventer le single malt si loin de son pays d'origine. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
Ayant été par ailleurs récemment invité à des présentations de presse des whiskies de chez Bacardi, j'aurais l'occasion de revenir prochainement sur plusieurs références des 5 marques de single malt dont ils sont propriétaires (à savoir ABERFELDY, AULTMORE, CRAIGELLACHIE, DEVERON, ROYAL BRACKLA), ainsi que des blended whiskies DEWAR'S (dont le sublime "Signature" et les excellents 12 & 18 ans), mais je tenais à signaler d'ores et déjà mes trois bouteilles favorites (et abordables) du stand pour ce qui est des single malts, hormis bien sûr, en haut de gamme, le gourmand et très sherry AULTMORE 25 ans, à savoir l'AULTMORE 18 ans, pour sa générosité & complexité, le CRAIGELLACHIE 17 ans, pour son caractère charpenté et floral, ou encore le DEVERON 18 ans, pour sa douce rondeur fruité. Ces trois single malts sont de vraies réussites.
 
 
 
 
 
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Le DEWAR'S "Signature", ou ce qui est peut être aujourd'hui encore sans doute le plus beau blended whisky sans compte d'âge, un paradoxe (quand on sait qu'il contient des malts de plus de 25 ans). Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Sur le même stand, j'ai pu apprécier le nouvel ABERFELDY 16 ans, délicatement malté (whisky que je préfère au 12 ans), ainsi que la complexité par moments très végétale des ROYAL BRACKLA...Mais j'avoue avoir un faible pour les AULTMORE & les CRAIGELLACHIE plus que pour les autres distilleries du groupe.
 
 
 
 
 
 
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De même, concernant les marques de chez Pernod-Ricard, dont je reparlerais également, j'ai appris trop tard que le "Mizunara finish" du blend CHIVAS REGAL était en dégustation au salon et n'ai pu le déguster vu le calibre de ce qui a suivi.
 
 
En revanche j'ai pu "réviser" côté The GLENLIVET, et si le 12 ans "First fill" m'a paru quelque peu monolithique, sans grand intérêt, la dégustation de la gamme "Nadurra" (désormais hélas entièrement en n.a.s.) m'a confirmé sa qualité globale, avec une préférence pour la version sherry "Oloroso" et "Peated", car la version "First Fill Bourbon" m'a semblé bien jeune comparée à l'ancien 16 ans et encore un rien marquée par le new make et un certain déséquilibre des esters.
 
 
La déception la plus grande est venue du The GLENLIVET "Cipher", dont le marketing (et une expérience sensorielle proposée sur place en cabine) et l'opacité de la bouteille n'ont pu dissimuler un whisky technologique & n.a.s. (oui je le répète, cela va souvent ensemble) de qualité assez moyenne et parfaitement dispensable à fortiori au regard du prix. En revanche, la qualité est toujours au rendez vous pour le "XXV", autrement dit le 25 ans d'âge, un des plus beaux 25 ans disponibles sur le marché et aussi un des plus beaux GLENLIVET officiels à mon avis. D'une grande délicatesse, il mêle fruits, fleurs et léger boisé, avec un arrière-plan malté de toute beauté.
 
 
 
 
 
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Le GLENLIVET 25 ans, sans doute un des plus beaux single malts de 25 ans d'âge à l'heure actuelle....Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Toujours du même propriétaire, j'ai eu en revanche la satisfaction de constater que les ABERLOUR "A'Bunadh" se portaient bien (j'ai préféré d'ailleurs le batch 56 au 55, mais les 2 sont bons). Autre bonne surprise, le joli n.a.s. (eh, oui, cela arrive aussi!) de SCAPA en version légèrement tourbée, version nommée "Glansa", d'un bel équilibre.
 
 
 
 
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Il y a n.a.s. et n.a.s.....en voilà un bon, le SCAPA "Glansa", et son joli voile de fumée. Photo:© Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Mais le salon était aussi l'occasion de rencontrer certains acteurs emblématiques du marché du whisky, de l'assemblage ou de la distribution du whisky. A cet égard, je ne peux évidemment pas faire l'impasse sur le coup de maître provocateur de John Glaser de COMPASS BOX, qui a osé présenter pas moins de trois whiskies sujets potentiels à polémique, dans la droite ligne de sa courageuse démarche de défense de la transparence dans l'affichage et la communication du contenu des whiskies, ce notamment avec le "3 Year Old De Luxe" Blended whisky qui ne contient en fait qu'un petit pourcent de whisky de trois ans d'âge, le reste étant plus âgé...(cette fois donc une majeure de CLYNELISH, mais avec une jolie mineure TALISKER). Un excellent whisky au passage, sur lequel je reviendrais...notes de dégustation à l'appui.
 
Mais j'ai également pu apprécier aussi l'édition 10 ème anniversaire de la sortie du "The Spice Tree", sous titrée "Extravaganza", peut être la plus équilibrée des différentes versions de ce whisky, ainsi qu'un "Whisky de Table", très approprié pour casser les codes des whiskies et les rapprocher du vin. Très jeune, mais bon, et par ailleurs modérement tourbé, il est à déguster, d'après John, de préférence "'sur glace" (donc cela fait 4 provocations en réalité !).
 
 
 
 
 
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Deux des trois nouveautés de COMPASS BOX, ici en version miniature (notes à venir) car je n'ai pu prendre de photos du stand vu l'affluence. A gauche la version 10 ème anniversaire du "Spice Tree" et à droite le déjà fameux "3 Year Old de Luxe". Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
J'ai été ravi de rencontrer à nouveau l'assembleur de MIDLETON en la personne de Billy Leighton, créateur tant du superbe "Barry Crocket Legacy" que du "Dair Ghaelach" (élevé en fûts de Bourbon puis affiné en fûts de chêne irlandais !-notes à suivre), et d'apprendre sur le stand voisin de BUSHMILLS (qui "revient" timidement sur le marché français et au salon) que c'était lui le créateur du superbe 21 ans Madeira Wood finish (dégusté à nouveau à cette occasion. Ce 21 ans d'une belle expressivité malgré son titrage à 40 % seulement confirme son statut de haut de gamme au sens qualitatif & de vénérable malt, la version la plus âgée officiellement sortie de la distillerie à ce jour (si l'on excepte évidemment les mises en bouteille anonymes de négoce).
 
MIDLETON présentait son nouveau REDBREAST en version n.a.s. nommée "Lustau", une version visiblement destinée "à la clientèle féminine" (ce n'est pas moi qui l'ai dit, mais l'un des ambassadeurs présents sur place), mais inaboutie, trop vineuse à mon goût, elle m'a donné envie de racheter illico du 12 ans d'âge de peur qu'il ne disparaisse...pour la marque REDBREAST, j'ai donc préféré la sérénité du 21 ans d'âge et la typicité du 25 ans d'âge au VIP (édition faite pour les 60 ans de la MDW) à ce nouveau "Lustau".
 
La célèbre distillerie irlandaise présentait aussi toute une déclinaison du JAMESON en versions plus ou moins marquées par le bois (comme par exemple le "Black Barrel", mais il y avait 3 autres versions que je n'ai pas eu le temps de déguster). Par contre, comme je l'avais déjà signalé au printemps, le nouveau "Crested" (qui remplace le "Crested Ten" et perd au passage sa mention d'âge), est malgré tout un monument de rondeur doucement fruitée, aussi je vous le recommande.
 
 
 
 
 
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Le rare single cask de RED BREAST, au salon VIP, un rien vineux mais plutôt bien fait. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Parmi les distilleries encore méconnues et jusqu'ici quasi-absentes du marché français, j'ai eu la bonne surprise de voir que la distillerie allemande SLYRS avait droit a un stand avec pas moins de 7 versions différentes, et, je dois dire, toutes de qualité ! (avec ou sans affinage, d'ailleurs, dont 2 différents sherry, un Porto, un Sauternes).
 
J'aurais l'occasion d'y revenir là aussi, avec des notes de dégustations, à partir de 2 samples gentiment offerts par la distillerie, à savoir, pour l'un, du "Classic" (l'entrée de gamme) et l'autre celui du "Fifty One" (à 51 %). Le 12 ans d'âge, déjà épuisé (ou trouvable à prix prohibitif) est vraiment remarquable de concentration aromatique.
 
 
 
 
 
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Les whiskies de la distillerie allemande SLYRS, de Bavière, un travail soigneux pour une réussite sur 100 % des propositions du stand, avec ou sans affinage, c'est quelque chose qui n'arrive pas tous les jours, alors chapeau ! Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Chez les officiels toujours, la distillerie écossaise de Campbeltown GLEN SCOTIA, à la gamme enfin relookée de manière décente (et assez belle je dois dire) depuis l'an dernier, présentait les 3 fleurons de sa gamme régulière, à savoir le n.a.s. "Double-Cask", le 15 ans d'âge (peut être mon favori du stand) et le n.a.s. "Victoriana", tous dignes d'intérêt et sur lesquels je reviendrais certainement. Faute de temps, je ne peux vous donner de retour sur les LOCH LOMOND présents sur le stand d'à côté, qui appartenait au même propriétaire, puisque je ne les ai pas dégustés. J'ai cru comprendre que le public était davantage partagé que sur les GLEN SCOTIA ...
 
 
 
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Côté ISLE OF JURA, hormis un millésime "1975" (Port cask) brut de fût à 51,7 % frisant les mille euros et accessible surtout par tirage au sort dans un lieu dédié (bar éphémère) non testé, et la gamme régulière (que je connais déjà), il y avait une édition en hommage à Willie Cochrane qui fêtait ses 39 ans au sein de la distillerie, à savoir un 22 ans d'âge affiné en fûts de Pinot noir (et à 47 %). Dominé par des notes vineuses, ce whisky m'a paru surfait et un échec manifeste de l'affinage (dommage).
 
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette distillerie, disons que je préfère rester sur les modestes valeurs sûres de la gamme à mes yeux que sont le 10 ans "Legacy", le "Superstition" ou encore le 16 ans (et les versions récentes du "Prophecy"), et tant pis si cela ne plaîra pas à tout le monde.
 
 
 
 
 
 
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Le JURA "Superstition", un ancien "n.a.s." à grande amplitude d'âge...Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
En revanche tout était bon sur le stand français de la distillerie WARENGHEM, et notamment la nouvelle édition de l'ARMORIK "Maître de chai", le batch 3, toujours vieilli en fûts de Sherry Oloroso (je n'ai pu en revanche déguster la seule vraie surprise de la distillerie, une version affinée durant un an en fûts de Chouchen, car elle était parmi l'offre pléthorique du salon VIP, salon régulièrement pris d'assaut par les "anoraks" du whisky, il a encore une fois fallu faire des choix-j'ai ainsi raté quelques raretés proposées au compte-goutte à certains moments, comme le GLEN GRANT 1956 de Gordon & MacPhail gamme "The Book of Kells" ou encore le PORT ELLEN 1982/de chez Douglas LAING/gamme "X.O.P.").
 
 
 
 
 
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La distillerie WARENGHEM se porte bien en 2016, avec pas moins de 5 propositions déjà rien que sur "le plateau"..¨Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
A ce stade (c'est à dire des "collector's"'), il me faut là rendre hommage à la distillerie BENROMACH qui a osé proposer à la dégustation sur le plateau (donc avec le "seul" pass "découverte") son 35 ans d'âge, d'une grande finesse, et donc ne pas le réserver au seuls visiteurs de l'espace VIP. Bravo et merci !
 
 
 
 
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BENROMACH 35 ans, ou un contenu aussi beau que son contenant, méritant d'être dégusté lentement. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
 
Au négatif, je n'arrive toujours pas à comprendre la différence entre la louable démarche "écolo-friendly", artisanale et exigeante de la distillerie française Domaine des Hautes Glaces et...les résultats en bouteille. Le dernier né des moissons sent toujours autant le new make et les multiples maturations en fûts d'origine française (tout pour ne pas avoir à utiliser des ex-fûts de bourbon ou de sherry) ne font de mon point de vue que brouiller les pistes concernant la réelle qualité du distillat, donc la dégustation fut assez frustrante. Du coup j'ai zappé leurs expériences "Rye" sous le nom de VULSON (qui ont plutôt bonne presse).
 
Faute de temps et parfois par choix délibéré, je n'ai pas visité certains autres stands français (P & M, UBERACH ou encore G.ROZELIEURES), mais si les distilleries MICHARD ou encore JSD avaient été invitées (voir la liste thématique des meilleurs whiskies de moins de 100 €), j'aurai visité leur stand avec plaisir.
 
Signalons également côté français la présentation officielle du dernier né de la Distillerie des Menhirs, l'ED GWENN, un single grain à base d'orge non maltée (précédemment annoncé comme un single malt, d'ou ma confusion). Moins convaincant que la version expérimentale de l'an dernier, ce whisky visiblement jeune a néanmoins fait preuve d'une belle souplesse et d'un beau fruité en bouche. Pour ce qui concerne la gourmandise et la puissance, le "Gold" de la marque EDDU tient cependant toujours à mes yeux la première place.
 
Du côté des indépendants écossais, et même si là aussi j'ai du faire des impasses, en sus de la bonne surprise du MACALLAN Speymalt "2007", sur le stand GORDON & MacPHAIL, un joliment fruité ABERFELDY "1999", un bien tourbé et expressif LEDAIG "2000" et surtout ce très joli 15 ans d'âge brut de fût de CLYNELISH "2001" (issu de 2 fûts de Refill sherry, atypique mais très bien fait) m'ont donné le sourire, ainsi que leur distinguée (désormais dans tous les sens du terme puisqu'elle a été élue "Keeper of the Quaich") ambassadrice en la personne de Juliette Buchan.
 
 
 
 
 
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MACALLAN "2007" Speymalt, ou comment une version de négoce parvient à faire oublier toute la gamme officielle ! Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
J'ai eu grand plaisir aussi à retrouver la maison DUNCAN TAYLOR, absente de ce salon comme d'un autre depuis plusieurs années, et même si je n'ai pas pu déguster toutes leurs propositions, quelques single malts ont retenu mon attention, et notamment deux dans la gamme "Dimensions", à savoir un gourmand CRAGGANMORE "1999" (un 16 ans d'âge titrant 53,7 %)et un bien séducteur et complexe ISLE OF ARRAN de 18 ans d'âge ("1997"-2015 titrant 52,0 %). A noter un plutôt appréciable AULTMORE "2008" dans la gamme "Octave" cette fois. Par contre, côté distribution (qui a changé plusieurs fois ces dernières années), cela semble un peu compliqué encore d'en trouver en France...
 
 
 
 
 
 
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Un ARRAN de négoce plus gourmand que la version (assemblée) officielle.  Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Chez Douglas LAING, le sympathique Jan Beckers proposait dans la joie et la bonne humeur de déguster différentes versions de sa gamme "Remarkable Regional Malts' (qui propose des blendeds malts thématiques, ) savoir un par région d'Ecosse-je vous ai déjà parlé notamment du "Rock Oyster" ou de l' "Epicurian", tous deux recommandés par votre serviteur-et présentait l'"Old Big Peat", une version à 50 % rendue plus profonde par la présence de single malts plus âgés), mais aussi des single malts plutôt jeunes dans sa gamme "Provenance", comme par exemple un DAILUAINE 7 ans bien fruité ou par exemple un joli TALISKER de 7 ans d'âge, d'une belle fraîcheur marine & agrumes.
 
J'ai bien aimé aussi la deuxième version du "YULA", ce blended malt îlien de 21 ans d'âgeau packaging psychédélique (que n'aurait pas renié le groupe de blues suédois Blues Pills). Titrant 52,3 %, il faisait encore une fois la part belle aux distilleries d'Islay qui le composent en partie, mais davantage pour les belles notes de badiane et fleurs capiteuses du BOWMORE que pour la tourbe (modérée).
 
 
 
 
 
 
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Un très agréablement BOWMOREesque "YULA" deuxième édition de chez Douglas LAING. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Puis j'ai rattrapé mon "retard" de 2015 en me rendant sur deux stands qu'il me tenait à coeur de visiter, les deux stands liés au négociant The SPECIALITY DRINKS Ltd, émanation de The Whisky Exchange (l'équivalent anglo-saxon de la Maison du Whisky, dont j'ai récemment visité la nouvelle boutique située à Covent Garden, qui est impressionnante, autant le dire...). Commençons par l'excellente gamme/marque "PORT ASKAIG", faisant la part belle à la distillerie CAOL ILA (de manière anonyme, certes, mais c'est un secret de polichinelle...), mais pas seulement, à ce que j'ai cru comprendre. J'ai bien apprécié l'aérien 30 ans d'âge, le très équilibré 16 ans, un rien terreux et bien fumé, et enfin l'explosif et véritablement jouissif jeune "100 Proof" (à 57,1 %), un autre de mes coups de coeur du salon cette année.
 
Sur le stand voisin et ami, celui d'"ELEMENTS OF ISLAY", de belles choses également (je me souviens du superbe "Lg5" de l'an dernier-un Lagavulin), entre autres flacons un BUNNAHABHAIN tourbé nommé "Ma1", modérément tourbé, mais expressif, un LAPHROAIG de qualité également ("Lp7"), et bien sûr le nouveau venu destiné à être une référence régulière, le brut de fût simplement nommé "Peat"...bien conçu, mais je lui ai tout de même préféré le PORT ASKAIG "100 Proof".
 
En "off" et au VIP était également proposé le single-cask millésimé "2000" (un brut de fût à 61,2 %, puissant mais très fin) qui a été créée à l'occasion des 60 ans de ce salon, un single malt au profil plus sec que les versions réduites ou que le "100 Proof". Depuis, la gamme s'est enrichie d'un 8 ans d'âge réduit, présenté au salon "The Whisky Show" anglais qui s'est déroulé les 1 & 2 octobre à Londres.
 
 
 
 
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Une splendide gamme que PORT ASKAIG, avec une amplitude d'âge qui laisse rêveur. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
Au VIP, j'ai également pu déguster plusieurs mises en bouteille du négociant allemand SANSIBAR, dont un 40 ans d'âge anonyme sobrement nommé "Speyside", avec de belles notes de malt et de noisette, puis un LAPHROAIG de 18 ans d'âge qui a suscité certains engouements autour de moi mais que j'ai trouvé bien fait, mais pas exceptionnel et manquant un peu de punch malgré ses 53,4 % (les négociants Berry Bros & Rudd ou Douglas Laing, par exemple, en ont sorti de meilleurs les années précédentes...).
 
 
 
 
 
 
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Un salon VIP sous le signe du soleil...pas de Karuizawa ici, mais le monde peut tourner sans, n'est ce pas (?) avec d'autres jolies choses malgré tout, y compris japonaises (voir plus loin). Derrière le bar, Jean-Marc Bellier. Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
Chez les américains, hormis les WESTLAND (qu'ils soient en version élevée en fûts de Bourbon, version "Sherry Wood" ou "Peated" -tourbé), je n'ai pas eu le temps de faire beaucoup de stands (je conseille ceci dit les DRY FLY et WHISTLEPIG, que j'ai eu l'occasion de déguster plus tôt dans l'année). Cependant, j'ai été de nouveau séduit par le "Barrel Proof" Straight Rye de MICHTER'S (notes de dégustation à venir là aussi), en plus de leur gamme régulière dont je vous ai déjà parlé.
 
Un peu plus loin, j'ai été impressionné par les versions brut de fût de la version "Small Batch" du FOUR ROSES (déjà une superbe référence en version réduite), et notamment le millésime "2015", le dernier élaboré par le maître-distillateur Jim Rutledge avant son départ à la retraite, un concentré de fruits et de boisé subtil à 54,3 %, ce à partir de fûts âgés de 11 à 16 ans. Inoubliable...Le 2016, dégusté en parallèle, élaboré par son successeur Brent Elliot était très bien aussi, mais souffrait beaucoup de la comparaison avec le 2015, bien plus exubérant.
 
 
 
 
 
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C'est avec regret que l'on va laisser partir Jim Rutledge, vu la qualité inouïe de sa dernière création (à droite sur la photo). Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
En bref, aussi, parmi les belles choses dégustées, certes pas toujours dans les meilleures conditions, le nouveau LAGAVULIN 25 ans "200 th anniversary edition" (à 51,7 %), plutôt bien fait, mais qui m'a un peu laissé sur ma faim par rapport au même 25 ans mais embouteillé en 2002.
 
 
 
 
 
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J'ai envie de dire "Simplement merci, Julian..." Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
 
 
Chez les japonais, bien équilibré et expressif, le CHICHIBU "On the Way" (titrant 58,5 %) m'a bien plu (il s'agit d'un whisky d'un peu plus de 5 ans d'âge élevé en grande partie en fûts de chêne américain ayant contenu du Bourbon, mais aussi en fûts de chêne rouge japonais, autrement dit en Mizunara). Au salon VIP, deux autres versions limitées, des single casks, et des cuvées pour l'anniversaire de la MDW) de CHICHIBU étaient disponibles, un brut de fût élevé en fûts de Bourbon,  titrant 61,5 %, et une version tourbée ("Peated") titrant 61,3 %. Deux réussites...
 
 
 
 
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"Domo Haligato Gosaïmas", Mr Akuto...Photo: © Grégoire Sarafian
 
 
 
J'ai eu du mal à accéder au stand de la distillerie japonaise MARS, donc je n'y ai rien dégusté. La vedette tant des stands japonais sur le plateau qu'à l'espace VIP fut sans contexte à nouveau un NIKKA "Coffey Grain/Cask Strength -il y eut en fait au moins deux versions (certains disent trois), dont le splendide fût 102093 titrant 63 %, une pure merveille pâtissière.
 
 
 

 

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Fabuleux, ce NIKKA "Coffey grain" brut de fût....Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

CONCLUSION:

 

Voilà en gros ce qu'il fallait retenir de ce salon à mon sens, en tout cas concernant les whiskies que j'ai pu déguster, bien entendu. Comme tout le monde, j’ai aussi navigué au gré des disponibilités des stands (autant dire presque mission impossible d’approcher le stand DALMORE à chaque fois que je m’y suis présenté, j’y ai donc renoncé…-Oui, j’étais curieux du nouveau « Quintessence »).

Evidemment que le problème principal demeure le prix des flacons dès lors que l’on quitte les entrées de gamme et âges modestes, comme par exemple celui de l’ AULTMORE 1996 « Sweet white wine finish » (Sauternes), réduit à 50 issu de 2 fûts (3475 & 3478), 131 bouteilles, une cuvée 60 ème anniversaire de la MDW annoncé à 399 €. Attardons nous d’ailleurs un temps dessus…Vous y croyez, vous, au nombre de bouteilles annoncées pour deux fûts d’à peine 20 ans d’âge ? Moi, non, je pense plutôt qu'il y a du y avoir un split du contenu de ces fûts entre/avec un ou plusieurs négociants ou maisons grossistes & distributrices à mon avis. Cela reste une hypothèse, bien sûr…pas une certitude. Quand au prix, il est simplement un peu plus élevé que le …25 ans d’âge.

Chez DALMORE, me répliquera-t’on, pour le même affinage, quasi-même âge & titrage, le prix sera quasiment doublé (895 €), oui, mais, il y a longtemps que cette marque n’est plus accessible au commun des mortels pour les hauts de gamme…question de positionnement marketing vers le luxe (depuis le rachat de 2007 par United Spirits). Heureusement, cette année encore, malgré tout, j’ai dégusté de belles choses à moins de 150 €, voire 80 €.

 

 

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Le "Whisky de Table", de COMPASS BOX, un blendec malt de 3 ans d'âge, ultime provocation?

 

 

L’autre problème évidemment demeure le phénomène désormais bien implanté des n.a.s. (whiskies sans compte d’âge) ET les whiskies axés sur la « wood technology » (la recherche par brûlage intensif des fûts de certains goûts de boisé, vanillé, d'épices tirant le whisky vers le rhum ambré, pour être clair), phénomène similaire à, il y a quelques années, celui de la « parkerisation » dans les vins de Bordeaux et l’obsession de la « micro-oxygénation » qui allait avec (si vous ne me croyez pas, regardez pour ce qui est du vin le documentaire "Mondovino", dont la vision fût un choc pour moi il y a quelques années). D’’ailleurs, clairement, ce sont souvent les mêmes produits qui souffrent à la fois du « n.a.s. non transparent » et de la « wood technology » (même s’il y a de belles exceptions encore cette année).

Cependant il convient ici de rappeler, pour les lecteurs pas encore trop au fait de ce problème, qu’il ne saurait être question de mettre tous les whiskies dans le même sac, même les n.a.s. , comme il m’arrive de le lire ici ou là sur des forums ou blogs ou billets de journalistes pas toujours bien informés. En effet, comment comparer (par exemple) les jeunes Singleton of DUFFTOWN sans compte d’âge (réduit à 40 %, colorés artificiellement, filtrés à froid, assez jeunes, etc…) avec un single malt en édition limitée comme par exemple l’ABERLOUR « A’Bunadh », créé avec une large variété de cuvées ou millésimes à partir de données précises et exigeantes (la majeure de fûts de sherry de premier remplissage, la non filtration à froid, la présence de quelques fûts de plus de 10 ou 15 ans, le titrage élevé, etc…).

C’est tout simplement ridicule, pas comparable…et je peux multiplier les exemples, même si « du bon côté de la force », il n’y a tout de même pas énormément d’exemples de bons n.a.s. en dehors des whiskies des jeunes distilleries (les KILCHOMAN « Sanaig » ou le jeune single malt de WOLFBURN en sont de bons exemples) et des versions n.a.s. historiques (issus du début des années 2000, voire avant-1997 pour l’ « A’Bunadh ») comme l’ABERLOUR A’Bunadh, le LAPHROAIG « Quarter Cask », ou encore l'ISLE OF JURA "Superstition", chez nous (eh, oui !), les ARMORIK et les GLANN AR MOR (souvent en dessous des 6/7 ans d’âge et pourtant si « prêts à déguster ») et même, plus récemment, le CAOL ILA « Moch », un des premiers n.a.s. de l’ère « contemporaine », si j’ose dire, et, à fortiori, forcément, la gamme « Private Edition » de GLENMORANGIE (rarement en dessous de 10/12 ans d’âge).

Pour donner un exemple récent positif, j’ai trouvé que les deux récents SCAPA (« Skiren » et « Glansa »), sans être des chefs d’œuvre pour autant, s’en tirent plus qu’honorablement. Cela laisse un peu d’espoir.

Pour ne pas rester sur une note négative, donc, signalons tout de même que j'ai passé de très bons moments dans ce salon, et que, parmi mes coups cœur de cette année, figurent deux jeunes distilleries commençant par la lettre « W » et ayant eu l’intelligence par leurs méthodes de production, de contourner le problème de leur jeune âge (leurs whiskies ont moins de 5 ans d’âge !), à savoir WOLFBURN, en Ecosse, dans les Highlands du Nord, et WESTLAND, aux Etats-Unis, sur la côte Ouest…Une distillerie que j’ai fini par élire distillerie de l’année 2016 (voir ma note dans le sujet sur mes meilleurs whiskies abordables de 2015/2016 : cliquez ici/ click here

 

 

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Merci encore à tous et à toutes, lecteurs fidèles du site (que vous soyez professionnels ou amateurs) de votre fidélité et de vos encouragements lors du salon ! Merci également aux professionnels pour leur accueil sur le salon.

 

 

 ***

 

Pour finir, une dédicace personnelle à des personnes que je n’ai pas pu voir cette année, à savoir, entre autres, bien sûr, Dave Broom (« you’re the best, I miss you ! »), Richard Paterson (qui fêtait ses 50 ans de métier-« Congrats, and please take care of Gregg, now, thanks ! »), ou encore Chris Maybin (« All the best, mate, for your new job ! »).

 

Masterclass BENROMACH chez Nicolas JULHES le 07.10.15

 

Reportage sur la Masterclass BENROMACH chez Nicolas JULHES (boutique N°3)

le 07/10/2015 :

 

Mise à jour du : 30/09/2016

 

Le 07 Octobre, une dégustation consacrée à la distillerie écossaise BENROMACH, appartenant au négociant Gordon & MacPhail, avait lieu dans la troisième enseigne de l’épicier-traiteur-caviste Nicolas JULHES (boutique située au 28, rue du Faubourg Poissonnière 75010 Paris) que les lecteurs de mon site connaissent depuis un bon moment -Pour les autres, voir coordonnées ici : http://www.julhesparis.fr/

La dégustation était conduite par la très compétente Juliette BUCHAN, responsable régional du développement commercial chez Gordon & MacPhail (traduire de facto également ambassadeur de la distillerie BENROMACH). N’ayant pas pu déguster leurs nouveautés lors du dernier salon Whisky Live Paris 2015 (BENROMACH est représenté en France par La Maison du Whisky), et appréciant beaucoup l’état d’esprit de cette maison, il m’a paru indispensable de me rendre à cette dégustation. Célia Ghesquière, agent commercial exclusif de la Maison du Whisky, était chargée de l’assistance à la dégustation, et apportait si besoin d'utiles précisions, tandis qu’ Anaïs Boutron, responsable communication chez Nicolas Julhès, veillait comme d’habitude à ce que les choses se déroulent au mieux (comme j’ai appris que c’était une de ses dernières missions pour Nicolas Julhès et le domaine des spiritueux, j'en profite pour lui souhaiter bon vent et le meilleur pour la suite !).

Six whiskies étaient proposés à la dégustation, une dégustation, à souligner, entièrement gratuite, plus en bonus le « nosing » d’un échantillon de Matusalem Sherry (du Xérès de 30 ans d’âge en provenance de la société Gonzalez Byass, à environ 20 % d’alcool). Là encore, comme chez Vin & Whisky, mais dans un esprit un rien différent, une vingtaine de personnes ont eu la chance de dialoguer avec des professionnels du whisky après la présentation de chaque whisky, et votre serviteur ne s’est pas privé de poser des questions afin de vous apporter le plus de précisions techniques ou factuelles possibles pour vous faire votre opinion et vous informer sur les productions de cette distillerie.

 

 

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Juliette BUCHAN, de Gordon & MacPhail, pour qui BENROMACH n'a aucun secret...Photo © Grégoire Sarafian

 

 

LES WHISKIES DEGUSTES (Tous des SINGLE-MALTS officiels) :

 

Voici les whiskies dans l’ordre de leur dégustation, après une brève présentation de la distillerie :

 

Distillerie BENROMACH :

 

Cette distillerie fût fondée en 1898 par Duncan McCallum & F.W. Brickmann, dans le comté de Forres, ou figure également la distillerie DALLAS DHU (fermée depuis 1983). La distillerie BENROMACH est classée dans la région du SPEYSIDE, bien que située en bordure Est des Highlands du Nord, et elle est également voisine de la distillerie GLENBURGIE. Elle est célèbre également parce qu’elle est une nombreuses distilleries écossaises du Speyside construite par l’architecte Charles Doig (1855-1918), l’inventeur des fameux toits de distilleries en pagode inspirés des temples chinois et japonais (un système moins romantiquement nommé « Doig ventilator » en anglais) qui permettaient grâce à un ingénieux système de clapets d’augmenter et de mieux réguler la fumée issue du processus de maltage de l’orge. La distillerie BENROMACH a été rachetée à plusieurs reprises depuis sa construction, jusqu’à sa mise en sommeil en 1931, et ce jusqu’en 1937. Elle fut ensuite revendue en 1938 à la société Joseph Hobbs Associated Scottish Distilleries Ltd (possédant plusieurs distilleries également), puis la société fut rachetée par un groupe américain (National Distillers of America) qui revendit en 1953 la distillerie BENROMACH en même temps que d’autres à la puissante D.C.L. (Distillers Company Limited).

 

 

 

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La distillerie est entièrement rénovée en 1966, mais, hélas, en 1968, elle sera mise en sommeil en 1983, et ce jusqu’à son rachat en 1993 par la célèbre et plus que centenaire maison de négoce de whiskies GORDON & MacPHAIL fondée à Elgin en 1895. Elle est alors à nouveau rénovée et munie d’un système de chauffe des alambics à la vapeur, d’une nouvelle cuve de brassage d’une tonne et demie recouvert d’un dôme de cuivre et recomposée à partir des anciennes, ainsi que de 4 cuves de fermentation en bois de Mélèze. La distillerie ainsi rénovée et prête à rouvrir (le premier distillat sorti en août 1998) fut inaugurée par le Prince de Galles le 15 Octobre 1998. C’est en 2004, la distillerie souhaitant attendre d’avoir un whisky âgé entre 6 et 7 ans d’âge au moins, que sort la première mise en bouteille sous la direction du négociant, et il sera nommé « Traditional », tandis que des éditions plus âgées de « l’ancien régime » (comme dirait Jim McEwan) comme un 17 ans ou encore ce 15 ans affiné avec de très vieux fûts datant de 1886, 1895 et 1901. A l’heure actuelle, d’ailleurs, notons que le plus ancien fût disponible, enfin jusqu’à qu’il fut mis en bouteille en 2005 était un 55 ans d’âge distillé en 1949 et titrant encore 42,4 % (83 bouteilles ont été produites et l’on pouvait encore le trouver il y a quelques années aux alentours de 6500 €, aujourd’hui il faudrait sans doute y ajouter un zéro).

 

BENROMACH est une des rares distilleries écossaises à utiliser à la fois des levures de distillerie (les plus couramment utilisées) et des levures de brasserie (peu utilisées par les distillateurs car réputées instables). La quasi-totalité de la production (qui est de 250 000 litres d’alcool pur par an) est dédiée aux single-malts. BENROMACH est également une distillerie qui revendique un statut artisanal, notamment par l’emploi exclusif d’orge écossaise, de chais traditionnels (dunnage warehouse) et le refus de toute coloration artificielle. Elle dispose même d’une certification officielle « biologique » pour une des références de la gamme régulière nommée « Organic », sur tout le processus (à tel point qu’elle doit uniquement utiliser du bois neuf pour sa maturation). Enfin, le malt de BENROMACH est tourbé à 12 p.p.m., c’est-à-dire très modérément tourbé. Trois personnes suffisent à faire fonctionner la distillerie et ce sont effectivement trois personnes qui sont actuellement en charge de la production, et notamment le maître distillateur Keith Cruickshank à qui l’on doit probablement cette spectaculaire montée en puissance de la distillerie depuis quelques années et la constance dans la production de ses single-malts.

Pour en savoir plus, voir la fiche complète de la distillerie sur le site (full distillery story & presentation here) : Fiche BENROMACH

 

1/ BENROMACH « Organic » (Distillé en 2008), mis en bouteille en 2014 (6 ans d’âge), 43 % :

Cette version lancée pour la première fois en 2008 est une version ayant obtenu la certification officielle de whisky biologique sur la totalité du processus de fabrication, depuis l’orge (provenant de Keith, dans le Speyside), la levure, l’eau, qui en sont la base, jusqu’aux fûts qui ont servi pour la maturation, nécessairement neufs.

De couleur vieil or, cette version plutôt légère est au nez un peu différente des autres qui vont suivre, marqué en cela par des notes légèrement fermières (un peu comme chez certains SPRINGBANK), d’étable, mais aussi d’orge bouillie, de mousse, le tout mêlé de tourbe légère, donc un profil végétal, mais très fin. En bouche, c’est très fondu et pour moi bien équilibré, davantage cette fois sur le miel, les herbes et l’orge maltée mais aussi une note végétale qui subsiste (tabac champignon). Avec un peu d’eau, sa finesse et son équilibre ressortent, mais aussi un certain manque de complexité et de profondeur (ne pas ajouter trop d’eau). Conclusion : Un BENROMACH un peu atypique mais plutôt bien fait, que j’ai apprécié (3 ème édition de cette version dégustée et la plus forte note avec l’édition de 2009 notée 87/100 contre 82,5/100 pour l’édition 2007). P.V.C./MdW (prix de vente conseillé, chez les cavistes dépositaires des produits La M.D.W., ex. Nicolas Julhès) : Autour de 65 € -Note sous réserve estimée à : 86/100

 

 

 

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2/ BENROMACH 5 ans, mis en bouteille en 2015 (première édition), 40 % :

Cette version toute nouvelle remplace en quelque sorte la version dite « Traditional » légèrement plus âgée en tant qu’entrée de gamme. Il s’agit d’une version élevée à 80 % en fûts ayant contenu du Bourbon de premier remplissage (« First Fill ») et de 20 % de Sherry.

De couleur or très clair, cette version très jeune et très légère est plutôt agréable au nez. De jolies notes florales, assez sexy (lilas, violette), se mêlent à des notes typiques de jeune whisky (levures), d’orge maltée, jusqu’à des notes d’esters (bonbons anglais, fruits exotiques) demeurant tout de même modérées. En bouche, l’on retrouve ces mêmes notes, avec beaucoup de fluidité (voire un caractère légèrement aqueux, du à la réduction à 40 %) et de séduction, et une jolie touche de tourbe pour finir. Avec quelques gouttes d’eau (vraiment peu), l’ensemble demeure très fin et agréable, mais l’eau n’est pas ici indispensable. Conclusion : Un single malt jeune, résolument d’apéritif (ce qui n’a rien de péjoratif), plutôt bien fait, et une addition culottée (le jeune compte d’âge !) à la gamme, en ces temps de pléthore de versions sans compte d’âge (« n.a.s. »). Bien sûr mon tempérament râleur me fera dire que j’aurais aimé qu’elle ait elle aussi au minimum 43 %, comme le 10 ans, voire même un peu plus en raison de son jeune âge. Mais rien que pour le parti pris rare de sortir un 5 ans d’âge nommé comme tel, je tire mon chapeau à la distillerie. P.V.C./MdW/N.J. : Autour de 43 € -Note sous réserve estimée à : 84,5/100

 

 

 

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3/ BENROMACH « Sassicaia Wood Finish » (distillé en 2006 : 7,5 ans d’âge), mis en bouteille en 2015, 45 % :

Cette version est un assemblage de fûts de Bourbon et de Sherry Oloroso (sauf erreur de ma part), puis l’ensemble a été longuement affiné dans des fûts ayant contenu du vin rouge italien de la région de la Toscane (il est parfois nommé « Super Tuscan ») à 80 % composé de cépage Cabernet-Sauvignon.

De couleur cuivrée, elle a un nez complexe, à la fois rond, très fruité, floral et un rien épicé, assez gourmand. En bouche, ce BENROMACH est clairement gourmand, fruité (fruits rouges et fruits noirs, abricots mûrs), voire même pâtissier (entre charlotte aux fruits rouges et soupe de fraises et de mûres au vin rouge), mais pas vineux (quel équilibre, décidément dans toutes les versions dégustées ce soir !), avec un soupçon d’herbes et d’épices à l’arrière-plan et pour couronner le tout, en filigrane, une légère tourbe cendrée…Avec un peu d’eau (pas trop, s.v.p. !), il devient encore un peu plus rond et charmeur. Conclusion : Je n’ai jamais été fan des affinages en fûts de vin rouge, car souvent il s’agit de masquer des fûts de qualité médiocre, et par là même d'écraser le style de la distillerie, mais les exemples contraires (je veux dire de réussite) existent même s’ils sont peu nombreux à mon avis, la preuve en est donnée par exemple par cette version remarquablement équilibrée et plaisante, meilleure à mon sens que l’édition que j’avais dégustée en 2009 (notée 81/100), déjà intéressante ceci dit. P.V.C./MdW/N.J. : Autour de 70 € -Note sous réserve estimée à : 88/100

 

 

 

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4/ BENROMACH 10 ans, mis en bouteille en 2015, 43 % :

Note de Dégustation/Tasting Note (2015, révisée en 2016):

A Noter: Cette version de la gamme régulière est devenue peu à peu l’emblème de la politique de qualité de la distillerie à mon avis. C’est une version issue d’un assemblage de fûts ayant contenu du Bourbon et de fûts ayant contenu du Sherry durant 7 ans, puis les fûts ont été mélangés ("mariés") durant un an au minimum (probablement plus près de 2 ans, dirai-je) dans des fûts ayant contenu du Sherry de type Oloroso. Depuis, la distillerie a sorti non seulement la version brut de fût de ce whisky (dite "100 PROOF"), mais aussi une version de 15 ans d'âge, et, provocation ultime, à l'heure ou "pleuvent" les versions n.a.s. (sans compte d'âge) sur le marché, osé sortir un single malt de 5 ans d'âge qui en porte la mention, et en plus qui est bon ! 

Couleur: Vieil or. Nez: Il possède un nez très fin et très complexe, composé de notes florales (fleurs capiteuses), fruitées (fruits rouges & noirs), légèrement herbacées, épicées, tourbées (une tourbe tirant parfois vers des notes goudronnées et médicinales), boisées (bois brûlé) et fumées d’une incroyable élégance. Bluffant déjà à ce stade. Bouche: En bouche, il est tout en délicatesse mais non sans affirmer sa présence, reprenant les notes du nez, avec ces notes florales si sexy (lilas, violette, mais aussi une pointe de badiane), de notes fruitées complexes et riches (fraises mûres, framboises, mûres et prunes), de chocolat noir et au lait (l’on est pas si loin du BOWMORE 15 ans « Mariner »), de boisé/fumé (bois brûlé, feu de cheminée), de tourbe mi-grasse, mi-cendrée, de réglisse aussi en arrière-plan. Un whisky qui a beaucoup de choses à dire ! Tenue à la dilution: Avec un peu d’eau (n’en ajoutez pas trop), les notes se fondent encore un peu plus entre elles, et développent notamment un fruité très riche qui devient légèrement acidulé (baies, grenades), voire même, lors de certaines dégustations, font découvrir des notes de café torréfié (le sherry parle, là encore). Devient aérien en un sens, et encore plus sophistiqué. Conclusion : C’est pour moi à l’heure actuelle probablement le plus beau single-malt écossais de 10 ans d’âge disponible sur le marché. Par sa complexité, son équilibre et son élégance, il écrase toute concurrence au point, à l’aveugle, de passer pour d’autres single-malts prestigieux & iliens bien plus âgés (j’ai fait le test avec des amis, j’ignorais moi-même ce qu’il y avait dans mon verre…). Les éditions 2014 et 2015 (depuis le nouveau packaging, disons) me paraissent enfin encore plus équilibrées qu’auparavant (l’édition 2009, la première je crois, fut notée 88 puis 90,5/100 par votre serviteur -seule une légère note désagréable de pneu brûlé & de pétrole l’empêcha d’aller plus haut, or cette note a disparu aujourd’hui). Non seulement chaudement recommandé, mais j’ose dire indispensable dans tout bar de passionné qui se respecte, et d'un rapport qualité/prix difficile à égaler. Prix indicatif (MdW/N.J.) : Autour de 52 € -Note sous réserve estimée à : 93 à 95/100 (suivant les lots, voire l’humeur !)

 

 

 

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5/ BENROMACH 10 ans « 100 Proof », mis en bouteille en 2015, réduit à 57 % :

BENROMACH a gardé la même recette que pour la version réduite à 43 %, mais, fait intéressant, la propose non pas en brut de fût (« Cask Strength ») mais à l’ancien degré de mesure de l’alcool (en mélangeant le whisky à de la poudre à canon, si le mélange s’enflammait, l’on obtenait en effet la « preuve » que celui-ci avait le titrage alcoolique suffisant pour être du whisky). Ainsi « 100 Proof » en échelle britannique signifiait 57 % d’alcool par volume, tandis que l’unité de mesure américaine signifiait elle la moitié (50 %). En définitive, le distillat a été réduit par adjonction d’eau distillée d’environ 60 % (le distillat de BENROMACH sort entre 59,7 % et 60,3 % environ, nous précise Juliette BUCHAN. Elle ajoute que comme la mesure d’alcool est différente aux Etats-Unis, la mention « 100 Proof » a été supprimée de l’étiquette de cette version pour ce marché et remplacée par le nom « Imperial ».

De couleur vieil or à presque cuivrée (bon, ok, l’éclairage faible n’a pas favorisé l’appréciation de la juste couleur de ce whisky), son nez est riche, complexe, dense. Les fruits mûrs et noirs sont là, les fruits rouges un peu moins évidents, certes, c’est le fondu des arômes est important et impressionnant. Les fleurs capiteuses se mêlent aux autres notes, au boisé/chocolaté, au malt, très présent dans cette version, mais aussi à la tourbe un rien réglissée qui est au cœur de l’assemblage, tout en restant modérée. En bouche, étonnamment, c’est la même chose, il y a une sensation compacte qui diffère un peu du caractère presque aérien du 10 ans réduit, au profit d’une densité, d’une richesse gourmande que l’ajout d’un peu d’eau va révéler. Alors, avec un peu d’eau, mais moins que dans la version réduite (disons que cela reviendra à une réduction à environ 50/52 % d’alcool), ce 10 ans d’âge s’exprime à plein, avec son cortège de fleurs capiteuses, de fruits mûrs, de malt, de chocolat noir et au lait, de réglisse, voire d’orange confite, pour notre plus grande satisfaction. Conclusion : D’un équilibre toujours aussi impressionnant, cette version a également pour intérêt de donner la chance au consommateur de la comparer à la version réduite à 43 % (car c’est, rappelons la même recette que pour celui-ci). Elle est aussi un des rares single-malts brut de fûts écossais officiels relativement jeune à arborer sur son contenant la mention de son âge ! D’autres notes de dégustation, plus précises, à venir. P.V.C./MdW/N.J. : Autour de 79 € -Note sous réserve estimée à : 92/100

 

 

 

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6/ BENROMACH 15 ans, mis en bouteille en 2015 (première édition de 600 bouteilles), 46 % :

Cette toute nouvelle version est un assemblage de fûts ayant contenu du Sherry & du Bourbon, puis remis à marier plusieurs années dans des fûts de Sherry, comme le 10 ans d’âge. La seule différence importante est l’apport de davantage de fûts de Sherry dans l’assemblage.

De couleur vieil or, elle a un nez complexe, presque aussi riche et dense que le 10 ans brut de fût, marqué par le sherry et le malt. Le chocolat noir, les fruits secs & les fruits mûrs sont sa signature. La tourbe et la fumée, à ce stade, sont reléguées à l’arrière-plan, avec discrétion. En bouche, ce BENROMACH est gourmand, fruité (fruits secs & les fruits mûrs) et pâtissier (ganaches variées au chocolat noir et au lait, palets au praliné, voire même fudge -caramels écossais au beurre). Les fleurs sont peu présentes ou vraiment fondues à l’ensemble. De même, la sensation de tourbe est très faible et discrète, mais non sans élégance. Avec un peu d’eau, il devient plus souple et se rapproche un peu du 10 ans, avec les complexes notes fruitées qui ressortent un peu…Conclusion : Une nouvelle addition à la gamme régulière de grande qualité, remarquablement équilibrée, en partie différente du 10 ans d’âge. Elle est elle aussi chaudement recommandée. P.V.C./MdW/N.J. : Autour de 90 € -Note sous réserve estimée à : 91,5/100, voire davantage (92,5 ?)/100

 

 

 

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* Sherry « Matusalem » 30 ans, maison Gonzalez Byass, 2015, environ 20 % (Xérès, vin fortifié): Echantillon en « nosing » (étude olfactive) seulement.

Ce Xérès (vin fortifié par l’ajout d’alcool) très âgé est élevé dans des fûts qui, une fois vidés, sont très recherchés pour faire vieillir des distillats délicats et leur donner noblesse, délicatesse, mais aussi gourmandise. C’est notamment ce qui est recherché par l’assembleur Richard Paterson pour la maturation ou plus souvent l’affinage des single-malts de la distillerie DALMORE, pour des éditions limitées âgées et prestigieuses (le mot poli pour ne pas dire hors de prix, en l’occurrence, mais, pour être équitable, cela donne souvent de remarquables résultats).

De couleur acajou foncé, son nez est exubérant au possible et profond, m’évoquant bien sûr quantité de fruits noirs et rouges très mûrs, mais aussi des fruits secs à profusion (raisins de Corinthe, pruneaux, abricots, dattes, etc…), mais aussi, de manière bien plus personnelle, contre toute attente, du « Pasterma », une spécialité apéritive arménienne à base de boeuf séché à l’air et protégé et parfumé par une pâte d’épices (composé de paprika, du fenu grec, de l'aïl et du cumin, voire du piment de la Jamaïque). C'est une sorte de viande des grisons plus parfumée, en quelque sorte. Conclusion : Certes nous n’avons pas dégusté ce Sherry ce soir là, mais j’en ai déjà dégusté auparavant et c’est une expérience unique, un vin très riche, de dessert ou à consommer sans accompagnement évidemment. Indication de Prix : Autour de 60 € (disponibilité chez les cavistes à confirmer)-Pas de note chiffrée.

 

 ***

 

Conclusion générale: (V.F.): Une dégustation très instructive (un grand merci à Juliette Buchan pour cela) avec pas mal d'informations utiles sur la distillerie et ses standards de production assez élevés, jusqu'à la certification "bio" pour certaines références, et une louable volonté de jouer "cartes sur table" pour toute sa production. Le mot artisanal prend tout son sens ici. Du côté des versions dégustées, que je connaissais déjà 4/6 des versions dégustées, mais pas forcément des lots de cette année (pour l'"Organic" et le "Sassicaia..."-qui m'ont bluffé). J'ai beaucoup aimé les 2 versions du 10 ans d'âge, d'une belle harmonie, ainsi que la sérénité du 5 ans et du 15 ans (assez différents). J'ai été impressionné par dessus tout par la qualité, l'équilibre et la constance dans la production d'une version à l'autre et j'ai hâte de découvrir leurs prochaines versions. Je ne peux donc que recommander cette distillerie et souhaiter un jour l'arrivée d'un 18 ans d'âge, par exemple, ou d'une version brut de fût (ou à 50 %) du 5 ans, notamment...A bon entendeur !

 

Conclusion/Summerize of the evening : (English): A very educational tasting (thanks a lot to Juliette Buchan for that), with a lot of useful informations about the distillery & its quite high production standards, leading to get the official green certification for one of its expressions, and a commandable will to explain frankly how the whisky is produced. The word "crafted", often bandied about these days, has a real meaning here. About the expressions offered to sample that evening, I knew 4/6 of them, but not necessarily in this year's batches : For instance this year's "Organic" & "Sassicaia Wood Finish" batches were quite amazing, better than previous ones I've tasted. I loved the two 10 years old expressions (as I said before, the 10 y.o. at 43 % is probably the best 10 y.o. single-malt in today's market, and not only the Scottish one), showing great harmony, and the 5 & 15 years old's serenity, even though they are different. Most of all, I have been impressed by the quality, the balance & the consistency of production from an expression to the other, and that makes me looking forward for the future ones. So I can only recommend this distillery and wish the arrival of new comers in the range such as for instance a 18 years old some day and, between others, a cask strength (or reduced at 50 %) version of the new 5 years old....A word to the wise !

 


Masterclass KAVALAN chez Nicolas JUHLES le 01.10.15

 

 

 

Reportage sur la Masterclass KAVALAN ayant eu lieu chez Nicolas JULHES (boutique N°3) le 01/10/2015 :

 

 

Mise à jour du : 06/10/2015

 

 

Le 1 er Octobre, une dégustation concernant la distillerie taïwanaise KAVALAN avait lieu dans la troisième enseigne de l’épicier-traiteur-caviste Nicolas JULHES (boutique située au 28, rue du Faubourg Poissonnière 75010 Paris) que les lecteurs de mon site connaissent depuis un bon moment (pour les autres, voir coordonnées ici : Lien vers Nicolas Julhès.

La dégustation était conduite, entre autres, par la charmante Emma LIN, responsable du développement commercial (traduire de facto ambassadeur de la marque KAVALAN). N’ayant pas pu déguster leurs nouveautés lors du dernier salon Whisky Live Paris 2015 (KAVALAN est représenté en France par La Maison du Whisky), cela me paraissait important de me rendre à cette dégustation. Célia Ghesquière, agent commercial exclusif de la Maison du Whisky, assurait la traduction de l’anglais ainsi que l’assistance à la dégustation et apportait des précisions utiles et quelques bonus en fin de séance. Anaïs Boutron, responsable communication chez Julhès, comme pour chaque masterclass ou salon, veillait à ce que les choses se déroulent au mieux.

Cinq whiskies étaient proposés à la dégustation, une dégustation, à souligner, entièrement gratuite, plus en bonus un « nosing » du distillat de KAVALAN, ainsi qu’un nosing, voire une dégustation pour quelques personnes de deux échantillons…Là encore, comme chez Vin & Whisky, mais dans un esprit un rien différent, une vingtaine de personnes avaient la chance de dialoguer avec des professionnels du whisky après la présentation de chaque whisky, et votre serviteur ne s’est pas privé de poser des questions afin de vous apporter le plus de précisions techniques ou factuelles possibles pour vous faire votre opinion et vous informer sur les productions de cette distillerie.

 

 

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Emma Lin, l'ambassadrice de la soirée pour KAVALAN, avec les bouteilles dégustées. Photo : © Grégoire Sarafian

 

 

 

LES WHISKIES DEGUSTES (Tous des SINGLE-MALTS officiels) :

 

Voici les whiskies dans l’ordre de leur dégustation, après une présentation de la distillerie :

 

Distillerie KAVALAN :

Cette désormais célèbre distillerie (son nom chinois est YUAN SHAN) fût fondée en 2005 par une grosse société, la King Car group, un important groupe qui exerce diverses activités (classée dans les trois plus grands producteurs de boissons et produites alimentaires de Taiwan) dont la dernière en date est le whisky. Située en pleine forêt, au Nord-Est de Taïwan, dans le comté de Yilan, ou le climat est tropical, avec des températures pouvant monter de 26 à 40 degrés, avec une forte humidité qui donne une part des anges importante de 12 % en moyenne, mais pouvant aller jusqu’à environ 15 %.

La distillerie est équipée de 4 alambics (2 alambics de wash de 12000 litres de capacité, et 2 alambics de spirit de 7000 litres) à col de cygne assez incurvé vers le bas, mais ne possèdent pas de boule de reflux et demeurent assez trapus. Ils sont couplés à plusieurs types de refroidisseurs, en raison du climat très chaud. Le distillat est donc assez fin surtout parce que le col de cygne est incurvé vers le bas. Il est prévu qu’en 2016 la capacité de production soit augmentée par l’ajout de 6 alambics supplémentaires, ce qui en fera donc 10 au total, nous précise Emma Lin, Le « cut » (ou la « coupe » du cœur de chauffe) a été récemment ramené de 78-72 degrés à 65-55 % pour nous dit-on, donner plus d’expressivité au distillat. De même, la distillerie est en train de construire de nouveaux chais afin de doubler la capacité de production. La production actuelle est de 1,5 millions litres d’alcool pur par an (actuellement 15000 fûts en cours de maturation dans les chais de KAVALAN, mais les chais peuvent en accueillir jusqu’à 60000 et un autre bâtiment est en construction à cet effet). La distillerie utilise 4 cuves de brassage (« mash tuns ») et 8 cuves de fermentation (« washbacks ») fermées en acier inoxydable.

La distillerie utilise régulièrement jusqu’à 8 types de fûts différents pour un même single-malt, mais pour les versions brutes de fût les plus connues, un ou deux types seulement de fûts sont utilisés (le plus souvent du Bourbon, du Sherry et du vin portugais qui est utilisé pour le « Vinho Barrique », mais parfois aussi d’autres types de fûts comme du Porto). La distillerie possède sa propre tonnellerie, sur place, et elle travaille les fûts en 3 étapes : 1/ « shaving » (raclement léger des douelles des fûts, pour éliminer le contenu précédent et raviver le travail du fût 2/ « toasting » (brûlage des douelles par un feu central) 3/ « charring » (brûlage plus intensif au chalumeau, réglable cependant, permettant d’obtenir la réactivité désirée du bois, notamment en ce qui concerne la vanille et les épices), il est réalisé de manière moyennement forte à très forte (« medium to heavy »). A cause du climat accélérant le vieillissement du distillat, les whiskies sont embouteillés assez jeunes, les premières versions vers 4 ans d’âge, et ils ne le sont que de 8 ans maximum, autrement, nous précise encore Emma Lin, « le whisky deviendrait trop amer » (trop de boisé interviendrait). Tous les single-malts de KAVALAN sont non filtrés à froid et, hormis une version, non colorés artificiellement. La production de la distillerie est automatisée au maximum.

Concernant les conditions de maturation, il faut savoir qu’il y a beaucoup de différences entre les alcools des différents étages qui vieillissent dans les chais modernes (la température peut atteindre 42 degrés au sommet du chai, là ou la plus basse près du sol sera de 27 degrés environ). La distillerie possède donc à la fois des racks sur 4 étages de fûts (…seulement, à cause des risques sismiques), mais aussi des chais traditionnels de type « dunnage », ce parfois dans le même bâtiment. La politique chez KAVALAN est de ne pas bouger les fûts en cours de maturation mais plutôt de sélectionner des fûts provenant de différents emplacements ou étages (un peu comme chez MAKER’S MARK aux Etats-Unis). Le Dr Jim SWAN, un consultant expérimenté qui a participé et participe encore à l’aventure de plusieurs distilleries (comme par exemple KILCHOMAN, PENDERYN, ANNANDALE Distillery, GLASGOW Distillery, DUBLIN Whiskey company, le projet LINDORES Abbey, etc…) est consulté pour la production depuis 2005, mais aussi pour l’approvisionnement de la distillerie en fûts divers, et ce à travers le monde (ex. Etats-Unis, Espagne, etc…), et l’orge vient d’Ecosse, mais aussi des pays de l’Est, dont la Lituanie, par exemple. Fait intéressant, et qui nous donne un peu le vertige, le centre d’accueil des visiteurs peut accueillir jusqu’à 600 personnes ! Quand on sait que la distillerie accueille près d’un 1 million de visiteurs par an, on le comprend mieux !

Le premier single malt fut lancé en 2008, et le premier single-cask de la gamme « Solist » en 2009. La distillerie connaît un succès grandissant à tel point qu’Ian Chang, le maître assembleur de la distillerie, peut être fier que KAVALAN aie obtenu de nombreux prix en 2015, dont 3 pour le « Vinho Barrique » aux World Whiskies Awards, et le prix du meilleur single-malt au monde par Jim Murray (personnage oh combien controversé). Le lecteur habitué à me lire comprendra que j’émette des réserves à son sujet, ainsi qu’aux prix décernés entre eux par les professionnels, mais l’ensemble des prix récoltés depuis quelques années n’est pas le fait du hasard, la qualité, notamment en ce qui concerne les hauts de gamme, est là. Après c’est aussi une affaire de goût…  

 

 

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Le line-up de la dégustation de la soirée, hors bonus, s'entend. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

1/ KAVALAN « Single Malt », n.a.s. (sans compte d’âge), mis en bouteille en 2015, 40 % :

Cette version de la gamme régulière est majoritairement âgée de 4 ans, plus une partie des fûts âgés de 5 ans. Il s’agit d’une version élevée dans 6 types de fûts différents, des fûts, entre autres, ayant contenu du Bourbon pour la première fois, pour la deuxième fois, du Sherry Oloroso (idem), ainsi que des fûts neufs.

De couleur vieil or, cette version plutôt légère est marquée par les fruits confits, et une douceur dénotant une possible par de fûts ayant contenu du vin. En bouche, l’on retrouve ce profil fruité, un rien floral, quelques timides esters, donnant des notes discrètes de fruits exotiques, de bonbons gélifiés, mais aussi une rondeur doucereuse pouvant provenir de fûts de vin, plutôt que de la vanille. A ce stade, ce whisky d’entrée de gamme de la marque rappelle un peu le YAMAZAKI « Distiller’s Reserve » qui a été élevé en partie en fûts de vin rouge. Avec quelques gouttes d’eau, le vin ressort davantage. Conclusion : Un single-malt correct, mais un peu trop compliqué, pas dans le sens de complexité, non, plutôt dans le sens d’un manque de cohésion, de trop d’informations en même temps, d’un manque de personnalité, d’authenticité. A titre de comparaison valable (c’est-à-dire en prenant un single-malt d’Asie ayant grosso modo les mêmes caractéristiques d’hygrométrie), le single-malt d’entrée de gamme d’AMRUT s’avère plus convaincant et plus abouti, en tout cas dans les versions récentes. Prix indicatif/MdW (et cavistes partenaires, comme N.J.) : Autour de 63€. -Note sous réserve estimée à : 80 à 82/100

 

 

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Le premier whisky de la dégustation, sans titre. Photo:©  Grégoire Sarafian

 

 

2/ KAVALAN « KING CAR Whisky (Conductor) », mis en bouteille en 2015, n.c.f. (non filtré à froid), n.c. (non coloré artificiellement), 46 % :

Cette version de la gamme régulière âgée de plus de 4 ans est constituée de pas moins de 8 différents types de fûts utilisés, dont un peu plus de Sherry que dans la version précédente.

De couleur vieil or, son nez est assez sucré, très fruité, sur un profil proche du whisky précédent, mais avec un peu plus de puissance, le passage de 40 à 46 % est un plus, clairement. En bouche, il est plus expressif que le whisky précédent, pour cette même raison, avec davantage de notes épicées (gingembre, piment doux) et des notes fruitées, un rien herbacées et boisées. Cependant, j’observe que le même problème qu’avec le whisky précédent se retrouve avec celui-ci, à savoir trop de maturations différentes impliquées à mon avis. La rondeur provient probablement de cela. Avec un peu d’eau, il s’assouplit un peu et devient plus agréable. Conclusion : Un single-malt très correct, avec un côté « entre deux » un peu frustrant. Pas encore « pour moi ». Prix indicatif/MdW : Autour de 65 € -Note sous réserve estimée à : 83 à 85/100

 

 

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Le second whisky de la dégustation, le "KING CAR". Photo:©  Grégoire Sarafian

 

 

3/ KAVALAN « Ex-BOURBON OAK », mis en bouteille en 2015, 46 % :

Cette version de la gamme régulière a été élevée en fûts ayant contenu du Bourbon, probablement uniquementde second ou troisième remplissage, mais je ne peux l’affirmer avec certitude.

De couleur vieil or, il possède un nez avant tout sec et épicé, puis en arrière-plan de la vanille, du foin et un boisé évoquant certains The BALVENIE comme les single-barrel Bourbon, par exemple. En bouche, il est sur ces mêmes notes, peu sucré, avec des notes d’agrumes, de noix de coco, d’herbes assez sèches, et d’épices très présentes (poivre noir, gingembre et piment doux) apportant de l’astringence et refermant quelque peu la palette aromatique. Avec un peu d’eau il est plus intéressant (mais ne pas trop diluer), avec plus de souplesse côté texture et une pointe (discrète) de fruits exotiques. Conclusion : Peut être le plus occidental de la gamme, avec les « Sherry casks »…c’est un autre monde. Pourrait constituer la véritable entrée de gamme de la marque. Prix indicatif/MdW : Autour de 70 € -Note sous réserve estimée à : 86/100

 

 

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Au tour du "Ex-BOURBON OAK" de s'exprimer. Photo:©  Grégoire Sarafian

 

 

4/ KAVALAN « SHERRY OAK », mis en bouteille en 2015, 8 ans, 46 % :

Cette version de la gamme régulière a été élevée en fûts ayant contenu du Sherry de type Oloroso une seule fois (« First fill ») et plusieurs fois (« Refill »), et cela se sent déjà au nez. Les fûts sont de type « Sherry butts » (donc de capacité au moins double de celle des fûts de Bourbon, ce qui donne moins de contact avec le distillat, donc compense un peu le vieillissement accéléré par le climat, pour donner, au final, un boisé modéré. Bien joué…

De couleur or, à reflets cuivrés, il possède un nez assez séduisant de pralinés, de noisettes et de chocolat au lait. J’aime beaucoup ce nez. En bouche il est un peu moins exubérant mais très agréable, avec la reprise des notes de pralinés, de noisette, de chocolat au lait, mais aussi de noix, d’amandes grillées, de fruits mûrs, et peu d’impressions de boisé ou de notes vineuses issues de l’élevage Sherry. Pas mal du tout. Avec un peu d’eau (point trop n’en faut ici), le profil demeure assez doux, chocolaté et fruité, avec davantage de fondu et de finesse. Pointe épicée sur la fin, mais modérée. Conclusion : Là encore les 46 % et l’usage de peu de types de fûts différents fait mouche, et l’on s’approche peu à peu des meilleures bouteilles de la distillerie. Prix indicatif/MdW : Autour de 90 € -Note sous réserve estimée à : 87/100

 

 

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Le KAVALAN "SHERRY OAK", le début des choses sérieuses... Photo:©  Grégoire Sarafian

 

 

5/ KAVALAN « SOLIST », 7 ans, mis en bouteille en 2015 en Exclusivité pour La Maison du Whisky, Single-Cask (réf. N° SO608221049), Cask Strength, 57,8 % :

Cette version issue d’un seul fût de Sherry Oloroso a été mise en bouteille pour La Maison du Whisky dans la gamme « Solist », qui désigne les single-casks, qui peuvent être élevés dans plusieurs types de fûts, y compris plusieurs types de fûts de Sherry. Ce fut en effet un « Solist » en fût de Sherry Fino qui fut distingué en 2012.

De couleur cuivrée, son nez est superbe, vif, gourmand, complexe : Des noisettes, du chocolat noir et au lait, des fruits mûrs, noirs et des fruits secs (dattes, pruneaux, raisins de Corinthe). En bouche, il est plus sec et vif, épicé, pas loin de l’esprit des Sherry Casks de chez AMRUT, avec un peu d’astringence, un peu restreint, mais assez vite derrière on peut distinguer dans le paysage les mêmes fruits, notes pâtissières et gourmandes du nez. Cependant un peu d’eau s’impose, et cela calme un peu le jeu pour laisser parler autre chose que l’alcool et les épices, mais cela donne aussi un peu d’astringence supplémentaire. Ceci étant dit, c’est un très beau whisky. Conclusion : Cela s’appelle « passer aux choses sérieuses » (en anglais : « now, we’re talking », comme dirait un célèbre écrivain du whisky à moustaches). Pour moi c’est là ou se situe, a priori, le savoir faire réel de la distillerie, à savoir essayer de produire le meilleur whisky possible, quitte à ne le sortir que fût par fût…Prix indicatif/MdW : Autour de 132 € -Note sous réserve estimée à : 91/100

 

 

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Un de mes whiskies préférés de la soirée, sans conteste. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

Et en bonus …

 

 

*/ KAVALAN « New Spirit », en nosing seulement…titrage inconnu (env. 60 %) :

Difficile d’en dire beaucoup, sans pouvoir le déguster. Il m’a semblé très discret, probablement réduit, ne montrant que de vagues notes d’orge maltée, et d’une grande finesse.

 

 

 

6/ KAVALAN « VINHO BARRIQUE », gamme « Solist », mis en bouteille en Exclusivité pour La Maison du Whisky en 2015, Cask Strength, 59,4 % :

Cette édition limitée provient de la réserve d’échantillons de Célia, de La Maison du Whisky, qui a bien voulu nous faire sentir, voire déguster pour certains ce whisky désormais épuisé qui fut primé plusieurs fois à divers concours. Elevé dans des fûts ayant contenu soit du vin espagnol, soit du vin portugais, ou les deux, il est également embouteillé brut de fût. L’âge est très jeune.

De couleur cuivrée, elle a un nez très riche, dominé par les fruits mûrs et un chocolat noir assez dense, non dénué d’une certaine acidité semble t’il, à tel point que j’ai pensé immédiatement à un élevage ou affinage en fûts de Sherry de type Pedro Ximenez. Dattes, pruneaux, raisins secs et brownie se bagarrent pour obtenir la première place, et en bouche c’est la même chose, avec en plus quelques épices, mais c’est gourmand, bien équilibré (peu de tannins) et avec un peu d’eau carrément comme un dessert liquide. Conclusion : Un KAVALAN de premier ordre, fortement recommandé (disons pour la prochaine édition !). Prix indicatif/MdW : Autour de 100 € (Epuisé) -Note sous réserve estimée à : 93/100, voire davantage

 

 

 

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Le KAVALAN "Vinho Barrique", ici dans un autre lot que celle dégustée...

 

 

 

7/ KAVALAN « PEATY CASK », mis en bouteille en 2015 en Exclusivité pour La Maison du Whisky, Single-Cask (réf. N° R070423087, ayant donné 117 bouteilles), Cask Strength, 54 % :

Il s’agit d’une version entièrement élevée dans un seul fût ayant contenu du Bourbon, puis du Scotch, provenant d’un single-malt tourbé en provenance (l’on devine entre les lignes) de l’île d’Islay, mais son origine exacte est tenue secrète. L’échantillon apporté par Célia a été simplement nosé, mais mes notes proviennent cette fois plutôt de la dégustation au V.I.P. du dernier salon Whisky Live Paris 2015. Très succintes, elles demandent à être confirmées.

De couleur or clair, elle a un nez plus fin que les versions précédentes, semble t’il, et qui s’avère joliment et modérément tourbé. A ce stade il m’évoque davantage un ARDMORE de négoce qu’un whisky asiatique. En bouche il est relativement doux malgré le titrage élevé. De fines et belles notes d’agrumes apparaissent ensuite, en arrière-plan, quelque peu ravivées si l’on rajoute un peu d’eau, ainsi que quelques fleurs. Superbe ! Conclusion : Un excellent mariage entre Ecosse (Islay) et Chine (Taïwan), cela fonctionne à merveille. Cher, mais plutôt recommandé ! Prix indicatif/MdW : Autour de 159 € -Note sous réserve estimée à : 91, voire davantage ?/100

 

 

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Le KAVALAN "PEATY CASK", ici au Whisky Live Paris 2015. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

PS : « Le SCOOP » : Suite à une de mes questions, j’apprends que la distillerie a déjà utilisé de manière ponctuelle (même si rien n’était encore sorti en France ? concert master en 2009) et utilise actuellement des fûts de Porto, or la distillerie a prévu de sortir en 2016 plusieurs versions avec élevage en fûts de Porto, y compris une en maturation intégrale et single-cask, dans la série dite « CONCERT MASTER ». A suivre !

 

Dégustation chez Vin et Whiskies: Inver House Distillers 24.09.15

 

Reportage sur la dégustation INVER HOUSE Distillers chez VIN & WHISKY

le 24/09/2015 :

 

Mise à jour du : 02/10/2015

 

Le 24 Septembre, une dégustation concernant certaines distilleries écossaises du groupe Inver House Distillers (ANCNOC, BALBLAIR, OLD PULTENEY) avait lieu dans l’excellente cave à vins et spiritueux (et bar à vins et à whiskies) nommée « VIN & WHISKY » que les lecteurs de mon site connaissent bien (pour les autres, voir coordonnées ici: Vin et Whiskies

La dégustation était conduite par le fort sympathique et jeune Tim WADE, ambassadeur de la marque BALBLAIR (mais aussi accessoirement des autres distilleries du groupe), des marques distribuées par La Maison du Whisky. La distillerie KNOCKDHU produisant les single malts ANCNOC n’étant pas toujours présente dans les salons français, il était d’autant plus intéressant de déguster une de leurs nouveautés (pour certaines autres références, voir le reportage sur le Whisky Live Paris 2015, à venir sous peu). Quant à BALBLAIR et OLD PULTENEY, deux distilleries également des Highlands, j’ai eu régulièrement l’occasion de déguster leurs whiskies et j’apprécie leur politique récente de titrage à 46 %, voire parfois de non coloration et de non filtrage à froid. Pas moins de 8 whiskies (et encore, avec le distillat pur, n’ayant pas encore droit à l’appellation whisky, cela faisait 9) étaient en dégustation, une dégustation, à souligner, entièrement gratuite, toujours avec l’accueil chaleureux et discret des maîtres de la maison, Michèle et Charles Claudel. La convivialité est souvent de mise dans ce lieu, propice à conversations transversales, à rencontres, et aussi à une proximité précieuse avec l’invité professionnel lors de la dégustation, ce qui n’est pas toujours possible dans des salons, par exemple.

 

 

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Tim, le symathique ambassadeur des marques du groupe, chez Vin et Whiskies, une adresse qui marche !

Photo © Grégoire Sarafian

 

 

Avertissement : S’agissant de ma première dégustation publique en phase de récupération de mes capacités olfactives et gustatives après une anosmie partielle, les notes de dégustation sont à prendre avec une réserve plus grande qu’à l’accoutumée, encore que j’ai pu reconnaître le statut de distillat pur (ou « new make ») d'un des échantillons de BALBLAIR, et ce à près d’un mètre, entre autres tests, ce qui m’a un peu rassuré.

 

LES WHISKIES DEGUSTES ce soir là:

(Tous des SINGLE-MALTS officiels) 

 

Voici les whiskies dans l’ordre de leur dégustation, après une brève présentation de chaque distillerie :

 

 

Distillerie OLD PULTENEY :

 

Cette célèbre distillerie fût fondée en 1826 par James HENDERSON, dans la ville portuaire de Wick, dans les Highlands du Nord, et doit son nom à un particulier qui n’est pas professionnel du whisky, Sir William Johnstone PULTENEY, ce qui est plutôt rare pour une distillerie. C’est, si l’on excepte les distilleries des îles Orcades (Orkney Islands) et les îles Shetlands, la distillerie la plus septentrionale d’Ecosse. En tout cas elle l’était jusqu’en 2013, date ou la distillerie WOLFBURN fut créée dans la ville de Thurso, à environ 30 km au Nord-Ouest de Wick. La distillerie a vu son destin lié celui des pêcheurs de harengs, le personnel de la distillerie étant à l’origine principalement constitué de pêcheurs : Wick était le principal port d’Europe pour la pêche aux harengs), comme à la distillerie CLYNELISH par exemple. La particularité principale de la distillerie est l’absence de col de cygne de son alambic de wash, dont la forme est tronquée par rapport à celle des alambics habituels, c'est-à-dire qu’un autre tuyau repart perpendiculairement au premier (la légende raconte qu’ayant commencé à installer l’alambic, le directeur s’aperçut alors qu’il était trop grand pour la salle des alambics et décida alors de couper son sommet et faire une dérivation horizontale). La distillerie a connu de nombreux propriétaires, dont Hiram Walker & sons, en 1958, Allied Breweries (futur Allied Domecq) en 1961, puis c’est au tour en 1995 du groupe écossais INVERHOUSE Distillers (qui possède également les distilleries écossaises KNOCKDHU, BALBLAIR, BALMENACH, SPEYBURN), qui est lui-même depuis 2006 la propriété du groupe international Thaï Beverages plc. La distillerie a été surnommée la Manzanilla du Nord, allusion à l’usage de Sherry Fino et au style salé, un peu acide du distillat d’OLD PULTENEY. La forme de la bouteille a été conçue pour rappeler celle de l’alambic, notamment avec la partie sphérique vers la base de celui-ci, assez caractéristique. Une grande partie de la production (qui est d’un 1 million à 1,8 million de litres par an, mais il en reste peu pour les single-malts) alimente les nombreux blended whiskies du groupe qui ne sont pas ou peu disponibles en France, comme HANKEY BANNISTER, par exemple, mais aussi le blended whisky BALLANTINE’S du groupe Pernod-Ricard.

Pour en savoir plus, voir la fiche distillerie sur le site:  Old Pulteney Distillery: Presentation

 

1/ OLD PULTENEY « Flotilla 2004 », mis en bouteille en 2014 (Edition limitée pour la France, en collaboration avec La Maison du Whisky), 46 % :

Cette version remplace la version de millésime « 2000 » que je n’ai pas encore chroniquée sur le site. Il s’agit toujours d’une version élevée en fûts ayant contenu du Bourbon. Le terme « Flotilla » est une allusion à une petite flotte de bateaux, clin d’œil au mot français de « flotte », mais aussi aux rassemblements festifs de vieux bateaux qui ont lieu chaque année en Normandie et en Bretagne, et en particulier aux « Tonnerres de Brest » de l’année 2012 ou fut lancée la première version « Flotilla 2000 ».

De couleur or très clair, cette version plutôt légère est peu expressive au nez, hormis des notes herbacées, citriques, des notes d’agrumes frais, assez caractéristiques. Peu de notes marines à ce stade. En bouche, l’on retrouve ce profil, un peu acide, sur les agrumes, les herbes sauvages, du miel, peut être un peu d’embruns, des épices douces, et de la sécheresse, ce sur un fond vanillé. Un peu plus aimable avec quelques gouttes d’eau, mais point trop n’en faut. Ce whisky manque un peu de corps. Conclusion : Un single malt apéritif pas mauvais, mais pas passionnant, et sur un profil qui m’intéresse peu (si j’ose une comparaison, il me rappelle un CLYNELISH restreint, ou autrement dit un chat sans ses griffes). Le profil des nouveaux AUTMORE officiels (pour les 12 et 18 ans en tout cas) n’est pas très éloigné de celui-ci, mais avec bien plus de punch. P.V.C./MdW (prix de vente conseillé, chez les cavistes dépositaires des produits La M.D.W.) : Autour de 55 € -Note sous réserve estimée à : 79 à 82/100

 

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2/ OLD PULTENEY « Flotilla 2005 », mis en bouteille en 2015 (Edition limitée pour la France de 12000 bouteilles, en collaboration avec La Maison du Whisky), 46 % :

Cette version remplace la version de millésime « 2000 » que je n’ai pas encore chroniquée sur le site. Il s’agit toujours d’une version élevée en fûts ayant contenu du Bourbon. Le terme « Flotilla » est une allusion à une petite flotte de bateaux, clin d’œil au mot français de « flotte », mais aussi aux rassemblements festifs de vieux bateaux qui ont lieu chaque année en Normandie et en Bretagne, et en particulier aux « Tonnerres de Brest » de l’année 2012 ou fut lancée la première version « Flotilla 2000 ».

De couleur or clair (moins que la version 2004), cette version relativement légère est assez agréable au nez. De prime abord, le profil aromatique semble similaire au 2004, avec son cortège d’agrumes, de miel, d’épices et de vanille, mais il y a quelque chose d’autre semble t’il. En bouche, l’on retrouve ce profil, sur les agrumes, les herbes sauvages, les épices, quelques discrets éléments marins, la vanille en arrière-plan, ce côté sec, mais il y a quelque chose d’autre : Les esters provenant des fûts de Bourbon s’expriment davantage (notes de bonbon anglais, de fruits exotiques), et de belles notes de fruits (pommes, surtout) compotés s’y ajoutent, ainsi qu’une touche de caramel au beurre salé, même si l’on n’est certes pas chez ABERLOUR (je pense au 16 ans « Double-Cask Matured », une merveille pour ces notes là). Une plus value certaine. Avec quelques gouttes d’eau (pas trop), l’ensemble devient plus onctueux, avec même de belles touches florales. Conclusion : Un single malt apéritif voire digestif de qualité, sur un profil proche du 2004 mais plus complexe et plus expressif, ce qui le rend de suite plus intéressant. P.V.C./MdW: Autour de 55 € -Note sous réserve estimée à : 89-90/100

 

 

 

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3/ OLD PULTENEY 17 ans, mis en bouteille en 2015, 46 % :

Cette version de la gamme régulière est véritablement le fleuron de la marque à mon avis. Elle peut être irrégulière, parfois, mais elle a été de nombreuses années (et l’est pour cette édition) une des meilleures productions de la distillerie. Sa particularité, est d’être une version certes élevée en fûts ayant contenu du Bourbon, pour 90 %, mais du Bourbon de 2 ème remplissage, mais aussi de 10 % de fûts ayant contenu du Sherry de type Oloroso, et cela se sent. Elle a compris dans le passé, et comprend encore, une part de fûts plus âgés (jusqu’à 21 ans, voire plus), ce qui lui confère une profondeur que n’a pas le 12 ans d’âge (par ailleurs très correct).

De couleur vieil or, il possède un nez très gourmand et riche de notes de fruitées, de fruits frais et mûrs variés (fruits jaunes, dont quantité de pêches, frais et au sirop, mais aussi des abricots secs, des oranges juteuses et de la bergamote confite), mais aussi de notes de fleurs capiteuses (lys, peut être du jasmin), d’épices et d’herbes sauvages. Un nez puissant, dominé par les fruits, très séduisant. En bouche, il est encore plus gourmand, marqué par ce fruité très généreux et massif (même notes qu’au nez, développées), des notes de thé à la bergamote, des épices variées (dont du gingembre), toujours les mêmes fleurs capiteuses et du miel toutes fleurs. Les herbes sèches sont en retrait. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau les notes se fondent encore un peu plus entre elles, et développent un fondu de plus en plus charmeur…Conclusion : Le plus beau OLD PULTENEY officiel abordable, avec le 21 ans, qui est lui sur un registre un peu différent, plus en retrait. Le lot dégusté ce soir là s'est avéré au dessus des deux précédents dégustés. Un dessert à lui tout seul. Chaudement recommandé. D’autres notes de dégustation à venir. P.V.C./MdW: Autour de 95 €, en France (un peu moins cher ailleurs) -Note sous réserve estimée à : 92-94/100

 

 

 

 

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***

 

 

Distillerie BALBLAIR :

Cette distillerie fondée en 1790 par James McKeddy, est située dans la charmante ville de Tain, non loin de sa voisine, GLENMORANGIE (qui elle date de 1843), dans les Highlands du Nord. D’une capacité de production quasi-identique à celle d’OLD PULTENEY (1,8 millions de litres d’alcool pur par an), elle sera propriété de la famille Ross pendant longtemps (qui fut amenée à la reconstruire non loin des bâtiments précédents), avant d’être acquise par celui qui en modernisera les installations, à savoir Bertie Cummings, en 1948. Elle sera revendue en 1970 à l’américain Hiram Walker, société qui deviendra elle-même la propriété d’Allied Domecq, puis en 1996 à l’écossais Inver House Distillers, qui deviendra une division du groupe Thaï Beverages Plc en 2006. Equipée d’une cuve de brassage en acier inoxydable, de 6 cuves de fermentation en pin d’Oregon, ainsi que de deux alambics. Le distillat est vieilli dans 8 chais traditionnels (dits aussi « dunnage warehouses »), abritant plus de 26000 fûts. BALBLAIR est une des 3 distilleries dont le décor (l’extérieur et les chais) a servi comme cadre du film « La Part des Anges » de Ken Loach, en 2012. La gamme régulière comportait auparavant une belle version d’entrée de gamme sans compte d’âge nommée « A creation of the ELEMENTS », un 10 et un 16 ans d’âge, tandis que de belles éditions limitées avec compte d’âge, comme un 33 ans (en 2000) et un 38 ans (en 2004) figurent parmi les plus beaux malts d’Ecosse à mon sens. Sous l’impulsion du nouveau propriétaire, à l’instar de la distillerie The GLENROTHES, les comptes d’âge disparaissent courant 2006 pour voir apparaître, l’année suivante quasi-exclusivement que des éditions millésimées.

 

 

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 Les trois single-malts BALBLAIR en dégustation ce soir là chez Vin et Whisky. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

4/ BALBLAIR « New Spirit » (distillat pur, non vieilli, 21/09/15), échantillonné au degré naturel de 67,9 % :

Il est rare de pouvoir déguster le distillat pur (en anglais « New Make », ou « New Spirit ») en dehors du cadre d’une visite de distillerie, de salon important, voire de masterclass payante. Ayant dégusté maintenant plus d’une trentaine de distillats, il était d’autant plus intéressant de le déguster pour émettre des comparaisons et tenter de les différencier, ce qui n’est pas toujours aisé. Rappelons que ce type de spiritueux n’a pas le droit à l’appellation « whisky » en Ecosse (et au-delà) car il n’a pas été vieilli au moins 3 ans et un jour.

De couleur transparente, comme il se doit Au nez, il est puissamment expressif, sur des notes d’eau de vie de prune, voire de quetsche, de fleurs capiteuses (violette, lilas), tandis qu’en bouche, d’autres notes s’ajoutent, des notes d’esters (bonbon anglais, fruits exotiques), et, à moins que je ne rêve, des notes de fruits rouges, discrètes mais précises (cerises fraîches), également de pommes rouges et de crème de violette. Avec un peu d’eau le crémeux est renforcé et l’exubérance fruitée et florale se fait sentir de plus belle, mais dans un beau fondu plein de douceur et de sensualité. La finale est très longue. Conclusion : Quasi-phénoménal, le distillat de BALBLAIR dégusté là est simplement un des tous meilleurs jamais dégustés par votre serviteur. Dans le top 5 de ceux dégustés….Bon, évidemment, c’est difficile de donner une note chiffrée à un distillat, aussi je ne le ferais pas, mais je lui décerne dirons nous un prix d’excellence…Hors commerce, sauf peut être à la distillerie, en quantités limitées. Pas de notes chiffrées, mais impression très positive. 

 

 

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Le distillat pur (ou "New Spirit") de BALBLAIR en dégustation ce soir là chez Vin et Whisky. Photo © Grégoire Sarafian

 

 

 

5/ BALBLAIR millésimé « 2003 », mis en bouteille en 2014, n.c.f., réduit à 46 % :

BALBLAIR a choisit depuis plusieurs années de proposer des mises en bouteilles millésimées plutôt que des compte d’âges, dans la plupart des cas, et cela est intéressant, notamment lorsqu’il y a des éditions successives de mêmes millésimes, ce qui permet là encore d’établir des comparaisons.

De couleur or clair, son nez est nettement moins expressif que celui du distillat, c’est normal, le titre alcoolique est aussi bien moindre, mais en attendant c’est un véritable choc, comme si la puissance de ce distillat s’était évanouie dans la nature en l’espace de 11 ans. Le nez est très (trop) léger, sur les agrumes, leur acidité, et les épices qui vont avec ce caractère herbacé que l’on connaît aux BALBLAIR récents. En bouche, l’on a un mélange d’agrumes, d’herbes sauvages, de fleurs, d’épices diverses et de caractère citrique, à peine atténué par un peu d’eau, qui le rend encore plus léger. A éviter…Conclusion : D’un équilibre relatif, sur le fil du rasoir, cette version est légère et vive à la fois, manquant quelque peu de complexité, de toute évidence. Elle est correcte, mais je ne la conseille pas particulièrement. P.V.C./MdW: Autour de 62 € -Note sous réserve estimée à : 82/100

 

 

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6/ BALBLAIR millésimé « 1999 », mis en bouteille en 2014, n.c.f., réduit à 46 % :

Cette version est un assemblage de fûts de Sherry Oloroso de premier remplissage (« First Fill ») & de fûts de Bourbon de second remplissage.

De couleur vieil or, elle a un nez complexe, à la fois floral, fruité, herbacé, épicé, et marqué par les esters. En bouche, ce BALBLAIR est gourmand et pâtissier (entre mille-feuilles et crème brûlée, avec en sus comme une note de crème anglaise), floral (jasmin, pointe de violette, voire de lys), puis de plus en plus fruité (fruits secs divers, puis orange, pêche et abricots en gelée), avec les herbes et les épices non loin derrière, sur un lit de crème glacée à la vanille. Délicieux ! Avec un peu d’eau, il devient de plus en plus sexy, les notes pâtissières se fondant avec les notes fruitées et florales…Conclusion : Un BALBLAIR de premier ordre, fortement recommandé. P.V.C./MdW: Autour de 100 € -Note sous réserve estimée à : 91 à 92, voire davantage (94 ?)/100

 

 

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7/ BALBLAIR millésimé « 1988 », mis en bouteille en 2015 (environ 27 ans), SINGLE-CASK (Cask N° 3400 ayant donné 135 bouteilles), n.c.f., 52,1 % :

Il s’agit d’une version entièrement élevée dans un seul fût ayant contenu du Bourbon, mise en bouteille à 52,1 %, mais rien ne dit sur l’étiquette qu’il s’agirait d’un brut de fût, donc il est possible qu’il y ai eu une certaine réduction.

De couleur vieil or, elle a un nez plus fin que le 1999, plus sec également, il est fruité, herbacé, épicé, et comme marqué par le Sherry, pourtant absent. En bouche, ce BALBLAIR est également gourmand, mais sur un profil un peu différent du 1999 : Plus épicé, plus ferme, le palais révèle des notes de fruits mûrs divers et d’herbes sèches, il est élégant et racé. Difficile à ce stade d’en dire plus. Avec un peu d’eau (attention ne pas trop en ajouter, quelques gouttes suffisent), il devient plus souple et plus abordable, avec un beau fondu des différentes notes, mais demeure toujours un peu fuyant. Conclusion : Un bon BALBLAIR, un peu plus exigeant avec le dégustateur, plus difficile à évaluer que le précédent. Il est cependant également recommandé, même si j’ai préféré le précédent. P.V.C./MdW: n.c. (j’ai cru entendre 275 € mais c’est sous réserve)-Note sous réserve estimée à : 89 à 93 ?/100

 

 

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 Un millésime "1988" de BALBLAIR en version single-cask à 52,1 %, du punch en perspective. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 ***

 

 

Distillerie KNOCKDHU (Single-malt ANCNOC) :

Cette distillerie encore peu connue du grand public fût fondée en 1893 par le groupe D.C.L. (Distillers Company Limited), dans la ville de Knock, près de la ville de Huntly (siège du négociant Duncan Taylor, mais aussi de la distillerie GLENDRONACH), dans les Highlands de l’Est, à la limite de la région nommée Speyside. La distillerie est rachetée en 1988 par le groupe U.D.V. (futur Diageo). Elle est équipée d’une cuve de brassage en acier inoxydable de 5 tonnes, de 8 cuves de fermentation en pin d’Oregon, ainsi que de deux alambics à condenseurs pourvus de serpentins (« worm tubs »). Seule une dizaine de distilleries environ les utilisent de nos jours. Le distillat est vieilli dans 1 chai moderne (« rack warehouse ») et 3 chais traditionnels (dits aussi « dunnage warehouses »). Il faudra attendre l’année 1990 pour voir le premier embouteillage en tant que single-malt sous le nom de KNOCKDHU, et 1993 en sous le nom d’ANCNOC. Le 12 ans d’âge actuel fut lancé en 2003, même s’il en a existé longtemps auparavant. La gamme régulière comprend un 12, 16, 18, 22 et de manière moins régulière un 35 ans. A ceux là s’ajoutent des versions millésimées et tourbées. La production est d’environ 1,9 million de litres d’alcool pur par an, et les fûts utilisés sont à grande majorité d’anciens fûts de Bourbon, et pour le reste (environ 15 %) des fûts ayant contenu du Sherry. Le single-malt ANCNOC était autrefois souvent tourbé, il l’est de nouveau depuis 2014 seulement dans plusieurs versions (« CUTTER », « FLAUGHTER », « RUTTER » et « TUSHKAR »), et depuis cette année dans les versions « PEATLANDS » et « RASCAN ».

 

 

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 Les ANCNOC de la dégustation du jour, le "PEATLANDS" et le 12 ans d'âge. Photo: © Grégoire Sarafian

 

 

 

8/ ANCNOC 12 ans, distillerie KNOCKDHU, 2015, 40 % :

Il ne s’agit pas de la dernière version en date, mais de l’avant-dernière, car il y a eu également cette année une version dite « 6.3 », « ISLAY BARLEY », tourbée à 258 p.p.m. et titrant 64 % (à la bouteille transparente cette fois, comme pour le « COMUS », dit « 4.2 »).

De couleur or, à reflets vieil or, son nez est fin, léger, sur un registre bien différent des BALBLAIR, de réglisse, de fruits mûrs (des pommes surtout), mais aussi d’orge maltée, voire de miel d’acacia. Le palais est marqué par les céréales, dont l’orge, mais aussi par les fruits mûrs, une pointe de réglisse, de miel et quelques esters (fruits exotiques) en arrière-plan. Cela demeure assez discret, ANCNOC étant plutôt, dans ces versions jeunes, un malt apéritif. Correct avec un peu d’eau, mais sans révélation particulière (ne pas trop en ajouter, car ce whisky discret est déjà bien réduit). Conclusion : Une jolie version d’introduction à la gamme, assez équilibrée, faisant la part belle à l’orge maltée. P.V.C./MdW : Autour de 50 € -Note sous réserve estimée à : 85/100

 

 

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9/ ANCNOC « PEATLANDS », sans mention d’âge, distillerie KNOCKDHU, Première Edition, 2015, 46 % :

Il s’agit de la 6 ème version tourbée récente de la distillerie, une version réservée à certains marchés (Europe de l’Ouest & de l’Est, Scandinavie) et limitée à 6600 bouteilles. Elle est tourbée mais de manière très modérée, avec un taux de phénols annoncé à 9 p.p.m. seulement, soit trois fois moins environ que LAPHROAIG ou CAOL ILA, déjà modérément tourbés dans leurs versions courantes. La distillerie précise par ailleurs que le whisky est un assemblage de fûts de chêne américains (ayant contenu du Bourbon) de plus de 10 ans d’âge.

De couleur or clair, son nez est fin, de prime abord léger et légèrement fruité (miel et pommes mûres), puis rapidement submergé d’une belle tourbe bien fine, ornée de touches de réglisse. En bouche, l’on retrouve ce côté fruité modéré et réglissé, de malt un peu vert, élégamment enchâssé dans un cocon de tourbe mi-grasse, mi-sèche rappelant immédiatement certains ARDMORE de négoce. Quelques épices pointent leur nez, mais demeurent sagement dans le rang, dans un ensemble harmonieux. L’orge maltée est ici un peu en retrait par rapport à la version de 12 ans d’âge. Avec un peu d’eau (point trop n’en faut), une certaine suavité se dessine même, et de discrètes notes d’amandes et de caramel naturel apparaissent. Pas mal ! Conclusion : Une belle surprise que ce « PEATLANDS », parfaitement équilibré et susceptible de concurrencer les Islay modérés et les offres écossaises plus « continentales » (comme par exemple ARDMORE et BENRIACH). Plutôt recommandé ! P.V.C./MdW : Autour de 70 € -Note sous réserve estimée à : 90/100

 

 

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