
Beaucoup de monde ce soir là à la Maison du Whisky Odéon, dont, au premier plan en blanc avec son outil de travail, Clément de FIVE SPIRITS, avec qui j'ai eu une discussion passionnante sur les whiskies de ce soir et au delà...
(voir son Instagram & chaîne Youtube du même nom, et il publie en français...)

En noir avec le bracelet, Alexandre SAKON, d'ASCEND...

A gauche, l'ELYSIA, whisky de malt Chypriote, puis le KYRO, whisky seigle finlandais, puis les 2 mêmes, en contre-étiquette visible avec leur titrage...
Fruité et mâtiné d’épices douces, c’est un bon whisky tant apéritif que digestif, avec de belles notes de fruits compotés. Le verre vide révèle une note soufrée sous-jacente qui était là en bouche, mais sans excès. Côté parti pris de négociant, l’on pense un peu à Michel Couvreur, avec les qualités & défauts qui vont avec, au positif un beau fondu, et « au négatif », si j’ose dire, pour moi, une interrogation sur le style de la distillerie, qu’hélas je ne connais pas encore par ailleurs, les whiskies officiels d’Aristides Distilling n’étant pas distribués en France (pour ceux que cela intéresse, ils portent le nom de KYTHREA, qui est aussi celui de l’orge locale également utilisée ici...).
Un whisky de seigle fumé avec du bois d’aulne « en mode sauna » pour lequel j’avais enfin un point de comparaison avec l’officiel « Woodsmoke », même si je ne l’ai dégusté que 2 fois…Le whisky d’Ascend semble assez proche, peut être plus léger et fin, mais c’est à confirmer, à comparer avec les 2 bouteilles à disposition…En tout cas le style de fumé unique de KYRO est bien là, avec un côté végétal & résineux qui ne plaira pas à tout le monde, mais que moi j’ai apprécié.

L’on revient en France, et en Alsace en particulier pour ce (dernier ?) whisky, distillé par Valentin (qui distille du whisky depuis 2015), avec un joli fondu des saveurs également, faisant écho à l’Elysia, avec des notes de raisin blanc, de plantes aromatiques et pas de vinosité excessive, Dieu merci ! Je pense un peu au style d’HEPP et de SOLIGNY, en plus sage peut être ? Quelques gouttes d’eau auraient sans doute aidé à l’évaluer mieux je pense...

La version « turbo » du précédent, le portant au pinacle, avec plus de puissance pas qu’alcoolique mais aussi aromatique & plus de clarté sur le propos du coup…J’ai davantage ressenti la complexité du fruité, du vin blanc en particulier, floral & ciselé, et une belle sucrosité par ailleurs, qui ne prends jamais le pas sur le reste. Et, curieusement, je n’ai pas eu à le diluer pour être convaincu de sa qualité...Mon préféré de la sélection officielle de la soirée...

J'ai pu déguster (en fait, en premier, avant la soirée officielle), le derrnier né de Matthieu ACAR, "SILVAE 2019", un excellent whisky distillé par WARENGHEM (un potentiel ARMORIK non tourbé), créé de manière inédite à ma connaissance pour la distillerie avec 4 types de fûts différents (chêne breton à grains fins, chêne japonais de type Mizunara, chêne blanc américain fortement bousiné, et chêne français à grain large). L’équilibre et la finesse sont remarquables dans ce whisky, mais j’y reviendrais prochainement ! (spoiler, c’est le whisky que j’ai préféré de la soirée, avec, juste derrière, le brut de fût de Valentin…). Merci encore au "boss" de la boutique pour cette dégustation "off"...

A Noter : Certaines distilleries ou groupes ont disparu cette année des allées du salon, soit qu’elles ne souhaitent plus venir car elles ne se sentent pas soutenues, soit qu’elles soient en désaccord commercial, etc, difficile de savoir pour chacune d’entre elles, honnêtement, même si je suis au courant de certains problèmes délicats à évoquer ici, en tout cas, mais au final, entre autres, cette année, pas de GLENGOYNE, TAMDHU, TOMATIN, ni d’Ian MacLEOD (embouteilleur indépendant avec notamment la gamme « Chieftain’s », le single-malt tourbé anonyme « Smokehead » & assembleur via certaines marques d’assemblage comme « Isle of Skye », etc.). Et du côté des distilleries du monde, c’est la distillerie SPIRIT OF YORKSHIRE et leur excellente marque de single-malts Filey Bay qui en fait les frais, et je le regrette profondément…/Attention : Notes de dégustation sous réserve et sans notes chiffrée...lorsque je le pourrais, je reviendrais sur certains de ces whiskies plus précisément (l’ordre de dégustation a été parfois changé ici, pour plus de cohérence). Par ailleurs, j’ai finalement fait l’impasse sur certains whiskies dégustés lorsque les conditions ou la pertinence de citer ces marques était moindre (whiskies déjà dégustés auparavant avec datation impossible, etc...) :


-BLAIR ATHOL 12 ans « Flora & Fauna » (Bourbon casks), 43 % : Connaissant la réputation de la distillerie et ayant dégusté de belles versions de négoce, j’ai trouvé cette version un peu décevante, assez aseptisée et manquant de précision (hélas toute la gamme est filtrée à froid & colorée, ce qui est dommage).
-MANNOCHMORE 12 ans « Flora & Fauna » (Bourbon casks), 43 % : Distillat davantage perceptible, richement fruité (fruits du verger, agrumes), belle note modérement boisée et vanillée, épices douces. Presque plus intéressant que le joli Linkwood 12 ans testé dans la même gamme l’an dernier et cette année...

-MORTLACH 16 ans « Distiller’s Dram » (1st & 2nd fill Sherrycasks), 43,4 % : Dégusté dans de bien meilleures conditions que l’an dernier, il s’est révélé assez réussi, complexe, fruité et doux, faisant preuve d’un beau boisé, mais il est aussi cacaoté et lacté.
-MORTLACH 20 ans « Cowie Blue Seal » (Bourbon & Sherry casks), 43,4 % : Le boisé et le chocolaté se font plus intenses, plus profonds et, plus généralement, la complexité monte ici clairement d’un cran. C’est superbe, mais Diageo en demande plus de 350 €...

-ROSEISLE 12 ans/Special Release 2024 (First fill & refill ex-Bourbon casks), natural cask strength, 55,8 % : Première dégustation pour moi d’un whisky de cette gigantesque récente distillerie (2010) d’abord destinée à alimenter les blends du groupe (Johnnie Walker & J & B), elle présente ici une version assez boisée, et épicée en finale, plutôt bonne, mais sans surprises ni élément saillant.
-OBAN 10 ans/Special Release 2024 (finished in charred American oak barrels, seasoned Oloroso Sherry), natural cask strength, 58 % : Mon préféré des 3 « Special Releases » dégustés ce jour, un joli Oban, joliment boisé et vanillé, rehaussé d’un « filet » de sherry bien agréable et subtil.

-CAOL ILA 11 ans/Special Release 2024 /unpeated ? (« unusually unpeated, crafted with short fermentation & cloudy worts », finished in STR like ex-wine casks), natural cask strength, 57,3 % : Présenté comme non tourbé (mais il semble l’être un peu), expérimentant une fermentation courte et un moût trouble, il est clairement moins typique (pas sûr que j’aurais reconnu la distillerie à l’aveugle), et moins convaincant qu’un autre Special Release de 14 ans « unpeated » (celui de 2012), avec une texture dense, presque poussiéreuse, « funky », mais sans charme et sans les notes florales, herbacées, presque médicinales et tourbées qu’on apprécie chez Caol Ila.

-HAUTEFEUILLE « Le Bout de la Ville » (moisson 2019, mise en bouteille 2025), un single-malt utilisant des fûts de chêne neuf français toastés, des ex-fûts de Rhum HSE, et des fûts de Sherry et aussi de Rivesaltes (mis en bouteille à 46 %, ncf/nc) : Beaucoup de densité fruitée ici, des épices (un côté vin chaud du Nord aussi) et une belle complexité, une gourmandise confiturée…(Photo ci-dessous, avec Etienne Hautefeuille, le directeur de la distillerie).

VISITE de la Ferme-Distillerie artisanale HAUTEFEUILLE (France) le 16/05/2025

-ROZELLIEURES 8 ans « Triple Cask », très légèrement tourbé (6 ppm), vieilli en fûts de chêne français & américain, de fûts de vin français, 42 % : Christophe me dit qu’il s’agit d’une version plus âgée et complexe que celle nommée « Origine Collection ». Elle a en effet davantage de profondeur, toujours un aspect végétal et une belle intégration de note légèrement vineuses, sans excès. Doux.
-ROZELIEURES 10 ans « Double Oak », significativement tourbé (35 ppm), avec une maturation similaire au 8 ans, sauf les fûts de vins, et plus de la tourbe, il titre 46 %. Il fait montre d’une belle tourbe cendrée, avec de beaux boisés, caramel, vanille et céréales toastées au menu...L’on monte d’un cran.
-ROZELIEURES 18 ans « French Wine Cask », très légèrement tourbé (6 ppm), vieilli dans 3 fûts de vins différents (Condrieu, Sauternes et Pic-Cailloux), il titre à 53,2 % : D’emblée une immense concentration au nez (les notes soufrées se mêlent aux autres de manière très étroite, du coup c’est difficile de considérer cela comme un défaut), comme le fût de l’an dernier de 18 ans d’âge, mais en plus complexe, il dévoile au nez & en bouche un mélange de notes fruitées et charpentées (boisé tannique mais pas sec, épices variées), avec le sentiment de déguster une « liqueur épicée de fruits rouges mûrs » d’un côté, mais de l’autre, de manière plus inattendue, comme du bacon fumé dégusté devant un feu de cheminée, du chocolat noir caramélisé, arrosé d’une liqueur de café noir & moka improbable qui serait longtemps vieillie en fûts (là je pense que cela provient du fût de Sauternes), wow, c’est un véritable ovni que voilà (je n’ai jamais dégusté un tel whisky), superbe mais difficile à évaluer, spectaculaire et unique ! Il est vendu 290 €, ce qui est beaucoup, mais ce que l’on peut comprendre étant donné sa rareté. Un whisky déjà collector...

-ROZELIEURES/gamme « Le Parcellaire », « Rouge-Côte » (3 ans), 43 % : Au menu, céréales de petit-déjeuner, incluant fruits frais et secs, avec ce caractère linéaire et clair, presque fermier et funky, distillat en tête, de cette gamme qui fait sa réussite, aussi parce qu’encore une fois, l’intelligence de son producteur a été d’utiliser des fûts de chêne de 3 remplissages plutôt que des fûts très impactants comme des fûts de vin ou de spiritueux...

-ROZELIEURES/gamme « Single-Casks », « Marsala » (+ 3 ans), 46 % : Dense et chaleureux...
-ROZELIEURES/gamme « Cask Strength », « Bourbon cask » F 136 (2015-2024) tourbé (35 ppm), 53,8 % : Ah, tourbe & Bourbon, un cocktail qui fonctionne, avec un petit kick d’épices en plus (gingembre, poivres variés). J’aime assez cette gamme, dont notamment le regretté « Moscatel ».

Interview de Christophe Dupic (distillerie ROZELIEURES) au Salon Club-Expert Dugas 2025
-TE BHEAGH « Uisge Beatha Albannach » (Blended Whisky), 43 % : Il y avait longtemps que je n’avais pas dégusté les whiskies de cette société de négoce, et j’ai apprécié cette version à 43 % de ce blend, au lieu des 40 % habituels. Moins de sucres résiduels ressentis dans cette version légèrement tourbée.
-MacNaMara « Rum Cask finish » unchillfiltered (Blended Whisky), avec affinage en rhum de Guyane, âge environ 5-6 ans, 40 % : Un blend léger, fin, avec une pointe de banane mûre et de sucre demerara. Je regrette la coloration au caramel & les 40 % qui impactent le palais...
-MacNaMara « Madeira Cask finish » unchillfiltered (Blended Whisky), 40 % : Un peu plus expressif que le précédent, mais là encore dommage pour l’ « aseptisation » relative du whisky, je pense qu’il serait plutôt bon à 43 % au lieu de 40 % et sans filtration du tout...je sais, je sais.
-MacNaMara « Port Cask finish » unchillfiltered (Blended Whisky), 40 % : Un joli blend également, plus rond, avec une jolie rondeur...
Conclusion : Les 3 versions du MacNaMara sont assez similaires, mais j’ai une préférence pour le « Madeira », sans doute légèrement plus gourmand. Il ne manque pas grand-chose à ces whiskies pour être plus intéressants et « indispensables », à mon avis, quelques degrés et années de plus, sans doute, une filtration légère à température juste fraîche sûrement, et pas de coloration, je dis ça, je dis rien.

-WOLFBURN n.a.s. « Small Batch Release » N°458, élevé en une combinaison de fûts de Bourbon de premier remplissage non tourbés & de fûts de Sherry Butts de type P.X. (Pedro Ximenez) légèrement tourbés (« lightly peated »), 5100 bouteilles, mis en bouteille en 2022 à 46 % : Une version riche, délicate, complexe, avec des notes de fruits mûrs, des fruits secs, des épices douces, peut être du cuir, sur un lit de tourbe légère, avec une longue finale. Très recommandé.


-ARDNAMURCHAN « Sherry Cask Release », 2024 Release, élevé en fûts tourbés et non tourbés de Sherry de types Oloroso & P.X., 21000 bouteilles, 50 % : Une jolie version, que j’ai du mal à distinguer du premier lot, mais qui, à priori, m’a semblé un peu plus gourmande. Une belle salade de fruits rouges, très modérément tourbée.
-ARDNAMURCHAN « Madeira Cask Release », (2018) 2025 (2nd Release), élevé d’abord en fûts de Bourbon durant plus de 3 ans, puis affiné 2,5 ans en fûts de Madère, 52 % : Une version que j’attendais avec impatience, et je n’ai pas été déçu. Belle puissance aromatique provenant en partie de la deuxième maturation en fûts de Madère, des fruits mûrs et des végétaux, une pointe de tourbe et une présence épicée solide, mais pas écrasante...Le vrai Midgie, désolé, pour moi c’est celui là, avec son « Madeira bite ». Sur ma liste d’achats prioritaires !

-ARDNAMURCHAN « The Midgie », 2025 Release (Bourbon, Sherry, Porto casks), tourbé à 25 %, 48 % : J’avais modérément apprécié la première version, car je trouvais qu’elle partait un peu dans tous les sens au regard de sa composition (trop de fûts différents antagonistes : Madère, Bourbon, Sherry, Sauternes), avec une note presque artificielle (pastille de vitamines effervescentes à l’orange) qui m’a rappelé l’Indri « Trini » qui me pose problème justement à cause de cette note étrange...Ici, c’est bien plus cohérent à mon avis, même si le Porto apporte une douceur bienvenue, mais sans rapport avec le thème "midgie" (ce moustique féroce d'Ecosse). En tout cas une jolie version avec un caractère confituré autour des fruits rouges, de l’abricot, etc...
-ARDNAMURCHAN « AD/Cask Strength » 2025 Release (Bourbon & Sherry casks), peated, 57,5 % : Une version « heavily peated » pour moi, en tout cas en ressenti, toujours sur la corde raide (pour la version « AD/02.22 », il m’a fallu du temps avant de l’apprécier, plus précisément que la forte note de poivre noir diminue). Au premier abord, c’est un bon lot, à recommander aux « peatheads ».

-GLENALLACHIE 10 ans (02/2025), fûts de Bourbon, 46 % : Bam ! Incroyablement expressif (floral, fruité/fruits du verger, vanillé, légèrement herbacé), et pour moi la preuve par neuf (ou 10 en l’occurence, lol), que les versions officielles de la distillerie sont à côté de la plaque, en général (désolé Billy-je vise surtout ce qui a été distillé et vieilli avant votre arrivée, mais vous êtes tout de même responsable des mises en bouteille récentes), car trop axées sur la « technologie du bois », avec un traitement lourd préjudiciable à la préservation du distillat, d’origine, notamment à cause de l’usage peu modéré du fûts neuf (« virgin oak »), des fûts de vin sec ou de vin mûté puissants, la mode chez nombre de distilleries de nos jours hélas...Bref, un superbe whisky que sort CADENHEAD cette année et qui part directement en « buylist » !

-MACDUFF 13 ans (2025), fûts de Bourbon, 46 % : Excellent également, proche du premier...
-GLENLOSSIE 12 ans (2025 ?-mais déjà référencé sur WB en 2022?), fûts de Bourbon, 46 % : On reste presque sur la même veine, avec peut être davantage de boisé, mais très joli.
-GLEN ELGIN 13 ans (2025 ?- mais déjà référencé sur leur site en 2023), fûts de Bourbon, puis finition Manzanilla (1,5 ans), 46 % : Un peu déconcertant avec ce finish, mais de qualité...
-TAMDHU 15 ans (2025 ?- mais déjà référencé sur leur site en 2023) élevé d’abord en fûts de Bourbon, puis transféré en fûts de Sherry Oloroso pour plus d’un an, avant de revenir dans des fûts de Bourbon, 46 % : L’on retrouve la finesse typique du style TAMDHU officiel, mais en bouche, c’est peut être un peu trop « monocolor », avec cette note de chocolat noir & d’ovomaltine, des tannins fondus et surtout cela manque un peu de corps à mon avis pour être excellent, mais c’est intéressant...et puis, les TAMDHU de négoce se font rares ces derniers temps !

-BLAIR ATHOL 14 ans (2025 ?- mais déjà référencé sur leur site en 2023), Bourbon & refill Oloroso finish casks, 46 % : Un joli Speyside, avec un côté traditionnel Sherry (assez oxydatif, un rien doux & aigre) qui est plaisant, mais peut être pas indispensable, mais, ceci étant dit, plus convaincant que la version officielle « Flora & Fauna » 12 ans dégustée dans ce même salon.
-LEDAIG (Tobermory distillery/peated brand) 14 ans (2025), fûts de Bourbon, 46 % : Wow ! Splendide version bien tourbée et complexe, équilibrée, très généreuse (vanille, tourbe grasse, agrumes, épices douces), sur la liste d’achats directement aussi !
-KILKERRAN (Glengyle distillery) 13 ans (2011, sortie 2025), assemblage de fûts de Bourbon et de Porto Ruby, 46 % : Une recette surprenante, avec cet apport de Porto qui modère la tourbe, et apporte plus de fruité confituré, mais, même si ce n’est qu’une première impression, semble une réussite...
-« ENIGMA » 16 yo « Speyside » (possible Glenfarclas?), 2008, sorti en 2025, finition Pineau des Charentes blanc, 51,9 % : Peut être encore plus déconcertant que le whisky précédent, mais en soi, un joli whisky floral & fruité. Il faudrait le re-déguster plus amplement pour en dire davantage ici.
-« ENIGMA » 10 yo « Single-Malt Irish Whiskey», 2025, fûts de Bourbon, 44,3 % : L’un des plus beaux whiskies de cette session Cadenhead...Tandis que je croyais avoir affaire à un Bushmills, avec ce fruité exotique exubérant (la mangue en tête), l’on me chuchote à l’oreille que ce serait un Cooley (non tourbé, donc la version Tyrconnell, pas la Connemara). Fortement recommandé !

-SPRINGBANK 10 ans (mis en bouteille du 26/11/2024), vieilli à 60 % en fûts de Bourbon & à 40 % en fûts de Sherry, 46 % : Encore un superbe lot, sur cette version les variations de lot sont assez mineures ces dernières années, mais elles le furent davantage avant (voir ma vidéo sur ma chaîne Youtube avec 5 différents lots chroniqués). Boisé fin, tourbe subtile avec « funk », épices douces, trait de vanille et de cuir, bref, efficace ! Je recommande, bien sûr !
-SPRINGBANK 15 ans (mis en bouteille du 07/02/2025), vieilli à 100 % en Sherry casks, 46 % : Une version typiquement plus boisée & tannique que le 10 ans, mais aussi davantage marquée par le vieux cuir (fauteuil), le chocolat noir, une tourbe fine et moins grasse, des épices douces. La classe !

-KILKERRAN 12 ans, mis en bouteille le 20/03/2025, 46 % : Une version bien plus légère (presque « mince »?) que celle que j’ai à la maison (de 2016), je suis assez réservé, il faudrait le regoûter...
-KILKERRAN 8 ans « Bourbon Cask Matured » (brut de fût), mis en bouteille en Février 2025, assez tourbé, 55,6 % : Superbe, comme souvent, belle harmonie de notes boisées, vanillées, un rien citronnées, avec des épices modérées et une belle tourbe grasse.

-KILKERRAN n.a.s. « Heavily Peated » (mis en bouteille en Février 2025/Batch 12), très tourbé, élevé à 90 % en fûts de Bourbon et 10 % en fûts de Sherry, 58,4 % : Mélanie, ambassadrice bilingue français/anglais et « pilier » de ce salon depuis longtemps nous propose une belle comparaison entre 2 lots de 2 années qui se suivent, c’est top. Ils sont très proches et apparaissent moins jeunes (et turbulents!) que les années précédentes, j’accroche beaucoup plus sur les 2 versions (sans doute car ils semblent contenir certains fûts plus âgés?). C’est celui-ci que je préfère au 2024, il est un rien moins épicé et sec, et plus gourmand sur la tourbe grasse et la vanille/agrumes...
-KILKERRAN n.a.s. « Heavily Peated » (mis en bouteille en Sept. 2024/Batch 11), très tourbé, élevé à 90 % en fûts de Bourbon et 10 % en fûts de Sherry, 57,9 % : Une belle version, avec un profil général similaire, mais un peu plus sèche que la 2025.

-LOCHLEA « Fallow Edition » (Third Crop), 2025 (4 à 5 ans), petit lot d’environ 30 fûts de Xérès de type Oloroso de premier remplissage & de grande capacité (1st fill Oloroso Sherry butts), 9000 bouteilles, 46 % : J’ai toujours du mal à trouver le style de la distillerie depuis le début, pour être honnête, et ici nous avons un impact puissant des fûts de Sherry, mais le résultat est assez réussi, riche, avec des fruits confits, des figues & pruneaux, des mûres, du chocolat noir...Recommandé !

-LOCHLEA 6 ans d’âge (2018-2024), Small Batch (petit lot) de 6 fûts (3 de Sherry de type Oloroso de premier remplissage & 3 de Bourbon de premier remplissage), 50 % : Plus complexe que le précédent, ou plutôt moins monolithique sur le profil, bon, mais moins gourmand aussi. Bien !

-LOCHLEA « Ploughing Edition » (tourbé), 2025 (4 à 5 ans), vieilli en fûts de Bourbon de petite taille provenant de chez Laphroaig (« Quarter Casks »), 46 % : Une version tourbée indirectement (donc par les fûts utilisés, non par le malt tourbé par la distillerie) que j’avais bien apprécié, mais dans le fil de la dégustation du salon, il est apparu un peu trop simpliste et la tourbe cendrée écrasait un peu tout le reste, mais attention ce n’est pas un mauvais whisky.
-BOWMORE 12 ans « Sherry Oak Cask » 2025, (élevage en fûts de Bourbon & de Sherry Oloroso, puis affinage en fûts de Sherry Oloroso à nouveau), 40 % : Retour à des notes florales plus présentes dans le Sherry (violette, lilas), mais modérées. Le fruité (fruits rouges) est également plus présent, avec une touche chocolatée, se rapprochant de l’ancien 15 ans « Darkest » d’il y a plus de 5 ans, mais sans les touches anisées du 15 ans « Mariner », pour ceux qui l’ont connu...Très joli, même à 40 %, filtré à froid et coloré. Je le recommande (prix environ 70 €).
-BOWMORE 15 ans « Sherry Oak Cask », 2025, (fûts de Bourbon & de Sherry Oloroso, puis affinage en fûts de Sherry Oloroso à nouveau), 43 % : Oh, ça change un peu (et on va pas se mentir, les 3 % de plus aident), tout en gardant un beau floral & fruité, car une note de bourgeon de cassis nous emmène quelque peu sur le territoire des Single Pot Still irlandais. Un single malt épatant et impressionnant, d'une belle gourmandise & complexité à la fois ! Les fûts de Sherry utilisés ici sont de toute évidence de grande qualité. Pour ceux qui peuvent, je le recommande aussi, même à environ 150 €.
-BOWMORE 18 ans « Sherry Oak Cask », 2025, (fûts de Bourbon & de Sherry Oloroso, puis affinage en fûts de Sherry de type P.X.), 43 % : L’on est un cran encore au dessus, avec une profondeur des saveurs plus grande encore, il est splendide ! Son prix annoncé en France est élevé (environ 210 €, à vérifier), mais pourrait sans doute être justifié par l’emploi de fûts européens de Sherry de tout premier ordre ici (et qui coûtent très cher !).

-BOWMORE 21 ans « Sherry Oak Cask », 2025, (fûts de Bourbon & de Sherry Oloroso, puis affinage en fûts de Sherry de type P.X. de premier remplissage), réduit à 46,8 % : Une version différente, avec un rien de bois brûlé, de miel (ou cire?) et de mûres, notamment...A plus de 450 € environ, ce n’est pas donné pour la plupart d’entre nous, mais il est superbe. Cependant, de mon point de vue, le 18 ans est sans doute un meilleur rapport qualité/prix pour cette nouvelle gamme...

Petit APARTE sur la distillerie BOWMORE : J’entends beaucoup de choses négatives sur les BOWMORE officiels, et, même si je suis d’accord sur le regret, comme pour d’autres distilleries, d’avoir une gamme régulière avec ajout de colorant E150a & filtrée à froid et qui « ne représenterait pas le style de la distillerie », disent ils, je dois dire que je m’inscris en faux sur ce dernier point. Même l’entrée de gamme sans compte d’âge nommée « Legend » voit de bien meilleurs lots sortir ces dernières années que dans les années 2010-2020, par exemple, idem pour le 12 ans d’âge, en tout cas, c'est mon avis (et personne ne me paie pour le dire). Beaucoup de charme marin, floral, fruité, chocolaté et cette tourbe subtile avec accent de badiane que l’on apprécie chez Bowmore, mais voilà, souvent la jeune génération manque de comparaisons avec des lots plus anciens (j’ai consacré plus de 3 vidéos à Bowmore, donc je ne détaillerais pas plus de choses ici). Disons aussi que j’en ai plus qu’assez d’entendre aussi ce refrain insultant (sexiste) et dégradant envers la distillerie mais aussi "nos dames" au sujet des lots de Bowmore des années 1980 avec un profil floral exubérant marqué par la violette, lots qualifiés comme étant marqués par un parfum de « F.W.P. » que je n’ose même pas traduire ici...(de plus la note de violette incriminée est présente chez Bowmore dans d’autres décennies également, certes moins puissante...j'en ai déjà parlé). Merci à l’avenir d’exprimer cela autrement !

J’avais déjà dégusté 2 versions du « Flatnose », dont le Rum barrel (43%) qui est sympa, puis les suivants (tous sont embouteillés sans filtration à froid et en petits lots = Small Batch) :
-PICTI TRIBE (Speyside Single-Malt), non tourbé, 46 % : Léger & équilibré.
-PICTI COAST (Islands Single-Malt), non tourbé (?), 46 % : Modérément maritime, pointe de fumée légère...difficile d’en dire plus sans le tester de nouveau, comme le précédent...
-BARELEGS (Islay Single-Malt), de 5 ans, « Peated & Crisp, with a subtle sweetness », tourbé, 46 % : Mon préféré des 6 dégustés au salon, tourbe légère presque crémeuse, vanille, agrumes.
-BARELEGS/BATTLEAXE (Islay Single-Malt) de 5 ans, « Big & Bold for the Brave », tourbé, 55,7 % : Un whisky avec du caractère, mais qui demeure léger et avec une tourbe modérée (ne cherchez pas d’Octomore bis, ici).


-The IRISHMAN 17 ans (Irish Single-Malt), 2024 ?, vieille en fûts de Xérès (Sherry butts), 54 % : Très délicat, très fondu, avec un fruité délicat...Difficile d’en dire plus ici...
-The IRISHMAN « Cask Strength » (Irish Whiskey), 2022, Limited Edition Release (4900 bouteilles), orge maltée & non maltée (triple-distillation), vieilli en fûts de Bourbon, 54 % : Une version que j’ai souvent trouvée intéressante par son fondu fruité/floral/boisé avec une pointe d’épices. Vendu souvent au dessus de 100-110 €.

-WRITERS'S TEARS (Irish Whiskey) « Red Head », Chapter 02, vieilli en fûts de Xérès (Spanish Oloroso Sherry Butts), 45 % : Une belle version non filtrée à froid, avec un xérès crémeux et de belles notes noisettées & modérément épicées. Vendu un peu plus de 80 €.
-WRITER'S TEARS (Irish Whiskey) « Inniskillin Ice Wine Cask », Chapter 06 (Cask 2013), combinaison de single malt & de single pot still, vieilli en fûts de Bourbon, puis affiné 12 mois en fûts de vin de glace, 600 bouteilles, ncf, 46 % : Une version gourmande, avec des fruits du verger, mais aussi des fruits exotiques, caramel et boisé de qualité. Vendu un peu plus de 80 €.
-WRITER'S TEARS (Irish Whiskey) « Japanese Cask finish » (Single Pot Still & Single Malt), Chapter 06, vieilli en fûts de Bourbon de premier remplissage, puis affiné en fûts de chêne japonais Mizunara, 600 bouteilles, ncf, 55 % : Une version que l’on pourrait renommer « 50 nuances de boisé & d’épices orientales »...Joli ! Vendu un peu plus de 100 €.
-WRITER'S TEARS (Irish Whiskey) « Distiller’s Edition » (40ème anniversaire de Dugas/Private bottling), de 5 à 7 ans, vieilli en fûts de Bourbon, 46 % : Une version liquide de la tarte tatin, en quelque sorte, avec quelques épices en plus.
-WRITER'S TEARS (Irish Whiskey) « Cask Strength », 2017, fûts de Bourbon, 5280 bouteilles, 53 % : Comme un cake aux agrumes et au chocolat noir...surmonté de quelques épices. Autour de 150 €...

-H & H « Verdelho » 5 ans (Single Vineyard = monocépage), 19 % : Vin blanc demi-sec et fruité, modérément oxydatif, bien moins que ce que j’ai pu déguster avant (50 ou 75 g de sucre/litre). Joli.
-H & H « Sercial » 10 ans (idem), medium dry, 20 % : Plus fruité & très rond, sucrosité modérée (55 g/l), je commence à comprendre pourquoi l’on peut apprécier un Madère.
-H & H « Verdelho » millésime « 2007 » (7 ans), 19 % : Une belle rondeur, avec une belle sucrosité, sans excès, j’aime.
-H & H « Boal » 10 ans (idem), 20 % : Plus complexe, comme un cake liquide avec des fruits secs, et de la cerise...Très sympa (90 g/l).
-H & H « Malvoisie » 15 ans (idem), 20 % : Le fruité devient compoté et un rien épicé.
-H & H « Tinta Negra » millésimé « 1995 » de 30 ans (idem), 18,8 % : Très riche & complexe, entre fruité concentré, boisé noble, d’une belle profondeur et longueur. L’âge conséquent le fait rentrer dans une autre dimension...(100 g/l).
-H & H « Tinta Negra » (Single Harvest) millésimé « 1998 » (Medium rich) de 18 ans (idem), 19 % : Superbe, fruité, miellé, délicatement épicé, c’est un régal.

-HSE mis en bouteille pour « La Confrérie du Rhum », Cuvée N°22 (millésimes 2016 & 2017, mise de Mars 2024), rhum extra vieux élevé en fûts de chêne blanc américain avec diverses chauffes, brut de fût, 48,2 % : Peut être le plus beau du stand, une sélection exceptionnelle...C’est beau, complexe, gourmand, classe…A noter que ce flacon, contrairement à d’autres éditions limitées ici, est vendu en flacon de 70 cl, pour environ 90 €. Chaudement recommandé, mais svp, laissez m’en une pour moi !

-HSE millésimé « 2016 » (mis en bouteille en Juin 2024/étiquette blanche), Château La Tour Blanche cask finish, vieilli en fûts de Sauternes, 4100 bouteilles, 50 cl, 41 % : Que dire sinon que cela fonctionne mieux que nombre de whiskies en affinage ou élevage intégral en Sauternes ? Ben, oui…

-HSE millésimé « 2006 » (mis en bouteille en Octobre 2022/étiquette bleu-grise et blanche), « Grand Millésime Single-Cask », vieilli en fûts de chêne français de 400 litres, 1000 bouteilles, 50 cl, 47,8 % : Un 15 ans d’âge davantage sur des notes de solvant, puis de cacao, entre autres…
-HSE millésimé « 2014 » (mis en bouteille en 2023/étiquette blanche x2), « Château Marquis de Terme » (Margaux), vieilli en fûts de chêne français, puis affiné dans des fûts de vin de Bordeaux du Château Margaux, 4100 bouteilles, 50 cl, 48 % : Un joli fruité gouleyant, plutôt mûr, et puis peut être plus de bois, mais c’est superbe.
-HSE millésimé « 2014 » (mis en bouteille en 2021/étiquette rouge & blanche), « Extra Vieux Small Cask », vieilli en petits fûts de chêne de 55 litres (SC/1712 et SC/1911), 1000 bouteilles, 50 cl, 46 % : Un pain d’épices liquide avec des cerises confites! Miam…

Reportage sur la MASTERCLASS « BRUICHLADDICH » ayant eu lieu
chez VIN & WHISKY le 29/10/2014 à Paris:
Mise à jour le : 10/11/2014
(A NOTER : Vous trouverez le reportage sur le WHISKY LIVE PARIS 2014 après celui-ci, merci !)
Toutes photos : © Grégoire Sarafian, droits réservés, merci.
Le 29 octobre dernier, une « Masterclass » (ou leçon de dégustation par un professionnel, littéralement « cours de maître ») concernant la distillerie BRUICHLADDICH et ses différentes marques (OCTOMORE, PORT CHARLOTTE, etc…) avait lieu dans cette excellent cave à vins et spiritueux (et bar) nommée « VIN & WHISKY » dont j’ai déjà parlé ici (et recommandé la visite) donc je n’y reviens pas. La dégustation était conduite par le dynamique et « very Scottish » Donald MacKenzie, ambassadeur de la marque (mais aussi de toutes les marques de whisky du groupe) pour la maison Dugas. N’ayant pu déguster que deux nouveautés brièvement dans de récents salons, le stand BRUICHLADDICH étant souvent difficile à atteindre en raison de son succès, l’occasion était trop belle d’une « remise à niveau » sur une bonne partie des références de la gamme. 6 single malts étaient en dégustation, précédés d’un gin également élaboré par la distillerie, et accompagnés de petits canapés, comme à l’accoutumée. Dégustation payante mais à prix plutôt raisonnable (10 €). Donald, avec son verbe toujours haut, son kilt et son humour dévastateur, dirigea de main de maître cette masterclass, qui culmina avec l’avant dernière édition de l’OCTOMORE, un malt très tourbé mais qui ne le paraît pas autant, grâce à une astuce (voir plus bas, information exclusive et inédite de Gregs Whisky Guide à ce sujet !).

Brève présentation de la distillerie BRUICHLADDICH :
Je reviendrais bientôt plus longuement sur l’histoire et la présentation générale de la distillerie BRUICHLADDICH, disons pour résumer qu’il s’agit d’une distillerie écossaise de whisky dont l’histoire remonte à 1881, qu’elle est située sur l’île d’Islay (au centre et à l’Ouest), qu’elle a été en sommeil de nombreuses années, qu’elle était plus connue avant les années 2000 pour son utilisation par les blenders (assembleurs de whiskies), qu’elle fut mise en sommeil plusieurs fois dont la dernière en date fut 1994, et qu’après des tractations compliquées, elle fut rachetée en 2000 par plusieurs personnes, dont Mark Reynier (d’origine à demi-française), plus connu dans le monde du vin, et propriétaire de nombreux fûts de vins (qu’il utilisera dans un premier temps abondamment pour réaliser des affinages), mais aussi de la société de négoce de whiskies Murray McDavid. Les premières distillations du « nouveau » BRUICHLADDICH auront lieu en 2001. Elle produit le single-malt BRUICHLADDICH, mais aussi deux versions tourbées portant le nom d’anciennes distilleries de l’île nommées PORT CHARLOTTE et OCTOMORE. La distillerie appartient depuis 2012 au groupe français Rémy Cointreau. Ajoutons que c’est Jim McEwan, qui, jusqu’à il y a peu, était chargé de la distillation, avec une part expérimentale unique sur l’île et rare en Ecosse (plusieurs types et nombres de distillation, jusqu’à 4, maltage tourbé jusqu’à plus de 200 p.p.m. et production d’un whisky à plus de 90 %, ce qui normalement n’est pas d’usage, etc…). Enfin, il s’agit d’une distillerie artisanale (employant près de 50 personnes, plus qu’aucune autre distillerie sur l’île, et plus que la plupart des distilleries écossaises), utilisant jusqu’à 12 types différentes d’orge, recyclant ses eaux chaudes et utilisant des procédés anaérobies pour transformer les déchets en gaz méthane, bref, une distillerie « verte », écolo-compatible.
1/ GIN « The BOTANIST (Islay Dry Gin) », BRUICHLADDICH Distillery, non chill-filtered (non filtré à froid), 46 % : Quasiment « bio », et « local », car élaboré à partir de 22 ingrédients (plantes, herbes et céréales) provenant de l’île d’Islay, « The BOTANIST » est un gin léger, très pur, bien parfumé, avec ses notes de coriandre, de genièvre, d’agrumes et de plantes aromatiques. –P.V.C. (Prix de vente conseillé/cavistes dépositaires maison Dugas) 38-41 €. Pas de notes chiffrées, mais recommandé.

LES WHISKIES (Tous des SINGLE MALTS, non filtrés à froid, non colorés) :
2/ BRUICHLADDICH : « The CLASSIC LADDIE (Scottish Barley) » n.a.s. (no age statement = pas d’âge annoncé-env. 6 ans), Unpeated (non tourbé), 1st Fill Bourbon barrels (fûts de premier remplissage, ayant contenu auparavant du Bourbon), réduit à 50 % :
Elaboré avec de l’orge écossaise (ce qui me permet de préciser que durant longtemps, et encore maintenant mais de manière pas toujours avouée, l’orge utilisée pour élaborer du whisky écossais n’a pas toujours été écossaise, mais provenait parfois des pays de l’Est, du Danemark, de la France, etc…c’est encore (un peu) vrai aujourd’hui. La mention néanmoins de « Scottish Barley » est suffisamment explicite pour donner au consommateur la garantie que le whisky en question est « plus local » que d’autres. De couleur or clair, cette version est marquée au nez par des notes beurrées, vanillées, fermières (étable), pas forcément agréables, plus une petite note de réglisse. Il est plus intéressant en bouche : Assez fin, le palais est marque par l’orge, par les épices (du poivre picotant un peu les papilles), une légère note de caramel au beurre salé, des agrumes en arrière-plan. Il est long et puissant (les 50 % aident), et bénéficie clairement de quelques gouttes d’eau, qui donne un joli fondu des saveurs. Un malt pas inintéressant, mais un peu frustrant. P.V.C./D. (prix de vente conseillé, chez les cavistes dépositaires des produits Dugas) : 49-53 € -Note sous réserve estimée à : 84/100

3/ BRUICHLADDICH : « ISLAY BARLEY (Rockside Farm) », millésimé 2007, n.a.s. (env. 6 ans), Unpeated, Refill Bourbon barrels (fûts de plusieurs remplissages, ayant contenu auparavant du Bourbon), réduit à 50 % :
Elaboré avec de l’orge écossaise provenant d’une des fermes avec laquelle la distillerie collabore depuis quelques années (ce qui rend ici la notion de « terroir » plus valable), cette version est un peu différente de la précédente. De couleur or, son nez est davantage fondu et séduisant (fleurs capiteuses), et présente de jolies notes d’orge, avec la perception d’une belle sucrosité naturelle de la céréale. En bouche, c’est assez fin, sec, vif, épicé, minéral, herbacé, avec peut être quelques notes marines (coquillages/embruns), des fleurs capiteuses, du caramel au beurre salé (mais cela demeure léger), des épices (encore le poivre, noir et gris ici) apportant un côté réchauffant au palais, donnant une finale relativement longue. Avec un peu d’eau (légère dilution recommandée), il perdu un peu en intensité, mais demeure assez sec, vif, herbacé, un peu austère encore. Un joli BRUICHLADDICH, mais assez vif. P.V.C. : 56-60 € -Note sous réserve estimée à : 89/100

4/ BRUICHLADDICH : « The LADDIE SIXTEEN », (présenté comme un 16 ans d’âge, il aurait en réalité près de 20 ans*), Unpeated, 1st Fill Bourbon barrels (fûts de premier remplissage, ayant contenu auparavant du Bourbon), réduit à 50 % : *A Noter : Ce whisky étant âgé de plus de 14 ans, il s’agit d’un assemblage de fûts antérieurs à la reprise de la production par les producteurs actuels. De couleur vieil or, il présente un nez de fleurs capiteuses, de fruits frais et mûrs variés (fruits jaunes, fruits rouges), légèrement épicé et herbacé. Un nez dominé par les fruits, et ce, agréablement. En bouche, il est assez fin, marqué par un joli fruité d’une grande complexité (agrumes & autres fruits jaunes, fruits rouges, fraise, cassis, mûres, etc…), presque des notes de thé à l’orange, de chocolat, marié à un boisé lui aussi d’une grande finesse. Les épices ne sont pas loin derrière, ainsi que quelques herbes sèches. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau un beau fondu se révèle, mais trop d’eau le déséquilibre. Contentez vous de quelques gouttes d’eau la plus neutre possible. Conclusion : Un des plus beaux BRUICHLADDICH sur le marché, de l’ancienne production, certes (encore que certains pourraient dire que "c'était meilleur avant" là aussi), mais issu d’une belle sélection. Chaudement recommandé. D’autres notes de dégustation à venir. P.V.C. : 86-93 €-Note sous réserve (à confirmer sous peu) : 91,5/100

5/ PORT CHARLOTTE (Bruichladdich Distillery*) : « SCOTTISH BARLEY (Heavily Peated) », 40 p.p.m, n.a.s. (env. 6 ans), Juin 2014, réduit à 50 % : *A Noter : PORT CHARLOTTE est une ancienne distillerie ayant été opérationnelle entre 1829 et 1929, un projet de remise de reconstruction est annoncé depuis de nombreuses années, mais sans succès pour le moment, aussi cette version « lourdement tourbée » (en général environ 40 p.p.m) du distillat de BRUICHLADDICH, est produite sur le même site que la distillerie mère (BRUICHLADDICH), mais vieillie dans des chais traditionnels (de type "dunnage", en terre battue, avec peu d'étages de fûts) situés dans le village de PORT CHARLOTTE, tandis que la majorité des fûts de BRUICHLADDICH sont vieillis dans des chais modernes, palletisés (ce qui conserve davantage le degré d'alcool et limite la part des anges mais a tendance à rendre le distillat plus agressif, plus vif à mon avis. D'ou cette chance pour la version PORT CHARLOTTE d'avoir les meilleures conditions possibles pour s'épanouir...
De couleur or. Au nez, il est semble intensément tourbé (tourbe grasse), mais en réalité cette tourbe a de la profondeur, et il est également marqué par des fleurs, des agrumes et au second plan par quelques fruits exotiques. Mais surtout il est très équilibré et d’un charme fou, très pur, très net. Donald parle alors d’un whisky « horizontal », de par cette netteté. En bouche, c’est impressionnant d’équilibre et de sérénité. La tourbe est grasse et la fumée pas si intense que cela est habilement mariée avec un fruité complexe, reprenant les notes du nez, avec un très belle note de badiane (anis étoilé) mariée à de la frangipane (et presque de la guimauve) qui porte le tout vers un beau sommet gustatif, encore rehaussé par un trait d’eau fraîche qui ajoute une certaine rondeur et de l’élégance dans la tourbe. Conclusion : Beaucoup d’harmonie dans cette version qui pour moi bat à plate couture nombre d’Islay plus âgés (vous avez dit LAPHROAIG ?, oui, par exemple, sauf certaines sublimes versions de négoce), notamment en version officielle. Splendide et plus direct que la version « ISLAY BARLEY ». Un des plus beaux whiskies écossais de cette année à mon avis. P.V.C. : 54-58 € -Note confirmée par plusieurs dégustations : 93,5/100

6/ PORT CHARLOTTE (Bruichladdich Distillery) : « ISLAY BARLEY (Heavily Peated) », 40 p.p.m, n.a.s. (env. 6 ans), 2014, réduit à 50 % : De couleur or, son nez est un peu différent du « SCOTTISH BARLEY ». Plus fin, il est aussi moins direct, porté par une tourbe plus cendrée que grasse, par des notes d’agrumes, voire de fruits exotiques en arrière-plan. Son profil semble plus boisé également.En bouche, la différence s’accentue : Plus de cendres en effet que de tourbe grasse, une note de bois mouillé (un peu comme chez LAPHROAIG parfois) qui est moins à mon goût, plus de chêne tout court, et un fruité moins prononcé, semble t’il. Attention, une éventuelle dilution par le consommateur est ici plus délicate, le whisky devenant un peu cartonneux, aussi se contenter de quelques gouttes d’eau. Néanmoins un whisky très fin et élégant, recommandé. A ré-essayer sans doute. P.V.C. : 61-66 € -Note sous réserve estimée à : 91,5/100

7/ OCTOMORE (Bruichladdich Distillery) : « SCOTTISH BARLEY (Super Heavily Peated) », dit « 6.1 », 167 p.p.m, n.a.s. (env. 5 ans), Edition limitée, 2013, bouteille opaque noire, légèrement réduit à 61 % : A Noter : Il ne s’agit pas de la dernière version en date, mais de l’avant-dernière, car il y a eu également cette année une version dite « 6.3 », « ISLAY BARLEY », tourbée à 258 p.p.m. et titrant 64 % (à la bouteille transparente cette fois, comme pour le « COMUS », dit « 4.2 »). De couleur or, elle est intense au nez mais respirable (en faisant attention), très fine, marquée par l’orge (très pure), bien sûr les phénols (la tourbe autrement dit, et la fumée qui en découle, ici quelque peu cendrée, mais ce n’est pas un terme péjoratif), et quelques agrumes derrière, discrets. Superbe, il laisse augurer de belles choses, pour ceux évidemment qui n’ont rien contre la tourbe et qui ont l’habitude de ce titrage élevé. En bouche c’est splendide, comme souvent avec cette gamme spéciale, avec presque comme une note de café mêlée à la cendre. Mais c’est plus facile d’accès avec un peu d’eau. Avec de l’eau, c’est un véritable festival de tourbe, d’agrumes, de badiane et d’épices (modérées) et d’un peu de cacao (et quelques plantes aromatiques peut être ?) qui s’en suit, et c’est très facilement buvable, plus qu’on ne le croît. Pourquoi ?
Exclusif : J’en viens à mon « scoop », en exclusivité mondiale semble t’il, puisque je ne l’ai lu nulle part (même pas chez Serge) et cela semble un secret bien gardé…pourtant je l’ai su de source proche de la distillerie ! Si OCTOMORE est si facile à boire (enfin, tout demeure relatif, hein, pas de bêtises !), si son taux de tourbe « super élevé » donne en bouche une sensation moindre que celle d’un ARDBEG « TEN » (à 54 p.p.m.) ou d’un « SUPERNOVA » (à environ 140 p.p.m. pour l'édition 2010 testée), c’est outre des différences classiques (distillat, bois, chais, etc…), et certes que les alambics de BRUICHLADDICH sont assez hauts (enfin moins que ceux de GLENMORANGIE quand même !), mais surtout le fait qu’OCTOMORE est tout simplement distillé trois fois au lieu de deux ! Ce que j’avais deviné par intuition il y a quelques années m’a été confirmé il y a deux ans environ lors d’un salon…Ce petit "subterfuge" (si j'ose dire) permet donc à la distillerie de médiatiser un taux de tourbe très élevé et un profil de whisky en théorie « imbuvable », mais sans en avoir les inconvénients probables (sans doute une âcreté trop grande...). Voilà, vous savez tout !
Conclusion: Encore une sublime édition d’OCTOMORE, que je recommande chaudement, par contre c’est de plus en plus cher, clairement (édition limitée en général à environ 15000/18000 bouteilles). Prix estimé à 160/190 € à sa sortie, davantage depuis...: -Note sous réserve estimée à : 96/100

Reportage sur la dégustation INVER HOUSE Distillers chez VIN & WHISKY
le 24/09/2015 :
Mise à jour du : 02/10/2015
Le 24 Septembre, une dégustation concernant certaines distilleries écossaises du groupe Inver House Distillers (ANCNOC, BALBLAIR, OLD PULTENEY) avait lieu dans l’excellente cave à vins et spiritueux (et bar à vins et à whiskies) nommée « VIN & WHISKY » que les lecteurs de mon site connaissent bien (pour les autres, voir coordonnées ici: Vin et Whiskies
La dégustation était conduite par le fort sympathique et jeune Tim WADE, ambassadeur de la marque BALBLAIR (mais aussi accessoirement des autres distilleries du groupe), des marques distribuées par La Maison du Whisky. La distillerie KNOCKDHU produisant les single malts ANCNOC n’étant pas toujours présente dans les salons français, il était d’autant plus intéressant de déguster une de leurs nouveautés (pour certaines autres références, voir le reportage sur le Whisky Live Paris 2015, à venir sous peu). Quant à BALBLAIR et OLD PULTENEY, deux distilleries également des Highlands, j’ai eu régulièrement l’occasion de déguster leurs whiskies et j’apprécie leur politique récente de titrage à 46 %, voire parfois de non coloration et de non filtrage à froid. Pas moins de 8 whiskies (et encore, avec le distillat pur, n’ayant pas encore droit à l’appellation whisky, cela faisait 9) étaient en dégustation, une dégustation, à souligner, entièrement gratuite, toujours avec l’accueil chaleureux et discret des maîtres de la maison, Michèle et Charles Claudel. La convivialité est souvent de mise dans ce lieu, propice à conversations transversales, à rencontres, et aussi à une proximité précieuse avec l’invité professionnel lors de la dégustation, ce qui n’est pas toujours possible dans des salons, par exemple.

Tim, le symathique ambassadeur des marques du groupe, chez Vin et Whiskies, une adresse qui marche !
Photo © Grégoire Sarafian
Avertissement : S’agissant de ma première dégustation publique en phase de récupération de mes capacités olfactives et gustatives après une anosmie partielle, les notes de dégustation sont à prendre avec une réserve plus grande qu’à l’accoutumée, encore que j’ai pu reconnaître le statut de distillat pur (ou « new make ») d'un des échantillons de BALBLAIR, et ce à près d’un mètre, entre autres tests, ce qui m’a un peu rassuré.
LES WHISKIES DEGUSTES ce soir là:
(Tous des SINGLE-MALTS officiels)
Voici les whiskies dans l’ordre de leur dégustation, après une brève présentation de chaque distillerie :
Distillerie OLD PULTENEY :
Cette célèbre distillerie fût fondée en 1826 par James HENDERSON, dans la ville portuaire de Wick, dans les Highlands du Nord, et doit son nom à un particulier qui n’est pas professionnel du whisky, Sir William Johnstone PULTENEY, ce qui est plutôt rare pour une distillerie. C’est, si l’on excepte les distilleries des îles Orcades (Orkney Islands) et les îles Shetlands, la distillerie la plus septentrionale d’Ecosse. En tout cas elle l’était jusqu’en 2013, date ou la distillerie WOLFBURN fut créée dans la ville de Thurso, à environ 30 km au Nord-Ouest de Wick. La distillerie a vu son destin lié celui des pêcheurs de harengs, le personnel de la distillerie étant à l’origine principalement constitué de pêcheurs : Wick était le principal port d’Europe pour la pêche aux harengs), comme à la distillerie CLYNELISH par exemple. La particularité principale de la distillerie est l’absence de col de cygne de son alambic de wash, dont la forme est tronquée par rapport à celle des alambics habituels, c'est-à-dire qu’un autre tuyau repart perpendiculairement au premier (la légende raconte qu’ayant commencé à installer l’alambic, le directeur s’aperçut alors qu’il était trop grand pour la salle des alambics et décida alors de couper son sommet et faire une dérivation horizontale). La distillerie a connu de nombreux propriétaires, dont Hiram Walker & sons, en 1958, Allied Breweries (futur Allied Domecq) en 1961, puis c’est au tour en 1995 du groupe écossais INVERHOUSE Distillers (qui possède également les distilleries écossaises KNOCKDHU, BALBLAIR, BALMENACH, SPEYBURN), qui est lui-même depuis 2006 la propriété du groupe international Thaï Beverages plc. La distillerie a été surnommée la Manzanilla du Nord, allusion à l’usage de Sherry Fino et au style salé, un peu acide du distillat d’OLD PULTENEY. La forme de la bouteille a été conçue pour rappeler celle de l’alambic, notamment avec la partie sphérique vers la base de celui-ci, assez caractéristique. Une grande partie de la production (qui est d’un 1 million à 1,8 million de litres par an, mais il en reste peu pour les single-malts) alimente les nombreux blended whiskies du groupe qui ne sont pas ou peu disponibles en France, comme HANKEY BANNISTER, par exemple, mais aussi le blended whisky BALLANTINE’S du groupe Pernod-Ricard.
Pour en savoir plus, voir la fiche distillerie sur le site: Old Pulteney Distillery: Presentation
1/ OLD PULTENEY « Flotilla 2004 », mis en bouteille en 2014 (Edition limitée pour la France, en collaboration avec La Maison du Whisky), 46 % :
Cette version remplace la version de millésime « 2000 » que je n’ai pas encore chroniquée sur le site. Il s’agit toujours d’une version élevée en fûts ayant contenu du Bourbon. Le terme « Flotilla » est une allusion à une petite flotte de bateaux, clin d’œil au mot français de « flotte », mais aussi aux rassemblements festifs de vieux bateaux qui ont lieu chaque année en Normandie et en Bretagne, et en particulier aux « Tonnerres de Brest » de l’année 2012 ou fut lancée la première version « Flotilla 2000 ».
De couleur or très clair, cette version plutôt légère est peu expressive au nez, hormis des notes herbacées, citriques, des notes d’agrumes frais, assez caractéristiques. Peu de notes marines à ce stade. En bouche, l’on retrouve ce profil, un peu acide, sur les agrumes, les herbes sauvages, du miel, peut être un peu d’embruns, des épices douces, et de la sécheresse, ce sur un fond vanillé. Un peu plus aimable avec quelques gouttes d’eau, mais point trop n’en faut. Ce whisky manque un peu de corps. Conclusion : Un single malt apéritif pas mauvais, mais pas passionnant, et sur un profil qui m’intéresse peu (si j’ose une comparaison, il me rappelle un CLYNELISH restreint, ou autrement dit un chat sans ses griffes). Le profil des nouveaux AUTMORE officiels (pour les 12 et 18 ans en tout cas) n’est pas très éloigné de celui-ci, mais avec bien plus de punch. P.V.C./MdW (prix de vente conseillé, chez les cavistes dépositaires des produits La M.D.W.) : Autour de 55 € -Note sous réserve estimée à : 79 à 82/100

2/ OLD PULTENEY « Flotilla 2005 », mis en bouteille en 2015 (Edition limitée pour la France de 12000 bouteilles, en collaboration avec La Maison du Whisky), 46 % :
Cette version remplace la version de millésime « 2000 » que je n’ai pas encore chroniquée sur le site. Il s’agit toujours d’une version élevée en fûts ayant contenu du Bourbon. Le terme « Flotilla » est une allusion à une petite flotte de bateaux, clin d’œil au mot français de « flotte », mais aussi aux rassemblements festifs de vieux bateaux qui ont lieu chaque année en Normandie et en Bretagne, et en particulier aux « Tonnerres de Brest » de l’année 2012 ou fut lancée la première version « Flotilla 2000 ».
De couleur or clair (moins que la version 2004), cette version relativement légère est assez agréable au nez. De prime abord, le profil aromatique semble similaire au 2004, avec son cortège d’agrumes, de miel, d’épices et de vanille, mais il y a quelque chose d’autre semble t’il. En bouche, l’on retrouve ce profil, sur les agrumes, les herbes sauvages, les épices, quelques discrets éléments marins, la vanille en arrière-plan, ce côté sec, mais il y a quelque chose d’autre : Les esters provenant des fûts de Bourbon s’expriment davantage (notes de bonbon anglais, de fruits exotiques), et de belles notes de fruits (pommes, surtout) compotés s’y ajoutent, ainsi qu’une touche de caramel au beurre salé, même si l’on n’est certes pas chez ABERLOUR (je pense au 16 ans « Double-Cask Matured », une merveille pour ces notes là). Une plus value certaine. Avec quelques gouttes d’eau (pas trop), l’ensemble devient plus onctueux, avec même de belles touches florales. Conclusion : Un single malt apéritif voire digestif de qualité, sur un profil proche du 2004 mais plus complexe et plus expressif, ce qui le rend de suite plus intéressant. P.V.C./MdW: Autour de 55 € -Note sous réserve estimée à : 89-90/100

3/ OLD PULTENEY 17 ans, mis en bouteille en 2015, 46 % :
Cette version de la gamme régulière est véritablement le fleuron de la marque à mon avis. Elle peut être irrégulière, parfois, mais elle a été de nombreuses années (et l’est pour cette édition) une des meilleures productions de la distillerie. Sa particularité, est d’être une version certes élevée en fûts ayant contenu du Bourbon, pour 90 %, mais du Bourbon de 2 ème remplissage, mais aussi de 10 % de fûts ayant contenu du Sherry de type Oloroso, et cela se sent. Elle a compris dans le passé, et comprend encore, une part de fûts plus âgés (jusqu’à 21 ans, voire plus), ce qui lui confère une profondeur que n’a pas le 12 ans d’âge (par ailleurs très correct).
De couleur vieil or, il possède un nez très gourmand et riche de notes de fruitées, de fruits frais et mûrs variés (fruits jaunes, dont quantité de pêches, frais et au sirop, mais aussi des abricots secs, des oranges juteuses et de la bergamote confite), mais aussi de notes de fleurs capiteuses (lys, peut être du jasmin), d’épices et d’herbes sauvages. Un nez puissant, dominé par les fruits, très séduisant. En bouche, il est encore plus gourmand, marqué par ce fruité très généreux et massif (même notes qu’au nez, développées), des notes de thé à la bergamote, des épices variées (dont du gingembre), toujours les mêmes fleurs capiteuses et du miel toutes fleurs. Les herbes sèches sont en retrait. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau les notes se fondent encore un peu plus entre elles, et développent un fondu de plus en plus charmeur…Conclusion : Le plus beau OLD PULTENEY officiel abordable, avec le 21 ans, qui est lui sur un registre un peu différent, plus en retrait. Le lot dégusté ce soir là s'est avéré au dessus des deux précédents dégustés. Un dessert à lui tout seul. Chaudement recommandé. D’autres notes de dégustation à venir. P.V.C./MdW: Autour de 95 €, en France (un peu moins cher ailleurs) -Note sous réserve estimée à : 92-94/100

***
Distillerie BALBLAIR :
Cette distillerie fondée en 1790 par James McKeddy, est située dans la charmante ville de Tain, non loin de sa voisine, GLENMORANGIE (qui elle date de 1843), dans les Highlands du Nord. D’une capacité de production quasi-identique à celle d’OLD PULTENEY (1,8 millions de litres d’alcool pur par an), elle sera propriété de la famille Ross pendant longtemps (qui fut amenée à la reconstruire non loin des bâtiments précédents), avant d’être acquise par celui qui en modernisera les installations, à savoir Bertie Cummings, en 1948. Elle sera revendue en 1970 à l’américain Hiram Walker, société qui deviendra elle-même la propriété d’Allied Domecq, puis en 1996 à l’écossais Inver House Distillers, qui deviendra une division du groupe Thaï Beverages Plc en 2006. Equipée d’une cuve de brassage en acier inoxydable, de 6 cuves de fermentation en pin d’Oregon, ainsi que de deux alambics. Le distillat est vieilli dans 8 chais traditionnels (dits aussi « dunnage warehouses »), abritant plus de 26000 fûts. BALBLAIR est une des 3 distilleries dont le décor (l’extérieur et les chais) a servi comme cadre du film « La Part des Anges » de Ken Loach, en 2012. La gamme régulière comportait auparavant une belle version d’entrée de gamme sans compte d’âge nommée « A creation of the ELEMENTS », un 10 et un 16 ans d’âge, tandis que de belles éditions limitées avec compte d’âge, comme un 33 ans (en 2000) et un 38 ans (en 2004) figurent parmi les plus beaux malts d’Ecosse à mon sens. Sous l’impulsion du nouveau propriétaire, à l’instar de la distillerie The GLENROTHES, les comptes d’âge disparaissent courant 2006 pour voir apparaître, l’année suivante quasi-exclusivement que des éditions millésimées.

Les trois single-malts BALBLAIR en dégustation ce soir là chez Vin et Whisky. Photo © Grégoire Sarafian
4/ BALBLAIR « New Spirit » (distillat pur, non vieilli, 21/09/15), échantillonné au degré naturel de 67,9 % :
Il est rare de pouvoir déguster le distillat pur (en anglais « New Make », ou « New Spirit ») en dehors du cadre d’une visite de distillerie, de salon important, voire de masterclass payante. Ayant dégusté maintenant plus d’une trentaine de distillats, il était d’autant plus intéressant de le déguster pour émettre des comparaisons et tenter de les différencier, ce qui n’est pas toujours aisé. Rappelons que ce type de spiritueux n’a pas le droit à l’appellation « whisky » en Ecosse (et au-delà) car il n’a pas été vieilli au moins 3 ans et un jour.
De couleur transparente, comme il se doit Au nez, il est puissamment expressif, sur des notes d’eau de vie de prune, voire de quetsche, de fleurs capiteuses (violette, lilas), tandis qu’en bouche, d’autres notes s’ajoutent, des notes d’esters (bonbon anglais, fruits exotiques), et, à moins que je ne rêve, des notes de fruits rouges, discrètes mais précises (cerises fraîches), également de pommes rouges et de crème de violette. Avec un peu d’eau le crémeux est renforcé et l’exubérance fruitée et florale se fait sentir de plus belle, mais dans un beau fondu plein de douceur et de sensualité. La finale est très longue. Conclusion : Quasi-phénoménal, le distillat de BALBLAIR dégusté là est simplement un des tous meilleurs jamais dégustés par votre serviteur. Dans le top 5 de ceux dégustés….Bon, évidemment, c’est difficile de donner une note chiffrée à un distillat, aussi je ne le ferais pas, mais je lui décerne dirons nous un prix d’excellence…Hors commerce, sauf peut être à la distillerie, en quantités limitées. Pas de notes chiffrées, mais impression très positive.

Le distillat pur (ou "New Spirit") de BALBLAIR en dégustation ce soir là chez Vin et Whisky. Photo © Grégoire Sarafian
5/ BALBLAIR millésimé « 2003 », mis en bouteille en 2014, n.c.f., réduit à 46 % :
BALBLAIR a choisit depuis plusieurs années de proposer des mises en bouteilles millésimées plutôt que des compte d’âges, dans la plupart des cas, et cela est intéressant, notamment lorsqu’il y a des éditions successives de mêmes millésimes, ce qui permet là encore d’établir des comparaisons.
De couleur or clair, son nez est nettement moins expressif que celui du distillat, c’est normal, le titre alcoolique est aussi bien moindre, mais en attendant c’est un véritable choc, comme si la puissance de ce distillat s’était évanouie dans la nature en l’espace de 11 ans. Le nez est très (trop) léger, sur les agrumes, leur acidité, et les épices qui vont avec ce caractère herbacé que l’on connaît aux BALBLAIR récents. En bouche, l’on a un mélange d’agrumes, d’herbes sauvages, de fleurs, d’épices diverses et de caractère citrique, à peine atténué par un peu d’eau, qui le rend encore plus léger. A éviter…Conclusion : D’un équilibre relatif, sur le fil du rasoir, cette version est légère et vive à la fois, manquant quelque peu de complexité, de toute évidence. Elle est correcte, mais je ne la conseille pas particulièrement. P.V.C./MdW: Autour de 62 € -Note sous réserve estimée à : 82/100

6/ BALBLAIR millésimé « 1999 », mis en bouteille en 2014, n.c.f., réduit à 46 % :
Cette version est un assemblage de fûts de Sherry Oloroso de premier remplissage (« First Fill ») & de fûts de Bourbon de second remplissage.
De couleur vieil or, elle a un nez complexe, à la fois floral, fruité, herbacé, épicé, et marqué par les esters. En bouche, ce BALBLAIR est gourmand et pâtissier (entre mille-feuilles et crème brûlée, avec en sus comme une note de crème anglaise), floral (jasmin, pointe de violette, voire de lys), puis de plus en plus fruité (fruits secs divers, puis orange, pêche et abricots en gelée), avec les herbes et les épices non loin derrière, sur un lit de crème glacée à la vanille. Délicieux ! Avec un peu d’eau, il devient de plus en plus sexy, les notes pâtissières se fondant avec les notes fruitées et florales…Conclusion : Un BALBLAIR de premier ordre, fortement recommandé. P.V.C./MdW: Autour de 100 € -Note sous réserve estimée à : 91 à 92, voire davantage (94 ?)/100

7/ BALBLAIR millésimé « 1988 », mis en bouteille en 2015 (environ 27 ans), SINGLE-CASK (Cask N° 3400 ayant donné 135 bouteilles), n.c.f., 52,1 % :
Il s’agit d’une version entièrement élevée dans un seul fût ayant contenu du Bourbon, mise en bouteille à 52,1 %, mais rien ne dit sur l’étiquette qu’il s’agirait d’un brut de fût, donc il est possible qu’il y ai eu une certaine réduction.
De couleur vieil or, elle a un nez plus fin que le 1999, plus sec également, il est fruité, herbacé, épicé, et comme marqué par le Sherry, pourtant absent. En bouche, ce BALBLAIR est également gourmand, mais sur un profil un peu différent du 1999 : Plus épicé, plus ferme, le palais révèle des notes de fruits mûrs divers et d’herbes sèches, il est élégant et racé. Difficile à ce stade d’en dire plus. Avec un peu d’eau (attention ne pas trop en ajouter, quelques gouttes suffisent), il devient plus souple et plus abordable, avec un beau fondu des différentes notes, mais demeure toujours un peu fuyant. Conclusion : Un bon BALBLAIR, un peu plus exigeant avec le dégustateur, plus difficile à évaluer que le précédent. Il est cependant également recommandé, même si j’ai préféré le précédent. P.V.C./MdW: n.c. (j’ai cru entendre 275 € mais c’est sous réserve)-Note sous réserve estimée à : 89 à 93 ?/100

Un millésime "1988" de BALBLAIR en version single-cask à 52,1 %, du punch en perspective. Photo: © Grégoire Sarafian
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Distillerie KNOCKDHU (Single-malt ANCNOC) :
Cette distillerie encore peu connue du grand public fût fondée en 1893 par le groupe D.C.L. (Distillers Company Limited), dans la ville de Knock, près de la ville de Huntly (siège du négociant Duncan Taylor, mais aussi de la distillerie GLENDRONACH), dans les Highlands de l’Est, à la limite de la région nommée Speyside. La distillerie est rachetée en 1988 par le groupe U.D.V. (futur Diageo). Elle est équipée d’une cuve de brassage en acier inoxydable de 5 tonnes, de 8 cuves de fermentation en pin d’Oregon, ainsi que de deux alambics à condenseurs pourvus de serpentins (« worm tubs »). Seule une dizaine de distilleries environ les utilisent de nos jours. Le distillat est vieilli dans 1 chai moderne (« rack warehouse ») et 3 chais traditionnels (dits aussi « dunnage warehouses »). Il faudra attendre l’année 1990 pour voir le premier embouteillage en tant que single-malt sous le nom de KNOCKDHU, et 1993 en sous le nom d’ANCNOC. Le 12 ans d’âge actuel fut lancé en 2003, même s’il en a existé longtemps auparavant. La gamme régulière comprend un 12, 16, 18, 22 et de manière moins régulière un 35 ans. A ceux là s’ajoutent des versions millésimées et tourbées. La production est d’environ 1,9 million de litres d’alcool pur par an, et les fûts utilisés sont à grande majorité d’anciens fûts de Bourbon, et pour le reste (environ 15 %) des fûts ayant contenu du Sherry. Le single-malt ANCNOC était autrefois souvent tourbé, il l’est de nouveau depuis 2014 seulement dans plusieurs versions (« CUTTER », « FLAUGHTER », « RUTTER » et « TUSHKAR »), et depuis cette année dans les versions « PEATLANDS » et « RASCAN ».

Les ANCNOC de la dégustation du jour, le "PEATLANDS" et le 12 ans d'âge. Photo: © Grégoire Sarafian
8/ ANCNOC 12 ans, distillerie KNOCKDHU, 2015, 40 % :
Il ne s’agit pas de la dernière version en date, mais de l’avant-dernière, car il y a eu également cette année une version dite « 6.3 », « ISLAY BARLEY », tourbée à 258 p.p.m. et titrant 64 % (à la bouteille transparente cette fois, comme pour le « COMUS », dit « 4.2 »).
De couleur or, à reflets vieil or, son nez est fin, léger, sur un registre bien différent des BALBLAIR, de réglisse, de fruits mûrs (des pommes surtout), mais aussi d’orge maltée, voire de miel d’acacia. Le palais est marqué par les céréales, dont l’orge, mais aussi par les fruits mûrs, une pointe de réglisse, de miel et quelques esters (fruits exotiques) en arrière-plan. Cela demeure assez discret, ANCNOC étant plutôt, dans ces versions jeunes, un malt apéritif. Correct avec un peu d’eau, mais sans révélation particulière (ne pas trop en ajouter, car ce whisky discret est déjà bien réduit). Conclusion : Une jolie version d’introduction à la gamme, assez équilibrée, faisant la part belle à l’orge maltée. P.V.C./MdW : Autour de 50 € -Note sous réserve estimée à : 85/100

9/ ANCNOC « PEATLANDS », sans mention d’âge, distillerie KNOCKDHU, Première Edition, 2015, 46 % :
Il s’agit de la 6 ème version tourbée récente de la distillerie, une version réservée à certains marchés (Europe de l’Ouest & de l’Est, Scandinavie) et limitée à 6600 bouteilles. Elle est tourbée mais de manière très modérée, avec un taux de phénols annoncé à 9 p.p.m. seulement, soit trois fois moins environ que LAPHROAIG ou CAOL ILA, déjà modérément tourbés dans leurs versions courantes. La distillerie précise par ailleurs que le whisky est un assemblage de fûts de chêne américains (ayant contenu du Bourbon) de plus de 10 ans d’âge.
De couleur or clair, son nez est fin, de prime abord léger et légèrement fruité (miel et pommes mûres), puis rapidement submergé d’une belle tourbe bien fine, ornée de touches de réglisse. En bouche, l’on retrouve ce côté fruité modéré et réglissé, de malt un peu vert, élégamment enchâssé dans un cocon de tourbe mi-grasse, mi-sèche rappelant immédiatement certains ARDMORE de négoce. Quelques épices pointent leur nez, mais demeurent sagement dans le rang, dans un ensemble harmonieux. L’orge maltée est ici un peu en retrait par rapport à la version de 12 ans d’âge. Avec un peu d’eau (point trop n’en faut), une certaine suavité se dessine même, et de discrètes notes d’amandes et de caramel naturel apparaissent. Pas mal ! Conclusion : Une belle surprise que ce « PEATLANDS », parfaitement équilibré et susceptible de concurrencer les Islay modérés et les offres écossaises plus « continentales » (comme par exemple ARDMORE et BENRIACH). Plutôt recommandé ! P.V.C./MdW : Autour de 70 € -Note sous réserve estimée à : 90/100




Au stand éphémère (façon cellier) "Golden Promise", l'on pouvait tirer un dram au sort, ici le superbe et puissant rhum CARONI directement tiré du fût, à déguster avec....précaution (il titrait en effet 68 %). Photo: © Grégoire Sarafian


























Fabuleux, ce NIKKA "Coffey grain" brut de fût....Photo: © Grégoire Sarafian
CONCLUSION:
Voilà en gros ce qu'il fallait retenir de ce salon à mon sens, en tout cas concernant les whiskies que j'ai pu déguster, bien entendu. Comme tout le monde, j’ai aussi navigué au gré des disponibilités des stands (autant dire presque mission impossible d’approcher le stand DALMORE à chaque fois que je m’y suis présenté, j’y ai donc renoncé…-Oui, j’étais curieux du nouveau « Quintessence »).
Evidemment que le problème principal demeure le prix des flacons dès lors que l’on quitte les entrées de gamme et âges modestes, comme par exemple celui de l’ AULTMORE 1996 « Sweet white wine finish » (Sauternes), réduit à 50 issu de 2 fûts (3475 & 3478), 131 bouteilles, une cuvée 60 ème anniversaire de la MDW annoncé à 399 €. Attardons nous d’ailleurs un temps dessus…Vous y croyez, vous, au nombre de bouteilles annoncées pour deux fûts d’à peine 20 ans d’âge ? Moi, non, je pense plutôt qu'il y a du y avoir un split du contenu de ces fûts entre/avec un ou plusieurs négociants ou maisons grossistes & distributrices à mon avis. Cela reste une hypothèse, bien sûr…pas une certitude. Quand au prix, il est simplement un peu plus élevé que le …25 ans d’âge.
Chez DALMORE, me répliquera-t’on, pour le même affinage, quasi-même âge & titrage, le prix sera quasiment doublé (895 €), oui, mais, il y a longtemps que cette marque n’est plus accessible au commun des mortels pour les hauts de gamme…question de positionnement marketing vers le luxe (depuis le rachat de 2007 par United Spirits). Heureusement, cette année encore, malgré tout, j’ai dégusté de belles choses à moins de 150 €, voire 80 €.

Le "Whisky de Table", de COMPASS BOX, un blendec malt de 3 ans d'âge, ultime provocation?
L’autre problème évidemment demeure le phénomène désormais bien implanté des n.a.s. (whiskies sans compte d’âge) ET les whiskies axés sur la « wood technology » (la recherche par brûlage intensif des fûts de certains goûts de boisé, vanillé, d'épices tirant le whisky vers le rhum ambré, pour être clair), phénomène similaire à, il y a quelques années, celui de la « parkerisation » dans les vins de Bordeaux et l’obsession de la « micro-oxygénation » qui allait avec (si vous ne me croyez pas, regardez pour ce qui est du vin le documentaire "Mondovino", dont la vision fût un choc pour moi il y a quelques années). D’’ailleurs, clairement, ce sont souvent les mêmes produits qui souffrent à la fois du « n.a.s. non transparent » et de la « wood technology » (même s’il y a de belles exceptions encore cette année).
Cependant il convient ici de rappeler, pour les lecteurs pas encore trop au fait de ce problème, qu’il ne saurait être question de mettre tous les whiskies dans le même sac, même les n.a.s. , comme il m’arrive de le lire ici ou là sur des forums ou blogs ou billets de journalistes pas toujours bien informés. En effet, comment comparer (par exemple) les jeunes Singleton of DUFFTOWN sans compte d’âge (réduit à 40 %, colorés artificiellement, filtrés à froid, assez jeunes, etc…) avec un single malt en édition limitée comme par exemple l’ABERLOUR « A’Bunadh », créé avec une large variété de cuvées ou millésimes à partir de données précises et exigeantes (la majeure de fûts de sherry de premier remplissage, la non filtration à froid, la présence de quelques fûts de plus de 10 ou 15 ans, le titrage élevé, etc…).
C’est tout simplement ridicule, pas comparable…et je peux multiplier les exemples, même si « du bon côté de la force », il n’y a tout de même pas énormément d’exemples de bons n.a.s. en dehors des whiskies des jeunes distilleries (les KILCHOMAN « Sanaig » ou le jeune single malt de WOLFBURN en sont de bons exemples) et des versions n.a.s. historiques (issus du début des années 2000, voire avant-1997 pour l’ « A’Bunadh ») comme l’ABERLOUR A’Bunadh, le LAPHROAIG « Quarter Cask », ou encore l'ISLE OF JURA "Superstition", chez nous (eh, oui !), les ARMORIK et les GLANN AR MOR (souvent en dessous des 6/7 ans d’âge et pourtant si « prêts à déguster ») et même, plus récemment, le CAOL ILA « Moch », un des premiers n.a.s. de l’ère « contemporaine », si j’ose dire, et, à fortiori, forcément, la gamme « Private Edition » de GLENMORANGIE (rarement en dessous de 10/12 ans d’âge).
Pour donner un exemple récent positif, j’ai trouvé que les deux récents SCAPA (« Skiren » et « Glansa »), sans être des chefs d’œuvre pour autant, s’en tirent plus qu’honorablement. Cela laisse un peu d’espoir.
Pour ne pas rester sur une note négative, donc, signalons tout de même que j'ai passé de très bons moments dans ce salon, et que, parmi mes coups cœur de cette année, figurent deux jeunes distilleries commençant par la lettre « W » et ayant eu l’intelligence par leurs méthodes de production, de contourner le problème de leur jeune âge (leurs whiskies ont moins de 5 ans d’âge !), à savoir WOLFBURN, en Ecosse, dans les Highlands du Nord, et WESTLAND, aux Etats-Unis, sur la côte Ouest…Une distillerie que j’ai fini par élire distillerie de l’année 2016 (voir ma note dans le sujet sur mes meilleurs whiskies abordables de 2015/2016 : cliquez ici/ click here

Merci encore à tous et à toutes, lecteurs fidèles du site (que vous soyez professionnels ou amateurs) de votre fidélité et de vos encouragements lors du salon ! Merci également aux professionnels pour leur accueil sur le salon.
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Pour finir, une dédicace personnelle à des personnes que je n’ai pas pu voir cette année, à savoir, entre autres, bien sûr, Dave Broom (« you’re the best, I miss you ! »), Richard Paterson (qui fêtait ses 50 ans de métier-« Congrats, and please take care of Gregg, now, thanks ! »), ou encore Chris Maybin (« All the best, mate, for your new job ! »).