Cocktail Spirits 2017

 

Compte-rendu de Greg's Whisky Guide sur le salon professionnel:

 

"Cocktail Spirits 2017", les 05 & 06 Juin 2017 

(Salon sous-titrĂ© « In Bartenders We Trust Â», 10 ème Ă©dition :

Le Salon Européen, les nouvelles tendances)

 

Ă  la Maison ROUGE, Paris

(10, Boulevard de la Bastille 75012 Paris)

 

Publié le : 27/06/2017-Mise à jour du : 10/07/2017

 

 

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 Toutes photos (sauf celle ci-dessus & exceptions): © GrĂ©goire SARAFIAN, tous droits rĂ©servĂ©s.

                                                                               

                                  

INTRODUCTION:

 

A l’occasion de son 10 ème anniversaire, je vous propose un reportage sur un salon que j’ai le plaisir de visiter chaque annĂ©e depuis 2009, salon professionnel très connu des professionnels du monde du cocktail & des spiritueux, mais moins du public malgrĂ© son succès.

Ce salon pas comme les autres est centré sur les problématiques liées à la mixologie (à l’art du cocktail, si vous préférez), les nouvelles tendances que ce soit dans le cocktail ou les nouvelles orientations des spiritueux (whisky ou pas), mais aussi les nouvelles manières d’aborder ces spiritueux en termes de consommation, de marketing, incluant des expériences sensorielles alliant parfois plusieurs types de consommations et d’alcools. C’est aussi et surtout un lieu d’échanges entre professionnels (producteurs, distributeurs et «artisans-transformateurs»-traduisez barmen) des spiritueux et leurs interlocuteurs, notamment les C.H.R. (caves, hôtels, restaurants), mais aussi la presse (spécialisée ou non), voire d'autres types. Il y aussi plusieurs espaces consacrés à des conférences sur nombre de sujets liés à l’intitulé du salon (voire d’autres-à noter la progression des problématiques liées à l’éco-responsabilité, par exemple, ou à la place des femmes dans ce domaine), par des acteurs du monde entier.

Je n’évoquerais que brièvement la composante proprement dite du cocktail, des autres spiritueux et pratiques de consommation liée à l’univers propre au bar, vous le comprendrez aisément puisque ce site est avant tout consacré au whisky et accessoirement aux autres spiritueux ayant subi une maturation en fûts de chêne, mais je tenais, ici ou là, à rendre hommage à l’art du cocktail et à ses barmen (et women, bien sûr-en vedette thématiquement cette année) sans le talent desquels ce salon serait moins réussi.

Vous l’aurez compris, c’est aussi et surtout un lieu ou l’on rencontre des crĂ©ateurs, ou l’on cause, ou l’on teste aussi (pas avec un vrai verre de dĂ©gustation, mais en « shot Â», ce pour Ă©viter les excès de consommation, comme pour recentrer le visiteur sur la transformation du produit alcool en cocktail). Un des salons malgrĂ© tout les plus dĂ©contractĂ©s qui soit, et les mieux organisĂ©s.

Je vais donc sans plus attendre évoquer plusieurs stands (ils sont organisés plutôt par distributeurs, thèmes ou encore propriétaires de marques que par marques de whisky, même si cela peut être également le cas). Lorsque cela a été possible, vous y trouverez des notes chiffrées, estimées ou confirmées, des impressions aussi bien sûr, sachant que je n’ai pas pu visiter tous les stands, il ne s'agit donc pas un reportage exhaustif, mais plutôt d'un survol, favorisant systématiquement les stands ou le whisky était central.

Enfin, comme cette année c’est le 10 ème anniversaire de ce salon, je reviendrais brièvement, photos à l’appui, sur quelques éditions précédentes qui furent l’occasion de découvertes singulières, remarquables ou encore décisives, souvent anticipatrices de tendances ou de nouveautés que l’on découvrira ailleurs bien plus tard (un des plus grands atouts de ce salon, d’ailleurs).

Je tenais à remercier les organisateurs de ce salon, Thierry Daniel, Eric Fossard & leur équipe, de m’accueillir dans ce salon depuis tant d’années en toute simplicité, mais également à remercier les personnes des stands qui dans leur très grande majorité m’ont toujours réservé le meilleur accueil. Un grand merci également à tous les exposants visités...

 

 

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Votre serviteur, ici avec Florian Pflieger, ambassadeur de la distillerie BRUICHLADDICH. Il règne toujours une bonne ambiance au salon COCKTAIL SPIRITS...Photo: © GrĂ©goire Sarafian        

 

 

ENGLISH SHORT NOTE:

This time I wanted to write about a quite successfull show among professional people in the spirits & cocktail world, but which is still not enough known by the audience. I have been visiting this show since 2009 (this year was the 10th anniversary of the show) and I have always been intrigued & seduced by its ability (thanks to the team, driven by Thierry Daniel & Eric Fossard) to inform us about the novelties in the whisky & other spirits industry as well as the trends & wide offers on the mixology (a recent word for « the art of creating cocktails Â») ground. You always learn something when attending to this show, you always meet interesting people from all over the world and always have something special to try, as well as refreshing your knowledge about the brands standards, core ranges and even some limited editions sometimes. So yes it is a highly recommended show and I feel privileged to be part of the people who can visit it.

 

LE « BAR DES INNOVATIONS Â», UN STAND INCONTOURNABLE… :

Peu après l’entrĂ©e du salon, le premier stand stratĂ©gique est celui du Bar des Innovations ou sont regroupĂ©es une centaine de nouveautĂ©s spiritueux & des bouteilles primĂ©es par le salon. L’on y trouve soit de vraies nouveautĂ©s, soit des nouveautĂ©s de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente mais dont la commercialisation va ĂŞtre Ă©tendue au cours de l’annĂ©e. J’ai d’autant plus de plaisir Ă  visiter cet important stand que l’on y est souvent fort bien accueilli, et notamment par Alexandre Vingtier, spĂ©cialiste des spiritueux (co-auteur avec Cyril Mald notamment du livre « Iconic Whisky : Single Malts & more Â», un guide de dĂ©gustation paru en 2015 aux Ă©ditions La Martinière, de « Whisky : L’indispensable Â», co-Ă©crit avec Marlène LĂ©on en 2009 et Ă©ditĂ© chez Flammarion, mais aussi de livres sur d’autres spiritueux, comme le rhum, avec son ouvrage de rĂ©fĂ©rence : « 120 rhums, grands classiques, Ă©toiles montantes, et perles mĂ©connues Â», paru en 2016 aux Ă©ditions Dunod). Il est Ă©galement depuis 2016 l’un des trois ambassadeurs de la branche française de la S.M.W.S., branche relancĂ©e rĂ©cemment. Attentif aux attentes des visiteurs, exigeant et informĂ©, il est d’une aide prĂ©cieuse pour s’y retrouver dans l’offre plĂ©thorique de spiritueux d’aujourd’hui.

 

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Parmi les whiskies dĂ©couverts sur ce stand, signalons que l’on peut aussi dĂ©couvrir des bouteilles abordables et marques très connues du public comme le blended whisky CLAN CAMPBELL, ici en version affinĂ©e en fĂ»ts ayant contenu du rhum, et nommĂ©e « Dark Â» (plutĂ´t correct, avec une texture presque sirupeuse-dans la limite de l’exercice, c’est Ă  dire de produit de grande consommation), mais aussi, plus haut de gamme, une version du blend CHIVAS REGAL sortie l’an dernier de manière presque inaperçue mais tout Ă  fait inhabituelle, nommĂ©e « Mizunara Â», car affinĂ©e dans des fĂ»ts ayant contenu du chĂŞne rouge japonais (voir note plus loin).

 

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-CHIVAS REGAL « Mizunara Â» (Mizunara cask finish), n.a.s. (sans compte d’âge), Ă©dition limitĂ©e, 2017, 40 % (Blended whisky, ECOSSE):

A noter : Il s’agit d’une version très particulière du CHIVAS REGAL, sortie la première fois en 2016. L’assemblage (sans mention d’âge, comme le dernier nĂ© « Extra Â»), crĂ©Ă© par Colin Scott, a Ă©tĂ© remis Ă  marier dans des fĂ»ts de chĂŞne rouge japonais dits aussi « Mizunara Â», des fĂ»ts particulièrement poreux et dĂ©licats Ă  employer sur la durĂ©e. CoĂ»teux, ce type de chĂŞne est dĂ©jĂ  peu utilisĂ© au Japon, mais Ă  servi notamment pour la maturation et la finition, de manière rĂ©gulière mais très limitĂ©e, de single malts des distilleries HANYU ou YAMAZAKI, par exemple.

Couleur : Vieil or. Nez : suave, lĂ©ger, marquĂ© par les fruits confits, du boisĂ© noble (l’influence du Mizunara sans doute ?) et une belle note de prune mĂ»re. Dès le nez, l’on sent une diffĂ©rence avec le profil aromatique du 12 ans d’âge, par exemple (hĂ©las je n’ai pas encore pu Ă©valuer la version sans compte d’âge dite « Extra Â», mais cela viendra aussi). Bouche : Un peu changeante, mais au mieux de sa forme (autrement un peu de sucre rĂ©siduel se fait sentir), fait preuve d’une belle personnalitĂ©, alliant fleurs capiteuses en arrière-plan, vĂ©gĂ©tation de sous-bois, bois noble & Ă©pices douces (ces trois dernières notes attestant Ă  mon avis de l’influence modĂ©rĂ©e mais perceptible du Mizunara). La finale y ajoute une belle note de sucre d’orge, des notes de fruits confits, des pommes & des poires mĂ»res, mais aussi comme une onctueuse note chocolatĂ©e. Difficile en revanche de dĂ©cider si cette note de caramel mou est entière naturelle, par contre. Tenue Ă  la dilution : Un peu d’eau rĂ©vèle encore un peu plus la singularitĂ© de ce whisky, mais ne pas trop en ajouter. Je n’ai pas essayĂ© avec de la glace ! Conclusion : Une expĂ©rience intĂ©ressante, au-delĂ  du coup marketing (certes avec un rĂ©sultat moins onĂ©reux que le BOWMORE « Mizunara Â» finish), et un beau blend, d’une belle finesse et avec un beau fondu, mais parfois un peu difficile Ă  saisir, malgrĂ© mes deux dĂ©gustations, d’oĂą la difficultĂ© de lui donner une note chiffrĂ©e prĂ©cise. Indication de prix : Autour de 70/80 €, cavistes seulement (Ă  ma connaissance, cette version n’est pas vendue en grandes surfaces). Note confirmĂ©e : 85,5/100

 

 

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Pour en terminer avec les assemblages de whiskies Ă©cossais prĂ©sents sur ce stand, WHYTE & MACKAY proposait sa dernière crĂ©ation, une troisième version de son « SHACKLETON Â» blended malt (voir note ci-dessous) :

-« SHACKLETON Â», Mackinlay’s Old Highland Malt, 3 ème Ă©dition/version2017, n.a.s. (sans mention d’âge), rĂ©duite Ă  40 % (Blended Malt, ECOSSE):

A noter : Il s’agit de la troisième Ă©dition crĂ©Ă©e par Richard Paterson afin de rendre hommage Ă  l’explorateur Sir Ernest Shackleton, et Ă  son expĂ©dition de 1907. Trois caisses de whisky dont plusieurs bouteilles intactes avaient Ă©tĂ© en effet retrouvĂ©es en 2006 au pĂ´le Sud, et la sociĂ©tĂ© Whyte & Mackay, propriĂ©taire de la marque, avait chargĂ© le grand assembleur Richard Paterson, de re-crĂ©Ă©r un assemblage approchant le plus possible l’assemblage original. C’est la première fois que cet assemblage est proposĂ© avec une rĂ©duction aussi importante, Ă  40 %.

Couleur : Or clair, Ă  reflets dorĂ©s. Nez : Fin, très fondu, sur les esters, mais aussi les fruits confits, les agrumes, le miel (dense, et très vĂ©gĂ©tal-de bruyère, entre autres). Bouche : Manifestement plus jeune que les prĂ©cĂ©dentes versions (marquĂ© notamment par ses notes d’esters et d’artichauts), très fondu, il reprend en les fusionnant les notes du nez, avec moins de longueur qu’auparavant, rĂ©duction Ă  40 % oblige. Cependant un whisky bien fait, lĂ©gèrement tourbĂ©, vĂ©gĂ©tal et bien Ă©quilibrĂ©. Tenue Ă  la dilution : Fragile. Dilution dĂ©conseillĂ©e ou alors très lĂ©gère, car ce whisky est dĂ©jĂ  assez rĂ©duit et très fondu. Conclusion : Un bon blended malt, mais un peu trop rĂ©duit. A rĂ©server plutĂ´t Ă  l’apĂ©ritif. Après plusieurs dĂ©gustations, confirmation de ses qualitĂ©s (d’oĂą la note qui est montĂ©e de 81 Ă  88/100). Indication de prix : Autour de 45 € (la version initiale titrant 47,3 % est encore disponible autour de 180 €, et la deuxième Ă©dition autour de 130 €). Note confirmĂ©e : 88/100

 

 

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La France n’était pas en reste puisqu’un blended malt était proposé sur le stand, un whisky de la société de négoce BELLEVOYE (à droite sur la photo ci-dessous), cette fois en version légèrement tourbé, et à 43 %. Un whisky correct, plutôt bien construit, équilibré, mais assemblant des whiskies encore jeunes et pas forcément d’un grand intérêt encore. Note estimée à 83/100.

 

 

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La puissance, l’expressivitĂ© & la complexitĂ© sont venues plutĂ´t d’une nouvelle marque, « METHODS AND MADNESS Â» en fait une sĂ©rie expĂ©rimentale de whiskeys de diffĂ©rents types (incluant des single malts & des single grains) crĂ©Ă©e par Brian Nation, maĂ®tre-distillateur de MIDLETON (producteur des marques JAMESON et RED BREAST, entre autres), et notamment d’une belle version nommĂ©e « Sherry & Bourbon Barrels Â», un single pot still affinĂ© dans des fĂ»ts français (rĂ©gion de l’Isère) ayant contenu des châtaignes. Dans une dĂ©marche visiblement inspirĂ©e du nĂ©goce, MIDLETON tente de surprendre tant au niveau du contenant (assez spectaculaire, je dois dire) que du contenu :

-« METHODS AND MADNESS Â» (MIDLETON Distillery), « Sherry & Bourbon Barrels Â», finished in French Chestnut, 46 % (Single Pot Still, RĂ©publique d’IRLANDE):

Note succinte : Gourmand, complexe, avec de belles notes fruitĂ©es, de cĂ©rĂ©ales croquantes & d’épices typiquement irlandaises, il fait Ă©galement preuve d’un caractère pâtissier en partie liĂ© Ă  cette note de purĂ©e de châtaignes, et d’une lĂ©gère amertume en finale. L’alliance entre le sherry et la châtaigne, est, je dois dire, d’une rare pertinence ! Une rĂ©ussite. Indication de prix : Autour de 70 €, MdW & cavistes partenaires. Note estimĂ©e Ă  plus de 90/100.

 

 

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Pas si loin de ce profil, mais en plus sage et feutrĂ©, car c’est un rye whisky canadien (whisky de seigle), le MASTERSON’S, un 10 ans d’âge, offrait un joli profil Ă©quilibrĂ© (voir note ci-dessous-En apartĂ©, c'est bien Alexandre Vingtier qui est Ă  l'arrière-plan de la photo du MASTERSON'S, occupĂ© Ă  servir un public attentif aux nouveautĂ©s et Ă  ses recommandations personnelles...) :

-MASTERSON’S 10 ans, Canadian Straight Rye Whisky, American Oak, 45 % (Rye whisky, CANADA):

Couleur : Vieil or. Nez : Suave, sucrĂ©, sur le seigle (mais version davantage miellĂ©e qu’épicĂ©e). Bouche : En effet, un whisky nettement marquĂ© par le seigle, mais avec une influence forte de notes vanillĂ©es & miellĂ©es, ainsi qu’une touche d’érable, et peu d’épices en dĂ©finitive. PlutĂ´t bon, mais assez monolithique au final. Tenue Ă  la dilution : L’eau ramène le profil vers celui d’un whiskey plus conventionnellement amĂ©ricain, je veux dire du Kentucky, entre Bourbon & Rye. Conclusion : Un bon whisky dans l’absolu, sans aucun doute, mais manquant un peu de punch et de complexitĂ© Ă  mon avis, et un peu cher. Sa grande douceur proviendrait d’une part de l’emploi d’une eau très pure, en provenance des glaciers canadiens, et de l’autre, de celui de la production en alambics Ă  repasse, ou pot stills, et non en alambics de distillation continue, comme le plus souvent. Indication de prix : Autour de 90 €, MdW & cavistes partenaires. Note confirmĂ©e : 88/100

 

 

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Du mĂŞme pays, signalons Ă©galement le PIKE CREEK 10 ans « Double-Barrel Â», 42 %, une nouvelle rĂ©fĂ©rence de blended whisky canadien (distribuĂ© par Pernod-Ricard) assez doux, affinĂ© en fĂ»ts ayant contenu du rhum. PlutĂ´t lĂ©ger, il est tout de mĂŞme bien parfumĂ© et exhale de dĂ©licates notes proches du seigle avec juste une touche sucrĂ©e supplĂ©mentaire, rendant moins austère son profil. Il lui manque juste une dimension supplĂ©mentaire. Note estimĂ©e Ă  85/100.

 

 

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Parmi les autres spiritueux dégustés sur ce stand, signalons un rhum vieux, un gin et une vodka, tous de qualité.

Chez PERNOD-RICARD, j’ai pu dĂ©guster Ă  nouveau un single malt rapidement testĂ© lors du prĂ©cĂ©dent salon « Whisky Live Paris Â», le SCAPA « GLANSA Â», un whisky sans compte d’âge similaire au « SKIREN Â» (dĂ©jĂ  chroniquĂ© sur le site), sauf qu’il a Ă©tĂ© affinĂ© dans des fĂ»ts de whisky tourbĂ© ayant contenu un single malt de l’île d’Islay.

-SCAPA officiel n.a.s. « GLANSA Â», Peated whisky cask finish, 40 %  (Orkney Islands, ECOSSE) :

A noter : « GLANSA » signifie « ciel orageux Ă©tincelant Â».

Couleur : Vieil or. Nez : TypĂ© SCAPA, proche du « SKIREN Â», avec une influence modĂ©rĂ©e de la tourbe. Bouche : Assez fondue, avec des fruits mĂ»rs, quelques fleurs, du caramel (en partie naturel, en partie ajoutĂ©), une touche de saumure, un boisĂ© lĂ©ger, puis par-dessus de la fumĂ©e de tourbe, plutĂ´t sèche et modĂ©rĂ©e, avec comme une trace de cafĂ©. AgrĂ©able. Tenue Ă  la dilution : L’eau rĂ©veille un peu les notes fruitĂ©es & vĂ©gĂ©tales (sous-bois, thĂ© vert), puis la signature tourbĂ©e revient avec dĂ©licatesse. Conclusion : Une jolie version alternative au « SKIREN Â», certes manquant Ă©galement de punch (un titrage Ă  43 ou 46 % aurait Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ©), mais tout de mĂŞme un bon whisky, avec un profil pas si Ă©loignĂ© de l’OLD PULTENEY 12 ans, avec une touche de fumĂ©e en plus. Indication de prix : Autour de 70 €, MdW & cavistes partenaires. Note confirmĂ©e : 85/100

 

 

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Chez SAINT JAMES, du rhum agricole de Martinique (voir Ă©galement les autres versions dĂ©gustĂ©es chroniquĂ©es un peu plus loin dans ce sujet), une version haut de gamme de grande qualitĂ© Ă©tait prĂ©sentĂ©e, la cuvĂ©e « L’Essentiel Â» (XO), un assemblage de fĂ»ts millĂ©simĂ©s 1998, 2000 & 2003. Très typĂ©, marquĂ© par de belles notes de caramel, de pruneau, de marmelade d’orange et confiture d’abricots, mais aussi d’épices et de solvant, il est Ă  la fois accessible et sexy et un rien austère et se rapprochant parfois d’un Cognac artisanal non aseptisĂ©. Note estimĂ©e Ă  92/100

 

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Depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000, les japonais sont connus (et mondialement reconnus depuis 2001) pour la qualitĂ© de leurs whiskies, en gĂ©nĂ©ral, puis nous avons pu dĂ©couvrir rĂ©cemment qu’ils Ă©taient Ă©galement parfois producteurs de rhum (dont notamment la marque « NINE LEAVES Â»), mais aussi dĂ©sormais producteurs de gin, or j’ai dĂ©couvert dans ce salon cette annĂ©e un gin que je considère comme exceptionnel nommĂ© « KI NO BI Â», qui titre 45,7 % (il est rĂ©duit avec l’eau de la rĂ©gion de Fushimi, connue pour la qualitĂ© de ses sakĂ©s). Il s’agit d’un gin artisanal sec fabriquĂ© Ă  Kyoto (« Kyoto Dry Gin Â») sur une base d’alcool de riz auquel on a ajoutĂ© des fruits & plantes aromatiques (« botanicals Â» en anglais) locaux, et notamment du yuzu jaune, du poivre de Sansho ou encore du thĂ© Gyokuro en provenance d’Uji.

Très complexe, fondu & délicat à la fois, j’ai rarement rencontré un gin aussi expressif, aussi pur, aussi floral, aussi fruité et avec une telle personnalité. Je suis très impressionné. D’habitude je ne donne pas de notes chiffrées à des alcools blancs (pour raison de difficulté à les estimer, pas pour autre chose), mais je vais faire une exception. Je ne l'ai dégusté qu'une fois, certes, mais je considère que celui-ci mériterait bien un 93 ou 95/100 à mon avis. A déguster en écoutant un disque de musique traditionnelle japonaise pour koto & shamisen, ou, plus près de nous, un disque du groupe de post-rock japonais (très atmosphérique) MONO (par exemple "Hymn to the Immortal Wind", ou encore en lisant un recueil de poèmes japonais traditionnels de forme Haïku (ma forme préférée de poésie) du plus grand maître du Haikaï qu'était Bashô (1644-1694), ou aux siècles suivants, Issa, Buson, ou plus près de nous (fin XIX ème siècle-début XX ème) Shiki -ces poètes sont considérés comme les quatre maîtres classiques de cette forme de poésie-mais aussi le romancier-poète Soseki. Kyoto était (est toujours !) une ville très importante pour les poètes (Basho lui consacra lui-même un hommage intitulé :"A Kyoto rêvant de Kyoto").

 

 

 

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Enfin j’ai pu dĂ©guster brièvement (j’y reviendrais prochainement avec des amis liĂ©s Ă  la Pologne !) une nouvelle vodka anglaise nommĂ©e « SQUADRON 303 Â», qui rend hommage Ă  une escadrille de pilotes polonais basĂ©e au Royaume-Uni et qui s’illustra lors de la deuxième guerre mondiale au sein de la Royal Air Force. Elle est produite par les français Franck Botbol (un passionnĂ© d’aviation) et Hugues Cholez (un passionnĂ© de vodka). Elle est faite Ă  base de pommes de terre de variĂ©tĂ© King Edward, distillĂ©e qu’une seule fois, rĂ©duite Ă  40 % en 5 paliers de dilution et non filtrĂ©e Ă  froid. Les producteurs de cette vodka prĂ©cisent que celle-ci peut se dĂ©guster pure et pas forcĂ©ment sur glace, ce qui en ferait une vraie vodka de dĂ©gustation en somme. En attendant de m’en faire un avis plus prĂ©cis, je peux dĂ©jĂ  attester de sa grande dĂ©licatesse et de sa singularitĂ©.

 

 

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Le « BRANDS CORNER Â» (ou COIN DES MARQUES) :

Plusieurs stands cette annĂ©e proposaient d’expĂ©rimenter la dĂ©gustation simultanĂ©e de bière et de whisky, et en premier lieu le stand des Bourbon & Rye de la marque BULLEIT. Par choix et peur de trop de mĂ©langes je n’ai pas fait cette « Beer experience Â», chez JAMESON non plus. Je ne reviens pas sur ce bourbon (au demeurant très correct) produit par la distillerie FOUR ROSES dont j’ai dĂ©jĂ  parlĂ© sur le site.

Avant de reparler de whisky, je suis passĂ© sur le joli stand de la liqueur de Sureau SAINT-GERMAIN, ornĂ© de belles orchidĂ©es et ou l’on pouvait dĂ©guster un cocktail au choix parmi deux proposĂ©s, soit en shot (gratuit), soit en format cocktail classique en Ă©change d’un coupon offert avec le billet d’entrĂ©e. Personnellement j’ai dĂ©gustĂ© le cocktail nommĂ© « Le Magnifique Â» et que j’ai trouvĂ© plutĂ´t agrĂ©able, mettant bien en valeur le sureau (vous trouverez la recette ci-dessous). A dĂ©guster en Ă©coutant un disque tout aussi surannĂ© du groupe Nouvelle-Vague, de prĂ©fĂ©rence un clip du groupe en tournĂ©e avec la sublime Elodie FrĂ©gĂ©.

 

 

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Sur le stand des Rhums SAINT JAMES (rhums agricoles de la Martinique), j’ai retrouvĂ© avec grand plaisir le barman Pierre Boueri, dont le travail m’avait beaucoup impressionnĂ© sur un cocktail Ă  base du rhum « CuvĂ©e 1765 Â» (date de la fondation de la distillerie), un superbe 6 ans d’âge Ă  42 % qu’il avait mĂ©langĂ© entre autres avec du jus de maracuja de chez CaraĂŻbos, associĂ© Ă  la marque Saint James. Une merveille que je ne risque pas d’oublier.

 

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C'est en 2015 que Pierre me prépara ce fameux cocktail au Saint James "Cuvée 1765" et au maracuja, entre autres...

 

 

Quelques brèves notes sur une sélection d’autres rhums SAINT JAMES dégustés cette année. Je n'ai pas donné de notes chiffrées au rhum, c'est un choix, donc se reporter au commentaire:

 

-« FLEUR DE CANNE Â», 50 % : Toute la sĂ©duction de la canne sous sa forme la plus pure…Très intĂ©ressant et très intense. (comptez environ 30 €)

-« 15 ans Â», 43 % : Assez lĂ©ger, fruitĂ©, boisĂ© modĂ©rĂ©, ce rhum âgĂ© est très bien assemblĂ©. Le fondu est important mais il demeure expressif. (comptez environ 80 €)

 

 

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La plupart des rhums en dégustations en 2017 (manque sur la photo "L'Essentiel" & le "Quintessence" (à droite, coupé, voir plus bas). Le plaisir également de retrouver Pierre Boueri (à l'arrière-plan sur la photo).

 

 

-«  QUINTESSENCE â€“XO » (assemblage d’eaux de vie de 7 Ă  14 ans), 42 % : Avec la cuvĂ©e « L’ESSENTIEL Â» (voir plus haut dans l’article) sans doute le rhum agricole âgĂ© qui m’a le plus impressionnĂ© dans ce salon. Ici tout est en finesse, en dĂ©licatesse, en expressivitĂ© feutrĂ©e (la ou « l’Essentiel Â» joue davantage sur la puissance), Ă  la limite de l’évanescent et de l’aĂ©rien. Beau rancio, belles notes fruitĂ©es (exotiques ou classiques, fruits secs ou frais), florales et boisĂ©es, le tout dans un Ă©quilibre parfait. (comptez environ 180 €).

 

 

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Sur le stand de la maison DUGAS (qui ne distribue dĂ©sormais plus en France les productions de la distillerie BRUICHLADDICH-voir stand suivant), Ă©taient proposĂ©s plusieurs whiskies, dont une Ă©dition de 2016 (batch 08/2016) du TEELING « Single Grain Â» (double distillation au lieu de trois, affinage en fĂ»ts ayant contenu du Cabernet Sauvignon titrant 46 %), un whiskey irlandais de cette sociĂ©tĂ© de nĂ©goce dont le père d’un des frères fondateurs avait crĂ©Ă© la distillerie COOLEY en 1987 (d’ailleurs, mĂŞme si une nouvelle distillerie TEELING a bien Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 2014, pour l’heure c’est bien du stock de chez COOLEY qui alimente les whiskeys de chez TEELING). Cette Ă©dition du « Single Grain Â» m’a parue correcte, mieux Ă©quilibrĂ©e que les premières, mais je suis toujours sceptique quant aux bienfaits supposĂ©s de l’affinage en fĂ»ts de Cabernet Sauvignon. Je trouve que cela rajoute une aciditĂ© un rien saumurĂ©e qui n’est pas du meilleur goĂ»t et masque le cĂ´tĂ© naturel des grains (qui sont, ici, pour prĂ©cision, du maĂŻs, mais aussi du blĂ©).

 

 

 

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J’y ai Ă©galement dĂ©gustĂ© un jeune BUNNAHABHAIN « Toiteach Â» (Heavily peated), n.a.s. (de probablement moins de 10 ans d’âge ?) 2017, non filtrĂ© Ă  froid et Ă  46 %. J’ai constatĂ© depuis plusieurs annĂ©es un certain progrès dans certains lots, mais lĂ  ce ne fut pas le cas. Monolithique, poussiĂ©reux et trop jeune, trop simple, la tourbe Ă©crase tout et ce lot fait bien pâle figure Ă  cĂ´tĂ© d’un single-cask brut de fĂ»t Ă  peine plus âgĂ© (9 ans) « Moine Â» (très tourbĂ©) sorti l’an dernier par Berry Bros & Rudd (dans sa gamme « Retro Â», un millĂ©sime « 2007 Â», Ă  57 %), vĂ©ritable peat-bomb avec un en plus des très belles notes florales, fruitĂ©es et de badiane en rĂ©tro-olfaction.

Sur le même stand, auparavant, j’ai re-testé le FUJI-SANROKU (dont le propriétaire est le groupe KIRIN), une version sans compte d’âge qui remplace semble t’il le 8 ans d’âge, un blended whisky japonais (composé de 3 single grains et de 2 single malts) non filtré à froid et titrant 50 %, mais d’une platitude navrante. Rien ne distingue ce whisky d’une entrée de gamme écossaise… (comptez une quarantaine d’euros, cavistes partenaires DUGAS & Whiskies du Monde).

 

 

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La meilleure surprise sur ce stand est finalement venue de la nouvelle version ou plutôt du blended malt de la marque FLAT NOSE (qui comporte aussi un blended whisky), un assemblage de premier ordre conçu par la société Islay Boys Limited, société créée par le fringuant Donald MacKenzie (qui est également l'assembleur de ce whisky) & Jason Mcguire Mackay SMITH.

-« FLAT NOSE Â» (produit par The Islay Boys Limited), n.a.s., non filtrĂ© Ă  froid, 46 % (Blended Malt, ECOSSE) :

A noter : L’assemblage comporte 3 whiskies de grain et 12 single malts, dont plusieurs de l’île d’Islay. Le nom de « Flat nöse Â» fait allusion au surnom du premier seigneur des Ă®les HĂ©brides, Ketill Bjornsson, qui Ă©tait donc surnommĂ© « nez plat Â».

Couleur : Or, relativement pâle. Nez : Fondu et tourbĂ©, avec quelques beaux esters, des notes trahissant une certaine jeunesse (artichauts et eau de vie de prune en, arrière-plan, levures), mais sans dĂ©fauts. MiellĂ©, fruitĂ© et floral. Prometteur. Bouche : L’on est de suite bercĂ© par une belle note de tourbe mi-grasse, mi-sèche, puis par de dĂ©licates notes florales, fruitĂ©es (agrumes, dont sorbet citron), marines et miellĂ©es, un rien herbacĂ©es, minĂ©rales aussi, parfaitement Ă©quilibrĂ©es. C’est superbement rĂ©alisĂ©, et impressionne. Tenue Ă  la dilution : Excellente, un peu d’eau exalte les qualitĂ©s de l’assemblage, notamment pour ses composantes florales, tourbĂ©es (une belle note de badiane s’invite…), mhm….Conclusion : Un très bon whisky, Ă  la fois complexe, dĂ©licat et accessible, et redoutable concurrent dĂ©sormais des whiskies tels le « ROCK OYSTER Â» de Douglas LAING, ou mĂŞme face au « The PEAT MONSTER Â» de COMPASS BOX. Bravo Donald ! A noter, ce blended malt est modĂ©rĂ©ment tourbĂ©, mais davantage que la version blended whisky. Indication de prix : Autour de 40/50 €, cavistes. Note confirmĂ©e : 93,5/100

 

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Puis je suis allĂ© sur le stand “BOLLINGER Diffusion”, qui distribue dĂ©sormais en France les whiskies de la distillerie BRUICHLADDICH (mais aussi les rhums de la marque MOUNT GAY, dont j'ai dĂ©jĂ  pu constater la qualitĂ© dans d'autres salons, ou encore les Cognacs de chez RĂ©my MARTIN), j’ai dĂ©butĂ© par le gin « The Botanist Â» Ă©galement produit par cette mĂŞme distillerie de whisky (je l’avais dĂ©jĂ  dĂ©gustĂ© et chroniquĂ©, dans mon sujet sur la masterclass BRUICHLADDICH, donc je n’y reviens pas, sinon pour vous le recommander). J’y ai rencontrĂ© notamment le sympathique Florian Pflieger, nouvel ambassadeur pour la marque en France…(voir photo plus haut au dĂ©but du reportage).

Parmi les whiskies dĂ©gustĂ©s, je ne suis toujours pas convaincu par la pertinence de la version dite « Classic LADDIE Â», mais je ne peux que recommander les deux OCTOMORE (le « 7.1 Â», en fĂ»ts ayant contenu du Bourbon, et le « 7.3 Â» (« Islay Barley Â», 169 p.p.m., un 5 ans d’âge Ă  63 % ayant connu une première maturation en fĂ»ts de Bourbon, puis de vin d’Espagne, du Ribera Del Duero, lui confĂ©rant une dimension supplĂ©mentaire pas trop vineuse mais plus richement fruitĂ©e). Pas de notes chiffrĂ©es prĂ©cises pour ces deux OCTOMORE, mais Ă  mon sens ils passent facilement la barre des 90/100, voire des 93/100.

 

 

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Je souhaitais en revanche, ayant pu les tester davantage, m’attarder sur les deux whiskies suivants de chez BRUICHLADDICH :

-BRUICHLADDICH n.a.s. « ISLAY BARLEY Â», millĂ©simĂ© 2010 (mis en bouteille en 2017), non tourbĂ©, n.c.f./n.c. (non filtrĂ© Ă  froid, non colorĂ©), 50 % (Single Malt, Islay, ECOSSE) :

A noter : Il s’agit d’une version utilisant une orge exclusivement locale, en provenance non pas d’une seule ferme comme les Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes, mais de 6 fermes diffĂ©rentes (Coull, Kynagarry, Island, Rockside, Starchmill et Sunderland). La maturation s’est faite dans des fĂ»ts ayant contenu du Bourbon, mais aussi du vin français (non prĂ©cisĂ©).

Couleur : Or clair. Nez : Fin, complexe, lĂ©gèrement fermier, marquĂ© par l’orge de manière singulière et forte. Fait preuve d’une certaine complexitĂ© et fermetĂ© boisĂ©e, mais sans excès de sĂ©cheresse, comme on le verra en bouche. Quelques notes d’agrumes (l’orange en tĂŞte), puis une fine note vineuse, avec un rien de tannicitĂ©. Bouche : Ferme et sèche, puis intarissable sur l’orge maltĂ©e dans tous ses Ă©tats (est-ce le choix de diversifier l’origine de l’orge qui donne cette richesse ? On pourrait le penser…), comme un vrai bol de cĂ©rĂ©ales de petit-dĂ©jeuner, mais alcoolisĂ©. BoisĂ© important mais demeurant agrĂ©able. Des agrumes, du miel, quelques fleurs aussi, discrètes. Puis, lors d’une autre dĂ©gustation, c’est l’influence des fĂ»ts ayant contenu du vin qui se font davantage sentir, apportant au positif une jolie note vineuse et fruitĂ©e (fruits rouges, jus d’orange), mais au nĂ©gatif davantage de chĂŞne. Tenue Ă  la dilution : Très intĂ©ressante, mettant en valeur l’orge, les agrumes Ă  nouveau (meringue au citron Ă  l’arrière-plan), quelques discrètes fleurs et le chĂŞne, toujours, mais aussi une note fruitĂ©e presque acidulĂ©e. Conclusion : Un bel hommage Ă  l’orge maltĂ©e, aux cĂ©rĂ©ales, Ă  l’artisanat…mais aussi de la roublardise, pour avoir su ajouter une note plus « vivante Â» et fruitĂ©e grâce au vieillissement en fĂ»ts ayant contenu du vin français. Indication de prix : Autour de 70 €, cavistes. Note confirmĂ©e : 91,5/100

 

 

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-PORT CHARLOTTE n.a.s. « ISLAY BARLEY Â», millĂ©simĂ© 2008 (mis en bouteille en 2017), tourbĂ© Ă  40 p.p.m., n.c.f./n.c. (non filtrĂ© Ă  froid, non colorĂ©), 50 % (Single Malt, Islay, ECOSSE) :

A noter : Il s’agit d’une version utilisant une orge exclusivement locale, en provenance non pas d’une seule ferme comme les Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes, mais de 6 fermes diffĂ©rentes (Coull, Kynagarry, Island, Rockside, Starchmill et Sunderland).

Couleur : Or clair, voire pâle. Nez : Puissant et direct. L’on retrouve le combo habituel qui fait la rĂ©ussite des PORT CHARLOTTE (note fermière, tourbe grasse, agrumes, notes vĂ©gĂ©tales), plus une note visiblement tributaire de l’influence de fĂ»ts ayant contenu du vin (pointe de fruits rouges, retour du chĂŞne sec). C’est superbe. Bouche : Tout aussi directe, elle reprend fidèlement les notes du nez, avec comme une lĂ©gère amertume vĂ©gĂ©tale (entre LAGAVULIN & BRORA), et une note boisĂ©e et terreuse (ARDBEG). Belle tourbe grasse. Tenue Ă  la dilution : IntĂ©ressante, mais ne pas ajouter trop d’eau. Le fondu devient plus sĂ©duisant, autour d’une tourbe assez vĂ©gĂ©tale et un rien marine (algues, sel). Conclusion : Un bon « cru » de PORT CHARLOTTE ! Indication de prix : Autour de 70-80 €, cavistes. Note confirmĂ©e : 93/100

 

 

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Sur le stand BROWN-FORMAN, plusieurs Straight Bourbon de la marque WOODFORD RESERVE étaient disponibles, le “Distiller's Select”, bien sûr, mais aussi le “Double Oaked” (davantage boisé) –qui fait un parfait Mint Julep cocktail, j’ai testé pour vous-et le ”Rye”, tous de grande qualité (et rappelons-le distillés trois fois)-voir les notes de dégustation plus loin.

Sur le même stand, plusieurs versions du Tennessee whiskey JACK DANIEL’S, dont le “Single-Barrel” (plus typé et moins “racoleur” que le “N°7”) et le “Gentleman Jack”, plus doux car filtré deux fois au lieu d’une à travers une couche de 3 mètres de charbon de bois d’érable. Hélas l’édition du 150 ème anniversaire n’était pas disponible, forte de son succès.

 

 

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Sur le stand BARON Philippe DE ROTHSCHILD Distribution, hormis le nouveau conditionnement “très viking” (limite trop chargé) pour le HIGHLAND PARK 12 ans “Viking Honour” (le contenu reste le même, j’ai testé pour vous), une version alternative du bourbon MAKER’S MARK nommée “46” dans lesquelles des douelles de chêne français bousinés ont été ajoutés (que je n’ai pas pu tester), figuraient, entre autres whiskies, à nouveau le LAPHROAIG “Lore” (excellent whisky, mais un peu cher), un AUCHENTOSHAN n.a.s. “American Oak” (un peu trop marqué à mon goût par le géranium, boisé et dispensable). Je ne citerais pas toutes les autres marques, ce serait trop long, disons juste que cela va du single malt écossais The MACALLAN (pour moi désormais sans grand intérêt en version officielle) au blended whisky japonais “HIBIKI” n.a.s. (Japanese Harmony) de SUNTORY en passant par le single malt irlandais CONNEMARA en version "Distiller's Edition" (pas de nouveautés sur ces références).

 

 

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La distillerie MIDLETON (plus connue du public sous le nom d’une de ses marques, JAMESON) avait un joli stand « vintage Â» (avec vieux tourne-disques) en hommage au « Boilermaker Â», un bar de New York,proposait une « beer experience Â» (association d’un whisky avec une bière, Ă  dĂ©guster parallèlement-en Ecosse il me semble que cela se nomme prendre un « whisky chaser Â», pratique courante dans les bars…), j’avoue compte tenu des risques de trop effectuer de mĂ©langes j'ai prĂ©fĂ©rĂ© m'abstenir & m’en tenir au whisky. JAMESON y prĂ©sentait, outre le « Caskmates » dont j’ai dĂ©jĂ  dit du bien par ailleurs, le « Black Barrel », une version aux fĂ»ts doublement brĂ»lĂ©s (pour ce qui est de sa composante bourbon) qui le rend plus boisĂ© et Ă©picĂ© (note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  85/100, voire plus).

 

 

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Ce qui m’a plus intriguĂ© enfin, ce fut les trois versions expĂ©rimentales (« The Whiskey Maker’s series Â»-tous non filtrĂ©s Ă  froid et titrant 43 % au lieu de 40 %) que je n’avais pas pu dĂ©guster l’an dernier, versions dĂ©veloppĂ©es par trois responsables importants de la distillerie MIDLETON :

Le « BLENDER’S DOG Â», un whiskey crĂ©Ă© par Billy Leighton (le maĂ®tre-assembleur), suave et riche, bien vanillĂ© et fruitĂ©. Du vrai concentrĂ© de JAMESON, avec de belles notes d’amandes, de fruits variĂ©s (oranges, rouges), de croquant de cĂ©rĂ©ales, de boisĂ© un rien ferme, Ă©picĂ© mais demeurant doux (note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  87,5/100), puis le « COOPER’S CROZE Â», crĂ©e par Ger Buckley (le maĂ®tre-tonnelier), qui est relativement similaire au premier testĂ©, avec une belle dominante vanillĂ©e (note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  87,5/100), et enfin mon prĂ©fĂ©rĂ© des trois, le « DISTILLER’S SAFE Â», crĂ©e par Brian Nation (le maĂ®tre-distillateur), un whiskey Ă  la fois fruitĂ© (très beaux fruits rouges), pâtissier (vanille, crème anglaise, crĂŞpes au miel, et un rien Ă©picĂ© (et boisĂ© ferme), très gourmand (note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  90/100). En tout cas un stand bien sympathique tenu en partie par Samuel Gauthier (du bar « Boilermaker Â») & Thomas Ducourneau (de Jameson/Ricard France). Un grand merci Ă  eux deux pour leur accueil.

 

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Sur le stand de La MAISON DU WHISKY, pas mal de possibilitĂ©s de dĂ©gustation (rappelons-le tout de mĂŞme avec modĂ©ration et en quantitĂ©s très chiches, comme ailleurs, dans de petits shots en plastiques), et des bouteilles dĂ©jĂ  vues, mais parfois dignes d’être revisitĂ©es, comme par exemple le KAVALAN « Sherry Oak Â» Ă  46 %, vraiment un beau sherry juteux (fruits) et cirĂ©, Ă  faire pâlir les MACALLAN officiels actuels (note chiffrĂ©e estimĂ©e Ă  90/100).

 

 

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Autre pĂ©pite, et coup de cĹ“ur de l’an dernier, le WHISTLEPIG "Straight Rye whiskey" (100 % Ă  base de seigle) 10 ans, distillĂ© au Canada mais vieilli aux Etats-Unis, rĂ©duit Ă  50 % confirme son statut de chef d’œuvre avec un fruitĂ© gĂ©nĂ©reux, une structure puissante et de belles notes Ă©picĂ©es (note estimĂ©e Ă  94,5/100). J’espĂ©rais dĂ©guster le 12 ans d’âge (« Old World Â») affinĂ© en fĂ»ts de Madère (Ă  63 %), mais aussi en fĂ»ts de Sauternes (Ă  30 %) et enfin de Porto (Ă  7 %), mais hĂ©las elle n’était pas prĂ©sente.

Beaucoup de belles choses sur ce stand bien sĂ»r mais pas vraiment nouvelles cĂ´tĂ© whisky en tout cas (AMRUT « Fusion Â», KILCHOMAN « Machir Bay Â», ou encore le BLANTON’S « Gold Edition Â», entre autres-tous bons, soit dit en passant…). Evidemment, je suppose qu’il faut relativiser cela dans la mesure ou ce stand comme les autres existent pour prĂ©senter leurs nouveautĂ©s, certes, mais Ă©galement leur portefeuille de rĂ©fĂ©rences permanentes.

 

 

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-« WHISKY DE TABLE Â» n.a.s. (« over 4 years old Â»), emb. COMPASS BOX, Edition N°2, mise en bouteille en 2017 pour LaMDW-marchĂ© français), n.c.f./n.c. (non filtrĂ© Ă  froid, non colorĂ©), 40 % (Blended Malt, ECOSSE) :

A Noter : Il s’agit de la deuxième Ă©dition de cet embouteillage rĂ©servĂ© au marchĂ© français et crĂ©Ă© en 2016 Ă  l’occasion du 60 ème anniversaire de La Maison du Whisky. La recette est lĂ©gèrement diffĂ©rente : ConstituĂ©e Ă  48 % de CLYNELISH, Ă  20,5 % de BENRINNES, Ă  21,5 % de LINKWOOD et enfin Ă  10 % de CAOL ILA, elle n’utilise que des fĂ»ts de premier remplissage provenant de la distillerie amĂ©ricaine BUFFALO TRACE. John Glaser, son crĂ©ateur, recommande de le consommer bien frais, voire glacĂ©.

Couleur : Or pâle. Nez : Il exprime de beaux esters, de la tourbe grasse, des fleurs dĂ©licates, un peu d’herbes sèches, de jolis agrumes et une tourbe presque aĂ©rienne (badiane, embruns,…). Bouche : Elle reprend fidèlement les notes du nez, en leur donnant une dimension plus prĂ©cise : Les esters sont Ă  l’honneur (bonbon anglais, ananas, banane, poire mĂ»re), les agrumes aussi (sorbet citron, jus d’orange & de pamplemousse rose), les fleurs (dĂ©licates), complĂ©tĂ©e par de belles notes d’amandes fraĂ®ches et en frangipane, et bien sĂ»r par une belle tourbe grasse (badiane, embruns, crĂ©osote, sel, fumĂ©e très fine). DĂ©jĂ  intĂ©ressant dĂ©gustĂ© sec, il devient plus plaisant Ă  dĂ©guster diluĂ©, et mĂŞme glacĂ©. Tenue Ă  la dilution (quelques gouttes d’eau): AgrĂ©able, mais il faut aller plus loin…Je dĂ©cèle maintenant une pointe de cafĂ© et de rĂ©glisse en finale. Tenue Ă  la dilution (sur glace): Ah, voilĂ , c’est vraiment bien conçu pour limiter la perte aromatique et exalter les notes issues des fĂ»ts de premier remplissage. Superbe ! Presque aĂ©rien, un whisky d’été… Conclusion : Cette nouvelle crĂ©ation de John Glaser remplit parfaitement son rĂ´le d’apĂ©ritif très frais idĂ©al, dĂ©licat, lĂ©ger mais demeurant expressif, et me semble mĂŞme plus riche, plus complexe et plus gourmand que la première Ă©dition. Bien jouĂ©, John ! Indication de prix : Autour de 43 €, MDW & cavistes partenaires. Note confirmĂ©e : 92/100

 

 

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Enfin la plus grande surprise est venue du stand de la sociĂ©tĂ© NIKKA Whisky Distilling co. En effet suite Ă  la pĂ©nurie de stocks de whiskies âgĂ©s de plus de 10/12 ans, le groupe ne prĂ©sente plus dans les salons que des versions sans compte d’âge de leurs distilleries YOICHI & MIYAGIKYO (et encore lĂ  ces 2 rĂ©fĂ©rences Ă©taient absentes), ses blended whiskies et (Ă  l’occasion de ce salon) les indispensables crĂ©ations originales que sont les NIKKA « Coffey Grain Â» et « Coffey Malt Â» (ils sont connus et apprĂ©ciĂ©s, je n’y reviens donc pas ici). Eh bien, lĂ , j’avoue, j’ai Ă©tĂ© surpris, mais cela est logique quelque part…La maison NIKKA prĂ©sentait donc pour la première fois (et en avant-première du Whisky Live Paris 2017) deux nouvelles rĂ©fĂ©rences aux couleurs inĂ©dites (Ă  droite sur la photo ci-dessous), qui n'Ă©taient pas du whisky, mais un « GIN Â» (Ă©tiquette verte), et une « VODKA Â» (Ă©tiquette bleue) !

 

 

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Ces créations sont censées mettre en avant les qualités du distillat de NIKKA d’une autre manière, sans vieillissement, et en utilisant autant que possible des ingrédients japonais, et pour le gin, notamment les agrumes Amanatsu, Kabosu, mais aussi du Yuzu, je crois) et (sauf erreur de ma part) une épice proche du poivre Sichouan. Le résultat est bluffant et ce gin est très agréable, et assez différent des gins anglais, avec une dominante citronnée très complexe, mais gardant l’équilibre avec d’autres ingrédients. La vodka est de qualité également, mais j’avoue que c’est le gin qui m’a le plus impressionné. Cependant, comparativement (en tout cas de mémoire), le gin de Kyoto (KI NO BI) dont je parlais plus haut, me semble bien au-dessus. Un grand merci à Emiko Kaji (directrice internationale B.D. chez Nikka) & Naoki Tomoyoshi (chef des ventes internationales chez Nikka) pour leur accueil et leurs explications sur ces nouveautés.

 

Signalons Ă©galement la prĂ©sence fort sympathique du cĂ©lèbre barman Stanislas Vadrna, qui collabore rĂ©gulièrement avec NIKKA sur des crĂ©ations de cocktails Ă  diffĂ©rentes occasions (il est connu notamment pour un excellent cocktail Ă  base du blend NIKKA « From The Barrel Â» crĂ©Ă© il y a quelques annĂ©es dĂ©jĂ ) et avait lĂ  Ă©galement crĂ©Ă© deux cocktails, l’un Ă  base du nouveau gin et l’autre Ă  base de la nouvelle vodka. J’ai testĂ© celui avec le gin, qui mettait bien en valeur la complexitĂ© citronnĂ©e de celle-ci, aussi, bravo Stanislas !

 

 

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 Stanislas Vadrna, ici au salon Cocktail Spirits 2015, prĂ©sentait un cocktail  Ă  base de NIKKA "From the Barrel".

 

 

 ***

 

 

RETOURS SUR QUELQUES MOMENTS DES EDITIONS PRECEDENTES :

 

LE COGNAC AU NATUREL :

MĂŞme s’il n’était pas prĂ©sent cette annĂ©e avec ces Cognacs de collection parfois centenaires (il ne l’était pas non plus l’an dernier, mais certaines rĂ©fĂ©rences Ă©taient en dĂ©gustation sur le stand ou Nicolas Julhès, jeune distillateur mais cĂ©lèbre caviste-Ă©picier-traiteur spĂ©cialiste du whisky, prĂ©sentait ses premières crĂ©ations, un agrĂ©able « MAPLE Â» Spirit Ă  42 %), il me fallait rendre hommage Ă  Guilhem GROSPERRIN, l’un des participants les plus remarquables de ce salon depuis plusieurs annĂ©es. En effet, Guilhem, que j’ai eu la chance de rencontrer chez lui Ă  Saintes (voir lien vers le reportage en fin de paragraphe) n’a jamais mĂ©nagĂ© ses efforts pour apporter avec lui non pas 4, 4, 6 bouteilles mais parfois plus d’une dizaine, avec des millĂ©simes qui donnent parfois le tournis, comme « 1944 Â», « 1924 Â», « 1922 Â» (codifiĂ©s par les numĂ©ros « 24 Â» et « 22 Â»), et mĂŞme « 1820 Â», mĂŞme si, comme l’explique humblement Guilhem, souvent les eaux-de-vie de plus de 80 ou 100 ans voient leur vieillissement stoppĂ© pour Ă©viter trop de « part des anges Â» en transvasant leur contenu dans des « dames-Jeanne Â» (des bonbonnes d’environ 25/26 litres hermĂ©tiquement fermĂ©es). Voici donc quelques photos retraçant sa participation Ă  ce salon…(ici photos du salon 2011):

 

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les "Trésors de La Gabare", dont une bouteille de cassis datant de 1901 (au centre de la photo).

 

Pour en savoir plus, voici un lien vers mon reportage intitulĂ© « Voyage Ă  Saintes Â», qui fut l'objet d'un "Gros Plan" sur mon site en 2015:

Reportage sur les Cognacs Grosperrin

 

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Pour finir en beauté, un Cognac de 1848...J'ai juste envie de dire merci, Guilhem...

 

 

COCKTAILS & CURIOSITES, MORCEAUX CHOISIS EN IMAGES…. :

J’ai dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© plus haut de beaux moments liĂ©s Ă  la dĂ©gustation de cocktails rĂ©alisĂ©s lors de ce salon 2017, notamment sur le stand du rhum SAINT JAMES, mais voici quelques photos liĂ©s Ă  la rĂ©alisation de beaux cocktails, comme ceux par exemple proposĂ©s en 2009 par BALLANTINE’S, ou encore en 2015 chez FOUR ROSES, des retours sur d’autres whiskies (lorsque par exemple la sociĂ©tĂ© de nĂ©goce française LA PART DES ANGES proposait des single malts de distilleries fermĂ©es), spiritueux ou stands particuliers. COCKTAIL SPIRITS c’est aussi, d’abord et surtout de belles rencontres avec des professionnels experts dans leur mĂ©tier, que ce soit barman, producteur, nĂ©gociant ou responsable des ventes, entre autres :

 

 

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 Lors du salon COCKTAIL SPIRITS 2009, pas moins de 3 recettes de cocktail Ă  base de BALLANTINE's 12 ans Ă©taient proposĂ©es.

 

 

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 Le stand CUTTY SARK & The GLENROTHES (marques en partie propriĂ©tĂ©s de The Edrington Group) en 2009, avec notamment le superbe CUTTY SARK 25 ans, un grand blended whisky titrant 45,7 %.

 

 

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Comment résister à ce superbe 26 ans de la distillerie fermée DALLAS DHU (mis en bouteille par LA PART DES ANGES, négociant français qui a l'époque, en 2009, sortait encore des whiskies) ?

 

 

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Un autre spiritueux français encore pas assez mis en valeur, l'Armagnac, ici avec un brut de fût de la maison CASTAREDE, en 2016.

 

 

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 Diffiicile d'oublier le lancement, en 2011, du blended whisky "GREAT KING STREET" (version "Artist's blend"), avec le privilège d'avoir John Glaser cette annĂ©e lĂ  au salon COCKTAIL SPIRITS.

 

 

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En 2011 Ă©galement, mais je l'avais dĂ©jĂ  rencontrĂ© avant (JĂ©rĂ´me me fit l'honneur en 2005 de me choisir comme binĂ´me pour un concours d'assemblage professionnel, sous la houlette de Colin Scott, le maĂ®tre-assembleur de CHIVAS REGAL), j'ai retrouvĂ© au salon JĂ©rĂ´me Vallanet, barman et formateur en mixologie, qui a souvent beaucoup donnĂ© de sa personne pour prĂ©senter diffĂ©rentes marques comme pour faire des prĂ©sentations ou masterclasses par exemple sur l'utilisation du citron dans les cocktails (ne riez pas, pour 7 variĂ©tĂ©s couramment rĂ©pertoriĂ©es dans les dictionnaires, il en existerait en rĂ©alitĂ© plus d'une centaine de par le monde, ce qu'il expliqua, preuves Ă  l'appui lors de l'Ă©dition 2011 du salon-Pas de photo car trop mauvaise, navrĂ©). 

 

 

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Un salon à l'écoute des productions du monde, comme ici avec le rare single malt tchèque HAMMERHEAD 23 ans.

 

 

 

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Au centre de la photo, les étonnants et splendides flacons de luxe des eaux-de-vie de chez ROCHELT (Autriche), que je n'ai hélas pas eu encore l'occasion de déguster. Très onéreuses, les productions très artisanales et exigeantes de cette maison semblent, au vu de leur site internet, tendre vers une grande concentration du fruit (avec le choix de faire le plus possible des "bruts de fût") et vers une finesse rare. A suivre...

 

 

 

 

LE MOUTAI, UN SPIRITUEUX DIFFERENT, VENU DE LOIN :

En 2016 : Kweichow MOUTAI (via la sociĂ©tĂ© China MOUTAI France) : Il s’agit d’un alcool blanc de type baijiu distillĂ© 7 fois Ă  base de Sorgho, puis fermentĂ© 8 fois, et mis Ă  vieillir ensuite durant une pĂ©riode d’au moins 5 ans, mais qui peut parfois dĂ©passer les 30 ans d’âge. C’est une boisson nationale chinoise destinĂ©e aux banquets et cadeaux officiels…. C’est la première fois que ce spiritueux Ă©tait prĂ©sentĂ© dans ce salon (voire possiblement dans un salon français ?) et ce fĂ»t une expĂ©rience unique.

 

 

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Disponible en France dĂ©sormais en 3 titrages (de 38 Ă  53 %), il est très singulier, sur des notes auxquelles les palais occidentaux ne sont pas habituĂ©s en gĂ©nĂ©ral, Ă  la fois terreuses, vĂ©gĂ©tales & presque fumĂ©es, avec des rappels de notes de thĂ© très infusĂ©s, de champignons, de tabac, mais aussi de chocolat noir Ă  plus de 80 %, alliant de l’amertume, une certaine âcretĂ©, une texture un peu poudrĂ©e et presque comme une note de truffe. Curieusement, alors que j’étais assez dĂ©concertĂ© par cette dĂ©gustation, un peu choquĂ© mĂŞme, c’est la version la plus puissante en titrage (53 %) qui m’a paru la meilleure et la plus expressive. Si j’osais une analogie avec le whisky, je dirais qu’il m’a rappelĂ© un peu mes premières versions du ARDBEG « Uigeadail Â» dĂ©gustĂ©es il y a plus de 10 ans, poussiĂ©reuses comme un fog londonien, très typĂ©es, et absolument pas aseptisĂ©es comme les versions plus rĂ©centes.

 

ETATS-UNIS, LE RETOUR EN FORCE… :

Quelques autres whiskies des Etats-Unis présentés et/ou dégustés dans le cadre du salon COCKTAIL SPIRITS ces dernières années:

C’est en 2014 que je dĂ©couvre avec stupĂ©faction et grand intĂ©rĂŞt les whiskeys de la marque MICHTER’S (distillerie du Kentucky, mais originellement de Pennsylvanie), d’abord au Bar des Innovations, puis sur le stand qui leur Ă©tait consacrĂ© pour la première fois alors que ces whiskeys n’étaient pas encore disponibles en France et ce fut le coup de cĹ“ur immĂ©diat, tant pour le superbe conditionnement des bouteilles (sans parler de celui des Ă©ditions limitĂ©es !) que pour leur contenu. La gentillesse du fils du directeur de la distillerie, Matthew T. Magliocco, prĂ©sent en 2014, m’a Ă©galement de suite frappĂ©. Des ambassadeurs amĂ©ricains ou français de la distillerie se succèdent depuis, j’en profite pour rendre hommage Ă©galement Ă  Matt Rooney, prĂ©sent en 2015 ou encore Ă  Romain Llobet pour leur accueil. La constance de leurs whiskeys est impressionnante, mĂŞme si pour les versions plus âgĂ©es (la distillerie ne distille que depuis peu) et c’est une gageure.

 

 

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Matt Rooney, ambassadeur de MICHTER'S, présent depuis 2015 au salon, ici avec le "Straight Rye".

 


MICHTER'S produit des Bourbons comme des Rye whiskeys, en version assemblĂ©e relativement largement comme en « Single-barrel Â». Les versions jeunes sont regroupĂ©es dans la gamme dite « US 1 Â», une gamme excellente et plutĂ´t subtile mise en bouteille dans des bouteilles un peu trapues et rondes, tandis que les très expressifs « single-barrels Â» âgĂ©s sont vendues dans de belles carafes ovales au bouchon de cire tendre. Je n’y reviens pas en dĂ©tails, ayant dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© ces whiskeys sur mon site. Je recommande toujours donc les « Sour Mash Â», « Unblended American Whiskey Â» (deux « mashbills Â»- ou recettes de brassin- dans lesquels le maĂŻs joue un rĂ´le important mais non majoritaire, d’oĂą l’impossibilitĂ© lĂ©gale d’utiliser le nom « Bourbon Â»), mais aussi les « Straight Bourbon Â» & « Straight Rye Â», excellents, et devenant remarquables en version 10 ans d’âge, voire plus (l’an dernier j’ai eu la chance de dĂ©guster un 25 ans & un 35 ans « Straight Rye Â», mais Ă©tant donnĂ© leur raretĂ©, tout le monde n’a pu y avoir accès, cela peut se comprendre. En tout cas ils se sont avĂ©rĂ©s assez remarquables. Tous les whiskeys dĂ©gustĂ©s Ă  ce jour (sauf 3 notes encore Ă  venir) ont donnĂ© lieu Ă  des notes situĂ©es entre 91 et 97/100 (voir sur le site). 

 

 

 

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L'excellent "Barrel Strength" Straight Rye (une édition limitée) de 2016.

 

 

Aux antipodes sur le papier, si j’ose dire (car ces deux marques ont en commun une dĂ©licatesse certaine dans leurs productions), car distillĂ©s trois fois, les whiskeys de chez WOODFORD RESERVE (propriĂ©tĂ© de BROWN-FORMAN) ont souvent tirĂ© leur Ă©pingle du jeu lors de ce salon, en voici un rĂ©sumĂ© :

-WOODFORD RESERVE « Distiller’s Select Â», Edition 2017, 43,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): Très beau, complexe (Ă©rable, fruits rouges, cuir, solvant, miel, Ă©pices douces), d’une grande finesse, Magnifique et d’un Ă©quilibre parfait. Toujours aussi impressionnant de sĂ©rĂ©nitĂ©, mais la triple distillation y est aussi pour quelque chose. Prix de 30 Ă  40 € environ/Note confirmĂ©e: 93/100

-WOODFORD RESERVE « Double Oaked Â», Edition 2017, 43,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): Un superbe WOODFORD RESERVE, bien qu’assez boisĂ© c’est vrai, très bien assemblĂ© et complexe. L’on y trouve aussi de belles notes fruitĂ©es et pâtissières s’exprimant entre les notes boisĂ©es et Ă©picĂ©es. Une version moins ronde et plus typĂ©e que le « Distiller’s Select Â», mais bien faite. Prix de 45 Ă  55 € environ/Note confirmĂ©e : 91,5/100

-WOODFORD RESERVE « Rye Â», Edition 2017, 45,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): A noter: Il s’agit d’une recette Ă  53 % de seigle (“rye”), 33 % de maĂŻs et enfin 14 % d’orge maltĂ©e. Très doux, ce whiskey est très loin de l’exubĂ©rance et de la puissance du WHISTLEPIG « Rye Â» 10 ans, par exemple, mais il est tout de mĂŞme complexe et très fin, et ferait un parfait Ă©lĂ©ment central d’un « Manhattan Â» cocktail…comme j’ai pu le constater sur place ! Prix autour de 50 € environ/Note sous rĂ©serve : 90/100 Ă  davantage.

 

 

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Les somptueux rappels du cuivre des alambics de la distillerie WOODFORD RESERVE dans cette version "Double-Oaked".

 

 

Enfin concernant les Etats-Unis, encore, qui sont depuis quelques annĂ©es en pleine explosion de micro-distilleries souvent de talent et d’inventivitĂ©, il me fallait mentionner spĂ©cialement la distillerie de single malts WESTLAND-de la cĂ´te Ouest, Ă  Seattle-dont j’ai dĂ©couvert un des whiskies grâce au salon COCKTAIL SPIRITS 2016, le 19 juin, soit bien avant le Whisky Live Paris (qui n’a fait que confirmer mon intĂ©rĂŞt pour leur dĂ©marche-rappelons ici que je les avais dĂ©signĂ©s distillerie de l’annĂ©e 2016). La dĂ©gustation de leur single malt nommĂ© « Sherry Wood Â» lors du salon 2016 a Ă©tĂ© une vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation pour moi non seulement du renouveau des distilleries amĂ©ricaines, avec une dĂ©marche ici très originale, mais en plus de leur capacitĂ© Ă  concurrencer les whiskies Ă©cossais sur leur propre terrain, et notamment celui des sacro-saints « sherried Â» malts.

 

 

 

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Quelques annĂ©es avant, j’avais eu la chance de dĂ©couvrir les premières productions de la distillerie TUTHILLTOWN Spirits LLC (situĂ©e dans l’Etat de New York, sur la cĂ´te Est, c’est la première distillerie indĂ©pendante depuis la Prohibition dans cette rĂ©gion), qui produit les bourbons, rye & autres de la marque HUDSON. ConditionnĂ©s dans d’originaux (mais un peu trop onĂ©reux Ă  mon goĂ»t) flacons de 35 cl depuis leurs dĂ©buts en 2005 (ils produisent aussi de la vodka, des cocktails mis Ă  vieillir en fĂ»ts-une innovation rĂ©cente que j’ai dĂ©couverte aussi grâce Ă  ce salon, les cocktails « clĂ©s en main Â» vieillis puis remis en bouteille). Je n’y reviens pas en dĂ©tails, les ayant dĂ©jĂ  chroniquĂ©s dans d’autres sujets, mais notons que le « Baby Bourbon Â» et le « Manhattan Rye Â» titrent Ă  46 % et sont distribuĂ©s par la Maison du Whisky, tout comme les autres whiskies nord-amĂ©ricains citĂ©s.

 

 

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 Tony Vanaria, ambassadeur des whiskeys HUDSON, ici en 2009. Une distillerie qui a cherchĂ© Ă  se dĂ©marquer des autres dès le dĂ©but.

 

 

Concernant les productions nord-amĂ©ricains, il faudrait aussi mentionner les marques DRY FLY, DAD’S HAT, KOVAL, ou encore RAMSON Spirits…et j’en passe, mais la place manque…Du cĂ´tĂ© des Ă©cossais, comme j’ai dĂ©jĂ  largement parlĂ© sur le site des superbes GLENMORANGIE « Tusail Â», WOLFBURN « Single Malt Â» ou encore du blended malt « The EPICURIAN Â» de Douglas LAING, dĂ©couverts l’an dernier, je n’y reviens pas ici. J’aurais l’occasion de traiter de certains de ces whiskies le cas Ă©chĂ©ant (si dĂ©gustations il y a).

 

 

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Le "DRY FLY", ici dans une version "Straight Wheat" whiskey, à majeure de blé, lors de l'édition 2016.

 

***



CONCLUSION :

Je serais bref, le sujet ayant Ă©tĂ© plus long que prĂ©vu, car je n’y avais pas encore consacrĂ© la place qu’il mĂ©rite sur le site, mais aussi parce que je souhaitais rendre hommage aux Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes. J’espère que cela aura permis aux lecteurs de prendre la mesure de l’intĂ©rĂŞt de ce salon autant que possible. Pour ceux qui ont la possibilitĂ© de s’y rendre, je vous le conseille vivement, car ce salon professionnel a d’annĂ©e en annĂ©e largement fait ses preuves non seulement en tant que tĂ©moin de son temps, mais aussi et surtout en tant qu’anticipateur des tendances Ă  venir. L’on y dĂ©couvre de nouveaux spiritueux, mais aussi de nouveaux modes de consommation, ainsi que certains des acteurs de demain. L’édition 2017 n’échappe pas Ă  la règle, avec quelques belles dĂ©couvertes et des confirmations, comme vous avez pu le constater Ă  la lecture du sujet. J’ai conscience que je ne peux rendre compte ici de l’étendue de l’intĂ©rĂŞt de ce salon, Ă©tant personnellement davantage impliquĂ© par le monde des whiskies, voire de quelques autres spiritueux, que par le monde de la mixologie & des bars, aussi je vous renvoie au site internet du salon, afin d’en connaĂ®tre tous les participants exposants comme intervenants dans les masterclasses ou confĂ©rences, ou encore sur les thĂ©matiques de l’annĂ©e :

http://cocktailspirits.com/

Bonne lecture !

 

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