Savoir décrypter une Etiquette

 

 SAVOIR DECRYPTER UNE ETIQUETTE:

 

Mise à jour/Update: 21/02/2015

 

Je vous propose ici sans détours simplement de commenter pour vous quelques étiquettes représentatives de whiskies que vous êtes susceptibles de trouver sur votre chemin. Si toutes ces références ne sont plus forcément trouvables facilement aujourd'hui, l'article ayant été rédigé il y a un moment (les commentaires ont toutefois été réactualisés et augmentés), la plupart le sont et toutes sont suffisamment significatives pour illustrer mon propos :

 

 

Caol Ila 12 ans OB

 

Un embouteillage officiel typique, ici de la distillerie CAOL ILA, située sur l’île d’ISLAY en Ecosse. Les mentions principales ici après le nom de la distillerie sont la région, l’âge, un argumentaire explicatif, les coordonnées de la distillerie, le degré (ou % d’A.B.V.), la quantité, etc…Le fait que le nom de la distillerie soit inscrit en gros caractères en haut de l’étui comme de la bouteille, et que l’adresse de la distillerie figure en bas de l’étiquette de la bouteille permettent de s’assurer qu’il s’agit d’une mise en bouteille officielle, par la distillerie, sur place ou dans des chais ailleurs en Ecosse (comme c’est le cas ici). En cas de doute sur le nom de la distillerie (est ce un vrai ou un nom inventé ?), se reporter à la liste des distilleries  d’Ecosse pour trouver celles qui sont en activité ou fermées depuis une période suffisamment récente (exemple 1975 ou 1983) pour être susceptibles d’être encore disponibles, même si certains peuvent être rares et très chers.

 

 

Caol Ila Duncan Taylor NC2

 

 

 

La même distillerie CAOL ILA, dans une version indépendante, du négociant DUNCAN TAYLOR, dans sa gamme « The NC2Range » (« NC » pour « Non Chillfiltered » & « No colouring » = non filtré à froid et non coloré artificiellement). Mentions à la fois de l’année de distillation et de mise en bouteille, et bien sûr du % d’alcool…

 

 

 

Caol Ila 1993 Murray McDavid

 

 

La même distillerie CAOL ILA, dans une autre version indépendante, du négociant MURRAY McDAVID, dans sa gamme « A.C.E. » (pour « Additional Cask Enhancement »), en fait une gamme qui comporte essentiellement des affinages du whisky dans des fûts ayant auparavant contenu du vin, ici un Zinfandel, un vin américain. Là aussi des mentions liées à la non filtration à froid (« Non Chill-filtered ») & de non coloration artificielle (« Colouring-Free »). Mentions comme précédemment. Dans cette gamme le nombre de bouteilles produites est indiqué, ainsi que l’âge (6 ans), la date de distillation (2000), ainsi que des notes de dégustation du négociant.

 


 

Caol Ila 1998 SV_T.U.C.

 

 

La même distillerie CAOL ILA, dans une autre version indépendante, du négociant SIGNATORY VINTAGE, dans une gamme sans véritable nom, mais similaire à celle nommée ‘The UNCHILL FILTERED COLLECTION »., sauf qu’elle se distingue par sa livrée de couleur cuivre (pour rappeler l’alambic sans doute) de part et d’autres des informations utiles, plus un liseré plus haut. Là aussi on trouvera des mentions liées à la non filtration à froid & de non coloration, mentions d’année de distillation & de mise en bouteille, et comme particularité, le fait qu'il s'agisse d'un "SMALL BATCH" (pour "petite cuvée"-avec parfois la mention de plusieurs numéros de fûts), ce qui veut dire que l'on a affaire ici à un assemblage de nombre de fûts limités.

 

 The Balvenie 21 y.o.

 

 

Un embouteillage officiel typique, très traditionnel, sobre, ici de la distillerie THE BALVENIE, située dans la région du SPEYSIDE en Ecosse. Les mentions principales ici après le nom de la distillerie sont la région, l’âge, la mention d’un élevage maturé une seconde fois en fûts de PORTO «  finished in PORT WOOD, Port casks », un argumentaire explicatif, les coordonnées de la distillerie, le degré (ou % d’A.B.V.), la quantité, etc… C’est classique et efficace, porteur d’un style qui se veut avant tout artisanal.

 

The Balvenie 12 ans Double-Wood

 

L’embouteillage officiel typique, très traditionnel, sobre, de la distillerie THE BALVENIE, dans sa version standard, et puisque c’est une double-maturation, la mention de « DOUBLE WOOD », qui sous-entend une durée à peu près égale de maturation dans deux types de fûts précisés sur l’étiquette (« First cask…Second Cask… »). En fait ce whisky est  maturé une première période durant en fûts de BOURBON (ayant auparavant contenu du Bourbon-mais le producteur préfère parler ici d’ « Oak casks » -ce qui est une forme de tautologie, car on se doute bien qu’il s’agit forcément d’un fût de chêne), puis de SHERRY (ayant auparavant contenu du Sherry-rappel, avec un « s » cela est synonyme de «Xérès »-un vin mûté espagnol très aromatique), puis un argumentaire explicatif, les coordonnées de la distillerie, le degré (ou % d’A.B.V. = Alcohol By Volume), la quantité, etc… et en plus la reproduction de la signature du maître-assembleur, David STEWART. A noter, dans le cas de versions rares et de collection, les bouteilles peuvent être embouteillées, numérotées et signées, le plus souvent à la main lorsque les quantités sont petites (exemple 150 bouteilles, au lieu de parfois plus de 5 000 000 pour les distilleries à échelle industrielle).

 

 

 

Teaninich 1991 GMP

 

 

La distillerie TEANINICH, avec un embouteillage du négociant GORDON & MacPHAIL, dans sa gamme « CONNOISSEURS CHOICE » une gamme comportant toujours une réduction à 40 ou 46 % d’alcool. Ce qui prime ici sur l’étiquette, outre la carte, c’est l’année de distillation (« 1991 ») qui ne suffit pas à donner la date. C’est un 14 ans d’âge, élevé en « Refill Sherry Butt » (indications soit au verso, soit par d’autres sources que l’étiquette (ex, le site internet du négociant, ou celui de l’importateur/grossiste & caviste qui le distribue, en l'occurence, ici, La Maison du Whisky), c’est-à-dire des fûts de Sherry (ou Xérès en français) de capacité d’environ 500 litres (entre 480 à 520 litres, mais d’autres vont jusqu’à 600 litres, voire plus mais le nom est alors légèrement différent-comme les Bodega Butt par exemple).

L’indication « refill » laisse à penser que le fût a été rempli au moins une fois de Sherry avant d’être utilisé, une fois vidé et rincé. Mais vous trouverez rarement l’indication du nombre de fois qu’il a été utilisé hormis s’il s’agit de la première fois (« First Fill ») alors qu’il peut l’être jusqu’à 6 fois en théorie (mais souvent jusqu’à 4, y compris par des enseignes prestigieuses !). Tout cela pour dire qu’à chaque passage, l’influence (et l’apport qu’on espère bénéfique) du fût sur le distillat diminue. Cela peut être utile pour faire ressortir certaines caractéristiques du style, qui pourraient être masquées par l’élevage en fûts de premier remplissage, mais point trop n’en faut. Evidemment cette question est liée au coût des fûts, ceux de premier remplissage coûtant plus cher que les autres…surtout lorsqu’ils contenaient du Sherry.

 

Glen garioch 18 ans Duncan Taylor

 

Ici, le single malt GLEN GARIOCH, une bouteille de la gamme « RARE AULD COLLECTION » du négociant DUNCAN TAYLOR, avec mentions, entre autres choses, de l'âge, des dates de distillation, de mise en bouteille, le numéro du fût, et bien sur le fait que le titrage alcoolique équivaut à un brut de fût (« CASK STRENGTH »).

 

 

Oak Cross C.Box 43

 

 

Ici, un assemblage de type BLENDED WHISKY proposé par le négociant et créateur John GLASER, de la société COMPASS BOX. Cette société est la seule à concevoir des whiskies de cette façon, en quantités si limitées et avec un concept, une philosophie particulière, même si d’autres le font de temps à autre- voir plus loin). Pas de mention d’âge ici, comme souvent chez les Blended-whiskies, et il doit avoir passé minimum 3 ans en fûts pour être un « SCOTCH WHISKY ». Ici, il s’agit d’un assemblage des single-malts des distilleries que l’on suppose (car les distilleries n'ont pas autorisé leur mention dans le cas présent) être CRAGGANMORE, GLEN ELGIN & LINKWOOD, et de deux single-grains des distilleries CAMBUS & CAMERON BRIDGE, contrairement à la plupart des blended whiskies qui en comportent un bien plus grand nombre. L’approche est ici clairement artisanale et exigeante. Il y a aussi clairement le parti-pris d’indiquer des référents aromatiques (comme souvent), mais aussi des référents de puissance et d’équilibre (« Finesse », softness  & sweetness »).

 

 

Oak Cross contre étiqu.

 

 

La rigueur et la transparence de la démarche est également perceptible sur la contre-étiquette (reproduite en partie ci-dessus). La société de négoce n’ayant pas été autorisée à donner au public le nom des distilleries composant l’assemblage (comme cela arrive souvent pour les whiskies de négoce), celle-ci contourne l’obstacle en donnant des indications géographiques, ce qui est possible. A l’amateur ensuite d’essayer d’en savoir plus ou de procéder par déduction…

 Par ailleurs, certaines informations techniques, parfois importantes, peuvent n’apparaître qu’au verso.  C’est le cas ici avec les mentions « Natural colour » (sans ajout de colorant ou autre procédé non naturel) et « Not chill filtered » (non filtré à froid-nous y reviendrons par ailleurs, mais en résumé cela signifie que le whisky n’a pas été filtré-ou clarifié-à basse température (entre 0 et -10 %, souvent proche de -4 °)  en éliminant les acides gras qui sont en partie responsables du goût et encore plus de la texture de celui-ci. Ce procédé est utilisé (notamment pour quasiment tous les blended-whiskies, sauf celui-ci par exemple) pour que l’alcool ne soit pas troublé en cas d’ajout de glace ou d’eau car cela déplairait à la majorité des consommateurs de whisky. L’on considère pourtant, chez les spécialistes et/ou les écrivains du whisky que dans le cas d’un whisky filtré à froid il y a perte de substance et de saveurs. D’un autre côté, les exemples abondent (plus pour des single-malts il est vrai mais pas seulement) de whiskies filtrés à froid (et colorés au caramel ajouté) et qui demeurent pourtant parfaitement buvables.

 Autre information importante de cette contre-étiquette, les précisions sur le type de fûts utilisés : « 100 % American Oak First fill barrels » signifie donc que l’élevage de ce scotch whisky a été fait dans des fûts ayant tous contenu une seule fois du Bourbon (pour simplifier), qui vont donc être utilisés pour la première fois pour autre chose, mais aussi, en l’associant avec l’autre partie de la phrase « …and Rejuvenated hogsheads » (fûts reconstitués et rajeunis) qu’une partie provient de fûts usés déjà bien utilisés (probablement plus que 2 fois) qu’on a reconstitué à partir de plusieurs fûts usagés et rajeunis en enlevant par brûlage interne des couches minces de bois. Cela accentue le caractère boisé et épicé du whisky, mais si c’est bien réalisé cela peut être bénéfique.

 

 

 

Glen Elgin bbr

 

 

Embouteillage du négociant « BERRY BROS & RUDD », ici dans sa gamme « BERRY’S OWN SELECTION », un single malt de la distillerie GLEN ELGIN, mentionné en petit sous la mention « Scots whisky » (une origine historique assez rarement mentionnée pour être signalée ici). A noter ici l’âge n’est pas indiqué, mais la date de distillation « 1975 » , oui, ainsi que celle de mise en bouteille « Bottled 2007 », ce qui donne l’âge.

 

 

Macduff Douglas Laing                                           Linkwood Douglas Laing

 

 

 

Deux types d’embouteillages (deux gammes) du négociant DOUGLAS LAING* qui n’embouteille (outre des blended-malts, des single-grain, etc...) que des single-malts provenant de fûts uniques (« single-casks »), sans assemblage :

 

-A gauche, un single malt de la distillerie MAC DUFF, gamme « OLD MALT CASK » toujours réduite à 50 %. *A noter, depuis la scission de cette société familiale de négoce en deux sociétés distinctes, à savoir d'un côté  "Douglas Laing", dirigée par Fred Laing et de l'autre Hunter Laing, dirigée par Stewart Laing, la gamme "Old Malt Cask" appartient désormais à ce dernier, tandis qu'elle est remplacée chez Douglas Laing par la nouvelle gamme "Old Particular" (je sais, cela complique un peu la donne!)

Y figurent toujours la date de distillation + celle de la mise en bouteille, et le numéro du fût.

 -A droite, un single malt de la distillerie LINKWOOD, gamme « PROVENANCE », souvent réduite à 43 ou 46 %. Originalité, la mention de la saison de distillation « AUTUMN DISTILLATION », en plus de la date.

 

 

 

Smokehead                             Big SmokeDouble Barrel Douglas Laing

 

 

 

Trois différents types d’embouteillages de quatre différents négociants ou officiels :

 

-A gauche, « SMOKEHEAD », un single malt de négoce écossais réduit à 43 % du négociant Ian MacLEOD, dont seule la région d’origine « Islay » est discrètement indiquée sur l’étiquette, la mention « Peated » (tourbé) n’étant pas suffisante pour identifier la distillerie (qui ici n’a pas autorisé la mention de son nom).

 

-Au centre, « THE BIG SMOKE », un blended-whisky» tourbé, réduit à 40 % du négociant DUNCAN TAYLOR.

 

-A droite, un blended-malt de la gamme « DOUBLE-BARREL », à 46 % du négociant DOUGLAS LAING, ici deux single-malts assemblés provenant des distilleries HIGHLAND PARK & BOWMORE. Sur l’étiquette, la mention également du fait qu’il s’agit d’un assemblage de 2 fûts.

 

 

 

Old Ballantruan

 

 

 

Un embouteillage officiel atypique, nommé « OLD BALLANTRUAN », avec la mention « The Peated Malt », qui en réalité est un single-malt de la distillerie écossaise TOMINTOUL, en version tourbée et réduite à 50 %. Le nom de ce whisky est ici celui de la source qui alimente la distillerie. La mention discrète « de la région de Tomintoul » ne permet donc pas au néophyte de comprendre de quelle distillerie il s’agit. Par ailleurs, la mention à l’ancienne « Speyside-Glenlivet » ajoute encore à la confusion….Le Speyside est la région ou est implantée la distillerie (« du coté de la rivière Spey »), alors que  Glenlivet est à la fois le nom de la région (en clair « Vallée de la rivière Livet »), et normalement une appellation que seule la distillerie THE GLENLIVET peut utiliser au regard de la loi écossaise. Il est probable qu’il y ait eu dérogation à cette règle dans le cas présent. Là ou cela se complique, c'est que "SPEYSIDE" est aussi le nom d'une distillerie, fondée en 1976 dans la région du même nom.

A Noter: Certaines mises en bouteille de négoce de single-malts appartenant à la région "Speyside" (notamment chez CADENHEAD et sa récente nouvelle gamme "Small Batch", qui prend modèle sur d'anciennes étiquettes) ont continué à être étiquettés avec le suffixe "Speyside" après les années 1990, c'est une tolérance. Mais encore une fois, le suffixe "THE" accolé à "GLENLIVET" ne peut être que l'apanage d'une mise en bouteille officielle de single-malt en provenance de la seule distillerie GLENLIVET.

 

 

 

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